Julien Côté Lussier : l’excès d’orgueil du néonazi qui a voulu jouer la game électorale

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Nov 072019
 

De Montréal Antifasciste

LE MILITANT NATIONALISTE BLANC EST TOUJOURS À L’EMPLOI D’IMMIGRATION CANADA

Grâce aux efforts diligents de militant-e-s antiracistes et de son réseau local de sympathisant-e-s, Montréal Antifasciste est en mesure de confirmer que le candidat indépendant dans LaSalle-Émard-Verdun aux dernières élections fédérales, Julien Côté (Lussier), est un militant nationaliste blanc de longue date, un participant actif à différents forums de discussion Alt-Right (néonazi), un organisateur clé de ce milieu à Montréal et au Canada… et un employé du ministère de l’Immigration du Canada.

 

Le 15 octobre dernier, à six jours seulement des élections fédérales canadiennes, la CBC publiait un article révélant que le candidat indépendant dans LaSalle-Émard-Verdun, Julien Côté, était jusqu’à l’année dernière le porte-parole national d’ID Canada, une organisation « identitaire » qualifiée par la CBC de « groupe nationaliste blanc et xénophobe », lequel adhère notamment à la théorie du « grand remplacement » très répandue chez les extrémistes de droite. (Cette théorie fumeuse a d’ailleurs motivé plusieurs des massacres fascistes de ces dernières années, dont ceux de Christchurch et d’El Paso.)

Nous devons humblement admettre que la candidature de Julien Côté nous avait échappé jusqu’à la parution de cet article. Malheureusement pour Côté, cependant, le projecteur national soudainement braqué sur sa candidature nous a rappelé son rôle dans le milieu Alt-Right montréalais…

Dans les heures suivant la parution de l’article, un certain nombre de statuts publiés par Montréal Antifasciste, et d’autres sympathisant-e-s antiracistes/antifascistes ont révélé l’étroitesse de ses liens avec l’extrême droite[1], ce qui a exercé une telle pression sur Côté qu’il s’est senti obligé de recourir aux services de Shawn Beauvais-MacDonald pour « sécuriser » l’opération de démarchage qu’il avait prévu de mener à Verdun le 19 octobre.

Drôle idée, direz-vous, que celle de s’adjoindre les services d’un nazi notoire après avoir nié être raciste sur toutes les tribunes. Il a peut-être eu raison d’appeler des renforts, au vu de la mobilisation populaire qui s’est organisée spontanément dans le quartier pour confronter directement Côté et son sbire, mais admettons que le choix du garde du corps laissait fort à désirer si l’intention du candidat était de dédiaboliser sa démarche.

Une résidente du quartier nous a expliqué pourquoi elle et d’autres résident-e-s excédé-e-s se sont mobilisé-e-s suite à la parution de l’article de la CBC :

« Pour nous, il était clair que Julien Côté Lussier utilisait la campagne électorale comme prétexte pour recruter d’éventuel-le-s sympathisant-e-s. Il avait imprimé son numéro de téléphone sur ses affiches, faisait campagne sur les rues en offrant des cafés et des discussions, il s’infiltrait dans toutes les plateformes web des citoyens du quartier et même son site web invitait les internautes à prendre contact en privé pour connaître sa plateforme électorale. Nous nous sommes mobilisé-e-s rapidement pour faire connaître le vrai visage de Côté, pour exposer son jeu et limiter sa visibilité. Nous avons également contacté Montréal Antifa car nous avons vite compris qu’il ne s’agissait pas d’une simple affaire de quartier et qu’il était important que l’activité de Julien Côté soit répertoriée ».

Nous ne pouvons qu’applaudir cette initiative de la base et tenons à souligner que le présent article n’aurait peut-être pas été produit, n’eût été de la diligence et la pugnacité des résidentes et résidents qui nous ont écrit et offert leur collaboration. C’est précisément à ça que doit ressembler un mouvement antiraciste et antifasciste vigoureux.

À partir de là, et en revisitant les informations que nous avions déjà sur Côté, nous avons vite compris que les révélations de la CBC n’étaient que la pointe de l’iceberg.

 

Un compte Twitter (trop peu trop tard) nettoyé

Le 20 octobre, l’utilisateur Twitter @Un_Migrant a révélé que le compte Mox_Nisi appartenait vraisemblablement à Julien Côté. Il n’est sans doute pas fortuit que Mox_Nisi ait commencé à faire une promotion excessivement enthousiaste de la candidature de Côté… précisément le même jour où celui-ci a fait connaître ladite candidature! Voici une série de captures d’écran illustrant cette curieuse concordance :

 

La connexion néonazie se confirme

En fait, ça n’a rien d’un hasard si Beauvais-MacDonald est le goon qui est venu protéger Côté de la colère des résident-e-s de Verdun le 19 octobre : si le premier représente l’aspect bête et méchant du milieu Alt-Right montréalais, l’autre fait sans doute partie de ce qui sert d’avant garde intellectuelle à ce mouvement nationaliste blanc. Les deux se sont vraisemblablement connus en 2016-2017, au sein du petit groupe de militants Alt-Right qui animaient le salon de discussion « Montreal Storm » avec d’autres « ethnonationalistes » (que l’on décrirait plus correctement comme les plus récents héritiers de la tradition néonazie historique…) tels que Gabriel Sohier Chaput, alias « Zeiger », Vincent Bélanger Mercure et Athanasse Zafirov, alias « Date ».

Trompé par son ego, Côté a été le principal artisan de sa propre chute. En retraçant les miettes numériques qu’il a laissées derrière lui au fil des ans, nous avons pu établir hors de tout doute raisonnable que Côté (date de naissance, 22 septembre 1981) est l’utilisateur « Passport » sur le forum « Montreal Storm » et dans d’autres salons Discord privés réservés aux membres cautionnés (vouched) du mouvement Alt-Right canadien.

Ne serait-ce que pour les raisons tactiques évidentes, nous n’énumérerons pas ici toutes les preuves accumulées, mais la somme et la nature de ces preuves forment un dossier accablant. Seulement en comparant l’avatar de Côté qui apparaît sur son compte Skype dans l’entrevue qu’il a accordée à CityNews Edmonton en janvier 2018 et l’avatar choisi par « Passport » sur Discord, il saute aux yeux que c’est la même illustration, soit la toile Der Wanderer über dem Nebelmeer, du peintre romantique allemand Caspar David Friedrich. Une référence extrêmement nichée, vous en conviendrez avec nous. En suivant un lien affiché par « Passport » sur Discord vers la vidéo d’une conférence de Jordan Peterson à Ottawa, où il s’est rendu en compagnie de Zafirov pour adresser une question à Peterson, nous avons pu confirmer que la voix de « Passport » que l’on entend sur la bande audio est bel et bien celle de Côté.

Par sa participation à différents salons de discussion canadiens et à différents projets d’organisation politique, Côté/Passport était non seulement une figure centrale du petit club Alt-Right de Montréal, mais aussi de la communauté Alt-Right qui essayait alors de se consolider nationalement. Il était notamment, comme l’a relevé la CBC, au cœur du projet d’ID Canada, un groupuscule malhabilement calqué sur les organisations du mouvement « identitaire » européen, comme Génération Identitaire. (C’est d’ailleurs pour défendre une affiche d’ID Canada posée à Edmonton que Côté, en tant que porte-parole de l’organisation, avait accordé une entrevue à CityNews en janvier 2018. Le subtil en-tête de l’affiche était : « VOUS VOUS FAITES REMPLACER ».) Mais ça n’est pas tout. Il était aussi l’un des principaux organisateurs d’un rassemblement national du milieu Alt-Right canadien tenu en Ontario en juillet 2017[2], et l’un de ceux qui ont organisé la conférence du professeur nationaliste blanc Ricardo Duchesne à Montréal un mois plus tôt. Côté s’est aussi rendu à plusieurs reprises dans des rassemblements de l’Alt-Right aux États-Unis, notamment à des rencontres du National Policy Institute de Richard Spencer.

Par son activité virtuelle et « dans la vraie vie », il est clair que Julien Côté, alias « Passport », a joué un rôle de tout premier plan, aux côtés d’autres néonazis confirmés, dans la tentative d’expansion du mouvement nationaliste blanc au Canada. Mais il n’avait pas fini de nous surprendre.

 

La curieuse histoire du militant anti-immigration qui travaille pour le ministère de l’Immigration

Plusieurs sources internes ont pu confirmer à Montréal Antifasciste que Julien Côté est employé au ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada. Non seulement Côté s’en est-il lui-même vanté sur Facebook (voir les captures d’écran ci-dessous), mais une recherche dans la Gazette du gouvernement du Canada révèle que la Commission de la fonction publique a « accordé à Julien Lussier, analyste de soutien opérationnel, la permission (…) de se porter candidat (…) à l’élection fédérale dans la circonscription de LaSalle-Émard-Verdun (Québec). » Il s’avère donc que son nom complet est Côté Lussier. Décidément, les noms composés ont la côte chez les néonazis de bonne famille.

La Gazette du Canada, Partie I, volume 153, numéro 37 : COMMISSIONS, 30 août 2019

En fouillant un peu plus dans le passé de Côté Lussier, quelle ne fut pas notre surprise de découvrir qu’il était loin d’en être à ses premières frasques en matière de ruades anti-immigration.

En septembre 2012, lui et sa partenaire, Magdalena Baloi-Lussier (Madi Lussier, qui a par ailleurs agi à titre d’agente officielle de la candidature de Côté Lussier), se sont vu retirer une invitation à témoigner devant un comité parlementaire sur l’immigration lorsqu’une députée néo-démocrate s’est rendu compte que le couple Baloi-Lussier était responsable d’un site anti-immigration épousant des thèses racistes. Selon un article paru dans le Journal Métro :

« Le site des Lussier comprend des sections appelées “Chinafication” et “Arabization” de même qu’une interview vidéo avec le Canadien suprémaciste blanc Paul Fromm réalisée lors d’une conférence “raciste” du groupe [American Renaissance]. »

La version archivée du site « Canadian Immigration Report », ainsi que le contenu de la chaîne YouTube liée au projet, confirme la teneur des inquiétudes des membres du comité, qui ont ainsi convaincu leurs collègues de retirer le statut de témoins au couple Baloi-Lussier.

La nature de ce site correspond par ailleurs à celle d’un autre projet que Côté Lussier a voulu mettre sur pied avec ses camarades nazis du forum Discord (le site aujourd’hui zombifié borderwatch.ca) pour répertorier les passages irréguliers à la frontière Canada/E.U.

Autre lien pour le moins curieux, le député qui les avaient invités à témoigner, le Conservateur Chungsen Leung (qui soit dit en passant était le secrétaire parlementaire de Stephen Harper en matière de multiculturalisme de 2011 à 2015), est celui-là même que « Passport » décrit sur Discord comme un député « fermement de [notre] côté » qui « aimerait que les blancs aient une colonne vertébrale » et qui « reconnaît que [nous] sommes une race supérieure ».

Ainsi donc, un individu raciste ayant causé une polémique en marge d’une audience officielle du comité sur l’Immigration en 2012, laquelle polémique a même fait l’objet de nombreux articles de presse à l’époque, a pu rester à l’emploi du ministère de l’Immigration jusqu’à aujourd’hui. Se pourrait-il que le ministère de l’Immigration du Canada, l’une des nombreuses agences gouvernementales responsables de réguler et de perpétuer un système d’apartheid fondé sur l’emprisonnement de migrant-e-s et un régime de déportations sans cesse renouvelé, une organisation dont l’histoire est ancrée dans le racisme, le sexisme et le capacitisme, ait un tel niveau de tolérance pour le suprémacisme blanc? Quand on y pense un peu, ça n’est pas particulièrement étonnant.

 

///

Il est fort regrettable qu’un individu comme Julien Côté Lussier ait pu continuer pendant de nombreuses années à promouvoir le racisme sans être tenu responsable de ses actions. En travaillant au ministère de l’Immigration du Canada, en voyageant à l’étranger pour participer à des colloques d’extrême droite et en occupant une position stratégique au sein d’organismes racistes au pays, il était bien placé pour jouer un rôle central dans la reconsolidation d’un milieu néonazi fragmenté et désorganisé au Canada. Allez savoir ce qui lui est passé par la tête pour décider de se porter candidat aux élections fédérales, un choix funeste qui allait assurément attirer une attention non désirée et provoquer l’intervention des antiracistes de sa circonscription. Quoi qu’il en soit, nous avons bien l’intention d’exploiter ce grave manque de discernement…

Gageons qu’il va regretter d’avoir mis sa face sur le proverbial poteau.

 

 

 


[1]               Une séance de questions et réponses sur Reddit a d’ailleurs vu Côté littéralement accablé par une bordée de questions embarrassantes sur sa plateforme.

[2]               Ce milieu a fait les manchettes en août de la même année, lorsque Beauvais MacDonald et Bélanger-Mercure ont été identifiés par des antifascistes parmi un groupe de Québécois ayant fait le voyage à Charlottesville, Virginie, pour participer aux manifestations suprémacistes blanches du tristement célèbre rassemblement « Unite the Right ». Gabriel Sohier Chaput, du même groupe, a plus tard été identifié comme un prolifique propagandiste du courant néonazi de l’Alt-Right, notamment en rééditant l’ouvrage Siege de James Mason (l’une des principales inspirations du groupe terroriste Atomwaffen Division et d’une grande partie du mouvement national-socialiste contemporain) et en signant de nombreux articles pour le site The Daily Stormer d’Andrew Anglin.

En mai 2018, Sohier-Chaput a été doxxé par des antifascistes de Montréal et forcé à l’exil sous le coup d’une série d’articles publiés dans la Montreal Gazette. En même temps, le contenu du salon « Montreal Storm » a été rendu public sur le serveur Unicorn Riot, qui mène un projet d’archive des forums nazis sur Discord.

D’autres individus de ce milieu, dont le principal modérateur du forum Discord national et coanimateur du podcast néonazi This Hour Has 88 minutes, « Axe in the Deep », de son vrai nom Clayton Sanford, ont été identifiés dans les mois suivants par des journalistes diligents de Vice.

Revendication d’une attaque incendiaire contre un constructeur de prison pour migrant.es

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Oct 312019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

En acceptant le contrat d’entrepreneur général pour le nouveau centre de detention pour migrant.es de Laval, Tisseur Inc. ont commis une grave erreur. Le soir du 26 octobre nous avons décidé d’offrir notre contribution à la lutte contre le système frontalier et carcéral sous toutes ses formes. Nous avons mis le feu à une camionnette sur les berges du canal Lachine où se trouve un autre projet de Tisseur. Nous n’avons pas fini.

– des anarchistes

Des zombies anticoloniaux attaquent le monument de John A. Macdonald avec de la peinture orange

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Oct 312019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Halloween, 31 octobre 2019, Montréal — Lors d’une action revendiquée par des zombies anticoloniaux, des morts-vivants se sont réveillés du cimetière Saint-Antoine (1799-1855) situé sous ce qui est aujourd’hui le square Dorchester et la Place du Canada.

Les zombies anticoloniaux ont émis un communiqué pour les médias indépendants du monde vivant :

« Aux vivants—Nous sommes les mort-e-s que vous avez oublié.

Nos squelettes, enterrés entre 1799 et 1855, sont ici par milliers.

Vous nous avez recouverts d’asphalte et de béton. Vous avez érigé des parcs à la gloire du colonialisme au-dessous de nos corps. Vous avez profané notre mémoire avec le monument d’un des architectes du génocide autochtone, John A. Macdonald.

Vous avez échoué. Vous continuez d’allouer la présence de la statue de Macdonald dans un endroit public important de Montréal, par-dessus nos corps, comme un symbole de la suprématie blanche.

Les quelques tentatives des vivants anticoloniaux d’attaquer le monument raciste pour le faire retirer ont échoués à ce jour. Alors nous, les morts, avons dû prendre acte et asperger le monument de peinture orange.

La couleur orange représente notre journée sacrée de la Samhain (Halloween), mais c’est aussi une façon appropriée de profaner John A Macdonald qui était membre de l’ordre raciste et anti-catholique “Orange Order”. Après tout, les squelettes sous la place du Canada et le square Dorchester sont à grande majorité irlandaise catholique. Beaucoup d’entre nous ont été victimes des épidémies du choléra du 19e siècle.

Nous nous soulèverons encore et encore, pour attaquer cette statue, tant qu’elle ne sera pas retirée ou que la peinture sera laissée comme signe visible de contestation de l’héritage de Macdonald.

Nous sommes morts-vivants et vos lois ne s’appliquent pas à nous.

Nous avons une longue mémoire et beaucoup de motivation.

Nous n’oublions pas, nous ne pardonnons pas.

Joyeux Halloween anticolonial !

— Signé des zombies anticoloniaux du vieux cimetière Saint-Antoine (sous le square Dorchester et la Place du Canada). »

Extinguishing Rebellion

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Oct 242019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Extinction Rebellion [XR], une mouvance internationale écologiste se disant non-violente et aussi extrême que la situation, a fait son apparition sur la scène montréalaise il y a environ un an. Le 8 octobre 2019, une poignée de leurs activistes ont réussi un coup d’éclat, forçant la fermeture du Pont Jacques-Cartier pendant plus d’une heure en pleine heure de pointe matinale. Leurs actions démontrent une volonté de se mettre physiquement en jeu devenue nécessité incontournable dans la lutte écologique. En ce sens, leur courage et leur détermination ne peuvent qu’être rassurants. Cependant, des critiques fusent d’un peu partout à l’endroit de leur idéologie et leurs pratiques, soulevant des enjeux importants à aborder.

À Paris, où des militant.es de XR ont, entre autres, effacé des tags anti-police pendant l’occupation d’un centre commercial, une lettre ouverte note une banalisation des violences policières, une non-violence dogmatique qui révèle une violence insidieuse, et l’exclusion des classes populaires du cadre d’action. On leur reproche aussi un manque de lecture stratégique de la situation et des rapports de force.

Une critique de la branche anglaise de XR fait état de leur incompréhension profonde du fonctionnement et des impacts de la répression judiciaire des militant.es.

À peu près tout le monde se moque de leur envie de se faire arrêter par la police, mais il ne s’agit pas d’une blague : c’est le fruit d’une interprétation bizarre et dangereuse de l’histoire des mouvements sociaux, et ça favorise la construction d’un mouvement blanc et de classe moyenne peu importent les efforts pour donner à l’organisation une apparence intersectionnelle.

Même face à des partisans d’un pacifisme particulièrement intransigeant, il est bouleversant de constater à quel point on peine à distinguer entre une vraie initiative de XR et un canular :

D’autres ont abordé les justifications que XR font de la non-violence. Regardons ceci de plus près. Le groupe cite une étude académique de Erica Chenoweth intitulée « Why Civil Resistance Works », pour affirmer que les mouvements non-violents ont réussi deux fois plus souvent que les mouvements ayant eu recours à la violence, entre 1900 et 2006, dans le cadre de conflits entre des forces étatiques et non-étatiques. On aimerait bien que, dans un monde si complexe, des statistiques aussi claires puissent nous guider dans le choix de nos moyens d’action. Il y a juste quelques petits problèmes.

Numéro un : l’étude définit « un mouvement violent » là où plus de 1 000 combattants armés sont morts sur le champ de bataille. Ainsi sont exclus les émeutes urbaines, de même que des groupes armés allant de la Fraction Armée rouge aux Zapatistes. Et effectivement, les luttes qui entraînent plus de 1 000 morts ont tendance à témoigner de la militarisation profonde d’un conflit insoluble, ce qui rend extrêmement difficile pour le camp non-étatique d’atteindre les objectifs qui l’ont poussé à se mobiliser au début. La force d’une insurrection est sociale, non pas militaire.

Deuxièmement, pour les fins de l’étude les « mouvements non-violents » incluent ceux qui sont principalement, mais pas entièrement non-violents. Notons que personne ne propose un mouvement pour le climat qui serait principalement violent, il s’agit plutôt de faire place à une diversité de tactiques, où plusieurs types de moyens d’action sont valorisés et se renforcent idéalement les uns les autres.

C’est-à-dire un mouvement qu’un statisticien pourrait en effet classifier comme principalement non-violent, mais où il y a bien des gens en black bloc sur la ligne de front affrontant la police, et des bandes nocturnes sabotant les infrastructures sans se faire prendre, ce qui leur permet d’attaquer à plusieurs reprises. Nulle part dans l’étude la non-violence ne se traduit-elle par l’obligation de se rendre à la police lorsqu’on enfreint la loi.

On pourrait aussi se questionner sur :

  • la tendance du pouvoir à nommer comme « violente » toute contestation qui perturbe réellement le cours normal des choses, sans égard aux gestes concrètement posés;
  • le fait que c’est souvent la violence des forces policières qui suscite une réponse « violente » d’un mouvement social, autrement dit la violence est souvent imposée à un mouvement lorsqu’il pose une vraie menace aux pouvoirs en place;
  • la définition de la victoire vis-à-vis nos objectifs pluriels à moyen et à long terme, ainsi que la capacité du pouvoir à offrir des concessions au prix de la pacification et la récupération : lorsqu’il s’agit du futur de la vie sur terre, le compromis est-il possible?

En tout cas, se baser sur « Why Civil Resistance Works » pour justifier qu’on doit s’asseoir dans la rue en faisant des signes de paix aux flics est une insulte à l’intelligence des militant.es. Que les leaders de XR n’essaient pas de nous faire croire qu’ils.elles sont guidé.es par la science sociale quant ils.elles ne font qu’acter une moralité arrimée à l’état policier ou un désir de servir d’interlocuteur légitime du pouvoir. XR demande aux gouvernements de « dire la vérité », mais lorsqu’il est question de stratégies de contestation, ils ne s’intéressent pas à une réflexion honnête sur les choix qui se présentent à nous.

Pourtant, il suffit de regarder à peu près n’importe où ailleurs où les rebelles ont réussi à faire reculer le pouvoir dans les derniers mois, que ce soit à Hong Kong, en Équateur, au Chili, ou les gilets jaunes en France, ou bien de comprendre les luttes autochtones de défense des territoires au « Canada », pour faire un simple constat : il est essentiel d’avoir une capacité d’auto-défense si on veut forcer l’État et le capital à réellement céder du terrain.

Nous ne voulons pas trop répéter les critiques de XR qui ont déjà été bien exprimées ailleurs. De plus, XR présente ses apparitions locales comme étant autonomes, donc on aimerait donner à leurs structures au Québec le bénéfice du doute et ne pas trop les juger à partir des actions des groupes dans d’autres pays, même si celles-ci semblent souvent être les conséquences logiques de l’idéologie fondatrice du groupe, à laquelle les différentes branches souscrivent.

Nous sommes aussi conscient.es que des lignes de fracture existent au sein de toute organisation politique de masse, donc cette intervention ne vise pas l’ensemble des individus du groupe. Au contraire, nous n’avons pas de doute que plusieurs de ces militant.es seront des camarades et des complices formidables qui nous apprendront beaucoup au cours des prochaines années de développement d’une lutte acharnée et diversifiée contre le monde qui détruit la planète.

En observant les débuts de XR à Montréal, par contre, nous entretenons quelques craintes vis-à-vis l’organisation locale.

En entrevue à TVA Nouvelles suite au blocage du Pont Jacques-Cartier, un porte-parole de XR Montréal défend les activistes ayant grimpé sur le pont contre l’accusation d’extrémisme en précisant que « c’est des gens comme vous et moi, qui ont été 100% non-violents, ils n’ont pas résisté à la police, ils ont discuté raisonnablement. » On a des questions quant à ce qui est sous-entendu par « comme vous et moi » et quelles personnes ou classes de personnes échapperaient à cette désignation. Il faut aussi penser aux effets de ce genre de discours sur ceux et celles qui ne sont pas 100% non-violents, qui résistent à la police, qui ne voient pas l’avantage de discuter raisonnablement. Logiquement, ce serait ces gens-là les « extrémistes », et ils.elles mériteraient le traitement médiatique et judiciaire plus sévère appelé par ce terme.

Ce discours alimente la construction d’une division entre la bonne et la mauvaise militance, ce qui a tendance à augmenter la répression subie par ceux et celles qui prennent déjà les plus gros risques, qui cherchent une rupture totale avec l’ordre dévastateur du capital et de l’État, sabotant du même coup le tissage de liens entre les groupes et individus qui renforcerait la lutte.

On a aussi vu des efforts de conscientisation et quelques actions de style « sit-in », la dernière ayant eu lieu l’après-midi du 8 octobre suivant le blocage du pont en matinée. Le rassemblement de 250 personnes a été incapable d’atteindre le cible de l’action après que les lignes de l’escouade anti-émeute du SPVM n’ont pas cédé face à des cris de « nous sommes non-violents, s’il-vous-plaît, laissez-nous passer ! », suivis du slogan « Police, doucement, on fait ça pour vos enfants ». La scène mortifère en disait long sur les limites de la désobéissance « civile », celle-ci de fait enfermée dans une servilité éteignant toute réelle perspective de rébellion.

Nous serions ravi.es si des événements à venir nous contredisaient, mais nous croyons voir les mêmes dynamiques ayant suscité des critiques légitimes de XR ailleurs dans le monde s’installer dans leurs discours et leurs modes d’action à Montréal. Il ne s’agit pas d’écarter toute façon de faire qui diverge des nôtres, mais plutôt de nommer des échecs stratégiques et tactiques pour ce qu’ils sont, de refuser la désolidarisation à l’encontre des militant.es qui n’adoptent pas un pacifisme total, et de poser les bases d’une réelle intelligence collective de lutte. À l’heure de l’urgence climatique, on n’a pas le temps de se faire des illusions.

Histoire des émeutes carcérales au Québec

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Oct 212019
 

De Archives Révolutionnaires

« On crée ça non pour emprisonner l’homme, mais pour le détruire totalement, pour en faire un esclave de la pénitenciaire. » (Jacques Mesrine)

Cet article cherche à présenter les résistances, notamment émeutières, des détenu.es dans l’histoire récente du Québec. Pour se faire, une présentation historique du développement de la prison s’impose d’abord. Les luttes, résistances et émeutes pourront alors être traitées dans le contexte qui est le leur. Enfin, une réflexion théorique sur le rôle de la prison et les possibilités sociales et politiques des résistances dans les milieux carcéraux sera posée. Par ailleurs, dans cet article, la féminisation systématique ne sera pas employée, en raison du caractère extrêmement genré de l’histoire carcérale. Ainsi, lorsqu’il sera question d’un groupe très nettement majoritaire masculin, nous parlerons de détenus ou de prévenus. Pour le cas des prisons mixtes, apparues au XIXe siècle, nous parlerons de prisonnier.ères. Enfin, pour les prisons non-mixtes, plus contemporaines, nous parlerons de détenus lorsqu’il sera question de prisons pour hommes et de détenues dans le cas des prisons pour femmes.

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La prison, en Occident, a très longtemps servi à enfermer des prévenu.es en attente de leur procès. Suite au procès, si le.a prévenu.e était condamné.e, il ou elle était forcé.e soit de réparer le tord causé, soit châtié.e en guise d’exemple. Ainsi, les voleur.euses pouvaient être condamné.es à l’amende, les personnes incapables de rembourser leurs dettes pouvaient voir leurs biens saisis ou encore être mises en esclavage, alors que les crimes moraux étaient généralement punis physiquement, par des mutilations par exemple. La peine de mort était aussi souvent appliquée pour des crimes de trahison ou d’hérésie et pour des crimes graves (le meurtre) ou encore pour les récidivistes. Pourtant, l’emprisonnement prolongé était très rare et peu institutionnalisé. Certains individus étaient condamnés à la réclusion (au monastère par exemple) ou exceptionnellement enfermés seuls dans un lieu construit à cet effet, sans qu’un régime carcéral au sens moderne du terme existe.

Ce n’est qu’aux XVIIe et XVIIIe siècles que l’idée du système carcéral se développe en Occident. D’abord développé pour enfermer les pauvres et les sans-abris, le système carcéral a commencé à servir de plus en plus de régime punitif pour les crimes de droit commun. On peut dire que le système carcéral tel que nous le connaissons s’est mis en place à partir de la fin du XVIIIe siècle. Un tel système, conçu pour surveiller, contrôler et punir les groupes sociaux déviants et marginaux, se met en place parallèlement à l’idéologie du contrôle et de la surveillance qui s’établit dans le monde occidental. C’est d’ailleurs ce qu’a décrit avec brio Michel Foucault dans son ouvrage classique de 1975, Surveiller et punir. L’idée de l’enfermement comme punition, ainsi que l’idée d’un isolement prolongé permettant au détenu de réfléchir à ses crimes et de changer sa mentalité, s’établissent à la fin du XVIIIe siècle. C’est notamment le britannique John Howard qui théorise ces idées dans son livre fameux de 1777, State of Prisons in England and Wales.

John Howard (1726-1790), théoricien du système carcéral contemporain, basé sur l’enfermement punitif.

En ce sens, il est établi en Nouvelle-France, par l’ordonnance de 1670, « qu’il n’est point l’usage de condamner un coupable à une prison perpétuelle ». Ici comme en Europe, les prisons ne servent qu’à maintenir à disposition les prévenu.es en vue de leur procès. On trouve donc à cette époque des cellules dans le château Saint-Louis (résidence du gouverneur général à Québec) ainsi qu’une petite installation carcérale sur la rue Notre-Dame à Montréal. Vers 1716-1718, on construit trois installations carcérales en Nouvelle-France, à Québec, Trois-Rivières et Montréal. Les trois installations possèdent une salle d’audience, des espaces pour les gardiens et quelques cachots ; les trois installations relèvent encore du vieux modèle d’emprisonnement conçu pour maintenir à disposition les prévenu.es avant leur procès. D’un autre côté, le régime punitif reste relativement mal organisé, avec un seul bourreau pour la province, en général un ancien détenu dont la peine à été annulée en échange de ses services d’exécuteur… La peine la plus fréquente en Nouvelle-France est l’amende. La mutilation physique est parfois pratiquée, ainsi que la peine de mort (en général pour les récidivistes et les meurtrier.ères).

Le régime carcéral basé sur l’enfermement punitif ne se développe au Canada qu’au XIXe siècle, comme c’est d’ailleurs le cas dans le reste de l’Occident. C’est aux États-Unis, sous l’impulsion de la philosophie de John Howard, que les premières prisons servant à des emprisonnements punitifs prolongés sont construites. Le pénitencier modèle est le Eastern Penitentiary de Philadelphie, achevé en 1821. On y enferme des détenus afin de les punir. Les détenus, isolés les uns des autres jour et nuit, sont supposés y réfléchir à leurs crimes et s’amender lors de leurs années de détention. Ce nouveau modèle intéresse les autorités du Bas-Canada et deux commissaires sont envoyés en 1834 aux États-Unis pour l’étudier et juger de son applicabilité ici.

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Une cellule de la prison des Plaines d’Abraham (4 pieds par 8 pieds), en usage jusqu’en 1970.

En effet, la province est dans un processus de renouvellement des prisons, alors qu’on commence à enfermer les détenu.es pour les punir. Une nouvelle prison a été construite à Québec dès 1808 (la Vieille Prison de Québec, qui sera active jusqu’en 1867) ainsi qu’une seconde à Trois-Rivières, construite en 1822 (la Vieille Prison de Trois-Rivières, en activité jusqu’en 1986). Montréal veut elle aussi s’équiper d’un nouveau pénitencier, inspiré des pratiques américaines cette fois. C’est pourtant une installation complètement mésadaptée qui est construite en 1835. En effet, dès son ouverture, la prison du Pied-du-Courant est dysfonctionnelle. On n’y trouve ni cuisine ni laverie ; les espaces y sont mal conçus et la séparation entre hommes et femmes peu respectée. La prison se trouve par ailleurs surpeuplée suite à la Révolte des Patriotes de 1837-1838 ; la prison le restera d’ailleurs jusqu’à sa fermeture en 1912.

Dans les trois grands établissements carcéraux du Québec du XIXe siècle (la Vieille Prison de Québec est remplacée en 1867 par la prison des Plaines d’Abraham, active jusqu’en 1970), les conditions de vie sont très dures et l’auto-organisation des détenu.es relativement rare. D’un côté, même si la nouvelle mentalité de l’emprisonnement prolongé comme punition se généralise, les établissements ne s’adaptent pas. Les espaces y sont donc très réduits et peu de choses sont prévues pour les longues peines (comme des cours pour l’exercice). De plus, l’idée que l’isolement est bénéfique à la réhabilitation des prisonnier.ères fait que ceux.elles-ci sont rarement mis.es en contact les un.es avec les autres, sauf pour des travaux forcés. La situation diffère quelque peu au pénitencier du Pied-du-Courant, où plusieurs anciens patriotes se retrouvent et agissent solidairement. Par ailleurs, on retrouve dans cet établissement une vie sociale plus développée, alors que les détenus de droit commun et les travailleuses du sexe enfermées devront s’occuper de l’organisation de la vie quotidienne (alimentation, ménage, etc.). À cette époque, deux autres facteurs (en plus de l’isolement) nuisent à l’organisation des prisonnier.es, à savoir les conditions de vie si dures que la survie est la priorité (lutte contre le froid, la faim et les maladies) ainsi que le fait que les détenu.es ne purgent pas encore des peines très longues, les crimes graves étant souvent punis par la déportation ou la pendaison.

La prison des Plaines d’Abraham, en activité de 1867 à 1970.

C’est donc surtout au XXe siècle qu’on verra les prisonnier.ères, de plus en plus nombreux.euses et purgeant des peines toujours plus longues, prendre conscience de leur condition politique et s’organiser dans les pénitenciers au Québec. La ville de Montréal pense d’ailleurs à construire une nouvelle prison tout au long du XIXe siècle pour remplacer le très défaillant établissement du Pied-du-Courant. La nouvelle prison sera finalement achevée à Bordeaux en 1912. Cette prison, non-mixte, est conçue pour accueillir plusieurs centaines de détenus ainsi que pour l’enfermement à moyen / long terme. C’est la naissance des prisons telles qu’on les connait au Québec : un immense lieu, non-mixte, avec des centaines de détenu.es dont certain.es purgent de longues peines, des espaces communs et un programme cohérent de travail pour les détenu.es. Ce nouvel univers carcéral permettra aussi l’émergence d’un nouveau rapport à soi et aux autres pour les prisonnier.ères. Au début du XXe siècle, le gouverneur de la prison du Pied-du-Courant, qui sera aussi le premier gouverneur de la prison de Bordeaux, remarque justement l’émergence d’une pensée politique nouvelle chez certains prisonniers. Le gouverneur Charles Vallée écrit en 1910 :

« La mentalité de nos prisonniers est elle-même plus différente aujourd’hui, de ce qu’elle était autrefois. Il y pointe maintenant un esprit de révolte pour ainsi dire chronique contre l’autorité sous toutes ses formes… je n’ai sans doute pas à déterminer ici jusqu’où cette agressivité particulière et généralement imputable aux doctrines subversives que des fauteurs de grèves ouvrières d’unionismes internationalistes (sic) ou de communisme obligatoire (sic) ont importé chez nous de la vieille Europe ; mais, personnellement, je suis bien convaincu que, entre cette mentalité nouvelle que je signale chez nos détenus et la vulgarité des doctrines précitées, il doit exister autre chose de plus substantielle que de simples rapports de coïncidence éventuelle… ».

Nous voyons dans ce discours du gouverneur Vallée une crainte paniquée des organisations ouvrières, ainsi qu’une paranoïa anti-communiste qui n’a que peu à voir avec la réalité de 1910. Pourtant, on peut en déduire que les détenus commencent à être plus contestataires à la prison du Pied-du-Courant, et cela probablement à cause des peines plus longues que certains d’entre-eux doivent y purger dans des conditions exécrables. Il n’est pas impossible non plus que certains éléments politisés commencent effectivement à être emprisonnés à cette époque et que ceux-ci tentent d’y organiser les forçats qui s’y trouvent.

La première moitié du XXe siècle voit s’achever l’organisation carcérale telle que nous la connaissons aujourd’hui. Des pénitenciers fédéraux sont construits pour les détenu.es condamné.es à des peines lourdes (en général plus de deux ans) alors que les pénitenciers provinciaux se spécialisent dans les peines dites légères (moins de deux ans). La non-mixité devient la règle et des institutions psychiatriques / carcérales, tel que l’Institut Pinel à Montréal, sont finalement créés pour les détenu.es souffrant de problèmes de santé mentale. Notons que ces institutions psychiatriques sont loin de prendre en charge toutes les personnes criminalisées qui auraient besoin de soins de santé mentale, alors que l’on retrouve, tout au long du XXe siècle et jusqu’à ce jour, un nombre effarant de prisonnier.ères souffrant de problèmes de santé mentale dans toutes les prisons du Québec, du Canada et d’ailleurs. Notons aussi que les résistances des détenu.es prendront des formes différentes selon les types de prisons (fédérales, provinciales ou psychiatriques). On verra une organisation socio-politique plus forte dans les pénitenciers provinciaux, alors que l’on verra une résistance plus violente et désespérée dans les pénitenciers fédéraux. La solidarité extérieure sera aussi plus active avec les détenu.es des prisons provinciales et psychiatriques, alors que les détenu.es fédéraux.ales seront plutôt laissé.es de côté, du fait de leur isolement institutionnel, mais peut-être aussi parce qu’ils et elles sont davantage perçu.es comme des personnes dangereuses, criminel.les professionnel.es ou éléments anti-sociaux ; perception, surtout concernant le banditisme professionnel, partagée même dans les milieux de gauche…

La prison de Montréal, vers 1927.
La prison de Bordeaux en 1927.

Dans ces conditions, deux possibilités s’offrent aux prisonnier.ères pour résister aux conditions de vie toujours terribles qui leur sont imposées. D’abord, les détenu.es peuvent faire connaître leur situation aux institutions et au public pour mettre de la pression sur les autorités carcérales. Ensuite, les détenu.es peuvent lutter dans les prisons, par des actions directes qui mettent de la pression sur les gardien.nes et la direction des prisons, allant jusqu’à l’émeute. Un des premiers épisodes de ce genre a lieu à la prison de Bordeaux le 4 mai 1952. Les détenus, notamment en colère en raison du traitement humiliant qu’ils subissent aux mains des gardiens et de la nourriture dégoûtante qui leur est servie (souvent moisie, et on trouve même des asticots dans les plats), se soulèvent soudainement et défoncent une partie de la prison. Des feux sont allumés et les détenus armés de couteaux repoussent les gardiens, pris au dépourvu. Si l’émeute est matée, la nourriture est modifiée dès les jours suivant. Bien sûr les humiliations restent la norme, ce qui mènera à de nouvelles luttes…

Dans les années 1950, les conditions de vie des détenu.es sont réellement misérables. Les détenu.es sont mal logé.es et mal nourri.es. Mais ce qui leur rend la vie particulièrement dure, ce sont les violences arbitraires des gardien.nes. En effet, aucun contrôle n’est exercé sur les gardien.nes par une instance extérieure. Ceux.elles-ci peuvent donc voler les détenu.es comme bon leur semble, les humilier verbalement et physiquement, les passer à tabac et même les tuer sans conséquence. Ces conditions inhumaines sont dénoncées par Jacques Hébert dans son petit livre Scandale à Bordeaux (éditions de l’Homme, 1959). Ce livre sera à l’époque une importante pièce à conviction dans le procès social qui suivra certaines émeutes des années 1960, procès social qui changera les conditions de vie des détenu.es.

Au cours de l’année 1960, les détenus de la prison de Bordeaux n’en peuvent plus de ces conditions. Le 26 juin 1960, après le repas, trois détenus attaquent un gardien. Celui-ci tire des coups de semonce mais est vite repoussé. Rapidement, un grand nombre de détenus se met de la partie. Les gardiens sont repoussés et arrivent à peine à tirer sur les détenus qui tentent de franchir le mur d’enceinte. Pour le reste, ils ont perdu le contrôle. Des feux sont allumés un peu partout dans la prison et une guérite brûle. Pourtant, après des négociations avec les détenus, les gardiens reprennent le contrôle de la prison. Trois détenus sont blessés ; les autorités se disent conscientisées aux problèmes soulevés et promettent moins d’arbitraire… mais il n’en n’est rien. Ce n’est donc que partie remise pour la confrontation entre détenus et gardiens. Six jours plus tard, de nouveaux troubles éclatent, puis encore en novembre 1960, et enfin le 12 décembre de la même année. Les détenus n’en peuvent plus du froid, des privations et de la maltraitance. L’émeute de décembre dure toute la journée et ne peut être matée qu’avec l’aide de la Sûreté de Montréal. Plus de 100 hommes sont déployés en soutien aux gardiens. Les détenus ont aussi droit à la première page de plusieurs journaux le lendemain. Mais la répression est dure, les hommes sont envoyés au trou, ne reçoivent pas de traitements médicaux et plusieurs seront affamés en guise de punition. La tension est à son comble à Bordeaux, d’ailleurs complètement surpeuplée avec 1 500 détenus.

La prison de Bordeaux, après les émeutes de juin 1960.

Certains prisonniers réussiront à dénoncer les violences qu’ils subissent à Bordeaux lors de leur comparution. Les juges seront bien forcés de les écouter. Depuis le livre d’Hébert, l’opinion publique est par ailleurs préoccupée. Avec les histoires de tortures suite aux troubles de l’année 1960, c’en est trop. En novembre 1961, une réforme de la prison de Bordeaux est annoncée. La direction de la prison est remplacée ainsi que plusieurs dizaine de gardiens. C’est une victoire en demi-teinte pour les détenus. Les plus sales parmi les gardiens, les tortionnaires psychopathes qui s’en sont pris aux détenus durant des années, sont licenciés. Mais les conditions restent dures, surtout pour les prisonniers rebelles, ceux qu’on met au trou…

Ainsi, le 28 septembre 1967, dans un mémoire qu’elle remet à la commission d’enquête Prévost sur la justice au Québec, la CSN parle de la violence qui sévit toujours contre les prisonniers à Bordeaux :

« Le sous-sol est une cave humide où est installé le « donjon » (ou le « trou »), qui comprend dix cellules d’isolement pour les cas agressifs ou « dangereux ». Dans ces cellules, il n’y a ni lavabo, ni toilette, mais seulement des trous dans le plancher. Et ces trous sont souvent bloqués. On peut facilement imaginer l’état des cellules et l’odeur qui s’en dégage. C’est au sous-sol, aussi, qu’il y a le plus de rats, de coquerelles et de punaises. Et quand il y en a trop, une équipe spécialisée fait à l’occasion une tournée de l’institut pour exterminer toute cette vermine ».

De telles conditions font écho à celles d’une autre institution carcérale du Québec : l’Unité Spéciale de Correction de la prison de Saint-Vincent-de-Paul. Ces installations récentes ont en effet pour objectif de briser les plus coriaces parmi les détenus. L’évasion y est réputée impossible et les hommes, tous condamnés à de longues peines, y sont torturés sans plus de manière. On y trouve 65 gardiens pour 62 détenus : c’est dire le rapport de force qui y existe.

Les luttes carcérales vont d’ailleurs se déporter de manière spectaculaire à la prison Saint-Vincent-de-Paul quelques années plus tard. Effectivement, le célèbre braqueur de banque Jacques Mesrine y est enfermé depuis le début des années 1970 en compagnie de plusieurs autres criminels de profession. Mesrine et les autres détenus y subissent une torture abjecte, faite de privations sensorielles, de jeûnes forcés et de passages à tabac fréquents. Les détenus de cette prison n’ont aucun moyen de faire connaître les tortures qu’ils y subissent puisqu’ils sont drastiquement isolés du monde extérieur. Pourtant, le 21 août 1972, Jacques Mesrine et cinq de ses codétenus s’évadent de Saint-Vincent-de-Paul (la prison dont nul ne peut s’évader !). Jacques Mesrine essaiera alors d’informer les autorités de la torture qui sévit à Saint-Vincent-de-Paul. Il envoie notamment des informations à cet effet au Solliciteur général du Canada Jean-Pierre Goyer et produit un enregistrement diffusé publiquement, Mesrine parle encore, dans lequel il dénonce les conditions de vie à l’Unité Spéciale de Correction. Même si Mesrine y expose (entre autre) l’existence d’une chambre à gaz, le Solliciteur ignore les propos du célèbre bandit, fait saisir les copies de l’enregistrement… et interdit aux journalistes de visiter la prison Saint-Vincent-de-Paul pour voir ce qui s’y passe.

Mesrine parle encore, enregistrement de 1972 dans lequel Jacques Mesrine dénonce le régime de torture qui sévit à Saint-Vincent-de-Paul.

Mesrine décide donc, à l’automne 1972, d’attaquer le pénitencier Saint-Vincent-de-Paul, d’abord pour faire évader un maximum de prisonniers, ensuite pour dénoncer l’institution et les politiques ultra-violentes qui y sont la norme. L’attaque a lieu le 3 septembre 1972. Une violente bataille oppose Mesrine et ses complices aux gardiens. Des échanges de mitrailleuses et des tirs de grenades ont lieu de part et d’autre. Si deux gardiens sont grièvement blessés, l’évasion est un échec. Pourtant, l’attaque de Mesrine a attiré l’attention sur la vie à Saint-Vincent-de-Paul. Lorsqu’un autre ancien détenu de l’Unité Spéciale, Richard Blass, s’attaque à un bar tenu par un ancien policier et y brûle 13 personnes qu’il a enfermées dans le sous-sol, la pression médiatique est à son comble. Les journalistes cherchent à savoir quelles conditions horribles ont créé un homme si violent. Finalement, en 1974, la torture pratiquée à Saint-Vincent-de-Paul est prouvée. Après des années de dénégation, le Ministère de la Sécurité publique doit avouer ses crimes envers les détenus. L’Unité Spéciale de Correction est enfin fermée et la prison redevient un établissement aux normes plus conventionnelles.

Les résistances carcérales ne s’arrêtent bien sûr pas à ces épisodes célèbres. Il y a une lutte continuelle des détenu.es contre les gardien.nes dans les prisons, afin d’obtenir des conditions de vie décentes et une certaine dignité. Pourtant, ces luttes sont invisibilisées, à cause de la manière même dont le système carcéral est conçu. Effectivement, les détenu.es sont présenté.es et socialement reconnu.es comme des parias. De fait, ils et elles sont isolé.es du reste de la population. Leurs situations, leurs luttes et leurs espoirs ne sont donc par relayés. De plus, le fait que le système de justice ne soit pas réfléchi comme organe politique de répression, mais comme une institution garantissant le vivre-ensemble, fait en sorte qu’une critique globale de la prison est rare, qui ferait des prisonnier.ères des camarades pour les militant.es ; des personnes victimes de la répression d’état avec qui nous devrions lutter. Cela est toujours le cas dans les années 1980, alors qu’il y a une reprise des luttes des détenu.es.

Par exemple, le soir du 25 juillet 1982, un groupe de détenus tente une évasion de la prison Archambault (pénitencier fédéral à sécurité maximale situé à Sainte-Anne-des-Plaines). Les détenus prennent en otage plusieurs gardiens et tentent d’obtenir en échange de ceux-ci leur libération. Mais le pénitencier est vite sécurisé et les détenus se retrouvent alors coincés. Une émeute s’ensuit durant laquelle trois gardiens seront tués. L’émeute sera pourtant un échec et le contrôle est rétabli durant la nuit. Face à cette situation, deux détenus condamnés à la perpétuité choisissent de se suicider. Les motivations des détenus ici sont d’abord leurs conditions de vie, comme toujours, mais aussi une lutte pour leur vie elle-même. Effectivement, les détenus qui participent à cette émeute sont condamnés à des peines très lourdes, et ce qui leur reste à vivre ne sera qu’une longue déchéance jusqu’à la mort. Ainsi, l’exemple d’Archambault est frappant, dans la mesure où il montre que les longues peines sont la pire des tortures, insupportables, et que ceux qui y sont confrontés sont prêts à tuer et à mourir pour ne pas vivre ainsi durant vingt ou trente ans.

La Presse (mai 1992)
Les détenus se sont révoltés pas moins de six fois entre 1985 et 1992 à la prison de Bordeaux, en raison des conditions de détention insupportables (La Presse, 1er mai 1992).

Les émeutes reprennent aussi à Bordeaux dans les années 1980-1990. On en dénombre six majeures entre 1985 et 1992, sans compter les autres formes d’organisation politique ou les grèves de la faim. La raison principale en est cette fois le surpeuplement de la prison et ses conséquences. Les détenus vivent alors les uns sur les autres, ils manquent d’espace pour l’exercice, les promenades sont réduites… Les exactions des gardiens aussi se multiplient, alors que ceux-ci se sentent sous pression en raison du surpeuplement. À la fin avril 1992 se produit d’ailleurs la pire émeute à Bordeaux depuis les années 1960. On dénombre pour plus de deux millions de dollars en dommage et de nombreux blessés, détenus comme matons. Et depuis (depuis presque 30 ans donc), les choses n’ont pas tellement changé. C’est pourquoi une gronde perpétuelle à cours dans les prisons, alors que le surpeuplement reste le principal problème dans les prisons québécoises (fédérales, provinciales ou psychiatriques, masculines comme féminines). Ce surpeuplement implique bien sûr une dégradation continuelle des conditions des vie : moins d’espace, moins de temps de sortie ou d’exercice, moins de visites, une nourriture de qualité inférieure, préparée en masse pour une population trop grande… Et si les autorités constatent le problème, elles ne font rien. Parce que les détenu.es dans nos sociétés restent ces parias qu’on ne veut ni voir ni entendre, qui n’ont pas droit à la dignité, leur statut de déviant.es justifiant de la part de l’état les pires exactions.

Dans les prisons pour femmes (dont la funestement célèbre prison Leclerc à Laval) les luttes sont aussi perpétuelles. Pourquoi donc n’en entendons-nous jamais parler ? Évidemment parce que les femmes, dans le milieu carcéral, sont les parias des parias. Leurs luttes ne sont ni diffusées ni relayées. Elles ne relèvent pas de la même aura sociale que le gangstérisme masculin. De plus, les épisodes d’émeutes violentes se sont montrés moins fréquents dans les établissements pour femmes au Québec que dans les pénitenciers masculins. Les conditions imparties aux femmes sont pourtant tout aussi violentes. La surpopulation les affectent de plein fouet, ainsi que les violences et les pénuries. Le manque chronique de serviettes sanitaires à la prison Leclerc est un exemple parmi bien d’autres de la manière dont les détenues sont traitées au Québec. La violence directe est aussi exercée contre les détenues à Leclerc comme ailleurs.

Notons sur un autre plan qu’un très grand nombre de femmes sont enfermées pour avoir réagi à la violence sociale qu’elles subissaient. Ainsi, les assassines d’un proche violent, les voleuses, les travailleuses du sexe ou encore les femmes venant de milieux paupérisés et arrêtées pour consommation ou vente de drogues représentent la grande majorité des femmes détenues. Les femmes pauvres, racisées et autochtones sont naturellement sur-représentées dans les prisons au Québec ; ce qui nuit d’autant plus à leurs chances d’être entendues dans la société lorsqu’elles veulent dénoncer leurs conditions de détention. Sans compter sur le fait que les détenues (comme leurs homologues masculins d’ailleurs) ont toutes les chances de revenir en prison, puisque la prison marginalise et induit des comportements criminels ; ce qui reconduit d’autant plus les détenu.es en prison et reproduit leur isolement / invisibilisation sociale. Toutes ces conditions sont longuement dénoncées en 1983 dans le numéro de la revue féministe La vie en rose sur les détenues, mais restent toujours aussi ignorées.

Prison femmes
La vie en rose, dossier sur les prisons pour femmes, 1983.

Pour conclure, il est bon de revenir un peu sur le statut des détenu.es, leur traitement social, leurs droits et leur potentiel. Les détenu.es sont en très grande majorité des personnes d’origine modeste, issues de classes défavorisées (économiques ou raciales). Elles sont en général condamnées pour des crimes qu’elles ont commis en réaction à la violence que le monde leur a fait subir. De plus (et surtout), les personnes détenues, par-delà leur culpabilité, changent socialement de statut lorsqu’elles sont incarcérées. Reconnues coupables et enfermées, elles sont séparées du reste de la population et deviennent des êtres rejetés du corps social, qu’on ne voit pas et pour qui le respect est nié. Ainsi, les personnes devenues détenues ont un nouveau statut qui les invisibilise et les soumet à la violence et à l’arbitraire de l’état. Coupables ou innocent.es, les détenu.es ont en commun d’être déshumanisé.es, de se voir retirer le droit à la sociabilisation et à la dignité. En isolant ainsi les gens, on les prive de tout ce à quoi un être digne a droit : la liberté, la parole, les liens d’amitié désintéressés, la famille, l’amour… Bien sûr, dans leur résilience, les détenu.es se donnent certaines possibilités sociales, mais l’institution qui les déshumanise n’en cherche pas moins à les en priver. Qu’un groupe social subisse une telle violence montre le caractère inhumain de l’état. Un tel isolement entraîne naturellement le renfermement sur le groupe déviant, et ce qui devait être combattu se reproduit.

Appel à une grève nationale des détenu.es, le 21 août 2018, alors que les prisonnier.ères servent encore de main-d’oeuvre corvéable partout à travers le pays.

Bien sûr, il existe certaines difficultés liées au statut des prisonnier.ères, comme le masculinisme du milieu criminel et le fait que plusieurs personnes soient en prison pour avoir pratiqué une forme de capitalisme illégal. Pourtant, nous ne croyons pas que ce sont les points qui doivent a priori retenir notre attention. Nous pensons qu’il vaut mieux comprendre globalement le système carcéral comme un système de répression sociale, qui vise en général les plus pauvres et les plus démuni.es, et qui isole plus encore les gens de la marge. Nous pensons que la prison est un lieu de fabrication d’une classe sociale déshumanisée, vouée à la torture d’état et vouée à se reproduire en vertu même de la structure carcérale. En ce sens, nous croyons que toutes les luttes des détenu.es pour la dignité, une vie meilleure et finalement la liberté sont justes. En effet, le système carcéral n’est pas une institution de préservation de la paix sociale, mais une institution d’isolement et de violence. Il est donc de notre devoir de comprendre l’origine de la prison, de dénoncer son action et d’agir solidairement avec les prisonnier.ères en lutte. Des luttes qui n’en finiront que lorsque la prison et son monde auront disparu. Les grèves carcérales continuent, les luttes judiciaires, les publications contestataires ainsi que les émeutes. Soyons attentif.ves à ce qui se fait derrière les murs, pour aider à faire tomber les murs.

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Sur l’origine idéologique des prisons et les débuts du système carcéral, on consultera avec profit l’article Les origines de la prison de Bordeaux (Pierre Landreville et Ghislaine Julien, 1972). Pour un historique des prisons au Québec, ainsi qu’un aperçu des émeutes les plus importantes qui s’y déroulèrent, on consultera… le site de la Sécurité publique (sans commentaire sur l’idéologie qui y est véhiculée). Sur l’émeute de Bordeaux de 1960, on pourra consulter cet article, sur le site Histoire du Québec.

Sur les idées abolitionnistes (en faveur de l’abolition du système carcéral dans son ensemble), on pourra consulter cet article de 2017 ainsi que les documents laissés en ligne dans le cadre du Mois contre les prisons (2015). En Anglais, on consultera Prison Justice, qui milite contre les abus en prison et contre le système carcéral, et qui documente les luttes en cours dans les prisons du Canada. Pour entendre les voix dissidentes d’ex-détenu.es et d’actuelles personnes incarcérées, on pourra écouter l’émission Prison Radio ; on trouvera aussi sur le site des informations sur les luttes carcérales passées et actuelles.

Des anarchistes anti-coloniaux votent en vandalisant (encore) les statues de John A. Macdonald et Reine Victoria

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Oct 202019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Quelques anarchistes anti-coloniaux de Montréal ont décidé de “voter” par anticipation aux élections fédérales en utilisant de la peinture. Encore une fois, et ce pour environ la 10e fois en trois ans, le monument de John A. Macdonald a été attaqué, cette fois-ci en bleu. La statue de la reine Victoria située sur rue Sherbrooke Ouest a également été prise pour cible.

-> Photos: https://postimg.cc/gallery/285o60j9e/

Selon Jagandrew Trumanychet du groupe #MacdonaldMustFall à Montréal: “Nous avons décidé d’utiliser de la peinture bleue pour démontrer notre opposition à l’idée offensante du conservateur bleu Andrew Scheer que plus devrait être fait pour honorer John A. Macdonald” (mise en contexte: https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1334769/parti-conservateur-gratuite-musees-nationaux-grc-regina)

Tel que mentionné dans les communiqués précédents, le groupe #MacdonaldMustFall à Montréal rappelle aux médias et au public que John A. Macdonald était un suprémaciste blanc. Il a directement contribué au génocide des peuples autochtones avec la création du système brutal des pensionnats ainsi que d’autres mesures destinées à détruire les cultures et les traditions autochtones. Il était raciste et hostile envers les groupes minoritaires non blancs au Canada, promouvant ouvertement la préservation d’un Canada dit «aryen». Il a adopté des lois pour exclure les personnes d’origine chinoise et il a également été responsable de la pendaison du martyr Métis Louis Riel.

Et dans les mots de la Brigade de Solidarité Anticoloniale Delhi-Dublin: “La présence de statues de la Reine Victoria à Montréal est une insulte aux luttes d’autodétermination et de résistance des peuples opprimés dans le monde entier, y compris les nations autochtones en Amérique du Nord (l’Île de Tortue) et en Océanie, ainsi que les peuples d’Afrique, du Moyen-Orient, des Caraïbes, du sous-continent indien, et partout où l’Empire britannique a commis ses atrocités. Le règne de la reine Victoria a représenté une expansion massive de l’Empire britannique barbare. Collectivement, son règne a représenté un héritage criminel de génocide, de meurtres de masse, de torture, de massacres, de terrorisme, de famines forcées, de camps de concentration, de vols, de dénigrement culturel, de racisme et de suprématie blanche. Cet héritage devrait être dénoncé et attaqué.”

Les statues de Macdonald et Victoria devraient être retirées de l’espace public. En tant qu’artefacts historiques, elles devraient être entreposées, soit dans les archives ou les musées. L’espace public devrait plutôt célébrer les luttes collectives pour la justice et la libération et non pas la suprématie blanche et le génocide.

Un compte-rendu de la grève du climat à Montréal

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Oct 052019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

“La lutte contre les changements climatiques doit déborder de son lit. Elle doit aussi combattre le système de frontières qui valorise certaines vies plus que d’autres. Elle doit renverser le capitalisme qui cherche toujours à produire plus.”
– Appel au contingent anticapitaliste et antiraciste

“L’air, la terre et les rivières
Ont besoin de révolutionnaires”
– Slogan entendu en manif

“Manif zéro-déchet : police dehors!”
– Slogan entendu en manif

Le vendredi 27 septembre à Montréal, entre 300 000 et 500 000 personnes étaient présentes à la marche pour le climat, des anarchistes et d’autres radicaux ont décidé d’y participer aussi. Au milieu d’un citoyennisme de masse et son défilé discipliné du Mont Royal au Vieux Port, il était difficile de faire changer le ton vers un affrontement réel avec les systèmes du pouvoir et les institutions qui rendent la planète inhabitable. Néanmoins, des milliers de copies de Vers un mouvement écologique révolutionnaire et de Climat de révolte ont été distribués, les deux argumentaient contre le réformisme, et le dernier donnait un lien vers une cartographie des points faibles de l’économie extractiviste canadienne. Puis, dans le contingent antiraciste et anticapitaliste, il y a eu des lueurres d’espoir d’une lutte pour le climat qui ne se contente pas de demander une solution imposée par le gouvernement, mais qui s’oppose aux opérations coloniales, capitalistes, et de suprématie blanche, des quelles dépendent l’écocide.

Plusieurs centaines de personnes ont répondu à l’appel pour un contingent antiraciste et anticapitaliste qui invitait les gens à se masquer et à étendre la lutte vers des perspectives libertaires. On a aussi entendu dire que beaucoup de gens qui essayaient de rejoindre le contingent n’y parvenaient pas, en raison de la grandeur et la densité de la foule. Tôt dans la journée, il était très difficile de se déplacer dans la foule dense, en particulier pour un groupe ou des gens tenant une bannière. Sachant qu’on était entouré de centaines de milliers de personnes, le sentiment semblait plus apocalyptique que libératoire. Après une heure interminable à attendre que la manif parte, le contingent a décidé de se séparer vers l’est sur l’avenue des Pins. Près de mille personnes ont décidé de se joindre à cette rupture (les flics ont averti les manifestants de ne pas se joindre aux antifas).

D’un pas plus determiné, avec des drapeaux noirs, des fumigènes vertes, et de la musique, des bannières et des slogans de qualité, nous avions l’impression de pouvoir respirer à nouveau. Les gens se sont mis à arracher des pancartes électorales avec joie, et une banque TD a reçu des bombes de peinture verte. Au même moment, dans la manif principale, un individu courageux a lancé un oeuf au premier ministre Justin Trudeau, qui s’est fait huer durant tout son absurde photo-op #marchepourleclimat protégé par des tas de flics. Environ vingt minutes plus tard, des autobus d’anti-émeutes sont apparus derrière nous, en gardant leur distance, alors que nous rejoignions la manif principale au coin de Ste-Catherine et St-Laurent.

En marchant vers le sud sur St-Laurent, des graffitis “fuck le capitalisme” et “Miguel Peralta libertad”, appelant à la liberté pour l’anarchiste autochtone prisonnier de l’état mexicain, ont embelli les murs. Sur le boulevard René-Lévesque, le contingent a pris le côté gauche de la rue alors que le reste de la manif se tenait à droite, séparés par une haute clôture au milieu. D’autres bombes de peinture ont frappé une banque HSBC. Peu de temps après, des gens les ont aussi utilisés pour redécorer les bureaux d’Immigration et Citoyenneté Canada, qui ont aussi été couverts de graffitis “migrant.es bienvenus”, “fuck CBSA”, et “queer and trans resistance” en or. Un communiqué publié le jour suivant a expliqué les liens entre les changements climatiques et le régime frontalier. Le contingent encourageait ces actions alors que ceux et celles de l’autre côté de la rue semblaient soit curieux ou s’en foutaient. On se demande ce qu’il serait arrivé si une attaque comme celle-ci en pleine journée se serait intensifiée.

Au lieu de s’attarder autour de la fin de manif sur Robert-Bourassa pour écouter des heures de discours, le contingent a divergé vers l’est vers le Square Victoria. Là, nous avons trouvé des gens en train d’occuper l’espace autour de la statue de la Reine Victoria avec plein de bouffe à donner gratuitement, une bannière lisant “Zone d’autonomie temporaire” drapée sur la statue, et des barrières de contrôle de foule détournées pour bloquer la rue traversant le square. C’était magnifique de pouvoir s’étendre dans le gazon après tant d’heures sur nos pieds, un écart apprécié avec nos expériences de fin de manif plus habituelles. Au cours de l’après-midi, la statue a été vandalisée un graffiti à la fois, les gens ont dansé autour d’un système de son, et une structure en bois a été construit dans la rue. Il y avait beaucoup de flics qui nous observaient, mais il n’a jamais paru probable qu’ils attaqueraient le rassemblement festif, étant donné qu’on était à un coin de rue d’où des dizaines de milliers de gens de la manif principale se rassemblaient toujours, et que notre impact perturbateur n’était forcément rien comparé à celui de la manif monstre.

Une manif de soir anticapitaliste avait été appelée pour 18h30 à Square Victoria. L’incendie de la structure en bois au milieu de la rue voulait donner le ton. Malheureusement, l’ambiance générale n’était pas forte. Les centaines de flics mobilisés pour la manif principale avaient pu se concentrer sur le square pendant des heures, attendant 18h30 quand ils s’attendaient à ce que la majorité de la foule soit parti. De plus, les gens se masquaient de manière inefficace, souvent avec des bandanas, ceux-ci souvent retirés autour du cou. Des pratiques de masquage laissant à désirer multiplient les risques quand les flics ont eu des heures pour établir la surveillance d’un point de rassemblement immobile. Ça affaiblit notre capacité d’agir et d’agir pendant de longues périodes dans la rue. La manif a duré trois minutes, un beau feu d’artifice et quelques roches ont atteint un groupe de flics à vélos, l’anti-émeute a fermé une station de métro en tirant du poivre de cayenne près du système de ventilation, et deux personnes ont été arrêtées.

Les questions d’où, quand et comment participer et intervenir dans les mobilisations de grève pour le climat méritent encore de la réflexion et de l’expérimentation. Toutefois, le 27 a démontré que les initiatives anticapitalistes et antiautoritaires pendant une grosse manif, à l’intérieur de celle-ci et en marges, ont quand même le potentiel de donner de nouvelles dimensions à la lutte. La possibilité de diverger et de rejoindre la manif principale de façon imprévisible brouille les calculs policiers relatifs à une attaque sur la manif. Un gros contingent clairement démarqué permet une séparation d’espace entre les tactiques combatives et les manifestant.es cherchant à participer avec moins de risque. Et l’immense nombre de gens dans la rue veut dire que plusieurs se font exposé.es directement à d’autres moyens de lutter au lieu de par le biais des images déformées médiatiques.

Déploiement de bannières à Alma

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Oct 052019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Alma, le 26 septembre 2019. Deux bannières ont été déployées ce matin au centre-ville d’Alma près des locaux de Développement économique Canada pour les régions du Québec. On peut y lire : « Le développement industriel nous tue ! C’est pas une job qu’on veut, c’est une vie ! ». L’organisation gouvernementale qui a accordé dernièrement un financement de 2 millions $ dans les secteurs de la métallurgie a été ciblé symboliquement. L’action, signée par le Comité des eaux vives, s’inscrit dans le mouvement de grève pour le climat et vise à dénoncer les projets industriels et extractifs en cours d’analyse dans la région.

Le comité anonyme dénonce les projets de Gazoduc qui traverserait les régions de l’Abitibi, de la Mauricie et du Saguenay–Lac-Saint-Jean, du terminal de liquéfaction de Gaz naturel à Saguenay de GNL Québec, de la mine au Lac à Paul et du port en eaux profondes à Ste-Rose-du-Nord d’Arianne Phosphate ainsi que la mine et le transport par train de Métaux Black Rock entre Chibougamau et Saguenay. Selon l’un des instigateurs de l’action, « Ces projets sont une nuisance pour l’environnement et pour toutes les populations de la région. L’argument des jobs payantes ne vaut rien. Le prix à payer c’est la destruction des milieux de vie aquatique, de paysages époustouflants, d’écosystèmes fragiles et d’espèces vulnérables. Il faut qu’on arrête l’extraction des ressources naturelles au plus vite et qu’on comprenne que nous sommes dans une relation d’interdépendance avec les écosystèmes qui nous entourent. Nous devons arrêter les rapports de domination sur notre environnement maintenant. »

Le comité lance un appel à l’action dans une diversité de tactiques pour mettre fin au massacre environnemental le plus rapidement possible ! « Nous devons nous mobiliser tout de suite contre tout nouveau développement industriel et investir le temps, l’énergie et l’argent nécessaire pour développer des initiatives locales durables qui ne se font pas au détriment des autres espèces de la flore et de la faune. »

Pour terminer, le comité des eaux vives annonce que d’autres actions ciblées sont en cours de préparation.

