Mort imminente du terrain vague : faut qu’on se bouge contre la Cité de la logistique

 Commentaires fermés sur Mort imminente du terrain vague : faut qu’on se bouge contre la Cité de la logistique
Août 312017
 

De La Fronde: Journal anarchiste montréalais La fronde est disponible à L’Insoumise et La Déferle

Des vitres brisées à Hochelag, ça vous dit quelque chose ? Les anarchistes qui résistent contre la gentrification, qui rendent les nouveaux résidents yuppies anxieux et qui fatiguent les flics du poste 23, se sont passé le mot pour faire la vie difficile à ceux qui observent tous ces bâtiments et ces terrains vacants avec des signes de piasse dans les yeux.

Pourquoi Hochelag est un quartier auquel on tient tant ? Parce qu’on le connait par cœur, on est familiers, on fait plus ou moins confiance à nos voisins, tout le monde se parle, on est proches les un.es des autres, y’a des loyers pas chers, des friperies et des banques alimentaires, beaucoup de gens criminalisés ou précaires avec qui on peut partager une analyse contre la police, les prisons et la vie chère. C’est un quartier populaire avec ses recoins. À l’heure où les commerçants, les élus et les promoteurs voraces tentent d’imposer leur monde par tous les moyens, une solidarité se tisse entre les habitants pour résister au développement commercial et à la hausse des loyers. À tous ceux qui luttent, peut-être devrions-nous nous préoccuper de l’avenir du terrain vague à l’est d’Hochelag, ce lieu où nous aimons tant aller traîner depuis belle lurette. Si nous ne le défendons pas, il sera sous peu envahi à son tour par un immense projet industriel : la Cité de la logistique.

Le terrain vague situé complètement à l’est du quartier est une ancienne gare de triage du CN peu utilisée. Parsemé d’anciennes fondations sur lesquelles la végétation a poussée, de vieilles ruines devenues un skate-park sauvage recouvert de graffitis, de boisés où plusieurs individus ont posé leurs tentes et avec les tracks de chemin de fer qui le traverse, c’est notre lieu favori pour aller faire des feux de camp.
Le projet de développement industriel envisagé serait dans les faits, une extension du port de Montréal, gérée par un partenariat d’entreprises privées et de l’État. Selon les élus, la Cité de la logistique serait, due à sa location, un pôle stratégique pour le transport qui attirerait des entreprises de manipulation et de traitement de marchandises. Il implique un prolongement du boulevard l’Assomption jusqu’à la rue Notre-Dame, et de l’avenue Souligni, à côté du chemin de fer déjà existant, ce qui faciliterait l’accès au port par les camions de conteneurs. La Cité de la logistique occuperait un vaste territoire qui comprendrait en plus du terrain vague, un autre secteur s’allongeant jusqu’à l’autoroute 25.

L’entreprise Ray-mont Logistique a déjà acheté au CN une part du terrain vague, soit un lot de 240 000 mètres pour la somme de 20 millions de dollars. Le propriétaire Charles Raymond possède aussi le terminal de conteneur situé sur la rue Wellington dans le Sud-Ouest de la ville en plus d’autres terminaux portuaires du genre à Vancouver. Paraîtrait-il qu’il a l’intention de déménager son terminal du sud-ouest vers cette Cité de la logistique. Aucun projet de construction officiel n’a encore été déposé à l’arrondissement. Le maire de l’arrondissement Réal Ménard insiste pour que le projet soit à « valeur ajoutée », c’est-à-dire qu’il crée de l’emploi et contribue à l’économie. Un groupe de citoyens du quartier a récolté 5000 signatures afin de demander une audience publique qui aura sans doute lieu cet été. Ceux et celles-ci ne s’opposent pas au développement en général, mais à une nuisance industrielle dans leur cour. Ils et elles préféreraient probablement un développement commercial avec des petites boutiques et restos chics.

