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Action anti-homophobe au Parc Lafontaine

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Sep 282018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le 25 septembre 2018, nous avons détruit trois caméras dans les toilettes pour hommes du sous-sol du bâtiment Calixa Lavallée, au parc Lafontaine. Nous y avons aussi pété un oeil-de-boeuf. Ces caméras ont été installées dans le cadre de l’opération Nirvana. Cette opération a pour but de criminaliser et d’arrêter les hommes qui se rencontrent dans ces toilettes. Des policiers en civil s’y rendent pour séduire les hommes et les pousser à la soi-disant «indécence». Là où les flics se tiennent pour séduire les hommes, nous avons taggé «Rip Nirvana». Ces provocations s’inscrivent dans une longue histoire de morale policière visant à purger les espaces publics de toute visibilité des désirs queer. Nous affirmons donc que la libération de nos désirs est incompatible avec l’existence de la police.

La CLAC prend parti (pour redonner aux sans-abris)

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Sep 272018
 

De la Convergence des luttes anti-capitalistes

Pour diffusion immédiate

Des militant-e-s de la CLAC ont érigé une maison à l’aide des matériaux récupérés d’élection sur une rue gentrifiée du quartier Rosemont, nostalgique de l’épave d’un Au Coq abandonné au pied d’un immeuble à condos.

Dans les mots d’Éric Simard: “Ils promettent de prendre des mesures, alors que nous pouvons tout-e-s prendre les mesures et couper là où il faut”. En effet, si les partis voudraient réellement aider la population, il donnerait une toute autre forme à leur campagne d’affichage.

Comme le dit Émilie Lapierre: “Leurs arguments sont non-fondés, mais nous pouvons leur donner fondation!”.

Les promesses de plus en plus larges des partis incitent une forte méfiance de la population, comme en témoigne Mathieu Laframboise: “Il faut ramener sur terre les débats du haut mobilier urbain et construire la ville que nous voulons”.

Alors que les promesses des candidat-e-s semblent de moins en moins crédibles, il semble important pour ces militant-e-s de gagner nos élections ici et maintenant: “L’instabilité de leurs promesses n’empêche pas la rigidité des matériaux utilisées pour nous y faire croire”, nous dit Éric.

L’impatience d’obtenir des résultats à la suite des élections est notable pour la population qui s’est fait coupé brutalement pendant 20 ans, alors que les partis rivalisent désormais de promesse de gauche: “les débats électoraux sont loins d’être constructifs et les pancartes sont tout ce qu’il y a a gagner” nous dit Émilie.

Les pancartes semblent en effet avoir plusieurs usages: “si on s’en sert comme crazy carpets, on glisse en se rappellant des promesses qui ne sont que du vent et de la poudre aux yeux”.

Flying Joes ou ces artistes qui s’associent à l’extrême droite

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Sep 262018
 

Flying Joes

De Dure Réalité

La Meute a L’artiss Charland pour pousser sa chansonnette, Storm Alliance, cette autre organisation islamophobe et anti-immigration, quant à elle, a décidé de faire appel au groupe de rock progressif Flying Joes pour animer l’une de leur soirée. En effet, nous avons appris que la formation se produira en spectacle pour le Party Storm Alliance qui aura lieu le 29 septembre prochain au Camping Wigwam d’Upton, en Montérégie, bien que le lieu du spectacle ne soit pas annoncé publiquement.

Fondée en 2016, par le suprémaciste blanc Dave Tregget (aussi fondateur des Soldats d’Odin du Québec), Storm Alliance est l’un de ces groupes ayant apparu dans le sillon de La Meute et de l’élection de Donald Trump aux États-Unis. Ils se sont particulièrement fait remarquer cette année en participant à plusieurs manifestations anti-immigration, notamment aux frontières de Lacolle. Le Party qui aura lieu le 29 septembre n’est pas une simple fête privée, mais plutôt une réunion politique. Ce sera également l’occasion pour l’organisation de rebondir suite à plusieurs revers consécutifs subit cette été et possiblement de se restructurer. Ils espèrent qu’une centaine de membres du groupe xénophobe participeront au rassemblement.