– Le Arlequin plongeur.

Chasser Atalante: pour qui travaillent les fachos?

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Oct 022019
 

De Montréal Antifasciste

En décembre 2018, Montréal Antifasciste a fait paraître un dossier sur l’organisation néofasciste Atalante retraçant à la fois l’historique du groupe et le parcours de certains des individus qui se trouvent au cœur du projet, dont les membres du gang Québec Stomper Crew et du groupe Légitime Violence. Une série d’articles annexes sont parus depuis exposant différents personnages évoluant dans la sphère d’influence d’Atalante.

Nous sommes maintenant en septembre 2019, et si les activités d’Atalante ont quelque peu ralenti au cours des derniers mois, les militant-e-s du noyau dur ne montrent aucun signe de vouloir raccrocher leur faisceau, et il nous faut encore augmenter la pression pour leur faire comprendre ainsi qu’à leur entourage que nous n’avons pas l’intention de lâcher le morceau.

Pour rendre insupportable le coût social d’être fasciste ou nazi dans nos collectivités et communautés, la plus efficace des tactiques est encore d’exposer les fachos à leurs communautés, collègues et employeurs, familles et voisins, à qui ils et elles cachent généralement la vraie nature de leurs activités ou utilisent des euphémismes comme « nationalistes » pour ne pas dire qu’ils et elles sont fascistes. Puisqu’ils et elles ont fait le choix d’être des nazi-e-s et de persister dans cette voie, nous avons la ferme intention de leur en faire subir les conséquences. L’histoire nous montre que les idéaux fascistes conduisent toujours tôt ou tard à la violence -parfois jusqu’au génocide- contre différentes catégories de personnes qui subissent déjà leur lot de misère et d’oppression dans la société capitaliste soi-disant démocratique, et il n’est pas question que nous laissions cette histoire se répéter.

En nommant les différents emplois des fachos d’Atalante, notre intention est assurément de chasser les fascistes de leur lieu de travail, car les projets qu’ils portent en privé mettent en danger à la fois leurs collègues et les membres du public qu’ils y côtoient, tout particulièrement les personnes racisées, musulmanes, juives, queers et/ou identifiées à gauche.

Nous croyons que les campagnes visant à les isoler, à les expulser et à cibler les entreprises qui les soutiennent et les abritent sont nécessaires tant du point de vue de la sécurité publique que de la solidarité de la classe ouvrière.

Ceci est un rappel que les fascistes ne sont pas et ne seront jamais bienvenu-e-s dans nos milieux de vie et de travail.

 


Roxanne Baron, infirmière auxiliaire

Roxanne Baron

Roxanne Baron

Hôpital de l’Enfant-Jésus (Centre Hospitalier Universitaire de Québec)
1-418-525-4444
info@chudequebec.ca
https://www.facebook.com/HEJQc

Roxanne Baron, la seule femme du Québec Stomper Crew, n’est pas la moindre de ses membres. Elle est aussi une figure centrale d’Atalante ayant participé à quasiment toutes les actions de l’organisation depuis ses débuts.

Son rôle précis au sein d’Atalante n’est pas clair, mais nous savons qu’elle faisait jusqu’à tout récemment office d’influenceuse sur Instagram en partageant un très grand nombre de photos d’elle et de ses camarades en pleine action à Québec et Montréal, par exemple, ou en pèlerinage en Italie auprès de la « maison mère », CasaPound. (Son indiscrétion sur Instagram a d’ailleurs coûté leur anonymat à quelques-uns de ses camarades… oups.)

Fait particulièrement sidérant à plusieurs égards, Baron n’a pas hésité à mentionner à de nombreuses reprises au fil des mois et des années les lectures douteuses qu’elle faisait à même son lieu de travail : l’Hôpital de l’Enfant-Jésus. Elle a affirmé y lire à l’insu de ses collègues et usagers des ouvrages de l’organisation néofasciste CasaPound, du nazi belge Léon Degrelle, de l’historien fasciste Robert Brasillach, de l’intellectuel ultranationaliste Charles Maurras et de l’auteur antisémite français Jacques Ploncard. Elle s’est même carrément vantée de faire passer ses lectures nazies inaperçues au travail :

« Journée tranquille… Quand on croit que tu lis de petits romans comme tout le monde au travail (MDR) »

Nous savons aussi de son compte Instagram que Baron s’est fait tatouer un certain nombre d’images appartenant à l’iconographie fasciste et néonazie (voir le caroussel d’images ci-dessous), dont : un faisceau, le symbole à l’origine du mot ‘fascisme’; la croix celtique, la marque universellement reconnue du mouvement « White Power »; l’inscription « le diable rit avec nous », une référence aux paroles de l’hymne nazi SS marschiert in Feindesland; l’inscription « presente per tutti camerati caduti », un salut traditionnel du fascisme italien; et un mjölnir, ou marteau de Thor, une illustration qui n’est pas foncièrement raciste, mais qui est systématiquement arborée par les odinistes suprémacistes blancs. Pour compléter l’arbre de Noël, ce qui n’est pas sans intérêt pour les contempteurs de « signes religieux ostentatoires » en milieu de travail, Baron porte au cou un pendentif représentant le sonnenrad, ou soleil noir, un symbole occulte commun à l’ensemble des courants néonazis contemporains.

Il est pour le moins alarmant de penser que cette personne, qui dans sa vie privée adhère ouvertement à un projet politique foncièrement raciste, antisémite, islamophobe et homophobe, travaille dans un établissement du réseau de la santé et est donc quotidiennement au contact du grand public, dont une partie considérable appartient forcément aux différents segments de populations désignés comme groupes à éliminer par l’idéologie nazie.


Antoine Mailhot-Bruneau

Antoine Mailhot-Bruneau

Antoine Mailhot-Bruneau, paramédic

Dessercom
1-418-835-7154
https://www.dessercom.com/nous-joindre/
https://www.facebook.com/dessercom/

Alias « Tony Stomper ». Après avoir grandi à Mont-Laurier avec son frère cadet Étienne (lui aussi membre central d’Atalante), Antoine Mailhot-Bruneau amorce des études collégiales à Lionel-Groulx et participe au mouvement étudiant durant la grève de 2007. Il déménage par la suite à Québec, où il rejoint les Québec Stompers, qui forment déjà un gang de rue se rapprochant des idéaux ultranationalistes et d’extrême droite. Il amorce plus tard des études de matelot à Rimouski puis passe à l’Université Laval, au programme d’enseignement de l’histoire, qu’il abandonne rapidement.

Lors d’un voyage en Italie il découvre le Blocco Studentesco, une organisation étudiante néofasciste qui est en fait la branche jeunesse de CasaPound (voir le caroussel d’images ci-dessous). Petit à petit, il devient l’idéologue d’Atalante et dirige selon toute vraisemblance l’écriture du pamphlet Saisir la foudre sous le pseudonyme Alexandre Peugeot, lequel signe également quelques articles dans le journal Le Harfang de la Fédération des québécois de souche.

Beaucoup plus discret que son ami Raphaël Lévesque, Antoine a toujours pris grand soin de garder secret son rôle dans Atalante, en n’apparaissant que rarement dans les actions publiques du groupe, en floutant son visage dans les rares photos et vidéos où il apparaît furtivement et en opérant sous différents pseudonymes. Malheureusement pour lui, c’est à partir d’une entrevue qu’il a lui-même accordé en août 2017 à Zentropa Serbie (un satellite de CasaPound), sous le pseudonyme « Alexandre », que nous avons pu déterminer sans difficulté le rôle prépondérant qu’il joue dans Atalante.

Malgré sa grande circonspection, nous avons par ailleurs pu confirmer qu’il est paramédic sur la rive sud de Québec, dans la région Chaudière-Appalaches, à l’emploi de l’organisation Dessercom de Lévis.

Comme dans le cas de Roxanne Baron, les fonctions professionnelles d’Antoine Mailhot-Bruneau, un militant fasciste et membre d’un gang violent, l’amènent nécessairement à côtoyer des membres du public appartenant à des catégories stigmatisées et victimisées par les fascistes.

Imaginez si vous le pouvez le sentiment d’un immigrant de première génération, d’une musulmane ou d’un Juif souffrant d’un arrêt cardiaque ou d’un autre malaise voyant débarquer comme premier répondant un militant et idéologue fasciste, foncièrement raciste, antisémite et islamophobe. Imaginez que votre vie dépende des soins prodigués par cet individu qui adhère sans réserve, par exemple, à la nécessité d’une « remigration » de toutes les personnes migrantes ne faisant pas partie de la population de vieille souche canadienne-française et catholique.

Nous croyons quant à nous que cette situation est intolérable et s’inscrit contre les principes éthiques et les normes professionnelles à la base même du métier de paramédic.


Yan Barras

Yan Barras

Yan Barras, travailleur social (non membre de l’Ordre des travailleurs sociaux)

Habitations Meta Transfert inc.
1-418-649-9402
metatransfert@hotmail.com

Dans la nuit du 31 décembre 2006 au 1er janvier 2007, un petit groupe de Stompers et d’associés, dont Raphaël Lévesque et Yan Barras, faisait irruption au café-bar L’Agitée de Québec, une coopérative de solidarité réputée pour être administrée et fréquentée par des militant-e-s antiracistes. En moins de temps qu’il ne vous faudra pour lire cette fiche, les boneheads avait saccagé le bar et Yan Barras avait poignardé pas moins de six personnes avec un x-acto avant de déguerpir.

Malgré le caractère sordide de l’incident, les Stompers ont tiré une certaine fierté de cette agression sauvage, allant même jusqu’à y faire référence dans les paroles de la chanson éponyme Légitime Violence :

« Ces petits gauchistes efféminés,
qui se permettent de nous critiquer,
ils n’oseront jamais nous affronter,
on va tous les poignarder! »

Après avoir plaidé coupable d’agression armée, Yan Barras a été condamné à deux ans de prison ferme. Le juge l’avait même invité à suivre une thérapie en prison pour soigner ses tendances à la brutalité aveugle. À sa sortie de prison, Barras a d’ailleurs fait mine de rentrer dans le droit chemin en s’inscrivant au programme de travail social du CEGEP de Sept-Îles.

Mais loin de s’amender, Barras s’est plutôt fait tatouer l’inscription « No Remorse » dans le front, sous la représentation d’un crâne mordant les trois flèches symbolisant l’antifascisme (voir le caroussel d’images ci-dessous), et s’est empressé de regagner les rangs de son crew raciste, dont les membres allaient plus tard créer Atalante. Non seulement Barras ne s’est-il jamais éloigné de Raphaël Lévesque, des frères Mailhot-Bruneau et consorts, il a à maintes reprises participé aux activités d’Atalante au cours des dernières années, en plus de continuer à provoquer et intimider la gauche de Québec, notamment en défilant avec les Stompers au milieu d’une petite manifestation pour le droit à l’avortement, en août 2015, et plus récemment en narguant les participant-e-s de la manifestation du 1er mai 2019 avec ses frères, dont l’un s’est même fendu d’un salut hitlérien.

Barras travaille aujourd’hui pour l’entreprise de réinsertion sociale Habitations Méta Transfert inc., à Québec, où il est « coordonnateur de liaison ». Il va sans dire que cela le place dans une position d’autorité auprès d’une clientèle vulnérable, une position dont il peut se servir pour recruter quiconque correspond à ses fantasmes de « race supérieure » ou refuser des services à ceux et celles qu’il juge « inférieur-e-s ». Il est d’ailleurs permis de se demander combien d’autres néonazis cette entreprise emploie…


Shawn Beauvais-MacDonald. La citation est d'Adolph Hitler.

Shawn Beauvais-MacDonald. La citation est d’Adolph Hitler.

Shawn Beauvais-MacDonald, agent de sécurité; étudiant au Centre intégré de mécanique, de métallurgie et d’électricité (CIMME)

Securitas (banque CIBC du Chinatown, Montréal)
**Il est très possible qu’il ne soit plus à cet emploi depuis quelques mois ou ne l’occupe désormais qu’à temps partiel.**

1-888-935-2533
info@securitas.ca
https://www.facebook.com/Securitasjobs.ca
https://twitter.com/Securitas_Group

Centre intégré de mécanique, de métallurgie et d’électricité (CIMME)
1-514-364-5300
https://www.facebook.com/cimmelasalle/
https://twitter.com/csmbcimme
Commissaire : Joanne Bonnici

Shawn Beauvais-MacDonald a souvent été mentionné sur ce site. Il a d’abord accédé à la notoriété en août 2017, lorsqu’il a été aperçu parmi un groupe de Québécois ayant fait le voyage jusqu’à Charlottesville pour participer au rassemblement « Unite the Right »[1]. Il s’est avéré à peu près au même moment qu’il avait joué dans les mois précédents un rôle stratégique dans l’organigramme de La Meute, notamment en tant que gestionnaire « anglophone » de la page Facebook de l’organisation islamophobe (voir le caroussel d’images ci-dessous).

Mais Beauvais-MacDonald n’avait pas fini de nous réserver des surprises! Il s’est plus tard avéré qu’il était un membre très actif du salon de discussion « Montreal Stormer Book Club », sous le pseudonyme FriendlyFash, et du petit club social néonazi qui essayait à l’époque de s’organiser à Montréal. Beauvais-MacDonald ne cachait d’ailleurs pas ses penchants nazis sur Facebook ou ses autres comptes de médias sociaux.

Dans la foulée d’une manifestation d’extrême droite à Québec, à l’automne 2017, il a commencé à se faire voir de plus en plus souvent auprès d’Atalante et dans les différentes actions du groupuscule néofasciste. Il a participé à plusieurs campagnes d’affichage, distributions de denrées et autres actions de visibilité d’Atalante à Québec, Montréal et Ottawa. Il est vite devenu évident que Beauvais-MacDonald militait désormais activement pour Atalante, et ce, jusqu’à ce jour.

Lors de sa participation au podcast This Hour has 88 Minutes, le 4 janvier 2018, Beauvais-MacDonald a parlé des conséquences du doxxing dans sa vie quotidienne. Il a dit avoir perdu un de ses deux emplois (comme portier dans un bar), mais que les gens qu’il côtoyait dans son autre emploi trouvaient ça « hilarant » :

« The other job, I work with Chinese people and they find it hilarious, so whatever. »

Malgré qu’il ait été très largement dénoncé et exposé en août 2017, il semble que Beauvais MacDonald soit resté jusqu’à très récemment employé par la firme Securitas comme gardien de sécurité, notamment à la succursale de la CIBC située dans Chinatown à Montréal. La question se pose si la compagnie Securitas est restée aussi longtemps ignorante des activités de son employé (malgré de très nombreuses mentions dans les médias traditionnels et sur les sites antifascistes), ou si elle a sciemment fermé l’œil sur ces activités.

Il est aussi légitime de se demander si son job de gardien de sécurité (pour une entreprise cotée en bourse, soit dit en passant) n’a pas donné à Beauvais-MacDonald l’accès à du matériel ou à des données privilégiés qu’il aurait pu faire profiter à son réseau de néonazis[2]. Aurait-il eu accès à des bases de données informatiques ou à d’autres ressources grâce à son emploi chez Securitas?

Nous ignorons à ce stade-ci si Beauvais-MacDonald est toujours à l’emploi de Securitas, mais nous savons en revanche qu’il est aujourd’hui inscrit au Centre intégré de mécanique, de métallurgie et d’électricité, à LaSalle.

Reste maintenant à savoir comment l’administration de l’école et la communauté étudiante réagira à la présence régulière de ce nazi notoire dans leur enceinte.


Étrienne Mailhot-Bruneau

Étrienne Mailhot-Bruneau

Étienne Mailhot-Bruneau, graphiste

Sunny Side Up Creative
1-418-522-8541
info@sunnysup.com
https://www.facebook.com/SunnySideUpCreative/
https://twitter.com/sunnysideupcrea
https://www.instagram.com/sunnysideupcreative/

Frère cadet d’Antoine, Étienne Mailhot-Bruneau est un autre acteur important d’Atalante et membre en règle du Québec Stomper Crew. Finissant en 2017 au bac en art et science de l’animation à l’Université Laval, Étienne est le graphiste de facto d’Atalante, dont il a réalisé des dessins, logos et affiches sous le pseudonyme « Sam Ox ». Suite à la sortie du dossier « Démasquer Atalante » qui a établi le lien entre lui et son avatar, Étienne s’est fait discret et a désactivé tous ses comptes sur les principales plateformes professionnelles.

Malgré la tache « brune » sur son CV, il semble avoir trouvé un emploi auprès de la compagnie Sunny Side Up Creative de Québec.


Vincent Cyr

Vincent Cyr

Vincent Cyr, boucher

Fruiterie Milano
1-514-273-8558
info@fruiteriemilano.com
https://www.facebook.com/FruiterieMilano/

L’un des militants les plus actifs d’Atalante dans la région de Montréal, Vincent Cyr participe à de nombreuses activités du groupe et à la plupart des sorties d’affichage nocturne. Originaire de la rive sud de Montréal, il a longtemps traîné dans la scène hardcore et punk longueilloise avant de se radicaliser au contact de boneheads, pour finalement s’assumer pleinement comme facho. Très isolé dans son milieu (il est fils d’un militant syndical!), il semble s’être trouvé une famille avec Atalante.

Cyr est boucher à l’emploi de la fruiterie Milano, une épicerie de quartier située dans la Petite Italie à Montréal, où son frère travaille également.


Jean Mecteau

Jean Mecteau

Jean Mecteau, tatoueur

1-418-265-5222
https://www.facebook.com/jhanmecteau/
1709, rue Bergemont, Québec

Bassiste de Légitime Violence, le groupe phare d’Atalante, Jean Mecteau est issu de la scène hardcore.  Adepte de « grandeur nature », il partage sa vie entre le cosplay, son rôle de second violon dans un pitoyable band néonazi, et son business de tatoueur sous la bannière Jhan Art.

Mecteau est l’un des tatoueurs réguliers de l’entourage d’Atalante et des Stompers, ce qui explique peut-être pourquoi il a retrouvé  son salon de tatouage quelque peu « entaché » à son retour d’un récent séjour à Bicolline (le plus important site de GN au Québec)… 


Sven Côté

Sven Côté

Sven Côté, cuisinier

Restaurant Le Fin gourmet
1-418-682-5849
https://www.facebook.com/LeFinGourmet/
https://www.instagram.com/lefingourmet_qc/

« Svein Krampus » sur Facebook, Sven Côté est un bonehead de longue date proche de la scène NSBM (black métal national-socialiste). Il milite dans Atalante depuis l’hiver 2016, après une radicalisation vers le fascisme amorcée virtuellement en 2013. Protégé de Raf Stomper, avec qui il échange des publications ouvertement antisémites sur les réseaux sociaux, il est resté fidèle au groupe et n’hésite plus aujourd’hui à montrer son visage dans les activités d’Atalante. Il a grandi et vit toujours à Québec, dans la basse ville. Côté est fortement soupçonné d’être parmi les auteurs de l’attaque contre la librairie La Page Noire à Québec dans la nuit du 8 au 9 décembre 2018. Nous pensons que cette attaque faisait office de rite de passage pour être admis dans le Québec Stomper Crew, groupe dont il a reçu les couleurs le soir même de l’attaque.

Il est cuisinier au restaurant Le Fin Gourmet, dans le quartier Saint-Sauveur de Québec.

 

D’autres révélations suivront…

 

Virer les fachos : une tâche qui incombe à nos communautés

Les militants et militantes fascistes ne sont pas de simples quidams avec qui nous sommes en désaccord sur des points de détail : ce sont des individus haineux qui souhaitent réaliser un nouvel ordre social partiellement déterminé par l’oppression, la persécution et l’élimination de millions de personnes. Leur idéologie en tant que telle constitue un danger immédiat et une forme de violence contre un grand nombre d’entre nous : queers, racisé-e-s, « de gauche », musulman-e-s, Juif-ve-s, et bien d’autres identités encore.

En même temps, le capitalisme en soi constitue une forme de violence contre un grand nombre des personnes ciblées par l’extrême droite. En tant qu’anticapitalistes, nous ne reconnaissons pas l’autorité des patrons, de l’État ou des ordres professionnels, et ne leur cédons en rien la responsabilité d’expulser les fascistes de nos espaces de vie et de travail. Cela dit, nous reconnaissons que très souvent, les travailleuses et travailleurs doivent s’unir et prendre les mesures nécessaires pour forcer les employeurs à garantir leur sécurité.

L’exclusion des fascistes et autres militant-e-s d’extrême droite est une tâche qui incombe avant tout aux travailleurs et travailleuses ainsi qu’aux membres du public qui sont mis en danger par leur présence et leur activité. C’est dans cet esprit que nous partageons ces renseignements.

Ami-e-s, il est temps de nous mettre au travail.

 

 

 

 

 


[1]               Cette mobilisation se voulait une démonstration de force de tout ce que l’Amérique du Nord compte de suprémacistes blancs, de nationalistes « ethniques », d’identitaires, de néonazis et autres néofascistes alignés sur le courant « Alt-Right » américain. Les événements du 11 et du 12 août 2017 à Charlottesville sont passés à l’histoire comme un fiasco historique pour l’Alt-Right, notamment parce que le suprémaciste blanc James Alex Fields a choisi l’occasion pour perpétrer un attentat à la voiture-bélier entraînant la mort de la militante antiraciste Heather Heyer.

[2]              Il y a quelques années à peine, il a été révélé que la société de sécurité HESS en Allemagne fournissait des gardes d’extrême droite à Amazon pour surveiller les travailleurs étrangers dans les entrepôts de l’entreprise, où ils intimidaient et maltraitaient les travailleurs. Plus près de chez nous, dans les années 1980 au Canada, William Lau Richardson, le chef de la “Klan Intelligence Agency” du KKK, était employé par la société de sécurité Centurion, un poste qu’il occupait pour mener des opérations contre la gauche. Dans les années 1990, il a été allégué que le détective privé néonazi Al Overfield a également utilisé son accès aux bases de données informatiques de la police pour fournir des renseignements sur les antifascistes à ses amis du Heritage Front, et Bryan Taylor, chef du Ku Klux Klan en Colombie-Britannique, a utilisé son poste chez ADT Security Systems pour diffuser de la propagande raciste.

Comment trouver et faire des actions contre l’infrastructure frontalière à travers le Canada

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Sep 282019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

En banlieue de Montréal, à Laval, on érige présentement une nouvelle prison pour migrant·e·s et réfugié·e·s. Au fil du projet, un large éventail d’actions de résistance s’est déployée, alors que la lutte pour en empêcher la construction prenait de l’ampleur. Cette prison s’inscrit dans le cadre d’un programme de 138 millions de dollars, le Cadre national en matière de détention liée à l’immigration (CNDI), lancé par l’État canadien en 2016 suite à une vague de révolte contre l’emprisonnement des migrant·e·s. Le CNDI a pour effet d’étendre et de renforcer la capacité gouvernementale à surveiller, emprisonner et déporter les migrant·e·s, entre autres par la construction de deux prisons d’immigration, ainsi qu’une série de nouvelles formes de surveillance et de contrôle telles que le port obligatoire de bracelets émetteurs à la cheville, un système biométrique de reconnaissance vocale et des maisons de transition pour migrant·e·s.

Il peut être difficile de discerner comment intervenir dans un tel contexte, que ça soit en groupe ou individuellement. Dans une volonté de répandre toute forme de résistance possible contre les régimes frontaliers et carcéraux canadiens, nous vous proposons une liste sommaire de quelques façons dont chacun·e peut contribuer à la lutte.

On retrouve des infrastructures frontalières et carcérales dans la majorité des villes du Canada. Voici quelques façons de les identifier, dépendamment de votre contexte (et quelques idées de comment utiliser ces informations).

COMMENT IDENTIFIER LES INSTALLATIONS FRONTALIÈRES DE VOTRE RÉGION

Les États-Unis ont vu une lutte féroce et généralisée se déployer contre l’agence policière frontalière, surnommée ICE (Immigration and Customs Enforcement), menant les habitant·e·s de pratiquement chaque grande ville du pays à occuper les bureaux de l’agence pour en empêcher le fonctionnement, manifester bruyamment devant les centres de détention migratoire, et entreprendre de nombreuses tactiques créatives pour contrecarrer le régime de détention et de déportation américain. Les effets de cette résistance se sont clairement faits ressentir dans les bureaux de l’État. S’il est vrai qu’il nous reste beaucoup de chemin à faire pour y arriver, nous sommes d’avis qu’il est autant possible que nécessaire de résister avec la même force contre les frontières soi-disant canadiennes.

Le gouvernement:

  • L’agence des services frontaliers du Canada (ASFC) – Détient le pouvoir principal en matière de détention, de surveillance et de déportation des immigrant·e·s au Canada. On retrouve ses bureaux, ses agent·e·s et ses installations partout dans le pays.

Saviez-vous qu’en 2017, une demande d’accès à l’information a permis la publication des noms et des postes de centaines d’employé·e·s de l’ASFC? Pour vérifier si quelqu’un de votre entourage devrait être exposé·e pour son rôle dans la déportation et la détention d’immigrant·e·s, lisez les documents disponibles via le lien suivant: https://mtlcounterinfo.org/doxxing-the-canadian-border-services-agency/

  • Les centres de détention pour migrant·e·s de l’ASFC – Il existe actuellement trois prisons fédérales pour migrant·e·s: une à Toronto, une à Laval et une dans l’aéroport de Vancouver. La construction d’une nouvelle prison vient d’être complétée à Surrey, en Colombie Britannique, et la construction de celle de Laval est en cours.
  • Les prisons provinciales – Chaque année, l’ASFC verse des millions de dollars aux gouvernements provinciaux, dans le cadre d’accords permettant à l’Agence d’utiliser les prisons provinciales pour l’emprisonnement de migrant·e·s. En Ontario, la majorité des migrant·e·s détenu·e·s par l’AFSC se trouvent dans des prisons provinciales.

Les ONGs qui profitent du segment des “solutions de rechange à la détention” du CNDI, et le renforcent: https://communemag.com/the-same-prison-with-a-nicer-facade/

  • La société John Howard – Cet organisme à but non-lucratif s’est vu octroyer 5 millions de dollars pour implanter le nouveau programme de “Gestion des cas et de surveillance dans la collectivité”, un régime de programmes et de maisons de transition pour migrant·e·s qui immite le système canadien actuel des libérations conditionnelles. Elle possède des installations dans toutes les provinces du pays, à l’exception du Nunavut et du Yukon. http://johnhoward.ca/services-across-canada/
  • Le Programme de mise en libération sous caution de Toronto: A reçu environ 7 millions de dollars pour implanter le programme de “Gestion des cas et de surveillance dans la collectivité” dans la ville de Toronto.
  • L’Armée du salut: A reçu plus d’un million de dollars pour implanter le programme de “Gestion des cas et de surveillance dans la collectivité” dans la majorité des villes canadiennes.

Les entreprises qui profitent de la construction de la nouvelle prison pour migrant·e·s de Laval

  • Tisseur – Entrepreneur général. Val-David, Qc. https://www.construction-tisseur.com/
  •  Lemay – Firme d’architecture mandatée pour la nouvelle prison pour migrant·e·s. Possède des bureaux dans les villes de Montréal, de Québec, d’Edmonton, de Calgary et de New York. Pour en obtenir les adresses, consultez ce lien: https://www.stopponslaprison.info/en/lemay-2/
  • Groupe A/Annexe U – Firme d’architecture mandatée pour la nouvelle prison pour migrant·e·s. Située au Québec. http://www.groupea.qc.ca/
  • Stantec – Cabinet d’experts-conseils en ingénierie. Possède des bureaux partout au Canada et aux États-Unis. https://www.stantec.com/en/offices/office-finder
  • BPA/Bouthillette Parizeau – Fournisseur alimentaire. L’entreprise possèdes des bureaux dans les villes de Montréal, de Longueuil, de Laval, d’Ottawa, de Gatineau, de Québec, de Lévis et de Vancouver. http://bpa.ca/
  • Englobe – Entreprise de traitement de sols, mandatée de remettre en état le sol du site de la future prison. Possède des bureaux partout au Canada. https://englobecorp.com/canada/en/contact-us/our-sites
  • KJA Experts-Conseils – Firme d’ingénierie mandatée d’élaborer les systèmes d’ascenseurs et d’escaliers roulants pour la nouvelle prison. Possède des bureaux dans les villes de Montréal, d’Ottawa, de Toronto, d’Edmonton, de Vancouver et de Calgary. https://www.kja.com/offices-s13922
  • Loiselle – Entreprise de décontamination des sols, située à Salaberry-de-Valleyfield, Québec. http://www.loiselle.ca/en/contact-us

Autres:

  • GardaWorld – Cette entreprise de sécurité privée, qui est mandatée de fournir les gardes de sécurité dans la prison actuelle pour migrant·e·s de Laval et de monter la garde du site de construction de la nouvelle prison, possède des bureaux partout au Canada. Les exemples de projets haineux auxquels elle est liée ne manquent pas. Allez visiter leur site web pour vérifier si elle possède des bureaux dans votre région.
  • G4S – Fournit les gardes de sécurité dans la prison pour migrant-e-s à Toronto.

Après avoir découvert les organismes et les entreprises qui profitent du régime frontalier autour de vous, pensez à rechercher les noms et les adresses des individus impliqué·e·s. Essayer de trouver l’adresse de leurs directeur·rice·s généraux·les, allez poser des affiches dans leur quartier et organisez une manif-surprise devant leur porte. On peut aussi leur envoyer des courriels et des lettres à partir d’un ordinateur anonyme.

Entourez-vous d’ami·e·s de confiance et agissez directement contre les entreprises et les agences concernées!

Le lien suivant vous mènera vers une liste de communiqués revendiquant des actions entreprises pour freiner la construction de la nouvelle prison pour migrant·e·s : https://www.stopponslaprison.info/nouvelles-et-analyses/

Si vous avez envie d’entreprendre des actions directes contre les installations frontalières de votre région, consultez le “Guide d’actions directes nocturnes”, qui comprend de nombreuses informations utiles sur comment planifier et mener des actions directes efficaces tout en vous assurant de vous maintenir en sécurité autant que possible. https://mtlcontreinfo.org/recettes-pour-des-actions-directes-nocturnes/

Si vous n’êtes toujours pas certain·e·s d’où se trouvent les installations frontalières les plus près de chez vous, consultez votre groupe local de Personne n’est illégal·e ou un autre organisme de défense des droits des migrant·e·s pour obtenir plus d’informations. Ou alors, organisez une petite soirée de recherche avec vos ami·e·s!

Si vous vivez dans une petite communauté où il n’y a pas de installation frontalière, vous pouvez tout de même agir. Voici quelques pistes:

1. Faites circuler le matériel d’information

Consultez la page “Matériel d’information” sur le site stopponslaprison.info. Il est possible d’y obtenir des pamphlets, des affiches, des tracts et des autocollants que vous pouvez imprimer et faire circuler dans votre réseau.

Réunissez-vous entre ami·e·s pour poser des affiches dans votre quartier ou près d’arrêts d’autobus. Suivez ce lien obtenir des instructions sur comment faire de la colle de blé (qui est très difficile à enlever): https://mtlcounterinfo.org/how-to-wheatpaste/

Prenez quelques heures pour poser des autocollants dans le métro, dans les couloirs de votre école, à votre lieu de travail ou dans votre quartier.

Posez une bannière dans un endroit visible près de chez vous, qui exprime un message contre les frontières et les prisons. Voici quelques informations sur comment poser une bannière: http://destructables.org/node/56

Organisez une journée de mobilisation et de distribution de tracts. Imprimez des tracts disponibles en ligne, ou créez-en vous-mêmes! Avec quelques ami·e·s, allez dans le métro, dans les autobus ou dans les trams de votre ville et passez quelques heures à distribuer de l’information à propos du projet.

2. Harcelez les entreprises

Innondez le fax, les lignes téléphoniques, la boîte courriel et les réseaux sociaux des entreprises et de leurs employé·e·s.

Il est facile de se procurer un compte de messagerie temporaire en utilisant Protonmail ou Guerrilamail.

On peut aussi envoyer des fax gratuitement en ligne grâce aux sites https://www.gotfreefax.com/ ou https://faxzero.com/. En envoyant des fax avec beaucoup de contenu aux entreprises, on utilise toute leur encre noire et on peut temporairement bloquer la ligne de fax, les empêchant de recevoir les fax habituels.

Si vous pensez harceler les entreprises en ligne, n’oubliez pas qu’il serait peut-être mieux de ne pas utiliser vos propres comptes de réseaux sociaux ou votre propre adresse IP pour le faire. Consultez le guide EFF à propos de communications en ligne plus sécuritaires, et familiarisez-vous avec des outils tels que le navigateur Tor ou TAILS pour vous créer un compte de messagerie anonyme temporaire, ou pour envoyer des fax.
https://ssd.eff.org/
https://www.torproject.org/
https://tails.boum.org/

3. Partagez ce texte avec vos ami·e·s et votre famille, et réunissez-vous ensemble pour discuter d’un plan d’action à mettre en branle dans votre ville ou village!

Stantec et le complex Guy-Favreau ciblés durant la marche pour le climat: Voici pourquoi le mouvement pour le climat devrait combattre le régime frontalier

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Sep 282019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le Canada contribue de façon majeure à la crise climatique, jouant un rôle actif en chassant des populations de leurs foyers à travers le monde. Le Canade héberge plus de 70% des industries minières du monde, industries qui sèment la dévastation environnementale et économique à l’échelle mondiale. Le pays est responsable de plus d’émissions de gaz à effet de serre que tout autre pays du G20, contribuant ainsi à la multiplication du nombre de réfugié.es climatiques. À l’intérieur de ses frontières, le gouvernement fédéral continue d’approuver projet de pipeline par-dessus projet de pipeline, malgré la résistance constante des communautés autochtones.

Alors que la crise climatique ne fait qu’empirer, favorisée par les forces extractivistes du capitalisme et du colonialisme, la crise migratoire empire de façon accélérée elle aussi. En réponse à cela, le Canada ne fait que renforcer l’imperméabilité de ses frontières, tentant d’empêcher celles et ceux qu’il a lui-même déplacé.es de trouver refuge.

Ce développement des infrastructures frontalières ne se limite pas à la frontière elle-même. Depuis deux décennies, la détention de personnes migrantes est l’une des formes d’incarcération ayant la croissance la plus rapide au Canada. L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) entretient trois prisons uniquement pour migrant.es et loue des espaces servant à leur détention à travers le pays. En 2016, le gouvernement a investi 138 millions de dollars supplémentaires afin de renforcer et de développer ce système, menant à la construction de deux nouvelles prisons pour personnes migrantes (dont l’une se trouve à Laval, QC) ainsi que de nouveaux systèmes de surveillance et de contrôle comme les bracelets de cheville obligatoires et les analyses biométriques vocales pour les migrant.es.

Tandis que le Canada répond à la crise climatique en fortifiant ses frontières, celles et ceux qui défendent les politiques suprémacistes blanches derrière cette décision continuent d’envahir l’espace public. Au Québec, nous avons vu l’importante couverture médiatique accordée aux groupes islamophobes comme La Meute, le succès de la campagne électorale anti-immigration de la CAQ, ainsi que les conséquences violentes de l’adoption de sa loi 21. Alors que la mascarade que sont les élections fédérales commence, nous avons déjà pu voir la place de plus en plus importante prise par le nationalisme blanc, alors que les politicien.nes sèment la peur et la haine des migrant.es qui traversent la frontière à Roxham Road.

Les frontières comme les prisons ont été imposées sur ces territoires par le colonialisme et sont des systèmes fondamentalement axés sur la domination et le contrôle. Tandis que le Canada continue d’investir des milliards dans l’extractivisme, celles et ceux qui subissent le poids de la crise sont encore et toujours les communautés autochtones. Que ce soient les pipelines installées de force sur des territoires autochtones, les entreprises minières ou forestières opérant sur ces territoires sans le consentement des communautés concernées, ou encore la dévastation environnementale créée par la construction de raffineries près des réserves, les communautés autochtones sont constamment en première ligne, souffrant des effets néfastes de l’extractivisme tout en menant la résistance contre celui-ci.

Voici pourquoi Stantec et le complex Guy-Favreau ont été pris pour cible par des participant.es de la marche pour le climat. Les bâtiments ont reçu des bombes de peinture vertes et “Bienvenue aux migrants” a été écrit sur les façades. Au complex Guy-Favreau, la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada tient des séances pour déterminer les conditions et périodes de détention des migrant.es, ce qui résulte souvent par une prolongation de leur emprisonnement. Stantec est une firme de génie-conseil qui travaille sur le projet de la nouvelle prison pour migrant.es à Laval.

Cette nouvelle prison fait partie de la fausse solution du Canada face à la menace posée par les changements climatiques, une tentative d’intensifier encore d’avantage le développement de ses infrastructures frontalières en gardant hors de celles-ci celles et ceux que le pays continue de chasser de leurs maisons. La réelle menace contre la Terre et les personnes qui l’habitent sont le capitalisme, la destruction de l’environnement et les politicien.nes qui, inévitablement, continuent de défendre ces systèmes tout en rejetant la faute sur les populations qu’ils et elles déplacent.

Nous croyons qu’il est nécessaire de pousser beaucoup plus loin que de simples demandes aux politicien.nes, et d’aller vers une remise en question du rôle joué par le Canada au sein de la crise mondiale. Nous espérons que la lutte pour le climat pourra élargir ses tactiques, approfondir ses analyses et continuer de créer des liens avec d’autres luttes actuelles contre le suprémacisme blanc, le colonialisme de peuplement, et l’impérialisme de frontières.

 

Climat de révolte

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Sep 262019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

  • AUCUN GOUVERNEMENT NE SAUVERA LA PLANÈTE –
    NOUS DEVONS SAUVER LA PLANÈTE DES GOUVERNEMENTS!
  • QUAND LA POLICE ATTAQUE
  • UNE RÉPONSE ANARCHISTES AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
  • NOS MASQUES NOUS PROTÈGENT
  • L’HISTOIRE NOUS LE DIT CLAIREMENT L’INSURRECTION POUR LE CLIMAT DOIT SAVOIR SE DÉFENDRE
  • LA RÉCUPERATION ET SES MULTIPLES FORMES
    LES VAUTOURS TOURNENT DÉJÀ EN ROND AU-DESSUS DE NOS TÊTES.

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Une réponse anarchiste aux changements climatiques

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Sep 232019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Traduction de “An Anarchist Solution to Global Warming

Si la réponse du Capitalisme Vert face aux changements climatiques ne fera qu’ajouter de l’huile sur le feu, et si le gouvernement restera incapable de résoudre le problème à une échelle globale (comme je l’ai débattu dans les articles [1] [2]), qu’est-ce que suggèrent les anarchistes pour réorganiser la société afin de diminuer la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et pour survivre dans ce monde qui n’est déjà plus le même?

Il n’existe pas une seule position anarchiste, et plusieurs anarchistes refusent même d’offrir une réponse en affirmant que si la société se libère de l’État et du capitalisme, elle se transformera de manière organique, et non pas en suivant les lignes d’un plan quelconque. D’ailleurs, cette attitude de contrôle politique, qui consiste à voir le monde de haut en y imposant plans et changements, est indissociable de la culture responsable de la destruction de la planète et l’oppression de ses habitant-e-s.

Malgré tout, je voudrais esquisser une manière possible d’organiser nos vies, non pas dans le but d’offrir une proposition concrète, mais parce que les visions nous rendent plus fort-e-s, et que nous avons tou-te-s besoin de courage afin de rompre une fois pour toutes avec les institutions existantes et les fausses solutions qu’elles nous offrent. Je vais décrire comment une société écologique et antiautoritaire pourrait se manifester avec les mots qui émergent de la complexité non idéale du moment présent. À des fins de simplification, je n’entrerai pas dans des débats d’ordre scientifique concernant ce qui est durable et ce qui ne l’est pas.

Je base la description de ce futur monde possible à la fois sur des nécessités physiques et sur ce qui est éthiquement désirable, en accord avec les prémisses suivantes.

  • L’extraction et la consommation de combustibles fossiles doivent être cessées complètement.
  • La production alimentaire industrielle doit être remplacée par des méthodes de cultivation durables et à échelle locale.
  • Les structures de centralisation du pouvoir sont par nature des structures qui exploitent l’environnement et qui oppriment les gens.
  • Les mentalités de valeur quantitative, d’accumulation, de production et de consommation – en d’autres mots, la mentalité marchande – sont par nature des mentalités qui exploitent l’environnement et qui oppriment les gens.
  • La science médicale est imprégnée d’une haine du corps, et même si elle a perfectionné une réponse efficace aux symptômes, sa pratique actuelle nuit à notre santé.
  • La décentralisation, l’association volontaire, l’organisation autonome, le soutien mutuel, et la non-coercition sont tous des projets et des pratiques réalisables ayant fonctionné par le passé, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la civilisation occidentale, et ce à de nombreuses reprises.

Bienvenue dans le futur. Personne n’aurait pu deviner que la société globale ressemblerait à ça. Sa caractéristique déterminante est son hétérogénéité. Certaines villes ont été abandonnées; des arbres poussent au travers des avenues, des rivières se précipitent là où l’asphalte recouvrait jadis le sol, et les gratte-ciels s’effritent pendant que des cerfs se nourrissent à leurs pieds.

D’autres villes sont en plein essor, mais elles ont tellement changé qu’elles sont méconnaissables. Des toits, des friches désertes, et des trottoirs se sont transformés en jardins. Des arbres fruitiers et à noix bordent chaque pâté de maisons.

Les coqs annoncent chaque lever du soleil. Environ un dixième des rues – les artères principales- restent pavées ou sont faites de gravier, les théâtres et les édifices communautaires peuvent obtenir du courant même quand il se fait tard, sur une base rotative afin qu’ils puissent rester ouverts pour des soirées cinéma et d’autres évènements. Tout le monde a des chandelles et des lampes rechargeables, il y a alors toujours des lumières qui éclairent des fenêtres le soir. Nous sommes loin du ciel urbain d’aujourd’hui: la nuit on peut voir des étoiles dans le ciel, et les enfants, incrédules, restent bouche bée quand les ancien-ne-s leur racontent comment les gens ont abandonné l’ancien monde.

L’électricité est produite grâce à un réseau avoisinant de stations où l’on brûle les déchets agricoles (comme les épis de maïs) et des biocarburants, ainsi qu’à partir d’une petite quantité d’éoliennes et de panneaux solaires. Mais la ville utilise seulement une fraction de ce qu’elle consommait avant. Les gens chauffent et refroidissent leur maison sans électricité, grâce à une conception intelligente qui utilise la passivité solaire. Dans les régions plus froides, pendant l’hiver, les gens complètent cela avec de la combustion de carburants renouvelables, mais les maisons sont bien isolées et les fours sont conçus avec la plus grande efficacité: il n’y a donc pas grand-chose à faire.

Personne ne possède de réfrigérateur, mais à tous les étages des bâtiments, on peut trouver un congélateur collectif. On entrepose les denrées périssables comme le yogourt, les oeufs et les légumes dans une glacière ou dans une cave, et les aliments sont mangés frais ou bien cannés. Les gens font pousser la moitié de leur propre nourriture dans les jardins de leur quartier. Presque toute la nourriture provient d’un rayon de 30 km. Aucun aliment n’est modifié génétiquement ou produit à partir d’ingrédients chimiques, et les aliments sont cultivés pour leur goût et leur apport nutritif – pas selon leur longévité et leur durabilité par transport. En d’autres mots, les aliments sont plus goûteux, et la nourriture est plus saine.

Toutes les maisons ont une toilette compostable et de l’eau courante, mais pas de service d’eaux usées. Une quelconque loi non écrite assure que chaque communauté à travers le monde remédie à la production de ses propres déchets. L’envoi de déchets polluants en aval est le plus grand tabou. Les rares usines restantes utilisent des champignons et des microbes situés sur de grandes parcelles boisées autour de l’enceinte de l’usine pour assainir les polluants qu’elles produisent. Les quartiers transforment tous leurs déchets en compost ou en carburant. La quantité d’eau potable disponible étant limitée, les bâtiments sont équipés de capteurs d’eau de pluie pour les jardins.

Dans la plupart des villes, les gens tiennent des assemblées de quartier périodiques ou ad hoc afin de maintenir les jardins, les routes et les bâtiments, d’organiser les services de garderie, et de médier les disputes. Les gens participent également à des réunions avec les conseils de travail ou les projets infrastructuraux auxquels illes décident de consacrer une partie de leur temps. Ceux-ci peuvent inclure: le conseil de l’eau, des transports, de l’électricité, un hôpital, un conseil de travailleur-ses de construction, de guérisseur-ses (la grande majorité des soins de santé est assurée par des herboristes, des naturopathes, des homéopathes, des acupuncteur-rices, des massothérapeutes, des sages-femmes et d’autres spécialistes effectuant des visites à domicile) ou encore une usine. Autant que possible, les conseils de travail sont décentralisés, avec des individus et des petits groupes à qui on fait confiance de bien faire leur travail. Lorsque nécessaire, illes coordonnent également leurs activités au sein de réunions se déroulant généralement sous la forme d’assemblées ouvertes utilisant le consensus et privilégiant le partage des perspectives et des informations, plutôt que la prise de décision. Parfois, des rencontres interrégionales sont organisées (pour les communautés autour d’un même cours d’eau, par exemple). Elles fonctionnent selon une structure de délégation, quoique les rencontres restent ouvertes à tout le monde et cherchent toujours à atteindre des décisions qui satisfont l’ensemble des gens, considérant qu’il n’y a pas d’institutions coercitives et que la coercition sous n’importe quelle forme est mal vue. Elle signifie “ramener les vieux jours”.

Puisque le pouvoir est toujours localisé au maximum, la grande majorité des décisions sont prises par des individus ou des petits groupes partageant des affinités et travaillant régulièrement ensemble. Depuis qu’on n’accorde plus d’importance à l’homogénéité de la population, qui servait autrefois à des fins de contrôle et d’accumulation du pouvoir, les gens ont réalisé qu’une bonne partie de la coordination prend place de manière organique: différentes personnes prenant différentes décisions et travaillant à réconcilier leurs décisions avec celles des autres.

Même si les sociétés sont structurées de manière à créer des sentiments de communauté et de mutualité, il existe également une grande marge de manoeuvre pour la vie privée solitaire. Plusieurs quartiers ont des cuisines et des salles à manger collectives, mais les gens cuisinent parfois elleux-mêmes et peuvent manger seul-es lorsqu’illes en ont envie. Dépendamment des préférences culturelles, certaines sociétés ont des bains publics et d’autres non. La mise en commun forcée des expériences passées sous les utopies socialistes est absente de ce monde. La propriété privée a été abolie dans le sens classique (c’est-à-dire où les gens reposent sur les moyens de production pour leur survie), mais n’importe qui peut avoir autant d’effets personnels qu’ille peut et veut en obtenir – vêtements, jouets, réserve de bonbons, vélo, etc.

Plus une communauté est petite, plus elle a tendance à utiliser une économie du don – tout ce que tu n’utilises pas, tu l’offres en cadeau, solidifiant ainsi les liens que tu entretiens avec les autres et augmentant la quantité d’objets en circulation – qui est possiblement le système économique le plus vieux et le plus répandu dans toute l’espèce humaine.

Il n’y a plus de police. Généralement, les gens sont armés et entrainés à l’autodéfense. La vie quotidienne de chacun-e comprend des activités qui favorisent un sens de l’intérêt personnel et collectif. Les gens dépendent de la coopération et de l’aide mutuelle pour leur survie et leur bonheur, alors celleux qui endommagent leurs liens sociaux se font surtout du mal à elleux-mêmes et s’isolent. Les gens ont combattu pour renverser leurs oppresseur-es. Illes ont défait la police et les forces militaires de la classe dirigeante, et illes se rappellent de leur victoire. L’impératif de ne plus jamais être gouverné-es constitue une part importante de leur identité. Illes ne sont pas sur le point de se sentir intimidé-es par un-e psychopathe occasionnel-le ou une bande de malfaisant-es.

En bref, la ville a une empreinte écologique négligeable. Une densité élevée de personnes habite dans des régions qui ont une biodiversité impressionnante, avec de nombreuses espèces animales et végétales qui cohabitent dans la ville. Illes ne produisent pas de pollution à laquelle illes ne peuvent remédier elleux-mêmes. Illes se procurent de l’eau dans les bassins versants, mais en quantité bien moins grande que dans une ville capitaliste, et en accord avec les autres communautés qui partagent le même cours d’eau. Illes produisent des gaz à effets de serre en quantité réduite par la combustion de carburant. Cependant illes en retirent davantage de l’atmosphère par le biais de leur agriculture (puisque tous leurs biocarburants sont agricoles et que le carbone rejeté dans l’atmosphère est le même que celui que les plantes ont absorbé pendant leur croissance).

Presque toute la nourriture est produite de manière durable et locale. Il existe quelques usines de production, mais la plupart utilisent des matériaux recyclés.

À l’extérieur de la ville, le monde est encore plus transformé. Les déserts, les jungles, les régions montagneuses, les marais, la toundra, et les autres régions qui ne peuvent pas supporter une population de haute densité, sont redevenus sauvages. Aucun programme gouvernemental n’a été nécessaire pour préserver la nature; ça ne valait tout simplement pas la peine d’habiter là-bas une fois la production de combustibles fossiles terminée. Beaucoup de ces zones ont été reprises par les autochtones qui les habitaient jadis. Dans plusieurs de ces régions, les habitant-es peuvent de nouveau pratiquer la chasse et la cueillette, retrouvant la forme d’économie la plus intelligente pour cette biorégion et renversant ainsi la notion conventionnelle de ce qui est considéré “futuriste”.

Le transport persiste encore entre les biorégions. Les villes sont reliées par des trains qui fonctionnent par biocarburant, et les gens traversent régulièrement les océans sur des bateaux alimentés principalement par le vent. Une quantité quelconque des échanges interrégionaux se déroule de cette manière, mais le transport entre les régions permet surtout un mouvement de personnes, d’idées et d’identités. Les gens sont moins mobiles qu’illes ne l’étaient dans les derniers jours du capitalisme, mais d’un autre côté, illes ne sont plus obligé-es de suivre les caprices de l’économie, ni d’être déraciné-es par la recherche de travail. Économiquement, les biorégions sont presqu’entièrement auto-suffisantes et les gens se supportent elleux-mêmes. S’illes se déplacent, c’est parce qu’illes veulent voyager, voir le monde, et sont libres de le faire car il n’y a plus de frontières.

Les communications de plus longue distance se font principalement par radio. La majorité des communautés urbaines ou semi-urbaines ont des téléphones et internet. La production hautement toxique d’ordinateurs a pratiquement cessée, mais quelques villes utilisent de nouvelles méthodes, plus lentes mais plus responsables, afin de manufacturer des ordinateurs à une échelle minimale. Des populations rurales habitent assez proches d’une ville pour accèder à ces formes de communication, de temps en temps. Les gens recoivent encore des nouvelles provenant du monde entier, et illes continuent de cultiver une identité qui est partiellement globale.

Les bases économiques de la société se sont grandement diversifiées au sein de chaque communauté linguistique. En d’autres mots, une personne peut vivre dans une commune agricole avec un niveau technologique similaire à celui de l’occident du 19ième siècle, mais à côté d’elle se trouve une forêt habitée par des chasseur-es-cueilleur-ses, et quelque fois par année elle se rend dans une ville qui est elle-même organisée par des conseils de travail et des assemblées de quartiers, où l’on trouve de l’électricité, des autobus, une station de train ou un port, et où elle peut regarder des films ou lire le blog de quelqu’un qui vit à l’autre bout du monde.

Des images et des nouvelles provenant du monde entier circulent dans les communes sur une base régulière. Les gens parlent la même langue et partagent une culture et une histoire similaires avec ces communautés qui autrement sont bien différentes. Il en résulte qu’une identité clanique et insulaire, susceptible de poser de sérieux problèmes -notamment la régénération potentielle de comportements dominateurs et impérialistes-, est constamment évitée par la cultivation d’une identité globale et par le mélange avec des membres très différents d’une communauté plus large. En effet, puisque presque toutes les communautées linguistiques s’étendent bien au-delà d’une seule biorégion, et puisque les gens connaissent une mobilité sociale sans précédent, il y a une circulation infinie des gens entre ces différentes communautés. Chaque individu décide, à un certain âge, s’ille veut vivre dans la ville, la campagne ou la forêt. Non seulement les frontières n’existent plus entre des nations construites artificiellement mais les frontières sociales n’empêchent plus le mouvement entre différentes identitées et catégories culturelles.

Pour les personnes agées, ce mode de vie est un paradis, mélangé aux détails croustillants de la réalité – conflits, labeur, chagrins et drames du quotidien. Pour les plus jeunes, c’est simplement vivre selon le bon sens.

Et d’année en année, le monde guérit un peu plus des ravages du capitalisme industriel. La quantité de forêt et de zones humides a augmenté au même rythme que la régénération de certaines zones, alors que les régions densément peuplées sont devenues des écosystèmes en santé grâce au jardinage, à la permaculture et à l’élimination des voitures.

Les niveaux de gaz à effet de serre dans l’atmosphère sont réellement en train de diminuer, bien que lentement, pour la première fois depuis des années, alors que le carbone est renvoyé dans le sol, dans les forêts et dans les zones humides et urbaines. La combustion d’énergie fossile a cessé. Plus du tiers des espèces de la planète se sont éteintes avant que les gens ne modifient enfin leur mode de vie, mais maintenant que la perte d’habitat est renversée, plusieurs espèces reprennent des forces. À condition que l’humanité n’oublie pas sa plus grande leçon jamais apprise, dans quelques millions d’années, la biodiversité de la planète Terre sera plus grande que jamais.

Une vie digne a remplacé le profit comme nouveau critère social et, en coup de poing contre tou-tes les ingénieur-es de la planification sociale, chacun-e est autorisé-e à déterminer comment y parvenir. Les gens ont retrouvé l’habilité de se nourrir et de se loger elleux-mêmes et les communautés individuelles ont prouvé qu’elles étaient les mieux placées pour élaborer un mode de subsistance plus adapté aux conditions locales et aux changements variés induits par le réchauffement planétaire. Au final, c’est une évidence: l’unique solution qui était écartée par ceux et celles qui profitaient des changements climatiques était la seule qui avait une chance de réussir.

Pendant trop longtemps, les gens n’ont pas cru ceux et celles qui les mettaient en garde contre les changements climatiques, l’effondrement écologique et les autres problèmes créés par le gouvernement et le capitalisme – ceux et celles qui réclamaient des solutions radicales. Au final, illes ont compris que la meilleure décision qu’illes avaient prise était de cesser de faire confiance aux gens au pouvoir, soit les responsables pour tous ces problèmes. À la place, illes se sont fait confiance et ont plongé.

Les lecteur-ice-s qui doutent de la possibilité de réalisation de cette vision peuvent se réferer au livre Champs, Usines et Ateliers de Pierre Kropotkin, qui énonce une proposition similaire, mais il y a plus de cent ans. Illes peuvent aussi voir comment les territoires autochtones sur lesquels illes vivent étaient organisés avant la colonisation. D’où je viens, la confédération des Powhatans a maintenu la paix et coordonné les échanges commerciaux entre plusieurs nations de la partie sud du bassin versant de la baie de Chesapeake. Au Nord, les Haudensaunne ont maintenu la paix entre cinq (et plus tard six) nations pendant des centaines d’années. Les deux groupes ont supporté de fortes densités de population grâce à l’horticulture intensive et à la pêche sans dégrader leur environnement.

Où je vis aujourd’hui, à Barcelone, les travailleur-ses ont repris la ville et les usines et ont tout dirigé elleux-mêmes en 1936. Et là où je me trouve en écrivant cet article, à Seattle, une grève générale d’un mois a eu lieu en 1919. Les travailleur-ses là-bas se sont également montré-es capables de s’organiser et de maintenir la paix. Tout ça n’es pas un rêve. C’est une possibilité imminente, mais seulement si nous avons le courage d’y croire.

Entre national-populisme et néofascisme : État des lieux de l’extrême droite au Québec en 2019

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Sep 152019
 

De Montréal Antifasciste

Définitions et traits caractéristiques

Originellement constitué à partir de différentes expériences militantes visant à confronter des manifestations d’extrême droite à Montréal, le collectif Montréal Antifasciste s’est principalement attaché au cours des deux dernières années à documenter et à révéler au grand jour les différents mouvements et organisations qui mettent de l’avant des croyances et des politiques d’exclusion plus radicales que ce que proposent généralement les programmes de la droite « classique ». De plus, surtout parce que nos ressources sont limitées, nous avons omis de cibler les mouvements n’ayant actuellement que peu ou pas d’activité publique dans notre ville, comme le mouvement antiavortement ou, plus largement, la droite catholique, bien que nous nous efforcions de les garder à l’œil. Ainsi, il s’agit moins d’une approche théorique que d’une démarche pragmatique. Notre objectif n’est pas de produire une grande théorie sur le développement de l’extrême droite au XXIe siècle, mais plutôt de fournir des munitions intellectuelles et pratiques au milieu militant et à la population afin d’empêcher la normalisation du racisme, de la xénophobie et de l’islamophobie et de contribuer à la consolidation des mouvements antiracistes et antifascistes.

Il nous faut aussi insister sur le fait que notre approche relève d’un souci de commodité et de rapidité. Nous ne prétendons pas réduire le problème à l’extrême droite comme telle. Nous sommes conscient-e-s du fait que certaines politiques publiques (comme la Loi sur la laïcité de l’État [projet de loi 21]) et pratiques de l’État (comme la brutalité policière et les contrôles frontaliers) ainsi que différents systèmes d’oppression au sens large ont des répercussions bien plus dommageables que l’extrême droite à elle seule. Toutefois, nous croyons que des groupes numériquement restreints, mais déterminés, ont la capacité d’influencer la société de manière disproportionnée, et que même lorsque cela paraît improbable, ces groupes représentent une menace qu’il faut neutraliser en tant que telle. C’est le mandat que nous nous sommes donné.

Une cartographie exhaustive de l’extrême droite québécoise pourrait facilement faire l’objet d’un essai beaucoup plus long; ce qui suit n’est qu’un modeste aperçu. Notre priorité, en l’occurrence, est de cerner les traits caractéristiques des différents milieux d’extrême droite et de nommer les groupes actuellement les plus actifs au Québec. Nous avons dû ignorer ou mettre de côté de nombreux éléments en raison des contraintes d’espace. Nous vous invitons à consulter notre site Internet (http://montreal-antifasciste.info) pour un examen plus détaillé et approfondi.

Bien que certain-e-s d’entre nous étudient et confrontent l’extrême droite depuis des dizaines d’années, notre travail dans le cadre de Montréal Antifasciste revêt un caractère pratique, et c’est la pratique qui a conditionné à la fois ce que nous avons pu apprendre et notre manière de conceptualiser la situation. Sur la base de cette expérience, nous avons déterminé que les croyances fondamentales de l’extrême droite québécoise sont :

  • L’islamophobie;
  • L’opposition à un « système global » défini en termes simplistes et étroitement identifié aux partis libéraux fédéral et provinciaux (personnifiés pour plusieurs par Justin Trudeau, qui est universellement honni, diabolisé, ridiculisé et accusé tous les maux imaginables; entre autres lubies, Trudeau serait le fils illégitime de Fidel Castro et il soutiendrait secrètement la pédophile et l’introduction de la charia au Canada);
  • La croyance qu’un processus insidieux est en marche pour remplacer graduellement des groupes de personnes auxquels les droitistes s’identifient (les Québécois-e-s « de souche », les personnes blanches, etc.) par des personnes issues d’autres cultures ou « races » (la mesure dans laquelle ce remplacement serait planifié, et par qui, varie d’un groupe à l’autre et entre les individus).

Au-delà de ces traits généraux qui unissent les diverses tendances de l’extrême droite, il existe un certain nombre de différences, la plus saillante étant sans doute l’écart entre, d’un côté, un groupe de militants beaucoup plus grand, mais beaucoup moins cohérent politiquement, partageant de nombreuses caractéristiques avec la « droite classique », et, d’un autre côté, une tendance plus restreinte, mais adhérant à des positions idéologiques beaucoup plus rigoureuses s’inspirant explicitement du fascisme historique et du suprémacisme blanc. Dans notre travail, nous désignons le premier groupe comme « national-populiste » et le deuxième comme « fasciste », « néofasciste » ou « néonazi », selon les cas.

D’après ce que nous avons pu voir, autant dans leurs croyances fondamentales que dans la bifurcation politique décrite ci-dessus, l’extrême droite québécoise répond aux mêmes schémas qui existent ailleurs au Canada.

Les principales organisations nationales-populistes du Québec sont La Meute (fondée en 2015) et Storm Alliance (fondée en 2016). Si, initialement, la première s’opposait avant tout à « l’islam radical » tandis que la seconde disait se battre contre « l’immigration illégale », leurs priorités politiques sont aujourd’hui plus ou moins identiques. Le groupuscule Front patriotique du Québec (FPQ), beaucoup plus petit et marginal, a aussi joué un rôle important dans ce milieu à plusieurs égards; il a régulièrement critiqué La Meute pour son « fédéralisme » et plusieurs de ses membres et sympathisants ont participé à la création de groupes de « sécurité » d’extrême droite dans le but de « protéger » leurs organisations et d’intimider leurs opposant-e-s. Il nous faut également mentionner la prétendue Vague bleue, une mobilisation qui a eu lieu à Montréal le 4 mai 2019 et dont une seconde édition a eu lieu à Trois-Rivières le 27 juillet suivant. Adoptant une approche éprouvée par le FPQ, ces rassemblements sont organisés par des éléments du milieu national-populiste, mais servent à rassembler des personnes mal informées au sujet des principes politiques qui les sous-tendent, en les flanquant de divers groupes de « sécurité » d’extrême droite comptant des éléments néofascistes. Bien que la seconde édition se soit avérée un échec lamentable (de quelque 300 participant-e-s à Montréal, le rassemblement a rétréci à moins de 75 personnes à Trois-Rivières), cette formule risque fort d’être reprise à l’avenir.

La tendance néofasciste, quant à elle, est beaucoup plus étroite que le milieu national-populiste, et on n’y retrouve actuellement que deux organisations notables : Atalante (basée à Québec et active depuis 2016), et la Fédération des Québécois de souche (décentralisée, mais comportant vraisemblablement un centre au Saguenay). Parallèlement, il y a eu un certain nombre de projets politiques semi-formels plus discrets animés au fil des ans par des néofascistes et des néonazis. L’exemple le plus important des dernières années est sans doute le groupe Alt-Right Montreal/Stormer Book Club, dont l’existence a été révélée en mai 2018 par la Montreal Gazette. Tous les groupes associés à cette tendance s’identifient d’une manière ou d’une autre à la tradition du fascisme et/ou du nationalisme blanc.

 

Le milieu national-populiste

L’apparition de La Meute (et, à un moindre degré, de Storm Alliance) a signalé un changement important au sein de l’extrême droite québécoise. Il s’agissait des premiers groupes depuis les années 1990 qui semblaient capables de s’adresser à une base plus large que leurs propres membres. En d’autres termes, ils étaient les premiers groupes depuis longtemps à présenter un véritable potentiel de croissance. Les groupes qui avaient été actifs dans les années précédentes, comme l’Ordre des Templiers, PEGIDA Québec, la Coalition des citoyens concernés (sic) ou le Mouvement républicain du Québec, n’avaient jamais vraiment été autre chose qu’une poignée d’individus (parfois même un seul individu) se présentant comme une « organisation ». Le seul groupe ayant eu une certaine portée avant 2016, Les Insoumis, n’a quant à lui jamais vraiment été en mesure de recruter au-delà de la région de Sherbrooke, même si ses membres sont venus à Montréal à plusieurs reprises pour participer aux événements organisés par d’autres groupes. Ce qui ressemble le plus à un présage de ce qui allait venir est la « Marche du silence » organisée à Montréal le 24 septembre 2015 contre le projet de loi 52 du Parti libéral du Québec (comptant sur la participation de membres des Insoumis et d’autres militant-e-s anti-immigration), même si les différentes manifestations organisées en faveur de la Charte des valeurs québécoises en 2013 constituaient en quelque sorte d’autres signes avant-coureurs.