Le projet est sur la glace jusqu’aux audiences publiques, mais le paysage a déjà commencé à se métamorphoser sur une grosse partie du terrain. La décontamination préalable à toute construction future a débuté. Il y a d’immenses montagnes de roches ressemblant à des tranchées. Des camions y circulent du matin au soir. Pour faire face aux plaintes de bruit des gens qui habitent tout prêt, l’entrepreneur Ray-mont propose de construire un mur entre les habitations et le futur quartier industriel.

Certes, le projet de la Cité de la logistique fait mal au cœur. Le développement de l’industrie ne cesse jamais, d’autant plus que pour s’accroître, le capital a besoin d’élaborer ses infrastructures de transport de marchandises et de rendre toute circulation plus fluide et plus rapide, par son réseau d’autoroutes, de ports, d’aéroports, de chemin de fer, de lignes de transport d’électricité et de câbles de fibre optique d’internet. Même si en ville, il n’y a presque pas de nature à protéger, on peut quand même mettre un frein à la colonisation par le capital et ses industries en attaquant ses infrastructures et en bloquant ses flux. Ce sont ces infrastructures qui contribuent à l’exploitation des ressources pillées des terres et des forêts puis au génocide des peuples autochtones qui luttent pour leur survie et leur autonomie. Nous devons faire ces liens entre notre réalité et celle d’autres, construire un rapport de solidarité dans la lutte et enraciner la lutte dans nos vies, dans notre réalité, en solidarité avec tous ceux et celles­ qui sont déterminés à vivre libre.

Nique les promoteurs, les compagnies qui contribuent au développement et les flics qui les protègent. Ne laissons pas les ruines du terrain vague se faire envahir par de nouveaux projets de développement, que ce soit pour mettre en place de nouvelles industries ou pour embellir l’espace avec de nouveaux condos et commerces. Nous ne voulons ni du travail qu’ils nous proposent, ni de leurs nouveaux produits et services trop chers.

Appel à une semaine d’actions contre le lobby du pétrole en solidarité avec la lutte contre Junex en Gaspésie : 4 au 10 septembre

 Commentaires fermés sur Appel à une semaine d’actions contre le lobby du pétrole en solidarité avec la lutte contre Junex en Gaspésie : 4 au 10 septembre
Août 262017
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Plusieurs groupes luttent actuellement contre l’exploitation des hydrocarbures en Gaspésie afin d’empêcher Junex, Pétrolia, Squatex et autres radins de saccager la péninsule.

Le moment est oppurtun pour mettre fin à leurs conneries parce que notre rapport de force existe et prend de l’ampleur et parce que l’industrie pétrolière n’est pas encore ancrée dans les mentalités.

Dans cette perspective, nous lançons un appel à l’organisation d’actions durant la semaine du 4 au 10 septembre en appui avec le blocage des puits de Junex, le camp de la rivière à Gaspé et en solidarité avec la municipalité de Ristigouche Sud-Est. Le 5 septembre débutera le procès de Ristigouche poursuivit par Gastem pour 1,5 millions pour avoir adopté un règlement visant à protéger les sources d’eau potable de ses 168 citoyens.

Tous les moyens sont bons pour mettres fin à leurs activités. Nous faisons appel à votre imagination pour nous démontrer votre appui. Voici quelques suggestions pour vous inspirer:

Bannières, conférences, appel aux dons, événements familliaux, occupation, blocage, sabotage, fête, tractage, affichage, graffiti, musique, poésie, spectacle de rue, sculpture, manif en vélo, en 4 roues, en tracteur ou en hélicoptère, dégât de melasse, vidéo youtube, bombe de semences, manger bio ou sortir son bac de récup., grève de la faim, mettre de la gum balloon dans le gun à gaz, feux d’artifice, manger le dessert avant le plat principal, des cannes de tomates qui pendouillent derrière ton char, demander des subventions au gouvernement pour creuser tout et n’importe quoi, acheter des claims, se créer une compagnie pétrolière (faire diversion sur la bourse), flash mob, boire de l’eau potable pendant qui en reste, etc. etc. etc.