Privilégiant le dialogue, nous avons décidé d’aller discuter avec le chanteur et bassiste de Flying Joes, Sylvain « Syd » Bédard afin de comprendre ses motivations pour ce concert. En effet, ce dernier participait à un événement à l’Atomic Café à Montréal et nous avons eu la chance de lui poser quelques questions. Bien qu’il nie faire partie de Storm Alliance, Bédard nous a confirmé qu’il partageait quelques idées du groupes dont la volonté de faire respecter les frontières et la peur de voir ces gens venir ici profiter de l’aide sociale.

 

Questionné quant à savoir s’il avait peur que la réputation de Flying Joes soit ternie par l’association avec le groupuscule d’extrême droite, Syd Bédard nous a confié n’avoir aucune crainte : « S’il fallait que je vérifie tous les shows auxquels on participe en tant que groupe, je ne gagnerais pas ma vie comme ça, j’ai déjà joué pour bien pire ». Il nous a toutefois confié que s’il entendait des propos déplacés ou haineux, le concert n’aurait pas lieu. Il semble donc que le concert n’aura pas lieu, du moins si on se penche sur la liste des participants à l’événement Facebook du Party. En effet, on y retrouve des membres de la plupart des organisations d’extrême droite québécoises telles que La Meute, les Wolves of Odin, Génération Identity Canada ou le Front Patriotique du Québec. De plus, Storm Alliance nous ont habitué à plusieurs débordements racistes et antisémites lors des événements organisés par ses militants, comme dans ce vidéo datant du 19 mai 2018 lors d’une manifestation à Lacolle.

Intrigués par les réponses du leader de Flying Joes, nous avons essayer d’en savoir un peu plus sur le groupe formé en 2014. Selon son site web, le trio a pu notamment se faire connaître en jouant lors du Festival Grand Prix Crescent F1 de Montréal et certaines de leurs chansons ont même pu être entendues lors des parties de hockey des Canadiens et dans des publicités de Budweiser. Le groupe prévoit également participer au Gala Humour Aveugle, organisé par la Fondation des Aveugles du Québec les 23 et 24 novembre prochain au Théâtre Saint-Denis à Montréal.

brillantine et grignotinSyd Bédard et sa conjointe Andrée « Belle-Isle » Bélisle semblent avoir bâti un véritable réseau culturel afin de pouvoir vivre de leur musique. Bédard, en plus d’avoir fait partie du groupe Jelly Fiche, participe également à deux spectacles hommages au groupe CCR, soit Graveyard Train Revival et CCR Reborn (avec ses collègues de Flying Joes). Madame Bélisle, quant à elle, est la propriétaire de la compagnie Fonogramme, qui sert de maison de disques à Flying Joes, en plus de faire de la musique en solo. Ensemble, Bélisle et Bédard forment un duo de chanson et théâtre pour enfants appelé Brillantine et Grignotin. Il y a fort à parier que les parents aimeraient bien connaître les liens qu’entretient Syd Bédard avec des organisations d’extrême droite avant d’envoyer leurs enfants à un spectacle de Brillantine et Grignotin qui vise notamment les garderies, bibliothèques, municipalités et écoles primaires.

Visiblement, Sylvain Bédard n’a pas apprécié notre visite et les questions que nous lui avons posées. Effectivement, ce dernier a pris soin de produire un statut Facebook passif-agressif dans lequel il nous enjoint d’arrêter de l’écoeurer avec le Party Storm Alliance et de se mêler de nos « foutu[e]s affaires ». Précisons, que nous ne connaissons aucun groupe d’extrême gauche appelé « Rise up » et que si un tel groupe existe, nous n’y sommes aucunement liés. Madame Bélisle, loin de se désolidariser des opinions et des actions de son conjoint, a partagé son statut en plus d’y ajouter ce commentaire : « On peut tu faire de la musique sans faire de la politique!? ». Et bien, madame Bélisle, faire un concert pour Storm Alliance, c’est prendre une position politique, et la position que Flying Joes choisit, c’est l’extrême droite.

Le 14ème Festival international de théâtre anarchiste de Montréal recherche des pièces!

