
Une source antifasciste a infiltré le clavardoir privé des membres abonnés de la chaîne Nomos-TV. Au programme, dans le confort de cet « espace sûr » : xénophobie et islamophobie débridées, mépris ouvert à l’égard du peuple québécois, des aîné·e·s, du nationalisme civique et des souverainistes progressistes, haine misogyne et transphobe et, bien entendu, un flot continu de propos dégradants à l’endroit des personnes immigrées et racisées. Dans un contexte où certains éléments réactionnaires des médias traditionnels, en particulier l’empire Québecor, font le jeu de ces militants racistes en leur offrant une plateforme sous prétexte de liberté d’expression, nous présentons ici une partie des constats de cette opération d’infiltration, en rappelant – une fois de plus – qu’il ne sera jamais acceptable de répandre des discours haineux dans nos collectivités, quoi qu’en disent les idiots utiles et les apologistes.
Subterfuge et complaisance : comment se normalisent les discours haineux
Il y a bientôt huit mois, nous avons publié un exposé détaillé sur Alexandre Cormier-Denis (ACD), où nous faisions la démonstration du rôle-clé qu’occupe cet idéologue ethnonationaliste dans l’écosystème d’extrême droite au Québec et du caractère profondément raciste et xénophobe de sa proposition politique. Après dix ans d’activité sur ce registre, normalement, tout ce qui touche de près ou de loin à Cormier-Denis et Nomos-TV devrait être persona non grata dans les médias traditionnels.
Et pourtant, au Québec en 2026, la détestation aiguë des voix de gauche s’est tellement répandue dans la culture générale que la somme des discours haineux d’ACD est complètement ignorée par certaines personnalités médiatiques réactionnaires, qui préfèrent encore lui tendre le microphone et amplifier son message plutôt que de prendre acte des faits et accorder un quelconque crédit au travail des antifascistes ou des journalistes progressistes.
Ainsi, ACD et Nomos-TV profitent encore d’une révoltante complaisance – voire d’une sympathie ouverte – dans certains recoins de l’écosystème médiatique québécois, dont Radio X (qui est depuis longtemps devenu le principal haut-parleur de toutes les droites), mais aussi des espaces comme la chaîne YouTube Ian & Frank (à tendance conservatrice « libertarienne », et que méprisent ouvertement les « nomosiens » en privé) ou Radio Ville-Marie, dont le directeur affiche ses affinités avec ACD. Une preuve éclatante de cette complaisance nous a été donnée le 27 avril dernier, quand l’animateur de QUB Radio Benoît Dutrizac a invité Cormier-Denis à livrer sa version de ce qui s’était passé quelques jours plus tôt, lorsqu’une mobilisation du Front antifasciste populaire avait empêché la diffusion d’une émission de Nomos-TV en direct de leur studio du Plateau Mont-Royal.