ARRIERE MALFRATS!

A titre informatif, voici une liste non-exhaustive de différentes instances ou acteurs ciblés faisant partie de la grande famille du lobby pétrolier au Québec.

– Bureaux de Pétrolia, Junex, Gastem et Squatex
– Raymond Savoie, Président de Gastem
– Martin Bélanger, Président de Pétrolia
– Jean-Yves Lavoie, Président de Junex
– Pierre Arcand, ministre des catastrophes naturelles
– David Heurtel, ministre de l’environnement
– Bernard Lemaire, investisseur dans Junex et fondateur de Cascades

Cet appel s’inscrit dans une lutte anti-coloniale, anti-oppressive et anti-capitaliste dans le but de créer des liens de solidarité entre différents groupes ou individus à travers le territoire.

On va gagner!

Un autobus de La Meute vandalisé à Québec

 Commentaires fermés sur Un autobus de La Meute vandalisé à Québec
Août 252017
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Au cours de la manifestation ratée de La Meute à Québec, des camarades ont identifié un autobus utilisé par les membres de La Meute basés à Montréal pour se rendre à Québec. Des camarades ont travaillé ensemble pour surveiller les alentours, dégonfler les pneus et enlever la plaque d’immatriculation de l’autobus. Le but est évidemment de rendre misérable la journée (et la vie) pour ces racistes privilégiés.


11 x 17″ | PDF

Dénoncer la violence

 Commentaires fermés sur Dénoncer la violence
Août 242017
 

De Céline Hequet

Je n’étais pas à la contre-manifestation de dimanche dernier, à Québec, mais la déferlante médiatique qui s’en est suivie m’a donné envie de barrer les portes à double tour et de laisser les Devoir s’accumuler sur le perron jusqu’à ce qu’une tempête hivernale les emporte. De force.

En effet, sur toutes les plates-formes, les politiciens se sont empressés de faire leur activité préférée, soit de dénoncer «la violence», un terme employé tellement souvent qu’on ne sait plus trop ce qu’il veut dire. Quelle violence? De la police? De ceux qui lancent des objets dans la rue? De ceux qui pensent que certaines personnes méritent plus que d’autres de vivre dans des pays riches?

Dans le cas de certains élus, on s’est même demandé s’ils ne s’étaient pas fait hacker leur compte Facebook ou s’il fallait bel et bien y voir une trahison des gens qui les avaient mené sur le chemin de la renommée. On sait ce qu’il faut faire pour être politically correct; c’est à peu près la même chose que pour devenir le plus ennuyeux des politiciens de carrière. Et ce n’est pas comme ça qu’on va changer le Québec.

Oui, comme d’autres, j’ai vu les images de cet homme malmené par les militants antifascistes, alors qu’il affirme à la caméra être venu manifester avec eux. On m’a rapporté que l’individu dénonçait d’autres personnes à la police qu’il ne jugeait pas assez pacifiques.

Était-il vraiment un sympathisant de la contre-manifestation ou venait-il au contraire précisément pour la miner? Le doute plane. Mais c’est vrai, on ne devrait pas frapper les gens sans s’assurer préalablement qu’ils sont bien des nazis.

Je pourrais le reprocher aux militants d’extrême gauche. Cependant, quand je regarde les 100 dernières années d’histoire en Occident, je sais qui se trouve du bon côté. Et dans 50 ans, ce ne sont pas trois chaises cassées et un nez qui saigne que l’on racontera aux élèves, mais deux guerres mondiales et les camps de la mort.

Alors non, quand on me demande de dénoncer la violence de mes camarades – de ceux qui ont pu voir en direct le salut nazi qui, seulement en vidéo, m’a fait l’effet d’un coup de poing dans le ventre – ça, je ne peux pas l’accepter. J’ai l’impression qu’on me demande de frapper le doigt qui pointe l’incendie.

La violence, c’est celle de l’extrême droite qui, si elle était cohérente avec elle-même, s’auto-déporterait en Europe. Vous n’avez pas plus le droit d’être là que quiconque, sauf les autochtones. Retournez d’où vous venez, on ne vous veut justement plus.

