Oct 062020
 

De Missing Justice

La 15e veillée annuelle en l’honneur des femmes, filles, personnes trans et bi-spirituels autochtones disparues et assassinées a eu lieu ce dimanche 4 octobre sur Zoom et Facebook.

Le 4 octobre à 18h30, le Collectif Missing Justice et le projet Iskweu ont invité le public à la 15e vigile annuelle en l’honneur des femmes, filles, personnes trans et bi-spirituels autochtones disparues et assassinées, tenue en ligne à cause des mesures de la pandémie COVID-19. Une installation de robes rouges* a également été inaugurée au Parterre du Quartier des spectacles pour honorer les vies des personnes disparues, laquelle a été démantelée par les autorités quelques heures plus tard. Ouverte par l’ainée Sedalia Fazio, de nombreux·ses interloculeur·ices et artistes autochtones, parmi lesquels des proches des victimes, sont intervenus pour partager leurs témoignages et se recueillir avec les personnes présentes.

Cette vigile fait suite à des mois de mobilisation et de sensibilisation accrues du public à la violence envers les personnes autochtones, noires et les personnes de couleur. Elle fait aussi tristement écho à la très récente actualité, avec le décès de la femme atikamekw Joyce Echaquan le 28 septembre dernier à l’hôpital de Joliette, négligée et surmédicamentée par le personnel médical. Une autre mort terrible, directement causée par le violent racisme systémique dont souffrent les communautés autochtones, en particulier les femmes du Québec et du Canada.

«Nous avons eu assez de rapports et d’enquêtes, il n’est plus temps de se demander s’il y a un vrai problème, le problème est là, il est criant, tout le monde est au courant et il continue de tuer des personnes innocentes, des manières les plus injustes et cruelles qu’il soit. Ce qu’il nous faut maintenant, ce sont des mesures concrètes du gouvernement. Il est triste et révoltant qu’il ait fallu une vidéo enregistrant la mort d’une femme autochtone pour que l’on prenne la mesure du problème.» explique Jessica Quijano, coordinatrice d’Iskweu et organisatrice de la manifestation de soutien à Joyce Echaquan.

En effet, plus d’un an après la publication du rapport final de la Commission d’enquête publique sur les relations entre les peuples autochtones et certains services publics au Québec (Commission Viens) et un an et demi après la publication du Rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, aucune mesure n’a encore été prise. Ce rapport a formulé près de 250 recommandations pratiques et concrètes à l’intention des gouvernements, dont 21 s’adressaient spécifiquement au gouvernement du Québec. Le rapport dénonce l’indifférence massive dont souffrent les populations autochtones, en particulier au Québec, où le système de santé a activement participé à la disparition d’enfants.

*Le projet REDdress a été initié par l’artiste visuelle Jaime Black, Métis, en 2010 et présente des robes rouges portées par des cintres, suspendues à des arbres. L’installation a pour objet de commémorer et ramener l’attention sur les Femmes, les Filles et les Personnes Trans & 2Esprits Disparues et Assassinées (FFPT2EDA). Depuis, de nombreuses organisations ont emboité le pas à cette démarche, le 4 octobre. En cette journée nationale de solidarité pour les familles des FFPT2EDA, le collectif Miissing Justice a également inauguré une installation de ce type au Parterre du Quartier des spectacles à Tiohtià:ke.