« La carte du monde n’a que faire de frontières, les paysages de la pensée non plus. » Murray Bookchin, La révolution à venir, 2002. Les nationalismes sont en pleine essor partout autour du globe depuis les dernières années. Le soi-disant canada et le soi-disant québec n’y font pas exception, surtout depuis la décomplexion fasciste au sud de la frontière. Trente ans après le dernier référendum et une génération de décrépitude, l’incarnation québécoise du nationalisme sous la forme du projet indépendantiste reprend de l’ampleur. Les appels à l’indépendance du québec se multiplient et l’ampleur du phénomène chez les jeunes détone avec le ton vieillot des revendications. Le PQ, ressuscité après une période de coma végétatif, agit comme s’il avait déjà gagné les élections et les comités souverainistes sur les campus des cégeps et universités refoulent tellement ils sont populeux. La gauche radicale, elle, peine à rester à flot face aux tsunamis des attaques réactionnaires incessantes et n’attire plus que quelques centaines de badauds blasés dans ses manifs. À l’exception de quelques événements sporadiques ou quand des attaques particulièrement vicieuses de la part du pouvoir mobilisent encore, les jeunes semblent plus intéressées par un québec indépendant que par la révolution sociale. ...