Le milieu national-populiste comporte une importante diversité de perspectives sur différents enjeux, que reflète la volonté sans cesse répétée de préserver « l’unité » en acceptant des personnes affichant des opinions divergentes pourvu qu’elles adhèrent à « la cause » (laquelle est rarement présentée de façon précise). Par conséquent, ce milieu est beaucoup moins cohérent, mais aussi beaucoup plus grand et susceptible de se transformer que la droite néofasciste. Afin de contrer la fâcheuse tendance à décrire tous les groupes d’extrême droite comme « fascistes », il est utile de passer en revue certains des attributs du milieu national-populiste :

  • Les nationaux-populistes sont nombreux et nombreuses à insister sur le fait qu’ils et elles « ne sont pas racistes », et l’opposition à la discrimination raciale fait même partie des déclarations de principes de La Meute et de Storm Alliance. Bien que cette posture s’appuie sur l’affirmation fallacieuse voulant que « l’Islam [n’est] pas une race », ils sont très nombreux à le croire sincèrement, et cette attitude les différencie d’autres courants de l’extrême droite. Cela fait en sorte qu’un certain nombre de personnes de couleur, d’anciens musulmans ou d’Autochtones sont les bienvenus dans les mobilisations nationales-populistes (même si cette inclusion symbolique, vue de l’extérieur, a souvent un caractère particulièrement embarrassant…). Cela rend par ailleurs ces groupes plus acceptables aux yeux d’une partie de la société blanche qui, bien qu’elle soit raciste, n’est pas prête à l’admettre ouvertement.
  • Une importante partie du mouvement national-populiste adhère à un discours homonationaliste et/ou fémonationaliste, et prône ainsi un idéal du Québec que rejettent d’emblée d’autres segments de l’extrême droite. L’opposition à « l’Islam radical » et à « l’immigration illégale » est souvent formulée sous l’angle des droits des femmes et des personnes LGB (en excluant plus souvent qu’autrement les droits des personnes trans) et même parfois dans un cadre « féministe ». À de rares exceptions près, les membres de ce milieu prétendent être en faveur des droits des femmes (c’est d’ailleurs une politique officielle de La Meute et de Storm Alliance) et l’opposition aux pratiques misogynes est l’un des clichés antimusulmans les plus répandus. De plus, de nombreuses femmes sont actives dans ce mouvement et plusieurs occupent des rôles d’autorité. Cela dit, le mouvement reste dominé par des hommes; outre les cas rapportés d’agressions et de harcèlement sexuel entre les membres, un bref examen des comptes sur les médias sociaux révèle un large éventail de mèmes, gags et commentaires que la plupart des gens trouveraient sexistes ou sexuellement objectivants, et il reste que les principaux leaders de ces groupes sont pratiquement tous des hommes.
  • Ce milieu n’est pas soudé autour d’une position unique concernant l’indépendance du Québec. Bien qu’on n’y trouve que très peu de fédéralistes purs et durs, voire aucun, les opinions varient d’un soutien aveugle à l’indépendance (le FPQ et le Parti patriote) à une position mitigée selon laquelle ces questions sont secondaires, car dans l’immédiat le Canada comme le Québec doivent être défendus contre les « immigrants illégaux » et « l’Islam radical » (La Meute/Storm Alliance). Ce manque d’unité a d’ailleurs été à l’origine de nombreux conflits entre individus et même entre groupes; La Meute a ainsi souvent été accusée d’être « fédéraliste ».
  • Le milieu national-populiste affiche généralement une certaine sympathie à l’égard des peuples autochtones, qui sont dépeints comme les victimes de ce même système « globaliste » qui maintient les Québécois-es (et les Canadien-ne-s) sous son joug. On trouve aussi la position, que partagent même certains néofascistes, voulant que les mouvements contemporains doivent s’inspirer des alliances historiques entre Canadiens-Français et peuples autochtones contre les Anglais. Cette position s’appuie sur une interprétation superficielle et complaisante de l’histoire du Québec, qui nie le rôle des Canadiens français dans la colonisation et le génocide des Premières Nations, et sur une logique d’appropriation voulant que « tous les Québécois » soient eux-mêmes d’une certaine manière « autochtones » en raison d’une supposée (et largement mythique) ascendance autochtone. Cette version alambiquée de l’histoire les mène à conclure qu’aucun tort historique ne mérite vraiment de redressement, mais qu’il faut plutôt chercher à construire une alliance contre les « mondialistes » (ou les libéraux, les envahisseurs, etc.). Quoi qu’il en soit, certain-e-s Autochtones (ou personnes se présentant comme telles) ont effectivement participé à des manifestations nationales-populistes sur une base individuelle, arborant même à l’occasion le drapeau de la Société guerrière Mohawk. De plus, un certain nombre de tentatives ont été faites pour tisser des relations au sein de communautés autochtones, mais les liens concrets, si tant est qu’il y en ait, revêtent jusqu’à ce jour un caractère extrêmement marginal. En outre, ces efforts semblent aussi superficiels qu’intéressés, car les authentiques revendications politiques et réclamations territoriales formulées par certaines communautés autochtones font vite ressortir le caractère réactionnaire de nombreux militants nationaux-populistes.
  • L’antisémitisme n’est pas une orientation dominante du mouvement national-populiste, et les Juifs sont rarement ou jamais mentionnés dans les communications officielles de ces organisations. Contrairement aux nationaux-populistes du Canada anglais, toutefois, il ne semble pas y avoir eu de connexion entre les nationaux-populistes du Québec et l’extrême droite juive. Cela dit, les grilles d’analyse complotistes développées par l’antisémitisme chrétien au fil des siècles se voient clairement transposées dans la croyance en un complot « mondialiste » très répandue dans ce mouvement, lequel complot est très souvent illustré par l’évocation du milliardaire juif hongrois George Soros en sinistre manipulateur de la gauche politique et sociale du monde entier. De plus, il faut tout de même noter qu’un grand nombre d’individus au sein de ce mouvement affichent ouvertement des sentiments antisémites et il n’est pas rare de tomber sur, par exemple, des références « humoristiques » à l’Holocauste. Nous observons par ailleurs que l’imaginaire antisémite, sous l’influence de certains individus, prend de plus en plus de place dans les médias sociaux du milieu national-populiste.
  • De nombreuses personnes du courant national-populiste ne se considèrent pas elles-mêmes comme étant « d’extrême droite ». Quelques rares individus disent même se considérer « de gauche », bien que cette posture semble être, plus souvent qu’autrement, un stratagème malhonnête pour prétendre « savoir de quoi [ils] parlent » lorsqu’ils se moquent de la vraie gauche (laquelle aurait en fait été détournée par les islamistes, les hipsters et le féminisme intersectionnel!). Le plus souvent, les nationaux-populistes se disent « ni de gauche, ni de droite », mais simplement « pour le peuple » et « contre la corruption ». Un refrain souvent entonné est que le gouvernement ou les antifascistes sont « fascistes » et « racistes » envers les Québécois, les Canadiens, ou simplement, « les blancs ».
  • Bien que le mouvement national-populiste tende à se positionner contre « l’élite » et « les politiciens », ses membres sont très majoritairement sympathiques à l’appareil répressif de l’État, soit l’armée et la police. De nombreuses figures de proue du mouvement sont d’anciens membres des forces armées, et lorsqu’ils manifestent, les membres de ces groupes se font un point d’honneur de remercier la police, allant parfois jusqu’à scander des slogans pro police. Rappelons d’ailleurs que La Meute a été fondée par d’anciens militaires et a compté d’ex-policiers parmi ses figures dirigeantes.
  • Enfin, les membres du mouvement national-populiste ne rechignent pas à collaborer avec des groupes et individus ouvertement racistes ou fascistes. Bien que la très grande majorité se dise « pas racistes », ils défendent régulièrement la participation d’organisations ouvertement racistes à leurs mobilisations, ont souvent des liens dans les médias sociaux avec des membres de ces groupes, et plaident en faveur de « l’unité » avec les fascistes contre leurs opposants (les antifascistes, le gouvernement, etc.). En tant que tel, le mouvement national-populiste constitue un immense bassin de recrues potentielles, ou du moins d’alliés potentiels, pour les forces d’extrême droite plus radicales. (Notons d’ailleurs qu’un très grand nombre de nationaux-populistes, y compris de nombreuses personnes en position d’autorité ou perçues comme des leaders, suivent les pages d’Atalante et de la FQS sur Facebook, par exemple.)

Les individus qui adhèrent à ce genre de croyances ne sortent bien sûr pas de nulle part, et on les trouvait auparavant en périphérie de partis politiques plus « légitimes ». On peut supposer que le principal facteur qui a fait croître leur nombre est une série de campagnes islamophobes orchestrées de haut en bas par certains politiciens et conglomérats médiatiques depuis le premier « débat sur les accommodements raisonnables » en 2007. Il s’est en fait agi d’un processus continu, où le Parti québécois sous la direction de Pauline Marois (2007-2014) et l’empire médiatique Québecor (sous la gouverne de Pierre-Karl Péladeau, un riche homme d’affaires ayant lui-même brièvement dirigé le PQ de 2015 à 2016) ont tous deux joué un rôle de premier plan. Québecor Media, le plus important conglomérat médiatique au Québec (et le troisième plus important au Canada), offre une plateforme extraordinaire à de nombreux propagandistes de droite, comme Richard Martineau, Mathieu Bock-Côté, Lise Ravary et d’autres, tout en publiant un flux constant d’articles stigmatisant divers groupes minoritaires dans la société québécoise, en particulier les personnes musulmanes. S’étant retiré du Conseil de presse du Québec en 2010, l’entreprise Québecor ne rend pratiquement plus de comptes à personne et poursuit impunément, jour après jour, son entreprise de conditionnement idéologique de la population québécoise. En plus de ce géant médiatique, un autre facteur pouvant servir à mesurer à la fois l’attrait potentiel du mouvement national-populiste et sa récente expansion a été le développement du phénomène des radios poubelles, principalement dans la région de Québec. (Les radios poubelles sont une forme particulière de radio conçue sur mesure pour les hommes de 18 à 45 ans des classes ouvrière et moyenne vivant en banlieue et qui cultive leurs pires instincts avec un bombardement constant de propos violemment réactionnaires sur divers sujets, tombant souvent dans la diabolisation et le harcèlement de boucs émissaires désignés, comme les féministes, les gauchistes, les environnementalistes, les étudiants, les immigrants et les musulmans.) Non seulement ces radios ont-elles fait la promotion des idées d’extrême droite, elles se sont aussi régulièrement employées à légitimer les organisations nationales-populistes en invitant leurs porte-parole à s’exprimer en ondes et à défendre leurs activités lorsqu’elles ont fait l’objet de critiques.

Finalement, les échecs répétés du mouvement indépendantiste de tendance social-démocrate, avec le déclin du soutien populaire au projet souverainiste, d’une part, et l’incapacité du Parti québécois à résister au virage austéritaire néolibéral, d’autre part (certaines des mesures d’austérité les plus draconiennes ayant été imposées par des gouvernements indépendantistes entre 1994 et 2003, puis entre 2012 et 2014), ont créé les conditions propices à la réémergence d’un nationalisme identitaire ayant davantage en commun avec le mouvement conservateur des années 1920 qu’avec le projet indépendantiste porté par la génération du baby-boom.

Certaines villes et régions ont aussi eu leurs propres personnalités et enjeux localisés qui ont favorisé le développement du milieu national-populiste. Par exemple, sur la Côte-Nord, Bernard « Rambo » Gauthier a su exploiter sa popularité en tant qu’« homme du peuple » bourru et mal dégrossi pour catalyser une certaine influence politique (limitée, mais bien réelle) avec laquelle il a popularisé un sentiment islamophobe et anti-immigrant formulé en termes familiers : « Moé sauver des étrangers au détriment des miens, ben y’en est crissement pas question! On est assez dans marde comme ça pour en rajouter! » En 2007, le conseil municipal de la petite localité de Hérouxville, en Mauricie, adoptait un foncièrement raciste « code de conduite pour les immigrants », lequel jouait sur divers préjugés et stéréotypes au sujet des minorités ethniques et religieuses, en particulier les personnes musulmanes, en insinuant qu’il fallait expressément leur interdire de se livrer à des pratiques misogynes comme la lapidation des femmes et la mutilation génitales. (Le conseiller municipal à l’origine du code de conduite d’Hérouxville, André Drouin, s’est plus tard impliqué dans le groupe d’extrême droite RISE Canada et s’est pour un temps associé à la Fédération des Québécois de souche qui, après sa mort en 2017, a fait son éloge dans sa revue Le Harfang en le désignant comme un « courageux combattant ».)

Malgré ce contexte déjà passablement sordide, ça n’est qu’en 2016, dans le contexte des campagnes électorales de Donald Trump et de Marine Le Pen et suite à la création de La Meute, que ce milieu amorphe a graduellement commencé à prendre conscience de lui-même et à se constituer en mouvement.

Un tournant décisif a été le massacre au Centre culturel islamique de Québec, le 29 janvier 2017, lorsqu’Alexandre Bissonnette est entré dans la mosquée et a ouvert le feu sur les fidèles, tuant six personnes et en blessant plusieurs autres. (Bien que le caractère islamophobe de cette attaque soit indiscutable, Bissonnette n’était affilié à aucun groupe connu.) La tuerie de la mosquée de Québec a en quelque sorte précipité les choses pour l’extrême droite. Les militant-e-s se sont senti-e-s attaqué-e-s lorsque la police a annoncé avoir entrepris des enquêtes sur les discours haineux en ligne, et c’est à ce moment que leurs appréhensions se sont cristallisées autour de la Motion M-103, un projet de loi (non contraignant) d’initiative parlementaire condamnant l’islamophobie qui avait été déposé à la Chambre des communes quelques mois plus tôt. Pour bon nombre de ces militant-e-s, l’introduction de ce projet de loi représentait un moment charnière.

Ainsi, l’année 2017 a été une période de croissance rapide tandis que les organisations nationales-populistes ont pris la rue à plusieurs reprises, ce qui a contribué à accroître leur visibilité et l’influence de leur discours. Bien que cela ait représenté un important pas en avant pour ces groupes, un examen de la participation à leurs mobilisations révèle qu’ils sont restés incapables de mobiliser à la même échelle que les principaux mouvements sociaux, dont la gauche radicale :

  • Le 4 mars 2017, dans le cadre d’une journée nationale d’action contre la Motion M-103, près de 200 personnes se sont réunies sous la bannière de La Meute à Montréal, tandis qu’une centaine d’autres manifestaient à Québec (le même jour, environ cent personnes ont marché à Saguenay et des groupes plus modestes se sont mobilisés à Trois-Rivières et Sherbrooke).
  • Le 23 avril 2017, une manifestation organisée par le Front patriotique du Québec sur le thème « Un peuple se lève contre le PLQ » a réuni environ 100 personnes au centre-ville de Montréal.
  • Le 28 mai 2017, environ 50 personnes ont participé à une autre manifestation contre le PLQ organisé par le Front patriotique du Québec à Montréal.
  • Le 1er juillet 2017, environ 60 personnes, dont des membres de La Meute, ont répondu à l’appel lancé par Storm Alliance et se sont réunies à Roxham Road, à la frontière avec les États-Unis et près de la petite ville d’Hemmingford, pour « surveiller » les passages irréguliers et intimider les réfugié-e-s, dont le nombre avait considérablement augmenté en raison des mesures anti-immigration instaurée par l’administration Trump aux États-Unis. (Une contre-manifestation tapageuse organisée par Solidarité sans frontières a empêché les militant-e-s anti-immigration de se rendre directement au point de passage.)
  • Le 20 août 2017, à Québec, La Meute a réussi à mobiliser un large éventail de personnages d’extrême droite pour une manifestation contre « l’immigration illégale »; après avoir été confinés à un stationnement sous-terrain pendant plusieurs heures par une contre-mobilisation antifasciste déterminée, entre 200 et 300 membres et sympathisant-e-s de La Meute ont pu marcher brièvement en silence dans les rues avoisinant l’Assemblée nationale.
  • Le 30 septembre 2017, Storm Alliance a organisé sa plus grande manifestation à la frontière à ce jour, lorsqu’une centaine de personnes se sont réunies au passage frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle, où un camp (vide au moment de la manifestation) avait été érigé provisoirement pour accueillir les réfugié-e-s. À nouveau, plus d’une centaine d’antiracistes et d’antifascistes de Montréal et des collectivités frontalières avoisinantes leur ont bloqué le passage.
  • Le 25 novembre 2017, à Québec, une manifestation conjointe organisée par Storm Alliance et La Meute pour « soutenir la GRC » et dénoncer « l’immigration illégale » a attiré tous les principaux pans de l’extrême droite québécoise, y compris un contingent néofasciste; en tout, entre 300 et 400 personnes y ont participé.
  • Le 15 décembre 2017 (et ce, bien que le réseau TVA se soit préalablement rétracté), des douzaines de personnes se sont rassemblées devant une mosquée de Montréal que le réseau d’information islamophobe avait fautivement accusé de vouloir exclure des femmes d’un chantier routier adjacent à la mosquée.

Il est important de noter que toutes les mobilisations mentionnées ci-dessus comportaient des petits groupes de néofascistes ainsi que des individus clairement sympathiques au suprématisme blanc et au néonazisme.

Les manifestations nationales-populistes se sont poursuivies en 2018. Le Front patriotique du Québec a réussi à réunir une centaine de personnes le 15 avril, lors d’une manifestation contre les Libéraux, et Storm Alliance et La Meute ont continué à coopérer en organisant une manifestation conjointe à la frontière, le 19 mai, toujours contre « l’immigration illégale », et ont mobilisé pour une autre manifestation à la frontière le 3 juin, celle-là organisée par la propagandiste suprémaciste de Toronto, Faith Goldy. Il faut aussi souligner qu’en 2018, les organisations nationales-populistes ont mobilisé leurs membres à deux reprises pour se rendre à Ottawa dans le cadre de manifestations organisées par des groupes du Canada anglais :

  • Le 18 février, lors d’une manifestation organisée par la Chinese Canadian Alliance, un groupe qui semble n’avoir été formé que pour réagir à une fausse accusation ayant fait les manchettes plus tôt la même année voulant qu’un homme d’origine asiatique ait arraché le hijab d’une jeune fille à Toronto. (Notons au passage que des documents rendus publics récemment par le leadership de La Meute révèlent que le groupe a reçu 5 000 $, soit près de la moitié de son budget annuel, « des Chinois » [sic], vraisemblablement en échange de son appui à la manifestation de la Chinese Canadian Alliance sur la colline parlementaire.)
  • Le 8 décembre, lors d’une manifestation organisée par le groupe ACT! for Canada contre le Pacte mondial sur les migrations des Nations Unies; cette manifestation est notable pour la présence d’une diversité de militant-e-s d’extrême droite, dont les nationalistes blancs d’ID Canada et le politicien danois d’extrême droite, Rasmus Paludan.

Malgré ces exemples et différentes tentatives infructueuses menées par La Meute et Storm Alliance pour mettre en place des sections locales fonctionnelles à l’extérieur de la province, les activités du mouvement national-populiste québécois sont restées distinctes et généralement séparées des mouvements semblables dans le Canada anglais, sans toutefois leur être hostiles. (Selon l’évolution de la situation, il n’est pas impossible que le Parti populaire du Canada de Maxime Bernier brasse un peu les cartes, car ce parti a accueilli dans ses rangs des individus nationaux-populistes de partout au pays, ce qui les regroupe dans un cadre pancanadien commun.)

Cela dit, après une période de croissance rapide entre 2016 et 2018, le milieu national-populiste a souffert d’épuisement et de conflits internes. Sa principale organisation, La Meute, a été secouée par des crises répétées et de nombreux militants clés ont abandonné le milieu en citant des problèmes personnels ou des frustrations face à l’incapacité du mouvement à dépasser ses limites actuelles. En moins de deux ans, les deux fondateurs de La Meute (Éric Venne et Patrick Beaudry) ont quitté l’organisation ou été forcés de partir sous le coup d’accusations de malversation financière (à cet égard, on ne saura peut-être jamais s’il s’est agi de fraude ou d’incompétence). Puis, en novembre 2017, l’organisation a été visée par des révélations d’agressions sexuelles, dont plusieurs plaintes à l’endroit d’Éric Proulx, un membre du conseil de La Meute, qui a finalement été expulsé.

En juin 2019, La Meute a connu une autre crise importante, lorsque la majeure partie des dirigeants du groupe (plus de 35 sur une quarantaine, dit-on) ont démissionné en masse juste avant la Saint-Jean-Baptiste et dans la foulée d’une tentative ratée d’évincer Sylvain Brouillette, qui avait assumé le rôle de grand chef depuis l’expulsion de Beaudry en 2017. Les membres s’étaient plaints que Brouillette refusait de partager les responsabilités ou de divulguer des renseignements, malgré le fait qu’il était lui-même manifestement incapable de s’acquitter de toutes les tâches qui lui incombaient. L’un des principaux points de litige concernait le fait qu’il tardait à révéler des renseignements financiers, ce qui retardait toujours plus la création officielle de La Meute en tant qu’organisation à but non lucratif. Brouillette a réussi à reprendre le contrôle en moins d’une semaine, après quoi plusieurs de ses rivaux ont publié sur Facebook des vidéos et des photos d’eux-mêmes détruisant leurs casquettes, chandails, drapeaux et écussons de l’organisation en signe de protestation. La poussière n’est pas encore complètement retombée au moment d’écrire ces lignes, mais il semble qu’un grand nombre des membres clés de La Meute aient décidé par la suite de se joindre à Storm Alliance.

L’opposition constante des antifascistes a certainement contribué à miner ces groupes. Par exemple, lors de la dernière tentative de La Meute d’organiser une « grande » manifestation à Montréal, le 1er juillet 2018, les quelques 150 participant-e-s se sont trouvé-e-s à nouveau confiné-e-s dans un espace restreint (lors de la journée la plus chaude d’une intense canicule) par une coalition ad hoc de groupes de la gauche montréalaise. Après ce fiasco, un certain nombre de personnes ont publiquement démissionné de La Meute et celle-ci est passée à des activités beaucoup moins visibles dans la région de Montréal (comme du tractage et des prétendues « manifestations mobiles », lesquelles n’étaient en fait rien d’autre qu’une poignée d’individus conduisant des voitures arborant des pancartes mal orthographiées…). Plusieurs militant-e-s ont en effet invoqué l’opposition antifasciste pour justifier leur décision de « prendre une pause » ou de quitter définitivement l’organisation.

Le taux élevé d’épuisement parmi les nationaux-populistes et les conflits houleux au sein de leurs organisations (ponctués d’accusations de malversations, de harcèlement sexuel et d’exercice dictatorial du pouvoir) mettent en relief l’une des caractéristiques de ce mouvement. En effet, il s’agit de la toute première expérience de militantisme pour plusieurs acteurs clés. Cela explique en partie l’apparente bouffonnerie de ces groupes ainsi que certaines des erreurs (tactiques et organisationnelles) qu’ils ont commises, que leurs adversaires prennent parfois trop facilement pour de la stupidité.

Enfin, il convient de souligner qu’à l’heure actuelle, la très grande majorité des activités des groupes d’orientation national-populiste se déroule sur les médias sociaux. Bien que la dynamique de ces médias et des espaces numériques en général donne parfois une importance disproportionnée à certaines personnes et à certaines déclarations, elle n’en demeure pas moins fondamentale pour saisir le développement de ce milieu militant ainsi que l’adhésion à des croyances totalement infondées et déconnectées de la réalité. La caisse de résonnance qu’incarne notamment Facebook vient ainsi consolider et approfondir les préjugés les plus intolérants et les théories complotistes les plus délirantes. Il s’opère alors une (re)socialisation politique à peu de frais qui serait beaucoup plus laborieuse à réaliser ailleurs, dans des espaces « en personne ». Notons aussi que les médias sociaux favorisent énormément la diffusion et la normalisation des discours haineux en permettant aux gens de s’approprier le contenu et de le partager au sein de leurs réseaux comme s’il s’agissait de leur propre production plutôt que le discours officiel d’organisations militantes.

Dans ce vaste espace numérique, profitant du scepticisme croissant à l’égard de tout ce qui est « officiel » ou « mainstream », certains individus ont su se tailler une niche en tant que « journalistes indépendants ». Un certain nombre de « journaux » en ligne ont été créés qui se spécialisent dans le recyclage d’histoires sensationnalistes (et souvent carrément fausses) et de théories complotistes. Parmi ces nombreux sites de désinformation (dont certains disparaissent aussi vite qu’ils apparaissent), nommons Les Manchettes (administré par André Boies, qui a traduit et diffusé le manifeste du tueur de Christchurch le jour même du massacre) et Le Peuple. À ceux-ci viennent s’ajouter un grand nombre de vidéoblogueurs et utilisateurs Facebook qui publient régulièrement des vidéos en direct à l’intention de leurs adeptes. Parmi les plus notables, mentionnons André Pitre et Ken Pereira, qui produisent depuis peu une série de programmes examinant en détail diverses théories du complot qu’ils diffusent sur la chaîne YouTube de Pitre. (Fait à noter, Ken Pereira se porte candidat pour le Parti populaire du Canada aux élections fédérales de 2019, aux côtés de Raymond Ayas, lui-même animateur d’un média national-populiste anglophone, The Post Millenial.)

 

Les néofascistes

Parallèlement au milieu national-populiste, sans pour autant en être complètement séparé, il existe un nombre beaucoup plus restreint de personnes adhérant à une vision du monde plus étroite et rigoureuse. Puisqu’ils s’inspirent explicitement du fascisme, du nationalisme blanc, du traditionalisme catholique et, dans certains cas, du nazisme, nous appelons ces réseaux fascistes ou néofascistes.

Le mouvement néofasciste au Québec comporte deux pôles principaux.

D’une part, un certain nombre d’individus sont issus des sous-cultures de jeunes ancrées dans la violence de rue et d’autres activités criminelles ainsi que dans les activités culturelles associées à la musique « underground » ou indépendante (organisation de concerts et de partys, tournées, production de zines, etc.). L’organisation à l’échelle locale et les liens internationaux avec des individus partageant ces mêmes idées ailleurs dans le monde ont souvent été facilités, sinon modelés, par ces activités culturelles et criminelles. Au Québec, ce pôle remonte aux années 1980 et, dans les années 1990, des membres de cette sous-culture se sont régulièrement livrés à des actes de violence et d’intimidation contre la gauche et contre des personnes racisées et/ou queer, allant jusqu’au meurtre. Si à une certaine époque la scène était dominée par la culture skinhead (bonehead), il convient de mentionner que depuis plusieurs années la scène black métal et le néo-folk sont aussi des espaces culturels ciblés par les néofascistes et les suprémacistes blancs.

Bien qu’il s’agisse d’une tradition sporadique comportant plusieurs épisodes distincts, on peut affirmer que le deuxième pôle du mouvement fasciste au Québec remonte aux années 1920. Depuis les années 1980, il s’est généralement fait très discret, au point même d’opérer en secret. Ce pôle est composé d’individus qui, culturellement, se situent à plusieurs égards à l’opposé des voyous skinheads et de leur mode de vie antisocial, et qui sont amenés à soutenir le militantisme fasciste et nationaliste blanc pour des raisons intellectuelles et souvent religieuses. Cette tendance s’est organisée publiquement pour la dernière fois autour du Cercle Jeune Nation (de 1980 à 1990) et certains de ses membres ont aussi été actifs dans les cercles traditionalistes catholiques, comme la Société Saint-Pie X, alors que d’autres ont trouvé leur place dans l’aile droite du mouvement nationaliste québécois. En raison de leur position sociale plus respectable (et plus privilégiée), les individus gravitant vers ce pôle ont un réel intérêt à rester circonspects sur leurs croyances. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils sont inactifs, loin de là.

On a pu observer un certain rapprochement entre ces deux pôles au cours des vingt dernières années. Par exemple, bien qu’Atalante et la Fédération des Québécois de souche aient toutes deux été créées par des skinheads nationalistes blancs, ni l’une ni l’autre ne se limite ou ne se confine aujourd’hui à ce milieu. De plus, ce noyau organisé peut compter sur l’appui d’un nombre important d’individus sympathiques aux idées fascistes et néonazies qui choisissent pour le moment de rester inactifs politiquement.

Parallèlement, un pôle plus explicitement néonazi s’est formé au cours des dernières années dans la région de Montréal, prenant exemple sur d’autres groupes basés principalement sur Internet, comme The Right Stuff et le Daily Stormer. La nature secrète de ces groupes (principalement organisés dans des salons de discussion privés et des forums cachés en ligne) a offert un espace confortable tant aux individus qui aspirent à créer un mouvement politique « dans la vraie vie » qu’à un certain nombre d’individus qui s’y cachent pour laisser libre cours à leur intolérance, avant que des antifascistes ne perturbent sérieusement leurs projets en 2018. Il y a fort à parier que ce noyau dur néonazi est toujours actif dans d’autres forums privés et continue de recruter parmi des jeunes adultes sympathiques à ces idées.

La formation d’un milieu national-populiste au Québec a donné l’occasion aux néofascistes de mieux se faire connaître. Tandis que certains néonazis, comme ceux de la scène Alt-Right montréalaise, se moquent des nationaux-populistes comme autant de « boomers » déconnectés et insignifiants et expriment leur volonté de s’en dissocier complètement, l’existence d’un tel milieu ouvre un espace politique et offre des occasions pratiques (comme des manifestations) où les deux courants peuvent se rencontrer et créer des liens. L’année 2017, en particulier, a été remarquable par la façon dont les néofascistes ont réussi à plusieurs reprises à revendiquer leur légitimité au sein de l’extrême droite plus large. Alors que le 4 mars, à Québec, les membres d’Atalante ont choisi de manifester à l’écart de La Meute (en la critiquant implicitement avec un slogan piqué à la gauche sur une bannière où était écrit : « Immigration : Armée de réserve du Capital »), à Montréal, des membres du groupe Alt-Right Montréal étaient au beau milieu du foutoir, auprès de La Meute et de Storm Alliance, et ont pris part à des confrontations physiques avec des contre-manifestant-e-s antifascistes. Huit mois plus tard, à Québec, Atalante et les Soldiers of Odin mettaient en scène leur propre entrée spectaculaire dans la manifestation nationale-populiste du 25 novembre, après s’être positionnés sur les remparts de l’esplanade et en surplomb d’une plus petite contre-mobilisation antiraciste. Il convient de mentionner qu’à leur entrée dans la plus grande manifestation, les néofascistes ont été chaudement applaudi-e-s par les membres de La Meute et de Storm Alliance, dont un grand nombre sont ensuite allés « aimer » leur page Facebook et les féliciter.

Les principales caractéristiques de la tendance néofasciste sont :

  • Une opposition à la démocratie et une croyance en la « loi naturelle »;
  • Une acceptation de la violence comme élément nécessaire du changement politique, doublée d’une glorification de la violence en tant que telle, comme qualité virile et guerrière;
  • Une croyance en la race et en la nation comme deux catégories fondamentales de l’existence humaine; la manière dont les différentes races et nations interagissent (dans un esprit « égaux, mais différents », dans une hiérarchie rigide, ou dans un état de guerre) peut varier;
  • Antisémites; au mieux, ils soutiennent que les Juifs ont une influence néfaste sur la nation, et au pire, ils adhèrent à la théorie du complot voulant que les Juifs forment une race sournoise et ennemie qu’il faut exterminer;
  • Unanimes dans leur homophobie et leur transphobie;
  • Islamophobes, mais avec l’indication (souvent explicite) que les musulmans sont manipulés par les Juifs (ou les « mondialistes ») pour miner et détruire la race ou la nation;
  • Très majoritairement masculins, avec une ouverture à l’égard de la misogynie politique; le féminisme est souvent décrit comme une autre manipulation juive;
  • La plupart des néofascistes du Québec sont en faveur de l’indépendance et s’opposent au Canada, qui est considéré comme une force d’occupation, bien que cette position ne soit pas partagée par tous.

Comparés aux nationaux-populistes, les néofascistes ont des liens beaucoup plus étroits avec des organisations et des réseaux américains et européens, et on peut dire qu’ils appartiennent à un mouvement politique et intellectuel international. Les membres d’Atalante, par exemple, ont des liens étroits avec le réseau « Rock Against Communism » et s’inspirent directement du mouvement néofasciste italien CasaPound, empruntant à la fois des éléments de discours (rhétorique reliant le sentiment anti-immigrant à l’anticapitalisme, etc.) et des tactiques de mobilisation (initiatives charitables exclusivement pour les citoyens « de souche », etc.). Pour sa part, la FQS publie fréquemment dans sa revue Le Harfang des entrevues avec des intellectuels de l’extérieur du Québec. Ce qui distingue les néofascistes du Québec des néofascistes d’ailleurs en Amérique du Nord, c’est la place importante qu’occupent les mouvements européens dans leur vision du monde. Par exemple, alors que l’Alt-Right aux États-Unis introduisait assez récemment certains textes de la Nouvelle droite européenne dans l’extrême droite américaine, ces idées sont connues de nombreux néofascistes québécois depuis les années 1970 et 1980.

 

Perspectives pour l’avenir

L’augmentation de l’activité des groupes et réseaux d’extrême droite au Québec au cours des dernières années est attribuable à plusieurs facteurs externes au mouvement, dont certains sont d’ordre international et d’autres propres à notre situation particulière : la « guerre contre le terrorisme », l’essor des médias sociaux, la crise financière de 2008, les échecs répétés de la gauche indépendantiste québécoise et l’élection de Trump aux États-Unis, pour n’en nommer que quelques-uns.

Nous ne nous attendons pas à ce que cette croissance ralentisse. En fait, nous croyons que l’avenir nous réserve d’autres « bonds » dans la mauvaise direction, car les crises financières et écologiques mondiales ne cessent de s’intensifier. Dans un avenir immédiat, nous prévoyons que la bifurcation de l’extrême droite décrite dans cet article se poursuivra, qu’un mouvement beaucoup plus vaste, avec un éventail de perspectives plus large, continuera de se développer, et que cette croissance profitera également à des organisations plus petites et plus rigoureuses, aux aspirations politiques plus radicales. Ces mouvements s’inscrivent dans une dynamique qui pèse directement sur l’ensemble du débat politique, normalisant certaines idées et légitimant des mesures « moins radicales »; l’élection de populistes néolibéraux un peu partout au Canada, y compris ici au Québec avec la CAQ, témoigne de cette réalité.

Le Québec n’est pas une anomalie : aujourd’hui, l’extrême droite, dans ses variantes nationales-populistes et néofascistes, a un impact concret sur l’équilibre politique du pouvoir, non seulement en Europe et en Amérique du Nord, mais aussi dans certains pays « émergents » du Sud (BRICS), où ses représentants ont été portés au pouvoir. La tâche qui nous incombe aujourd’hui est d’affronter l’extrême droite et d’apprendre à (re)construire des mouvements d’émancipation radicaux qui pourront faire des gains concrets et gagner sur ce terrain.

« You’re not tough now » : deux policiers en civil se font défoncer (vidéo)

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Août 302019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

La vidéo des événements étant malheureusement déjà en possession des flics, nous avons décidé d’en faire un petit remix.

24 août 2019. Centre-ville de Montréal. Une foule reconnait deux flics du SPVM en civil, à l’extérieur d’un bar. Basés au poste 21, situé à proximité, ils passent leur quarts de travail à harceler et à brutaliser les gens pauvres et marginalisé.es du coin. En civil, ils n’ont pas de fusil, pas de taser, pas de radio pour appeler des renforts. Voyons ce qui arrive quand ils ne peuvent se cacher derrière une insigne.

« Ce n’est pas juste une attaque contre ces policiers — c’est contre tout le système judiciaire. »

— Porte-parole du SPVM

ACAB.

Restez à l’affut.

Good Night Atalante

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Août 192019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Dans la nuit de lundi 12 aout 2019, trois membres d’Atalante Québec ont été attaqué.e.s.

Atalante est un groupuscule fasciste dont les membres ont pris part à de nombreuses agressions dans les dernières années (à commencer par l’attaque au couteau de la Coop L’Agité à Québec). Ce groupe s’inspire de CasaPound en italie et de Bastion social en france afin de tenter de faire revivre l’idéologie fasciste. Ses membres sont antisémites, homophobes, transphobes et colonialistes. Ils ne passeront pas.

Roxanne Baron et Jonathan Payeur ont eu leur jeep détruit (fenêtres brisées et du jus de moufette déversé à l’intérieur).

Jean Mecteau a eu son domicile et son tattoo shop vandalisé (grafitti NAZI SCUM et 161 (Action Antifasciste) et de la peinture noire sur sa porte et ses fenêtres).

Pourquoi eux ?

N’importe lequel des membres ou des sympathisants d’Atalante auraient pu etre visés. Cette fois ci, c’est tombé sur ces trois ordures là.

Roxanne Baron et Jonathan Payeur sont des membres des Québec Stomper, le gang de rue associé à Atalante. Jo est également un ancien skinhead antiraciste qui est passé du mauvais coté. Aujourdhui il se considere comme le sergent d’arme d’Atalante, c’est lui qui a accompagné Baptiste Gilistro et Louis Fernandez, deux jeunes recrues, lors de l’attaque du bar le Lvlop en décembre 2018.

Jean Mecteau est bassiste dans le band Légitime Violence, le groupe phare des fascistes de la province. Il est aussi propriétaire du salon de tatoo Jhan Art et il est fréquent qu’il réalise des tatoos aux références nazis ou fascistes pour ses ami.e.s.

Cette action est en solidarité avec toutes les victimes de l’extrême droite, à Québec, Hamilton, Montréal, Lyon et partout ailleurs.

Parlons de Signal

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Juil 302019
 

De Information Anti Autoritaire Toulouse et Alentours

La brochure qui suit a été initialement publiée en anglais sur le site North Shore Counter Info Je suis tombé dessus par hasard en me promenant sur les internets. Assez vite j’ai été frappé de voir à quel point l’auteur·e pointait du doigt les mêmes problèmes auxquels j’ai pu être confronté avec Signal – pour celleux qui l’ignorent encore Signal est une messagerie chiffrée utilisable depuis un smartphone ou un ordinateur, la première partie de la brochure revient plus longuement sur son origine et son usage. Ces derniers mois, la majorité de mon entourage s’est mis à utiliser Signal. L’existence de cette application m’a pas mal convaincu de posséder un smartphone, et je ne crois pas être le seul.

Visiblement en Amérique du Nord le phénomène s’est déjà produit il y a quelques années, entraînant un certain bouleversement des pratiques et des relations sociales dans les milieux autonomes. La même chose commence à arriver ici, en France, et comme l’explique l’auteur·e, il n’y a pas que du bon là-dedans. Si j’évoque l’injonction à être joignable en permanence, la surévaluation de la protection amenée par Signal, l’exclusion sociale des personnes non pourvu·e·s de Signal, les groupes où se répandent des vents de panique, etc, je suis sûr que ça parlera à beaucoup de monde. Tout ceci, et beaucoup d’autres choses sont discutées dans cette brochure, plus quelques conseils pour éviter les erreurs les plus grossières, et à minima inciter chacun·e à questionner et discuter son usage de Signal.

N’étant pas vraiment bilingue, quelques erreurs de traductions se sont sûrement glissées à quelques endroits, notamment lorsqu’il s’agissait de retranscrire de l’argot. Le texte original ayant été écrit depuis le Canada anglophone les références ne collent pas toujours avec la France, surtout lorsque sont évoqués des textes de lois. J’ai fait le choix modifier le texte à la marge, en ajoutant parfois des notes propres au contexte français.

Brochure format A4

Brochure format livret A5

Olympia, Washington : Nous sommes le feu qui fera fondre l’ICE, Rest In Power Will Van Spronsen

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Juil 142019
 

De Puget Sound Anarchists

Tôt ce matin vers 4 heures, notre ami et camarade Will Van Spronsen a été tué par balle par la police de Tacoma. Tout ce que nous savons sur le déroulement des évènements vient des flics, qui sont des sources notoirement corrompues et peu fiables pour un tel récit. Ce que nous savons c’est que Will a tenté de mettre le feu à plusieurs véhicules, dépendances et un réservoir de propane à l’extérieur du centre de détention Nord-Ouest de Tacoma, qui abrite des centaines d’immigrés en attente d’audience ou de déportation. Il a réussi à mettre le feu à un véhicule, puis à échanger des coups de feu avec des policiers de Tacoma qui l’ont abattu. Il a été déclaré mort sur les lieux. Nous trouvons ses actions inspirantes. Les véhicules situés à l’extérieur du centre de détention sont utilisés pour évacuer de force des personnes de chez elles et les déporter, souvent dans des situations où elles risquent de subir un danger grave ou la mort. Ces véhicules détruits ne sont que le début de ce qui est nécessaire. Nous aurions souhaité que les incendies débutés par Will aient libéré tous les détenus et rasé tout le centre de détention du Nord-Ouest. Notre ami nous manque et nous souhaitons du fond du cœur que son action ne s’arrête pas avec sa mort.

Will Van Spronsen était un anarchiste de longue date, un antifasciste et une personne aimante et gentille. Ici à Olympia, certains d’entre nous se souviennent de lui comme d’un habile constructeur de structures en bâche lors du campement Occupy en 2011. D’autres se souviennent de lui lors des manifestations à l’extérieur du centre de détention l’été dernier, où il était accusé d’avoir étranglé un policier entourant ses bras autour du cou et des épaules d’un officier qui tentait d’arrêter un manifestant âgé de 17 ans. Dès le lendemain de sa sortie de prison, il est immédiatement retourné au campement situé à l’extérieur du centre pour soutenir les autres manifestants. On se souvient également de lui comme d’un auditeur patient et réfléchi, toujours à l’écoute des gens.

Nous sommes endeuillés, inspirés et enragés par ce qui s’est passé tôt ce matin. L’ICE [police de l’immigration] emprisonne, torture et déporte des centaines de milliers de personnes et la brutalité et l’ampleur de leurs dommages ne font qu’augmenter. Nous avons besoin de toutes les formes de résistance, de solidarité et de passion pour lutter contre l’ICE et les frontières qu’ils défendent. Will a donné sa vie en combattant l’ICE, nous ne saurons peut-être jamais ce qui lui passait par la tête au cours des dernières heures de sa vie, mais nous savons que le centre de détention doit être détruit et les prisonniers libérés. Nous n’avons pas besoin de héros, seulement d’amis et de camarades. Will était simplement un être humain et nous souhaitons qu’il soit toujours avec nous. Il ne fait pas de doute que les flics et les médias essaieront de le décrire comme un monstre, mais c’est en réalité un camarade qui s’est battu pendant de nombreuses années pour défendre ses convictions, et ce matin, il a été tué en faisant ce qu’il aimait: se battre pour un monde meilleur.

Ce soir, vers 20 heures, une trentaine d’anarchistes se sont réunis au terminus de Percival à Olympia dans le Washington pour commémorer Will Van Spronsen et s’opposer à l’ICE. Nous avons brandi des fusées éclairantes et des banderoles sur lesquelles étaient inscrits «Rest In Power Will Van Spronsen», «Abolissons l’ICE», «RIP Will», «Feu aux prisons» et «Stop à la déportation et à l’incarcération». Nous avons partagé des histoires et des souvenirs de Will, ri, et pleuré. Certaines personnes sont partis de leur côté dans le centre-ville et ont collé des autocollants «Immigrants Welcome», tandis que d’autres ont circulé en véhicules avec une banderole «Rest in Power Will» à l’arrière d’un camion.

Puisse son souvenir être une bénédiction

De l’amour pour celleux qui se battent encore.

Attribution du contrat d’entrepreneur général pour la construction de la prison pour migrant-e-s

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Juil 112019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Il y a trois ans, l’État canadien investissait 138 millions de dollars pour élargir son système de détention des migrant-e-s, dont notamment le projet d’une nouvelle prison pour migrant-e-s à Laval. Depuis lors, une lutte multiforme s’est engagée pour arrêter la construction de cette prison. On a constamment rappelé à des entreprises comme Lemay, Loiselle et Englobe que quiconque choisit de s’impliquer dans ce projet peut s’attendre à des retards importants à chaque étape du projet.

Il y a deux ans, les bureaux d’architecture et d’ingénierie Lemay et Groupe A ont obtenu les premiers contrats pour la conception de la nouvelle prison. En janvier de cette année, un contrat d’entrepreneur général a été ouvert aux soumissions. Tout comme les architectes et les ingénieurs, l’entrepreneur général sera étroitement associé à toutes les étapes de la construction. De concert avec un certain nombre de sous-traitants dont on n’a pas encore révélé les noms, l’entrepreneur général entreprendra directement la construction d’installations destinées à enfermer les migrant-e-s.

Il y a un peu plus d’une semaine, l’ASFC a attribué dans la plus grande discrétion le contrat d’entrepreneur général à une entreprise basée à Val David : Tisseur Inc. Il s’agit d’une entreprise de construction qui a déjà construit des écoles et des ponts et, avec 50 millions de dollars, c’est de loin le plus gros contrat qu’elle ait reçu à ce jour. Ils ont déjà mis en ligne plus d’une dizaine d’offres d’emploi depuis la signature de ce contrat.

Tout comme Lemay, Tisseur veut se présenter comme une entreprise “socialement responsable”. Leur site Web se vante de leurs projets de construction écologique et met en évidence leur code d’éthique. Mais tout comme Lemay et d’autres, Tisseur est impatient de profiter de la misère et de la violence que l’État canadien inflige aux migrant-e-s. Qu’ils ne s’attendent pas à le faire sans que ça se sache.

Tisseur peuvent bien s’imaginer qu’en décrochant un projet gouvernemental d’une telle envergure, ils font leur grande percée, mais l’histoire récente d’entreprises comme Lemay, Loiselle et Englobe suggère que cela pourrait plutôt être le début de tribulations coûteuses.

Fuck les frontières. Fuck les prisons. Fuck tous ceux qui en profitent et qui les font exister.

À très bientôt.

Rester libre, c’est se battre ! Solidarité avec Cedar

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Juil 112019
 

Soumission anonyme à North Shore Counter-Info

Discours prononcé à la Manif en solidarité avec Cedar et pour l’abandon de toutes les accusations contre les défenseur.ses de Pride, tenue à Montréal le 28 juin.

Bonsoir tout le monde,

Merci d’être venu.es! Il est un grand plaisir de vous voir en grand nombre pour prendre la rue ensemble. Pour démontrer notre solidarité avec les accusées de Fierté Hamilton et notre amie Cedar qui reste en prison.

On est ici aujourd’hui, sur la terre ancestrale des peuples autochtones Anishnabeg et Haudonousanee, plus précisement la terre qui n’a jamais été cédée de la nation Kanien’kehà:ka pour manifester notre rage queer et trans suite aux événements de la semaine passée. Le mécanisme colonial qui a volé cette terre pour construire le ‘Montreal’ a aussi ciblé le terrain culturel du genre et de sexualité pendant des centaines d’années. Même si toutes nos identités sont différentes, les notions ou concepts de queer ou gai ou trans que les personnes non autochtones utilisent sont construites en réaction aux et à partir des cultures blanches, chrétiennes, coloniales et capitalistes. Que le tissu et la fibre de ces mots, certes imparfaits, ne sont pas nouveaux, et ils rendent hommage aux personnes qui, grâce à leur existence naturelle, ont toujours mis en question le projet hetérocolonial. On reconnait que de nombreuses cultures autochtones respectaient plus que deux genres et sexualités, souvent célébrant leurs membres de communauté qui étaient de deux-esprits. Il y a 500 ans que le projet colonial de l’État continue d’attaquer ces personnes, de les éteindre ou de les assimiler. La souveraineté autochtone de la terre est inespérable de la souveraineté autochtone corporelle, sexuelle et de genre. Nous honorons les combattants qui se luttent pour le rétablissement de diversité sexuelle et la fluidité de genre dans leurs cultures et notre lutte queer est aussi une lutte anticoloniale.

Le 15 juin 2019, un festival de Fierté de la communauté queer et transgenre de Hamilton, “Ontario” a été attaqué par un groupe de homophobes de l’extrême droite, de fondamentalistes chrétiens et de néo-nazis. Comme ils ont fait en 2018, ils sont arrivés avec de grandes pancartes et des bannières homophobes, commençant immédiatement de lancer des insultes et des injures. Ils ont agressivement harcelé les individus au festival Fierté, faisant des blagues sur le viol et menaçant la violence physique. Afin de bloquer ces bigots et de protéger la communauté, une grande bannière noire a été érigée par quelques queers. Les homophobes n’ont pas aimé ça, et ils ont attaqué ces personnes. Ils ont commencé une bagarre, mais les personnes gaies, trans, et antifascistes qui ont refusé de permettre la présence de ces cons ont fièrement riposté. Certain.e.s ami.e.s ont été blessé.e.s et ont eu besoin des premiers soins. La police de Hamilton n’a rien fait pendant le conflit d’une heure et ils se sont présentés quand il n’y avait plus rien à faire. Les homophobes ont accueilli l’escorte policière pour quitter le parc. Malheureusement, ils ont harcelé et chassé d’autres queers dans le quartier plus tard dans la journée et la semaine après ils ont attaqué d’autres gens à Fierté Toronto.

Après ces événements, la police de Hamilton ont senti menacée – les communautés qui se sentent autonomisées et capables d’utiliser de la force pour se défendre affaiblit l’autorité de la police. Par conséquent, les policiers ont focalisé toute leur énergie sur la poursuite de certaines personnes queers, trans et anarchistes de la ville, les harcelant toute cette semaine comme punition. Samedi le 22 juin la police a mis en prison Cedar, un.e ami.e qui n’a pas été au festival, mais qui la police veut cibler parce que Cedar a publiquement critiqué leurs actions. Ille a été en grève de la faim pendant 5 jours afin de protester contre cette mesure vengeresse et ille reste présentement encore en prison. Il se peut qu’il aille prendre des semaines avant que Cedar puisse avoir une audience de libération conditionnelle. Plus tard dans la semaine deux autres ami.e.s ont été arrêté.e.s et accusé.e.s de bris de probation basé sur un soupçon d’avoir été au festival. Aucun de ces homophobes n’avait été initialement accusé par la police ou appréhendé à l’événement, malgré la circulation majeure de leurs visages, leurs noms et des vidéos de leurs actions violentes, jusqu’à hier quand la pression publique a obligé la police à charger Chistopher Vanderweide avec agression armée. Le maire de Hamilton a reçu une petite visite ce matin – vingt personnes ont visité sa maison à 7h le matin pour lui faire comprendre ce que c’est une visite de la police le matin et comment ça peut être dérangeant. Ils ont placé beaucoup de pancartes sur son gazon qui disaient : Le maire s’en fou des queers. La réaction du maire? Il a publiquement annoncé que ces manifestants ne sont pas des vraies queers et il a appelé pour une enquête. Conséquemment la police a arrêté DEUX AUTRES AMIS cette après-midi. Nous opposons au système carcéral et colonial de l’État, mais la répression unilatérale dirigée premièrement vers ceux et celles que la police soupçonne d’être les défendeurs de Fierté est révélateur une fois encore de leur position et leur objectif : protéger les personnes racistes, homophobes et misogynes.

Le concept de “queer” peut comprendre notre sexualité ou notre genre, mais pour nous il veut dire beaucoup plus que ça. Il est un territoire de tension qu’il faut défendre. On est en solidarité avec Cedar et les personnes accusées en connexion avec cet événement, aussi bien que toute personne gaie ou trans qui est en prison pour une contre-attaque. On sait que les queers de hier se sont courageusement battues pour notre existence, contre les homophobes et les néonazis aussi bien que contre la police. On se souvient du 28 juin 1969, la Rébellion de Stonewall à New-York, à son 50e anniversaire aujourd’hui – comme étant une émeute de quatre jours contre la police mené en grande partie par des personnes trans de couleur. Elle a été une rébellion à la fois trans et queer parce que, dans les mots de Queen Allyson Ann Allante, une participante de 14 ans en 1969, « Il a été la première fois que les deux groupes se sont réunies pour lutter contre l’oppresseur et il a établi un bon précédent pour l’avenir. Il a été un événement marquant parce que les deux communautés étaient unies pour combattre l’oppresseur, qui était la police et la mafia, qui ont contrôlé les clubs gais. » Quand on se souvient des briques volantes et talons hauts dans l’air découlant de l’explosion de rage gaie et trans, il faut se souvenir que le militarisme gai qui a été inauguré ces jours là –  donnant naissance à la Fierté que nous connaissons aujourd’hui – a essayé de faire taire et isoler les personnes transsexuelles, transgenres de couleur afin de favoriser un discours plutôt blanc, gai et cisgenre. On voit encore cette tendance 50 ans plus tard et on sait que nos communautés ont beaucoup de travail à fare pour resister le misogyne trans et le racism. Il est primordial que nous luttions les unes pour les autres, contre nos oppresseurs commun, épaule à épaule. N’oublions pas que Montréal n’était pas épargnée des descentes policières ; notons celle du bar Truxx en 1977 durant laquelle 143 personnes ont été arrêtées et accusées ou encore celle de la soirée Sex Garage en 1990, le « Stonewall québécois », où plus de 400 personnes se feront violemment charger par le SPVM et ses matraques, commençant un conflit de 36 heures. On sait que les personnes gaies et trans qui sont sans abris ou travailleur/se de sexe font face à la répression policière de jour en jour. La seule raison que le village gai est ici – dans l’est du centre-ville est parce que, avant l’Exposition ’67  et les jeux olympiques de 1976 le SPVM a mené une campagne pour nettoyer la ville – attaquant et arrêtant les queers dans les bars. On sait aussi que dans le monde les personnes gaies et trans, surtout celles qui sont racialisées, sont attaquées, criminalisées, incarcérées et même assassinées de manière disproportionnelle. Les attaques de haine américaine transphobe ont triplé pendant les derniers 5 ans. Hier, une autre personne trans a été tuée – Brooklyn Lindsey –  le 11e femme trans noire tuée cette année aux États-Unies – a été trouvé à Kansas City. On se souvient de Sisi Thibert qui a été tué à Pointe St. Charles en 2017. Cette douleur et cette rage reste toujours avec nous. Notre autodéfense est nécessaire pour assurer notre existence. Les groupes marginalisés s’organisent activement et présentement et ils se défendent. Le groupe de l’extrême droite à Hamilton n’est pas si différent des groupes ici au Québec, qui se trouvent face à une résistance féroce. Les personnes queers, comme à Hamilton et maintes fois auparavant, se réunissent pour se soutenir, se nourrir, s’appuyer et se défendre. On veut mettre fin à la domination dans toutes ses formes entrelacée et on sait que Personne n’est libre avant que tout le monde soit libre. L’autodéfense et toujours légitime. Ce soir on va danser, prendre beaucoup d’espace, circuler le mot, être beau et belle et révoltante – pour exprimer notre amour et rage queer pour les attaques fucked-up à Hamilton et la répression policière. On sait que on est fort et forte ensemble, et on va le montrer. On est ici pour dire :

Liberté pour Cedar! Abandonnez toutes les charges retenues contre les défenseur.es de Fierté!

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Une guerre contre les queers

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Juil 022019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Depuis quelques semaines, l’État renouvelle encore une fois sa guerre contre les queers. Quelques jours avant l’arrestation de Cedar par la police de Hamilton, la police de la ville de Québec s’est vantée en ligne d’avoir utilisé des flics en civil afin de piéger onze hommes queers qui draguaient de façon consensuelle. Ces attaques ciblées ne seront pas tolérées. Nique la police.

Solidarité avec Cedar et avec tou.te.s les queers faisant face à la répression.

Après Amherst, au tour de Macdonald! La statue de Macdonald est à nouveau vandalisée

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Juin 282019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Pour la huitième fois au moins, et ce, en moins de deux ans, le monument à connotation raciste et colonial de John A. Macdonald à Montréal (1895) a été vandalisé par des artistes anticoloniaux.

C’est entre les deux fêtes nationalistes au Québec, soit la Saint-Jean-Baptiste le 24 juin et la fête du Canada le 1er juillet, que le groupe #MacdonaldMustFall de Montréal a de nouveau ciblé la statue controversée, cette fois-ci peinturée en bleu, dans le but de laisser un message anticolonial clair.

Depuis la dernière cible du monument Macdonald en mai 2019, la rue Amherst à Montréal a été officiellement renommée la rue Atateken. Atateken signifie « frères et sœurs » et l’égalité entre les peuples en Kanien‘kehá:ka (Mohawk).

James Amherst, un général britannique, a fait la promotion et a été actif dans le contexte du génocide des peuples autochtones. Si son nom de rue peut être remplacé, le monument John A. Macdonald peut également être retiré de l’espace public et être placé dans des archives ou des musées. L’espace public devrait plutôt célébrer les luttes collectives pour la justice et la libération et non pas la suprématie blanche et le génocide.

Tel que mentioné dans les communiqués précédents, le groupe #MacdonaldMustFall à Montréal rappelle aux médias et au public que John A. Macdonald était un suprémaciste blanc. Il a directement contribué au génocide des peuples autochtones avec la création du système brutal des pensionnats ainsi que d’autres mesures destinées à détruire les cultures et les traditions autochtones. Il était raciste et hostile envers les groupes minoritaires non blancs au Canada, promouvant ouvertement la préservation d’un Canada dit «aryen». Il a adopté des lois pour exclure les personnes d’origine chinoise et il a également été responsable de la pendaison du martyr Métis Louis Riel.

Contact: MacdonaldMustFallMontreal@protonmail.com

Solidarité avec les défenseur.es de fiérté, liberté pour Cedar!

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Juin 272019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le 15 juin 2019, un festival de Fierté de la communauté queer et transgenre de Hamilton, “Ontario” a été attaqué par un groupe de homophobes de l’extrême droite, de fondamentalistes chrétiens et de néo-nazis. Comme ils ont fait en 2018, ils sont arrivés avec de grandes pancartes et des bannières homophobes, commençant immédiatement de lancer des insults et des injures. Ils ont agressivement harcelé les individus au festival Fierté, faisant des blagues sur le viol et menançant la violence physique. Afin de bloquer ces bigots et de protéger la communauté, une grande bannière noire a été érigiée par quelques queers. Les homophobes n’ont pas aimé ça, et ils ont attaqué ces personnes. Ils ont commencé une bagarre, mais les personnes gaies, trans, et antifascistes qui ont refusé de permettre la présence de ces cons ont fièrement riposté. Certain.e.s ami.e.s ont été blessé.e.s et ont eu besoin des premiers soins. La police de Hamilton n’a rien fait pendant le conflit d’une heure et ils se sont presentés quand il n’y avait plus rien à faire. Les homophobes ont accueilli l’escort policière pour quitter le parc. Malheureusement, ils ont harcelé et chassé d’autres queers dans le quartier plus tard dans la journée et la semaine après ils ont attaqué d’autres gens à Fierté Toronto.

Après ces événements, la police de Hamilton ont senti menacée – les communautés qui se sentent autonomisées et capables d’utiliser de la force pour se défendre affaiblit l’autorité de la police. Par conséquent, les policiers ont focalisé toute leur énergie sur la poursuite de certaines personnes queers, trans et anarchistes de la ville, les harcelant toute cette semaine comme punition. Samedi le 22 juin la police a mis en prison Cedar, un.e ami.e qui n’a pas été au festival, mais qui la police veut cibler parce que Cedar a publiquement critiqué leurs actions. Ille a été en grève de la faim pendant 5 jours afin de protester contre cette mesure vengeresse et ille reste présentement encore en prison. Il se peut qu’il aille prendre des semaines avant que Cedar puisse avoir une audience de libération conditionnelle. Plus tard dans la semaine deux autres ami.e.s ont été arrêté.e.s et accusé.e.s de bris de probation basé sur un soupçon d’avoir été au festival. Aucun de ces homophobes n’avait été initialement accusé par la police ou appréhendé à l’événement, malgré la circulation majeure de leurs visages, leurs noms et des vidéos de leurs actions violentes, jusqu’à hier quand la pression publique a obligé la police à charger Chistopher Vanderweide avec aggression armée. Nous opposons au système carcérel et colonial de l’État, mais la repression unilatérale dirigée premièrement vers ceux et celles que la police soupçonnent d’être les défendeurs de Fierté est revelateur une fois encore de leur position et leur objectif : proteger les personnes racistes, homophobes et misogynes.

Le concept de “queer” peut comprendre notre sexualité ou notre genre, mais pour nous il veut dire beaucoup plus que ça. Il est une territoire de tension qu’il faut défendre. On est en solidarité avec Cedar et les personnes accussées en connection avec cet événement, aussi bien que toute personne gaie ou trans qui est en prison pour une contre-attaque. On sait que les queers de hier se sont courageusement battues pour notre existence, contre les homophobes et les néonazis aussi bien que contre la police. On se souvient de la Rebellion de Stonewall comme étant une émeute de quatre jours contre la police et l’explosion de la rage gaie et trans qui a donné naissance aux mouvements de liberation à venir. On sait que les personnes gaies et trans qui sont sans abris ou travailleur/se de sexe font face à la repression policière de jour en jour aussi bien que les personnes gaies et trans, surtout celles qui sont racialisées, sont attaquées, criminalisées, incarcérées et même assassinées de manière disproportionnelle. Notre défense est nécessaire pour assurer notre existence. Personne n’est libre avant que tout le monde soit libre.

Liberté pour Cedar! Abandonnez toutes les charges retenues contre les défenseur.es de Fierté!
Le contexte en anglais:
https://north-shore.info/2019/06/19/hamilton-pride-2019-reportback/
https://north-shore.info/2019/06/22/this-is-why-you-werent-invited-hamilton-police-target-queers-fighting-back/
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N’appelle pas les flics!

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Juin 222019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Tôt le matin du lundi 10 juin, la police de Montréal a tiré sur un homme. Un voisin avait une crise. Plutôt que de faire quelque chose d’utile, les flics l’ont harcelé pendant des heures. Leurs armes étaient pointés vers sa tête. Ils lui ont finalement tiré dans la jambe à travers la porte de son propre appartement tôt lundi matin. Dimanche le 17 juin, des anarchistes du quartier St-Henri à Montréal ont collé des affiches rappelant au quartier d’y penser à deux fois avant d’appeler la police.

St-Henri est actuellement dans un processus d’embourgeoisement rapide et brutal. L’embourgeoisement va de paire avec le nettoyage sociale. Cela signifie les arrestations et les relocalisations de personnes ayant des troubles de santé mentale, de pauvres, d’utilisateur.trice.s de drogue, de travailleur.euse.s du sexe et de tous.tes celleux d’entre-nous qui essaient de s’en sortir dans un monde cruel. Un façon de résister au poliçage et à l’embourgeoisement de notre quartier est d’arrêter d’appeler les osti de flics. On a fait des affiches qui nomment toutes les personnes non-armées ayant été tuées par le SPVM depuis les dernières années, parce que c’est sérieux. Les flics escaladeront toujours la situation. Nous ne pouvons pas leur faire confiance. Bâtissons plutôt des relations de confiance entre voisins : rendons la police inutile! SVP téléchargez et partager ces affiches — faites savoir à vos voisins que LES FLICS TUENT et partagez des alternatives à appeler la police pour que plus personne n’ait le sang de leur voisin sur les mains.

À imprimer (11 x 17″)

Douze alternatives (en anglais)

11 juin : La voiture du vice-président de Lemay brûlée

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Juin 182019
 

 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Sur la journée de solidarité avec les prisonnier-e-s anarchistes de longues peines, le BMW appartenant à André Cardinal, stationné devant chez lui à NDG, a été mis en feu. André Cardinal est vice-président de Lemay, la compagnie d’architecture responsable du design de la prison pour migrant-e-s à Laval.

Que le feu brille en hommage à tout ce que le monde de prisons et de frontières nous a volé.

De semences contre la nouvelle prison migrante de Laval

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Juin 122019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Ce n’est plus un secret pour personne : l’État canadien a décidé d’investir plus de 56 M$ de dollars pour enfermer des centaines de personnes dans sa toute nouvelle prison migrante en cours de construction à Laval. Le 7 juin dernier nous avons décidé de nous réapproprié ce lieu de souffrance et de deuil afin d’en faire une terre d’espoir et de vie.

Grâce à un don de semences biologiques d’une coopérative agricole québécoise, nous avons semé 490 kg de l’avoine, des pois et des fèves sur les 23 700 mètres carrés du site de construction. Nous espérons ainsi poursuivre les efforts qui sont actuellement déployés par d’autres membres de la communauté. Nous désirons également inspirer d’autres actions visant à bloquer la construction de cet édifice et encourager à la réappropriation collective de ce lieu pour les fins communautaires. Ni prisons, ni frontières !

Rappelons quelques éléments :

En 2017, le Canada détenait près de six milles personnes migrantes, dont 162 mineur·e·s, dans différents types d’institutions carcérales.

La construction de la nouvelle prison à Laval fait parti d’un investissement de 138 M$ de dollars annoncé en 2016 par le gouvernement fédéral dans le cadre du nouveau Cadre national de détention liée à l’immigration (CNDLI). De ce montant, 122 M$ serviront à la construction de prisons pour migrant·e·s. À l’heure actuelle, les firmes québécoises Lemay et Groupe A ont signés des contrats d’une valeur de 5 M$ pour construire la prison de Laval. Le nom de l’entrepreneur général sera annoncé prochainement.

Véritable coup de marketing social, le CNDLI a été élaboré afin de déplacer la discussion sur la légitimité même de la détention de personnes migrantes vers les conditions de détention. Ainsi, le gouvernement fédéral se targue de construire une prison qui n’a pas l’air d’une prison.

Les personnes détenues vivent généralement plusieurs violences physiques et psychologiques aux mains des agent·e·s de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC). Depuis 2000, au moins seize personnes sont mortes alors qu’elles étaient détenues par l’ASFC.

Pourquoi nous nous opposons cette prison ?

La machinerie étatique canadienne est depuis longtemps au service d’élites économiques dont le seul objectif est, avec la complicité des gouvernements, d’exploiter les ressources des peuples autochtones d’ici et des pays du Sud jusqu’à l’épuisement de toute forme de vie et de richesse. Nul n’est sans savoir aujourd’hui les violences (meurtres, viols collectifs, évictions forcées, etc) et les ingérences politiques dont sont accusées les compagnies canadiennes (Barrick Gold, Goldcorp, Pacific Rim, SNC Lavalin, etc.) en Afrique, au Moyen-Orient, et en Amérique du Sud. Le colonialisme d’hier a fait place à une nouvelle forme de contrôle des corps et des richesses des pays du Sud, celle d’un capitalisme et d’un néolibéralisme débridés qui nous conduit tout droit vers un cataclysme humain et écologique.

Parallèlement, au Nord, les gouvernements favorisent une vision de l’immigration utilitariste où les immigrant·e·s sont uniquement de la main-d’oeuvre bon marché, remplaçable et temporaire. Or, cette main-d’oeuvre immigrante est constituée, rappelons-le, en raison de désastres écologiques (désertification, déforestation, contamination des eaux et de l’air par des polluants, inondations de terre, etc.), de crises économiques et politiques, de famines, de guerres, bref du dérèglement complet de la planète – résultat, disons-le franchement, de la rapacité d’un groupuscule de compagnies et de leurs dirigeant·e·s qui « structurent » l’ordre mondial.

Dans ce contexte, la prison, avec tout ce qu’elle porte en elle de déshumanisant et de mortifère, apparaît comme une stratégie mondiale des pays occidentaux. Leur objectif est double : d’abord, poursuivre un programme économique caractérisé par la spoliation et la capitalisation à outrance par le secteur privé de ressources là où il en reste; ensuite, l’établissement de zones extrajudiciaires dans lesquelles confinées des individus jugés « jetables » ou trop encombrants.

L’investissement de millions de dollars dans la construction de prisons pour migrant·e·s n’est donc pas fortuite, mais répond à des exigences strictement économiques. Il est aussi l’héritage de plusieurs décennies de politiques racistes, xénophobes et coloniales.

En somme, notre opposition à la détention des personnes migrantes s’inscrit donc dans les luttes contre l’impérialisme et le colonialisme.

