La pandémie qui frappe de plein fouet la planète depuis janvier 2020 a complètement changé, temporairement du moins, la donne politique tandis que le confinement et l’interdiction des rassemblements impliquent que les mouvements sociaux ne peuvent plus recourir aux tactiques traditionnelles, dont les manifestations, pour dénoncer les injustices et mettre de l’avant des alternatives. Or, loin d’être une parenthèse ou une sorte de suspension du temps, la pandémie constitue entre autres un phénomène d’accélération politique durant lequel les rapports de classe déploient toute la violence dont ils sont capables. Les minorités racisées et les quartiers populaires sont ainsi particulièrement touchés par l’hécatombe, la violence conjugale augmente au sein des familles confinées, les forces policières profitent de l’état d’urgence pour harceler et violenter leurs cibles habituelles encore plus qu’à l’accoutumée, les personnes issues de l’immigration, notamment asiatique, sont encore plus stigmatisées que d’habitude, les États multiplient les décrets forçant d’importants segments de la population à travailler pour des salaires de misère dans des conditions qui ne sont pas sécuritaires au nom de la sacro-sainte économie, etc. La pandémie exacerbe ainsi les inégalités et l’oppression. Il est donc d’autant plus nécessaire de nous organiser et de nous mobiliser. ...