La violence, c’est celle des membres de La Meute qui lèchent les bottes du SPVQ parce qu’ils savent très bien que, dans les quartiers, les flics font déjà le sale boulot de profilage à leur place.

La violence, c’est celle de Jean-François Lisée qui, plagiant Trump sur Charlottesville, a osé tweeter «Manifs à Québec: la violence, les masques, c’est pas une façon de s’exprimer. Peu importe son opinion. Point final. #polqc», comme s’il y avait deux côtés tout aussi fautifs.

La violence, c’est celle des flics qui tirent des gaz lacrymogènes à bout portant sur des manifestant.e.s parce qu’ils n’en ont pas eu assez d’éborgner un des nôtres en 2012.

La violence, c’est celle des terroristes qui posent des bombes dans les mosquées des gens de chez nous.

La violence, c’est celle d’Atalante qui voudraient voir des personnes retourner vivre dans un pays où leur vie est menacée.

Alors, en toute responsabilité, parce que je connais les grands enjeux qui se cachent derrière ce tapage médiatique et ces images sensationnalistes, tout ce que je peux dire c’est: solidarité avec les antifascistes! Et bienvenue aux réfugié.e.s.

Les chefs traditionnels du 1er et du 7e district s’opposent aux projets de Junex

 Commentaires fermés sur Les chefs traditionnels du 1er et du 7e district s’opposent aux projets de Junex
Août 232017
 

Aujourd’hui, nous, Chefs des Conseils traditionnels des 1er et 7e Districts de Mi’kma’ki, sommes réunis pour le Banquet Junexit organisé par le Camp de la Rivière. Nous sommes ici non seulement pour soutenir l’occupation mise en place depuis le 7 août contre Junex, mais également pour réaffirmer nos droits et titres ancestraux sur ce territoire non-cédé et invaincu, tel que stipulé par la Proclamation Royale de 1763. Nous affirmons notre présence sur les lieux en vue de protéger notre territoire sous les Clauses de protection pour les territoires non-cédés et protégé par le droit constitutionnel, la charte des droits, les droits de l’homme et le droit international.

La Cheffe de Unamaki, le 1er District Mi’kmaq, qui mène sa propre lutte contre l’exploration gazière et pétrolière de Alton Gas, ainsi que la lutte historique et victorieuse contre la fracturation en 2011, à Elsipogtog (6e District), ajoute ainsi son appui à l’opposition présente du 7e District à l’exploration et à l’extraction sur son territoire par Junex.

Après le démantèlement de la barricade, la lutte ne fait que commencer, et des coalitions se forment entre les Chefs des Districts Mi’kmaq du nord et du sud, ainsi que les protecteurs de l’eau et de la terre allochtones.

En tant que Chefs de Conseils traditionnels Mi’kmaq, nous affirmons notre souveraineté complète et inviolable sur la terre que Junex tente de détruire en toute illégalité. Nous ne sommes pas concernés par les Chefs des Conseils de Bande imposés par la Loi sur les Indiens, dont l’autorité se borne exclusivement aux frontières des Réserves Indiennes fédérales, comme stipulé dans le Chapitre 91.24 de la Loi constitutionnelle. La Loi sur les Indiens ne définit que les frontières des réserves, et non pas les territoires traditionnels de chasse et de pêche. En dehors des Réserves Indiennes fédérales, l’autorité et la juridiction relève des droits ancestraux, et donc des Chefs traditionnels de Districts.

Nous demandons un moratoire immédiat sur toute exploration et/ou développement de gaz et/ou de pétrole dans le 7e District du territoire traditionnel Mi’kmaq.

En tant que peuple Mi’kmaq, nous avons le devoir et l’obligation de défendre et de protéger le territoire ancestral de notre district. Nous ne pouvons pas rester silencieux et accepter le forage de notre territoire, qui empoisonnera notre terre, notre eau, notre faune et notre flore. Nous appelons tous les groupes et individus qui se sentent concernés par la protection de l’eau et de la terre sur le territoire de Gespegawagi à faire entendre leur appui, à agir et à rejoindre la lutte sur place.