— Le Collectif Lève-toi contre les prisons et les frontières

Plus d’information :
www.stopponslaprison.org
www.solidarityacrossborders.org/fr/background-immigration-detention-in-canada-and-the-new-refugee-prison-in-laval
https://mtlcounterinfo.org/info-on-the-laval-immigration-detention-centre/
www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/503523/un-nouveau-centre-construit-a-laval-pour-maintenir-la-detention-des-immigrants
https://ici.radio-canada.ca/amp/1176138/centre-surveillance-immigration-englobe-opposants-vandalisme-vehicule

Déclaration à signer contre la nouvelle prison :
http://www.solidarityacrossborders.org/fr/no-to-a-new-prison-for-refugees-and-migrants-in-laval

Une belle manière de passer la soirée

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Mai 302019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Il y a quelques nuits, nous sommes tombées sur un véhicule de la compagnie Englobe. Englobe est une compagnie d’ingénierie de l’environnement qui a reçu le contrat pour effectuer l’évaluation du site de la future prison pour migrants de Laval. Nous avons détruit son pare-brise, lacéré chacun de ses pneus et taggé sur son flanc “No Migrant Prison”. C’était une manière spontanée et plutôt facile d’exprimer notre colère contre ceux et celles qui sont impliqué-es dans la construction de cette prison. Nous espérons que ça aura empêché au moins un-e travailleur-euse à se rendre au travail le lendemain.

C’était peut-être un petit geste, mais il était facile à faire. Les voitures de ces compagnies sont partout. Fuck toutes les prisons et tous-tes ceux et celles impliqué-es dans leur construction.

Retour sur le Premier mai contre les frontières à Montréal

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Mai 142019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le premier mai 2019 à Montréal, il y a eu 4 manifestations à des moments et endroits différents dans la ville. La CLAC (Convergence des Luttes Anti-Capitalistes) a appelé à sa manifestation anticapitaliste annuelle sous le thème “Sans frontières”. Ce thème s’inscrit dans le cadre de la montée de l’extrême droite au Québec et plus précisément du projet de nouvelle prison pour migrant.es à Laval.

Peu après le départ, des centaines de manifestant.es se dirigeant sur Atwater vers St-Henri, un black bloc se forma à l’arrière de la manif, protégé par une bannière sur laquelle était écrit “All Bosses are Bastards”. Des clôtures de construction, des pylones et d’autres matériaux de construction ont été mis dans la rue, permettant de créer une distance entre la manif et les flics qui suivaient. Des tracts avaient d’ailleurs été passés au point de rassemblement, encourageant les gens à prendre les deux côté de la rue et le trottoir afin d’empêcher les flics d’encercler la manif à partir du trottoir. Pis ça a super bien fonctionné, y’a aucun cops qui ont réussi à se positionner.

La manif a tourné vers l’ouest sur Notre-Dame et ensuite vers le nord sur Greene, se dirigeant vers les bureaux de Lemay, une compagnie d’architecture produisant les plans pour la prison pour migrants. Alors que la manif s’approchait du bâtiment, une poubelle a été mise en feu et poussée vers les flics en vélo qui suivaient, permettant de créer une distance qui a permis de poser les gestes à venir. Des gens ont attaqué l’édifice de Lemay, brisant les grandes vitres de devant et du côté du batiment avec des pierres, des balles de billard et des bêliers improvisés. Des graffitis ont aussi recouverts deux facades du bâtiment. Des tracts ont ete distribués pour expliquer le rôle de Lemay dans la construction de la prison pour migrant.es.

Les flics anti-émeute se sont deployés, trop tard, devant les bureaux de Lemay, où ils ont été acceuillis avec des jets de pierres. Ils ont répondu à l’escalade de la tension avec des tirs de lacrymos, faisant dévier la manifestation de la rue Saint-Jacques vers le nord. Même si le cortège a été divisé et quelques personnes isolées a cause des gaz, deux grands groupes se sont retrouvés quelques instants plus tard sur Saint-Antoine, une artère majeure qui mène a l’autoroute : échec de la tentative de dispersion! Le groupe motivé, qui se freyait une chemin contre le traffic a trainé les poubelles et bacs de recyclage dans la rue, en en allumant quelques uns. Même si le groupe était de moins en moins grand, un nombre considérable a continué vers l’est sur Notre-Dame, laissant quelques graffitis sur son chemin et se défendant en tirant des feux d’artifice dans la face des flics, permettant de donner l’espace suffisant à ce que la manif continue.

Ce premier mai à donc marqué une grande amélioration par rapport à l’année dernière, où la confrontation entre les polices marchant sur le trottoir et le black bloc à la tête de la manifestation avait éclaté après seulement deux minutes, isolant le bloc du reste de la manifestation. Depuis cette confrontation, les flics ont constamment gardé leur distance dans les grandes manifestations, témoignant du succès d’une culture de manif combative. Ceci étant, ils s’ajustent maintenant en réagissant de manière très offensive dès les premières attaques. Il nous faudra continuer de répondre à ce changement de stratégie.

Cette année, la répartition de différent groupes anonymes et des bandes avec une volonté de confrontation dispersées au travers de la manif a permis de prévenir l’isolation du bloc du reste de la manifestation. Ça a aussi aider à nuire aux tentatives des disperstions. Avoir, à divers endroits dans la manif, différents groupes de personnes prêtes à rester ensemble malgré les gaz et les charges signifie que beaucoup d’autres peuvent gagner la confiance nécessaire à la reproduction de ces gestes. L’expérience de cette année, avec les regroupements par la suite et la continuation de la manif même après avoir attaqué Lemay en est une preuve excellente!

***Nous avons aussi remarqué cette année que beaucoup de monde dans la manif avaient des caméras ou filmaient avec leur cellulaire. Filmer et prendre des photos met les gens en danger, que ça soit fait par des médias de masse ou pas. Même si vous ne voulez pas donner vos images aux flics, ou que vous avez l’intention de brouiller les visages du monde avant de partager les photos, il demeure le risque que vous soyez arrêté et que votre stock incrimine des gens. Pour simple rappel : ne filmez pas les visages dans les manifs, et ne soyez pas surpris si vous vous faites tasser des manifs parce que vous le faites.

Le succès de l’attaque contre Lemay est un développement excitant dans le cadre de la lutte contre la prison pour migrant.es. Lemay avait déjà été attaqué plusieurs fois dans les dernières années : ses projets de condos ont été défoncés, des criquets ont été mis dans leur siège social pis leurs serrures ont aussi été brisées. Mais ces attaques n’ont pas été aussi publique que pendant cette manif. Et on imagine qu’elles impliquaient un nombre plus petit de personnes. On a vraiment été touché par la force et la solidité des centaines de personnes qui se sont tenues et sont restées ensemble pendant que cette firme d’architecture dégeulasse se faisait démolir en pleine journée. C’est le genre de force collective et de détermination qui sera à notre avis nécessaire dans la suite de la lutte contre la prison pour migrants qui continuera de se dérouler dans les prochains mois.

Longue vie aux manifs incontrôlables ! Longue vie à la lutte contre les prisons pour migrant.es !

Détruisons les prisons, débordons les frontières !

Fuck Lemay, bon premier mai à tout le monde !

Pour une Nuit de la Terre (à chaque nuit) : les pneus de 40 voitures crevés sur l’île de Montréal

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Avr 232019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le Jour de la Terre, 2019 : des inondations se répandent à travers le sud de la province, la police fédérale protège les pétrolières contre les défenseurs de la terre autochtones d’un océan à l’autre du soi-disant Canada, les réfugié.es du climat se font contrôler avec des fusils sur la tempe par les milices d’extrême-droite en Arizona, 150 espèces s’éteindent à chaque jour alors que les gens se préparent dans divers endroits dans le monde à affronter les records de feux de forêts, d’ouragans et de typhons. Pendant ce temps, une poignée d’ONG pour l’environnement et leurs activistes salarié.es financé.es par des élites philanthropes sous le joug de grandes entreprises veulent qu’on croit que nous convaincrons les gouvernements de faire les changements nécéssaires pour sauver la planète si nous marchons en tournant en rond, assez de fois et avec assez de gens, en nous livrant nous-même à la police si on dérange temporairement la routine quotidienne de quelqu’un.

Nous prenons au sérieux la proposition des grévistes du climat, qui refusent d’aller à leurs cours sans demander la permission. Même si c’est seulement pour un après-midi par semaine pour l’instant, iels démontrent la nécessité d’agir directement pour interrompre la réproduction normale de cette société qui tue la terre. Nous pensons aussi qu’il faut délaisser le chemin de la légalité, autant que celui de la désobéissance civile, celui qui propose des sit-ins pour les médias qui mènent à passer un soir au poste de police et des dates de cour interminables, ce qui complique la tâche de continuer à lutter.

Ainsi, plutôt que de participer aux festivités du Jour de la terre, la nuit du 22 avril, nous avons crevé les pneus de 40 voitures dans divers quartiers de Montréal. Nous ne prétendons pas que cette action ait été significative en soi quant à la défense d’un futur viable. Nous ne souhaitons pas non plus mettre les choix de consommation personnels tel le fait de posséder une voiture au centre d’une stratégie pour combattre la destruction énvironnementale. Nous avons choisi de commettre ces petits gestes pour offrir un reflet de la perturbation que cette économie et cette société requièrent si nous voulons faire en sorte que les générations futures ainsi que la nôtre aient la chance d’avoir une vie plus digne sur cette planète.

Nous avons choisi des quartiers occupés par les riches, majoritairement des voitures de luxe dans les entrées de maisons de millionaires. Nous avons ciblé ceux et celles qui profitent du niveau de dévastation impensable faite à la terre par le capital et la colonisation et qui sont le plus à l’abri des impacts de la catastrophe climatique qui débute, s’ils parviennent à s’en protéger. Les riches peuvent se permettre de déménager quand leurs maisons sont inondées chaque année. Les riches auront un coussin économique lorsque l’État tentera d’invidualiser les responsabilités de la crise climatique et les taxes sur le carbone ou autres tentatives de dernière minute pour préserver cette société placent le fardeau sur les pauvres.

Le Jour de la Terre, 2020 : des émeutes du climat dans toutes les grandes villes. Pratiquement personne ne peut entrer au travail le matin, même si son usine ou son startup n’a pas encore été mis hors-d’usage et pillé par des ancien.nes pacifistes. Les défenseurs de la terre et leurs alliés ont combattu les divers incursions des pétrolières et leurs espaces d’autonomie de l’État canadien élargissent de plus en plus. Des réseaux de solidarité et de sabotage empêchent considérablement la capacité de surveillance aux frontières. Les émissions de carbone ont commencé à baisser drastiquement du à la chute abrupte de l’activité industrielle mondiale causée par la révolte. L’effet des changements climatiques se fera encore sentir pendant des siècles; des gens meurent dans les inondations et les ouragans, en conflit avec les forces réactionnaires et avec l’État, d’autres meurent de vieillesse, mais tous.tes savent qu’iels ont combattu et que d’autres continueront la lutte.

Nous pouvons rêver (et crever des pneus).

Prison pour migrant.es : sabotage de nuit aux bureaux de Lemay

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Avr 182019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

La nuit du 14 avril, nous avons rendu visite aux bureaux de Lemay à St. Henri afin de contribuer à la lutte contre la contruction d’une prison proposée pour migrant.es, qui ouvrirait en 2021 à Laval, QC. Lemay est un cabinet d’architectes majeur impliqué dans la conception de la prison. Nous avons fermé les accès à l’édifice en collant toutes les serrures, en brisant les lecteurs de cartes d’accès et en bloquant les poignées de porte avec des cadenas de vélo à plusieurs entrées. L’entrée du garage a été bloquée par la combinaison d’une herse et de bombes fumigènes qui se déclencheraient si la porte s’ouvrait. Nous présumons que les employé.es et les client.es de la compagnie ont eu du mal à accéder au batiment le jour suivant et nous espérons que ces personnes continueront à ressentir les effets d’une escalade d’actions contre elles et d’autres qui s’impliquent dans le projet.

Nous voulons empêcher cette prison d’avoir lieu. Nous voulons défaire les institutions d’exclusion, d’enfermement et de surveillance sur lesquelles reposent la suprématie blanche et le capitalisme et nous envoyons notre solidarité à tous et toutes en lutte contre la violence qui dépend de celles-ci.

Mettons fin à toutes les formes de domination.

Ni frontières, ni prisons.

Chassons le PCR de nos milieux

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Avr 182019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Il est à noter que cet article traite du dossier de la section montréalaise du Parti Communiste Révolutionnaire qui a été expulsée du PCR canadien en 2017. Les deux groupes continuent néanmoins d’utiliser le même nom. Ce texte ne vise pas à faire une critique des doctrines maoistes, mais à mettre en lumière les actions du PCR-Montréal.

Le PCR-Montréal est malade, achevons-le !

Si le PCR a longtemps pacifiquement cohabité avec la gauche anticapitaliste montréalaise, c’est loin d’être le cas depuis quelques années, Longtemps toléré, y compris par les anarchistes, il semble que son côté folklorique et rigolo (voire pathétique) a finit par tomber dans le sectarisme et même le conservatisme social.

En effet, le parti n’arrête pas d’enchaîner les coups d’éclat les plus malaisants. Son aile jeunesse (ou ce qu’il en reste) joue un rôle particulièrement toxique en essayant de jouer aux gros bras, en agissant violemment avec les militant.e.s progressistes autour d’eux. Pourtant, quand de véritables néonazis viennent les confronter, allant même jusqu’à leur voler une bannière, ces derniers ne réagissent pas et se laissent faire. Ça en dit long sur ce qui les anime…

Pendant ce temps, la vieille garde du parti continue de produire des textes tous plus illisibles les uns que les autres tout en laissant la jeunesse agir à sa guise. S’il est sensé régner une discipline de fer au sein des groupes maoistes, force est de constater que l’establishment du parti n’a plus aucun contrôle sur sa jeunesse, ou encore qu’elle considère ses actions comme bénéfiques.

Voici une chronologie non exhaustive des derniers événements liés au PCR et qui nous apparaissent problématiques :

– 4 Mars 2017 : Le PCR essaie d’aller contre-manifester contre La Meute à son lieu de rassemblement secret, sans avertir les autres groupes antifascistes mobilisés cette journée-là. Résultat, La Meute peut facilement manifester dans le Vieux-Montréal alors qu’elle aurait pu être stoppé à cet endroit si le mot s’était passé aux autres groupes.

– 4 mars 2017 : Le PCR Montréal expulse violemment de la Maison Norman Bethune des militants anglophones du même parti. Ils les accusent d’êtres des « révisionnistes petits-bourgeois » parce que ces derniers veulent prendre position pour l’inclusion des personnes trans. À la suite de cette attaque, la section montréalaise est expulsée du PCR Canada. Pourtant, les vieux stalinistes montréalais continueront d’utiliser le même nom et prendront aussi le contrôle du site web de l’organisation ainsi que de la Maison Norman Bethune.

– 8 mars 2017 : Le PCR scinde la manifestation féministe pour se mettre en avant d’un second contingent comprenant une majorité de personnes qui ne sont pas au courant de la manoeuvre. Leur bannière de tête est tenue par une majorité d’hommes. Depuis, le parti a été expulsé de la coalition qui organise la manifestation annuelle.

– 28 mars 2017 : Un membre du PCR Montréal agresse un employé du Café Aquin de l’UQAM directement sur son lieu de travail.

– Été 2017 : Le PCR Montréal est expulsé de la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC). Ce sont les actes transphobes du parti ainsi que leur entêtement à ne pas respecter les décisions prises en coalition qui motivent ce geste. À partir de 2018, le PCR Montréal organisera seulement des manifestations autonomes et utilisera des plans de caméras avantageux pour faire croire qu’il mobilisent les masses, alors qu’en fait, le parti n’a jamais été aussi petit en nombre.

– Été 2017 : Dans le cadre de la campagne du PCR Montréal sur les 100 ans de la Révolution russe, des membres effectuent une activité de tractage dans le métro. C’est alors qu’un membre des Soldiers of Odin (groupe néo-nazi), seul, décide d’aller les intimider et leur vole leur bannière. Celle-ci servira éventuellement comme tapis à l’entrée d’un concert d’Atalante Québec. Les membres qui s’étaient montrés si prompt à utiliser la violence face aux militant.e.s de gauche décident de se coucher devant un véritable néo-nazi.

– 23 février 2018 : Le MER-PCR (Mouvement Étudiant Révolutionnaire, un sous-groupe du PCR) s’invite au sein du Cégep St-Laurent pour prononcer une conférence « féministe ». Le hic, c’est que suite aux événements transphobes liés au PCR Montréal, une assemblée générale étudiante prend position pour refuser l’accès au groupe (au même titre que les autres partis politiques). S’en suit des échauffourées durant lesquelles les membres du MER filment et essaient d’identifier publiquement les militantes qui les interpellent. Le MER sera expulsé du Cégep par la sécurité.

– 16 avril 2018 : Deux membres du PCR Montréal sont licenciés par leur employeur, l’association étudiante du Collège Lionel-Groulx. Une enquête subséquente prouvera que les deux employés, dont un important cadre du parti ont détourné plusieurs dizaines de milliers de dollars vers les caisses du PCR. L’association étudiante était reconnue pour être gangrenée et infiltrée par le PCR depuis de nombreuses années.

– Août 2018 : Une nouvelle scission frappe le PCR Montréal encore sur le thème de la transphobie affichée par l’organisation. Une dizaine de personnes quittent alors le parti et fonderont éventuellement un autre collectif.

– Septembre 2018 : Ça chauffe à l’UQAM pour le PCR Montréal qui envahit une assemblée générale de l’association étudiante de sciences-humaines (AFESH) pour y exhiber une bannière contre les élections. Ils seront éventuellement expulsés, une bagarre s’en suivra et ils y perdront une autre de leurs bannières. Par la suite, les mêmes membres continueront d’aller imprimer les affiches du parti dans les locaux de l’AFESH et iront même jusqu’à agresser une militante qui les interpelle en l’expulsant physiquement du local. Suite à ces événements, les membres du PCR sont persona non grata dans les locaux de l’association étudiante.

– 1er Octobre 2018 : Le PCR Montréal organise une manifestation contre les élections provinciales à Montréal. Deux trolls de l’Alt-Right sont sur les lieux et exhibent un drapeau du Kekistan pour narguer les communistes. Le PCR, si rapide sur la gâchette quand vient le temps de s’en prendre à des groupes de gauche, ne fait strictement rien.

– 28 novembre 2018 : Une dizaine de membres du PCR Montréal agressent deux militants syndicaux pour ensuite les livrer à la police en pleine manifestation de solidarité avec les employé.e.s en lock-out d’ABI.

– Printemps 2019 : Des membres du PCR commencent l’affichage de leur manifestation autonome du 1er mai. Ils en profitent pour recouvrir les affiches des autres groupes militants comme la CLAC et l’IWW qui appelle à un 1er mai féministe intersectionnel. Certains membres en profitent aussi pour arracher les autocollants du groupe Montréal Antifasciste.

En bref, attitudes sexistes et transphobes, vols et fraudes d’organismes collectifs, violence envers la gauche et aplaventrisme face à la droite, collaboration avec la police pour faire arrêter des militant.e.s, propagande douteuse, autoritarisme, sectarisme, dogmatisme, incapacité à prendre la critique, la liste est longue de ce qui est reproché au PCR.

En ce moment, il semble que le parti est plus faible que jamais. Ses membres ont été éjectés de la plupart des coalitions auxquels ils participaient. C’est le cas de la CLAC et de la coalition qui organise la manifestation du 8 mars. Résultat, le groupuscule n’attire guère plus qu’une vingtaine de personnes dans ses actions devenues de facto autonomes puisque plus personne ne veut rien savoir d’eux.

Ils trouvent quand même le moyen de flatter leur égo stalinien en parlant de reconstruction et en citant Lénine… Ça pourrait presque être triste si ce n’était pas si drôle. Préférant rester doctrinaires plutôt que d’admettre que le PCR Montréal ne fait plus que de la merde, ses membres n’auront d’autre choix que de se regarder dans le miroir lorsque le parti s’éteindra une bonne fois pour toutes et qu’ils chercheront les coupables. Ils pourront en profiter pour faire leur autocritique…

Le PCR est à terre, il est temps d’agir pour qu’il ne se relève plus jamais. C’est pourquoi nous appelons à une diversité d’actions visant à ne plus tolérer leur présence dans nos activités, dans nos milieux et même dans nos villes. Il est temps de faire le ménage et de ne plus accepter ce groupe qui fait figure d’anachronisme dans le paysage politique. Il est temps de ne plus les laisser salir l’opposition au capitalisme et souiller les idées révolutionnaires. Il est temps de les traiter comme n’importe quel autre secte transphobe, autoritaire et à la limite de la théorie du complot.

Arrachons leurs affiches et autocollants, sortons les des manifestations, fermons leur la gueule quand ils essaient de faire leurs beaux discours, détruisons leur matériel, recouvrons leurs graffitis, ne leur laissons plus ne serait-ce qu’un centimètre pour agir.

Détruisons le PCR-Montréal.

– Des militant.e.s anarchistes, communistes, socialistes, révolutionnaires, féministes, queers, antifascistes et syndicalistes

Doxxer l’Agence des services frontaliers du Canada

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Avr 132019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Tout comme ICE, aux États-Unis, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) opère une force de déportation arrachant les migrants de leurs ami.es et de celleux qui les aime à tous les jours au nom de la loi d’un État-nation colonial. Bien qu’il soit brutal et bien organisé, ce système d’immigration n’est pas une machine sans visage. Les agent.e.s qui exécutent ses fonctions vitales ont des noms et des adresses, ce qui nous concerne aujourd’hui. Du moins, leur noms.

En préparation du prochain 1er mai sans frontières, vous trouverez ci-dessous les noms de tous les membres de la division de l’exécution et du renseignement de la branche opérationnelle québecoise de l’ASFC, catégorisé par titre du poste. Cette information vient d’une réponse à une demande d’accès à l’information publiée par le compte Twitter @cdnati, n’ayant aucun lien avec nous. Ces documents, en lien ici, contiennent les noms de tous les employé.e.s de l’ASFC à travers le Canada. Les chartes organisationnelles ci-dessous datent de novembre 2017.

Nous souhaitons que ces informations servent de ressources pour une diversité de projets opposant le système frontalier. Qu’un « Agent d’application des lois intérieures » en particulier ou qu’un « analyste du renseignement » soit un suprémaciste blanc actif, qu’il n’ait pas d’objectif politique clair et pense que son travail est un travail comme un autre, ou même qu’il ressente de la honte et qu’il ait des remords par rapport à son travail, les activités continues de ces agent.e.s au sein de l’ASFC mettent à risque les migrant.e.s et leurs communautés.

Il n’est pas surprenant que des gens identifient ces agent.e.s et clarifient que leur rôle dans un système colonial violent et raciste ne sera pas toléré.

Love & rage,

des anarchistes

Enquêtes et déportations

Superviseur.e.s d’exécution de la loi des service intérieurs
  1. Cathy Chan
  2. Shawn Erridge
  3. Eric Gagnon
  4. Daniel Godin
  5. Genevieve Gratton
  6. Tonina Iermieri
  7. Leon Kabongo Katalay
  8. Roberto Mancini
  9. Audrey Sawyer
  10. Louise Starnino
  11. Valerie Surpris
  12. Miruna Vasilescu
Agent.e.s d’exécution de la loi des service intérieurs
  1. Karine Amato
  2. Francis Bard
  3. Catherine Barthelemy
  4. Reed Barthelemy
  5. Carole Bergeron
  6. Josée Blackburn
  7. Karine Blackburn
  8. Daisy-Ivy Bode
  9. Daniel Bordeleau
  10. Daniel Eduardo Borja Torres
  11. Stéphane Boudreau
  12. Mina Boukdjadja
  13. David Bowles
  14. Maryse Breault
  15. Dominic Brisebois
  16. Valeriano Cassetta
  17. Roger Casseus
  18. Benoit Chausse
  19. Jean-Luc Day
  20. Mathieu Dépatie
  21. Steven Derick
  22. Patrick Desjardins
  23. Daniel Deslauriers
  24. Josiane Desnoyers Gaulin
  25. David Dickson
  26. Antoine Doyon
  27. Alexandre Duchaine
  28. Luc Ferlatte
  29. Dominique Fillion
  30. Sébastien Fortin
  31. Michel Gagnon
  32. Patricia Garofano
  33. Nicolas Geoffroy
  34. David Ghilarducci
  35. Vincenzo Giobbi
  36. Nicolas Girard
  37. Matthew Goodsell
  38. Nadine Gregoire
  39. Penelope Gutierrez
  40. Simon Halle
  41. Josée Hogue
  42. Alexandre Horvath Callender
  43. Goulnara Iskakova
  44. Pascal Jacques
  45. Nadia Jarwa
  46. Jeff Jean Baptiste
  47. Isabelle Joseph
  48. Tarrah Khan
  49. Henry Kwan
  50. Eric Lacombe
  51. Eric Lafreniere
  52. David Laroche
  53. Francois Légaré
  54. Normand Lesperance
  55. Louis Lessard
  56. Francis Letellier
  57. Liette Malenfant
  58. Nancy Marois
  59. Jessica Martin
  60. Véronique Massignani
  61. Adlane Merioud
  62. Caroline Messier
  63. Martin Meunier
  64. Josée Moreau
  65. Matthieu Ouellon
  66. Alfred Pichard
  67. Roberto Raschella
  68. Nadine Sarette
  69. Esther St-Onge
  70. Aristophanes Tsiampouras
  71. Edith Turcotte
  72. Kari Warren
  73. Chrisandra Watson
Agent.e.s d’exécution
  1. Chantal Bissonnette
  2. Stéphanie Bousquet
  3. Catherine Chilakos
  4. Natacha Da Silva
  5. Bruno Estebeteguy
  6. Snejinka Koen
  7. Marie-Claude Turgeon
  8. Isabelle Valade
  9. Dominik Verville
Conseiller.e.s en immigration
  1. Sandrine Chapados
  2. Linda Coulombe
  3. Nathalie Daoust
  4. Julie Plouffe
Assistant.e.s d’enquête
  1. Nadine Behnam
  2. Lyne Bellisario

Renseignement

Directeur.trice.s de programmes régionales
  1. Gabriel Duteau
  2. Adriano Giannini
  3. Jimmy Giguere
  4. Nicolas Légaré
  5. Silvain Loiselle
  6. Khalid Meniai
  7. Danielle Pouliot
Agent.e.s de renseignement
  1. Harinder Bhangoo
  2. Julie Charette
  3. Francois Comeau
  4. Chantal Coulombe
  5. Pierre Fortier
  6. Daniel Gariepy
  7. Serge Goneau
  8. Melanie Granger Meunier
  9. Justin Hawkins
  10. Denis Hetu
  11. Ann Joly
  12. Jeanne L Heureux
  13. Mathieu Lachance
  14. Suzanne Laferriere
  15. Richard Lamoureux
  16. Lyne Landry
  17. André Latour
  18. Lucie Leblanc
  19. Robert Leduc
  20. Silvain Loiselle
  21. Benoit Marchand
  22. Eric Martineau
  23. Hugo Morissette
  24. Eve Morrier
  25. Karine O’Connor
  26. Jeremy Pearce
  27. Sébastien Pelletier
  28. Martin Prud Homme
  29. Yannick Riopel
  30. Jessica Robichaud
  31. Louis Sanson
  32. Mark Solomon
  33. Mario St Denis
  34. Marcel Theberge
  35. Roberto Villa
Analystes du renseignement
  1. Anna Biello
  2. Marie-Julie Bouffard
  3. Manon Brunet
  4. Karine Caron
  5. Francois Chamberland
  6. Marie-Josee Delorme
  7. André Desgreniers
  8. Charles Dudemaine
  9. Nelson Guay
  10. Frédéric Letarte
  11. Barbara Martel
  12. Linda Ouellet
  13. Jean-Francois Pinard
  14. Scott Ramaglia-Mega
  15. Julie Roy
Chercheurs de renseignement
  1. Kenneth Alarcon Vilchez
  2. Éric Coutu
  3. Victoria Do Rosario
  4. Lucia Graziani
  5. Sylvie Grégoire-Trudel
  6. Hicham Kahwaji
  7. Sebastien Lavergne
  8. Mélanie Nizza
  9. Nancy Racine
Commis au renseignement
  1. Denise Lecavalier
  2. Dimitri Levin
  3. Maria Paula Manzanares

Audiences et détentions

Directeur.trice.s de programmes régionales
  1. Melanie Gosselin
  2. Isabelle Trottier
  3. Sandra Guilmette
  4. Lyne Campbell
Agent.e.s d’audience
  1. Lisa Abraham
  2. Josee Barrette
  3. Jean-Claude Bastien
  4. Jean-Christophe Berthold
  5. Josée Blackburn
  6. Chantal Boucher
  7. Myriam Paris Boukdjadja
  8. Maude Brais
  9. Maxime Brodeur
  10. Daphnee Clement
  11. Lucie Cliche
  12. Ariane Cohen
  13. Salvatore D’Aloia
  14. Jean-Francois David
  15. Miriam Ettinger
  16. G Guerrier
  17. Phoebee Jean-Pierre
  18. Sylvie Lacaille
  19. Marie-France Lambert
  20. Alexandre Lampron
  21. Anthony Lashley
  22. Melanie Leduc
  23. Farah Merali
  24. Mike Milette
  25. Valery Naamo
  26. Sonia Parsakhian
  27. Lyzann Penwarm
  28. Jessica Plourde
  29. Isabelle Poulin
  30. Zofia Przybytkowski
  31. Nadine Saadé
  32. J-D Saint-Pierre
  33. Karine Santerre
  34. Chantal Sarrazin
  35. Léa Adrienne Spigelski
  36. Gabriele Spina
  37. Ludmilla St Sauveur
  38. Ewa Staszewicz
  39. Anne-Renée Touchette
Assistant.e.s d’audiences
  1. Marylyn Andrada
  2. Beverly Beauchamp
  3. David Bouchard
  4. Fanta Camara
  5. Ketly Castel
  6. Mario Chabot
  7. Marthe Contre
  8. Anica Felicin
  9. France Fortin
  10. Diane Francoeur
  11. Daniel Hurtubise
  12. Jenneil Ifill
  13. Margaret Jones
  14. B Lebel
  15. Arnold Ng
  16. Arnaud Normand
  17. N Okbi
  18. Linda Pelletier
  19. Line Piche
  20. Sebastien Plourde
  21. Sébastien Roy
  22. Sabrina Soria
  23. Peggy Pik Wah Woo
Conseiller.e.s d’audiences
  1. Naomi Alfred
  2. Krystel Baaklini
  3. Nathalie Belanger
  4. Nada Berechid
  5. Brigitte Bilodeau
  6. Josée Cholette
  7. Michèle-Andrée Cromp
  8. Stéphanie Doiron
  9. Josiane Gauthier
  10. Nathalie Guillaume
  11. Natacha Jankovics
  12. Johanne Laforce
  13. Marie Chantal Laroche
  14. Patricia Papanagiotou
  15. Martin Rémillard
  16. Sylvie Roy
  17. Nathalie Sabourin
  18. Yan Ste Croix
  19. Michèle Théroux
  20. Lien Danielle Tremblay
  21. Alain Vadeboncoeur

Enquêtes criminelles

Directeur.trice.s de programmes régionales
  1. Genevieve Cogne
  2. Hathia Brillon
  3. Peter Storr
  4. Éric Béliveau
  5. Sébastien Foisy (Montréal)
Enquêteur.e.s (** = Montréal)
  1. Eric Allard
  2. M Aubry
  3. Annie Aubut
  4. Claude Beausejour
  5. Calvin Bedros
  6. Patrycja Brones
  7. Jean-Francois Carrier
  8. Shirley Cavanagh**
  9. Sandra Chaillou
  10. Christina Chiechi**
  11. Daniel Cote
  12. Jeremie Dion
  13. Marie-Josee Dionne
  14. Tony Dos Santos
  15. Stéphane-Patrick Dubuc
  16. Caroline Faille**
  17. Estelle Forget
  18. John Gagnon**
  19. Claudine Gariépy
  20. Sabrina Gauthier**
  21. Francois Julien Girard
  22. David Giroux
  23. Stéphane Guitard**
  24. Isabelle Jamison
  25. Alexandre Lefebvre
  26. Christine Levac
  27. Danielle Masson
  28. Edmund James Mclaughlin**
  29. Anthony Mercier
  30. Veronique Moreau
  31. Jocelyn Nadeau-Lapensée
  32. Patrick O Neill
  33. Sylvie Paquette
  34. Marie France Parent**
  35. Richard Patenaude
  36. Martin Pelletier**
  37. Michele Proulx
  38. Guy Ratte
  39. Philippe Recupero
  40. V Sabourin
  41. Mariejosee Simard**
  42. Stephanie St Pierre
  43. Nathalie Surprenant**
  44. Sylvie Thibeault**
  45. Pascale Trachy
  46. Isabelle Trinque
  47. Brigitte Watkins
Commis de supports d’enquêtes
  1. Denise Boivin
  2. S Bombardier
  3. Adela Lemus
  4. G-V Revatta
  5. Nathalie Roy

Direction*

Directrice

Annie Beausejour

Assistant.e.s directeur.trice.s
  1. Éric Caron (Enquêtes criminelles)
  2. Christine Groleau (Audiences et détentions)
  3. Maurizio Mannarino (Enquêtes et déportations)
  4. Alain Surprenant (Renseignement)

*La majorité de ces noms sont déjà publiquement accessibles.

Divers

Assistant.e.s de service C et I
  1. Masha Abdulhaq
  2. Jean-Francois Aubé
  3. Neelam Bansal
  4. Alexandre Baril
  5. Sébastien Bois
  6. Valérie Brodeur
  7. Valérie Brunet
  8. Sophie Cauchon
  9. Diane Colella
  10. Myriame Denis Charles
  11. Alain Desgagné
  12. Annie Francoeur
  13. Mirlène Gilles
  14. Marie Guenette
  15. Deborah Loverso
  16. Giovanna Marigliano
  17. A Mastrogiacomo
  18. Cong Minh Nguyen
  19. Benjamin Nicolas
  20. Daniel Nobert
  21. Julie Pilon
  22. Caroline Veillette
  23. Jocelyne Yeon
Assistant.e.s de bureaux/Assistant.e.s administratifs/Officier.e.s administratifs
  1. Sophie Archambault
  2. Julie Bois
  3. Francine Bres
  4. Judith Gosselin
  5. Céline Grégoire
  6. Diane Hachey
  7. Assunta Iasenzaniro
  8. Pauline Paradis
  9. Émilie Pélissier
  10. Diane Perron
  11. Lise Régnier
Commis d’obligation général
  1. Robert Leblanc

Un membre des III % du Québec propose de mener un « faux » attentat terroriste

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Avr 082019
 

De Montréal Antifasciste

Il eut suffi d’un clin d’œil pour passer à côté de cette histoire en novembre dernier, celle de Stéphane Dufresne (proche des III % Québec et du Front patriotique du Québec), de sa discussion privée au sujet de la nécessité d’un « fake attentat terroriste » et de ses nombreuses allusions à « des plans concrets ». Même si l’histoire est d’abord apparue en ligne en mars 2018, la seule mention de cette affaire dans les médias de masse est arrivée six mois plus tard dans un article de la Gazette. Montréal Antifasciste a par ailleurs été en mesure de tracer un lien direct entre Stéphane Dufresne et un homme soupçonné par la GRC d’avoir voulu importer des armes au Canada dans un dessein terroriste. Le contexte entourant ce fait divers étant pour le moins préoccupant, nous avons cru bon nous y pencher un peu plus attentivement.

La fuite du groupe de discussion

Tout a commencé en mars 2018, lorsque le compte Twitter Le Troupeau révélait le contenu d’une discussion privée impliquant un certain nombre d’individus actifs dans différents groupes d’extrême droite québécois. Le salon de discussion en question s’appelait « Patriotes du Québec » et était hébergé sur la plateforme MeWe (une sorte d’imitation de Facebook). Au fil de la discussion, l’utilisateur « Phénix le Patriote » (qui a plus tard changé son pseudonyme pour « Stéphane le Patriote ») laisse tomber : « Il faudrait un fake Attentat [sic] terroriste pour réveiller les crisses d’endormis question de leur fourrent [sic] la trouille », ce à quoi l’utilisateur Heinrich Himmler répond : « Ouan mais au [sic] ultra grosse précaution ». Il est bien sûr souvent difficile de différencier les paroles creuses des authentiques menaces d’action dans les réseaux sociaux, mais la réponse de « Phénix » à cette mise en garde suggère l’existence de vrais plans : « Oui, évidemment!!!! Mais t’inquiète, plusieurs actions s’en viennent ».

« Phénix le Patriote » exprime un point de vue étonnant sur le terrorisme.

Dans le même salon de discussion, « Phénix » se vante de ses prouesses au champ de tir (image 2cibles chat.jpg) et mentionne qu’il s’entraîne au Krav Maga (un assemblage de différentes techniques d’arts martiaux).

« Le Patriote » exhibe ses cibles de pratique de tir.

« Le Patriote » s’entraîne au KravMaga.

Qui participait à cette discussion?

Qui donc se trouvait dans ce groupe de discussion à l’abri des regards indiscrets? « Phénix Le Patriote », qui a changé son pseudo pour « Stéphane Le Patriote » au courant de la discussion, laisse une série d’indices exposés dans la fuite du Troupeau. Le plus flagrant de ces indices est la photo de lui-même que « Le Patriote » affiche dans le groupe de discussion, car il a eu la maladresse d’afficher une autre image de lui portant les mêmes vêtements sur son compte personnel (Stéphane Dufresne) sur Facebook:

Tuque rouge et blouson gris-vert avec un insigne des Patriotes sur le bras gauche, dans le groupe de discussion MeWe.

Tuque rouge et blouson gris-vert avec un insigne des Patriotes sur le bras gauche, sur le compte Facebook personnel de Stéphane Dufresne.

En jetant un coup d’œil au compte Facebook de Stéphane Dufresne, on s’aperçoit d’ailleurs assez vite que son profil d’utilisateur reprend le surnom « Le Patriote », tout comme son compte MeWe:

Son nom d’utilisateur Facebook est « Stéphane Dufresne (Dit Le Patriote) »

Et qu’il suit des cours de Krav Maga à Joliette:

Dufresne “feeling awesome at Dojo Yosanryu”, à son cours de Krav Maga.

La mention de Joliette correspond également avec les photos des cibles mentionnées ci-dessus, qui sont marquées du logo du Club de tir de Lanaudière, précisément situé à Joliette, Québec:

Le logo des cibles de pratique du « Patriote » correspond à celui du Club de Tir de Lanaudière.

Le blouson distinctif de Dufresne est aussi un indice clé permettant de le détecter dans les nombreuses manifestations auxquelles il a participé (voir ci-dessous), puisqu’il porte invariablement le même écusson du tricolore patriote sur le bras gauche et le drapeau du Québec sur le bras droit, comme ici, lors de la manifestation « Tout le monde se lève contre le PLQ », à Montréal, le 23 avril 2017.

Dufresne, à droite, avec le même blouson que dans le groupe de discussion sur MeWe. On reconnaît sur la même photo Robert Poulx, à gauche, et le bonehead Philippe Gendron, pantalon rouge, dans le service de « sécurité » de la manifestation « Tout le monde se lève contre le PLQ » du Front patriotique du Québec, le 23 avril 2017.

Voilà qui règle le cas de Dufresne, mais qui sont les autres individus qui prennent part à cette discussion? La personne se cachant derrière le pseudo « Heimlich Himmler » (l’un des membres dirigeants du parti nazi, numéro un des SS et principal maître d’œuvre de l’Holocauste), qui conseille à Dufresne de prendre de « grosses précautions » est lui aussi assez facile à identifier, puisque Dufresne s’adresse à lui par le nom d’Alan Kovak:

Dufresne réfère à « Heinrich Himmler » comme Alan Kovak.

Alan Kovak (de son vrai nom Martin Minna) a traîné pendant un temps avec des militant-e-s d’Atalante, comme on peut le constater dans cette photo qu’il a lui-même publiée sur Facebook, avec Shawn Beauvais-MacDonald et d’autres bozos racistes, lors d’une soirée d’affichage à Montréal ciblant des personnalités « de gauche », en janvier 2017:

La publication Facebook de Martin Minna (à droite), alias Alan Kovak.

Le voici encore qui exhibe ce qui semble être ses propres tatouages nazis – zéro points pour l’originalité, soit dit en passant:

Les (présumés) tatouages nazis de Martin Minna.

Il a aussi utilisé une photo de sa face de marde dans le salon de discussion MeWe:

L’image de profil de « Heinrich Himmler » correspond à la photo de Minna/Kovak sur Facebook.

… et fait certainement référence à la bévue épique dont il s’est rendu responsable en publiant une photo de son groupe de tarlactivistes d’Atalante lorsqu’il dit : « Me su fait prendre quand j’ai fait une job ak atalante .. next time c ultra secret [sic] »:

« Himmler » évoque sa besogne bâclée pour Atalante.

Des captures d’écran montrent aussi que Lucien Lalonde et Carl Blanchette participaient à la discussion sur MeWe; ces deux personnages sont membres ou sympathisants du Front patriotique du Québec. Lalonde a un penchant évident pour la posture macho, par exemple dans cette capture datant d’août 2017 où il suggère d’utiliser un AK-47 comme « remède » aux migrant-e-s (pour la plupart des réfugié-e-s d’origine haïtienne) qui traversaient la frontière à ce moment-là:

Lucien Lalonde est membre du Front patriotique du Québec.

Lucien Lalonde propose d’utiliser un AK-47 contre les migrant-e-s.

Carlito (Carl) Blanchette est membre du Front patriotique du Québec.

Portrait de Stéphane Dufresne

En y regardant de plus près, il y a beaucoup à apprendre sur Stéphane Dufresne à partir de ses activités en ligne.

La page « À propos » du compte Facebook de Stéphane Dufresne.

On peut voir ci-dessous qu’il travaille pour la Société de reconstitution du Bas-Canada, à « reconstituer » la Rébellion des Patriotes de 1837-1838, et qu’il gère une entreprise de construction « Constructions Stepco » à partir de son adresse résidentielle à Saint-Charles-Borromée, à proximité de Joliette:

Constructions Stepco est enregistrée comme appartenant à Stéphane Dufresne à son adresse résidentielle.

La vie est belle à Saint-Charles-Borromée, bien qu’il semble irrité par la maison bâtie à côté de chez-lui, au point d’être « a veille d’y mettre le feu » [sic]:

Dans son jacuzzi, Dufresne parle de ses projets pour la maison de ses voisins…

La liste de ses intérêts sur Facebook révèle qu’il est un partisan du nationalisme québécois « dur », du Front patriotique du Québec (le groupe où il s’implique le plus) jusqu’aux néonazis de la Fédération des Québécois de souche, ainsi que pas un, mais quatre groupes de milice : la Milice du Québec, la Milice Québecoise [sic] des Droits et Liberté du Québec, la Milice Patriotique Québécoise et la Milice Patriotique du Québec (sans parler du groupe III % Québec dont il fait partie). (Cliquez sur l’image pour l’agrandir). Ça ne l’empêche pas d’être également partisan du Parti Québécois, tout comme la plupart des autres membres du FPQ.

Un échantillon des intérêts de Dufresne sur Facebook.

Dufresne n’est pas un simple membre du Front patriotique du Québec, il est aussi administrateur de son groupe Facebook. La faible participation aux événements du FPQ et le profil démographique vieillissant des participant-e-s expliquent peut-être en partie pourquoi il réitère constamment l’urgence de « réveiller » la population.

Dufresne est l’un des administrateurs de la page Facebook du Front patriotique du Québec.

Dufresne est aussi devenu très proche des III % Québec; il se présente régulièrement pour participer à leurs contingents de « sécurité » lors de différents événements organisés par la droite identitaire, piétinant autour de manifestations dégarnies, accoutré en militaire de pacotille et prenant part à des photos de groupe… À un moment donné, il semble même s’essayer à reproduire le signe de main distinctif des III %:

Dufresne (tout à gauche) avec les GI Joe d’opérette des III % Québec.

Qui sont les III% Les III %, ou Three Percenters, sont une milice armée fondée aux États-Unis en 2008. Une bizarre imitation de leurs congénères étatsuniens, les III % canadiens, même s’ils se décrivent comme des « patriotes défendant nos droits », sont principalement obsédés par deux choses : ce qu’ils s’imaginent être une invasion de l’Islam au Canada (comme la plupart des groupes d’extrême droite), et les armes à feu. La plupart des sections locales exigent de leurs membres qu’ils aient un permis de possession et d’acquisition, et le groupe fonctionne suivant une organisation hiérarchique imitant celle de l’armée. Les III % se mobilisent généralement pour assurer la « sécurité » pour des personnalités ou des événements d’extrême droite, comme Faith Goldy ou La Meute. Au Québec, en novembre 2017, plusieurs membres ont signifié leur intention de participer à un rassemblement pro armes à feu (annulé) au site d’une commémoration de l’attentat antiféministe de Polytechnique, lors de l’anniversaire du massacre des 14 victimes (l’organisateur de cet événement manqué, Guy Morin, était aussi membre du groupe Facebook des III % Québec).

L’ironie n’échappe probablement pas à Dufresne qu’il fait maintenant partie d’un groupe « patriote » pancanadien (les III %) qui est patriotique… à l’égard du Canada! On ne peut qu’imaginer la grimace qu’il devait faire, debout sur le parterre du parlement canadien avec ses fiers congénères threepers, derrière un drapeau du Canada, alors que toute sa raison d’être semble se résumer à l’espoir d’un soulèvement armé pour réaliser l’indépendance et la séparation du Québec!

Le patriote québécois Dufresne devant le parlement canadien et derrière le drapeau du Canada. Malaise.

Dufresne est aussi membre du groupe secret de La Meute, même si le grand « manie-tout » de La Meute, Sylvain Brouillette a dit que Dufresne « n’est pas le genre de personne que l’on recherche comme membre », dans l’article de la Gazette mentionné ci-dessus.

Dufresne était toujours membre du groupe secret de La Meute au 1er janvier 2019.

Des manifs, et encore des manifs

Dufresne est certainement l’un des individus les plus présents, voire LE plus assidu, aux manifs d’extrême droite au Québec au cours des quelques dernières années. Même s’il a commencé comme une espèce d’agent libre, s’affichant autant auprès de La Meute (« Contre la motion M-103 ») que des Soldiers of Odin (pour essayer d’intimider les participant-e-s à l’événement « Learn to Resist » à l’Université Concordia) ou d’autres islamophobes random (à l’extérieur de la mosquée Ahlillbait à Montréal), il semble avoir trouvé sa place définitive avec les services de « sécurité » des III % (« Unis pour la protection des frontières », au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle, « Dehors les libéraux », à Montréal, ou contre le « Pacte mondial sur les migrations de l’ONU », à Ottawa).

Dufresne a participé à au moins dix événements publics d’extrême droite au cours des dernières années.

Le bavardage en ligne de Dufresne

Il devient vite évident, lorsqu’on examine les publications de Dufresne, qu’il est amèrement déçu de l’état actuel du mouvement indépendantiste. L’échange ci-dessous, suivant la manifestation contre le projet de loi M-103, est un exemple éloquent de cette frustration : « C’est Fini le Quebec [sic] j’ai l’impression…. ils ont trouvé le moyen de Nous [sic] écraser », « On est mal foutu ». Plus loin dans la même discussion, il dit : « va falloir sortir les “teasers” pour en réveiller une crisse de gang » (le « teaser » étant vraisemblablement un pistolet à impulsion électrique « taser »).

Dufresne croit qu’il faut sortir les “teasers” [sic] pour en réveiller « une crisse de gang ».

Il ne cache pas son islamophobie, un sentiment universellement répandu dans les cercles de la droite national-populiste, comme en fait foi l’échange ci-dessous où il déclare : « Ma religion m’interdit de me faire servir par quelqu’un qui ne respecte par [sic] mes valeurs fondamentales et qui veux [sic] m’imposer les siennes dans MON PAYS!!!!!! », suivi de : « Moi je dis : si tu n’es pas content DÉCRISSE Mais à voir ce qu’ils ont fait au Moyen-Orient … on est [sic] pas sorti de l’auberge et nos estis de gouvernements qui les laissent rentrer à pelleter [sic] ».

Dufresne : « si tu n’es pas content DÉCRISSE ».

Dufresne est aussi clairement acquis à l’idée que le Québec a besoin d’une milice. La discussion ci-dessous reprend quelques-uns de ses thèmes préférés : sa déception quant à l’état actuel des choses, ses « plans » qui sont en chantiers, et la nécessité d’une milice. Il commence ainsi : « Et boy, on en est vraiment rendu à se justifier dans notre pays?!?!?! C’est rendu grave. » De nouveau, il suggère d’acheter « des teasers » parce que « y en a qui dorment en crisse ». Plus loin dans la discussion, il dit : « Il serait temps d’une brigade (milice) Québecoise [sic] ». Plus loin encore, Martin Bédard affiche une vidéo de la Milice patriotique québécoise, une milice armée aujourd’hui défunte dirigée par un militant d’extrême droite, le Major Serge Provost. Dufresne répond : « J’ai vu tout ça déjà jsi [sic] essayé de joindre Serge provost [sic] l’automne dernier. »

Dufresne au sujet des milices.

Il a aussi publié sur la page Facebook de la Milice du Québec , qu’il « et prêt » et que « des structure [sic] sont déjà en place ».

 

Il fait par ailleurs souvent mention de ses « plans », comme dans l’échange ci-dessous où Alf Turcotte dit : « En pré élection, on croise le fer plus souvent », ce à quoi Dufresne répond : « Je l’espère .. on a plusieurs actions en branle !!!!! Ces prochaines élections auront très [sic] grande influence sur notre existence même. Et le monde dors [sic] encore au gaz!!! Chu en TBNK. »

Dufresne dit avoir « plusieurs actions en branle ».

Ou comme dans cet échange avec Dave Tregget (l’ancien leader de Soldiers of Odin Québec et fondateur de Storm Alliance) révélé par Le Troupeau, où il dit : « Dave, on a des projets-clé [sic] en mains… Voyons ce que cela donnera », ce à quoi Tregget répond : « Il faut en parler Stéphane… ». Dufresne dit alors : « très bientôt ».

Une autre référence de Dufresne à ses projets en chantier.

Des discussions ci-dessus, on constate que Dufresne est désabusé par le déclin du mouvement indépendantiste, qu’il veut donner un choc électrique aux gens pour les « réveiller », qu’il souhaite créer une milice québécoise et qu’il fait plusieurs fois allusion au fait qu’ils a « des plans ».

Liens de proximité avec un individu arrêté en vertu d’accusations liées au terrorisme

En 2017, la GRC a été alertée par les autorités américaines à l’effet qu’un Montréalais répondant au nom d’Alexandre Louis Fallara essayait de faire entrer des armes au Canada à partir des É.-U. Une enquête plus approfondie a révélé que Fallara n’était pas un simple nationaliste, mais une espèce de « National Bolchévique, ou « Nazbol », qui publiait un grand éventail de commentaires où il disait notamment être prêt à tuer ou à sacrifier sa vie pour le Québec.

Qu’est-ce qu’un « nazbol »? Bien qu’historiquement, le national-bolchévisme désigne une tendance particulière à l’intérieur du mouvement communiste international, dans le contexte de la lute antifasciste contemporaine, ce terme (souvent abrégé sous la forme « nazbol ») est une souche du néofascisme qui a surgi après la chute de l’Union soviétique, en partie sous l’influence d’éléments issus des services de sécurité de l’État soviétique. Les « nazbols » reprennent les symboles et s’identifient avec certaines parties de l’histoire des mouvements communistes et anti-impérialistes, souvent avec un accent marqué sur la période stalinienne et s’appuyant sur un antisionisme grossier. Le contenu social et internationaliste des mouvements communistes est minimisé, déformé ou éliminé, alors que les aspects conservateurs et xénophobes de leur histoire sont accentués et souvent recadré dans une perspective raciste. Le national-bolchévisme est une idéologie très éclectique; ses principales manifestations aujourd’hui présentent un nationalisme extrême, une opposition à « l’immigration de masse » (surtout celle des musulmans en Europe), un antiaméricanisme violent et une hostilité à l’égard de la « décadence » et du « libéralisme occidental », ce qui se traduit généralement par une haine des Juifs et des personnes LGTBQ. Sans y être identique, le national-bolchévisme se rapproche de l’idéologie de la « quatrième position » d’Alksandr Dugin, et les deux ont été soutenus par certains éléments de l’État russe sous la gouverne de Vladimir Poutine.

Comme La Presse l’a rapporté dans un article daté du 22 juillet 2017, la GRC a appréhendé Fallara en vertu de l’article 810.2 (3) du Code criminel, qui donne à l’État le pouvoir d’imposer des conditions à une personne soupçonnée d’avoir l’intention de commettre un crime violent, même si la personne n’a encore commis aucun geste criminel. Ses conditions lui interdisent d’avoir en sa possession des armes, des explosifs ou ce que la Couronne décrit comme « du matériel terroriste ». (Même si nous sommes complètement opposés à ce que nous connaissons des orientations politiques de Fallara, les possibles répercussions de cet instrument de contrôle en matière de répression ne devraient pas échapper aux lecteurs et lectrices…)

Enterré dans le dernier tiers de l’article, on apprend que Fallara s’est aussi vu interdire de parler avec son ami, Stéphane Dufresne. Cela soulève évidemment la question : serait-il possible qu’il s’agisse du Stéphane Dufresne qui fait l’objet de cet article?

Par chance, les comptes Facebook et VK de Fallara sont toujours en ligne et non censurés (il lui est interdit d’utiliser les médias sociaux, mais ses comptes sont restés intacts depuis la date de son procès). Sur son profil VK.com, sous le pseudonyme Vladimir-Velikayavich Zaytsev-Zorrov, on peut le voir avec le même déguisement que sur la photo illustrant l’article de La Presse.

Une photo de Zaitsev/Fallara avec le même costume que dans l’article de La Presse.

Son profil VK.com compte encore un grand nombre de statuts de type « appels aux armes », comme celui-ci, où il indique : « je m’en fou [sic] si je vais en prison ou [sic] si je me fais tué [sic] ou si je me fais éxécuté [sic]. (…) J’en serais fier si le people Québécois [sic] se lève enfin ». Il mentionne également, assez mystérieusement : « Cependant je ferais un autre souhait. Notre deuxième en commande [sic] prendra ma relève si quelque chose devrait [sic] m’arriver. » Plus tard dans ce même statut, il écrit : « Si ce que j’ai l’intention de préparer se produit et que j’arrive à avoir de quoi (je ne vais rien élaborer icitte sur FB) sâches [sic] que notre révolution commencera avec un gros BOOM. »

Un statut de Fallara qui a probablement attire l’attention de la GRC.

Il a raccourci son nom à Vladimir Zaitsev sur Facebook, et son compte est encore tel qu’il l’a laissé quand ses conditions lui ont été imposées. Son mur est tapissé d’un mélange toxique de nationalisme québécois, d’islamophobie et d’homophobie.

Quelques unes des centaines de photos haineuses que Fallara a relayées sur Facebook.

Il se trouve Que Falarra était bel et bien ami avec notre Stéphane Dufresne : on peut voir qu’il a commenté une photo de la façade de son domicile que Dufresne a publié en privé.

Vladimir Zaitsev (Alexandre Fallara) affichant un commentaire encourageant sous une photo privée de Dufresne.

Il semblerait que les deux soient en fait de très bons amis, se référençant mutuellement sur de nombreux statuts, comme dans celui-ci où Dufresne est taggué, qui semble indiquer une espèce de lien d’amitié (les deux s’appellent « tovarisch » à tours de bras, ce qui signifie camarade, ou ami).

Amitié évidente entre Dufresne et Fallara.

Dans un autre statut, Fallara indique qu’il est « avec Stéphane Dufresne et 3 autres personnes » et il appelle Dufresne « l’un ne nos camarades patriotes les plus déterminés ».

Fallara et Dufresne s’échangent des bons mots.

Comme l’on pourrait s’y attendre, ils discutent également d’éventuels soulèvements violents, comme dans l’interaction suivante, où Fallara demande en russe, « Quand est-ce qu’on va à la guerre… », ce à quoi Dufresne répond, « Actuellement ».

Fallara demande « Quand est-ce qu’on va à la guerre… »

Dufresne est aussi taggué dans une vidéo super louche où Fallara fait des katas dans son salon avec un couteau de cuisine, sous laquelle il dit que « ça sera pratique en combat rapproché ».  Dufresne « like »la vidéo…

Fallara se fait aller le couteau, ce que “like” Dufresne.

Dans un autre statut de Fallara, où il vante les vertus du soulèvement armé (et où il taggue à nouveau Dufresne), on constate que Dufresne rétorque peu après avec le commentaire laconique : « milice citoyenne ». Commentaire apprécié en retour par Fallara.

Stéphane Dufresne et Alex Fallara semblent tous les deux avoir une affection particulière pour les milices et les soulèvements armés.

Fallara a finalement été cueilli par la GRC et est visé par des accusations liées au terrorisme, et l’une de ses conditions est de ne pas s’associer  avec son ami Stéphane Dufresne. Cela soulève immédiatement des questions : pourquoi Stéphane Dufresne a-t-il été nommé dans le dossier de Fallara? Et était-il impliqué dans le même type d’activité qui a valu à Fallara les soupçons de la police et ces graves accusations?

Conclusion

Lorsque la fuite de la discussion privée a été révélée par Le Troupeau, nous avons appris que Stéphane Dufresne parlait de la nécessité de faire un faux attentat terroriste pour « réveiller les crisse d’endormis » et qu’il avait « plusieurs actions en branle ». C’est en soi assez préoccupant, mais un examen plus attentif de son activité en ligne permet de dégager le portrait d’un homme présentant d’autres signes alarmants : qui répète constamment qu’il veut réveiller les gens, qui se pratique au tir et aux techniques de combat à mains nues, qui cherche la parfaite formule pour une milice québécoise (mais qui en attendant s’est associé à une organisation de milice pancanadienne), et fait plusieurs allusions à de mystérieux « plans ».

Nous sommes bien conscient.e.s que cette histoire est trouble : nos propres convictions politiques s’inscrivent directement contre le programme répressif et soi-disant antiterroriste de l’État, c’est d’ailleurs pourquoi nous éprouvons le besoin de mener nos propres enquêtes. Bien que nous ne soyons pas en mesure d’exploiter les sources de l’État, nous ne pouvons pas exclure ce que nous apprenons de leurs enquêtes et manœuvres. Dans un contexte où les actes violents de l’extrême droite « révolutionnaire » se multiplient, nous devons rester vigilant.e.s, tout en cherchant à répondre aux difficiles questions : quoi faire et comment intervenir efficacement.

Voilà par ailleur un autre exemple de la pollinisation croisée et de la socialisation entre les différents groupes d’extrême droite au Québec : nous voyons de plus en plus les miliciens des III % assurer la « sécurité » dans les manifestations des groupes nationalistes « durs », et dans ce cas-ci on voit un néonazi impénitent (Martin Minna) discuter secrètement de plans indéfinis avec des « patriotes » (Dufresne et Lalonde). L’extrême droite locale continue de se fragmenter et de se reconfigurer de différentes manières, et doit être confrontée sous toutes ses formes à chaque occasion.

Aidez à construire un nouveau camp de résistance sur le territoire Wet’suwet’en!

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Avr 082019
 

De Sovereign Likhts’amisyu

Camp de construction Likhts’amisyu ce printemps : 28 AVRIL 2019 – 18 MAI 2019

Le Clan Likhts’amisyu, un des cinq clans de la nation Wet’suwet’en, fera bientôt une nouvelle réclamation territoriale permanente sur son territoire pour affirmer sa souveraineté. Pour ce faire, ils et elles demandent du support pour le Camp printanier de construction qui devrait débuter le 28 avril 2019.

Depuis près de dix ans, les Wet’suwet’en ont résisté à la construction de nombreux projets d’oléoducs et de gazoducs censés transporter le bitume des sables bitumineux de l’Alberta et le gaz du nord-est de la Colombie-Britannique vers la côte du nord-ouest à fins d’exportation. Le Camp Unist’ot’en a été le point focal de ces efforts, comme camp de réoccupation territoriale construit directement sur le trajet de l’oléoduc proposé. Ces années de résistance ont causé le retard ou l’annulation de projets de plusieurs milliards de dollars. Or, cet hiver, la compagnie de l’oléoduc Coastal GasLink a obtenu une injonction et la GRC a fait une descente sur le point d’accès Gidim’ten, établi sur la route menant au camp Unist’ot’en. Plusieurs jours plus tard, CGL et la GRC ont franchi le portail donnant accès au camp Unist’ot’en.

Il est important que les gens se rendent compte que cette bataille est loin d’être terminée. Les événements de décembre et janvier doivent être compris comme une phase dans une lutte qui dure depuis une décennie. Une nouvelle phase de la lutte commencera au printemps cette année, et elle pourrait s’avérer décisive puisque l’une des stratégies consiste à bloquer CGL à plusieurs endroits. Au début décembre il y avait un seul camp de résistance sur le territoire Wet’suwet’en. Aujourd’hui, il y en a trois et un quatrième s’apprête à commencer. Nous encourageons toutes les personnes voulant défendre les territoires à planifier de participer à la lutte en territoire Wet’suwet’en au printemps et à l’été prochains.

Le Camp souverain Likhts’amisyu bénéficie du leadership des deux chefs warriors renommés Smolgelgem et Dsahayl. Smolgelgem (aussi connu sous le nom de Toghestiy et Warner Naziel) est un cofondateur du camp Unist’ot’en. Il a été une force motrice de la résistance Wet’suwet’en et de la souveraineté autochtone sur l’île Tortue. Dsahayl, aussi chef Likhts’amisyu, a pour expérience des décennies de lutte pour les droits des Wet’suwet’en, particulièrement en ce qui a trait à la conservation et à la pêche. Les deux chefs s’organisent avec l’appui entier de leur clan.

Le nouveau camp Likhts’amisyu sera positionné stratégiquement afin d’empêcher la compagnie Coastal GasLink de forcer le passage de leur oléoduc sur les territoires Wet’suwet’en.

Les chefs déclarent : « Nous construirons des bâtiments permanents sur notre territoire afin de faire valoir nos droits précoloniaux et notre juridiction sur nos terres. Nous demandons l’aide de bénévoles pour lever des fonds, construire une cabane, une cuisine/salle à manger, et une maison-dortoir, de même que les bâtiments adjacents.

Nous planifions que la construction se déroulera entre le 28 avril et le 18 mai. Cette initiative démarrera avec la préparation du site et la planification logistique avant le 28 avril 2019. Ça se poursuivra probablement après le 18 mai 2019, pour terminer la construction des projets.

Nous cherchons des personnes avec de l’expérience en charpenterie, en électricité et en construction en pièce sur pièce. Nous sommes aussi disposés à inviter des gens ayant peu d’expérience dans les métiers de la construction mais qui sont solides et qui veulent aider avec les projets de construction. Voici une bonne opportunité pour apprendre des savoir-faire avec des gens de métier qualifiés. Nous espérons aussi faire un grand jardin sur le site pour cultiver de la nourriture. Les personnes ayant des compétences en cuisine et en premiers soins sont aussi essentielles pour le camp. »

Nous cherchons de l’aide dans d’autres domaines aussi, comme avec le financement. Si vous voulez aider d’une quelconque façon, s’il-vous-plaît n’hésitez pas à communiquer avec nous.

Pour plus d’information, visitez le www.likhtsamisyu.com ou envoyez un email à likhtsamisyu@gmail.com et/ou lihtsamisyu@riseup.net.

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De Likhts’amisyu souverain

Camp de construction Likhts’amisyu ce printemps : 28 AVRIL 2019 – 18 MAI 2019

Le Clan Likhts’amisyu, un des cinq clans de la nation Wet’suwet’en, fera bientôt une nouvelle réclamation territoriale permanente sur son territoire pour affirmer sa souveraineté. Pour ce faire, ils et elles demandent du support pour le Camp Printanier de Construction qui devrait débuter le 28 avril 2019.

Depuis près de dix ans, les Wet’suwet’en ont résisté à la construction de nombreux projets d’oléoducs et de gazoducs censés transporter le bitume des sables bitumineux de l’Altanta et le gaz du nord-est de la Colombie-Britannique vers la côte du nord-ouest à fins d’exportation. Le Camp Unist’ot’en a été le point focal de ces efforts, comme camp de réoccupation territoriale construit directement sur le trajet de l’oléoduc proposé. Ces années de résistance ont causé le retard ou l’annulation de projets de plusieurs milliards de dollars. Or, cet hiver, la compagnie de l’oléoduc Coastal GasLink a obtenu une injonction et la GRC a fait une descente sur le point d’accès Gidim’ten, établi sur la route menant au camp Unist’ot’en. Plusieurs jours plus tard, CGL et la GRC ont franchi le portail donnant accès au camp Unist’ot’en.

Il est important que les gens réalisent que cette bataille est loin d’être terminée. Les événements de décembre et janvier doivent êtres compris comme une phase dans une lutte qui dure depuis une décennie. Une nouvelle phase de la lutte commencera au printemps cette année, et elle pourrait s’avérer décisive puisque l’une des stratégies consiste à bloquer CGL à plusieurs endroits. Au début décembre il y avait un seul camp de résistance sur le territoire Wet’suwet’en. Aujourd’hui, il y en a trois et un quatrième s’apprête à commencer. Nous encourageons toutes les personnes voulant défendre les territoires à planifier participer à la lutte en territoire Wet’suwet’en au printemps et à l’été prochains.

Le Camp Souverain Likhts’amisyu bénéficie sur leadership des deux chefs warriors renommés Smolgelgem et Dsahayl. Smolgelgem (aussi connu sous le nom de Toghestiy et Warner Naziel) est un cofondateur du camp Unist’ot’en. Il a été une force motrice de la résistance Wet’suwet’en et de la souveraineté autochtone sur l’île Tortue. Dsahayl, aussi chef Likhts’amisyu, a pour expérience des décennies de lutte pour les droits des Wet’suwet’en, particulièrement en ce qui a trait à la conservation et à la pêche. Les deux chefs s’organisent avec l’appui entier de leur clan.

Le nouveau camp Likhts’amisyu sera positionné stratégiquement afin d’empêcher la compagnie Coastal GasLink de forcer le passage de leur oléoduc sur les territoires Wet’suwet’en.

Les chefs déclarent : « Nous construirons des bâtiments permanents sur notre territoire afin de faire valoir nos droits précoloniaux et notre juridiction sur nos terres. Nous demandons l’aide de volontaires pour lever des fonds, construire une cabane, une cuisine/salle à manger, et une maison-dortoir, de même que les bâtiments adjacents.

Nous planifions que la construction se déroulera entre le 28 avril et le 18 mai. Cette initiative démarrera avec la préparation du site et la planification logistique avant le 28 avril 2019. Ça se poursuivra probablement après le 18 mai 2019, pour terminer la construction des projets.