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Sep 262018
 

Du Festival international de théâtre anarchiste de Montréal

Le Festival international de théâtre anarchiste de Montréal (FITAM), seul festival au monde dédié au théâtre anarchiste, recherche des pièces, textes et monologues, spectacles de danse-théâtre, mime, marionnettes, en français ou en anglais, portant sur le thème de l’anarchisme ou sur tout sujet se rapportant à l’anarchisme, c’est-à-dire en opposition à toute forme d’oppression comme l‘État, le capitalisme, la guerre, l’aliénation, le patriarcat, etc. Le FITAM accepte les pièces traitant de justice écologique et sociale, de féminisme, de racismes, de luttes de classes et de genres, dans une perspective libertaire. Nous acceptons les propositions d’auteur-e-s anarchistes et non-anarchistes.

En 2019, le festival aura lieu les 22-23 mai. Vous souhaitez proposer une création ? Envoyez votre candidature avant le 7 novembre 2018 !

Les urnes, la rue, la grève

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Sep 252018
 

De Dissident.es

[Éditorial du CUTE magazine, Automne 2018]

La période électorale amène son lot de complications pour quiconque désire prendre directement part à une campagne comme celle pour la rémunération des stages et la reconnaissance des études en tant que travail. Depuis plusieurs mois déjà, des interventions fusent de toutes parts pour, volontairement ou non, récupérer, détourner ou neutraliser à des fins partisanes ou corporatistes les capacités d’organisations des stagiaires en lutte. Ces initiatives, qui s’ajoutent aux manœuvres du gouvernement, proviennent autant des comités partisans que d’associations étudiantes nationales.

Premier exemple. Fin mars, le ministre des Finances dépose le budget provincial, dans lequel est annoncé l’octroi de 15 millions de dollars par année, destinés à la mise en place d’une compensation financière durant le stage final en enseignement. Après des années de compression dans les services publics[1], personne n’est dupe : il s’agit bien d’un budget électoral dans lequel sont distribués les cadeaux. La compensation financière pour les stages finaux en enseignement était revendiquée depuis plus d’une dizaine d’années par des associations nationales et locales, dont l’implication avait été en dents de scie et ne semblait mener à aucun gain concret. Pourquoi le gouvernement décide-t-il de bouger maintenant? La grève! Un peu plus d’une année de lutte soutenue pour la rémunération de l’ensemble des stages et la menace sérieuse d’un débrayage des cours et des stages dans plusieurs programmes et plusieurs régions ont suffi pour que le pouvoir croie bon de réagir. En s’appuyant sur la revendication de la CRAIES[2], et en toute conscience que les éléments les plus combatifs de la lutte se trouvent en grande partie dans les programmes d’éducation, les mesures annoncées servent ni plus ni moins à diviser le mouvement et à l’amputer de ses capacités d’organisation. Il faut dire que les jours de grève commencent à s’accumuler et que des administrations comme celle de l’UQAM et du Cégep de Sherbrooke affichent une certaine ouverture à la rémunération des stages dans tous les programmes. La ministre de l’Enseignement supérieur elle-même a annoncé publiquement, suite à une action de visibilité du CUTE UQAM dans le cadre des États généraux sur l’enseignement supérieur, qu’un grand chantier pour explorer la possibilité de rémunérer les stages de plusieurs programmes serait mis en place. Bref, si l’affaiblissement du mouvement peut sembler réel à la suite du budget, c’est cependant un couteau à double tranchant : cette concession indique aussi que la tenue de quelques jours de débrayage donne des résultats concrets et il est envisageable qu’une grève générale illimitée puisse mener à l’obtention d’un salaire pour l’ensemble des stagiaires. Il faut toutefois éviter de diviser le mouvement et d’offrir d’autres portes de sortie du même acabit au gouvernement.

