
Soumission anonyme à MTL Contre-info
« Celui qui ne veut pas parler du capitalisme doit aussi se taire à propos du fascisme »
Max Horkheimer
Raidissement autoritaire des gouvernements et de la sphère idéologique aux quatre coins du monde, dégradation autoritaire des démocraties libérales, crispation réactionnaire sur les identités et symboliques nationalistes et ethniques : cela touche désormais au lieu commun de constater la trajectoire fascisante dans laquelle le monde actuel est de plus en plus fermement engagé. Si le fascisme n’est pas encore installé ouvertement en régime, malgré des cas dangereusement limites tels que l’Inde et la Hongrie, c’est sa possibilité bien réelle qui se laisse partout pressentir et qui amplifie l’ambiance de catastrophe d’un monde capitaliste tardif nourri de crises et de destruction.
Et pourtant! La critique se trouve trop souvent désarmée pour dévoiler les causes structurelles d’un tel phénomène et ouvrir des perspectives politiques capables de réellement mettre à mal les racines du spectre fasciste. L’incapacité est encore plus grande quant au dévoilement d’un autre horizon pour ce monde, celui de l’émancipation révolutionnaire. Personnifications excessives du phénomène dans des individualités envisagées comme causes plutôt que symptômes, parallèles historiques rapides, voire paresseux, replis sur une simple posture de défense de la démocratie libérale, autant d’insuffisances qui posent la construction d’une position antifasciste ouvertement associée à un horizon révolutionnaire comme une tâche des plus vitales.
Par ailleurs, si nous devons accueillir favorablement les prises de position publiques sur ces enjeux, force est de constater qu’elles émergent majoritairement de positions d’énonciation rattachées aux institutions, notamment universitaires et médiatiques, ce qui n’est pas sans poser problème dans l’hypothèse d’une accélération de l’autoritarisme. Il faut dès maintenant développer les pensées autonomes et les modes d’organisation qu’elles impliquent.
Pour penser avec profondeur l’enjeu contemporain du fascisme, Penser en Rupture lance un appel à des contributions pour son premier colloque qui aura lieu à Montréal en mai 2026 sur cette question.
Nous invitons des groupes ou individus souhaitant contribuer à cet évènement à nous soumettre des propositions d’interventions qui pourront être présentées lors du colloque.
L’objectif de ce colloque est d’arrimer une rigueur théorique avec une radicalité révolutionnaire sans concession pour permettre l’énonciation et le débat entre positions approfondies qui assument d’êtres dérangeantes par rapport au cadre idéologique libéral encore dominant dans bien des espaces universitaires. C’est dans cet esprit de combinaison de rigueur et de subversivité que nous invitons à vous saisir de cet appel et à proposer une intervention à ce colloque ! Les dates plus exactes du Colloque en mai ainsi que les autres informations essentielles seront diffusées prochainement.
Inspirée par ce qui se fait ailleurs dans le monde, Penser en Rupture est une initiative soutenue par des militant·e·s révolutionnaires à Montréal pour stimuler et organiser une pratique révolutionnaire et autonome de la théorie. Le colloque sera l’occasion de réfléchir à des perspectives pour construire la vie théorique dont notre pratique et nos luttes ont besoin. Hors de l’ordre dominant, rapprochons l’horizon de l’émancipation.
Directives pour les contributions
Les contributions peuvent porter sur divers aspects de l’enjeu du fascisme, dont celles-ci : Comment envisager le lien entre le phénomène du fascisme et l’état contemporain du capitalisme ? Quelles nouveautés, quelles ruptures des fascismes contemporains par rapport aux fascismes historiques ? Comment le fascisme interagit avec le colonialisme ou le patriarcat ? Quels constats tirer de l’histoire et de l’actualité de la lutte contre le fascisme à l’échelle internationale ? Comment articuler concrètement dans une politique une position antifasciste et une perspective révolutionnaire pour éviter de se réduire à une simple défense d’un statu quo « libéral » ?
Engagement avec une perspective révolutionnaire de dépassement du capitalisme et rigueur dans la recherche sont les deux seules contraintes essentielles pour toute contribution.
Il est possible de soumettre une proposition de communication individuelle, un panel, une séance de présentation d’un groupe ou d’une initiative de celui-ci. Les communications individuelles seront d’une durée de 20 à 30 minutes environ, suivies d’un temps d’échange. Les panels et les contributions des groupes pourront être présentés dans une période d’une heure.
Autant des groupes que des individus, indépendamment de tout rapport à l’institution universitaire — étudiant·e·s de tous les cycles et de toutes les disciplines, militant·e·s professionnel·le·s, chercheur·euse·s autonomes et autres drop out du cauchemar technocratique où se replie désormais la prétention au savoir, sont invité·e·s à proposer des contributions.
Prenez note que les actes du colloque seront publiés au courant de l’été 2026, afin de pérenniser les contributions théoriques.
Enfin, le colloque étant également une occasion de sociabilisation, nous invitons les organisations et les camarades qui souhaiteraient tenir une table de diffusion ou proposer une contribution culturelle à nous contacter également.
Soumission des contributions et informations supplémentaires
Nous recevons des contributions à partir du 15 janvier 2026.
La date limite pour la soumission des contributions est le 15 mars 2026. À partir de cette date nous engagerons avec les personnes ou groupes ayant contribué pour établir les derniers préparatifs pour le colloque.
Les contributions ainsi que toute autre question reliée à cet appel et au colloque peuvent êtres envoyées via l’adresse courriel suivante: penserenrupture@riseup.net
Salutations communistes
Penser en Rupture