Nous cherchons des personnes avec de l’expérience en charpenterie, en électricité et en construction en pièce sur pièce. Nous sommes aussi disposés à inviter des gens ayant peu d’expérience dans les métiers de la construction mais qui sont solides et qui veulent aider avec les projets de construction. Voici une bonne opportunité pour apprendre des savoir-faire avec des gens de métier qualifiés. Nous espérons aussi faire un grand jardin sur le site pour cultiver de la nourriture. Les personnes ayant des compétences en cuisine et en premiers soins sont aussi essentielles pour le camp. »

Nous cherchons de l’aide dans d’autres domaines aussi, comme avec le financement. Si vous voulez aider d’une quelconque façon, s’il-vous-plaît n’hésitez pas à communiquer avec nous.

Pour plus d’information, visitez s’il-vous-plaît le www.likhtsamisyu.com ou envoyez un email à likhtsamisyu@gmail.com et/ou lihtsamisyu@riseup.net.

Ctrl-Alt-Delete : Le développement de l’intelligence artificielle à Montreal

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Avr 052019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Nos vies sont de plus en plus affectées par les algorithmes qui influencent nos relations des uns avec les autres et avec le monde qui nous entoure. En analysant nos comportements, nos préférences, nos réseaux et plusieurs autres aspects de nos vies, celleux qui exercent du pouvoir sur nous se gardent toujours une longueur d’avance. Ce qui est en jeu, c’est notre capacité d’avoir des secrets, de résister, d’agiter, d’attaquer ce qui détruit tout ce que nous aimons et qui protége tout ce que nous détestons. On doit lutter contre le nouveau panoptique.

Depuis quelques années seulement, Montréal est devenu une plaque tournante du développement en la matière, reconnu mondialement. Des centaines de milliers de dollars ont été alloué à multiples entreprises qui offrent maintenant des tonnes d’emplois pour jeunes professionnels branchés spécialisés dans ce domaine. À la fin de 2018, une entente de principe concernant le développement de l’IA à Montréal a été rédigée. Ces principes ont été écrits par quelques-un des plus gros joueurs en IA dans l’intention d’adresser les préoccupations du publique quant au potentiel de ces nouvelles technologies. Le document ayant pour titre La déclaration de Montréal, énumère dix principes ridicules et inatteignables telles que: « Le développement de l’IA devrait ultimement viser le bien-être de tous les êtres sentients ». Ces maigres tentatives de manœuvres de relations publiques par les ingénieurs du contrôle social ne sont pas surprenantes. L’IA pourra être intégrée sous peu à presque toutes les sphères; santé, sécurité, industries, finance, etc. Dorénavant, n’importe quelle entreprise qui désire être compétitive sur le marché devra intégrer l’IA à son fonctionnement. Toutes les sphères de l’État en feront usage également. Nous entendons par cela que les capacités de contrôle, de surveillance et d’intervention militaire seront rapidement accentuées. Nous croyons qu’il peut être utile de mettre en lumière différents projets dans la ville afin de démontrer l’intention de certains joueurs importants. Dans l’objectif de susciter la conversation et de développer des idées d’interventions, nous avons choisi de cartographier l’industrie de l’IA à Montréal ainsi que ses alliés.

Le milieu de l’IA à Montréal est extrêmement interconnecté. Des dizaines de compagnies travaillent ensemble pour développer simultanément des systèmes d’IA pour une variété de fins économiques, sociales et politiques. L’institut québécois en intelligence artificielle (Montreal Institute of Learning Algorithms- MILA), rattaché à l’Université de Montréal (UdM), est l’une des plus importantes institutions en terme de recherche et de coordination de projets. D’après Valérie Pisano, la présidente du MILA, « aujourd’hui, il y a un buzz autour de Montréal et l’intelligence artificielle, nous sommes un des leader mondial en terme de création, de production et d’inspiration de talents ».

La mission du MILA, d’après leur site internet, est de fédérer les chercheur.euse.s dans le domaine du Deep Learning et du Machine Learning (voir FAQ pour les définitions). Ils veulent partager leurs infrastructures, leurs connaissances et leurs savoirs avec de multiples entreprises pouvant bénéficier des opportunités ouvertes par leurs recherches.

« Le laboratoire de Machine Learning à l’Université de Montréal est dirigé par quelques professeurs, Prof.Yoshua Bengio, Prof. Aaron Courville, Prof. Pascal Vincent, Prof. Roland Memisevic, Prof. Christopher Pal, Prof. Laurent Charlin et Prof. Simon Lacoste-Julien, qui sont tous des experts internationaux en Machine Learning et plus spécialement dans le champs du Deep Learning qui se développe rapidement. » Le MILA a aussi des bureaux dans le O Mile-Ex, situé dans le quartier Parc-Extension, au 6666 Saint-Urbain.

Le O Mile-Ex fait partie de la stratégie du MILA de mettre en place une plateforme pour la collaboration, le partage des infrastructures et pour fournir l’accès aux résultats de leurs recherches à un ensemble de compagnies. Cet espace accueille de nombreuses entreprises spécialisées en recherche et en développement dans les domaines du deep learning, de la défense, de la sécurité et du transport.

Des institutions telles que Thales, QuantumBlack, l’Institut de la valorisation des données (IVADO) et Element AI ont leurs bureaux au O Mile-Ex. Cet immeuble, dont les plans architecturaux avaient été conçus par la firme Lemay (connue pour avoir dessiné les plans de postes de police, d’une prison pour migrant.es, etc) est une force hostile aux résident.es de Parc-Ex. Non seulement ces projets vont sans doute affecter négativement les vies des gens qui y vivent, mais ils contribuent à l’embourgeoisement de ce quartier à forte population immigrante dans l’objectif d’accommoder les développeurs techno et les étudiant.es qui y travaillent.

Yoshua Benjio, professeur et directeur au MILA, est l’un des pionniers reconnu internationalement dans la recherche en intelligence artificielle. Son expertise a été sollicitée par plusieurs institution depuis une dizaine d’années. Bien que Benjio et son équipe prétendent être fermement opposés à l’utilisation de l’IA pour le développement d’armes, le MILA semble collaborer avec Thales. Thales Canada développe et offre des systèmes d’information pour la défense et la sécurité, l’aérospatiale et le marché du transport au Canada et à travers le monde. Ils offrent des systèmes de commande, de contrôle, de communication et de systèmes informatiques intelligents de surveillance et de reconnaissance, des produit de protection des forces armées, des radars et des appareils de vision nocturnes. Thales a ouvert son propre laboratoire privé dans le O Mile-Ex. Cette proximité physique du MILA laisse croire qu’il y a de la collaboration entre les chercheurs.

Le MILA a aussi accepté 4,5 millions de dollars en trois ans de la part de Google – qui nous amène à nos prochains joueurs dans l’industrie de l’IA à Montréal : Hugo Larochelle, Shibl Mourad et Aaron Brindle. Hugo est le directeur de recherche en intelligence artificielle de Google à Montréal et il travaille au laboratoire Google Brain; Shibl est l’ingénieur techno en chef des bureaux de Google à Montréal; et Aaron est le responsable des communications chez Google Canada. Google planifie doubler ses capacités d’opération à Montréal d’ici 2020, alors qu’ils déménageront leur bureau actuel du 1253 McGill College vers un espace deux fois plus grand au 425 Viger ouest.

Google fourni sa technologie d’IA au département de la défense des États-Unis pour le ciblage des attaques de drones. Ils ont tenté de faire de l’ombre sur cette collaboration en passant par un intermédiaire, une compagnie de tec du nord de la Virginie nommée ECS Federal. Ils utilisent le deep learningpour aider les analystes de drones à interpréter les nombreuses données d’images prises par les flottes de drones militaires dans des pays tels que la Syrie et l’Irak. Que ce soit le député américain et secrétaire de la défense Robert Work qui parle de travailler avec ECS/Google sur la guerre algorithmique développée pour « accélérer l’intégration du big data et du machine learning dans le département de la défense » et de « transformer l’énorme volume de données accessibles au département de la défense en renseignements rapidement exploitables, » ou bien les appareils Google qui normalisent l’usage des traces numériques telles que les empreintes vocales, la localisation GPS, les historiques de recherches, les préférences et beaucoup plus, ces types de développement ainsi que les futurs projets de Google devraient être reconnus pour ce qu’ils sont: des outils de contrôle fait pour réinventer les façons de faire circuler le capital et de gouverner le monde. Il n’est pas évident de savoir quels projets sont spécifiquement développés à Montréal, mais les avancées technologiques faites dans un champ peuvent facilement être recyclées et adaptées à plusieurs autres champs. Cet arsenal de domination est développé par des compagnies et des personnes qui travaillent ici à Montréal. De tels développements sont utilisé partout dans le monde pour surveiller les communautés, pour faire taire la dissidence et pour limiter la capacité des gens d’attaquer l’ordre existant.

Google, une filiale de Alphabet, est si omniprésent qu’il fait maintenant parti de notre langage en verbe. Mais derrière son image techno cool du 21e siècle, se cache un modèle d’entreprise basé sur le capitalisme de la surveillance. Les exemples incluent :

Depuis le début de 2017, les téléphones Android collectent les adresses des antennes de téléphone à proximité – et cela même lorsque le service de GPS est désactivé – puis envoie ces données à Google. Le résultat est que Google, l’unité d’Alphabet derrière Android, a accès à des données de localisation et de mouvements des individus allant bien au-delà de ce à quoi les utilisateurs s’attendent en termes de vie privée.

À Toronto, Google est impliqué dans le projet de ‘Smart City’. Sa compagnie-sœur Side Walk Labs est spécialisée en la matière. Ce terme cool désigne une ville où le mobilier urbain est équipé de capteurs pouvant détecter, analyser et collecter les informations en temps réel, se trouver à tous les coins de rues, installés dans le sol ou attachés aux murs. Tous le monde sera surveillé, dans l’intérêt de l’efficacité ou de la réduction des coûts.

Les machines prennent de plus en plus de décisions qui influencent tous les aspects de nos vies. Les gens sont devenus de simples numéros : qui peut avoir accès au crédit, combien coûte les assurances, qui a le droit de prendre l’avion, qui se fait tuer par un drone? Cela peut seulement être possible par la collecte d’informations par des compagnies comme Google.

(de FuckoffGoogle.de, site web de lutte contre Google en Allemagne)

Tous les suspects habituels sont aussi très actifs à Montréal. Pour l’instant, le projet de recherche en intelligence artificielle de Facebook (FAIR) dirigé par Joëlle Pineau, travaille activement sur le projet de l’Internet des objets (voir définition), et Microsoft possède le laboratoire Maluuba spécialisé en deep learning et a pour objectif de doubler sa taille d’ici 2020 pour accueillir 80 ingénieurs. Le président de Microsoft, Brad Smith, « est enthousiaste de s’engager avec des facultés, des étudiants et avec la communauté tec en générale à Montréal, qui devient une plaque tournante mondiale de recherche et d’innovation en IA. »

Plusieurs entreprises autant gigantesques mais moins connues, travaillent aussi à Montréal. CGI est une compagnie basée ici, avec des centaines de bureaux à travers le monde. Fondée en 1976 par Serge Godin et André Imbeau en tant que firme de consultation en technologie de l’information, ils ont rapidement étendu leurs activités vers de nouveaux marchés et ont acquis d’autre compagnies. Ils possèdent de la clientèle dans un vaste éventail d’industries dont plusieurs dans le service financier, la sécurité publique (les forces policières) et la défense. CGI développe aussi des produits et des services pour les marchés de la communication, de la santé, manufacturiers, pétroliers, gaziers, de la poste et de la logistique, de la vente au détail et du service à la clientèle, des transports et des services publics. Sur leur site web, CGI dit travailler au développement du deep learning, de l’internet des objets, de la réalité augmentée, de villes intelligentes et d’outils d’analyse de données automatisés.

Une autre firme, Deloitte, a des bureaux à Montréal et des clients de San Diego à Buenos Aires en passant par l’Inde. Ils s’inspirent de cas d’étude dérangeants de prédictions policières et de répression par la foule. Voici quelques exemples venant de leur site web :

Les émeutes de 2011 à Londres fut un moment incroyablement chaotiques. Il y a eut plus de 20 000 appels d’urgence à la police, soit une hausse de 400% par rapport à un jour normal; et presque 2200 appels au London Fire Brigade, ce qui est quinze fois plus qu’à l’habitude. Pour faciliter l’arrestation des personnes impliquées, l’aide d’une application de téléphone intelligent était de mise. La police métropolitaine de Londres a pu identifier 2880 suspects dans la foule. Les autorités ont demandé aux citoyens de télécharger l’application Face Watch ID et de les aider à identifier les personnes dans les images captées depuis les caméras de surveillances. Si une image leur était connue, les citoyens écrivaient le nom ou l’adresse de la personne, qui était envoyé à la police immédiatement et en toute confidentialité. Cela a effectivement permis à la police d’appréhender les suspects et de déposer des accusations contre 1000 personnes.

Dans une ville de plus de 4 millions d’habitants avec un niveau de crime ayant augmenté en 2015, toutes catégories confondues, le département de la police de Los Angeles a su qu’il devait agir. Pour aider à la lutte contre le crime, Los Angeles a piloté un nouvel outil en incorporant l’un des meilleur outil de la pensée sécuritaire intelligente (Smart Security) : PredPol. La mission de PredPol est simple: positionner des officiers au bon endroit au bon moment pour leur donner la meilleur chance de prévenir le crime. Cet outil, piloté par les départements de la police de Los Angeles et de Santa Cruz, utilisent trois points de données – les types, les emplacement et les heures de crimes passés – dans le but de prédire le comportement criminel. Ces points de données alimentent un algorithme unique qui incorporent les modèles de comportements criminels. Les forces de l’ordre reçoivent ensuite des prédictions de crime adaptées, générées automatiquement pour chaque quarts de travail dans leur juridiction. Ces prédictions sont extrêmement spécifiques et révèlent les lieux, cartographiés à coup de 500 par 500 pieds et les moment desquels les crimes sont les plus susceptibles de survenir. Bien qu’il ne soit qu’un projet pilote, PredPol a déjà fait baisser le niveau de crime de 13% dans une de ses divisions.

L’outil d’évaluation du risque et des sentences ( Risk Assessment and Sentencing Tool or RAST) est un moteur complexe d’analyse de données qui aide à classifier les délinquants en tant que risque faible, moyen, ou haut, et suggère des recommandations de sentences ciblées basées sur une foule de facteurs spécifiques à chaque cas. Le RAST explore une vaste mine de données à travers de multiples États et juridictions, en comptant autant sur les facteurs statiques que dynamiques. Les facteurs statiques sont des circonstances inchangeables liées aux crimes et aux délinquants, comme le type d’offense, l’age actuel, l’historique criminel et l’age de la première arrestation. Les facteurs dynamiques, appelés parfois les facteurs criminologéniques, peuvent être influencés par des interventions et incluent l’attitude, les associations, les substances utilisées et les types de personnalités antisociales. Le RAST est plus avancé et plus utile pour les juges, les jurées et agents de libération conditionnelles de trois façons spécifiques. D’abord, depuis que l’institut de la Justice du département de la justice nationale l’administre au niveau fédéral, il compte sur un ensemble particulièrement large de données à l’échelle nationale. Ensuite, les données sont continuellement réévaluées pour leur validité prédictive : elles sont révisés annuellement pour déterminer à quelle fréquence RAST classifie correctement les délinquants, s’il compte sur les facteurs dynamiques et statiques et s’il prend des décisions de sentence efficaces par la mesure du taux de récidive. Finalement, RAST diffère des outils traditionnelles d’évaluation des risques parce qu’il tient compte de plus d’éléments que les réponses de questionnaire. Les facteurs statiques et dynamiques sont utilisés en combinaison avec les données spécifiques en temps réel comme par exemple le comportement d’un délinquant et la localisation.

D’ailleurs, le barreau canadien discute présentement de l’application de l’intelligence artificielle dans le domaine juridique. L’expert de la question, Karim Benyekhlef est responsable du laboratoire en Cyberjustice, à l’UdM.

La compagnie Fujitsu se fait aussi remarquer dans la ville. Montréal prévoit signer un contrat de 2 millions $ avec la compagnie japonaise pour rendre la ville plus intelligente. Fujitsu est sensé développer un système qui aiderait à ordonner la circulation dans l’objectif d’améliorer le temps de réponse en cas d’urgence. La compagnie mettra en réseau toutes les caméras de circulation de la ville afin d’analyser les flux dans le but d’augmenter leur efficacité et de surveiller de près les mouvements.

Pourquoi toutes ces institutions choisissent Montréal? En partie à cause de la recherche en cours et de la main d’œuvre qualifiée qui s’est établie depuis plus de dix ans, mais aussi grâce à la promotion créée par l’État et les ONG. En septembre 2016, le Fonds d’excellence en recherche Apogée Canada a alloué 84 M$ à l’université McGill pour leur initiative Healthy Brains for Healthy Lives (HBHL) et 93,5 M$ à l’Université de Montréal pour l’Institut de valorisation des données (IVADO). En mars 2017, 40 M$ des 125 M$ de la stratégie pan-canadien d’IA du gouvernement du Canada administrée par l’Institut canadien pour la recherche avancée (CIFAR) ont été alloués à Montréal. Au printemps 2017, 100 M$ ont été alloués par le gouvernement du Québec pour la création d’un nouvel institut québécois pour l’IA. En mars 2018, le gouvernement du Québec a annoncé un don de 5 M$ pour l’établissement d’une organisation internationale sur l’intelligence artificielle et de 10 M$ sur les prochains cinq ans à NEXT.AI et à CLD, des initiatives du HEC Montréal. SCALE.AI, maintenant partenaire de NEXT.AI, est un nouveau consortium qui formera une plate-forme mondiale de châines logistique fonctionnant avec l’IA. En décembre 2018, le Gouvernement du Canada a remis 230M$ à ce nouveau géant dirigé par Hélène Desmarais, épouse de Paul Desmarais – président de PowerCorp. Cette dernière est aussi présidente exécutive d’IVADO.

Allons un peu plus loin

Cette recherche du réseautage des joueurs importants en intelligence artificielle à Montréal n’est absolument pas complète. Cette liste se rallonge et l’industrie n’a pas fini de se développer. Cela peut servir de point de départ pour continuer à approfondir le sujet. Bien que la portée de ces projets semblent couvrir tous les domaines, les chances sont que la plupart des développements et des applications de ces technologies sont encore à leurs débuts et assez vulnérables. Néanmoins, la possibilité que ces projets atteindront leur aboutissement dans un futur proche est très probable. Nous aimons penser que par nos actions, nous pouvons inspirer les gens à attaquer ces nouveaux systèmes de domination et de contrôle social. À travers les conversations et la recherche, nous pouvons trouver les faiblesses de ces architectes de la complaisance et attaquer.

– des individus contre l’autorité

Avril 2019, Montréal // Tio’ti:ake

 

FAQ

Qu’est-ce que le l’apprentissage automatique (Machine Learning ou littéralement apprentissage machine)?

L’apprentissage automatique est un champ d’étude de l’intelligence artificielle dans le champs de l’informatique qui se fonde sur des approches statistiques pour donner auxordinateurs la capacité d’«apprendre» à partir de données, c’est-à-dire d’améliorer leurs performances à résoudre des tâches sans être explicitement programmés pour chacune.

Si l’apprentissage automatique est souvent décrite comme une sous- discipline de l’IA, c’est mieux de la penser comme sa forme actuelle. C’est le champ de l’IA qui aujourd’hui promet le plus et qui fournit les outils que l’industrie et la société peut utiliser en ce moment.

Qu’est-ce que l’apprentissage profond (deep learning)?

L’apprentissage profond est un sous-ensemble particulier de l’apprentissage automatique. Alors que cette branche de la programmation peut devenir très complexe, elle commence par une question simple : « Si nous voulons qu’un ordinateur agisse de façon intelligente, pourquoi ne pas le modeler d’après le cerveau humain? » Cette seule pensée a engendrée de nombreux efforts dans les dernières décennies pour créer des algorithmes qui miment la façon dont le cerveau humain fonctionne – et qui peuvent résoudre des problèmes de la manière dont le cerveau humain peut le faire. Ces efforts ont donné lieu à des outils d’analyse de plus en plus compétents qui sont utilisés dans de nombreux domaines différents.

Qu’est-ce que l’Internet des Objets?

L’Internet des Objets, c’est le concept de connecter n’importe quel appareil avec un interrupteur ouvert et fermé à internet (et/ou les uns aux autres). Cela inclut n’importe quoi; téléphones portables, cafetières, machines à laver, écouteurs, lampes, technologie portable et presque n’importe-quoi d’autre à quoi on peut penser. Cela s’applique aussi aux composantes de machines comme par exemple le moteur d’un avion ou la foreuse d’une plateforme pétrolière. Le point est que les données circulent dans un réseau d’items interconnectés pour rendre le tout « intelligent ».

Exemple:

Vous rentrez chez vous le soir. Votre maison intelligente vous reconnaît et règle automatiquement éclairage, température, ambiance sonore. Tous vos objets jacassent entre eux. « Quoi de neuf ? », demande votre ordinateur à votre téléphone portable, votre appareil-photo, votre MP3 et tous vos objets nomades intelligents, qui lui communiquent leurs données du jour. Votre frigo intelligent, lui, note que vous mangez le dernier yaourt, et passe aussitôt commande via Internet. Il vous propose les recettes réalisables avec vos provisions. Vos enfants sont rentrés, mais vous le saviez déjà grâce au message reçu sur votre mobile, lorsqu’ils ont scanné leur cartable en arrivant à la maison. Ils sont occupés avec leur lapin électronique qui leur lit un livre intelligent, scanné lui aussi grâce à sa puce RFID. Un coup d’œil à l’un de vos écrans vous rassure sur votre vieille maman qui vit seule : les capteurs de son habitat intelligent sécurisé ne signalent rien d’anormal du côté de sa pression artérielle et de sa prise de médicament, elle n’a pas besoin d’aide. Bref, votre vie se déroule comme il faut, sans vous. C’est tellement plus pratique.

(IBM et la société de contrainte)

Collabos de la CAQ

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Avr 042019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

** À partager largement dans le milieu de l’enseignement et ailleurs **

La Coalition Avenir Québec va de l’avant avec son interdiction du port de signes religieux chez plusieurs travailleuses et travailleurs du secteur public.

Peu importe le parti au pouvoir, nous nous opposons à ce que le gouvernement dicte aux gens comment s’habiller, en plus d’alimenter la peur et la haine des personnes musulmanes, et plus particulièrement des femmes musulmanes, sous le prétexte de la «laïcité».

Toute politique gouvernementale ne prend effet qu’à travers ceux et celles qui l’appliquent et qui y collaborent. C’est pourquoi nous lançons un appel à identifier ceux et celles qui, dans les établissements publics, participent à l’application de cette loi. Cela peut se traduire par exemple par une personne qui appelle la police si unE employéE de son établissement porte un signe religieux, qui l’harcèle, qui la dénonce à son supérieur, qui la met à la porte ou encore qui refuse de l’embaucher pour cette raison.

Nous vous invitons à nous transmettre les informations dont vous disposez sur celui ou celle qui applique la loi (nom, organisme, poste, photo, etc.) avec une description de ses actions et leurs conséquences à doxxlescollabos@riseup.net. Nous ferons nos propres recherches pour pouvoir ensuite publier le plus d’information possible sur la personne donnant acte au racisme d’État.

Nous sommes conscientEs que la loi s’appliquera entre autres à des flics de tout genre. Les flics sont les chiens de garde de ce système pourri basé sur le colonialisme et le racisme, alors faut dire qu’on s’en câlisse de la sécurité d’emploi d’un flic, peu importe sa religion. En conséquence, précisons pour la forme que toute information reçue relative à un corps policier ou un gardien de prison servirait uniquement à alimenter les recherches sur les liens entre ces agences et les groupes d’extrême-droite au Québec.

Nous ne nous calmerons pas. Si vous collaborez avec le gouvernement en faisant la police des signes religieux dans un milieu de travail, on vous watch!

Sodexo attaqué

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Avr 012019
 
Suzanne Bergeron, présidente de Sodexo Canada

Suzanne Bergeron, présidente de Sodexo Canada

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Au petit matin du 29 mars, la présidente de Sodexo Canada a été visitée chez elle, à Brossard. Tous les pneus des deux voitures dans son entrée ont été percés, leurs pare-brises défoncés et les inscriptions FUCK SODEXO et (A) ont été tracées sur leurs capots.

Sodexo bénéficie de l’enfermement à travers le monde. Ils offrent entre autre des services de gestion de prisons privées, de centres de détention pour migrant.es et des services de cafétéria pour les prisons.

Au Canada plus particulièrement, ils bénéficient de l’économie extractive en offrant des services de sécurité et de cafétéria pour les sites extractifs.

Cette action est en solidarité avec les prisonniers anarchistes partout.

Les profiteurs de l’enfermement ne doivent pas dormir paisiblement. Les entreprises qui considèrent prendre des contracts pour la construction de la nouvelle prison pour migrant.es à Laval devraient y penser à deux fois.

Prison pour migrant-e-s: Attaques sur deux développements de condos de Lemay

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Mar 262019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

La nuit du 19 mars, les bureaux de vente de Humaniti se sont fait défoncer leurs fenêtres et deux tours Lowney ont été redécorées avec de la peinture dans un extincteur de feu. Qu’ont en commun ces développements de condos? Ils ont tous les deux été designés par la firme d’architecture Lemay, qui est en train d’aider à la construction d’une prison pour migrant.e.s.

Pourquoi perturber la paix des citoyens qui occupent ces condos de luxe, qui ont une richesse et un confort qui est fondé sur la dépossession, l’exploitation et l’emprisonnement de celles et ceux qui sont ici depuis avant la colonisation de ce continent, ces nouveaux arrivants qui veulent une meilleure vie, de survivre ou qui sont poussés ici par l’empire, et toutes celles et ceux qui résistent à l’ordre des choses?

Lemay, nous espérons que vous aimerez informer vos potentiels clients que leurs projets vont être sabotés si ils vous engagent. Si vous choisissez de ne pas les informer, on leur donnera une surprise qui leur coûtera cher.

À tout.e.s celles et ceux qui se battent contre les frontières au soi-disant Québec et au soi-disant Canada: attaquons les compagnies et les agences impliqués de n’importe quel façon dans la construction de cette prison pour migrant.e.s, pour qu’elle ne soit jamais construite.

Feu aux prisons! Sabotons les frontières, ceux qui les gardent et leurs collaborateurs.

1er mai anticapitaliste 2019 – Square Cabot – 18h30

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Mar 262019
 

De la Convergence des luttes anti-capitalistes

Ce mercredi 1er mai, à 18h30 au Square Cabot, la caravane anticapitaliste emmerde vos frontières et vos prisons !

Pour une personne tentant de fuir des conditions de vie misérables, qu’est-ce qu’une frontière si ce n’est une clôture autour d’une prison ? Après tout, quelle est la différence entre forcer des personnes à vivre dans un endroit contre leur gré et un emprisonnement ?

Être forcé de travailler pour une compagnie canadienne, au Honduras, en Haïti, en Colombie ou ailleurs n’est guère mieux qu’être en détention. Une prison dont l’objectif est de produire toutes les cochonneries qui forment la base de notre confort moderne. Ce type de séquestration rend l’exploitation moins visible pour nos sociétés occidentales, mais montre bien que l’esclavage n’a pas disparu ; il a simplement changé d’habits. Ces personnes exploitées ramassent nos fruits, fabriquent nos t-shirts, pêchent nos poissons, meurent pour que les riches puissent être toujours plus riches, jour après jour, après jour, après jour …

Lorsque les exploitéEs tentent de se rebeller, les États impérialistes ne sont que trop contents de vendre aux gouvernements, aux groupes armés ou aux gardienNEs de prisons locaux les armes et les outils pour réprimer toute vélléité de changer le système. Des policièrEs en Amérique centrale, des armes en Afrique, des fonds en Asie … tout ce qu’il faut pour maintenir les populations locales sous contrôle. Tout ce qu’il faut pour soutenir la pyramide chancelante du capitalisme.

Dans ces circonstances, comment ne pas voir les caravanes de personnes migrantes comme des personnes fuyant une prison de pauvreté et de misère ? Fuyant une exploitation éternelle ? Or, cette fuite est inacceptable pour notre système impérialiste actuel. Il se construit alors un réseau financé par les États pour kidnapper toutes les personnes qui tentent de se libérer. Un réseau dont l’unique but est de les ramener à leur esclavage initial. Un réseau formé d’agentEs frontalièrEs, de prisons pour familles migrantes, de police de l’immigration. Toute une chaîne s’étirant du Canada jusqu’aux néo-colonies internationales. Une chaîne formée d’enfants emprisonnés pendant des années, de familles éparpillées à travers le monde, de femmes violées, d’hommes tués, d’espoirs assassinés.

Le capitalisme, c’est l’accumulation de la richesse dans le Nord aux dépens du Sud. C’est la construction d’une forteresse capitonnée destinée à une poignée de privilégiéEs, aux dépens de toute décence humaine. Le capitalisme, c’est l’éternelle exploitation pour les trois quart de l’humanité. Ce 1er mai, attaquons les sinistres agents du capital, les mains visibles de ces esclavagistes : l’infrastructure frontalière, les entreprises qui s’enrichissent en construisant des prisons, la machine inhumaine derrière les déportations. Ce 1er mai, nous emmerdons les frontières, les prisons et tous ces systèmes qui continuent de construire des barrières entre les peuples.

Ce 1er mai, marchons pour la liberté ! Marchons pour la mort d’un système qui n’a plus rien d’humain ! Marchons contre le Capital !

Point de départ principal

Autres rassemblements et départs

  • Manif de l’IWW (détails à venir)

Le jour même du massacre de Christchurch, un propagandiste islamophobe du Québec a traduit et publié le manifeste du terroriste

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Mar 262019
 

De Montréal-Antifasciste

Le vendredi 15 mars 2019, moins de 24 heures après la tuerie islamophobe perpétrée à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, l’animateur d’un site Internet québécois a publié et diffusé une traduction française du manifeste du tueur.

Pour quelle raison voudrait-on amplifier le message du tueur en se précipitant pour en produire une traduction? Ça n’est pas un innocent faux pas qu’on pourrait simplement imputer à la maladresse d’un mauvais journaliste : c’est une amplification volontaire du signal (signal boost) du manifeste islamophobe. D’autant plus que le traducteur a une histoire chargée et documentée d’islamophobie en ligne.

Rappelons que dans le cadre de son opération de propagande et de relations publiques, le tueur avait lui-même publié son manifeste de 74 pages, où il expose sa démarche, prête allégeance à l’idéologie fasciste et appelle les suprémacistes blancs du monde entier à imiter son geste abominable.

Mais qui a bien pu publier le manifeste en français?

Un tweet de Lesmanchettes.com encourageant la lecture du manifeste du terroriste de Christchurch.

 

Un tweet de Lesmanchettes.com encourageant le téléchargement du manifeste du terroriste de Christchurch.

Il s’agit du site internet Les Manchettes, qui existe depuis 2017 et se spécialise dans le partage et le spin de fausses nouvelles, de théories du complot et de textes d’opinions, nationalistes, conservatrices et islamophobes. Tout indique que le site Les Manchettes soit le projet d’une seule et unique personne, qui en assure la maintenance et semble signer pratiquement tous les articles, soit André Boies, alias Bo Bois sur Facebook.

Le site Lesmanchettes.com est enregistré au nom d’André Boies.

André Boies fait circuler sur Twitter sa traduction du manifeste du terroriste de Christchurch

Il ne fait aucun doute que Boies est l’auteur de la traduction française du manifeste et que c’est lui qui l’a mise en ligne et diffusée. D’une part, il n’a pas hésité à s’en vanter sur Facebook :

André Boies avoue avoir traduit le manifeste du terroriste de Christchurch.

Et si cela ne suffisait pas à prouver qui est l’auteur de la traduction, Boies a oublié ou n’a pas cru bon de supprimer les métadonnées du document PDF publié en ligne, lesquelles identifient le propriétaire du logiciel employé pour le produire :

Les métadonées de la traduction du manifeste du tueur de Christchurch publié par Lesmanchettes.com indiquent “André Boies” comme auteur.

Dans une discussion avec d’autres islamophobes, Boies explique qu’il a aussi fait une copie de la vidéo de l’attentat « au ka qu’on censure » (sic) :

Qui est André Boies?

 

André Boies est “Bo Bois” sur Facebook.

André Boies, alias Bo Bois, est un designer graphique qui vit actuellement à Montréal. Il est très actif dans la fachosphère nationaliste québécoise, sur Facebook et Twitter, et publie au moins un article par semaine sur le site Les Manchettes. Il travaille dans le domaine de la création Web avec sa compagnie « Graphixab », laquelle est la dernière d’une longue liste d’entreprises éphémères. Il fait aussi profiter la fachosphère québécoise de ses talents de graphiste, en offrant ses services aux militant.e.s d’extrême droite pour réaliser des autocollants lèttes.

André Boies produit des décalques aux thèmes nationalistes.

André Boies produit des décalques aux thèmes nationalistes.

Boies, comme la majorité des énergumènes qui composent la nébuleuse d’extrême droite québécoise, est obsédé par l’Islam, comme le démontre entre autres son commentaire ci-dessous (Coudonc, tout le monde la [sic] dit que l’islam c’est de la grosse marde!). Il utilise par ailleurs ses façades de compagnie, comme le compte Twitter « Sticker Decal », pour propager des théories du complot, comme l’idée que l’attentat de Christchurch serait une « attaque sous fausse-bannière » (Sondage : Pensez-vous que l’attentat survenu en Nouvelle-Zélande soit un possible false flag?).

Exemple de commentaire islamophobe publié par André Boies sur Facebook.

 

Le compte Twitter Sticker Decal est l’une des façades d’entreprise d’André Boies.

En ligne depuis à peine quelques années, son site Web compte des dizaines d’articles où il relaie sans aucune retenue l’islamophobie décomplexée qui définit une immense partie des cercles nationalistes de droite et d’extrême droite au Québec, et qui est de plus en plus normalisée partout en Occident. Boies propage aussi sur son site des théories du complot absurdes et diffamantes, comme l’idée que la certification halal au Canada soit un moyen de financer le terrorisme! Il suffit de faire une recherche Google pour se rendre compte de l’obsession que cultive Boies pour l’Islam et les musulmans.

Un exemple de manchette islamophobe trouvée sur le site d’André Boies.

Voici un échantillon de ses publications xénophobes et islamophobes (y compris un graphique à l’appui de la théorie du “grand remplacement”, laquelle est l’élément central du manifeste du terroriste de Christchurch):

La tumultueuse histoire criminelle de Boies révèle que le bonhomme n’est pas étranger à la diffamation! Il s’est même chicané avec la SQ en 2012 à savoir qui était le pire diffamateur entre les deux. Cet incident a dû l’échauder, car il semble être encore aujourd’hui préoccupé par la question…

André Boies est préoccupé par la diffamation.

Un « de souche » qui embarrasse même le Parti Québécois

Boies fait manifestement partie de la mouvance « patriote » la plus dure. Celle qui trouve que La Meute n’est pas assez radicale et est trop fédéraliste. Au moment où surgissaient plusieurs fractures internes au sein de l’extrême droite, à l’été et l’automne 2018, Boies a choisi de militer agressivement pour le PQ en vue des élections provinciales.

André Boies, militant du Parti Québécois.

André Boies milite pour le PQ…

Il s’est entre autres pathétiquement illustré en recouvrant son char d’autocollants aux couleurs du Parti Québécois pour aller intimider des bénévoles de Québec Solidaire dans Rosemont! (VICE a d’ailleurs documenté son humiliation quand, en août 2018, le PQ l’a intimé d’enlever le logo du parti de son véhicule.)

Le véhicule d’André Boies recouvert des couleurs du Parti Québécois.

 

André Boies relate sa rencontre avec des policiers suite à des plaintes pour intimidation en marge d’une réunion de Québec Solidaire dans Rosemont.

Mais pourquoi avoir voulu publier le manifeste du terroriste?

Boies se défendra peut-être d’avoir traduit et publié le manifeste dans un intérêt purement journalistique, mais n’importe quel professionnel ou spécialiste de l’information vous dira qu’une pareille démarche d’amplification du message est extrêmement douteuse sur le plan éthique et cache sans doute un autre motif.

Le compte Twitter Lesmanchettes.com (André Boies) diffuse le manifeste du terroriste suprémaciste de Christchurch.

En ce qui nous concerne, la publication du manifeste en français n’est pas une simple erreur de jugement. Compte tenu de l’historique islamophobe de Boies, il est permis de croire que son empressement à traduire et à republier le manifeste du meurtrier relève d’une volonté de diffuser plus largement les idées et les motivations de celui-ci, dont l’acte terroriste a coûté la vie à 50 personnes de confession musulmane en Nouvelle-Zélande.

Ça n’est pas non plus une coïncidence si le lendemain de l’attentat, André Boies est venu écornifler du côté des (faux) gilets jaunes islamophobes, devant TVA, face à un rassemblement de solidarité avec les victimes de la tuerie. Clairement pas venu là pour s’y recueillir, il est plutôt resté quelques minutes en retrait pour prendre en photo les militant.e.s antiracistes et antifascistes. Il a publié le même jour un article déplorant le gaspillage de fonds publics que représentait pour lui le rassemblement public en solidarité aux victimes.

Appel à la vigilance et à l’action contre l’islamophobie

L’islamophobie est aujourd’hui tellement banalisée au Québec, qu’un militant nationaliste proche de l’extrême droite peut, dans la journée même où a eu lieu le massacre de 50 personnes, traduire précipitamment le manifeste du terroriste et diffuser sa traduction bancale sur les réseaux sociaux, sans que cela ne trouve un écho dans les médias traditionnels ou soit même dénoncé par qui que ce soit. (En même temps, en Ontario, les autorités ont « ouvert des enquêtes » sur un néonazi notoire qui a partagé le manifeste sur son site, et un autre qui listait les cibles que devraient prioriser les loups solitaires.)

Il est grand temps que nous prenions collectivement la mesure du problème de l’islamophobie dans la société québécoise et canadienne, et que les forces antiracistes se regroupent pour contrer  la haine et l’intolérance qui se normalise de plus en plus à l’égard des communautés musulmanes.

L’une des choses les plus simples que nous avons le pouvoir de faire est de pointer du doigt et de dénoncer les facilitateurs de l’islamophobie comme André Boies.

P.-S. Boies est aussi venu scèner autour de la Manifestation contre le racisme et la Xénophobie, à Montréal, le dimanche 24 mars. Il a été surpris que des antifascistes l’interpellent par son nom et lui demandent de dégager. Il en a même fait un article pour son site de merde…

 « Je n’ai vraiment aucun commentaire négatif contre ces antifas, ils ont été quand même sympathiques, ils m’ont quand même demandé très poliment de quitter les lieux. »

Merci, André. Tu sauras maintenant qu’on a souligné ton nom au crayon rouge dans notre petit carnet des ordures à surveiller.

La statue de la reine Victoria à Montréal attaquée à la peinture verte avant la Manifestation contre le racisme et la xénophobie

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Mar 242019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Montréal, le 24 mars 2019 — Une statue en bronze emblématique de la reine Victoria, inaugurée en 1900 et située sur la rue Sherbrooke sur le campus de l’Université McGill, a été vandalisée hier soir, en avance de la prochaine manifestation contre le racisme et la xénophobie.

Les statues de la reine Victoria à Montréal ont déjà été visées au moins trois fois en 2018: la veille de Noël par les Lutins rebelles du père Noël, le jour de la fête de Victoria par la Brigade Henri Paul contre la monarchie, et le jour de la Saint-Patrick (2018) par la Brigade de Solidarité Anticoloniale Delhi-Dublin

Séamus Singh, de la brigade, a déclaré: “Cette année, nous avons décidé d’attendre une semaine après le jour de la Saint-Patrick afin de mieux planifier notre action juste avant la manif antiraciste d’aujourd’hui.” La brigade souligne cependant qu’elle ne participe ni directement ni indirectement à l’organisation de la marche antiraciste.

Lakshmi O’Leary, également membre de la Brigade de Solidarité Anticoloniale Delhi-Dublin, a expliqué: “En fait, nous avons dû passer un temps considérable à enlever le épais revêtement de plastique qui a caché la statue depuis décembre après une attaque de peinture rouge la veille de Noël.” Elle a ajouté: “Nous avons laissé la cagoule sur le visage de la reine Victoria, car si les rebelles irlandais et indiens du siècle dernier avaient réussi, elle aurait été bien pendue pour sa criminalité.”

Selon la Brigade de Solidarité Anticoloniale Delhi-Dublin, la présence de statues de la Reine Victoria à Montréal est une insulte aux luttes d’autodétermination et de résistance des peuples opprimés dans le monde entier, y compris les nations autochtones en Amérique du Nord (l’Île de Tortue) et en Océanie, ainsi que les peuples d’Afrique, du Moyen-Orient, des Caraïbes, du sous-continent indien, et partout où l’Empire britannique a commis ses atrocités.

Les statues sont également une insulte à l’héritage de la révolte par les combattant.e.s de la liberté irlandaise, et les mutin.e.s anti-coloniaux d’origine britannique. Les statues ne méritent particulièrement aucun espace public au Québec, où les Québécois.e.s étaient dénigré.e.s et marginalisé.e.s par des racistes britanniques agissant au nom de la monarchie putride représentée par la reine Victoria.

Le règne de la reine Victoria a représenté une expansion massive de l’Empire britannique barbare. Collectivement, son règne a représenté un héritage criminel de génocide, de meurtres de masse, de torture, de massacres, de terrorisme, de famines forcées, de camps de concentration, de vols, de dénigrement culturel, de racisme et de suprématie blanche. Cet héritage devrait être dénoncé et attaqué.

L’action d’hier est motivée et inspirée par des mouvements à travers le monde qui ont fait tomber et ont autrement ciblé des monuments par actes anticoloniaux et antiracistes: Cornwallis à Halifax, John A. Macdonald à Kingston (Ontario) et à Victoria (Colombie-Britannique), le mouvement Rhodes Must Fall en Afrique du Sud, la résistance aux monuments racistes de la Confédération aux États-Unis, et plus.

Selon Udham Connolly, un autre membre de la Brigade de Solidarité Anticoloniale Delhi-Dublin: “Notre action est une simple expression de la solidarité anti-coloniale et anti-impérialiste, et nous encourageons d’autres à entreprendre des actions similaires contre les monuments racistes et les symboles qui devraient être dans les musées, et non prendre de l’espace dans nos lieux publics.”

Séamus Singh conclut: “Cette fois, cependant, nous ne demandons pas que cette statue en particulier soit enlevée; tant qu’elle reste vandalisée avec de la peinture verte, avec la tête de la reine Victoria sous une cagoule, elle peut rester debout.”

Le Monument à John A. Macdonald vandalisé à l’occasion de la Journée internationale contre le racisme

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Mar 222019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

MONTRÉAL, 17 mars 2019, 5h — Aujourd’hui, à l’aube de la Journée internationale contre le racisme, le monument raciste et colonial à John A. Macdonald (1895) a été vandalisé par de la peinture.

Cette fois, le groupe #MacdonaldMustFall à Montréal réclame l’action. Notre action est entreprise en solidarité et en soutien aux actions et mobilisations mondiales contre le racisme et le fascisme, notamment les manifestations #UniteAgainstRacism à travers le Canada, coordonnées par le Migrant Rights Network.

Le vandalisme de ce matin marque au moins la sixième fois que le monument à Macdonald a été vandalisé au cours des deux dernières années (actions antérieures de notre chef: le 12 novembre 2017, le 27 juin 2018, le 17 août 2018, le 7 octobre 2018. et le 24 décembre 2018).

Le groupe #MacdonaldMustFall rappelle aux médias: John A. Macdonald était un suprémaciste blanc. Il a directement contribué au génocide des peuples autochtones avec la création du système brutal des pensionnats ainsi que d’autres mesures destinées à détruire les cultures et les traditions autochtones. Il était raciste et hostile envers les groupes minoritaires non blancs au Canada, promouvant ouvertement la préservation d’un Canada dit «aryen». Il a adopté des lois pour exclure les personnes d’origine chinoise. Il a été responsable de la pendaison du martyr Métis Louis Riel.

Les statues de Macdonald devraient être retirées de l’espace public. En tant qu’artefacts historiques, elles devraient être entreposées là où elles appartiennent soit dans les archives ou les musées. L’espace public devrait plutôt célébrer les luttes collectives pour la justice et la libération et non pas la suprématie blanche et le génocide.

Quelques notes sur notre 15 mars

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Mar 182019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Je veux me souvenir du sentiment d’être ébranlé.e par la beauté de la foule. La peur et l’anxiété se dissipent quand un black bloc d’une centaine de personnes prend la rue, réalisant sa force collective qui oblige les flics à rester loin. C’est maintenant que ça se passe. On peut y arriver.

D’attaquer des voitures de luxe, des hôtels, et des banques quand la police est incapable de les défendre est une attaque contre la police, qui doit montrer son habileté à défendre la loi et l’ordre pour être respectée par les bon.nes citoyen.nes et crainte par les exclu.es. Des échos de vitrines fracassés se font entendre sur la rue Peel, alors que des rafales de projectiles volent en direction des banques. Pas besoin de s’inquiéter, des roches, des flares, et au moins un feu d’artifice de qualité sont aussi réservés pour le SPVM.

La spontanéité, ça fonctionne bien parfois. C’est cool quand des gens sortent un dumpster d’une ruelle, que d’autre y balance un flare allumé pendant que quelqu’un y tag un “ACAB”, et que finalement, plusieurs personnes utilisent le tout pour charger les flics devant la manif, presque comme une chorégraphie. Notre temps ensemble est limité, mais riche en possibilités.

Des anti-émeutes sont arrivés par derrière sur Maisonneuve et nous ont rapidement balancé des lacrymos, ce qui a eu l’effet escompté sur cette manif relativement petite. Deux arrestations ont eu lieu, et des gens ont été blessé.es. Ce qui nous amène aux suggestions tactiques pour la prochaine fois:

Rendre la dispersion dangereuse (pour les flics) : quand une manif se sépare après que les flics l’aient attaqué, on devrait essayer de rester calme, de voir qui est encore avec nous et où nous sommes rendu, et de voir si on peut se regrouper avec ceux et celles qui ont pris le même chemin. On a beau être moins nombreux.euses, mais l’attention des flics est divisée, et ils auront moins de chances d’être en position pour nous attaquer encore immédiatement. On peut même croiser un groupe de flics isolé qui ne sont pas prêts à faire face à une foule hostile. L’état utilise des armes chimiques et des coups pour anéantir une initiative qui diverge joyeusement de la routine dévastatrice d’une société-prison, et ça, en blessant nos ami.es. Répliquons à la hauteur de leur aggression.

Des fluides combustibles : amenons-en/utilisons-les? Le dumpster dont on a parlé plus tôt aurait pu être un meilleur bélier si il avait été complètement en feu.

Retour au Manuel du black bloc, 13e édition, chapitre 12 : Choisir les bons outils. Tout objet n’est pas forcément une alternative pour un bon marteau. Deuxièmement, mettre un masque ne suffit pas pour être anonyme. Si votre masque ou d’autres vêtements sortent de l’ordinaire par rapport aux autres casseurs, ça pourra aider la police à vous trouver (soit par des agents en civil, des livestreams, ou des vidéos accessibles après les faits), ce qui peut être dangereux pour vous vers la fin de la manif ou par après.

L’arrière de la manif : Les tactiques de dispersion de vendredi et du soir de la dernière élection étaient identiques: les anti-émeutes arrivent un coin de rue derrière la manif et balancent des lacrymos. La panique qui s’en suit leur donne l’opportunité de foncer dans la foule avec leur véhicules, et d’accélérer la dispersion. Qu’est ce qui serait possible si il y avait un crew combatif à l’arrière de la manif? Pas de propositions spécifiques ici mais nous pensons que c’est une question à se poser pour la prochaine fois.

Salutations chaleureuses à tous les autres groupes affinitaires et individus qui sont venus, et à tout le monde qui était là en esprit. Prenons soins les un.es des autres et détruisons toutes les formes d’autorité. On aimerait bien entendre d’autres récits de ce 15 mars.

Une petite pensée pour tou.tes les rebelles qui sont derrière les barreaux. Feu aux prisons.

Finalement, on se souvient du sacrifice de Anna Campbell, une anarchiste qui a combattu avec le YPJ au Rojava et qui a été tuée avec quatre camarades par l’armée fasciste turque il y a un an, le 15 mars 2018.

On se voit le premier mai ou plus tôt! Nique la police.

Lettre ouverte aux grévistes du climat

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Mar 152019
 

Soumission anonyme à  North Shore Counter-Info

Préface: Nous avons écrit ce texte pour le distribuer à la manifestation de la grève du climat ce vendredi 15 mars. C’est un travail en cours, mais nous désirons le partager à l’avance au cas où d’autres aimeraient s’en inspirer pour d’autres villes. Adaptez ce texte à votre contexte.

Premièrement, Merci. Merci d’en avoir quelque chose à foutre. Merci de décider qu’il y a des futurs pour lesquels ça vaut la peine de se battre, même quand le futur qu’on nous propose semble de plus en plus sombre. La bonne nouvelle c’est que vous êtes ici, avec votre corps, en même temps que tellement d’autres à travers le monde. Aujourd’hui, nous avons l’occasion de reconnaître que nous sommes connectés les un.es aux autres et aux autres êtres vivants et non-vivants de cette planète, d’une manière beaucoup plus complexe et belle que ce que n’importe quel #hashtag pourrait exprimer.

Plusieurs fois par semaine, une nouvelle histoire d’horreur ou une ­autre prédiction catastrophique nous rappelle que nous sommes face à une menace existentielle. Les expert.es n’étudient plus comment prévenir les changements climatiques, mais bien comment nous pourrions en atténuer les effets. Nous savons déjà que tout va changer. La question pour 2019 et pour cette génération est : changer vers quoi ?

Les vautours tournent déjà en rond au-dessus de nos têtes.

Les corporations demandent : « Comment pouvons-nous en profiter ? » Leur but sera toujours le profit, que ce soit en forant un nouveau puits de pétrole sous les glaciers qui fondent ou en commercialisant un nouveau produit « vert » pour nous apaiser.

Les gouvernements demandent : « Comment gardons-nous le contrôle ? » Leur but sera toujours de consolider leur pouvoir, que ce soit en augmentant leurs programmes de surveillance ou en encourageant le « dialogue démocratique », tant que celui-ci ne devienne pas hors contrôle bien entendu. Les gouvernements les plus adaptés feront ceci au nom de la lutte contre les changements climatiques. Ici au so-called Canada, le gouvernement n’est pas aussi subtil et pousse encore pour une expansion massive de l’exploitation des hydrocarbures et des projets miniers, les imposant de force aux communautés autochtones par la force des armes si ils et elles ne peuvent pas être acheté.es.

Les politicien.nes, incluant les carriéristes qui se définissent comme activistes, demandent : « Comment exploiter la peur grandissante et l’insatisfaction générale à notre seul avantage ? » L’histoire nous démontre clairement que si ces personnes parviennent à prendre le leadership d’un mouvement, ils et elles récupéreront le pouvoir exactement au moment où nous devenons une véritable menace pour l’ordre établi. Ceux et celles au pouvoir dépendent de cette récupération, dépendent du fait que notre rage soit dirigée vers des cul-de-sac. Organisons-nous, mais pas derrière ces politicien.nes qui tentent de nous vendre la version de l’Espoir™ la plus tendance.

Nous ne savons pas exactement de quoi un « monde meilleur » aurait l’air. Mais comme vous, nous avons le sentiment qu’il faut essayer. Nous ne voulons pas simplement être du « bon côté de l’histoire », ce piège narcissique. Nous voulons être efficaces dans un cadre éthique qui met en valeur la liberté, l’autonomie et la solidarité. Commençons à prendre au sérieux l’idée que nous pourrions avoir un impact. Pour ce faire, nous proposons une résistance joyeuse, stratégique et féroce qui pourrait inclure ces ingrédients :

Des transformations, pas des réformes. Le capitalisme tue la planète. C’est un système basé sur une croissance infinie, et ne sert que les riches et les puissant.es. Aucun changement de mode de vie et aucune réforme gouvernementale ne parviendra à changer cela. Le capitalisme doit partir. Ceux et celles au pouvoir ne seront pas simplement persuadé.es de changer leurs façons de faire ou d’abandonner leurs pouvoirs et richesses accumulés à travers les siècles grâce au patriarcat, au pillage colonial et à l’exploitation des masses.

La police nous bloque le chemin. Peut-être retenez-vous déjà votre souffle quand vous croisez la police. Si ce n’est pas le cas, rappelez-vous que même la police la plus sympathique devra suivre des ordres pour éviter d’être renvoyée. Les policier.ères sont les chiens de garde violents de ce système pourri. Pour faire une simple brèche, beaucoup de gens devront briser de nombreuses lois, et pas simplement dans le style symbolique du « arrêtez-moi devant les caméras ».

Construisons des vies qui en valent la peine. Nous sommes cyniques, mais pas dépourvu.es d’espoir. Lorsque nous refusons d’abdiquer et construisons plutôt des vies qui valent la peine d’être vécues maintenant, nous avons un aperçu d’un futur différent et le désir grandissant de nous défendre. Nous voulons des vies collectives remplies d’empathie, de créativité et d’ouverture.

Merci encore d’être ici, d’être venu.es. Ceci est le début d’une longue route ou encore d’une corde raide. Marchons ensemble, et tentons d’éviter les pièges qui nous guettent.

-quelques anarchistes

Déploiement de bannière en solidarité avec Unist’ot’en

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Mar 152019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

14 mars 2019
Tiohtiá:ke, sois-disant Montréal

Ce matin à 7h34 au coin des rues Papineau et Saint-Grégoire une bannière portant l’inscription « Solidarity with Unist’ot’en » (Solidarité avec Unist’ot’en) a été accrochée et tendue sur un viaduc.

Cette action se veut un geste symbolique pour annoncer la journée du 15 mars, au cours de laquelle sont prévues deux importantes manifestations, soit la manifestation étudiante pour le climat ainsi que la manifestation anuelle contre la brutalité policière.

Il est important de rappeler qu’alors que débutera cette journée chargée d’implications, des personnes autochtones se trouvent tous les jours sur la ligne de front et se défendent contre le colonialisme environnemental exécuté par les institutions policières et étatiques.

Le 7 janvier dernier, des agents de la Gendarmerie Royale Canadienne ont démantelé par la force le point d’accès Gidumt’en du territoire non-cédé de la nation Wet’suwet’en, où se trouve le camp Unist’ot’en. Les personnes autochtones qui gardaient le point d’accès ont été violement arrachées à leur territoire par les forces armées de la GRC pour permettre le début des travaux de construction du gazoduc (projet Costal GasLink) de la compagnie TransCanada.

Le camp Unist’ot’en, établi sur le territoire Wet’suwet’en depuis 2009 est un milieu de vie comportant un centre de guérison par la reconnection au territoire. Un des buts du camp est d’assurer une présence sur le territoire afin de le protéger des multiples projets à hauts risques environnementaux qui sont planifiés sans le consentement des premières nations. Jusqu’à maintenant, leur présence a mené à l’abandon de plusieurs projets de gazoduc.

L’affichage de cette bannière se veut aussi une dénonciation de l’hypocrisie du gouvernement Trudeau alors que le Premier Ministre feint des mesures de réconciliation avec les Nations Autochtones tout en demeurant muet face aux récents évènements d’Unist’ot’en. De plus, son appui aux nombreux projets destructeurs pour l’environnement témoigne d’un immobilisme opportuniste qui défie toute logique dans la crise environnementale actuelle.

« L’invasion du territoire des Wet’suwet’en par TransCanada n’est qu’un des nombreux exemples prouvant l’étroitesse des liens entre les violences climatiques, la brutalité policière et les luttes autochtones. L’affichage d’une telle bannière se veut un rappel de la convergence de ces luttes et un message de solidarité avec les personnes qui se battent présentement en territoire Wet’suwet’en. » affirme une participante de cette action.

Il manquait juste l’étincelle

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Mar 102019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

On était tous et toutes là, à la manifestation Défonçons des portes ouvertes que des gens avaient organisée pour la rémunération des stages. C’était drôle. Le monde pétait les portes que les gens avaient sorti un moment dans la manif, beau coup! Pis là on a commencé à les entasser faire une petite pile. Y’a même une couple de personnes qui ont roulé en petites boules les tracts qu’illes avaient pis les ont pitché dans le tas de morceau de bois qui avaient été y’a 5 minutes des portes. Les bons vieux trucs de camping.

On était tous et toutes là, autour de la pile de bois, avec nos clopes, à regarder nos ami.es pis le potentiel incendiaires de ce qu’il y a avait devant nous. Mais personne a rien faite. On était pas tant aussi, pis la police était pas loin. Mais je nous ai déjà vu pas mal plus audacieux et audacieuses. Je nous ai déjà vu pas mal plus excité.es par une situation comme ça.

On était tous et toutes là, mais il manquait l’étincelle. L’étincelle qui manque d’ailleurs à cette grève depuis le début. En même temps c’est toujours notre premier réflexe au début de chaque mouvement social. On veut pas avoir l’air méchant.es. On veut bien paraître pis à un moment donné à force de se faire mépriser on s’en calisse pis on mets toute en feu. La rémunération des stages c’est genre la revendication la plus légit de l’histoire du mouvement étudiant. Arrêtons d’essayer de faire les beaux pis les belles pi devenons réellement combatif.

L’étincelle va sûrement venir sous peu. Il faut juste que la prochaine fois qu’on croise le regard de nos ami.es on se transforme en complices. Pis qu’on mette ensemble le feu au poudre !

Je nous souhaite une grève enflammée !

Le 15 mars contre la police

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Mar 052019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Parce qu’une police moins brutale, c’est pas ça le point du tout, et ben voici une affiche qui réflète mieux l’intention de plusieurs d’entre-nous.

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What the fuck leur 15 mars et le nôtre !?

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Mar 032019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

On se demande si on veut y aller, à la manif du climat du 15 mars. On a essayé d’aller à une manif réfo sur la planète y’a une couple de mois. Ça l’a tellement pas faite. Ça nous était déjà arrivé de pas feeler dans une manif et de se sentir pas à notre place (genre dans une manif syndicale). Mais là, c’était vraiment d’un tout autre ordre. Genre incommunicabilité totale entre nos corps et les leurs (ou un truc de même). Genre on se sentait même pas du même côté de la barricade.

Pis là, on a réalisé que le truc, c’est que dans cette lutte-là, il n’y a pas de barricade du tout.

C’est une lutte sans conflit, sans antagonisme (d’ailleurs, ce n’est pas une lutte). Ces citoyen.ne.s se pensent à la fois tous d’accord et tous coupables (d’ailleurs, c’est le propre de la citoyenneté). On n’en veut donc pas à ce mouvement de ne pas aller assez loin, comme on le reproche si régulièrement aux restes de lutte de classe subsistant dans le syndicalisme. On lui en veut pour ce qu’il empêche, en mobilisant les gens en tant qu’intérieurs au système et en les amputant par cela de la négativité de leurs combats. On lui en veut de diffuser si largement le mythe d’une action entièrement positive, où les « initiatives » ne sont pas corollaires de la destruction de ce à quoi elles prétendent être des alternatives.

Ceci dit, aussi débile que nous paraisse cette base sur laquelle ils se fondent, on dirait ben que les gens, y’ont l’air de faire des shits. Ils deviennent zéro-déchet, ils refusent de manger du rôti de porc dans leurs soupers de famille, ils lâchent leurs études en sciences humaines pour aller étudier en agriculture à VICTORIAVILLE (?!?) .

C’est peut-être pas juste poche.

On se devrait de penser le fait que l’anticipation anxiogène face au désastre environnemental actuel est un affect largement partagé par notre génération. Se demander pourquoi un certain anti-capitalisme intemporel ne réussit pas à résonner sur cet affect. On devrait peut-être considérer l’obsession de nos contemporain.e.s pour la modification de leurs habitudes de vie individuelles non pas uniquement comme une variante de leur obsession pour l’aménagement de leurs propres identités, mais aussi comme le désamorçage néolibéral d’une rage dont on les a dépossédé.e.s. Penser l’agitation compulsive autour des préoccupations environnementales non pas comme une mode de plus, mais comme la dernière option du système pour canaliser une panique qui traverse notre génération. Une panique qui est d’ailleurs aussi la nôtre même si, quand on y pense pendant plus que 15 secondes, on s’en dédouane en se disant que c’est le capitalisme le problème.

Quoi qu’on en dise, celle-ci ne commence pas la première fois qu’on apprend de quelconques statistiques catastrophistes sur le changement climatique : elle se sent, elle circule, elle existe entre nous. La sensibilisation incessante dont on est la cible ne la déclenche pas : elle la pacifie. Car c’est bien ça, un exploit de pacification jamais égalé, qu’une génération à qui on a annoncé dès son plus jeune âge l’écroulement prochain du monde dans lequel elle vit n’en soit pas déjà à la lutte armée.

Leur 15 mars et le nôtre ne devraient pas s’ignorer sagement. Parce que tsé, notre infinie capacité à nous désintéresser de ce qui se passe hors de nos milieux ne fait peut-être pas partie de nos qualités. C’est peut-être, en fait, intéressant que dans l’écologisme mainstream semble s’ouvrir la possibilité d’une certaine offensivité (offensivité qui existe bien sûr déjà dans les luttes de défense du territoire etchez les écologistes radicaux).

Guys! On veut vraiment pas être les 50 caves qui font juste leur manif annuelle du 15 mars en croyant expérimenter les gestes de leur guerre civile et qui sont même pas capables de se sentir concerné.e.s par le fait que du monde qui ont jamais fait la grève se mettent à se dire que le climat, c’est une question structurelle. On ferait peut-être mieux de s’avouer que les préoccupations environnementales sont une des rares choses en ce moment qui poussent les gens à faire des mooves dans leurs vies. On devrait peut-être ne pas laisser cet élan nous échapper complètement, même s’il semble parfois poussé uniquement par les vents du néolibéralisme. Avoir le souci de participer à lui redonner la dimension conflictuelle qui devrait en toute logique être son fondement.

Même si, le 15 mars au soir, on va être très content.e.s de se retrouver entre nous, faut se souvenir que quand il se passe vraiment quelque chose, on est toujours les premier.e.s surpris.e.s et, donc, rester à l’écoute de ce qui pourrait nous dépasser.

Entrepreneurs généraux : n’essayez pas de construire une prison pour migrant-es !

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Mar 012019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

INFORMATIONS DE BASE

Le gouvernement canadien tente de construire une nouvelle prison pour migrants à Laval, au Québec. L’édifice, dont la construction est prévue d’ici 2021, pourrait accueillir 158 personnes, y compris des enfants, ce qui augmenterait la capacité du gouvernement à expulser des migrants dans un contexte de montée de la xénophobie et du racisme au Canada, et particulièrement au Québec. Bien que la prison soit décrite comme « plus humaine » que le centre de détention actuel, il est clair que les améliorations esthétiques ne changent rien au fait qu’une prison reste une prison : elle arrachera toujours des gens à leurs familles et à leurs communautés et fera partie intégrante de la machine à déportation.

Le terrain du site de la nouvelle prison pour migrants proposée à Laval a été décontaminé, et le processus d’appel d’offres est en cours pour le poste d’entrepreneur général pour la construction de la prison. Le 20 février, un groupe de personnes a réussi à stopper une visite prévue sur le chantier de construction pour les soumissionnaires intéressés. Ils-elles ont également discuté avec de nombreux représentants des entreprises des raisons pour lesquelles ils ne devraient pas soumissionner pour ce contrat. Toutefois, de nombreuses entreprises iront probablement de l’avant avec cette soumission.

C’est l’occasion de les convaincre de ne pas le faire ! Montrons à ces entreprises qu’il y a une désapprobation généralisée pour ce projet, et qu’il y aura de la résistance pendant la construction si elle commence.

NOUS AVONS JUSQU’AU 20 MARS, date limite des soumissions, pour que ces entreprises se retirent du processus d’appel d’offres.

CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE

INDIVIDUS

Réunissez-vous avec vos amis et votre famille, envoyez des courriels, faites des appels ou envoyez des fax jusqu’au 20 MARS.

Les télécopies gratuites peuvent être envoyées en utilisant l’un des sites Web suivants :

https://www.gotfreefax.com/
https://faxzero.com/

Lorsque vous entrerez en contact avec ces entreprises, voici un exemple
de message sur lequel vous appuyer si vous le souhaitez :

Bonjour,

Je vous appelle/envoie un courriel aujourd’hui pour vous dire que vous devriez abandonner votre soumission pour le centre de détention pour immigrants de Laval. C’est un projet moralement répréhensible, et il se heurte à une opposition généralisée. Être impliqué dans ce projet aura des répercussions négatives sur votre entreprise. Il est conçu pour emprisonner et expulser les personnes qui tentent d’immigrer ici, il va déchirer les familles et arracher violemment les gens à leurs communautés. Cela fait partie d’une vision raciste de l’immigration de la part du Canada, et nous devons la contester plutôt que la soutenir. Je suis contre cette vision, et je suis loin d’être seul.e dans cette position. Faites le bon choix et retirez votre candidature de ce projet.

GROUPES/ ORGANISMES

Si vous êtes un organisme communautaire ou un groupe d’activistes, inscrivez-vous pour organiser une soirée d’appel et invitez des gens dans votre espace pour faire des appels ensemble! Avec plusieurs groupes qui y participent, nous pourrions avoir une présence continue pendant le mois de mars!

Votre organisation ou votre groupe peut s’inscrire à une journée particulière à l’aide de ce calendrier, et nous vous aiderons à passer le mot :

https://framadate.org/rxAzKaJGOlXJkGzx

LES COMPAGNIES

Ces entreprises veulent construire une nouvelle prison pour migrants à Laval. Contactez-les pour leur dire d’abandonner le processus d’appel d’offres !

1.

COMPAGNIE : Corporation de construction Germano
NOM DU REPRÉSENTANT : Richard A. Germano
TITRE : Président
COURRIEL : info@germanoconstruction.com
TÉLÉPHONE : 450 668-7807
TÉLÉCOPIEUR : 450 668-5002

2.

COMPAGNIE : Construction SOCAM ltée
NOM DU REPRÉSENTANT : Richard Paradis
TITRE : Estimateur Senior
COURRIEL : r.paradis@socam.ca
TÉLÉPHONE : 450 662-9000 #223 ou 450 662-9000
TÉLÉCOPIEUR : 450 662-9838

3.

COMPAGNIE : Groupe Geyser
NOM DE LA REPRÉSENTANTE : Lina Tremblay
TITRE : Estimatrice
COURRIEL : ltremblay@groupegeyser.com
TÉLÉPHONE : 450 625-2003
TÉLÉCOPIEUR : 450 625-2883

4.