Suzanne Patles, Unamaki, 1er District de Mi’kma’ki
Gary Metallic, Gespegawagi, 7e District de Mi’kma’ki

Ville de Québec : les anti-fascistes bloquent la manifestation d’un groupe islamophobe

 Commentaires fermés sur Ville de Québec : les anti-fascistes bloquent la manifestation d’un groupe islamophobe
Août 222017
 

De Sub.media

Des centaines d’anti-fascistes et d’anti-racistes ont bloqué une manifestation planifiée par La Meute, un groupe d’extrême-droite islamophobe et anti-immigration. Les manifestant.es ont affronté la police, attaqué un nazi, et ont fait en sorte que les membres de La Meute demeurent enfermés pendant plusieurs heures dans un stationnement intérieur à étages. Lorsque les manifestant.es sont parti.es, le groupe d’extrême-droite a pu sortir et prendre la rue.

Réponse de Jaggi Singh au maire Régis Labeaume

 Commentaires fermés sur Réponse de Jaggi Singh au maire Régis Labeaume
Août 222017
 

Régis Labeaume, le maire de droite de la ville de Québec, vient tout juste de publier des commentaires incendiaires contre les manifestant·e·s antiracistes, ainsi que contre moi personnellement. Ses propos ont été rapportés ici.

Voici ma réponse publique et officielle :

Le maire Labeaume, tout comme Donald Trump, fait des rapprochements entre les militant·e·s antiracistes – et les tactiques que nous utilisons – et l’extrême-droite raciste. Cette comparaison faussée est absurde, tout comme les accusations lancées par Trump après Charlottesville. Avec ses commentaires d’aujourd’hui, le maire Labeaume joue le jeu des racistes de Québec, en répétant la même tactique manichéenne que depuis son arrivée dans l’espace public.

Plus largement, Labeaume reproduit la rhétorique de l’extrême-droite raciste en ordonnant aux gens de « retourner d’où ils viennent ». Il s’agit d’un des principaux « arguments » utilisés par l’extrême-droite et les groupes anti-immigration, incluant les racistes de la Meute, du Storm Alliance, et des Soldats d’Odin, qui ont tous une base importante dans la ville du maire Labeaume.

En me ciblant spécifiquement, le maire Labeaume encourage les trolls d’Internet et les activistes anonymes de l’extrême-droite qui, sur une base quotidienne, font des commentaires racistes à mon égard et m’envoient des menaces. Cette personnalisation à mon endroit est dangereuse et provocatrice. De plus, elle entretient une fausse image, puisque je ne dirigeais aucun groupe dimanche dernier. J’étais plutôt un participant actif dans la mobilisation antiraciste, en occupant un rôle public et ouvert, comme le confirment plusieurs camarades et médias. Selon un témoignage, « Avant de se faire arrêter violemment, le militant Jaggi Singh ne faisait que danser et scander des slogans, ou partageait quelques informations aux contre-manifestant-e-s ».

Labeaume, tout comme Trump, a une attitude sectaire et populiste, tout en bénéficiant d’une importante tribune médiatique. En parlant de « la gang à Singh », Labeaume rappelle les théories conspirationnistes de l’extrême-droite qui attribue toute les mobilisations à George Soros. L’extrême-droite de Québec croit, pour sa part, que je suis le principal responsable de la mobilisation antifasciste, et Labeaume reprend exactement leur argumentaire. Les propos du maire me rappellent les commentaires des skinheads racistes, mais avec un complet veston-cravate. (écoutez à partir de 1:35)

Le maire de Québec outrepasse ses pouvoirs s’il pense qu’il peut décider si moi, ou qui que ce soit, est le bienvenu dans sa ville. Il n’y a pas de frontière entre Québec et Montréal (et s’il y en avait une, je ne la respecterais pas de toute façon). Je vais définitivement continuer à visiter la ville de Québec, sur mes propres termes, et je compte participer à nouveau aux manifestations qui vont s’y tenir, et y visiter des ami·e·s et des camarades.