C’est ce qui nous mène au second exemple. À la suite de cette «victoire» revendiquée tièdement par la CRAIES et l’UEQ[3], il a été tentant de vouloir reproduire la recette. C’est l’idée qu’a eue l’Association des étudiantes sages-femmes du Québec (AESFQ), qui a entrepris d’imiter en accéléré la campagne de la CRAIES dans un contexte électoral, pensant pouvoir ainsi obtenir la rémunération de leur internat. Commence donc les discours et photos avec des politiciens, comme Gabriel Nadeau-Dubois et Jean-François Lisée, les conférences de presse à l’Assemblée nationale, les memes sur les réseaux sociaux, le tout pour ne revendiquer que la rémunération du stage final en pratique sage-femme. Même son de cloche du côté de la FAÉCUM, qui encourage l’exécutif de l’Association étudiante de service social de l’Université de Montréal (AESSUM), programme où la lutte pour la rémunération de tous les stages est bien ancrée, à organiser une campagne pour leur discipline seulement, tout en lui faisant part de ses inquiétudes à voir participer cette association étudiante au mouvement de grève. Or, de tels replis corporatistes auraient pour conséquence d’affaiblir bien davantage le mouvement d’ensemble et de faire stagner toutes les campagnes organisées par programme ou domaine d’études. Le mouvement pour la rémunération de tous les stages a contribué à redynamiser la campagne pour la rémunération du stage final en enseignement et celle pour la rémunération des stages en pratique sage-femme, en les inscrivant dans un mouvement général et ancré dans la reconnaissance du travail des stagiaires et, encore plus largement, du travail des femmes, tant au niveau local qu’à l’échelle mondiale. La dernière chose à faire à l’heure actuelle est de segmenter le mouvement en luttes particulières.

Troisième et dernier exemple. À l’hiver et au printemps dernier, des militant.e.s de Québec solidaire (QS) d’un peu partout entreprennent de faire circuler sur les campus une pétition en faveur de la rémunération des stages obligatoires à l’obtention d’un diplôme. C’est notamment le cas de l’Association de campus de QS à l’Université de Montréal et du Regroupement des sympathisants de QS de l’Université de Sherbrooke. Plutôt que d’être destinée à être déposée à l’Assemblée nationale, cette pétition s’inscrit dans la nouvelle stratégie de QS permettant au parti de collecter les données des électeur.trices en vue de les impliquer dans la campagne électorale[4]. Au lieu de profiter de la période (pré)électorale pour inviter les étudiant.es à se mobiliser pour la rémunération des stages sur leur campus, on profite de cette lutte pour les recruter et les inciter à voter pour un parti. Or, l’équation “un vote pour QS = un vote pour la rémunération des stages” est trompeuse. D’abord parce que les comités campus de QS ne sont pas impliqués dans la lutte pour des stages payés et ne participent pas aux activités et rencontres dans les établissements d’enseignement ni au sein des coalitions régionales pour la rémunération des stages, alors qu’ils y sont tout à fait les bienvenus. Mais c’est surtout parce que, même si la position de QS indique que le parti est en faveur de la rémunération de l’ensemble des stages, son programme électoral, lui, n’a de concret sur ce thème que la compensation du stage final en éducation[5]. Il serait donc bien mieux avisé pour les militant.es de QS dans les campus de se rallier au mouvement et d’organiser la grève plutôt que de détourner le mouvement de la rue vers les urnes; une stratégie qui ne s’est jamais avérée efficace.

La ministre David a mis en place une table de discussion avec les associations étudiantes nationales pour éteindre les feux que nous avons allumés. Il importe maintenant de répondre de manière avisée. Peu importe le parti qui prendra le pouvoir, nous organiserons la grève et la mènerons jusqu’au bout. C’est le mot d’ordre que se sont donné les groupes et associations étudiantes réunies au sein des coalitions montréalaise et outaouaise pour la rémunération des stages, qui entendent bien ne pas se laisser distraire par les élections.

C’est seulement de cette façon que le gouvernement flanchera.


  1. Selon IRIS, il y aurait eu plus de 4 milliards $ de coupures dans les services publics entre 2014 et 2016. Observatoire des conséquences des mesures d’austérité au Québec : https://austerite.iris-recherche.qc.ca/.
  2. Campagne de revendications et d’actions interuniversitaires pour les étudiants et étudiantes d’éducation en stage
  3. Union étudiante du Québec
  4. Cette stratégie avouée de Québec solidaire est également utilisée par la Coalition avenir Québec : http://www.journaldequebec.com/2018/02/15/quebec-solidaire-lance-une-petition-pour-demettre-barrette.
  5. Tract de QS à ce sujet : https://quebecsolidaire.net/nouvelle/tract-remunerer-les-stages-ca-presse.

Bella Ciao – Épisode 2

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Sep 252018
 

De Montréal-Antifasciste

Pour ce deuxième épisode de Bella Ciao, le podcast de Montréal Antifasciste, nous vous proposons une discussion sur la grande manifestation contre le racisme le 7 octobre à Montréal, ainsi que des perspectives anti-fascistes et anti-racistes sur les élections québecoises.

