Le 13 février 2012 marque le début de la plus grande grève de l’histoire du Québec, une grève étudiante qui a vu débrayer jusqu’à 310 000 personnes et donné lieu à certaines des plus importantes manifestations de la province. Ce conflit entre étudiant.es et gouvernement libéral, étalé sur plus de six mois, a fait une quarantaine de blessé.es et a provoqué l’arrestation de plus de 3 500 personnes. Il s’est par ailleurs transformé en conflit social, voyant s’opposer un mouvement populaire portant des valeurs sociales-démocrates et l’intransigeant gouvernement de Jean Charest, défenseur du néolibéralisme. Cet évènement, devenu l’un des plus importants de la mémoire collective du XXIe siècle au Québec, a soulevé de nombreux autres enjeux que ceux liés à la condition étudiante. Le mouvement a remis en cause le libéralisme, et pour certain.es le capitalisme, et a donné lieu à une guerre de communication et d’images, à l’invention de pratiques offensives novatrices, à des alliances inusitées et surtout à une expérience inédite d’occupation de l’espace urbain. Afin d’explorer différents aspects marginalisés dans l’historiographie de la grève de 2012, notre collectif se propose d’offrir, dans les prochains mois, une série d’articles partisans ayant pour objectif de complexifier les récits communs et d’offrir des réflexions révolutionnaires sur le mouvement et sa postérité. ...