Par ailleurs, je sens qu’il est nécessaire d’ajouter que j’ai des liens forts avec la ville de Québec. J’y ai passé un été, il y a plusieurs années, durant lequel j’ai travaillé au Complexe scientifique sur la rue Einstein, tout en améliorant mon français. J’ai eu le privilège d’entendre un discours par le formidable syndicaliste Michel Chartrand à Québec, ce qui m’a aidé à améliorer ma connaissance de la langue d’une nouvelle manière. J’ai passé une année complète à m’engager dans un travail d’éducation populaire pour la justice sociale, en passant beaucoup de temps à Québec en prévision du Sommet des Amériques en 2001. Bien que je sois né à Toronto, que j’habite à Montréal, que je sois un militant anarchiste, le maire de Québec ne peut pas m’imposer à moi (ou à qui que ce soit) quand et comment je peux visiter la ville de Québec.

Plutôt que de s’en prendre aux manifestant·e·s antiracistes, Labeaume devrait probablement réfléchir à sa propre complicité et sa responsabilité par rapport au climat xénophobe actuel dans la ville de Québec. Au cours des dernières années, un mélange explosif de radio-poubelles, de politiciens populistes comme Labeaume, et de cynisme a fait de la ville de Québec un terreau fertile pour l’extrême-droite raciste, où les groupes anti-immigration ont une grande marge de manoeuvre pour s’organiser ouvertement et en toute impunité. En insultant les manifestant·e·s antiracistes, Labeaume crée un écran de fumée pour masquer son inaction et son indifférence face au racisme, à la xénophobie et à l’islamophobie, qui ont eu des conséquences meurtrières dans la ville de Québec.

Il apparaît de manière évidente que ni le maire, ni la police de Québec, n’ont la capacité de régler le problème de l’extrême-droite raciste dans leur ville, et s’en rendent même complices de différentes manières. Face à cette situation, les militant·e·s antifascistes de Québec, Montréal et des autres villes vont continuer à s’organiser sur leurs propres bases, à travers l’éducation populaire, le soutien aux immigrant·e·s et aux autres communautés ciblées, et, lorsque nécessaire, s’engager dans l’action directe pour confronter les racistes d’extrême-droite et les fascistes.

Heureusement, la ville de Québec est beaucoup plus que les radio-poubelles, que le maire Labeaume, et que les groupes d’extrême-droite. Il y a une belle communauté dans la ville, que j’ai bien connue dans le passé. Mes expériences à Québec, à l’exception des racistes d’extrême-droite et de la police, ont été positives. J’ai beaucoup appris de d’autres militant·e·s de la communauté, et je salue leur résilience et leur mobilisation. Les commentaires récents de Labeaume, qui confortent sa base raciste, ne font qu’alimenter notre détermination à nous mobiliser encore plus efficacement entre antiracistes et antifascistes.

Pour reprendre un slogan entendu sur les rues de Québec ce dimanche, « Tout le monde déteste les racistes! Bienvenue aux réfugié·e·s, aux migrant·e·s, aux musulman·e·s, aux Haïtien·ne·s, et à tous et toutes! »

— Jaggi Singh, militant antifasciste et anarchiste

Horizon Quebec Actuel : membres

 Commentaires fermés sur Horizon Quebec Actuel : membres
Août 212017
 

Membres:

Vous pouvez envoyer de l’information au sujet des membres de Horizon Quebec Actuel à mtlantifa@riseup.net

Photos de groupe

Vous pouvez envoyer de l’information à propos des personnes figurant sur ces photos à mtlantifa@riseup.net. Après vérification, nous l’ajouterons à la description des images correspondantes.

[Best_Wordpress_Gallery id=”21″ gal_title=”Horizon Actuel”]