*Pour toutes les infos sur la manif du 7 octobre:
www.facebook.com/events/255359678444137/

*Abonnez-vous au podcast! Vous pouvez désormais trouver Bella Ciao sur iTunes, Sticher, Google Play, et Soundcloud.

Bonne écoute!

 

“Pourquoi les jeunes ne votent pas?”: La jeunesse, l’abstentionnisme et l’air du temps

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Sep 192018
 

De Ingouvernables.info

Depuis le début de la campagne électorale, une véritable offensive médiatique s’est mise en place visant à encourager les « jeunes » à exercer leur droit de vote aux élections du 1er octobre prochain. En 2018, les 18-34 ans représenteront le tiers de l’électorat, et pourtant le taux d’abstention chez les « jeunes » s’accroît d’année en année depuis 1980. Plusieurs s’en désolent, nous y voyons plutôt une forme de lucidité fertile pour les temps à venir.

Élections Québec a lancé la semaine dernière une large campagne sur les campus et les réseaux sociaux visant à encourager la participation des « jeunes » aux élections, Rad (la plateforme jeune et branchée de Radio-Canada) cumule les vidéos condescendants et méprisants allant dans le même sens, la Presse organise un colloque « Jeunes et politique » et le Parlement jeunesse du Québec tient cette semaine une discussion à la Coop des Récoltes (d’ailleurs wtf): « Pourquoi les jeunes ne votent pas? ». Mais pourquoi les jeunes ne votent-ils pas? Ce qu’on cherche à savoir, c’est surtout comment les intéresser à la politique parlementaire et comment les amener à voter. Selon l’Institut du Nouveau Monde, « l’abstention électorale des jeunes est un drame », « une menace à notre démocratie », carrément « un suicide politique ». L’heure n’est pas à la rigolade. Les élections sont le processus de légitimation le plus important de l’État moderne : en omettant d’y participer, les gens ébranlent sa légitimité à gouverner et à administrer, que leur abstention provienne d’un choix politique « conscient » ou non. Le fait qu’un pan entier de la société se désengage face à ce processus n’augure rien de bon pour le système politique étatique et en dit long sur la confiance que la jeunesse lui porte.

L’abstentionnisme est pourtant traité comme un mal à combattre – engendré par le cynisme, le désintérêt envers la politique et le manque d’information – plutôt que comme un symptôme de la morbidité de notre système politique. Cynisme, vous dîtes? Mais qui peut sincèrement s’en étonner? À l’exception de quelques illuminés et d’une poignée de crapules carriéristes, plus personne ne prend au sérieux le cirque électoral qui accapare l’espace public tous les quatre ans.

La génération des baby-boomers est, depuis les années 70, la grande championne des taux de participation électorale. Son poids démographique décroissant conjugué au manque d’intérêt des « jeunes » à reprendre le flambeau a de quoi alarmer le pouvoir. Loin de notre époque, les baby-boomers ont connu une jeunesse remplie d’espoir et de promesses. Si plusieurs possibles se sont alors entrecroisés, les laissant rêver à des mondes différents et à de meilleurs lendemains, c’est sur la consolidation de l’État québécois, de l’État « Providence », qu’ils ont finalement tout misé. La Révolution tranquille s’est soldée par une vaste entreprise de captation et de pacification des multiples expériences et désirs révolutionnaires de l’époque. Cinquante ans plus tard, les éteignoirs de la gauche caviar comme les pires politiciens réactionnaires ne nous offrent en guise d’avenir que la répétition de leurs défaites. C’est un monde en ruines que les baby-boomers nous lèguent. L’État capitaliste nous laisse devant un avenir sans horizon : on baigne depuis notre naissance dans l’imminence de la catastrophe écologique, les frontières nous emmurent toujours plus, les prisons débordent, Google nous écoute tout le temps, même les nazis sont de retour! On s’excusera de ne pas partager leur enthousiasme envers le système politique et économique qui a laminé toute possibilité d’aspirer à une vie bonne.