COMPAGNIE : Tisseur Inc.
NOM DU REPRÉSENTANTE : Jacques Hosson
TITRE : Estimateur
COURRIEL : estimation@constructiontisseur.ca
TÉLÉPHONE : 819 322-1523 #258

TÉLÉCOPIEUR : 819 322-6766

5.

COMPAGNIE : Construction CYBCO
COURRIEL : info@cybco.ca
TÉLÉPHONE : 514 284-2228

6.

COMPAGNIE : VCI Contrôles inc.
NOM DU REPRÉSENTANT : Joseph Jacob
TITRE : Chargé de projet
COURRIEL : jjacob@vcicontrols.ca
, pcraig@vcicontrols
TÉLÉPHONE : 450 442-3555 poste 101
TÉLÉCOPIEUR : 450 442-3337

7.

COMPAGNIE : Bruneau électrique Inc.
COURRIEL : info@bruneauelectrique.com
TÉLÉPHONE : 514 353-4343, 450 759-6606
TÉLÉCOPIEUR : 450 759-2653

8.

COMPAGNIE : Standard Building Contractors
NOM DU REPRÉSENTANT : Shane Ross
TITRE : Président
COURRIEL : shane@standard.builders
TÉLÉPHONE : 613 847-7258

9.

COMPAGNIE : Securassure
NOM DU REPRÉSENTANT : Matthew Poplaw
TITRE : Ventes
COURRIEL : matthew@securassure.ca
TÉLÉPHONE : 514 373-3131
TÉLÉCOPIEUR : 1 855 439-9500

Prison pour migrant.e.s : une manif de bruit empêche la visite du site de construction, avec une mise à jour sur les nouvelles compagnies impliquées et les enchères en cours

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Fév 212019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Depuis des semaines, le sol est recouvert d’une épaisse plaque de glace et des montagnes de neige s’accumulent autour du site de construction pour la nouvelle prison pour migrant.e.s à Laval; mais cela n’empêche pas le gouvernement du Canada de travailler d’arrache-pied pour préparer les prochaines étapes de la construction de cette monstruosité. Nous ne devons pas détourner notre attention sous prétexte d’attendre le dégel du printemps.

Vers début février, il est devenu public que la période d’enchères pour le contrat d’Entrepreneur général avait débuté et qu’il y aurait une visite du site pour les soumissionnaires le 20 février à 10 heures du matin. Suivant cette information, tôt le matin du 20 février, un groupe de personnes s’est rassemblé afin de prendre un bus pour rejoindre le site de construction à Laval.

Le groupe s’est rapidement frayé un chemin sur la route menant au contrôle de sécurité pour les soumissionnaires, et a établi un piquet pour bloquer les véhicules des compagnies souhaitant soumissionner de se rendre au site. Les véhicules là pour chercher des ami.es et membres de famille sortant de la prison ont été les bienvenus de traverser le blocage, et ont répondu avec des klaxonnes et cris de soutien pour la manif. Les personnes présentes ont bruyamment communiqué la nature déplorable du projet de prison et ont fait comprendre à tous ceux et celles considérant y travailler qu’il y aurait des gens présent.e.s pour bloquer ce projet à chacune de ses étapes.

Le groupe a crié, tapé sur des poêles et casseroles et soufflé dans des cornes pendant plus d’une heure, brandissant des signes et bannières contre les prisons et les frontières ainsi que des affiches présentant les silhouettes de personnes déportées au courant des dernières années. Des représentants de compagnies ont été apostrophé.e.s personnellement, afin de leur laisser savoir que les personnes opposées au projet savaient qui ils et elles étaient. Certains représentants présents, y envoyés par leur patron, ont exprimé leur soutien pour la manif suite à des discussions avec des manifestant.e.s. Après une heure, la plupart des soumissionnaires potentiels avaient quitté dans leur voitures, après avoir accepté qu’ils ne passeraient pas. À 11h, une heure après le début planifié de la visite, les manifestant.e.s sont parti.e.s, ne laissant derrière eux qu’un petit groupe, principalement composé de policiers.

Avec un mois restant dans la période de soumission, c’est le moment d’évaluer ce que nous savons et ce que nous pouvons faire pour perturber le projet. En continuant à lire, vous trouverez des mises à jour importantes sur l’état du projet de prison ainsi que des informations nouvellement publiques à propos d’autres compagnies impliquées.

Ce qui est arrivé jusqu’à maintenant

Depuis l’été 2017, le groupe Lemay, basé à Montréal, et le Groupe A, basé à Québec, travaillent sur les plans architecturaux de la prison. En décembre 2018, Englobe Corporation et Excavation Loiselle ont complété leurs travaux d’assainissement sur les vastes terrains du CSC, qui pourraient servir à accueillir une prison additionnelle sur la Montée St-François. Ces terrains accueillent déjà la prison pour migrant.e.s actuelle, les prisons fédérales pour hommes à sécurité minimale et moyenne et l’institution provinciale Leclerc. Depuis un certain temps déjà, le calendrier censé indiquer les dates réelles du début de la construction est incertain.

Le 31 janvier 2019, toutefois, le ministère des Travaux publics et services gouvernementaux Canada a lancé l’appel d’offres pour les soumissionnaires qui seront en charge de la plus grande partie du travail relatif à la construction de la prison (l’Entrepreneur général). Les documents remis aux soumissionnaires intéressés fournissent de l’information importante sur les prochaines phases du travail.

La période d’enchères en cours

Le 31 janvier est donc le jour 1 de la période d’enchères de six semaines pour la position d’Entrepreneur général. Les soumissions seront acceptées jusqu’au 20 mars, date à laquelle la compagnie avec l’offre la plus petite obtiendra le contrat.

Au cours de la période d’enchères, les compagnies intéressées à faire des offres pour le projet sont invitées à enregistrer leurs informations sur la liste publique des soumissionnaires intéressés. Sur cette liste, accessible sur le site du gouvernement, on peut trouver le nom de la compagnie, la personne ressource, un courriel et un numéro de téléphone pour chaque compagnie qui démontre publiquement son intérêt envers le projet. Notons que certaines compagnies peuvent être intéressées au projet sans le déclarer publiquement sur cette liste.

En date du 20 février, les informations suivantes sont disponibles pour six soumissionnaires potentiels :

  1. Contact Shane Ross, President
    Compagnie Standard Building Contractors
    Courriel shane@standard.builders
    Téléphone 6138477258
  2. Contact Richard Paradis, Estimateur Senior
    Compagnie Construction SOCAM ltée
    Courriel r.paradis@socam.ca
    Téléphone 450-662-9000 #223
  3. Contact Matthew Poplaw, Sales
    Compagnie Securassure
    Courriel matthew@securassure.ca
    Téléphone 5143733131
  4. Contact Lina Tremblay, Estimateur
    Compagnie Groupe Geyser
    Courriel ltremblay@groupegeyser.com
    Téléphone 4506252003
  5. Contact Richard A. Germano, Président
    Compagnie Corporation de construction Germano
    Courriel info@germanoconstruction.com
    Téléphone 450-668-7807
  6. Contact Jacques Hosson, Estimateur
    Title Estimateur
    Company Tisseur Inc.
    Email estimation@constructiontisseur.ca
    Phone 8193221523 #258

Aussi présents pour la visite au site:

Compagnie Bruneau électrique Inc.
Email info@bruneauelectrique.com
Phone 514 353-4343, 450 759-6606

Compagnie Construction CYBCO
Email info@cybco.ca
Phone 514 284-2228

Peu importe qui obtiendra le contrat, la compagnie sera impliquée dans le projet jusqu’à la fin projetée de celui-ci (à la fin de mars 2021). Elle sera responsable de la sous-contraction de plus petites parties du travail de construction, contrats qui ne seront probablement pas rendus publics.

Autres compagnies impliquées dans le projet

Parmi les documents publiés avec l’appel d’offres se trouve une liste d’autres compagnies avec des contrats reliés à la prison, ainsi qu’à la personne responsable pour le dit contrat au sein de chaque compagnie. Certaines, comme Lemay ou le Groupe A, sont des noms que nous avons déjà vus, leurs contrats étant publics depuis un certain temps déjà.

Lemay et le Groupe A

Ces deux compagnies sont listées comme étant en charge de la partie « architecture » du projet, représentées respectivement par les architectes Pierre Larouche et Patrice Beauchemin.

Mylène Carreau, une architecte paysagiste affiliée à Lemay, représente sa firme pour le rôle additionnel que joue cette dernière en tant que chargée de l’architecture du paysage pour le projet.

LEMAY
3500, rue Saint-Jacques
Montréal (QC) h4c 1h2
t. (514) 932-5101
f. (514) 935-8137

Groupe A
819, avenue Moreau
Québec (QC) g1v 3b5
t. (418) 653-8341
f. (418) 653-1989

Certaines compagnies présentes sur la liste sont nouvelles et seraient possiblement membres d’un groupe de firmes avec lesquelles le gouvernement entretient ce qu’on appelle un « offre permanent ».

KJA Consultants Inc.

L’ingénieur Louis Beauchemin, du bureau montréalais de KJA Consultants Inc., est mis à l’honneur dans le document présentant sa compagnie de design d’ascenseurs et d’escaliers mécaniques, ainsi que son travail sur un éventuel système de convoyage pour la prison.

KJA CONSULTANTS INC .
1410, rue Stanley, bur. 1003
Montréal (QC) h3a 1p8
t. (514) 284-3119

BPA (Bouthillette Parizeau)

La firme de consultation en ingénierie BPA, autrement connue en tant que Bouthillette Parizeau, sera impliquée dans les services alimentaires et la mise en service de la prison. Pour cette dernière, ce sera l’ingénieure Dalia Ramy qui représentera la firme, tandis que Sylvie Savoie sera en charge des services alimentaires.

BPA
6655, boul. Pierre-Bertrand
Bureau 250
Québec (QC) g2k 1m1
t. (514) 383-3747

Stantec

Stantec, une importante firme de design, consultation et ingénierie dont les bureaux se trouvent à Longueuil, semble être fortement impliquée dans plusieurs aspects du projet.

Les ingénieurs Alexandre Manseau-Nguyen et Bruno Lehoux sont respectivement en charge des travaux électriques et d’alarme d’incendie, ainsi que des services de protection contre les incendies, tandis que Jonathan Hallee est en charge de l’aspect télécommunication.

Stantec est aussi impliqué dans plusieurs aspects des travaux d’ingénierie, avec les représentants suivants responsables des différentes sous-sections : Louis-Stéphane Raciot comme Gestionnaire de projet en ingénierie, l’ingénieur Alexandre Jean en charge de la mécanique, Michel Gendron de l’électrique, Patrick Bourgeois de la structure et Martin Charron pour le génie civil.

STANTEC
400-375, boul. Roland-Therrien
Longueuil (QC) j4h 4a6
t. (514) 281-1033

Horaire de travail et sécurité du site

Il n’est toujours pas clair quel type de travail sera réalisé à quel moment, mais les documents de l’appel d’offres indiquent que lorsque la construction débutera, les travaux se termineront avant 21 heures, du lundi au vendredi. Les travaux causant du bruit seront réalisés entre 7 heures du matin et 18 heures, et aucun travail ne sera effectué le dimanche ou les jours fériés.

Il y aura des bureaux sur le site afin de conserver les documents de manière sécuritaire, ainsi que deux caméras qui feront du live streaming et dont les images seront accessibles à des représentants du gouvernement en tout temps.

Des barrières obstruant la vue du site seront érigées. Les documents mentionnent que tous les travailleurs et travailleuses devront passer un contrôle de sécurité et seront interdits de communiquer avec les détenus de la prison Leclerc (située juste à côté du site).

Qu’attendre de l’avenir proche

Il est raisonnable de s’attendre à ce que des travaux de re-excavation et de fondations débutent assez rapidement suivant l’octroiement du contrat d’Entrepreneur général à la fin du mois de mars. Cela signifie que celles et ceux opposé.e.s à la construction d’une nouvelle infrastructure créée uniquement dans le but d’augmenter la capacité du gouvernement à détenir et déporter des migrant.e.s, doivent se mettre aussi rapidement au travail, la construction pouvant débuter sérieusement dès le mois prochain.

Les compagnies considérant s’impliquer dans ce projet totalement inacceptable, servant uniquement à déchirer des familles et des communautés, feraient bien de rester à l’écart. Elles pourraient risquer leur réputation, leur clientèle et leur argent en choisissant d’offrir leur expertise à ce projet qui est sans ambiguïtés violent et raciste, à un moment où il est extrêmement important pour tout le monde de se positionner contre la suprématie blanche et la xénophobie. Les compagnies fournissant des matériaux pour la construction, ou qui seraient intéressées à sous-contracter pour travailler au projet même à un niveau plus limité devraient aussi y penser à deux fois avant de prendre une décision immorale et indéfendable.

Pour un monde sans prisons ni frontières
Pour la liberté de mouvement et la liberté de vivre pour toutes et tous

Pour plus d’information concernant le projet de prison pour migrant.e.s, et pour télécharger du matériel et des documents de recherche reliés à la lutte contre celui-ci, visitez stopponslaprison.info

Pour lire les documents résumés ici, vous pouvez les télécharger directement sur le site du gouvernement du Canada à partir de ce lien. Nous recommandons d’utiliser la navigateur TorBrowser afin d’éviter de donner votre adresse IP.

Athan Zafirov, l’ordure néonazie de Montréal qui croyait pouvoir s’en sauver…

 Commentaires fermés sur Athan Zafirov, l’ordure néonazie de Montréal qui croyait pouvoir s’en sauver…
Fév 182019
 

De Montréal-Antifasciste

(Avertissement : de nombreux liens dans cet article mènent à du contenu extrêmement raciste, antisémite et misogyne. Suivez-les en connaissance de cause et avec précaution.)

En mai 2018, des antifascistes de Montréal ont divulgué le contenu complet d’un salon de discussion néonazi privé, actif d’août 2016 à janvier 2018 et comptant 55 utilisateurs, appelé « Montreal Storm » (raccourci de Montreal Stormer Book Club*).

La fuite a permis de confirmer l’identité de plusieurs membres du salon de discussion, dont Shawn Beauvais MacDonald, Vincent Bélanger Mercure et Gabriel Sohier Chaput. La Gazette a en même temps fait paraître une série d’articles révélant le rôle important de ce dernier, sous l’alias Zeiger, comme propagandiste de l’aile radicale de l’Alt-Right et collaborateur régulier à The Daily Stormer, l’un des plus influents sites Internet néonazis de 2016  à aujourd’hui.

Les trois militants nommés ci-dessus, suite à leur malencontreuse participation à un reportage de la chaîne Vice, ont par ailleurs été aperçus dans la manifestation « Unite The Right », à Charlottesville, en Virginie, le 12 août 2017, où la contremanifestante antiraciste Heather Heyer a été tuée et de nombreuses autres personnes ont été grièvement blessées lors d’un attentat à la voiture-bélier perpétré par le suprémaciste blanc James Alex Fields.

>> Le contenu complet du salon de discussion « Montreal Storm » est accessible en ligne sur le site d’Unicorn Riot, depuis mai 2018.
(Avertissement : racisme, antisémitisme et misogynie extrême.)

Plusieurs autres membres de ce salon de discussion et du « Book Club » de Montréal ont été identifiés par des antifascistes, y compris l’un de ses principaux modérateurs, « Date », alias « DateOfLies », alias « LateOfDies », de son vrai nom Athanasse “Athan” Zafirov.

Faites la connaissance d’Athan Zafirov, l’ordure néonazie de Montréal qui croyait pouvoir s’en tirer à bon compte…

« Date » et son rôle dans le club Alt-Right de Montréal font en partie l’objet d’un article paru dans le National Post du 14 mai, 2018, mais le nom de Zafirov n’y apparait nulle part.

>> Consultez les échanges de Zafirov, alias « Date », dans le salon de discussion « Montreal Storm »
(Avertissement : racisme, antisémitisme et misogynie extrême.)

Quelques mois plus tard, en juillet 2018, dans le cadre d’un appel plus large à identifier les membres du groupe ID Canada (une organisation « identitaire » de style européen qui cherche à fédérer les « patriotes » néofascistes et autres « ethnonationalistes » du Canada), les camarades d’Anti-Racist Canada (ARC) ont publié un exposé beaucoup plus complet sur  « DateOfLies ».

L’article d’ARC montre d’abord que « Date » est un personnage central d’ID Canada (groupe auparavant connu sous le nom Generation Identity Canada), en reprenant un extrait du podcast Alt-Right/néonazi “This Hours Has 88 Minutes”, où « Date » se vante d’en être l’un des principaux organisateurs. ARC et ses collaborateurs anonymes montrent ensuite, à partir de messages affichés par nul autre que Zeiger sur « Montreal Storm », qu’Athan (mal orthographié « Athen ») est l’organisateur d’un groupe Facebook secret appelé « Alt-Right Montreal ».

Un message de « Date » du 11 juillet 2017 révèle en outre qu’il a participé à l’organisation d’une délégation canadienne au rassemblement « Unite The Right » à Charlottesville :

Du même élan, « Date » exhibe ses lettres de noblesses et vante ses projets en cour, dont la visite à Montréal de Ricardo Duchesne, un professeur ultraconservateur de l’Université du Nouveau-Brunswick, en juin 2017**, et l’organisation d’un événement « Alt-Right Canada » avec Jared Taylor (maître à penser de l’Alt-Right) en Ontario. Il se vante également de « mener » le groupe de « bad goys » local.

ARC et sa source anonyme développent ensuite une démonstration détaillée prouvant qu’Athanasse Zafirov et « Date » (et ses divers autres alias) sont une seule et même personne.

Une autre pièce clé de cette histoire est le fait qu’Athan Zafirov a été identifié à l’hiver 2016 comme l’un des organisateurs de la visite à Montréal de Roosh V. Valizadeh, un misogyne professionnel, gourou de la culture « pickup artist » et apologiste du viol. (Fait amusant, Zafirov a été piégé par un groupe de féministes, qui ont pu le confronter directement. Voir la vidéo ci-dessous pour constater le fiasco.)

De plus, Zafirov a fait la grave erreur de venir chahuter en personne une manifestation anticoloniale dans le Vieux Montréal, le 1er juillet 2017, avec d’autres membres du « Book Club » de Montréal, dont Shawn Beauvais MacDonald, Alex Boucher, Sergej Schmidt et d’autres spécimens de leur gang de mutants d’égouts.

Nous savons de plusieurs sources que Zafirov habitait jusqu’à récemment dans un immeuble à appartements sur la rue Saint-Urbain, à Montréal, où il a accueilli au moins une rencontre du « Book Club ». Sa trace était perdue depuis la fuite du salon de discussion.

Jusqu’à maintenant.

Zafirov a récemment émergé de la pénombre à l’autre bout du continent, espérant sans doute avoir échappé à la traque des antifascistes. Nous croyons quant à nous que son comeback est l’occasion parfaite de redonner à une pareille ordure nazie l’attention qu’elle mérite.

Faites donc la connaissance du nouvel avatar d’Athan Zafirov, « Dimitri » :

Ce militant nationaliste blanc et sympathisant néonazi avéré est aujourd’hui inscrit au programme de doctorat à l’Anderson School of Management de l’UCLA, ce qui est en phase avec son précédent parcours à l’École de gestion John-Molson de l’Université Concordia.

Manifestement, la photo de Zafirov a été supprimée de la page des étudiants et étudiantes de l’École. Serait-ce qu’Athan sentait la soupe chaude? Malheureusement pour lui sa petite crisse de face de baveux poppe encore dans le moteur de recherche d’images de Google, ainsi que dans le moteur de recherche interne du site de l’UCLA. Il semble par ailleurs avoir changé de programme d’étude.

Si vous jugez pertinent d’écrire une ligne aux professeseur-e-s de Zafirov pour leur signaler ses intérêts « ethnonationalistes », nous sommes confiant-e-s qu’ils et elles seront intéressé-e-s d’apprendre la nature des activités extracurriculaires de leur jeune collègue canadien. Vous trouverez ci-dessous une liste utile d’adresses et de liens vers la liste des membres de l’administration d’Anderson et du corps professoral du programme de comptabilité :

https://www.anderson.ucla.edu/about/whos-who

ms.phd.admissions @ anderson.ucla.edu (PhD Program)
al.osborne @ anderson.ucla.edu  (Interim Dean)
john.mamer @ anderson.ucla.edu (Faculty Chairman)
heather.caruso @ anderson.ucla.edu (Equity, Diversity and Inclusion)

Professeur-e-s:
https://www.anderson.ucla.edu/faculty-and-research/accounting/meet-the-faculty

Étudiant-e-s:
https://www.anderson.ucla.edu/faculty-and-research/accounting/meet-the-students

 

 

* Les Stormer Book Clubs sont des clubs sociaux permettant aux partisans de la ligne néonazie de l’Alt-Right (pour hommes blancs exclusivement) de se rencontrer et faire des plans en personne. L’idée originale vient d’Andrew Anglin, le fondateur de The Daily Stormer, en 2016. Les TRS Pool Partys, issus de la plateforme nazie The Right Stuff, reprennent essentiellement le même concept.

** Une vidéo de cette conférence se trouvait sur la chaîne YouTube de Zeiger, mais celles-ci a été supprimée après son doxing.

Prison pour migrants : Les bureaux de l’entreprise d’excavation Loiselle redécorés

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Fév 072019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Selon cet article d’un journal local de Salaberry-de-Valleyfield paru le 29 janvier, la façade de l’édifice de l’entreprise d’excavation Loiselle, situé au 280 boulevard Pie-XII à Saint-Timothée, a été redécorée. On peut y lire l’inscription « NON À LA PRISON POUR MIGRANTS ».

L’article soutient que ce crime a été posé avec des intentions racistes, précisant que l’entreprise n’a aucune idée de pourquoi elle aurait été visée.

Nous ne connaissons pas les intentions des vandales, mais nous savons qu’une nouvelle prison pour migrants est en voie de se construire à Laval, et que cette entreprise a obtenu le contrat de décontamination et d’excavation de ce projet. N’est-ce pas le fait d’enfermer et de déporter plus de migrants qui est raciste ? Il est bien logique que les entreprises impliquées dans la construction de cette prison soient ciblées.

FUCK LOISELLE, FUCK L’AGENCE DES SERVICE FRONTALIERS DU CANADA, FUCK LES PRISONS.
SOLIDARITÉ AVEC LES MIGRANT.ES AVEC OU SANS PAPIERS

Histoire radicale : le Computer Riot

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Jan 302019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Avec cette série de texte, nous tentons de rendre compte de l’histoire de la résistance militante prenant place sur les territoires du soit-disant « Canada », ainsi que de la réfléchir. Bien que les événements que nous explorerons n’impliquent pas nécessairement des anarchistes, nous croyons qu’ils revêtent une importance certaine. Ils constituent des repères culturels, des points de référence à partir desquels réfléchir idées et tactiques. Comme le dit le vieux diction, nous apprenons du passé, afin de se préparer, dans le présent, pour défendre le futur.
Le texte qui suit raconte le Computer Riot (émeute des ordinateurs, communément référée en français comme l’affaire Sir George Williams), qui s’est déroulée à l’Université Sir George Williams (aujourd’hui Université Concordia), en 1969. Afin de contextualiser cette histoire, nous commençons avec une (très courte) histoire du racisme anti-noir dans l’est du Canada.

Durant la première moitié du 19e siècle, des dizaines de milliers d’esclaves noirs s’enfuirent des plantations américaines vers le nord, en quête de libération. Plusieurs traversèrent la frontière canadienne, l’esclavage ayant officiellement été aboli au Canada en 1834. Il.les s’installèrent dans les centres urbains des provinces de l’est – en Ontario, au Québec et en Nouvelle-Écosse – formant de petites communautés tissées serrées.

Ces migrant.es noir.es nouvellement arrivé.es étaient généralement reçu.es avec racisme par la société blanche. Bien que la ségrégation n’ait jamais été consacrée par la loi canadienne, les noir.es se voyaient refuser l’accès à l’emploi, au logement et aux services gouvernementaux. Pendant que l’état mettait en place son système d’éducation public, les enfants noirs étaient forcé.es de s’empiler les un.es sur les autres dans des écoles à part, de moindre qualité. Les établissements réservés aux blanc.hes étaient chose commune, plusieurs hôtels, restaurants et hôpitaux refusant de servir les client.es noir.es.

En réponse, les communautés noires commencèrent à former leur propres organismes sociaux. À Montréal, de nombreux centres communautaires furent fondés afin de combattre l’exclusion sociale : le Women’s Coloured Club en 1902, le Union United Congregational Church en 1907, le Negro Community Centre en 1927. Ces organismes offraient plusieurs ressources, telles qu’une éducation et des soins gratuits, en plus de distribuer de la nourriture.

À la même époque, différents groupes racistes, s’établissant dans plusieurs villes, tentaient de s’implanter dans la sphère politique canadienne. Le Ku Klux Kan établit une section montréalaise, bien qu’il ne réussit pas à gagner de pouvoir de façon significative. Le Klan fut brièvement populaire en Saskatchewan, jusqu’à 25 000 personne y adhérant, aidant ainsi James Anderson à l’emporter sur le parti libéral aux élections provinciales de 1929.

La population noire de Montréal ne s’accroîtra pas de façon significative jusqu’à ce que soit levées, dans les années 1960, les restrictions fédérales en matière d’immigration. Entre 1961 et 1968, la population noire passe 7000 à 50 000 individus. Cette période est celle d’une prolifération d’idées anti-racistes et anti-coloniales, arrivant des États-Unis, de l’Afrique et des Caraïbes. Les intellectuels noirs puisent dans les analyses sur la race et l’impérialisme élaborées par les membres du mouvement Black Power et par ceux des différents mouvements indépendandistes d’Afrique. Ils organisent des conférences à travers la ville, faisant écho aux principes de la pensée révolutionnaire noire : l’autonomie, l’auto-suffisance et la défense.

Plusieurs jeunes immigrant.es noir.es s’inscrivirent à l’Université Sir George Williams (SGW), laquelle offraient des cours de soir et une politique d’admission plus souple. La population hétérogène de l’université détonnait avec celle majoritairement blanche et favorisée de l’Université McGill. Malgré sa réputation d’être une des universités les plus inclusives et progressistes du pays, il n’était pas chose rare pour les étudiant.es et pour l’administration de faire preuve de racisme.

En mai 1968, six étudiant.es noir.es des Caraïbes soumirent une plainte officielle contre le professeur de biologie Perry Anderson. Ils accusaient Anderson de discrimination envers les étudiant.es noir.es de son cours, leur attribuant des notes plus faibles pour un travail de même qualité que celui produit par leurs collègues blanc.hes. Après des mois d’inaction de la part de l’administration, l’insatisfaction des étudiant.es quant à la façon dont leur plainte était traitée ne faisait que croître. Il.les décidèrent d’en faire un enjeu public et commencèrent à organiser des sit-ins et à distribuer des pamphlets expliquant leur situation. L’université établit en réponse un comité d’audiences responsable de voter sur la meilleure façon de résoudre le conflit.

Plusieurs audiences et assemblées furent tenues, en janvier 1969. Les professeurs et les membres des autres facultés défendaient Anderson, tandis que les étudiant.es de couleur partageaient leurs propres expériences de discrimination sur le campus. Plusieurs prises de parole faisaient écho aux propos du Black Panther Party, lequel avait gagné en importance au sud de la frontière. Ils appelaient les étudiant.es à se méfier de l’administration et à prendre eux-même et elles-même la situation en mains.

Le 29 janvier, 200 étudiant.es partirent en manifestation à la sortie d’une audience. Le processus semblait avoir comme objectif d’innocenter Anderson et ainsi d’éviter de faire porter quelque blâme que ce soit à l’administration. Près de dix mois après le dépôt de la plainte, les étudiant.es voyaient bien que le problème ne résidait pas dans les agissement d’un professeur en particulier, mais plutôt dans le racisme systémique courant à l’université.

Une occupation étudiante pris place dans le laboratoire informatique de l’école, au 9e étage du pavillon Henry F. Hall. Neuf jours plus tard, l’occupation s’étendit au salon de la faculté, situé au 7e étage. Le 10 février, les étudiant.es proposèrent de mettre fin à leur action de protestation si l’université acceptait de mettre en place un différent comité d’audiences et de ne pas pénaliser les étudiant.es pour les cours manqués durant l’occupation. L’université promit aussi de ne pas poursuivre les participant.es à l’occupation ou d’avoir recours à la police.

Tandis qu’il restait moins d’une centaine de personnes dans le pavillon, l’anti-émeute commença à se mobiliser dans les rues avoisinantes. L’université avait manifestement décidé de rompre sa promesse. Face à la menace, les étudiant.es barricadèrent les escaliers et coupèrent l’alimentation du système d’ascenseurs. Alors que les policiers s’engouffraient dans les escaliers, les étudiant.es choisirent de faire usage du peu d’avantage leur restant, menaçant de détruire les millions de dollars d’équipement informatique si on ne les laissait pas sortir en sécurité.

Leurs efforts s’avérèrent vains : l’expulsion avait déjà commencé. Les étudiant.es commencèrent à fracasser l’équipement et à jeter des milliers de cartes d’ordinateur par les fenêtres. Alors que la police se rassemblait au 9e étage, un incendie se déclara à l’étage du dessous. Pendant ce temps, un rassemblement blanc s’étant formé à l’extérieur du pavillon se mit à scander « Laissez les nègres brûler ! ». Les étudiant.es tentèrent alors de s’échapper en démontant les barricades, mais s’aperçurent que la hache et l’extincteur de la pièce avait disparus. La police les avait confisqués la journée d’avant.

L’occupation se conclut avec 97 arrestations et approximativement deux millions de dollars de dommages matériels. Anderson, qui avait été suspendu pendant la crise, fut rétabli dans ses fonctions le 12 février. Le 30 juin, le comité d’audiences déclara « que rien dans les preuves présentées ne justifiait une accusation de racisme  » et le reconnut non-coupable.

Cette histoire est légèrement différente de la « version officielle ». Avec une rapide recherche sur Google, on accèdera à des douzaines d’articles traitant du Computer Riot, presque tous relayant le récit des événements fourni par l’université. Selon cette dernière, la police n’aurait été appelée qu’au moment où les étudiant.es commencèrent à barricader les escaliers. Il s’agit ici d’une tactique couramment utilisée afin de légitimer une intervention policière musclée ayant pour but de contrôler une action directe : prétendre que certaines tactiques de contrôle étaient nécessaires afin de pacifier une foule « turbulente ».

Il est également souvent prétendu que ce serait les étudiant.es qui auraient allumé l’incendie ayant causé des dommages considérables à l’édifice, alors que les étudiant.es eux.elles-même affirmèrent qu’il s’agissait de l’oeuvre de la police. Cet aspect de l’histoire est traité dans le récent documentaire Ninth Floor.

Attaques contre les panneaux publicitaires d’OSHA Condo

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Jan 262019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Cette nuit et lors de celle qui précèdent, différentes bandes ont bombardé de peinture les publicités à thématique coloniale du nouveau projet de condo OSHA

Le projet d’OSHA Condo est simple : la destruction d’Hochelaga. Comment? Avec l’implantation de plus de 200 unités de condo (valant entre 200 000$ pour un 2 et demi et plus de 500 000$ pour un 4 et demi). C’est-à-dire 300 à 500 petit.es parvenu.es de plus dans notre quartier, dans un coin particulièrement sensible où se cotoient toutes ceux et celles qui ont été mis de côté dans les dernières décennies par les différents projets immobiliers. Implanter l’opulence, là ou la misère règne. Augmenter le nombre de flics et de patrouilles, de magasins écolo-éthico-responsable-biodégradable cher, de restos chics qui osent se nommer «Les AffamÉes» dans un des plus gros désert alimentaires de Montréal. Une nettoyage sociale en bonne et du forme.

Pour rajouter l’insulte à l’injure, les propriétaires ont choisi d’utiliser la thématique autochtone. L’utilisation de l’imaginaire de la rencontre entre les peuples par les publicitaires réitère l’idée d’un échange pacifique et consensuel entre colons et premiers peuples. Nous fracassons cet imaginaire. L’Amérique s’est construite dans la violence. Montréal est une ville rendues possible par un génocide. Sa modernisation repose depuis ses fondements sur l’exploitation de territoires volés. Le projet de condo OSHA n’en est que le dernier et plus pathétique exemple.

Et vous pensiez qu’on vous laisserait faire ? La pluralité des groupes qui s’organisent actuellement contre la construction de ces condos témoigne du sentiment de colère, largement partagé dans le quartier, face à cette nouvelle offensive de gentrification. Dans les prochains mois, les formes de constestations et de sabotages se multiplieront. Malgré les avancées des projets gentrificateurs dans Hochelaga, il s’est développé une expertise de lutte contre ces derniers que nous comptons bien mettre à profit dans les temps qui suivent.

Ces attaques ne sont qu’un premier avertissement
Nous sommes nombreux et nombreuses à être déterminé.es
Ces condos ne verront pas le jour

Retour sur la manif de bruit du Nouvel An de 2018

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Jan 132019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le 31 décembre 2018, à la veille du Nouvel An, environ 150 personnes se sont rassemblées près du métro Henri-Bourassa sur l’île de soi-disant Montréal (Tio’tia:ke) afin de prendre 3 autobus jusqu’à Laval, Qc. Chaque année depuis 2014, et de manière sporadique pendant les années précédant 2014, nous nous rassemblons devant les prisons de Laval afin d’allumer des feux d’artifices, souhaiter une joyeuse nouvelle année aux gens à l’intérieur des murs, et montrer notre opposition aux prisons, aux frontières, ainsi qu’aux industries et aux gouvernements qui les nourissent.

Après une brève balade d’autobus, nous sommes débarqué.es au lieu de manifestation, notre premier arrêt étant le Centre fédéral de formation (sécurité minimale), situé au 600 Montée St-François. Étendu aux abords de la Montée St-François, avec une simple clôture séparant les unités d’habitation de la route, le Centre fédéral de formation (sécurité minimale) est le seul arrêt sur notre route où nous pouvons apercevoir le visage des gens aux travers des fenêtres. Cette année ne fût pas exception. Des dizaines de personnes nous saluaient de la fenêtre de leurs cellules et gueulaient de joie avec nous à la vue des feux d’artifices, alors que de la musique jouait et que nous scandions nos voeux de Bonne année. Une bannière exprimant “Happy New Year! Free all prisoners!” (Joyeuse année ! Libérons tout.es les prisonnièr.es !) était brandie, alors que nous chantions “Pour une monde sans patrons, ni flics, ni prisons!”

Notre second arrêt était à Leclerc, une prison provinciale pour femmes. Cette année, nous avons été capables de nous rendre plus près de la barrière que l’an dernier et, après avoir lancé des feux d’artifices et monté le volume de la musique, nous avons pu apercevoir des lumières clignotées à répétition dans certaines fenêtres de la prison! Cette prison se situe en retrait de la route et nous étions excité.es de savoir que les gens à l’intérieur pouvaient nous entendre et nous voir. Leclerc a été fréquemment dénoncé dans le passé pour avoir des conditions de vie exécrables, dont tout récemment en décembre 2018 par une coalition de groupes au Québec. Les cellules sont si froides que les prisonnièr.es doivent dormir avec leur manteau et l’eau y est inbuvable. Bien que nous ne ferions pas de compromis pour des prisons plus “humaines” dans notre lutte pour un monde meilleur, on pense quand même que c’est horrible pour les détenu.es d’être soumis.es à des conditions de vie aussi dégueux!

Nous nous sommes ensuite arrêtés sur le site de construction de la nouvelle prison pour migrant.es. Nous avons pointé le chantier à la foule et avons informé celle-ci des plans de la nouvelle prison. Supervisé par des firmes d’architecture et d’ingénierie Lemay et Groupe A, le nouveau centre de détention pour migrant.e.s fait partie du plan gouvernemental de reserrer les politiques sur l’immigration et d’alimenter la machine de déportation. Le gouvernement prétend que le nouveau bâtiment aura un intérieur en bois chaleureux et sera conçu pour «ne pas se sentir comme une prison» malgré les plans incluant autant de caméras de sécurité et de clôtures qu’on pourrait s’y attendre. Nous pensons que ces projets sont tous de la foutaise et nous nous attendons à ce que la nouvelle prison soit identique aux prisons régionales pour femmes construites dans les années 90 et 2000. Autrement dit, une prison avec des unités de haute sécurité, des caméras partout et aucun budget pour la programmation à cause que les coûts de sécurité seront trop élévés. Bien évidemment, tout cela si nous ne parvenons pas d’abord à arrêter la construction!

Ensuite, nous avons emprunté la route qui mène à la prison pour migrant.e. présentement utilisée. Nous avons lancé des feux d’artifices et crié notre soutien aux gens (y compris les enfants!) à l’intérieur. Des tambours dans la foule ont su créé une ambiance festive. Les personnes ayant pris parole au mégaphone nous ont rappelé la grève de la faim menée en septembre dernier contre le plan du gouvernement intitulé «alternatives à la détention». Ce plan comprend la mise en place d’un programme de surveillance électronique et la sous-traitance de la Société John Howard et de l’Armée du Salut afin de créer des programmes de type de “parole” pour les migrant.es. Nous pensons que tout cela est un moyen de contrôler et de surveiller les migrant.es d’avantage, alors que ceuzes-ci sont souvent en train de fuir des situations de violence que le gouvernement Canadien a aidé à créer à la base. Honte à la Société John Howard et l’Armée du Salut d’avoir pris ces contrats ! Et fuck les plans du gouvernement d’augmenter les déportations de 30% dans les prochaines années. Pour un monde sans frontières et sans prisons !

Notre cinquième arrêt était devant le Centre fédéral de formation (niveaux mixtes). Cette prison a une cloison ainsi que deux clôtures qui l’entourent. Alors, il est toujours difficile pour nous de nous approcher, ainsi que de savoir si le monde à l’intérieur peut nous voir ou nous entendre. Malgré cela, nous avons allumé des feux d’artifice et nous avons crié nos meilleurs vœux aux personnes à l’intérieure de cette prison. Notre système de son est devenu à plat à ce moment, alors nous n’avons pas pu lire une déclaration de notre camarade Cedar, qui est en prison en Ontario, parce que nous n’avions pas la puissance de voix pour le faire sans le système de son. Solidarité à Cedar et à tout.es celleux qui ont dû passer les fêtes derrière les barreaux ! Nous pensons à vous et nous luttons afin que personne ne doive jamais passer la veille du Nouvel An en prison !

En dernier lieu, nous sommes repassé.es devant le Centre fédéral de formation (sécurité minimale) afin de dire nos au revoir. À notre deuxième arrêt devant cette prison, quelques personnes sont sorties des unités d’habitation pour venir dans la cour, en bravant le froid pour nous envoyer la main et nous saluer. Un fuck you bien ressenti à tout.es les policier.es qui ont insisté à se tenir près de la clôture, entre euzes et nous. Quelques personnes dans la foule ont chanté la Chanson de l’hélicopter et ont essayé d’apprendre aux autres de nouvelles paroles sur l’air de We R Who We R de Ke$ha. Nous avons alors lancé nos derniers feux d’artifices, puis nous nous sommes déplacé.es vers les autobus.

Cette tradition de la manif de bruit du Nouvel An nous tient à coeur! Nous voulons remercier toutes les personnes qui sont venues. Nous étions excité.es par le nombre de gens qui se sont pointés la bette cette année! Solidarité avec tout.es les détenu.es qui combattent le système de l’intérieur des murs!

Appel à l’action international – Soutien à la nation Gidimt’en

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Jan 072019
 

Alerte – Attaque imminent de la GRC – Restez à jour (7 janvier 11h)

Du Point d’accès Gidimt’en (page Facebook)

Aujourd’hui, des agents de liaison de la police ont rencontré des Chefs traditionnels Wet’suwet’en et leur ont indiqué que des forces spécialement entrainées allaient être déployées pour déplacer les Wet’suwet’en de leur terres.

La police a refusé de donner des détails sur cette opération aux chefs traditionnels. Ainsi, le nombre de policiers, la stratégie ou encore la date de l’attaque sont inconnus à ce jour.

En ne répondant pas aux demandes de précisions des chefs
traditionnels, la police a ainsi confirmé que l’effet de surprise était recherché pour pouvoir déborder les Wet’suwet’en qui protègent leurs terres.

Cette opération de police n’a d’autre but que de permettre à TransCanada d’accéder au territoire des Wet’suwet’en, qui n’ont jamais cédés leurs terres. C’est un ultimatum que la police impose : céder les terres ou faire face aux forces de police. C’est un acte de guerre.

Malgré les belles paroles portées par le comité de « Vérité et Réconciliation », le Canada continue à faire ce qu’il a toujours fait : utiliser la violence contre les peuples des Premières Nations et les criminaliser, afin que leurs terres incédées puissent être exploitées pour le profit de quelques uns.

La police a été avertie que des enfants, des aînés, des familles étaient présents sur le camp Gidimt’en, lieu de l’attaque annoncée. Ce à quoi aucune réponse n’a été apportée.

Depuis sa mise en place, ce point d’accès pour rentrer sur les terres des Wet’suwet’en a accueilli des rassemblements, des ateliers et est le lieu de nombreuses activités traditionnelles.

L’article 10 de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones énonce clairement « Les peuples autochtones ne peuvent être déplacés par la force de leur terres ou territoires » Tout déplacement des Wet’suwet’en par les forces de police viole directement cette Déclaration que le gouvernement de Trudeau a promis de respecter.

Nous nous préparons à un affrontement dans la durée. Les chefs traditionnels et les défenseurs des terres n’ont pas l’intention de laisser la souveraineté Wet’suwet’en être violée une fois de plus.

Pour le dire simplement, la menace gouvernementale d’envahir les territoires Wet’suwet’en est une violation de droits, un siège, et une extension du génocide auquel les Wet’suwet’en ont survécus.

Le Canada sait très bien que son action est illégale. La Nation Wet’suwet’en a longtemps bataillé sur le dossier juridique Delgamuukw-Gisday’wa afin que leur souveraineté soit reconnue et affirmée par les lois canadiennes.

En 1997, la Cour Suprême du Canada a acté que la Nation Wet’suwet’en, représentée par ses chefs traditionnels, n’avait jamais cédé ses droits sur ses 22.000 km2 de terres situées dans le nord de la Colombie Britannique.

Mais ces actions judiciaires coutent de l’argent. Et la construction du pipeline peut être terminée avant toute avancée légale significative. Alors Transcanada, soutenu par les gouvernement locaux et fédéraux, viole ouvertement ces droits de propriété.

La création du camp Gidimt’en a été soutenu par tous les chefs. Selon la loi des Wet’suwet’en, les 5 clans qui composent cette Nation s’opposent de manière unanime contre l’implantation du pipeline sur leurs terres.

Les avocats de Transcanada ont argumentés que l’un de ces clans, les Unist’ot’en étaient un groupe marginal, qui ne pouvait bénéficier de ces droits de propriété.

Le Camp Gidimt’en prouve que les Unist’ot’en ne sont pas isolés et que les chefs héréditaires de l’ensemble des clans les soutiennent et refusent l’accès de leurs terres aux pipelines.

Les Wet’suwet’en ont mis en avant le chemin respectant la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones, ainsi que la nécessité d’un consentement libre, préalable et informé des habitants. Le Canada a choisi d’ignorer ce chemin vers la réconciliation.

Nous appelons la population à agir en solidarité grâce à une journée d’action internationale ce mardi 8 janvier 2019.

Soutenez les Wet’suwet’en en vous rendant physiquement sur les camps, ou par des dons, ou encore en menant des actions là où vous vivez. Ces actions sont non-violentes.

Cette violation des terres et des droits des Wet’suwet’en doit être arrêtée. Nous devons nous opposer aux gouvernements fédéraux et provinciaux.

L’heure est venue : comment supporter le camp Gitimt’en

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Jan 042019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Un face-à-face se déroule présentement et son dénouement déterminera l’avenir du nord de la Colombie-Britannique pour des générations à venir. La région entière sera-t-elle envahie par la fracturation hydraulique, ou les peuples autochtones affirmant leur souveraineté seront-ils victorieux en repoussant l’assaut sur leur terres ?

Le futur reste à être écrit. Ce qui suivra sera grandement influencé par les actions entreprises dans les prochains jours et des prochaines semaines. Il s’agit d’une lutte à long terme, mais elle se trouve à un moment critique. C’est pourquoi nous disons : l’heure est venue. Si vous êtes une personne conscientisée et que vous comprenez l’ampleur de ce qui est en jeu, demandez-vous quelle serait la meilleure façon supporter les grassroots Wet’suwet’en. Pour certaines personnes, cela veut dire venir au front. Pour d’autres, cela veut dire apporter du support matériel ou monétaire, ainsi que contribuer aux efforts de sensibilisation et de partage d’information.

HISTORIQUE DE LUTTE :

Le camp Unist’ot’en existe depuis 2009 et des personnes y résident de façon continue depuis 2012. Il a été construit directement sur le trajet proposé d’un corridor de pipelines, lequel incluait une multitude de méga-projets, dont deux projets déjà soumis, soient le Northern Gateway et le Pacific Trails Pipeline.

Unist’ot’en, connu comme le Peuple des Eaux en Amont, est un groupe familial au sein d’un des cinq clans de la nation Wet’suwet’en. Leurs territoires englobent une grande partie du nord de la Colombie-Britannique. En 2005, plusieurs grosses compagnies pétrolières annonçaient leurs intentions de construire un immense corridor de pipeline à travers ces territoires. Certaines personnes Wet’suwt’en ont adopté la mission de faire en sorte que ce futur imaginé par ces capitalistes ne voit jamais le jour. Des cinq clans Wet’suwet’en, les Unist’ot’en furent les premiers à s’opposer officiellement à TOUT pipeline proposé traversant leurs territoires. Aujourd’hui, les cinq clans font front unis dans cette opposition. Cette unité a été réalisée grâce à des années de diplomatie constante et de recherche de consensus de la part des grassroots Wet’suwe’ten. Le succès de leur résistance est attribuable, en grande partie, à un engagement inébranlable envers la structure de gouvernance traditionnelle des Wet’suwet’en.

En 2009, une habitation fut construite aux coordonnées exactes du chemin que serait censé prendre le corridor énergétique. En raison de la géographie de la région, laquelle est accidentée, montagneuse et sismiquement active, modifier la trajectoire du corridor n’a jamais été envisagé. Le site est situé dans le territoire Unist’ot’en connu sous le nom Talbits Kwa, dont les frontières suivent les berges de la Wedzin Kwa (connu sous le nom colonial de la rivière Morice). Un pont à voie unique constitue le seul moyen d’entrer et de sortir du territoire, celui-ci n’étant accessible que par un chemin forestier partant de Houston (C.-B.) vers le sud. Depuis des années, le camp Unist’ot’en maintient un poste de contrôle sur ce pont. Les leaders du camp ont clairement indiqué qu’il ne s’agissait pas d’un blocage, car l’accès au pont est accordé à de multiples parties, incluant des travailleur.ses forestier.es, des pêcheur.ses et des chasseur.ses, dans la mesure où ceux-ci et celles-ci respectent le protocole du Consentement Libre, Préalable et Éclairé.

Qu’est-ce que le Coastal GasLink (CGL) pipeline ?

Le peuple Wet’suwet’en, sous la gouvernance de leurs chefs héréditaire, se dresse sur le chemin d’un des plus large projet de fracturation hydraulique de l’histoire canadienne. Le pipeline Coastal GasLink (CGL) tente de connecter les opérations de fracturation hydraulique du nord-est de la Colombie-Britannique avec une installation de gaz naturel liquéfié (GNL ou LNG en anglais) située dans la ville côtière de Kitimat. Ce terminal d’exportation, appelé LNG Canada, est possédé par un consortium de géantes multinationales pétrolières (Shell, PetroChina, Petronas, KOGAS, et Mitsubishi). Malgré la propagande tentant de faire croire aux citoyen.nes que cet investissement de 41 milliards $ est inévitable, l’instabilité du marché global du GNL demeure une réalité. De nombreux pays sont bien établis dans ce marché extrêmement compétitif.

CGL est le premier d’une série de projets de pipelines visant à traverser les territoires traditionnels Wet’suwet’en. S’il était construit, il faciliterait et accélèrerait la construction de pipelines subséquents, transportant bitume et produits de fracturation, en plus d’encourager les compagnies gazières à exploiter les gaz de schistes le long du tracé du pipeline. Ce projet constitue une tentative d’ouvrir la voie à un corridor énergétique qui traverserait certaines des dernières zones vierges de toute la région. L’achèvement et la mise en fonction du CGL transformerait de façon irréversible l’écologie et le caractère même du nord de la Colombie-Britannique.

Qu’est-ce que le camp Gitimt’en ?

Gitimt’en est un des cinq clans de la nation Wet’suwet’en. La création du camp Gitimt’en a été annoncée dans la salle de banquets Wet’suwet’en, tous les chefs présents l’appuyant. En réponse à l’injonction de CGL, le camp Gitimt’en fut établi sur la route menant au camp Unist’ot’en, créant ainsi une nouvelle ligne de front. Les avocats de CGL soutiennent que les Unist’ot’en sont essentiellement une bande de voyous sans revendication légitime du titre aborigène. L’intervention des Gitimt’en démontre que les Unist’ot’en ne sont pas seul.es et que les chefs héréditaires sont prêt.es à faire respecter la loi Wet’suwet’en en refusant l’accès à CGL. Le camp Gitimt’en a clairement indiqué qu’il ne s’agissait pas d’un blocage, car l’accès au pont est accordé à de multiples parties, incluant des travailleur.ses forestier.es, des pêcheur.ses et des chasseur.ses, dans la mesure où ceux-ci et celles-ci respectent le protocole du Consentement Libre, Préalable et Éclairé.

Vendredi le 21 décembre denier, un juge a accordé à CGL une extension de leur injonction contre le camp Unist’ot’en, l’appliquant dorénavant à tous les camps de résistance au sud de Houston. Pour cette raison, le camp de Gitimt’en est en état d’alerte, prêt à défendre son territoire non-cédé contre la menace d’une invasion policière. La ligne de front est actuellement tenue par un certain nombre de chefs Wet’suwet’en, de familles et de militant.es expérimenté.es, et le camp grandit de jour en jour. C’est un camp éloigné, en plein air, où il fait généralement moins de zéro degré celsius. Bien entendu, ce ne sont pas des conditions faciles. Dans une région isolée de l’hiver nordique, la survie est difficile, et s’organiser politiquement l’est encore davantage. Les infrastructures du camp contribueront grandement à la capacité des gens présents à s’organiser efficacement.

Comment supporter ?

Une injonction étant en place, une intervention policière pourrait être déclenchée à tout moment. Les renseignements obtenus localement suggèrent qu’une escalade de la menace est plausible dès le début de janvier. Les leaders Wet’suwet’en demandent à ce que les supporteur.rices traitent cette situation comme étant urgente.

– Venez supporter le front *
– Commanditez un membre de votre communauté pour qu’il ou elle rejoigne le front (en donnant priorité aux personnes autochtones).
– Planifiez un moment de travail collectif au camp. Organisez-vous avec votre groupe d’ami.es pour venir au camp avec un projet en tête, comme la construction d’une structure. Cette option est idéale pour des gens qui aimeraient supporter le camp mais qui ne peuvent quitter leur maison pour une longue période de temps. Par exemple, des projets de construction qui seraient appréciés : une yourte, une tente prospecteur, une shed à bois, un abri de garde. Gardez en tête que les structures ont toutes besoins d’être chauffées, les poêle à bois sont donc en grande demande.
– Créez un pamphlet (à propos de la fracturation, du GNL, du Coastal GasLink pipeline, des camps de résistance de Unist’ot’en et de Gitimt’en, etc.) qui pourrait être utile pour partager de l’information en personne. Si un pamphlet est mis en ligne sous forme de PDF prêt à être imprimé, celui-ci peut facilement être reproduit par des gens de partout. Faites approuver votre pamphlet en l’envoyant à yintahaccess@gmail.com
– Traduisez des textes existant à propos du camp.
– Planifiez une action de solidarité. Si la police et l’industrie forcent leur chemin sur le territoire, il est temps de bloquer des autoroutes, des ponts et des voies ferrées. Il est temps d’occuper des bureaux, de perturber, et d’envoyer un message clair qui ne peut être ignoré. Commencez à penser à des actions appropriées à effectuer près de chez vous. Gardez en tête que d’utiliser des cibles secondaires et tertiaires (c’est-à-dire de cibler des compagnies qui sont en partenariat avec la compagnie que vous visez) peut parfois être plus efficace.
– Planifiez des événements de levée de fond et de partage d’information, comme la projection d’un film.
– Donnez de l’argent ou des biens matériels. Les besoins actuels : des matériaux de construction, une camionnette, un camion de campement, un skidoo, de la nourriture, de l’essence, de l’argent pour le transport.
– Si vous faites partie d’une organisation telle q’une ONG ou qu’un syndicat, plaidez pour que celle-ci publie une déclaration officielle en appui aux chefs héréditaires Wet’suwet’en.
– Si vous êtes une personnalité publique, s’il-vous-plaît, utilisez votre influence pour attirer l’attention vers cette cause. Par exemple, si vous êtes largement suivi.e sur les médias sociaux, publiez-y votre support.
– Si vous faites partie d’une organisation qui envoie des observateurs.rices des droits humains dans des zones de conflits, s’il-vous-plaît, contactez immédiatement yintahaccess@gmail.com
– Augmentez la visibilité de ce qui se passe en publiant sur les médias sociaux, avec des hyper-liens et des hashtags. Les trois hashtags officiels du Yintah Access Checkpoint sont #notrespass #wedzinkwa #wetsuwtenstrong.

Comment faire des dons au Wet’suwet’en Access Point sur le territoire Gitimt’en :

– (Préféré) Envoyez un e-transfer à yintahaccess@gmail.com
– Postez un chèque. Écrivez à yintahaccess@gmail.com pour obtenir le nom et l’adresse postale.
– Paypal – codym@uvic.ca
– Faites un don à la campagne GoFundMe : https://www.gofundme.com/gitdumt039en-access-point
– Si vous faites une levée de fond, pensez à établir un objectif précis. Par exemple : un campeur, une motoneige, une scie à chaîne, une génératrice, une soudeuse. Se doter d’un objectif précis peut contribuer à ce que la levée de fond soit plus gratifiante.

Note : Le camp Gitimt’en et le camp Unist’ot’en se supportent entre eux. Il est par contre important de noter que ce sont deux camps séparés et distincts. Les deux camps sont situés sur les territoires de deux différents clans et ceux-ci répondent à leurs chefs respectifs. Ceci est important pour des raisons légales. L’injonction a failli à faire la différence entre les deux camps, mais ceci n’est ni exact ni défendable. Les finances des deux camps sont séparées. Si vous désirez donnez au camp Unist’ot’en, ce qui est grandement encouragé, veuillez le faire à eux et elles directement. Vous pouvez le faire via leur site web : unistotencamp.com.

* Considérant que la vie au front peut être particulièrement difficile physiquement, émotionnellement et mentalement, ce n’est pas tout le monde qui est encouragé à venir. Posez-vous certaines questions comme : Dans une situation intense, avec un haut niveau de stress, suis-je capable de penser rationnellement et d’agir de façon intelligente ? Suis-je prêt.e au risque de me faire arrêter ? Est-ce que je suis doté.e de compétences pouvant s’avérer utiles ? Est-ce que le front est l’endroit où je serais le ou la plus utile ? Est-ce qu’une personne autochtone pourrait prendre ma place ?

Quiconque veut venir au camp doit préalablement contacter yintahaccess@gmail.com. Visitez la page Facebook du camp en cherchant Wet’suwet’en Access point on Gidumt’en territory.

Les Lutins Rebelles du Père Noël vous souhaitent un joyeux Noël anticolonial

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Déc 252018
 

Soumission anonyme à No Borders Media

Les monuments de John A. Macdonald et de la reine Victoria sont à nouveau vandalisées à Montréal avec peinture rouge et verte

24 décembre 2018 – À la veille de Noël, des vandales de la région de Montréal ont recouvert le monument John A. Macdonald (1895) et la statue de la reine Victoria à McGill (1900) avec des peintures rouge et verte respectivement.

Cette action, revendiquée par les lutins rebelles du père Noël, poursuit une série d’attaques à la peinture sur les symboles du colonialisme britannique raciste à Montréal. Le monument Macdonald a été vandalisé au moins six fois, tandis que les deux statues de la reine Victoria à Montréal ont été peintes au moins trois fois (y compris à la peinture verte le jour de la St-Patrick 2018).

À propos de la statue de la reine Victoria, la brigade de solidarité anticoloniale Delhi-Dublin, responsable du vandalisme de la Saint-Patrick, a écrit:

“La présence de ces statues racistes de la reine Victoria à Montréal est une insulte aux luttes d’autodétermination et de résistance des peuples opprimés dans le monde entier, y compris les nations autochtones en Amérique du Nord (l’Île de Tortue) et en Océanie, ainsi que les peuples d’Afrique, du Moyen-Orient, des Caraïbes, du sous-continent indien, et partout où l’Empire britannique a commis ses atrocités.Les statues sont également une insulte à l’héritage de la révolte par les combattant.e.s de la liberté irlandaise, et les mutin.e.s anti-coloniaux d’origine britannique. Les statues ne méritent particulièrement aucun espace public au Québec, où les Québécois.e.s étaient dénigré.e.s et marginalisé.e.s par des racistes britanniques agissant au nom de la monarchie putride représentée par la reine Victoria.Le règne de la reine Victoria représente une expansion massive de l’Empire britannique barbare. Collectivement, son règne représente un héritage criminel de génocide, de meurtres de masse, de torture, de massacres, de terrorisme, de famines forcées, de camps de concentration, de vols, de dénigrement culturel, de racisme et de suprématie blanche. Cet héritage devrait être dénoncé et attaqué.”

En ce qui concerne le monument Macdonald, une affiche vue dans les rues de Montréal résume de manière concise son héritage raciste comme suit:

“John A. Macdonald était un suprémaciste blanc. Il a directement contribué au génocide des peuples autochtones avec la création du système brutal des pensionnats ainsi que d’autres mesures destinées à détruire les cultures et les traditions autochtones. Il était raciste et hostile envers les groupes minoritaires non blancs au Canada, promouvant ouvertement la préservation d’un Canada dit «aryen». Il a adopté des lois pour exclure les personnes d’origine chinoise. Il a été responsable de la pendaison du martyr Métis Louis Riel. Les statues de Macdonald devraient être retirées de l’espace public.En tant qu’artefacts historiques, elles devraient être entreposées là où elles appartiennent soit dans les archives ou les musées. L’espace public devrait plutôt célébrer les luttes collectives pour la justice et la libération et non pas la suprématie blanche et le génocide.”

(Lien à l’affiche: http://bit.ly/2MRBoH6)

Démasquer Atalante

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Déc 202018
 

De Montréal Antifasciste

Le meneur ostensible du groupe néofasciste Atalante, Raphaël Lévesque, aime beaucoup l’attention que ses frasques lui procurent (c’est d’ailleurs pourquoi il ne se cache plus depuis longtemps), mais la centralité du personnage ne devrait pas nous empêcher de considérer les individus qui gravitent autour de son leadership, car un mouvement comme Atalante n’est rien sans les militants et militantes qui lui insufflent leur énergie.

Les nombreuses actions de visibilité menées par le groupe à Québec et Montréal au cours des deux dernières années laissent croire qu’au-delà de ses membres les plus visibles et les plus actifs, Atalante peut compter sur une milice de réserve constituée de quelques dizaines d’individus gagnés à la cause ultranationaliste. Malgré le petit nombre de ses militant-e-s, le groupe a réussi à capter l’attention d’une partie des médias traditionnels et est parvenu par son activité dans les médias sociaux à jouer un rôle important dans la promotion d’une position dite « nationaliste révolutionnaire » au sein de l’extrême droite québécoise.

Comme l’indique leur pratique consistant à se masquer à chaque sortie publique, la plupart de ces militants et militantes souhaiteraient sans doute garder le secret sur leur association avec un groupe ouvertement fasciste. Nous croyons quant à nous qu’il est grand temps d’exposer les militant-e-s et sympathisant-e-s d’Atalante à la lumière du soleil.

Il nous importe également de dissiper ici toute confusion sur le projet politique d’Atalante et de mettre au clair la filiation directe du groupe avec différents courants fascistes contemporains.

Actions sans éclat et publicité gratuite…

Malgré son caractère marginal, Atalante est parvenu à faire les manchettes à plusieurs reprises en 2017 et 2018, notamment en mai dernier, lorsqu’une poignée de ses militants a fait irruption dans les bureaux montréalais du média numérique VICE pour intimider les employés qui s’y trouvaient. Un reportage de VICE publié quelques jours plus tard relate ainsi l’incident :

« Après qu’une employée eut ouvert la porte à un homme tenant un bouquet de fleurs, un groupe de six ou sept hommes, tous masqués sauf un, a fait irruption dans la pièce principale au son du thème musical de l’émission The Price is Right diffusée sur une petite enceinte Bluetooth. Les hommes se sont ensuite déplacés dans la salle des nouvelles en projetant partout des nez de clowns et des centaines de tracts…

Ils ont surtout essayé d’intimider le journaliste Simon Coutu – qui a déjà écrit sur le groupe – en se massant autour de son bureau pour lui remettre un trophée portant l’inscription “VICE : Média poubelle 2018”.

Raphaël Lévesque, surnommé Raf Stomper, dit avoir fait cette visite pour remercier Coutu au nom de “toutes les victimes de la guerre qu’[il] essaie de commencer”. »

Des militants d'Atalante se prennent en photo dans les bureaux de VICE, le 23 mai 2018.

Des militants d’Atalante se prennent en photo dans les bureaux de VICE, le 23 mai 2018.

Suite à cette terne performance de théâtre politique, Atalante a été mentionné dans les médias partout au Canada, aux États-Unis et même en Europe. L’action a de plus été dénoncée par les premiers ministres Philippe Couillard et Justin Trudeau. Sur le plan de la propagande, Atalante venait de réussir un bon coup avec seulement six personnes et un strict minimum d’imagination[i].

Comme nous le verrons, c’est une sorte de modus operandi pour Atalante : avec un investissement minimal d’énergie, ces petites actions de propagande attirent une attention médiatique considérable et offrent une tribune par lequel le groupe peut diffuser ses idées et projeter une impression de force sur Facebook.

Le visage grimaçant d’Atalante

Raphaël Lévesque brandissant des tracts d'Atalante dans les bureau de VICE, le 23 mai 2018.

Raphaël Lévesque brandissant des tracts d’Atalante dans les bureaux de VICE, le 23 mai 2018.

La figure de proue d’Atalante, Raphaël « Raf Stomper » Lévesque, est actuellement visé par diverses accusations pour avoir mené l’action contre VICE décrite ci-dessus, ayant été le seul du groupe à y participer à visage découvert. Il est accusé d’entrée par effraction, de méfait, de harcèlement criminel et d’intimidation. C’est le genre d’offensive judiciaire démesurée qui risque de renforcer son statut (et gonfler son ego déjà surdimensionné) plus qu’autre chose.

Lévesque, 35 ans (DDN, 5 août 1983), est bien connu des antifascistes québécois-e-s. Il a été plusieurs fois condamné pour agression, menaces et trafic de stupéfiants, et a passé du temps en prison aussi récemment qu’en 2016. En 2017, il a proposé d’incendier les bureaux du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence si celui-ci s’avisait de s’installer à Québec. Même si le directeur du centre, M. Deparice-Okomba, a affirmé que ces propos constituent une menace criminelle, aucune procédure judiciaire ne semble avoir été entamée à cet égard.

Au-delà de ses déboires avec la justice, Lévesque est aussi le chanteur de Légitime Violence, un groupe de musique oï[ii] associé à la mouvance « Rock Against Communism »[iii], et est un leader connu du Québec Stomper Crew, une bande de boneheads[iv] active depuis plusieurs années dans la région de Québec et notamment connue pour ses liens avec le crime organisé et le trafic de stupéfiants.

Le Québec Stomper Crew, la connexion RAC et Légitime Violence

Pour comprendre ce qu’est Atalante aujourd’hui, il est toujours utile de rappeler que le groupe a été fondé à partir du band Légitime Violence et de la scène bonehead formée autour du Québec Stomper Crew (lequel en constitue toujours le cœur).

Au début des années 2000, deux gangs de jeunes skinheads dits « apolitiques » se forment dans la province. Il s’agit de Coup de Masse (CdM) à Montréal et des Québec Stompers (2004) à Québec. Bien que se disant apolitiques, les deux gangs ont un fort penchant pour le nationalisme québécois, ce qui fait en sorte qu’ils sont assez rapidement expulsés de la scène underground de leur ville respective. Bien qu’à leurs débuts, les deux bandes, très proches l’une de l’autre, rejettent autant la gauche que la droite (des récits témoignent notamment de batailles entre les Québec Stompers et les néonazis du Sainte-Foy Krew à la fin des années 2000), les Stompers en viendront rapidement à se rapprocher des milieux boneheads et à adopter une position dite « anti-antifasciste ». À cette époque, les membres de Québec Stompers sont Raphaël Lévesque, Yan Barras, Martin Léger, tranquillement rejoints par Benjamin Bastien, Antoine Mailhot-Bruneau, Yannick Vézina, Olivier Gadoury, Jonathan Payeur et Roxanne Baron. Encore aujourd’hui, il semble y avoir une distinction entre le membership d’Atalante et celui des Québec Stompers, ce dernier étant plus restreint et contre-culturel. Bien que tous les membres actuels des Québec Stompers s’impliquent dans Atalante, le contraire n’est pas vrai.

Québec Stompers: Étienne Mailhot-Bruneau, Olivier Gadoury, Raphaël Lévesque, Sven Côté, Antoine Pellerin, Jonathan Payeur, Benjamin Bastien et Yan Barras

Photo récente des Québec Stompers: Étienne Mailhot-Bruneau, Olivier Gadoury, Raphaël Lévesque, Sven Côté, Antoine Mailhot-Bruneau, Jonathan Payeur, Benjamin Bastien et Yan Barras.

