Alors que nos camarades aux États-Unis reçoivent une reconnaissance bien méritée pour leur résistance contre l’ICE, Solidarité sans frontières (SSF) souhaite mettre en lumière les atrocités commises par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).
Le contrôle violent des frontières est inhérent aux colonies de peuplement génocidaires telles que les États-Unis et le Canada. Même s’il peut être tentant de se convaincre que le Canada fait exception à la brutalité étatique à l’encontre des migrant·es, rien n’est plus loin de la vérité.
Notre propre Agence des services frontaliers « canadien » emprisonne des enfants avec leurs familles, arrête des personnes devant leurs enfants, entre violemment dans leurs maisons pendant la nuit, les blesse lors des arrestations et refuse de leur fournir des soins médicaux, pénètre dans les hôpitaux pour effectuer des arrestations en menottant les migrant·es aux lits et les brutalise en toute impunité. Pourtant, le mythe de l’exceptionnalisme canadien dépeint le Canada comme un pays tolérant et accueillant.
Si Garda est ciblée par l’indignation générale (bien méritée) pour sa collaboration avec l’ICE dans les centres de détention états-uniens, il convient de noter que des gardes de Garda opèrent au Centre de surveillance d’immigration de Laval et oppriment nos camarades détenu·es depuis plusieurs années maintenant. Les gardes de Garda ont systématiquement refusé aux membres de SSF la livraison des articles essentiels tels que des brosses à dents et du shampoing à nos camarades détenu·es et ont fièrement arboré sur leurs gilets des épingles de « thin red line » (la version de l’ASFC de « thin blue line » pour Blue Lives Matter).
Il serait hypocrite de pointer du doigt le traitement cruel réservé aux migrant·es par les États-Unis tout en nous laissant séduire par l’illusion que le Canada lui est moralement supérieur.
Peu importe qui gère les centres de détention et peu importe dans quel pays ils se trouvent, les frontières et le système de détention migratoire ont toujours été meurtriers. Garda n’est qu’un symptôme du problème ; le vrai problème, c’est l’existence même des frontières.
Tandis que nous nous mobilisons en solidarité avec nos voisins, nous ne devons pas oublier que la résistance ici est également cruciale. En vertu de l’Accord sur les tiers pays sûrs, le Canada a refusé l’entrée à des milliers de personnes et a expulsé des milliers d’autres vers les pays qu’elles avaient fui, tout en sachant pertinemment que leur vie était en danger. Le projet de loi C-12, actuellement devant le Sénat, ne fera que fermer davantage la frontière, de sorte que pratiquement personne venant des États-Unis ne pourra présenter une demande d’asile.
Il est urgent que nous comprenions notre propre régime brutal de contrôle des frontières afin de pouvoir nous mobiliser en solidarité avec TOUS·TES les migrant·es sans statut et les migrant·es ayant un statut temporaire et précaire au Canada.