Le 1er octobre, ne nous laissons pas abattre par la morosité électorale, ne nous contentons pas d’un abstentionnisme passif. Faisons plutôt de cette soirée un moment de subversion complète, une occasion de se rappeler que le capitalisme et l’État ne sont pas des fatalités. Prenons cet évènement comme prétexte pour se rencontrer, conspirer, construire de nouvelles solidarités et se préparer à affronter la vague réactionnaire qui nous attend au détour des prochaines années.

Avis public à Saint-Henri : risque d’incendie de voiture de luxe

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Sep 182018
 

De Journal corporatiste, détournement non requis

Des dépliants anti-embourgeoisement suggèrent aux propriétaires de voitures de luxe du quartier Saint-Henri, à Montréal, de déménager dans des lieux plus «accueillants envers les gens aisés» afin d’éviter que leur véhicule ne soit abimé.

Les pamphlets frauduleux ont été déposés sur des pare-brise dans les derniers jours. Ils prennent la forme d’un avis public intitulé «Risque d’incendie de voiture de luxe dans ce secteur» qui aurait été émis par l’arrondissement du Sud-Ouest.

«Ceci a pour objectif de vous aviser d’un phénomène inquiétant dans notre quartier, peut-on lire en première page du dépliant bilingue. Dans les derniers mois, les militants “anti-gentrification” prennent pour cible les voitures de nouveaux résidents plus fortunés de Saint-Henri. Plusieurs actes de vandalisme ont été recensés, allant jusqu’à l’incendie de deux voitures de luxe l’été dernier.»

Le texte se poursuit en précisant que le Service de police de Montréal (SPVM) n’a toujours pas mis la main sur les coupables et qu’il y a donc risque de récidive. Les autorités policières n’ont pas été en mesure de nous confirmer ces informations au moment de publier cet article.

Les dépliants ont été retrouvés près du Square Sir-George-Étienne-Cartier, à quelques pas de l’endroit où quatre voitures avaient été incendiées le 14 juillet 2017, à l’angle des rues Léa-Roback et Beaudoin.

«La triste réalité est que les autorités publiques ne peuvent plus assurer votre sécurité», prévient le document, avant d’encourager les personnes qui se sentiraient concernées à «déménager dans un quartier qui est plus accueillant envers les gens plus aisés». Une carte indiquant les villes de Beaconsfield et de Westmount suit cette recommandation.

Citoyens inquiets

L’arrondissement du Sud-Ouest s’est dissocié du document dans une publication parue mardi sur sa page Facebook et a annoncé avoir remis le «message menaçant» au SPVM, qui fera enquête.

«Ce genre de fausse communication sème le doute et l’incompréhension, en plus de stigmatiser un groupe de citoyens en particulier».

Chantale Laforest, qui travaille dans le quartier et qui était présente sur la rue du Square Sir George Étienne Cartier lors du passage du «24 Heures», s’est dite inquiète en voyant les pamphlets.

«Je trouve ça étrange que des gens fassent ça ici. Des voitures de luxe brulées, on en a vues en 2017 et on ne souhaite pas que ça revienne. On voit que les gens pourraient facilement penser que ça vient vraiment de la ville et que c’est sérieux comme pamphlet parce que c’est bien fait», a-t-elle confié.

Même son de cloche du côté d’Annie Guay qui vient tout juste d’emménager dans le coin avec sa famille.

«Je comprends qu’il y a un problème d’embourgeoisement dans Saint-Henri et que les dépliants partent de là. Mais mettre le feu aux voitures, c’est dangereux pour tout le monde. C’est risqué, il y a plein de jeunes et beaucoup de passants dans le coin», a affirmé la jeune maman de jumeaux.

 

Source: « De faux dépliants menaçants distribués dans Saint-Henri », Journal de Montréal, 11 septembre 2018

Se faire pogner: Appel à textes sur les moments où on n’a pas pu s’échapper

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Sep 172018
 

Soumission anonyme à North Shore Counter-Info

Ça se passe. Quand tu pousses les limites, à la recherche de nouvelles façons de se battre, tôt ou tard tu risques de te faire pogner. Et ce n’est pas la fin du monde.

La première fois qu’il y a eu une perquisition chez moi, il était 3h du matin. J’étais vétue de noir avec un sac marin sur mon épaule remplis de pieds de biche, de coupe-boulons et des gants. J’étais au point de sortir. Mais par la fenêtre j’ai vu les gyrophares et puis les silhouettes de flics qui promenaient des chiens sur la pelouse. Ils avaient bouclé la rue.