Les deux bandes fréquentent assidûment une scène musicale composée de groupes de Rock Anti-Communiste (RAC) et de Rock Identitaire Français (RIF). Ces deux styles musicaux sont des créations directes de l’extrême droite. Au Québec, on y retrouve notamment les groupes de musique Coup de Masse, Section de Guerre, Fleurdelix et les Affreux Gaulois et Bootprint, auxquels s’ajoutera Légitime Violence à la fin des années 2000. L’un des groupes, qu’on pourrait qualifier d’influence importante au sein de cette scène, s’appelle Trouble Makers et est plutôt axé sur le RIF. Ce style se veut une tentative de faire passer des propos d’extrême droite dans une enveloppe musicale plus mainstream et plus léchée que le RAC. Fondé à la fin des années 1990, Trouble Makers est composé de Simon Cadieux, Maxime Taverna, Jonathan Stack et François-Pierre Stack, les trois derniers étant des militants identitaires de longue date. Ceux-ci sont reconnus pour avoir entre autres fait partie de différents groupes d’extrême droite tel que Québec-Radical et les Affranchistes. Trouble Makers serait aussi le premier band québécois à avoir traversé l’Atlantique pour aller se produire dans des événements organisés par CasaPound en Italie.

Trouble Makers: Jonathan Stack, Maxime Taverna, Richard Stack, Simon Cadieux

Trouble Makers: Jonathan Stack, Maxime Taverna, Richard Stack, Simon Cadieux.

Maxime Taverna, portant un t-shirt de ZetaZeroAlfa, le groupe phare de CasaPound

Maxime Taverna, portant un t-shirt de ZetaZeroAlfa, le groupe phare de CasaPound.

Au début des années 2010, et après plusieurs tentatives d’établissement de collectifs d’extrême droite à Montréal tel que Troisième Voie Québec, Légion Nationale ou encore Faction Nationaliste, Maxime Taverna fonde le groupuscule néofasciste La Bannière Noire, qui deviendra éventuellement le chapitre montréalais de la Fédération des Québécois de Souche (FQS) et un précurseur direct d’Atalante. On peut déjà y retrouver l’embryon de ce que sera éventuellement Atalante Montréal, avec des membres comme Rémi Chabot, Mathieu Bergeron, François-Pierre Stack et Francis Hamelin. Bien que peu actif, le collectif se donne comme mission de fédérer l’extrême droite issue de la scène bonehead en organisant des soirées de réseautage identitaire et en animant une émission de radio, La bouche de nos canons, diffusée par Bandiera Nera, une chaîne liée à Zentropa, média d’extrême droite lui-même lié à CasaPound. C’est La Bannière Noire qui est le premier collectif à faire aussi ouvertement le lien avec l’extrême droite italienne et à utiliser une imagerie similaire à celle d’Atalante. Il est indéniable que ce groupe et son fondateur, Maxime Taverna, ont joué un rôle important dans la création d’Atalante, voire qu’ils en sont jusqu’à ce jour parmi les principaux idéologues[v].

Affiche annonçant une conférence de militants de CasaPound organisée par La Bannière Noire et la Fédération des Québécois de souche, le 28 février 2015

Affiche annonçant une conférence de militants de CasaPound organisée par La Bannière Noire et la Fédération des Québécois de souche, le 28 février 2015.

Une histoire de violence

Plusieurs membres et associés, anciens et actuels, de la nébuleuse bonehead qui se perpétue depuis les années 1990 ont été impliqués dans différentes attaques violentes, notamment contre des personnes racisées.

Jonathan Côté et Steve Lavallée en 1998

Jonathan Côté et Steve Lavallée en 1998.

En 1997, huit associés des Vinland Hammer Skins et des Berzerker Boot Boys sont accusés d’avoir lancé une série d’attaques à coups de battes de baseball et de barres de fer et blessé une trentaine de personnes dans des bars de la métropole. Parmi eux, Jonathan Côté, alias « Jo Wennebago » (Chevrotine Jo sur Facebook), est encore très proche des Stompers. Steve Lavallée (Steve Bateman sur Facebook) était une figure centrale des groupes néonazis de l’époque, notamment en tant que membre du groupe Coup de Masse et leader d’une éphémère section québécoise de Blood & Honour. Lavallée semble aujourd’hui s’être calmé le pompon et reconverti dans les « grandeur nature », mais il traîne manifestement encore avec les gars de Légitime Violence et Atalante.

Jonathan Côté et Steve Lavallée en 2017

Jonathan Côté et Steve Lavallée en 2017.

Jonathan Côté avec Raphaël Lévesque et Benjamin Bastien

Jonathan Côté avec Raphaël Lévesque et Benjamin Bastien.

Steve Lavallée en 2017, portant un t-shirt d'Atalante

Steve Lavallée en 2017, portant un t-shirt d’Atalante.

Le 22 juin 2002, Rémi Chabot et Daniel Laverdière attaquent gratuitement et poignardent un travailleur haïtien, Evens Marseille, à l’extérieur d’un bar dans l’est de Montréal. Rémi Chabot appartient encore à ce jour à la nébuleuse néonazie québécoise dont Atalante est le plus récent porte-étendard.

Raphaël Lévesque et Rémi Chabot.

Raphaël Lévesque et Rémi Chabot.

La nuit du Nouvel An 2007, six membres des Stompers, dont Raphaël Lévesque, font irruption au Bar-Coop l’AgitéE, un lieu de rencontre de la gauche à Québec, et l’un d’eux, Yan Barras, poignarde six personnes avec un exacto. Légitime Violence fait d’ailleurs référence à cette agression sauvage dans les paroles de leur chanson éponyme : « Ces petits gauchistes efféminés, qui se permettent de nous critiquer, ils n’oseront jamais nous affronter, on va tous les poignarder![vi] »

Raphaël Lévesque, Yan Barras et Étienne Mailhot-Bruneau.

Raphaël Lévesque, Yan Barras et Étienne Mailhot-Bruneau, des Québec Stompers.

En 2008, Mathieu Bergeron et un complice, Julien-Alexandre Leclerc, sont arrêtés pour avoir poignardé deux jeunes Arabes et agressé un chauffeur de taxi d’origine haïtienne. Bergeron restera pendant plusieurs années une figure importante de la scène néonazie montréalaise, en tant que membre du crew StrikeForce, chanteur du groupe RAC Section St-Laurent et fondateur de Faction Nationaliste. Bergeron fait aujourd’hui partie de la garde rapprochée d’Atalante et a participé à plusieurs actions du groupe. Francis Hamelin, un autre associé occasionnel d’Atalante à Montréal, est un ami de longue date de Mathieu Bergeron.

Mathieu Bergeron, avec la chemise rouge, au début des années 2010.

Mathieu Bergeron, avec la chemise rouge, au début des années 2010.

Mathieu Bergeron dans une action d'Atalante à Montréal, le 20 janvier 2018.

Mathieu Bergeron dans une action d’Atalante à Montréal, le 20 janvier 2018.

Francis Hamelin (à gauche) et Mathieu Bergeron avec des militant-e-s de 3e Voie Québec, lors d'une manifestation antisémite dans la municipalité d'Hampstead, en 2011. Au centre (avec le chien) le Major Serge Provost, de la défunte Milice patriotique du Québec. Tout au fond, avec la chemise noire, Maxime Taverna, de La Bannière Noire.

Francis Hamelin (à gauche) et Mathieu Bergeron avec des militant-e-s de 3e Voie Québec, lors d’une manifestation antisémite dans la municipalité d’Hampstead, en 2011. Au centre (avec le chien) le Major Serge Provost, de la défunte Milice patriotique du Québec. Tout au fond, avec la chemise noire, Maxime Taverna, de La Bannière Noire.

Boires et déboires de Légitime Violence

Les chansons de Légitime Violence sont bourrées de propos racistes et homophobes (l’une d’elles, une reprise du groupe Evil Skins, comporte notamment ce passage pro-Shoah : « Déroulons les barbelés, préparons le Zyklon B![vii] »). Leur influence à l’extérieur du milieu bonehead demeurait toutefois relativement limitée avant la constitution du groupe Atalante en 2016.

L’information entourant les concerts de Légitime Violence au Québec tend à être divulguée de manière très parcimonieuse, voire à être dissimulée pour éviter des représailles des groupes antifascistes. Leur succès est beaucoup plus important en Europe, où ils parviennent à faire des tournées et à vendre du matériel promotionnel pour le groupe.

Légitime Violence: Raphaël Lévesque, Jhan Mecteau, Benjamin Bastien et Jean-Seb.

Légitime Violence: Raphaël Lévesque, Jhan Mecteau, Benjamin Bastien et Jean-Seb. (Absent de la photo, Félix Latraverse)

En 2011, le groupe se fait couper l’herbe sous le pied lorsque, sous la pression populaire, le festival Envol et macadam de Québec retire leur concert de sa programmation.

En 2013, le groupe fait une tournée européenne qui lui permet de tisser des liens avec d’autres groupes néonazis et lui donne l’occasion d’assumer clairement ses positions politiques. Deux ans plus tard, leur 2e tournée européenne les amène à créer un groupe politique néofasciste sur le modèle de CasaPound (Italie), Hogar Social (Espagne) ou Bastion Social (France). Ce sera Atalante, officiellement créée en 2016.

Légitime Violence entretient aussi des liens étroits avec la scène RAC et bonehead de New York, dont le groupe Offensive Weapon (aujourd’hui inactif) et le label United Riot, qui a distribué un split des deux groupes en 2013. Les membres d’Offensive Weapon ont participé à des actions d’Atalante à Québec, dont la parade dans les rues de Québec à l’été 2016. Cette filiation s’étend aussi au 211 Bootboys Crew, un gang de boneheads de New York, dont des membres ont été reconnus coupables d’agression armée et d’autres sont actuellement visés par des accusations pour avoir participé à une bastonnade de militants antifascistes en marge de la récente allocution du fondateur des Proud Boys, Gavin McInnes, au Metropolitan Republican Club de Manhattan.

Lee Rocco, du groupe Offensive Weapon. Notons le foulard orné d'un totenkopf, l'insigne des SS.

Lee Rocco, du groupe Offensive Weapon. Notons le foulard orné d’un totenkopf, l’insigne des SS.

Photos des membres de Légitime Violence et d'Offensive Weapon, avec leur entourage respectif.

Photos des membres de Légitime Violence et d’Offensive Weapon, avec leur entourage respectif.

John Young (à gauche), des 211 Boot Boys et de l'entourage d'Offensive Weapon, a plaidé coupable pour voies de fait en juillet 2017, à New York. Ici en compagnie de Raphaël Lévesque.

John Young (à gauche), des 211 Boot Boys et de l’entourage d’Offensive Weapon, a plaidé coupable pour voies de fait en juillet 2017, à New York. Ici en compagnie de Raphaël Lévesque.

Aussi récemment qu’en novembre 2018, les membres de Légitime Violence se sont rendus en France pour rendre hommage à Sergei Ventura, un vieux déchet bonehead de l’entourage de Serge Ayoub et 3e Voie.

Photo de groupe de 3e Voie, avant sa dissolution. Au centre Sergei Ventura avec Serge Ayoub et Esteban Morillo, le tueur de Clément Méric.

Photo de groupe de 3e Voie, avant sa dissolution. Au centre Sergei Ventura avec Serge Ayoub et Esteban Morillo, le tueur de Clément Méric.

Romain, ancien militant de 3e Voie, et Raphaël Lévesque. Notons le t-shirt Skrewdriver.

Romain, ancien militant de 3e Voie, et Raphaël Lévesque. Notons le t-shirt Skrewdriver.

L’album de Légitime Violence lancé en 2017, Défends, se veut une espèce d’hommage autoréférentiel… à Atalante.

Légitime Violence en France, 2018.

Légitime Violence en France, automne 2018.

La filiation idéologique d’Atalante

Porté sur la propagande et l’action de rue, Atalante se propose de « participer à la renaissance identitaire ». La description du groupe disponible sur sa page Facebook – qui compte quelque 6 000 abonné-e-s – correspond aux thèses « déclinistes » qui caractérisent une partie importante de l’extrême droite contemporaine :

« En cette époque sombre, où mondialisme et consumérisme règnent, nous sommes étouffés par la tyrannie du politiquement correct et de la négation identitaire. L’Occident décadent est miné de l’intérieur par l’effondrement de ses valeurs et repères historiques. »

Le slogan d’Atalante, « Exister, c’est combattre ce qui me nie », est emprunté à Dominique Venner, une figure mythique de l’extrême droite française et maître à penser des identitaires dont se réclame en partie Atalante. D’abord membre de l’OAS (Organisation Armée Secrète, groupe paramilitaire d’extrême droite luttant contre l’indépendance de l’Algérie), puis historien partisan de la théorie du « choc des civilisations », Venner s’est suicidé en 2013 dans la Cathédrale Notre-Dame de Paris pour marquer son opposition au mariage entre personnes de même sexe.

Affiche d'Atalante rendant hommage à Dominique Venner.

Affiche d’Atalante rendant hommage à Dominique Venner.

Le groupe Atalante est agressivement ultranationaliste, s’identifiant à la culture, l’histoire et la nation canadiennes-françaises ou, comme ils le disent eux-mêmes, la Nouvelle France[viii]. Le nom Atalante fait référence à la frégate française Atalante, qui s’est échouée lors d’une bataille contre l’armée britannique en 1760. Son logo est un gouvernail traversé d’un éclair.

Il est indéniable que la vision du monde d’Atalante repose en très grande partie sur une conception de l’histoire du Québec (ou du Canada français) comme nation conquise et opprimée. Décodant principalement cette histoire dans une perspective culturelle et démographique, Atalante prétend que les Canadiens français sont l’objet d’une entreprise de génocide menée contre eux depuis plusieurs siècles. Cette analyse s’inspire d’éléments précis de l’histoire du Québec, et dans le passé, notamment dans les années 1960, c’est une logique analogue qui a mené un grand nombre de Canadien français à développer une forme de nationalisme de gauche identifiée de près aux mouvements tier-mondistes et décolonialistes. En 2018, cependant, cette approche retrouve davantage son extension logique dans différentes théories du complot issues de l’extrême droite concernant un « génocide blanc », un « grand remplacement » ou un « plan Kalergi », lesquelles théories sont d’ailleurs autant de points de repère pour l’extrême droite québécoise contemporaine, dont Atalante est aujourd’hui la pointe la plus saillante. Le fait que la très grande majorité des Québécois et Québécoises rejette carrément ce genre de racisme extrême est expliqué par les idéologues d’Atalante comme le résultat d’une « dégénérescence » et d’un « lavage de cerveau ». Cette vision tordue de l’histoire du Québec est ainsi résumée par Antoine Mailhot-Bruneau dans une entrevue accordée au site web néofasciste Zentropa Serbia à l’été 2017 :

« (…) le point tournant dans la création de cette nation artificielle (le Canada) est arrivée avec l’introduction d’un nouveau moyen pour nous détruire, l’immigration, dans le Rapport sur les affaires de l’Amérique du Nord Britannique, du Lord Durham, en 1839, pour qui les Français devaient tout simplement disparaître. C’est arrivé bien avant la création officielle du pays en 1967 (sic). L’année 2017 est particulière, car elle marque le 150e anniversaire de cette tromperie. Ils ont d’abord échoué dans cette tentative, car les Irlandais, Italiens, Grecs et Polonais catholiques qu’ils ont fait venir ici, et d’autres Européens catholiques, ont en fait adopté notre culture et on renforcé notre caractère européen particulier. Après cette tentative ratée, ils se sont rendu compte qu’il fallait faire venir une culture d’étrangers complètement opposée pour la mélanger à la nôtre, ou réduire encore davantage notre minorité au Canada. Pour dissimuler leurs réelles intentions et pour rendre leur plan plus acceptable aux « nationalistes » de gauche, Marxistes et autres attardés libéraux, ils ont décidé de faire venir des immigrants francophones, comme des Haïtiens et des magrébins. L’aspect le plus ironique de leur plan est qu’ils ont en fait davantage nui à la culture britannique du Canada qu’à la nôtre – par exemple, si vous visitez une ville comme Toronto, c’est pire qu’a Montréal. Cela dit, nous acceptons actuellement plus d’immigrants que la France! Imaginez notre avenir! Toutes ces politiques d’immigration sont en fait un plan pour exterminer notre peuple. »

Atalante se décrit elle-même comme une organisation « nationaliste révolutionnaire »[ix], comme l’explique un militant dans une entrevue accordée au site Internet Breizh.info :

« Le terme révolutionnaire étonne beaucoup les gens quand nous l’utilisons, mais il vient effectivement du fait que nous ne voulons rien conserver de ce monde moderne décadent et malade. Ce que nous voulons c’est créer la nouvelle aristocratie guerrière de demain en encourageant nos militants à pratiquer des sports extrêmes comme le combat ou la musculation et à lire de la littérature de toute sorte.

« Nous ne voulons pas conserver cette hiérarchie du plus riche au sommet et du plus pauvre au bas, mais amener celle du mérite, en prônant les valeurs originelles de l’occident. Par valeur originelle nous ne parlons en aucun cas de ce monde pré décadent qui est encore proche de nous, mais bien de valeurs mémorielles comme l’héroïsme, l’aventure, le sens du sacrifice, l’honneur et le goût du risque (il y en a bien d’autres encore). »

Les membres d’Atalante s’inspirent principalement de CasaPound, un mouvement néofasciste italien dont ils empruntent à la fois des éléments de discours (une rhétorique liant l’anti-immigration à l’anticapitalisme, etc.) et des tactiques de mobilisation (l’action caritative à l’intention exclusive des personnes de « souche », etc.).

En août 2016, en collaboration avec la Fédération des Québécois de souche, ils ont organisé un séminaire à Québec où ils ont invité Gabriele Adinolfi, un pionnier intellectuel du mouvement troisième position en Italie et un influent supporteur de CasaPound. À nouveau en 2017, des membres d’Atalante, dont Antoine et Étienne Mailhot-Bruneau, se sont rendus à Rome pour rencontrer des militants fascistes.

Affiche promotionnelle de la conférence de Gabriele Adinolfi, organisée par Atalante et la Fédération des Québécois de souche en août 2016.

Affiche promotionnelle de la conférence de Gabriele Adinolfi, organisée par Atalante et la Fédération des Québécois de souche en août 2016.

Conférence de Gabriele Adinolfi, de CasaPound, en août 2016, à Québec.

Conférence de Gabriele Adinolfi, de CasaPound, en août 2016, à Québec.

Raphaël Lévesque et Gianluca Inannone, président national de CasaPound.

Raphaël Lévesque et Gianluca Inannone, président national de CasaPound.

Jean-Sébastien, Raphaël et Benjamin, de Légitime Violence, avec Sébastien De Boëldieu et Gianluca Iannone, respectivement porte-parole international et président national de CasaPound.

Jean-Sébastien, Raphaël et Benjamin, de Légitime Violence, avec Sébastien De Boëldieu et Gianluca Iannone, respectivement porte-parole international et président national de CasaPound.

Raphaël Lévesque dans une manifestation de CasaPound contre une mosquée de quartier, à Rome, en octobre 2017.

Raphaël Lévesque dans une manifestation de CasaPound contre une mosquée de quartier, à Rome, en octobre 2017.

Banderole d'Atalante en soutien à CasaPound devant le consulat général d'Italie à Montréal, le 30 octobre 2018.

Banderole d’Atalante en soutien à CasaPound devant le consulat général d’Italie à Montréal, le 30 octobre 2018.

Banderole d'Atalante en soutien à CasaPound, le 30 octobre 2018.

Banderole d’Atalante en soutien à CasaPound, le 30 octobre 2018.

Atalante ne cache pas son admiration pour des figures intellectuelles fascistes. À côté du portrait de Dominique Venner peint sur un mur de leur gymnase figure celui de Julius Evola, un illuminé reconnu par plusieurs comme le penseur le plus important de la renaissance fasciste de la seconde moitié du 20e siècle. En mars 2018, Atalante affichait sur sa page Facebook un hommage au « martyr » François Duprat, un théoricien du nationalisme révolutionnaire et grand défenseur du fascisme historique.

Portraits de Friedrich Nietzsche, Julius Evola et Dominique Venner sur le mur de la salle d'entraînement d'Atalante, à Québec.

Portraits de Friedrich Nietzsche, Julius Evola et Dominique Venner sur le mur de la salle d’entraînement d’Atalante, à Québec.

Hommage à François Duprat, fasciste et théoricien du nationalisme révolutionnaire.

Hommage à François Duprat, fasciste et théoricien du nationalisme révolutionnaire.

En tant que formation nationaliste révolutionnaire, Atalante récupère ainsi des thèmes anticapitalistes, notamment l’opposition à la bourgeoisie internationale (incarnée dans leur rhétorique par le spectre des « globalistes » et la figure mythifiée de Georges Soros)[x], en prétendant que cette dernière mène une guerre contre les classes ouvrières blanches par l’entremise d’une « main-d’œuvre bon marché de l’étranger », laquelle viendrait saper les acquis des « Québécois-e-s de souche ».

Tract d'Atalante contre George Soros et les "globalistes".

Tract d’Atalante contre George Soros et les “globalistes”.

Paradoxalement, ces nationalistes révolutionnaires, qui détestent viscéralement les communistes et les anarchistes au point de souhaiter leur mort, ne se contentent pas de récupérer des éléments théoriques de la gauche, mais plusieurs de leurs tactiques sont souvent directement copiées de pratiques d’abord adoptées et éprouvées par la gauche anticapitaliste. L’intervention dans les bureaux de VICE, par exemple, est un type d’action repris d’organisations sœurs d’Atalante en Europe, qui elles-mêmes les avaient piquées au mouvement d’extrême gauche à qui elles vouent une haine mortelle! Même chose pour la distribution de vêtements et de nourriture aux démunis (de « souche »), qui constitue l’essentiel de l’activité publique d’Atalante à Québec et Montréal. Pour ne rien dire du banner dropping (déploiement de banderoles), qui est une autre tactique éprouvée de l’extrême gauche. On pourrait croire que les militant-e-s de l’extrême droite contemporaine sont incapables d’une idée originale…

À l’instar des transformations cosmétiques qu’opèrent les milieux d’extrême droite identitaire des deux côtés de l’Atlantique (les « identitaires » en Europe et l’Alt-Right aux États-Unis), le changement graduel d’image, la transformation du bonehead néonazi bête et méchant en nipster propret et bien discipliné, procède d’une volonté d’être mieux perçus et éventuellement acceptés par les nationalistes modérés, dans un premier temps, puis par des secteurs toujours plus larges de la société. Comme l’explique Antoine Mailhot-Bruneau dans l’entrevue citée ci-dessus: « [ils se sont] rendu compte que pour amener plus de gens à se joindre, il fallait prendre une allure plus normale et nous rendre plus accessibles. » Ce face-lift participe donc d’une stratégie visant à promouvoir un type particulier d’ultranationalisme identitaire, profondément raciste et en dernière analyse reposant sur le culte de la violence.

Une cohabitation ambiguë avec les groupes national-populistes

Les positions politiques d’Atalante l’ont parfois menée à adopter une posture critique vis-à-vis d’autres tendances de l’extrême droite, notamment l’actuel mouvement national-populiste. Par exemple, même si leurs membres se sont pointés à la manifestation anti-islam du 4 mars 2017, à Québec, ils sont restés en retrait et, dans un communiqué affiché plus tard sur Facebook, ont déploré la vision des groupes populistes trop étroitement axée sur l’islam, alors qu’à leur avis, les vrais ennemis sont le multiculturalisme, « l’immigration de masse » et le système des « banksters ».

Dans ce même ordre d’esprit « tercériste », la bannière qu’ils ont déployée ce jour-là était marquée d’une citation modifiée de Karl Marx : « Immigration : Armée de réserve du Capital ». (En 2017, des membres d’Atalante avaient par ailleurs distribué des tracts prônant une approche plus radicale et anti-systémique en marge du lancement d’un livre de Mathieu Bock-Côté, un chroniqueur conservateur et islamophobe.)

Bannière portée par Atalante le 4 mars 2017, à Québec.

Bannière portée par Atalante le 4 mars 2017, à Québec.

Antoine Mailhot-Bruneau élabore cette perspective dans l’entrevue susmentionnée :

« Il y a des groupes, comme les Soldiers of Odin, et un groupe Internet appelé La Meute, qui s’opposent principalement à  l’islamisation du Canada tout en défendant la démocratie, mais ça n’est pas du tout notre manière de voir les choses. Nous sommes bien sûr contre l’immigration non européenne, mais nous sommes avant tout contre un régime qui emploie l’immigration pour nous exterminer. Ce régime utilise des immigrants du tiers-monde dans ses industries, appliquant de la pression sur les travailleurs locaux, et nous ne pouvons pas défendre quelque chose d’aussi indéfendable que la démocratie. Nous croyons que la démocratie est le pire régime que le monde ait jamais connu, un régime conçu et dirigé par la bourgeoisie, et qui n’a jamais servi que l’establishment et ses intérêts. »

Cela étant dit, 2017-2018 a été l’occasion d’un rapprochement certain entre, d’un côté, les milieux national-populistes islamophobes et anti-immigration et, de l’autre, le petit courant néofasciste auquel Atalante appartient. Au fur et à mesure que les membres respectifs de ces différents groupes se sont mis à « liker » les mêmes idées racistes sur les médias sociaux, à devenir « amis » et à participer aux mêmes manifestations – voire dans certains cas, à se trouver du même côté de face-à-face tendus avec les antifascistes – les néofascistes ont commencé à recevoir des bons mots et des encouragements des droitistes réformistes ou non engagés/alignés.

L’expression la plus visible et la plus tangible de ce rapprochement a eu lieu le 25 novembre 2017, à Québec, lorsque des membres d’Atalante et des Soldiers of Odin sont descendu-e-s de leur position en retrait sur l’esplanade pour se joindre à la manifestation de La Meute et de Storm Alliance « en soutien à la GRC » (!) devant l’Assemblée nationale. Les membres de ces derniers groupes ont chaudement applaudi les fascistes et les ont accueillis à bras ouverts. (Peu après cette sidérante convergence, opérée grâce à l’action répressive de la police de Québec contre les antiracistes, deux néonazis bien connus de Montréal, Shawn Beauvais-Macdonald et Philippe Gendron des Soldiers of Odin, essaient de former une « branche montréalaise » d’Atalante.)

Ça n’était toutefois pas la première fois que des membres d’Atalante participaient à une manifestation de la droite plus large aux côtés de nationalistes populistes. Dans un reportage de VICE qui date d’avant que Dave Tregget ne quitte les Soldiers of Odin pour créer Storm Alliance, en décembre 2016, on voit celui-ci parler au téléphone avec Raphaël Lévesque, qui l’assure que des membres d’Atalante sont sur le point de rejoindre leur manifestation anti-immigration. Katy Latulippe, la présidente des Soldiers of Odin Québec, a d’ailleurs elle aussi témoigné publiquement un grand respect pour Atalante, expliquant que les deux groupes avaient mené des patrouilles conjointes (essentiellement, des actes d’intimidation dirigés contre les immigrant-e-s) à Québec.

Manifestation conjointe d'Atalante et des Soldiers of Odin, à Québec, le 1er avril 2018, pour commémorer le centenaire des émeutes de la conscription, à Québec.

Manifestation conjointe d’Atalante et des Soldiers of Odin, à Québec, le 1er avril 2018, pour commémorer le centenaire des émeutes de la conscription, à Québec.

Rappelons que Katy Latulippe avait remplacé Dave Tregget à la tête des Soldiers of Odin au début de 2017; elle a plus tard réitéré son admiration pour Atalante :

« Sur beaucoup de points, on se rejoint, dit la présidente du chapitre québécois des Soldats d’Odin, Katy Latulippe, à propos d’Atalante. Il y a un très grand respect entre les deux groupes. Ils distribuent de la bouffe dans les rues et nous aussi. Pourquoi ne pas se donner un coup de main et joindre l’utile à l’agréable? On a une bonne chimie ensemble. Nos itinérants et nos vétérans crèvent de faim dans les rues. Comment peux-tu amener du monde d’autres pays quand tu n’es pas capable de t’occuper de ton propre peuple? »

Liens étroits entre Atalante et la Fédération des Québécois de souche

Bien que la connexion avec les Soldiers of Odin ne soit pas anodine, la Fédération des Québécois de souche constitue une influence idéologique beaucoup plus importante. La FQS a été créée en 2007 en tant qu’organisation explicitement suprémaciste blanche (white power) par Maxime Fiset (aujourd’hui nazi repenti et converti en soi-disant spécialiste de l’extrême droite). Sa revue, Le Harfang, a été l’une des premières publications francophones à promouvoir des éléments de l’Alt-Right, et ses éditeurs, qui adoptent collectivement le pseudonyme « Rémi Tremblay », ont fréquemment collaboré à des publications de l’Alt-Right aux États-Unis. La mission de la FQS peut être définie comme une volonté de regrouper diverses tendances d’extrême droite au Québec, du traditionalisme catholique à l’identitarisme, tout en réduisant l’écart entre la génération qui était active dans les années 1980 ou avant et les militant-e-s d’extrême droite actifs aujourd’hui.

C’est vraisemblablement par l’entremise de la FQS qu’Atalante a pu organiser une prière publique le 1er mai 2016 sur les Plaines d’Abraham avec un prêtre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX)[xi], une société de catholiques traditionalistes d’extrême droite. La connexion avec le traditionalisme catholique est à nouveau ressortie en mai 2017, quand Atalante a dit assurer la sécurité d’une conférence montréalaise organisée par l’Association des parents catholiques du Québec, une autre organisation d’extrême droite, avec Marion Sigault (une sympathisante d’Alain Soral) et Jean-Claude Dupuis (de la FSSPX, auparavant du Cercle Jeune nation[xii]).

Messe officiée par un prêtre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, le 1er mai 2016, à Québec, à l'intention des militant-e-s d'Atalante et de la Fédération des Québécois de souche.

Messe officiée par un prêtre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, le 1er mai 2016, à Québec, à l’intention des militant-e-s d’Atalante et de la Fédération des Québécois de souche.

Affiche annoncant une conférence de Jean-Claude Dupuis, proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, dont Atalante aurait assuré la sécurité.

Affiche annonçant une conférence de Jean-Claude Dupuis, proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, dont Atalante aurait assuré la sécurité.

En mai 2017, FQS et Atalante joignaient à nouveau leurs forces pour organiser la visite d’un militant du Groupe Union Défense (GUD), une organisation étudiante française d’extrême droite, précurseur direct de Bastion Social. En février et en novembre 2018, dans le cadre de « fins de semaine militantes » réservées à ses « militants et sympathisants », Atalante tendait chaque fois le microphone à un « Rémy Tremblay » de la FQS…

Affiche annonçant la tenue d’une conférence d’un militant du Groupe Union Défense, organisée par Atalante et la FQS, en mai 2017. Affiche annonçant un séminaire de formation à l’intention des militant-e-s et sympathisant-e-s d’Atalante, en février 2018, avec un conférencier de la Fédération des Québécois de souche. Affiche annonçant un séminaire de formation à l’intention des militant-e-s et sympathisant-e-s d’Atalante, en novembre 2018, avec un conférencier de la Fédération des Québécois de souche.

Tigres (et banderoles) de papier

Comme mentionné ci-dessus, l’essentiel de l’activité publique d’Atalante consiste à distribuer des lunchs aux personnes (de « souche ») en situation d’itinérance, à rendre symboliquement hommage à divers « héros » intellectuels (Jeanne D’Arc, Dominique Venner, le navigateur français Jean Vauquelin, etc.) et à poser des banderoles de papier portant des inscriptions à caractère politique lors d’incursions nocturnes rapides et furtives.

Un aperçu des différents slogans marqués sur leurs banderoles devrait suffire à donner une idée claire de leur projet politique : « REMIGRATION », « IMMIGRATION : ARMÉE DE RÉSERVE DU CAPITAL », « JUSTICE SOCIALE; PRÉFÉRENCE NATIONALE », « TERRORISTES DEHORS; ISLAM DEHORS », « SAMURAI D’OCCIDENT » (!), etc.

Dans l’une de leurs premières sorties publiques à Montréal, en août 2017, des membres d’Atalante ont accroché des banderoles réclamant la #remigration, notamment au pied du Stade olympique, où des réfugié-e-s en provenance d’Haïti étaient temporairement hébergé-e-s.

Atalante assimile les personnes de confession musulmane et les personnes racisées à des envahisseurs et terroristes en puissance qu’il faudrait expulser. Face à ce qu’ils et elles désignent comme « notre extermination tranquille », à l’instar de mouvements d’extrême droite européens comme Génération Identitaire, Atalante prône « une inversion du flux migratoire, une remigration à grande échelle accompagnée d’une politique de natalité efficace ».

Banderole raciste d'Atalante déployée au Stade olympique en août 2017.

Banderole raciste d’Atalante déployée au Stade olympique en août 2017.

La « remigration », un terme qui est devenu en vogue dans les mouvements identitaires des deux côtés de l’Atlantique au cours des dernières années, désigne essentiellement un programme de nettoyage ethnique.

Des membres d’Atalante ont visité Montréal à plusieurs reprises pour poser des collants, affiches et banderoles. Ils ont été aidé-e-s par des membres de leur « section montréalaise » anémique, comme Vincent Cyr et Shawn Beauvais-Macdonald (cet ancien membre anglophone de la Meute qui est devenu une célébrité nazie locale suite à son voyage à Charlottesville en août 2017 et sa participation active au salon de discussion néonazi « Montreal Storm »  sous le pseudonyme « FriendlyFash »). Comme nous l’avons dit ailleurs, la multiplication de ces incursions rapides et sans risque a permis à Atalante d’obtenir une certaine visibilité dans les médias de masse et les médias sociaux.

En janvier 2018, ils ont posé de grandes banderoles à Montréal dénonçant une liste de personnalités associées à la gauche (définie très largement…) et au mouvement antiraciste de Montréal. Celles qui sont blanches étaient taxées de « traîtres », et les personnes de couleur étaient traitées de « parasites ». (Shawn Beauvais-Macdonald, Véronique Stewart, David Leblanc et Martin Minna, par l’ineptie de ce dernier, ont été identifié-e-s comme ayant participé à cette action.)

Shawn Beauvais MacDonald, Véronique Stewart, David Leblanc et Martin Minna, suite à une action d'affichage de banderoles racistes à Montréal, en janvier 2018.

Shawn Beauvais MacDonald, Véronique Stewart, David Leblanc et Martin Minna, suite à une action d’affichage de banderoles racistes à Montréal, en janvier 2018.

En août 2018, dans une autre campagne d’affichage, Atalante faisait sienne une théorie du complot en vogue dans les milieux suprémacistes voulant que les fermiers blancs d’Afrique du Sud soient victimes d’un « génocide » fomenté par la majorité noire du pays. Cette théorie du complot a bien sûr été réfutée de toutes parts, ce qui n’a pas empêché des membres d’Atalante (dont Beauvais-MacDonald, encore lui) de se rendre jusqu’au Haut-commisariat d’Afrique du Sud à Ottawa pour y déployer une ridicule banderole dénonçant le « massacre des Boers ».

Banderole d'Atalante déployée devant le Haut-commisariat d'Afrique du Sud à Ottawa, mars 2018. À gauche, Shawn Beauvais-MacDonald.

Banderole d’Atalante déployée devant le Haut-commisariat d’Afrique du Sud à Ottawa, mars 2018. À gauche, Shawn Beauvais-MacDonald.

En août 2018, à Montréal, des militant-e-s d’Atalante ont attaqué un couple de passants qui s’objectait au contenu des collants qu’ils posaient, en proférant des menaces et en criant à une femme « de retourner dans son pays ».En septembre 2018, pendant la campagne électorale provinciale, Atalante a posé des affiches sur des bureaux d’élection de candidats des quatre principaux partis, dénonçant les élections comme une farce. Sur sa page Facebook, Atalante dit avoir mené cette action parce qu’il n’y a « aucune différence majeure entre les programmes des partis, sinon un excès de ridicule. Aucun projet national inspirant et capable de servir le bien commun ». Encore une fois, une minuscule action d’Atalante qui aurait été complètement ignorée par les médias si elle avait été menée par la gauche a fait les manchettes. Comme le dit lui-même un militant d’Atalante: « Avec tous les gens qui nous écrivent pour nous encourager, les journalistes font un très bon travail de nous faire de la publicité ».

Banderole d'Atalante à Montréal. Vincent Cyr et Shawn Beauvais-MacDonald.

Banderole d’Atalante à Montréal. Vincent Cyr et Shawn Beauvais-MacDonald.

Même si ces petites actions à Montréal ont su attirer l’attention, le groupe est bien plus actif à Québec, où les membres et sympathisant-e-s se mettent régulièrement en scène sillonnant les rues de la ville pour distribuer des sacs à lunch, posant le visage couvert d’un masque fleurdelysé (une pratique directement reprise de CasaPound) ou nettoyant des graffitis jugés « antinationaux », pour ensuite publier sur Facebook des albums photos de leurs actions.

Atalante devant le siège de Radio-Canada à Québec, le 1er juillet 2017.

Atalante devant le siège de Radio-Canada à Québec, le 1er juillet 2017.

Militant-e-s de CasaPound masqué-e-s.

Militant-e-s de CasaPound masqué-e-s.

Des membres d'Atalante s'astiquent le canon, septembre 2016.

Des membres d’Atalante s’astiquent le canon, septembre 2016.

Parmi les autres projets notables d’Atalante à Québec figure la création d’un « club de combat identitaire » (ouvert depuis, semble-t-il, juin 2017) nommé La Phalange, qui se voudrait à la fois un espace de socialisation et d’entraînement pour les militant-e-s d’extrême droite.

Membres de l'entourage d'Atalante s'entraînant à leur salle de boxe privée surnommée La Phalange.

Membres de l’entourage d’Atalante s’entraînant à leur salle de boxe privée surnommée La Phalange.

Notons pour finir que les événements privés organisés par Atalante semblent servir d’occasion pour entraîner ses militant-e-s dans des campagnes d’affichage nocturnes. Radio-Canada rapportait en février dernier que la première « fin de semaine militante » mentionnée ci-dessus avait été organisée au Domaine Maizerets de Québec, une institution financée publiquement :

« Le prospectus de l’événement précise la tenue d’un atelier sur le survivalisme, d’une conférence du porte-parole de la Fédération des Québécois de souche, ainsi qu’une autre formation sur le nationalisme révolutionnaire.

« Les militants masqués du groupe ont profité de cette réunion pour apposer dans divers lieux de Québec, en pleine nuit, de larges banderoles portant l’inscription « Québec bastion nationaliste ». Les images de ces affichages ont été publiées sur Facebook. »

Banderole d'Atalante devant l'Assemblée nationale, février 2018.

Banderole d’Atalante devant l’Assemblée nationale, février 2018.

En guise de conclusion : devoir de vigilance et d’organisation

Le succès relatif d’Atalante est sans doute dû à un ensemble de facteurs complexes, dont l’actuelle résurgence historique de la droite identitaire, l’utilité des médias sociaux pour réseauter différentes personnes et tendances, et le goût des médias sensationnalistes pour les bad boys et les affaires scabreuses. Ce serait toutefois une erreur pour la gauche radicale de ne pas également prendre en compte certains éléments tactiques d’Atalante qui reflètent une réelle acuité politique : un petit groupe de militant-e-s dévoué-e-s menant des actions simples et ciblées peuvent toucher l’imagination et avoir un impact.

Il nous faut aussi reconnaître qu’Atalante aspire à développer un cadre théorique révolutionnaire cohérent, ce qui n’est pas le cas d’organisations de la droite national-populiste comme La Meute. Tant qu’ils adhéreront efficacement à un tel cadre théorique, les militant-e-s d’Atalante auront une longueur d’avance sur les national-populistes et sur les critiques des milieux libéraux. Une idéologie aux prémisses aussi rebutantes limite nécessairement le potentiel de recrutement de l’organisation, mais une éventuelle situation critique pourrait lui donner l’occasion d’intervenir efficacement et de devenir un véritable mouvement. L’effet le plus dommageable d’un tel développement serait qu’un groupe fasciste parvienne à occuper un espace politique qui aurait dû être saisi par la gauche révolutionnaire.

N’attendons donc pas qu’Atalante devienne aussi importante en nombre et en influence que des groupes comme CasaPound ou Génération Identitaire pour nous organiser contre son expansion. Mobilisons-nous maintenant pour les exposer, déconstruire leur projet politique et leur substituer un projet de société à la fois révolutionnaire, anticapitaliste, égalitaire et radicalement antiraciste.Ne perdons pas de vue que, même en l’absence d’une situation critique sur laquelle elle pourrait capitaliser, Atalante représente une réelle menace pour les segments de la population que son discours cible directement, ainsi que pour les camarades qui tentent de s’organiser dans les espaces où elle est présente. De plus, un groupe comme Atalante, comme nous le répétons souvent, constitue une espèce de pôle d’attraction offrant des points de repère politiques et des connexions aux membres de la droite national-populiste plus large.

Par conséquent, il est nécessaire de prendre Atalante au sérieux, même si le groupe ne compte que quelques douzaines de membres dont l’activité consiste surtout à poser des banderoles et nettoyer des graffiti.On ne saurait trop encourager les lecteurs et lectrices à s’informer assidûment, à partager des renseignements avec les collectifs antifascistes locaux et à former de tels collectifs là où il n’y en a pas.Ce n’est qu’en nous organisant mieux et plus largement que les fascistes, que nous parviendrons à leur bloquer le chemin.

No pasarán!

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Qui sont les militant-e-s d’Atalante?

Voici une galerie de portraits de personnes que nous avons réussi à identifier dans les actions et réseaux sociaux d’Atalante, de Légitime Violence et des Québec Stompers.N’oubliez pas que par leur appartenance à Atalante et à ses groupes satellites, ces individus adhèrent tous et toutes fièrement à des idées et à un projet néofascistes. Si vous avez des renseignements sur ces individus qui seraient utiles aux efforts antifascistes, n’hésitez pas à nous les communiquer à renseignements @ riseup.net.

QUÉBEC :

Raphaël Lévesque, alias Raf Stomper [Québec Stomper/Légitime Violence/Atalante]
Chanteur de Légitime Violence, fondateur d’Atalante. Après avoir livré du Pad Thaï pendant quelques années, il s’est recyclé dans le camionnage chez Transport Morneau. Devant un juge, il se décrit néanmoins comme un« musicien professionnel ». Il a fait quelques voyages en Europe dans les dernières années, notamment pour visiter les militants néofascistes de Bastion Social et de CasaPound.
Antoine Mailhot-Bruneau – alias Tony Stomper, alias Antoine Pellerin, « Tony Quechault » sur Facebook [Québec Stomper/Atalante]
Après avoir grandi à Mont-Laurier, comme son frère cadet Étienne, Antoine amorce des études collégiales à Lionel-Groulx et participe au mouvement étudiant durant la grève de 2007. Il déménage par la suite à Québec, où il rejoint les Québec Stompers. Il amorce plus tard des études de matelot à Rimouski, où il recrute Yannick Vézina, puis passe à l’Université Laval, au programme d’enseignement de l’histoire, qu’il abandone rapidement. Son frère Étienne le rejoint lui aussi dans les Stompers, avec quelques-uns de ses amis proches de Mont-Laurier, comme Dominic Brazeau. Antoine Mailhot-Bruneau est vraisemblablement l’un des principaux militant-e-s du projet Atalante, voire son véritable leader idéologique. Celui qui disait n’avoir rien a caché dans une entrevue accordée au site fasciste Zentropa Serbia en 2017 a pourtant pris grand soin jusqu’ici de garder le secret sur son rôle dans Atalante, en n’apparaissant que rarement dans les actions publiques du groupe, en floutant sont visage dans les rares vidéos où il apparaît furtivement et en opérant sous différents pseudonymes.
Jonathan Payeur, alias Jo Stomper [Québec Stomper/Atalante]
Ancien skinhead antiraciste, Jonathan Payeur est devenu le chien de poche de Raphaël Lévesque dans les dernières années. Comme moyen de s’amender aux yeux de ses nouveaux amis suprémacistes, il est devenu très actif à Québec chez Atalante et dans le crew plus restreint des Québec Stompers. Il est en couple avec Roxanne Baron. Il a notamment comme « lourde responsabilité » de peindre l’ensemble des banderoles poches qu’ils accrochent sur des panneaux publicitaires le temps d’une photo trop floue et mal cadrée garrochée le soir même sur Facebook.
Benjamin Bastien, alias Ben Stomper [Québec Stomper/Légitime Violence/Atalante]
Guitariste du groupe Légitime Violence et membre central des Québec Stompers, Benjamin Bastien milite activement dans Atalante depuis sa formation. Originaire d’Amos, Benjamin aurait d’abord été brièvement antiraciste avant de devenir « apolitique », et finalement ultranationaliste au contact de boneheads.
Yannick Vézina, alias Yan Sailor [Québec Stomper /Atalante]
Recruté par Antoine Mailhot-Bruneau lors de ses études de marin à Rimouski, Yannick Vézina (alias Yan Sailor) est actif dans Atalante depuis la formation du groupe. Il a été identifié sur des photos de l’action dans les bureaux de VICE à Montréal.
Roxanne Baron, alias Rox Stomper [Québec Stomper/Atalante]
Militante d’Atalante active à Québec et présente à plusieurs sorties d’affichage et de distribution. Partenaire de Jonathan Payeur.
Étienne Mailhot-Bruneau [Québec Stomper/Atalante]
Originaire de Mont-Laurier. Frère cadet d’Antoine Mailhot-Bruneau. Illustrateur et animateur d’Atalante (sous le pseudonyme Sam Ox), Étienne est dans l’entourage des Stompers depuis plusieurs années et en est vraisemblablement membre en règle depuis quelque temps. Tout porte à croire qu’Étienne est un membre central d’Atalante.
Yan Barras [Québec Stomper/Atalante]
Actif avec les Québec Stompers depuis longtemps, il fut notamment au centre de l’attaque au couteau à l’AgitéE le soir du 31 décembre 2006.
Olivier Gadoury [Québec Stomper/Atalante]
Présent dans Atalante à sa fondation et à pluieurs événements par la suite.
Sven Côté [Québec Stomper/Atalante]
« Svein Krampus » sur Facebook. Dans Atalante depuis l’hiver 2016, après une radicalisation vers le fascisme amorcée virtuellement en 2013. Il a grandi et vit toujours à Québec. Côté est fortement soupçonné d’être parmi les auteurs de l’attaque contre la librairie La Page Noire à Québec dans la nuit du 8 au 9 décembre 2018.
Valéry Lévesque [Atalante]
Frère de Raphaël Lévesque, Valéry fait partie de l’entourage de Légitime Violence et des Québec Stompers depuis des années.
Gabriel Bolduc-Hamel [Atalante]
Actif pendant un an dans les affichages et distributions à Québec. Il semble s’être retiré des actions, mais est toujours actif virtuellement. Il est tatoueur.
Renaud Lafontaine [Atalante]
Bien présent dans les actions d’Atalante à Québec, Lafontaine a aussi participé à l’action d’Atalante dans les locaux de VICE à Montréal.
 
Dominic Brazeau [Atalante]
Originaire de Mont-Laurier, où il allait à l’école avec Étienne Mailhot-Bruneau, Brazeau a participé à de nombreuses actions d’Atalante depuis la fondation du groupe.
Simon Gaudreau
A participé à de nombreuses actions d’Atalante au cours de l’année 2018.
Nicolas Bergeron
Le sujet d’une récente enquête de VICE, Bergeron dirige une entreprise de « reconstitution Viking », Vinland Productions, engagée pour animer des reconstitutions historiques à l’intention d’élèves du primaire et du secondaire au Québec. Bergeron admet être proche d’Atalante, qu’il décrit comme un groupe qui souhaite soutenir la communauté, et s’entraîne au gymnase du groupe, mais nie en être membre. Pourtant, VICE a publié des photos de lui posant avec Raphaël Lévesque et participant à des manifestations d’Atalante. Il porte aussi plusieurs tatouages racistes et néonazis, comme le « soleil noir ». Notons que « Vinland » (le nom donné par les explorateurs vikings au territoire aujourd’hui appelé Terre-Neuve) est un terme employé à maintes reprises par des néonazis au Québec au cours des 30 dernières années.
Benjamin Peelman [Atalante]
« Peel Bastion » sur Facebook. Expatrié français originaire de la région de Lille. Sympathisant d’Atalante depuis sa création.
 
Mathieu Beaudin [Atalante]
Jeune sympathisant d’Atalante aperçu dans quelques actions, dont la marche au flambeau en août 2016.
Jhan Mectau [Légitime Violence]
Bassiste de Légitime Violence et tatoueur sous le nom de Jhan Art. Adepte de « grandeur nature » (GN).
Félix Latraverse [Légitime Violence]
Pelage Delatravars sur Facebook. C’est le nouveau guitariste de Légitime Violence. Il a également participé à certaines actions d’Atalante. Il fait notamment partie du groupe Folk You! qui entretient des liens avec les mouvances néonazies, mais est également un amateur de NSBM (Black Métal National Socialiste). Il a tourné avec plusieurs groupes de musique, notamment Dèche-Charge, Neurasthène, Délétère, Haeres et plusieurs autres.  Il travaille également au Studio Sonum, la seule salle où Légitime Violence réussit encore à se produire en public à Québec.
Gérôme Tymchuk-Leblanc
Sympathisant d’Atalante, il participe également au club de boxe La Phalange.
Alexandre Normand
Sympathisant d’Atalante. Membre actif des Forces armées canadiennes, Normand a fait l’objet de quelques articles en 2015 exposant ses sympathies racistes et ses liens avec l’extrême droite.

MONTRÉAL :

Vincent Cyr [très actif]
Issu de la scène punk hardcore de la rive sud de Montréal (il réside à Longueuil), il est maintenant au centre de la chancelante initiative Atalante Montréal. Vincent Cyr est boucher, métier qu’il se plaît à exhiber. Très présent dans les séances d’affichage à Montréal et prolifique colleux de collants, il est un des principaux propagandistes d’Atalante sur l’île de Montréal. Avec très peu de capacité de communication, il ne fait que reprendre les campagnes développées par les (très petits) cerveaux de Québec. Vincent Cyr a plaidé coupable d’agression armée en 2012.
Shawn Beauvais-Macdonald [très actif]
D’abord membre « anglophone » de La Meute (aperçu une première fois à la manif contre le projet de Loi 103, le 4 mars 2017, où il traite les antiracistes de « traîtres à la race » et se retrouve vite au centre d’une foire d’empoigne), Beauvais-Macdonald se fait surtout remarquer par sa participation au rassemblement « Unite the Right » à Charlottesville, en août 2017. Très présent dans les milieux Alt-Right montréalais, notamment par sa participation au salon de discussion néonazi « Montreal Storm » sous le pseudonyme « FriendlyFash » et son activité sur les médias sociaux, il se rapproche d’Atalante Québec en rencontrant Raphaël Lévesque et en s’entraînant au club de boxe La Phalange, à Québec. Avec le bonehead Philippe Gendron, il tente alors de réunir quelques personnes pour créer la branche montréalaise d’Atalante, avec un insuccès remarquable. Il participe à la plupart des actions furtives du groupe à Montréal et tente vraisemblablement de rapprocher la frange Alt-Right québécoise de l’organisation fasciste Atalante. Il a participé à l’action d’Atalante dans les bureaux de VICE.

Philippe Gendron [désactivé]
Philippe Gendron est un bonehead de la région de Joliette qui à commencé à milité à Montréal en 2017 avec les Soldiers of Odin. Il aurait voulu créer une « branche montréalaise » d’Atalante avec Shawn Beauvais-MacDonald. Après un accrochage avec des antifascistes de la métropole à l’été 2018, Gendron a fini par crisser son camp se réfugier à Québec dans les bras stéroïdés des Québec Stompers. Il semble aujourd’hui s’être rassis sur le banc, certainement après que ses petits camarades se soient rendu compte qu’il n’est pas le plus fiable des militants, ni l’ampoule la plus allumée de la guirlande. En plus d’avoir collaboré avec la police… oups.
Mathieu Bergeron [actif]
Reconnu coupable d’une agression à main armée à caractère raciste en 2008, alors qu’il était encore mineur, Bergeron restera pendant plusieurs années une figure importante de la scène ultranationaliste et néonazie Montréalaise, notamment en tant que membre du crew StrikeForce, chanteur du groupe Section St-Laurent et fondateur du groupuscule Faction Nationaliste. Bergeron a participé à plusieurs actions d’affichages du groupe à Montréal.
Jean « Brunaldo » [Français, actif]
Présent dans certaines sorties et séances d’affichage à Montréal et Québec et sur les photos d’une récente randonnée en montagne. Brunaldo (nom Facebook; non confirmé) était précédemment dans le milieu des jeunes boneheads de Paris, dans le cercle rapproché de Serge Ayoub, de 3e Voie et des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR). Jean était proche de Samuel Dufour, un des boneheads néonazis qui, avec Esteban Morrilo, ont été inculpés pour l’assassinat de Clément Méric, le 5 juin 2013, à Paris. Il semble être aujourd’hui dans le cercle rapproché d’Atalante. En couple avec Chloé Fleury.

Chloé Fleury, alias Lucy Mergnac [Française, peu active]
Présente sur les photos d’une randonnée en montagne avec d’autres militants d’Atalante, et participe à des affichages à Montréal. En couple avec Jean Brunaldo.

Francis Hamelin [peu actif]
Bonehead catholique intégriste et néonazi furieux. Ancien militant de Troisième Voie Québec, il a été aperçu dans des actions montréalaises d’Atalante.
Rémi Chabot [peu actif]
Vieux bonehead qui a agressé un travailleur haïtien en 2002 et fait encore aujourd’hui partie du milieu ultranationaliste et de l’entourage d’Atalante. Il était membre du groupe néofasciste La Bannière Noire.

 

AUTRES SYMPATHISANT-E-S :

Félix-Olivier Beauchamp
Originaire de Mont-Laurier, il a participé à de nombreuses actions d’Atalante depuis la fondation du collectif, autant à Montréal qu’à Québec.
Éric Gervais
Réside à St-Eustache, père de deux enfants. Il a commencé sa carrière de bonehead avec Coup de Masse et continue encore aujourd’hui d’être présent à la plupart des concerts de Légitime Violence.
Jonathan Côté
Vieux bonehead, ancien membre des Berzerker Boot Boys. Il traîne depuis longtemps dans l’entourage de Légitime Violence. C’est d’ailleurs à son contact ainsi que celui de quelques uns de ses vieux amis néonazis que les Québec Stompers se sont rapprochés de l’extrême droite.Julie Laurier
Elle traîne dans l’entourage de Légitime Violence depuis belle lurette, c’est également la partenaire de Jonathan Côté.
Mickaël Delaunay
Un employé de Vinland Productions, Delauney nie être membre d’Atalante, mais un récent reportage de VICE le montre participant à diverses activités du groupe.
Yannick Gasser
Réside à Terrebonne. Peu actif politiquement, c’est surtout un amateur de Légitime Violence qui a été tiré vers la droite par l’entourage du groupe. Il a participé à la commémoration pour Jeanne-D’arc organisée par Atalante le 7 mai 2018.

Ian Alarie [alias Ian Enforme]
Néonazi adepte du NSBM, proche des Soldiers of Odin, il vit dans la région de Montréal, vraisemblablement à Varennes. Il participe à quelques actions d’Atalante à Montréal ainsi qu’à la parade dans les rues de Québec à l’été 2016.
Martin Léger
Autrefois connu sous le sobriquet « Cad Stomper », Léger n’est pas un militant d’Atalante. En fait, l’empressement avec lequel il s’est distancé des Stompers lui a valu une chanson dédicacée de Légitime Violence intitulée Sale traître. Cela dit, nous croyons qu’il est important de mentionner Léger ici, car il gère une armurerie et un champ de tir dans la région de Québec et a fait les manchettes en 2017 lorsqu’il s’est associé à une manifestation pro armes à feu devant avoir lieu sur le site du massacre antiféministe de Polytechnique et a publié une vidéo misogyne lorsque la manifestation a été vivement critiquée.
Steve Lavallée
Vieux bonehead, ancien membre des Berzerker Boot Boys. Il traîne depuis longtemps dans l’entourage de Légitime Violence. Il s’est depuis découvert une passion pour les grandeurs natures, participant, aux côtés d’autres néonazis, aux activités des vikings du Vinland.
Dominic Gendron
Membre de longue date des Québec Stompers, il s’est exilé en Abitibi depuis quelques années. Il continue néanmoins à soutenir sa bande comme il le peut et a notamment participé à certaines actions d’Atalante à Québec lorsqu’il était de passage.

Jonathan Croteau
Amateur de Légitime Violence qui traîne dans l’entourage des Québec Stompers depuis très longtemps. Il aurait entre autres participé à l’attaque du bar l’AgitéE lors de la nuit du nouvel an 2007.
Sébastien Théberge [proche de Légitime Violence]
Très près de Légitime Violence et supporteur d’Atalante. Vivrait à Montmagny. Ancien des Soldiers of Odin, il était présent au rassemblement d’Atalante en avril 2018 commémorant les 100 ans de la conscription.
Evymay Lacroix
Amatrice de Légitime Violence et de powerlifting. Elle est également friande de NSBM et se dit ouvertement néonazie.

 

Québec Stompers: Raphaël Lévesque, Jonathan Payeur, Olivier Gadoury, Benjamin Bastien, Yan Barras et Antoine Pellerin.

Québec Stompers: Raphaël Lévesque, Jonathan Payeur, Olivier Gadoury, Benjamin Bastien, Yan Barras et Antoine Mailhot-Bruneau.

Québec Stompers: Roxane Baron, Jonathan Payeur, Étienne Mailhot-Breuneau, Benjamin Bastien, Antoine Pellerin et Raphaël Lévesquel. En bas, à gauche, Jonathan Côté.

Québec Stompers: Roxane Baron, Jonathan Payeur, Étienne Mailhot-Breuneau, Benjamin Bastien, Antoine Mailhot-Bruneau et Raphaël Lévesque. En bas, à gauche, Jonathan Côté.

Québec Stompers: Valéry Lévesque, Roxanne Baron, Yannick Vézina, Antoine Pellerin et Jonathan Payeur.

Québec Stompers: Valéry Lévesque, Roxane Baron, Yannick Vézina, Antoine Mailhot-Bruneau et Jonathan Payeur.


[i]

Des militant-e-s d’Atalante avaient déjà employé la même tactique théâtrale en 2017 pour intimider une journaliste de CBC News et Ian Bussières du Soleil. Lire aussi à ce sujet : Atalante et le harcèlement des médias. Ils ont aussi fait plusieurs cacas nerveux contre le journaliste Philippe Tesceira-Lessard, de La Presse, qui a fait paraître une série d’articles depuis 2013 portant sur Légitime Violence et mettant en lumière le passé criminel des petits copains ainsi que les liens actifs de certains sympathisants avec l’armée canadienne.

[ii]

Le oï est un sous-genre de la musique punk issue d’une volonté originale de rapprocher les différentes sous-cultures de la classe ouvrière britannique au sein d’un mouvement unifié, mais qui a plus tard été détournée par les éléments racistes de la scène dans un but de recrutement des jeunes prolétaires désabusés dans des mouvements politiques fascistes comme le National Front et le British National Party.

[iii]

RAC, ou « Rock Against Communism », désigne un mouvement néofasciste créé dans les années 1980 en réaction au mouvement « Rock Against Racism » formé par des artistes et musiciens de gauche pour combattre l’infiltration d’éléments racistes dans les scènes contre-culturelles, en particulier la scène skinhead. Le groupe phare du mouvement RAC est Skrewdriver et son leader spirituel est Ian Stuart, le chanteur de Skrewdriver et le fondateur de la fédération white power Blood & Honour.

[iv]

Le terme boneheads désigne les skinheads racistes et suprémacistes, par opposition au terme générique « skinhead », qui désigne quant à lui la contre-culture skinhead traditionnelle, historiquement multiculturelle, inclusive et antiraciste.

[v]

Lire plus à ce sujet : Xavier Camus, Québec et l’extrême droite italienne

[vi]

Légitime Violence, sur le single éponyme, 2010

[vii]

Un amour perdu, sur l’album « Nouvelle France Skinhead », 2011

[viii]

Le tatouage et l’inscription NFSH que portent les membres et fans de Légitime Violence signifient « Nouvelle France SkinHead ». C’est aussi le titre du premier album de Légitime Violence, paru en 2011.

[ix]

La tendance « nationaliste révolutionnaire » est elle-même tributaire du courant de pensée « troisième position ». Le nationalisme révolutionnaire et l’idéologie « troisième position » correspondent à une tendance politique qui existe au moins depuis les années 1960, avec de nombreux points de référence dans le mouvement fasciste remontant jusqu’au courant « strasserite » du parti nazi. Le terme « troisième voie », ou tercérisme, désigne différents courants d’extrême droite et néofascistes caractérisés par un rejet à la fois du capitalisme et du communisme, au profit d’un ultranationalisme identitaire fondé sur un mélange confus de théories issues de l’extrême gauche (socialisme) et de l’extrême droite (nationalisme). Au niveau international, le tercérisme est présentement le courant dominant au sein de l’extrême droite fasciste et révolutionnaire;son anticapitalisme, pour la plupart des nationalistes révolutionnaires, s’articule généralement dans un cadre conceptuel antisémite.

[x]

Le terme « globalistes », tout comme la référence récurrente à l’influence occulte de George Soros, est largement reconnu comme un euphémisme codé désignant un supposé complot juif mondial, lequel fait écho à différentes théories de complots antisémites qui se perpétuent depuis le 19e siècle.

[xi]

Opposant de premier plan aux réformes du concile Vatican II, Mgr Marcel Lefebvre fonde la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) en 1970 et implante un séminaire dans le village d’Écône, en Suisse. En 1975, Lefebvre reçoit l’ordre du Vatican de dissoudre la société, mais il ignore cette injonction. En 1988, en dépit de l’interdiction expresse du pape Jean-Paul II, il consacre quatre évêques et les habilite à poursuivre l’œuvre de la  FSSPX, ce qui lui vaut d’être immédiatement excommunié de l’Église avec tous les évêques ayant participé à la cérémonie. Lefebvre refuse de reconnaître son excommunication jusqu’à sa mort trois ans plus tard.

 

Lefebvre était soutenu par les mouvements d’extrême droite de partout dans le monde, y compris le parti Fuerza Nueva de Blas Piñar, en Espagne, le Movimiento sociale italiano, et le Front national, en France. Il donnait régulièrement dans le vitriol raciste, s’en prenant aux juifs et aux musulmans, et dénonçait violemment le dialogue œcuménique que le pape souhaitait entreprendre avec ces autres traditions. Au Québec, les lefebvristes accusaient le gouvernement d’être contrôlé par les communistes.

La FSSPX accueille à bras ouverts les catholiques qui s’opposent au multiculturalisme, à la démocratie et à la liberté de conscience, et se scandalise que l’Église abandonne son combat séculaire contre ces différents fléaux. Dans les mots de Lefebvre : « (…) cette union voulue par les catholiques libéraux entre l’Église et la Révolution est une union adultère! De cette union adultère ne peut venir que des bâtards. (…) Il en est de même avec les francs-maçons. (…) On ne dialogue pas avec les communistes. (…) Nous ne pouvons pas admettre ce dialogue! On ne dialogue pas avec le diable. »Au Québec, la FSSPX a servi de refuge spirituel à l’extrême droite au moins depuis les années 1980, lorsque différents membres du Cercle Jeune nation étaient actifs au sein de la secte.

[xii]

Dupuis a récemment été inclus à un reportage de Radio-Canada sur l’école Sainte-Famille, administrée par la FSSPX.

Demain c’est loin : Intervention anarchiste en solidarité avec les migrant.e.s

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Déc 172018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

La citoyenneté ne peut avoir de valeur que si la catégorie des autres, celles et ceux qui ne possèdent pas ce statut, existe aussi. Afin que règne cette distinction, elle doit être renforcée et l’État détient plusieurs outils pour y arriver. La déportation est l’un d’entre eux.

La déportation est un processus violent par lequel l’État prend la décision d’enlever à une personne son autonomie et sa capacité d’action pour l’exclure du territoire où il exerce son autorité. Pour accomplir cette tâche, il fait usage de différents dispositifs. L’un d’entre eux est le centre de détention pour migrants, communément appelé la prison pour migrants, qui sert à détenir les sans-papiers avant de les déporter. Les personnes sans statut peuvent être arrêtées et y être enfermées dans l’attente qu’on les mette dans un avion pour les envoyer vers un autre pays, parfois vers des terres lointaines étrangères où ielles n’ont aucune relation. 

L’État expulse de plus en plus de gens et souhaite accroître ses capacités à le faire. Les instruments qu’il met en place pour y arriver sont entre autres : engager plus de personnel du service frontalier (ASFC), développer différents moyens de faire des contrôles de sans-papiers, adopter des méthodes de surveillance alternatives comme le bracelet électronique et construire un nouveau centre de détention. À Laval, une ville sur la Rive-Nord de Montréal, le gouvernement veut construire un nouveau centre de détention, soi-disant plus ‘humain’, adjacent au centre qui existe déjà. Mais nous savons tous qu’une cage dorée reste une cage. C’est de la provocation, un acte de confrontation, une atteinte aux personnes sans-papiers, une attaque contre nos communautés, une attaque contre nous tous. La crise migratoire actuelle ne peut que s’accentuer, compte tenu des changements climatiques, des sécheresses, des guerres et de la militarisation répandue dans plusieurs pays du sud. Les migrants risquent de faire face au rejet brutal de l’occident qui se presse de renforcer ses frontières contre les autres, l’ennemi barbare qui l’envahit. Les médias ont d’ailleurs rapporté récemment que le gouvernement fédéral actuel souhaite accroître de 30% le nombre de déportations par année. La construction de cette nouvelle prison contribue à la concrétisation de la mission coloniale de l’État canadien en l’amenant plus près de ses buts de contrôler tous les aspects de la vie des gens, de choisir qui peut habiter ce territoire qu’il s’est approprié et de renforcer la catégorie des autres. Ainsi, en invisibilisant le fait qu’il est lui-même étranger sur un territoire qu’il a colonisé et dont il a exterminé une grande partie de la population, il rend son autorité légitime et s’approche d’un idéal de ‘pureté’ fasciste.

Il nous est important de souligner que les auteur.es de ce texte sont des personnes blanches, né.es au Canada. Nous ne sommes pas directement affecté.es par la menace de la déportation ou de l’enfermement dans un centre de détention pour migrants. Nous choisissons tout de même de lutter contre la construction de cette nouvelle prison en solidarité avec tout.es celleux qui mettent leur vie en danger en prenant la route à la recherche d’un avenir meilleur. Nous n’en avons pas que contre les contrôles de sans-papiers et les centres de détention, notre objectif est de constamment détruire la domination dans tous ses aspects ; cela inclut entre autre tout État et ses frontières.  Même si nous avons le privilège d’avoir des papiers, nous ne sommes pas fièr.e.s d’être Canadien.ne.s. Nous ne ressentons aucun lien d’appartenance à l’identité nationale. Nous voulons construire une lutte qui n’espère aucunement l’approbation ou la reconnaissance de l’État ni de quiconque. Plutôt que de prendre des mesures ‘citoyennes’ en demandant au gouvernement d’arrêter de déporter, nous choisissons de subvertir nos privilèges et de saboter l’engrenage de la machine à expulser. Les responsables de l’enfermement ne doivent plus dormir paisiblement.