Certes, se faire pincer, c’est de la merde, alors continuons à trouver les moyens de l’éviter. Mais il y a de valeur à rester avec ces moments où on se rend compte qu’on ne va pas pouvoir s’échapper cette fois-ci. Y réfléchir peut nous donner le courage et la détermination de continuer, d’essayer encore pour mieux se planter la prochaine fois.

J’avais 19 ans. J’ai cherché mes collocs encore éveillés-es et, pendant que commencaient les coups sur la porte, on essayait de décider quoi faire. Ils envoyaient la lumière de leurs torches par la fenêtre. On s’est mis-es d’accord que j’allais sortir pour leur parler et que ma colloc allait fermer la porte à clé derrière moi.

“Se faire pogner” se veut un espace où raconter ces histoires. Envoyez-nous vos histoires très courtes (300 mots en anglais maxi, un peu plus long en français) sur ces moments où vous n’avez pas pu vous en sortir. On les recueillera et les publiera en brochure sur risograph, en pdf et peut-être sur un site web. Vous pourriez envoyer vos textes par mail à nothing-stops@riseup.net Clé PGP ici ou bien vous pourriez les laisser en commentaire sur cette page de North Shore Counter-Info. Si c’est clairement marqué comme une soumission, les modos ont accepté de nous le transmettre. Les textes seront anonymisés même si vous indiquez qui vous êtes. La date limite des soumissions est le 31 octobre, 2018, et la brochure sera prête par le jour de l’an.

Les flics m’ont dit qu’ils cherchaient les types qui venaient de braquer la station-service d’en face. Si on les laissait entrer, ils ne remarqueraient rien apart ces types. Ils me l’ont promis. “Mais si tu nous fais chercher un mandat…” J’ai tappé pour rentrer discuter avec mes amis-es. La maison était entourée. Les coups sur la porte ont repris immédiatement une fois que je l’ai fermée derrière moi.

Dans l’attente de vous lire. Prenez soin. N’arrêtez jamais.

(Pour le moment, nous projetons de ne sortir le recueil qu’en anglais, mais il nous est possible de traduire vos textes, alors allez-y et écrivez-le!)

Affichage contre Jérôme Blanchet-Gravel

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Sep 152018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Jérôme Blanchet-Gravel est un gros porc.

Cela fait quelques mois que nous entendons parler du jeune essayiste prétentieux, raciste et misogyne Jérôme Blanchet-Gravel. Que ce soit pour ses propos «d’écrivain» ou d’étudiant aux universités Laval puis d’Ottawa. On parle de propos dégueulasses à la fois dans la sphère publique, comme ses textes pour les medias réactionnaires Causeur ou Sputnik, mais aussi dans la sphère privée, comme le démontre des captures d’écran qui ont fuité dans les dernières semaines et qui ont été publiées sur plusieurs pages FB

Jérôme n’aime pas trop qu’on lui mette le nez dans sa propre merde car il se voit comme le futur Mathieu Bock-Coté. Nous n’en avons pas besoin d’un deuxième!

La semaine passée nous avons placardé différentes affiches incluant ses citations dégueulasses, autour de deux lieux symboliques:
– le bar le Quartier de Lune dans Limoilou à Québec, où Jérôme devait prendre la parole dans le cadre du lancement d’un livre de Phillipe Sauro Cinq-Mars
– le bar l’Amere à boire ou tu il s’était fait demander de ne plus revenir car c’est un macho qui s’active à perpétuer la culture du viol avec ses articles (contre le mouvement #meetoo par exemple)

En nous attaquant à lui, nous nous attaquons au racisme islamophobe, à la misogynie, à la culture du viol mais aussi à la bourgeoisie dont il fait parti.

En effet, on ne va le plaindre : papa a beaucoup d’argent, lui même possède un vignoble et tes sœurs sont avocates et médecin… Il se considère comme un être supérieur, nous le ferrons redescendre sur terre à toutes les occasions possibles.

Car tu es un gros porc Jérôme.

signé : le collectif des «petites salopes d’inclusives» (citation de Jérôme Blanchet-Gravel)