Intervention

Nous voulons tenter de coordonner nos énergies de manière informelle et décentralisée pour focaliser sur l’objectif de faire stopper la construction de cette nouvelle prison pour migrants. Si nous nous concentrons sur cette lutte spécifique, c’est avant tout pour obtenir des résultats effectifs, mais c’est aussi pour y diffuser des idées et des pratiques anarchistes et anti-autoritaires. Le dispositif de la prison pour migrants est une composante de l’architecture complexe du pouvoir, une armature importante de l’État et de ses frontières. Ceci dit, nous nous opposons à toutes les prisons, à l’enfermement et à toute forme de domination; mais cette fois-ci, nous tenterons d’empêcher réellement la continuation de ce projet, qui n’est qu’un élément dans un système complexe. Nous souhaitons que d’autres compagnon.nes contribuent aussi à multiplier les offenses, afin que l’hostilité augmente. Nous refusons toutefois de miser sur des attentes quantitatives pour agir. Le contexte est déjà bien trop mûr.

Lutter contre l’État et contre ses projets, ça peut avoir l’air de quoi? Il n’y a pas qu’une façon de répondre à cette question et il n’existe pas non plus de formule magique pour que ça réussisse. Il y a toutefois certains principes qui nous aident à faire des choix cohérents et qui préviendront une récupération éventuelle par les politiciens de la Gauche. Pour nous, ces principes peuvent s’appliquer dans toutes les luttes. Certains sont plus évidents que d’autres, comme le fait de ne pas dénoncer celleux qui s’organisent à la police ou aux autorités. Mais allons un peu plus loin.

Un premier élément est de ne pas demander quoi que ce soit à l’État. Ceux qui luttent contre des projets spécifiques ont souvent le réflexe de formuler des revendications. Quand on revendique, on envoie le message qu’il n’y a que les gens exerçant du pouvoir sur d’autres – des gens en position d’autorité – qui peuvent changer les choses. Ce réflexe est une autonégation de notre liberté et de notre capacité d’agir sur le monde qui nous entoure en laissant les politiciens et à les patrons choisir à notre place. Nous souhaitons nous éloigner de cette façon de nous organiser pour aller vers une lutte qui peut subvertir ces dynamiques de pouvoir et entreprendre des choses sans demander la permission. Nous cherchons à détruire l’État plutôt que de renforcer sa légitimité.

La négociation peut aussi être tentante lorsqu’on croit qu’il est impossible d’accomplir nos objectifs par nous-mêmes. La démocratie nous amène à penser qu’il nous faut toujours faire des concessions, céder un peu. Néanmoins, dans une telle situation, aucune alternative n’est acceptable. Aucune prison plus confortable, aucun agent de l’ASFC plus sympathique et aucun contrôle de sans-papiers ne doivent être tolérés. 

Dans le but d’atteindre certains objectifs, plutôt que de revendiquer et de négocier, nous choisissons la confrontation directe. Nous sommes d’avis que, pour empêcher la construction de cette prison pour migrants, différentes formes d’attaques dirigées envers ceux qui veulent la construire, ceux qui en dessinent les plans, ceux qui versent le ciment, ceux qui ont l’intention d’y enfermer les gens, ceux qui en bénéficient… sont indispensables. La forme des attaques peut varier en fonction de la capacité des gens, de la confiance, etc.

La confrontation directe n’a pas besoin de hiérarchie ou d’être centralisée. En fait, nous croyons que c’est nécessaire de nous organiser de façon décentralisée et informelle. Cela signifie que nous ne voulons pas créer d’entité formelle avec des membres et des plates-formes. Nous désirons nous organiser auprès d’individus avec qui il y a un partage d’affinités, c’est à dire des idées, des pratiques et de la confiance réciproque.

Nous voyons en ces méthodes une meilleure capacité de nous adapter au contexte qui est entretenue par la vivacité organique des liens entre les compagnon.nes. L’organisation informelle veut donner plus d’importance au contenu qu’au contenant. Le fait que nous n’attendons pas l’approbation d’un parti, d’un comité ou d’un groupe rend nos interventions plus efficaces. Néanmoins, pour qu’il y ait une confiance réciproque entre les compagnon.nes et qu’une lutte expansive s’engendre, un certain engagement est essentiel. Il y a une différence entre engagement personelle et organisation formelle. Dans le premier, le contenu prime sur le contenant alors que dans le second, l’organisation comme telle devient plus importante que les relations et les analyses des individus. Se rassembler périodiquement en groupe plus large afin de partager nos perspectives nous semble une bonne option, sans qu’il soit nécessaire de prendre des décisions centralisées. Il est vrai que certains compagnon.nes ont tendance à disperser leurs interventions, sans continuité, et par des actes qui restent souvent symboliques vu l’impact minimale qu’elles produisent sur leurs cibles. Cela ne permet pas qu’une conflictualité plus expansive s’engendre. Il est donc effectivement important de bien penser à ce qu’on fait, d’identifier et de cibler les responsables et les collaborateurs de la domination et de l’enfermement, de partager nos analyses et d’entrevoir une perspective de lutte à moyen ou long terme. Par contre, toutes ces énergies doivent rester en mouvement et ne pas être enfermées dans des organisations formelles, sous prétexte d’obtenir une meilleure continuité. 

Ceci dit, dans l’objectif de créer un contexte de lutte plus large, plusieurs personnes, s’identifiant en tant qu’anarchistes, révolutionnaires ou autonomes, ont tendance à tomber dans le piège quantitatif de la masse et de l’opinion publique en s’organisant conjointement à la Gauche et en faisant appel aux médias de masse. Mais à quel prix ? Il est déjà évident que tout pouvoir, tout socialisant qu’il soit, contribue à entretenir les chaînes qui nous en rendent dépendants. Nous devons utiliser nos propres moyens (journaux, zines, sites de médias indépendants, affiches, infrastructures qui supportent les personnes sans-papiers) et construire les bases de nos luttes selon des principes qui nous sont propres ; des principes anarchistes en rupture avec les institutions.  Pour arriver à subvertir les rapports sociaux et à détruire la domination, nous devons développer des bases anarchistes solides en cessant d’être à la remorque des mouvements de Gauche et trouver la force de lutter en nous-mêmes.

En réalité, l’État ne cessera de déporter, d’enfermer, de construire de nouvelles prisons, de dominer, d’exploiter, d’appuyer juridiquement les pires horreurs ou de propager ses idéologies autoritaires, racistes et coloniales, que s’il est détruit et confronté par l’insurrection, le sabotage de ses rouages et la révolte permanente. Il y a toujours des failles; trouvons les.

Appel aux actions autonomes contre la prison pour migrant.e.s à Laval

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Nov 242018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Entre le 23 novembre et le 7 décembre, nous lançons un appel à l’organisation d’actions autonomes pour arrêter la construction de la nouvelle prison pour migrant.e.s à Laval.

Sous prétexte d’améliorer les conditions de détention des migrant.e.s, l’ASFC (Agence des services frontaliers du Canada) a reçu un énorme budget gouvernemental pour développer des « alternatives » à la détention and pour construire deux nouvelles prisons pour migrant.e.s. Alors que l’état décrit son projet avec des mots comme « plus humain » et « alternatives », nous savons que tout cela est simplement une expansion de la prison et des systèmes frontaliers. Les soi-disant « alternatives » et les nouvelles prisons visent le même objectif : accroître la capacité de contrôle frontalier et de surveillance de l’immigration de l’ASFC, d’emprisonner et de déporter des migrant.e.s et d’arracher des personnes à leurs familles et à leurs communautés. L’une de ces prisons sera construite à Laval sur le terrain appartenant au Service correctionnel du Canada et remplacera apparemment le centre de détention pour migrant.e.s existant. Deux firmes d’architecture ont été engagées pour réaliser ce projet : Lemay (à St-Henri, Montréal) et Groupe A (à Québec). Les travaux ont déjà commencé sur le site de la future prison.

Nous savons que les frontières sont des zones de conflits. La montée globale de mouvements d’extrême droite fasciste ouvre la voie à une violence et une répression intense à l’égard des migrant.e.s. En ce moment, une caravane de migrant.e.s qui compte entre 5 000 et 7 000 personnes est en train de faire son chemin à travers les Amériques. Des personnes faisant face à des conditions désastreuses n’ont eu d’autre choix que de quitter leur maison pour affronter l’incertitude d’ailleurs. Ce mouvement de gens a suscité l’imaginaire réactionnaire des nationalistes blancs et de l’extrême droite. Trump a déployé des troupes à la frontière entre les États-Unis et le Mexique et a promis d’utiliser la force militaire si un.e seul.e migrant.e jette ne serait-ce qu’une roche au personnel militaire. Pendant ce temps, le Canada continue à emprisonner des migrant.e.s indéfiniment, tout en prétendant construire des centres de détention plus « humains ». Beaucoup sont mort.e.s dans les prisons canadiennes pour migrant.e.s et le Canada prévoit augmenter son taux de déportations de 25% à 30%.

La nouvelle prison pour migrant.e.s ne peut être dissociée du rôle des pénitenciers canadiens dans l’emprisonnement des peuples autochtones résistant à la colonisation depuis des siècles. La nouvelle prison pour migrant.e.s ne peut être dissociée des premières prisons qui enfermaient les personnes noir.e.s résistant à l’esclavage, et de celles qui continuent de les emprisonner à des taux élevés aujourd’hui. Nous pensons à toutes les personnes qui sont mort.e.s en prison et qui continuent de mourir et à toutes les personnes qui résistent aux prisons du monde entier. Inspiré.e.s par les gens qui traversent les frontières dans la caravane de migrant.e.s, par la grève de la faim menée par des migrant.e.s à Lindsey en Ontario pour résister au Cadre national en matière de détention liée à l’immigration (CNDI), par les émeutes des prisonnier.e.s contre les conditions horribles au Centre correctionnel de Baffin, par la récente grève des prisonnier.e.s de 2018 et par la solidarité que cela a suscité à travers le continent, nous lançons un appel à l’organisation d’actions autonomes, du 23 novembre au 7 décembre, pour arrêter la construction de cette prison pour migrant.e.s.

Petite nuisance pour les Gardas

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Nov 122018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Voici un moyen simple de compliquer la vie aux Gardas et autres gardien.ne.s de sécurité de vos établissements.

Durant les rondes de nuit, les gardien.ne.s de sécurité sont muni.e.s de scanneur servant à s’assurer qu’ils et elles effectuent un certain nombre de tâches. Ils et elles doivent donc scanner des code-barres, codes QR et pastilles magnétiques pour prouver à leur supérieur.e qu’ils et elles ont bien fait leur ronde.

Vous trouverez ces codes sur les portes de sortie, dans les toilettes, certaines salles de classe, fin de couloirs et autres recoins du genre.

Les images proviennent de l’UQAM, mais certainement il y en a dans vos établissements, scolaires ou pas!

Vous pouvez donc vous aussi faire des rondes, pour compliquer les leurs!

Tract : Quand la police attaque

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Nov 012018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

La police est dans notre chemin. Elle est dans notre chemin vers la suite de la manifestation : vers le prochain coin de rue, vers les vitrines de banque du centre-ville, le poste de police et les bureaux du gouvernement. Elle est aussi dans notre chemin vers autre chose : vers un monde sans patrons, ni flics, ni prisons, comme le dit le bon vieux slogan. Mais avant d’être dans notre chemin, elle est d’abord et avant tout… la police, c’est-à-dire une institution basée sur la colonisation, le racisme et le monopole étatique de la violence. Nous n’aurons d’autre choix que de l’affronter comme adversaire dans chacune de nos luttes.

Bien que la manifestation ne soit pas le seul moment où l’on fait face aux flics, elle constitue un contexte incontournable. Dans la manifestation, la police met tout à sa disposition afin de semer la peur parmi les contestataires du pouvoir, afin de contrôler nos actions, de nous blesser et de nous arrêter. En somme, elle se déploie en force dans l’objectif de nous dissuader de poursuivre la lutte et de faire réellement bouger les choses.

Il faut qu’on se donne collectivement les moyens de se défendre. Selon nous, quelques anarchistes montréalais, il s’agit de propager des connaissances et des pratiques de confrontation et de soin, ainsi que de faire un effort pour que les groupes et individus, participant de différentes manières à la manifestation, collaborent les un.es avec les autres. En nous basant sur quelques manifestations récentes à Montréal, voyons un petit aperçu de quelques tactiques qui peuvent être utilisées de manière cohérente contre les flics. Il y a de la place pour tout le monde !

  • Feux d’artifice!
  • Équipe de la bannière renforcée : Une bannière renforcée a de multiples usages : elle porte un message, elle offre un endroit où se dissimuler (ex.: pour se changer), elle protège au moins les bras des personnes qui la tiennent, grâce aux morceaux de bois et de plastiques ajoutés à l’arrière. Les personnes qui tiennent la bannière sont dans une position vulnérable, puisqu’ils et elles se retrouvent souvent sur la ligne de front. Il est donc important de porter des casques et des protège-dents. De plus, chacun.e d’eux et elles est jumelé.e, pour sa protection, avec une autre personne, celle-là plus mobile, qui se tient juste derrière, avec un drapeau pouvant servir de bâton.
  • Distribution de masques : Porter un masque ne permet pas seulement de protéger sa propre identité : plus il y a de personnes masquées, plus cette tactique devient efficace pour l’ensemble des gens. Si toute la foule est masquée, la police éprouve beaucoup plus de difficultés à déterminer qui a lancé la roche. Même si on ne prévoit pas enfreindre la loi, porter un masque est une excellente façon de démontrer de la solidarité avec ceux et celles qui prendront ce risque.
  • Graffeurs.ses
  • Médics
  • Collecteur.ses de projectiles : Il y a plusieurs façon de supporter indirectemment la confrontation avec la police ! Que ce soit d’amasser des piles de briques ou de roches près de l’affrontement, ou bien d’encourager les gens à demeurer groupés et à ne pas s’éloigner lorsque la manif devient chaotique.
  • Équipe anti-médias : Peu importe les intentions des journalistes, les photos ou les vidéos captés lors de manifs peuvent être utilisés comme éléments de preuve afin de condamner nos ami.es. Il est donc essentiel que les caméras soient repoussées des manifs mouvementées.
  • Équipe de l’arrière de la manif : Si une manif bouge trop vite, elle peut abandonner des gens qui ne peuvent pas se déplacer aussi rapidement. Une équipe à l’arrière de la manif peut communiquer avec des gens à avant, pour essayer de trouver une vitesse qui permet à tout le monde de rester ensemble aussi longtemps que souhaité. De plus, les flics n’entrent pas dans la manif uniquement par l’avant ou par les côtés : une équipe de l’arrière aurait le potentiel d’améliorer la sécurité de toute la manif.
  • Barricade fonctionnelle : Une barricade entrave les mouvements de la police, tout en nous procurant un élément de protection derrière lequel se cacher durant l’affrontement.

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Découvrez Westmount : une nouvelle plaque tournante d’activité anarchiste

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Oct 282018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Quand vous entendez “Westmount”, la première chose qui vous vient à l’esprit ce n’est certainement pas zone autonome temporaire, ou barricade de poubelles ou effigies de Trudeau en feu. On imagine souvent ce quartier en surplomb de St-Henri comme un purgatoire où les plus ridiculement riches vivent sans heurt entre un mariage sans amour, des enfants pleins de ressentiment et un emploi qui ronge l’âme… Mais ce n’est plus le cas!

Westmont se revitalise!

Des anarchistes transforment le quartier en espace d’attaques mixtes, offrant ainsi des opportunités d’action diversifiées pour les camarades de toutes les tendances. Dans le Westmount désolé, on trouve des activités pour les anarchistes de toutes les couleurs – que votre drapeau soit noir, rayé rouge ou orné de glitters mauves.

Buzfeed publie la liste des 5 Faits Charmants que Vous Ignoriez à Propos de Westmount (ou Nouvelle-Exarchia, comme nous aimons l’appeler)

1) De nombreuses maisons sont vides.

Alors que la majorité des locataires au sud de Maisonneuve sont incapables de payer les augmentations de loyer – et pourraient encore moins s’acheter une maison – les trillionnaires tyraniques de Westmount peuvent posséder 2, 3 et même jusqu’à 4 propriétés! Notez qu’ils sont peut-être des propriétaires, mais ça ne fait pas d’eux des résidents. Des maisons en parfait état, avec des chambres vides – et des réfrigérateurs remplis! Ce sont les AirBnb les plus abordables en ville – déjeuner inclus! Pensez-y bien : Deuxième maison ou… Centre Social Squatté?

2) Les flics de Westmount sont littéralement les mêmes que les flics de Montréal.

La Société de Protection des Vieux Millionnaires n’est pas assez bien pour les connards influents de Westmount – ces milliardaires merdeux ont – écoutez-bien – établi leur propre corps policier. On les distingue par l’absence de protection au corps – leur peau douce et souple est vulnérable aux divers éléments (et projectiles). Rappelez-vous bien : un molotov, deux flics!

3) Westmount est remplie de matériaux pour barricades artisanales.

Avez-vous déjà participé à un party de rue pendant lequel la police n’avait pas compris les nombreux sous-entendus visant à lui laisser savoir que leur invitation n’avait pas simplement été “égarée par la poste”? Alors que vous courrez pour vous saisir d’une boîte de journaux, vous réalisez qu’elle est fixée au sol! Vous regardez autour de vous, mais il n’y a aucun matériel qui pourrait servir à monter une barricade! Cette situation ne se produirait jamais dans le Westmount Révolutionnaire!™ Ici, les rues sont garnies de matériaux de choix pour barricades qui ne demandent qu’à être utilisés. Boîtes à Journaux, Poubelles, fournitures de patio – Ah!

4) Les murs sont des canevas de choix.

Saviez-vous que ces riches pleurnicheurs n’ont pas encore entendu parler d’art public? C’est bien vrai! Les nombreux murs blancs soignés de ce territoire d’abris fiscaux présente une opportunité de développement fort désirable. Dans cet arrondissement beige, vous ne vous trouverez jamais confronté au problème de vous être préparé à “tagger” un “ACAB” mais de réaliser qu’un autre “taggeur” a déjà foutu un “1312” sur votre “spot” de choix. Les murs n’attendent qu’à se faire “Banksy-er” par vous!

5) Le dernier mais non le moindre : les banques, et beaucoup de banques!

Assez dit. (On a déjà fait une bonne blague de banque en #4.)

Blague à part, par une belle soirée d’automne, on a lacéré les pneus de deux voitures stationnées au 3140 rue Jean-Girard à Westmount. C’est l’adresse de Brandon Shiller. Brandon Shiller est un grand propriétaire d’appartements délabrés qui achète des propriétés dans des quartiers pauvre pour expulser les locataires et augmenter les loyers. La société immobilière de son père, Shiller Lavy, est aussi lourdement impliquée dans la gentrification de plusieurs quartiers à Montréal.

Nous encourageons tous.tes ceux.elles qui éprouvent de l’inquiétude face à l’augmentation du prix des loyers et des attaques contre les pauvres à faire savoir ce qu’ils.elles pensent à ces ordures qui se cachent dans un des quartiers les plus riches de Montréal.

Flics homophobes du Québec

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Oct 262018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

La suivante est une liste de flics qui ont, de près ou de loin, participé à l’élaboration d’opérations policières ayant le but d’harceler des hommes queers draguant dans certains lieux publics de la soi-disante province du Québec. Cette liste n’est pas exhaustive.

Sébastien CHARRON agent │PDQ 15 │SPVM │ Opération Sentier

Geneviève PÉPIN agente │PDQ 15 │SPVM │ Opération Sentier

Jean-Ernest CÉLESTIN chef │PDQ 15 │SPVM │ Opération Sentier

Stéphane BROSSEAU agent│SPVM │ Opération Sentier

Stéphane BÉLANGER commandant │PDQ 38 │SPVM│ Opération Nirvana

Suzie PAQUETTE agente sociocommunautaire│ PDQ 38│ SPVM │ Opération Nirvana

Christine DOUCET agente sociocommunautaire │SPVM │ Opération Nirvana

Josée BELLEMARE agente sociocommunautaire │SPVM │ Opération Nirvana

Nathalie LEGROS agente sociocommunautaire │SPVM │ Opération Nirvana

Caroline BERNIER agente sociocommunautaire │SPVM │ Opération Nirvana

Jean-Guy TRUDEL sergent │PDQ 38 │SPVM │ Opération Nirvana

Mélanie POTVIN agente │PDQ 38 │ SPVM │ Opération Nirvana

Giovanni CIARLO agent provocateur/agent double│ SPVM │ Opération Nirvana

Sylvain JOYAL agent provocateur/agent double│SPVM │ Opération Nirvana

Martin BRIÈRE agent provocateur/agent double│SPVM │ Opération Nirvana

Josée MIREAULT agente sociocommunautaire │ PDQ 44 │SPVM │ Opération Narcisse

Alexandre CLÉMENT mat. 11721 │agent provocateur/agent double│SPAL

Pierre QUINTAL porte-parole │SPAL

Gaétan DUROCHER porte-parole │SPAL

Jacques CÔTÉ ancien capitaine│SPAL

Réjan PLEAU responsable des programmes de prévention │ SPVQ

François BOUCHARD agent/relationniste │SPVQ

Sandra DION agente│SPVQ │ Opération Rendez-Vous

Catherine VIEL agente aux communications│SPVQ │ Opération Buisson

Marie-Ève PAINCHAUD agente │SPVQ

Nancy ROUSSEL agente │SPVQ

Christine LEBRASSEUR porte-parole │SPVQ

André MAGNY directeur de poste │ Shawinigan │ SQ

La suivante est une liste de politicien.ne.s et d’acteur.e.s communautaires qui ont, de près ou de loin, participé à l’élaboration d’opérations policières ayant le but d’harceler des hommes queers draguant dans certains lieux publics de la soi-disant province du Québec. Cette liste n’est pas exhaustive.

Isabelle BOISVERT coordonatrice│ table en sécurité urbaine du Plateau-Mont-Royal │Centre des Femmes │ Opération Nirvana

Vivianne LAVOIE directrice générale │ table en sécurité urbaine du Plateau-Mont-Royal │Centre des Femmes │ Opération Nirvana

Marc PETTERSEN conseiller municipal │Ville de Sauguenay

Robert MILOT maire │Ville de Sainte-Adèle

Huguette ROY conseillère municipal │Saint-Paul-Émard │membre de la table de sécurité urbaine du Sud-Ouest │ Opération Sentier

Michel ANGERS maire │Ville de Shawinigan

Action Anti-homophobe au Parc Maisonneuve

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Oct 242018
 

Soumission Anonyme à MTL Contre-info

Le soir du 15, nous avons redécorer quelques installations situées au Parc Maisonneuve. En 2013, ce parc avait été le site de l’Opération Narcisse, une opération policière durant laquelle des flics en civil ont porté des accusations criminelles d’«indécence» contre des hommes, et ce, après les avoir séduits. Des pancartes contre l’«indécence»—qui ont, pour la plupart, été volées ou vandalisées—ont été installées dans le contexte de cette opération dans le but de nous intimider. Par l’entremise de nos gestes, nous tenons à dénoncer le role que jouent les agents provocateurs dans la production absurde et inutile de «crimes» impliquant des personnes queer. Nous tenons également à dénoncer l’installation récente d’une caméra à l’entrée des toilettes situées dans le sous-sol du chalet du Parc Maisonneuve. Tôt ou tard, elle subira un triste sort.

Dormir aux gazs : Retour et notes sur le Grand Banquet contre les élections

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Oct 192018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

À la fin de la soirée électorale, des douzaines de drapeaux noirs ont défilé dans les rues au sud du parc Lafontaine. Ils sont restés là, éparpillés sur la chaussée, après notre court passage, après que l’anti-émeute nous ait dispersé.es, brisant notre unité à coups de gazs lacrymogènes. Un peu partout, ils témoignaient d’une promenade qui nous a laissé avec un sentiment d’amertume.

La manif a commencé vers 22h. La lumière rose d’un fumigène a marqué le début de ce qui allait être une démonstration de force brève, mais furieuse. Des feux d’artifice se sont mis à exploser, s’éteignant parmis les arbres du parc. Les flics nous surveillaient déjà depuis des heures, se cachant parfois derrière leurs voitures banalisées, mais surtout en nous observant de loin, comme s’ils essayaient de détecter la transgression, l’infraction ou le crime qui servirait de prétexte à l’utilisation des armes chimiques qu’ils étaient déjà entrain de préparer.

Alors que nous descendions vers le sud, une femme qui quittait l’Hôpital Notre-Dame a trébuché et est tombée. Presque immédiatement, une douzaine de camarades se sont arrêté.es pour lui offrir un coup de main. Illes ne savaient pas comment l’aider, sachant très bien qu’une ligne de flics était en train de les charger de derrière. Une fraction de seconde de présence malaisante, puis rien. Les capsules de lacrymo brûlantes remplissaient la rue Plessis et le stationnement de l’hôpital. Certain.es d’entre nous ont couru direction sud-est, coupant à travers ce stationnement, comme pour éviter la colère de Dieu. C’était trop tard. Nos roches avaient déjà atteint leur cible. Leurs précieuses voiture de patrouille étaient cabossées et leur virilisme agressif irrémédiablement déclenché. D’autres ont continué sur Plessis, ont fracassé la vitrine d’une caisse Desjadins, et une poignée de camarades se sont retrouvé.es devant la soirée électorale du PQ à l’Usine C, où illes ont livré quelques doigts d’honneur aux bourgeois assemblés, avant de devoir filer à travers les ruelles, les parcs et les allées, suivi.es par des charges policières de plus en plus affirmées.

Les marques de destruction et les drapeaux que nous avons dû laisser derrière nous après seulement quelques minutes font office de signature : votre monde sera détruit. Nos cabossures, nos tissus noirs déployés dans votre ville calme comme la mort portent un monde diamètralement opposé au vôtre– un monde qui attend impatiamment le moment de son déclenchement révolutionnaire, un monde qu’aucun flic d’anti-émeute, qu’aucune arme chimique ne pourra contenir. Un monde qui sera insulté par l’idée même d’avoir à élire des dirigeants.

Un monde dans lequel les élu.es seront remplacé.es par des tâches temporaires, révocables et ouvertes à tou.te.s. Un monde dans lequel nous répugnerons à abandonner notre pouvoir décisionnel aux mains de riches ‘socialistes’, de bourgeois-vedettes des classes dominantes qui adorent voir leurs visages sur des affiches à chaque coin de rue. Un monde dans lequel nous voudrons plutôt préserver notre puissance d’agir collectivement contre ceux et celles qui, sous le couvert du progrès et du développement — toujours le progrès et le développement — sont ô-combien prêt.es à agir «au nom du peuple» pour nous priver de ce qui est nôtre. Ces riches élites, ceux qui se retrouvent sur toutes les affiches, passeront les quatre prochaines années à s’abreuver à même le sein du Capital assoifé de sang, alors que nous nous ferons tranquillement gazer par les flics.

Dès maintenant et pour les 4 prochaines annnées, le gouvernement caquiste va continuer à accentuer les tensions raciales, à travers des politiques s’attaquant aux migrant.e.s et aux personnes racisées. En l’absence de mécanismes de redevabilité pour les élu.es, nous allons devoir mettre en application des tactiques qui ont d’ores et déjà fait leurs preuves dans nos communautés et en inventer des nouvelles — en prenant acte de la surveillance de plus en plus présente, mais pas toute puissante. Les violents mécanismes bureaucratiques par lesquels l’État renforce son caractère et ses politiques supprématistes devront être bloqués, contrecarrés, ou tout simplement détruits.

Un appel aux actions autonomes contre la Conférence de l’Association internationale des établissements correctionnels et pénitentiaires à Montréal

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Oct 092018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Du 21 au 26 Octobre, Montréal accueillera la conférence de l’Association ICPA et c’est le Service correctionnel du Canada (SCC) qui sera l’organisation hôte. Le thème de cette année s’intitule “Au delà des prisons: les voies à suivre”. Parmi les sujets abordés figurent les conversations suivantes: faire en sorte que l’emprisonnement et la surveillance dans la communauté soient à la fois plus humains et plus efficaces, l’utilisation de la technologie pour humaniser les services correctionnels et améliorer l’engagement de la communauté.

La conférence s’adresse aux membres du personnel pénitencier et correctionnel en leur proposant une programmation décousue comprenant des recherches académiques, des présentations et des visites guidées dans les prisons, afin de renforcer l’idée selon laquelle les prisons peuvent être humaines et leurs professions autre chose que déplorables. Aussi, parmi les invités figurent des entreprises qui font affaire avec des prisons que ce soit en fabriquant des menottes électroniques ou en préparant la nourriture malsaine qui est servie en prison. La conférence va aussi inclure des “visites aux institutions” à une maison de transition à Saint-Henri, deux prisons fédérales à Laval et la prison provinciale à Rivières des Prairies. (Pour plus de renseignements sur la conférence: icpa.ca/montreal2018/)

De nombreuses raisons existent pour s’opposer à cette conférence, mais nous avons choisi de souligner les points suivants:

Sous prétexte de créer des conditions de détention plus “humaines” pour les migrant.e.s, le gouvernement à alloué d’énormes budgets à l’AFSC (Agence des services frontaliers du Canada) afin de développer de nouvelles mesures de contrôle créatives spécifiques aux migrant.e.s. Les travaux ont été entrepris dans l’objectif de construire une nouvelle prison soi-disant “plus humaine” pour migrant.e.s à Laval. Cette prison “à la pointe de la technologie” qui s’installerait sur un terrain appartenant au Service correctionnel du Canada, est destinée à remplacer la prison pour migrant.e.s actuelle située à proximité et à “ressembler moins à une prison”. Cependant, dans le contexte actuel de la montée du fascisme et du sentiment anti-migrant au Québec, et au Canada plus généralement, il semble très plausible que le nombre de places disponibles dans les centres de détentions soit doublé dans les années à venir, si par exemple, la prison actuelle restait ouverte et que la nouvelle était construite avec succès. Quoi qu’il en soit, une nouvelle prison pour migrant.e.s “plus humaine”, ou des “alternatives à la détention” telles que les bracelets de surveillance ou l’équivalent d’agents de libération conditionnelle pour migrant.e.s que le gouvernement propose, ne doivent pas être célébrées sous prétexte qu’elles ressemblent moins à des prisons traditionnelles. Toutes ces mesures ont le même objectif: accroître les capacités de l’ASFC de renforcer les politiques d’immigration en vue d’emprisonner et de déporter des migrant.e.s et d’arracher des personnes à leurs familles et à leurs communautés.
Pour plus d’information: stopponslaprison.info

Alors que les responsables des services correctionnels se réunissent pour discuter de la manière dont la technologie peut rendre les prisons “plus humaines”, nous pensons aux nouveaux protocoles en vigueur dans les prisons de Pennsylvanie, qui utilisent la technologie pour stériliser les communications et empêcher les personnes d’envoyer des livres et du courrier postal à des personnes se trouvant à l’intérieur.
Pour plus d’informations: booksthroughbars.org/takeaction/

Alors que le Service Correctionnel du Canada est l’organisation hôte de cette conférence, nous pensons aux critiques récentes contre l’isolement cellulaire et aux évaluations des risques psychologiques des prisonnières et prisonniers autochtones. Nous pensons au rôle des pénitenciers canadiens depuis des siècles dans l’emprisonnement des peuples autochtones qui résistent à la colonisation. Nous pensons aux premières prisons qui enfermaient des Noir.e.s résistant à l’esclavage, et qui continuent de les emprisonner à des taux surélevés aujourd’hui. Nous pensons à tou.t.es ceux et celles qui sont mort.e.s en prison et qui continuent de mourir et à ceux et celles qui résistent dans les prisons du monde entier.

Nous sommes inspiré.e.s par la récente grève des prisonnier.e.s dans de nombreux pénitenciers aux États-Unis et au Canada, qui a attiré l’attention sur leurs conditions de vie terribles, mais a aussi mis en lumière les fondements du système carcéral dans l’esclavage et le colonialisme. La mort d’un homme incarcéré en détention provisoire à la prison de Burnside à Halifax, juste après la grève, nous rappelle les ravages de l’emprisonnement sous quelque forme que ce soit. La force de la résistance à la fois à l’intérieur et à l’extérieur des murs des prisons pendant la grêve, nous incite à nous opposer à ce que l’ICPA présente l’emprisonnement comme normal et acceptable. Nous dénonçons la tentative de blanchiment de la réalité de l’emprisonnement et appelons à l’opposition à cette conférence.

Dimanche le 21 octobre à 15h00—exactement deux mois après le début de la grève des prisonnier.e.s de 2018—il y aura un rassemblement contre toutes les prisons devant la conférence d’ICPA à l’hôtel Marriott Château Champlain de Montréal, 1050 rue de la Gauchetière Ouest (métro Bonaventure). Amenez des bannières, des pancartes et des objets pour faire du bruit!

Contre toutes les prisons, même les “moins pires”.
La seule voie à suivre est d’en finir avec la prison!

pour plus de renseignements: https://montrealcontrelesprisons.wordpress.com/

Monument raciste et colonial à John A. Macdonald défiguré encore une fois à Montréal

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Oct 072018
 

De No Borders Media (page Facebook)

MONTRÉAL, 7 octobre 2018 — À la veille d’une manifestation contre le racisme à Montréal, un groupe local et anonyme de militant.e.s anticoloniaux, antiracistes, et anticapitalistes ont réussi à vandaliser le monument historique au premier des premiers ministres du Canada, John A. Macdonald, situé au centre ville sur la Place du Canada.

Selon Art Public Montréal: « Parmi les monuments érigés à la mémoire de Macdonald, celui de Montréal est le plus imposant et le plus élaboré. » Le monument, construit en 1895, est encore une fois recouvert de peinture rouge.

– Une vidéo du vandalisme sur la statue est disponible ici:
www.facebook.com/NoBordersMediaNetwork/videos/400435100491036
https://twitter.com/NoBordersMedia/status/1048916233163354113
(posté par No Borders Media à titre informatif seulement)

Les individus responsables de cette action ne sont pas affiliés avec la manifestation antiraciste d’aujourd’hui (www.manifcontreleracisme.org) mais ont décidé de cibler la statue de John A. Macdonald comme clair symbole du colonialisme, du racisme, et de la suprématie blanche.

L’action d’aujourd’hui est inspirée en partie des mouvements aux États-Unis qui visent à faire enlever les symboles publics de la suprématie blanche, tels que les statues de la confédération. Elle est aussi motivée par les revendications décoloniales, telles que le mouvement « Rhodes doit tomber » en Afrique du Sud. De plus, nous sommes directement inspiré.e.s par les revendications de militant.e.s anticolonialistes — à la fois autochtones et non-autochtones — contre John. A. Macdonald, en particulier à Kingston en Ontario, la ville natale de Macdonald. Nous notons également les efforts ailleurs dans l’état Canadien pour changer le nom des écoles nommées d’après Macdonald, incluant une résolution de la Fédération des enseignants d’école primaire d’Ontario qui dénoncent Macdonald comme « Architecte du génocide des peuples autochtones ».

John A. Macdonald était un suprémaciste blanc. Il a contribué directement au génocide des peuples autochtones par la création du système brutal des écoles résidentielles, ainsi que par d’autres mesures visant à détruire les cultures et traditions indigènes. Il était raciste et hostile envers les groupes minoritaires non-blancs au Canada, appuyant ouvertement la préservation d’un Canada soit-disant « Aryen ». Il a passé des lois dans le but d’exclure les personnes d’origine chinoise. Il a été responsable de la pendaison du martyr Métis Louis Riel. La statue de Macdonald a sa place dans un musée, et non pas comme monument occupant l’espace public à Montréal.

Le vidéos et le communiqué de cette action ont été partagés anonymement avec des médias autonomes de la région de Montréal. Nous exprimons également notre support et notre solidarité la plus sincère envers les manifestants qui prennent les rues aujourd’hui en opposition au racisme.

Ni patrie, ni état, ni Québec, ni Canada!
— Une poignée d’antiracistes anticoloniaux.

Action anti-homophobe au Parc Lafontaine

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Sep 282018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le 25 septembre 2018, nous avons détruit trois caméras dans les toilettes pour hommes du sous-sol du bâtiment Calixa Lavallée, au parc Lafontaine. Nous y avons aussi pété un oeil-de-boeuf. Ces caméras ont été installées dans le cadre de l’opération Nirvana. Cette opération a pour but de criminaliser et d’arrêter les hommes qui se rencontrent dans ces toilettes. Des policiers en civil s’y rendent pour séduire les hommes et les pousser à la soi-disant «indécence». Là où les flics se tiennent pour séduire les hommes, nous avons taggé «Rip Nirvana». Ces provocations s’inscrivent dans une longue histoire de morale policière visant à purger les espaces publics de toute visibilité des désirs queer. Nous affirmons donc que la libération de nos désirs est incompatible avec l’existence de la police.

Les urnes, la rue, la grève

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Sep 252018
 

De Dissident.es

[Éditorial du CUTE magazine, Automne 2018]

La période électorale amène son lot de complications pour quiconque désire prendre directement part à une campagne comme celle pour la rémunération des stages et la reconnaissance des études en tant que travail. Depuis plusieurs mois déjà, des interventions fusent de toutes parts pour, volontairement ou non, récupérer, détourner ou neutraliser à des fins partisanes ou corporatistes les capacités d’organisations des stagiaires en lutte. Ces initiatives, qui s’ajoutent aux manœuvres du gouvernement, proviennent autant des comités partisans que d’associations étudiantes nationales.

Premier exemple. Fin mars, le ministre des Finances dépose le budget provincial, dans lequel est annoncé l’octroi de 15 millions de dollars par année, destinés à la mise en place d’une compensation financière durant le stage final en enseignement. Après des années de compression dans les services publics[1], personne n’est dupe : il s’agit bien d’un budget électoral dans lequel sont distribués les cadeaux. La compensation financière pour les stages finaux en enseignement était revendiquée depuis plus d’une dizaine d’années par des associations nationales et locales, dont l’implication avait été en dents de scie et ne semblait mener à aucun gain concret. Pourquoi le gouvernement décide-t-il de bouger maintenant? La grève! Un peu plus d’une année de lutte soutenue pour la rémunération de l’ensemble des stages et la menace sérieuse d’un débrayage des cours et des stages dans plusieurs programmes et plusieurs régions ont suffi pour que le pouvoir croie bon de réagir. En s’appuyant sur la revendication de la CRAIES[2], et en toute conscience que les éléments les plus combatifs de la lutte se trouvent en grande partie dans les programmes d’éducation, les mesures annoncées servent ni plus ni moins à diviser le mouvement et à l’amputer de ses capacités d’organisation. Il faut dire que les jours de grève commencent à s’accumuler et que des administrations comme celle de l’UQAM et du Cégep de Sherbrooke affichent une certaine ouverture à la rémunération des stages dans tous les programmes. La ministre de l’Enseignement supérieur elle-même a annoncé publiquement, suite à une action de visibilité du CUTE UQAM dans le cadre des États généraux sur l’enseignement supérieur, qu’un grand chantier pour explorer la possibilité de rémunérer les stages de plusieurs programmes serait mis en place. Bref, si l’affaiblissement du mouvement peut sembler réel à la suite du budget, c’est cependant un couteau à double tranchant : cette concession indique aussi que la tenue de quelques jours de débrayage donne des résultats concrets et il est envisageable qu’une grève générale illimitée puisse mener à l’obtention d’un salaire pour l’ensemble des stagiaires. Il faut toutefois éviter de diviser le mouvement et d’offrir d’autres portes de sortie du même acabit au gouvernement.

C’est ce qui nous mène au second exemple. À la suite de cette «victoire» revendiquée tièdement par la CRAIES et l’UEQ[3], il a été tentant de vouloir reproduire la recette. C’est l’idée qu’a eue l’Association des étudiantes sages-femmes du Québec (AESFQ), qui a entrepris d’imiter en accéléré la campagne de la CRAIES dans un contexte électoral, pensant pouvoir ainsi obtenir la rémunération de leur internat. Commence donc les discours et photos avec des politiciens, comme Gabriel Nadeau-Dubois et Jean-François Lisée, les conférences de presse à l’Assemblée nationale, les memes sur les réseaux sociaux, le tout pour ne revendiquer que la rémunération du stage final en pratique sage-femme. Même son de cloche du côté de la FAÉCUM, qui encourage l’exécutif de l’Association étudiante de service social de l’Université de Montréal (AESSUM), programme où la lutte pour la rémunération de tous les stages est bien ancrée, à organiser une campagne pour leur discipline seulement, tout en lui faisant part de ses inquiétudes à voir participer cette association étudiante au mouvement de grève. Or, de tels replis corporatistes auraient pour conséquence d’affaiblir bien davantage le mouvement d’ensemble et de faire stagner toutes les campagnes organisées par programme ou domaine d’études. Le mouvement pour la rémunération de tous les stages a contribué à redynamiser la campagne pour la rémunération du stage final en enseignement et celle pour la rémunération des stages en pratique sage-femme, en les inscrivant dans un mouvement général et ancré dans la reconnaissance du travail des stagiaires et, encore plus largement, du travail des femmes, tant au niveau local qu’à l’échelle mondiale. La dernière chose à faire à l’heure actuelle est de segmenter le mouvement en luttes particulières.

Troisième et dernier exemple. À l’hiver et au printemps dernier, des militant.e.s de Québec solidaire (QS) d’un peu partout entreprennent de faire circuler sur les campus une pétition en faveur de la rémunération des stages obligatoires à l’obtention d’un diplôme. C’est notamment le cas de l’Association de campus de QS à l’Université de Montréal et du Regroupement des sympathisants de QS de l’Université de Sherbrooke. Plutôt que d’être destinée à être déposée à l’Assemblée nationale, cette pétition s’inscrit dans la nouvelle stratégie de QS permettant au parti de collecter les données des électeur.trices en vue de les impliquer dans la campagne électorale[4]. Au lieu de profiter de la période (pré)électorale pour inviter les étudiant.es à se mobiliser pour la rémunération des stages sur leur campus, on profite de cette lutte pour les recruter et les inciter à voter pour un parti. Or, l’équation “un vote pour QS = un vote pour la rémunération des stages” est trompeuse. D’abord parce que les comités campus de QS ne sont pas impliqués dans la lutte pour des stages payés et ne participent pas aux activités et rencontres dans les établissements d’enseignement ni au sein des coalitions régionales pour la rémunération des stages, alors qu’ils y sont tout à fait les bienvenus. Mais c’est surtout parce que, même si la position de QS indique que le parti est en faveur de la rémunération de l’ensemble des stages, son programme électoral, lui, n’a de concret sur ce thème que la compensation du stage final en éducation[5]. Il serait donc bien mieux avisé pour les militant.es de QS dans les campus de se rallier au mouvement et d’organiser la grève plutôt que de détourner le mouvement de la rue vers les urnes; une stratégie qui ne s’est jamais avérée efficace.

La ministre David a mis en place une table de discussion avec les associations étudiantes nationales pour éteindre les feux que nous avons allumés. Il importe maintenant de répondre de manière avisée. Peu importe le parti qui prendra le pouvoir, nous organiserons la grève et la mènerons jusqu’au bout. C’est le mot d’ordre que se sont donné les groupes et associations étudiantes réunies au sein des coalitions montréalaise et outaouaise pour la rémunération des stages, qui entendent bien ne pas se laisser distraire par les élections.

C’est seulement de cette façon que le gouvernement flanchera.


  1. Selon IRIS, il y aurait eu plus de 4 milliards $ de coupures dans les services publics entre 2014 et 2016. Observatoire des conséquences des mesures d’austérité au Québec : https://austerite.iris-recherche.qc.ca/.
  2. Campagne de revendications et d’actions interuniversitaires pour les étudiants et étudiantes d’éducation en stage
  3. Union étudiante du Québec
  4. Cette stratégie avouée de Québec solidaire est également utilisée par la Coalition avenir Québec : http://www.journaldequebec.com/2018/02/15/quebec-solidaire-lance-une-petition-pour-demettre-barrette.
  5. Tract de QS à ce sujet : https://quebecsolidaire.net/nouvelle/tract-remunerer-les-stages-ca-presse.

Avis public à Saint-Henri : risque d’incendie de voiture de luxe

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Sep 182018
 

De Journal corporatiste, détournement non requis

Des dépliants anti-embourgeoisement suggèrent aux propriétaires de voitures de luxe du quartier Saint-Henri, à Montréal, de déménager dans des lieux plus «accueillants envers les gens aisés» afin d’éviter que leur véhicule ne soit abimé.

Les pamphlets frauduleux ont été déposés sur des pare-brise dans les derniers jours. Ils prennent la forme d’un avis public intitulé «Risque d’incendie de voiture de luxe dans ce secteur» qui aurait été émis par l’arrondissement du Sud-Ouest.

«Ceci a pour objectif de vous aviser d’un phénomène inquiétant dans notre quartier, peut-on lire en première page du dépliant bilingue. Dans les derniers mois, les militants “anti-gentrification” prennent pour cible les voitures de nouveaux résidents plus fortunés de Saint-Henri. Plusieurs actes de vandalisme ont été recensés, allant jusqu’à l’incendie de deux voitures de luxe l’été dernier.»

Le texte se poursuit en précisant que le Service de police de Montréal (SPVM) n’a toujours pas mis la main sur les coupables et qu’il y a donc risque de récidive. Les autorités policières n’ont pas été en mesure de nous confirmer ces informations au moment de publier cet article.

Les dépliants ont été retrouvés près du Square Sir-George-Étienne-Cartier, à quelques pas de l’endroit où quatre voitures avaient été incendiées le 14 juillet 2017, à l’angle des rues Léa-Roback et Beaudoin.

«La triste réalité est que les autorités publiques ne peuvent plus assurer votre sécurité», prévient le document, avant d’encourager les personnes qui se sentiraient concernées à «déménager dans un quartier qui est plus accueillant envers les gens plus aisés». Une carte indiquant les villes de Beaconsfield et de Westmount suit cette recommandation.

Citoyens inquiets

L’arrondissement du Sud-Ouest s’est dissocié du document dans une publication parue mardi sur sa page Facebook et a annoncé avoir remis le «message menaçant» au SPVM, qui fera enquête.

«Ce genre de fausse communication sème le doute et l’incompréhension, en plus de stigmatiser un groupe de citoyens en particulier».

Chantale Laforest, qui travaille dans le quartier et qui était présente sur la rue du Square Sir George Étienne Cartier lors du passage du «24 Heures», s’est dite inquiète en voyant les pamphlets.

«Je trouve ça étrange que des gens fassent ça ici. Des voitures de luxe brulées, on en a vues en 2017 et on ne souhaite pas que ça revienne. On voit que les gens pourraient facilement penser que ça vient vraiment de la ville et que c’est sérieux comme pamphlet parce que c’est bien fait», a-t-elle confié.

Même son de cloche du côté d’Annie Guay qui vient tout juste d’emménager dans le coin avec sa famille.

«Je comprends qu’il y a un problème d’embourgeoisement dans Saint-Henri et que les dépliants partent de là. Mais mettre le feu aux voitures, c’est dangereux pour tout le monde. C’est risqué, il y a plein de jeunes et beaucoup de passants dans le coin», a affirmé la jeune maman de jumeaux.

 

Source: « De faux dépliants menaçants distribués dans Saint-Henri », Journal de Montréal, 11 septembre 2018

Se faire pogner: Appel à textes sur les moments où on n’a pas pu s’échapper

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Sep 172018
 

Soumission anonyme à North Shore Counter-Info

Ça se passe. Quand tu pousses les limites, à la recherche de nouvelles façons de se battre, tôt ou tard tu risques de te faire pogner. Et ce n’est pas la fin du monde.

La première fois qu’il y a eu une perquisition chez moi, il était 3h du matin. J’étais vétue de noir avec un sac marin sur mon épaule remplis de pieds de biche, de coupe-boulons et des gants. J’étais au point de sortir. Mais par la fenêtre j’ai vu les gyrophares et puis les silhouettes de flics qui promenaient des chiens sur la pelouse. Ils avaient bouclé la rue.

Certes, se faire pincer, c’est de la merde, alors continuons à trouver les moyens de l’éviter. Mais il y a de valeur à rester avec ces moments où on se rend compte qu’on ne va pas pouvoir s’échapper cette fois-ci. Y réfléchir peut nous donner le courage et la détermination de continuer, d’essayer encore pour mieux se planter la prochaine fois.

J’avais 19 ans. J’ai cherché mes collocs encore éveillés-es et, pendant que commencaient les coups sur la porte, on essayait de décider quoi faire. Ils envoyaient la lumière de leurs torches par la fenêtre. On s’est mis-es d’accord que j’allais sortir pour leur parler et que ma colloc allait fermer la porte à clé derrière moi.

“Se faire pogner” se veut un espace où raconter ces histoires. Envoyez-nous vos histoires très courtes (300 mots en anglais maxi, un peu plus long en français) sur ces moments où vous n’avez pas pu vous en sortir. On les recueillera et les publiera en brochure sur risograph, en pdf et peut-être sur un site web. Vous pourriez envoyer vos textes par mail à nothing-stops@riseup.net Clé PGP ici ou bien vous pourriez les laisser en commentaire sur cette page de North Shore Counter-Info. Si c’est clairement marqué comme une soumission, les modos ont accepté de nous le transmettre. Les textes seront anonymisés même si vous indiquez qui vous êtes. La date limite des soumissions est le 31 octobre, 2018, et la brochure sera prête par le jour de l’an.

Les flics m’ont dit qu’ils cherchaient les types qui venaient de braquer la station-service d’en face. Si on les laissait entrer, ils ne remarqueraient rien apart ces types. Ils me l’ont promis. “Mais si tu nous fais chercher un mandat…” J’ai tappé pour rentrer discuter avec mes amis-es. La maison était entourée. Les coups sur la porte ont repris immédiatement une fois que je l’ai fermée derrière moi.

Dans l’attente de vous lire. Prenez soin. N’arrêtez jamais.

(Pour le moment, nous projetons de ne sortir le recueil qu’en anglais, mais il nous est possible de traduire vos textes, alors allez-y et écrivez-le!)

Les bureaux de l’ASFC fermés par des militant-es pour la justice migratoire en hommage à M. Bolante Idowu Alo, et à nos ami-es et voisin-es déporté-es

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Sep 022018
 

De Solidarité sans frontières

Les bureaux de l’ASFC à Montréal ont été fermés le 30 août en hommage à M. Bolante Idowu Alo, ainsi qu’à nos ami-es, membres de la famille et voisin-es expulsé-es. Les militant-es ont bloqué et enchaîné toutes les portes du bâtiment et les employé-es n’ont pas pu entrer dans le bâtiment pour continuer leur travail pendant deux heures.

Nous voulons nous assurer que les affaires ne puissent pas continuer comme d’habitude. M. Bolante Idowu Alo est mort violemment entre les mains de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) : nous ne pouvons pas les laisser continuer comme si de rien n’était. Nous voulons que nos communautés non seulement condamnent cette violence scandaleuse, mais qu’elles agissent pour l’empêcher de se reproduire.

M. Alo a vécu au Canada pendant 13 ans. Il a répété à plusieurs reprises aux responsables canadiens que sa vie était en danger au Nigeria. L’ASFC a néanmoins procédé à son expulsion le 7 août; M. Alo est décédé peu de temps après qu’il ait été retiré de l’avion qui était censé le déporter.

Nous avons mené cette action parce que nous voulons protester contre la normalisation de la violence de l’ASFC, contre les déportations et les détentions de migrant-es et de réfugié-es. Nous voulons que l’ASFC soit tenue responsable. M. Alo n’est pas la première personne à mourir alors qu’il était détenu par l’ASFC. Et il n’aurait jamais dû être menacé d’expulsion en premier lieu.

Nous nous rappelons également d’autres ami-es, membres de nos familles et nos voisin-es qui ont été détenu-es et déporté-es du Canada par l’ASFC dans le passé, comme Lucy Francineth Granados, qui a été expulsée le 13 avril 2018, laissant un grand vide dans nos vies et nos communautés.

En 2016, le Canada a émis 11 733 mesures de renvoi : certain-es sont parti-es «volontairement», d’autres ont été expulsé-es, d’autres sont resté-es et sont devenu-es des migrant-es sans papiers. Parmi les migrant-es qui ont traversé la frontière de façon irrégulière au Canada pour fuir le régime de Trump, et dont les cas ont été entendus, moins de 50% ont été acceptés comme réfugiés. Ce chiffre tombe à 10% dans le cas des Haïtien-nes. Les personnes dont la demande de statut de réfugié est refusée sont condamnées à retourner dans leur pays de citoyenneté, y compris en Haïti, bien que le Canada ait émis un avertissement concernant les voyages en Haïti.

En appui à cette fermeture, des personnes se sont rassemblées devant les bureaux de l’ASFC pour un deuil public de M. Alo et de nos ami-es et voisin-es déporté-es. Un cercueil a été placé devant le bâtiment. Des personnes avaient aussi des silhouettes noires avec les noms d’ami-es déporté-es. Le rassemblement demande l’abolition du nouveau Ministère de la sécurité frontalière, un moratoire sur les déportations vers Haïti et la fin des expulsions de réfugié-es et migrant-es.

#StopDeportations
#shutdownCBSA
#PortesClosesASFC

Résister à l’esclavage : De Marie-Joseph Angélique (1734) à la Grève des prisonniers (2018)

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Août 292018
 

De It’s Going Down

Le 23 août, des anarchistes se sont réuni.es afin de placarder, partout dans le Vieux-Port de Montréal, des affiches sur lesquelles on pouvait lire en français et en anglais :

Résistance à l’esclavage : de Marie-Joseph Angélique-1734 à la grève des prisons de 2018.

Du 21 août au 9 septembre.

Plus d’info : twitter.com/JailLawSpeak

Nous avons affiché sur le chemin où Angélique a été transportée, quelques moments avant d’être pendue et brûlée. Angélique, nous nous souvenons. L’esclavage, le vol des terres et les génoocides dessinent les contours des projets coloniaux inachevés de l’Île de la Tortue (Amérique du Nord). En solidarité avec les prisonniers et les prisonnières qui se battent contre l’esclavage dans toutes les prisons des États-Unis, nous tenions à (re)raconter l’histoire de Marie-Joseph Angélique. Angélique était une femme noire mise en esclavage à Montréal au 18e siècle et qui a été condamnée à la torture et à mort pour avoir supposément mis le feu à la maison de ses maîtres, causant ainsi un incendie qui a ravagé la majorité de la ville de Montréal. Nous proposons l’histoire d’Angélique comme exemple pour rappeler que le Québec et le Canada on pratiqué l’esclavage pendant plus de 200 ans. Nous avons choisi son histoire car elle permet de lier notre ville à la lutte en cours pour abolir l’esclavage sur le continent.

Les prisonniers étatsuniens et les prisonnières étatsuniennes ont organisé cette grève en l’inscrivant dans la longue histoire de résistance à l’esclavage. Le 21 août 1831 a marqué le début de la rébellion de Nat Turner, un moment significatif de la résistance des personnes mises en esclavage. Le 21 août 1971 marque aussi le jour où l’État a tué George Jackson, un révolutionnaire Noir emprisonné très impliqué dans les luttes de libération des peuples Noirs. La mort de Jackson a déclenché une période d’organisation dans les prisons. Le 9 septembre 1971 marque le début de la mutinerie de la prison d’Attica, une des moments les plus significatifs de la résistance dans les prisons aux États-Unis. Les prisonniers d’Attica ont fait paraître une liste de demandes raisonnables pour améliorer leurs conditions de vie. Ces demandes n’ont jamais été acceptées, mais elles ont une influence claire sur les grèves des prisonniers et prisonnières aujourd’hui. La résistance à l’esclavage est une lutte ininterrompue pour ceux et celles qui font face à l’incarceration aux États-Unis. Le 13e amendement de la constitution des États-Unis cite :

« Ni esclavage ni servitude involontaire, si ce n’est en punition d’un crime dont le coupable aura été dûment condamné, n’existeront aux États-Unis ni dans aucun des lieux soumis à leur juridiction. »

L’esclavage se poursuit aujourd’hui dans les prisons des États-Unis. Le 13e amendement justifie légalement la violence et les conditions brutales qui définissent le système carcéral. Ces conditions sont la raison de la grève menée par les prisonniers et prisonnières un peu partout à travers le pays et qui s’étendra sur les deux prochaines semaines. Même si le Canada n’a pas d’amendement constitutionnel similaire, nous voyons les prisons comme un symbole de la domination, mais aussi de l’extension du projet colonial canadien. Le but pemier du colonialisme de peuplement consiste dans la spoliation des terres pour l’établissement des colons et pour l’extraction des ressources naturelles. C’est à travers ces relations coloniales aux territoires que le système assure sa reproduction et l’accumulation des richesses. Les Premières Nations et les nations Inuits et Métis sont vues par les élites économiques et politiques comme un obstacle à la futurité coloniale. L’État et la société coloniale ont utilisé des tactiques et des stratégies telles que la surveillance, la disciplinarisation, la répression, et l’incarcération sur la base de la race et de la classe. Le contrôle et le confinement ne sont pas seulement centraux au projet colonial, mais les prisons et l’incarceration sont aussi des éléments stratégiques pour arracher les populations autochtones à leurs territoires, où elles contestent le pouvoir étatique.

L’esclavage, le vol des terres et les génocides continus sont les histoires fondatrices des États coloniaux qui occupent ce continent et elles sont au fondement des systèmes que nous cherchons à abolir. Nous lions les événements historiques mentionnés plus haut pour illustrer qu’ils appartiennent à un contexte global et prolongé d’expension coloniale, d’exploitation pour le profit et d’enrichissement de quelques humains au dépends de multiples formes de vie.

Solidarité avec les prisonniers en grève, en mémoire d’Angélique.

Contre les prisons, contre l’esclavage, contre le colonialisme!

Liens URL aux fichiers pdf des affiches : https://archive.org/details/PrisonStrike2018posters

Bon matin les racistes !

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Août 272018
 

Du Collectif Emma Goldman

Le 25 août dernier, le groupe raciste La Meute organisait dans tous ses clans une « action de visibilité ». Sans doute tanné de manifester enfermé dans des stationnements à étages, le Clan 02 a choisi cette fois de miser sur sa force : les autos, et d’organiser un défilé de chars allégoriques. De Chicoutimi à Saint-Félicien en passant par Jonquière, Saint-Bruno et Roberval, les louveteaux se sont déplacés en convoi dans le confort de leurs bolides peinturés à la canette et décorés avec du tape à peinture.

Elle et ils avaient pour plan de s’arrêter un peu moins d’une trentaine de minutes devant les bureaux des députés afin de scander « fuck Couillard » et distribuer quelques tracts réclamant au nouveau gouvernement d’avantage de mesures discriminatoires. Alex Maltais nous a même montré son petit côté artistique en nous offrant un petit graffiti de patte de loup sur le trottoir.

À Chicoutimi en matinée, ils et elles étaient 10. Il ne s’agit pas d’une mobilisation monstre, mais l’info ayant été coulé, un groupe de militantEs antiracistes étaient présentEs pour leur souhaiter un bon matin. Une action concertée d’un groupe raciste ne doit pas pouvoir se déployer dans nos rues sans une présence antiraciste. La présence affichée d’un groupe qui se rassemble autour de la haine et la peur de l’étranger comme le fait La Meute ne doit pas être toléré, aussi risible puisse être leur action. Que ce serait-il passé si, samedi matin, une personne appartenant aux communautés culturelles qu’ils haïssent avait dû passer par la rue Racine ?

Le groupe de militants antiracistes s’en ai donc donné à cœur joie à enlever plusieurs affiches et drapeaux que les racistes avaient savamment tapés sur leur char. Un militant s’est même risqué à attraper le drapeau installé sur la voiture de Marie-José Dufour (alias Marie Louve), chef du Clan 02, alors qu’elle était à l’intérieur, s’attirant ainsi ses foudres. Fachée, Dufour a contacté les forces de l’ordre afin de se plaindre officiellement de dommage matériel.

Il n’est rien resté du passage de La Meute à Chicoutimi et c’est tant mieux. Il n’y a pas de place pour le racisme dans nos quartiers. Poser des actions concrètes à chaque manifestation de groupes haineux et intolérants est la seule chose à faire.

Le groupe de militants sont revenus après que les louveteaux soient partis afin de nettoyer le logo que Alex Maltais avait laissé sur le trottoir. À leur grande surprise, le graffiti avait déjà disparu laissant derrière lui une flaque d’eau! Que s’est-il passé? Alex, sachant que les policiers arrivaient, a choisi d’effacer son œuvre ? Ou alors les policiers l’ont obligé à le faire? Peut-être qu’entre temps d’autres citoyens ont choisi d’effacer le logo du groupe raciste? Le mystère demeure entier.

Déclaration des prisonniers en lutte à la prison Burnside en Nouvelle-Écosse

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Août 252018
 

Re-publié à partir de IWOC

Nous, les prisonniers de Burnside, avons décidé de lutter pour le changement. Nous nous sommes unis à travers la prison dans une protestation non-violente, pacifique.

Nous en appelons au soutien extérieur en solidarité avec notre lutte. Nous croyons que c’est seulement à travers l’action collective que des changements se produiront.

Nous reconnaissons que les employé.es de la prison sont aussi des travailleurs et travailleuses qui sont face à des injustices. Nous demandons un environnement de réhabilitation efficace, qui supporte le bien-être de tout le monde au sein du système. C’est changements seront aussi positifs pour les conditions des travailleuses et des travailleurs.

Nos voix devraient être entendues dans les décisions concernant les règlements et la planification de la prison. Les changements que nous revendiquons sont raisonnables et sont nécessaire au respect de nos droits humains.

Les organisateurs de cette protestation affirment qu’en tant que prisonniers, nous sommes entreposés ici et non traité comme des êtres humains. Nous avons essayé d’autres moyens officiels et non-officiels pour améliorer nos conditions, tels que la discussion, les plaintes, la négociation et les pétitions. Nous demandons à nos allié.e.s de l’extérieur de ces murs de manifester avec nous contre les traitements qui nous sont infligés.

Nous montrons ainsi notre solidarité avec nos frères emprisonnés aux États-Unis qui appellent à une grève des prisonniers, du 21 août au 9 septembre. Nous supportons les demandes de nos camarades aux États-Unis, et nous nous joignons à leur lutte pour la justice.

En Nouvelle-Écosse, nos demandes sont différentes, et nous remarquons qu’elles sont plus modestes en comparaison. Nous faisons parti d’une mobilisation internationale pour la justice et nous reconnaissons que notre combat prend racine dans une histoire commune de lutte et de libération.

Nous ne sommes pas les premiers et nous ne serons pas les derniers.

Nous reconnaissons que les injustices que nous vivons en prison sont enracinées dans le colonialisme, le racisme et le capitalisme. Le mois d’août est riche de l’histoire des luttes des Noirs dans les Amériques.

En 1619, le premier bateau transportant des Africains mis en esclavage est arrivé à Jamestown, en Virginie. Il y a plus de deux cents ans, la première révolte d’esclaves réussie a donné naissance à Haïti, la première Nation Noire indépendante. Au début du dix-neuvième siècle, Gabriel Prosser et Nat Turner ont lancé leurs rébellions, et en 1850, après l’adoption du Fugitive Slave Act, Hariett Tubman a commencé le réseau Underground Railroad vers le Canada. Un siècle plus tard, la Marche sur Washington, les émeutes de Watts et l’explosion d’une bombe de la police contre MOVE ont marqué août comme un temps de grandes possibilités, mais aussi de grandes souffrances.

Au Canada, nous reconnaissons le 10 août, la Journée de la justice pour les prisonniers, comme un moment privilégié pour se souvenir de tous ceux et toutes celles qui sont mort.es en détention au Canada.

Nous reconnaissons aussi les sacrifices de nos prédecesseur.es, ceux et celles qui se sont battu.es pour en finir avec les traitements racistes et inhumains réservés aux prisonniers et aux prisonnières. Georges Jackson, un des grands militants prisonnier aux États-Unis a été assassiné à San Quentin en août 1971 et son nom a été rejoint par d’autres – Jonathan Jackson, William Christmas, James McClain, WL Nolen…

En août 1978, à San Quentin, l’activiste Khatari Gaulden est décédé par manque de soins appropriés suite à une blessure infligée dans des circonstaces mystérieuses. Pour lui rendre hommage et pour se battre pour plus de justice, une coalition de militant.es, en dehors et à l’intérieur de la prison on formé le Black August Organizing Committee. À partir des «camps de concentration» de la Californie, les grèves du Black August ont déférlé sur tous les États-Unis.

Dans le même esprit et avec ceux et celles emprisonné.es au sud de la frontière, nous, les prisonniers de Burnside, reprennons cette tradition. Nous ne sommes pas violents, nous nous levons pour des enjeux humains de base.

Nous nous organisons car il doit y avoir du changement. Nos revendications sont les suivantes:

1. De meilleurs soins de santé

La province a comme responsabilité d’offrir à tous et à toutes des soins de santés adéquats et éthiques. Pourtant, plusieurs d’entre nous rencontrons régulièrement des problématiques liées aux soins de santé pour les prisonniers : notre médication est coupée, ou alors il y a des «délais» anormaux dans la livraison de ceux-ci, comme une attente élevée pour passer des rayons-x. Il y a également un manque flagrant d’encadrement pour les personnes souffrants de maladies chroniques ou graves, l’obtention de rendez-vous avec des médecins spécialistes est quasiment impossible et les plaintes sont ignorées par les responsables. Les soins sont accordés de manière insouciante.

Plusieurs prisonniers souffrent également de sérieux problèmes de santé mentale, de dépendances, et d’autres maladies chroniques causées par la pauvreté et par l’environnement hostile qu’est celui de la prison. L’obtention de soins médicaux est un droit et en être privé ne fait pas partie de nos sentances.

2. Programmes de réhabilitation

On dit que le but de la prison est nous réhabiliter. Nous demandons : comment peut-on s’attendre à ce que nous soyons réhabiltiés si il n’existe aucun programme pour nous aider à trouver du travail, à nous éduquer et à nous donner des outils pour devenir des citoyens productifs?

Il faut des programmes qui prennent en charge la question des problèmes de santé mentale et des dépendances ; qui nous enseignent des choses dont nous pourrons nous servir dans nos emplois futurs ; qui nous apprennent comment gérer nos finances personnelles et d’autres choses de la vie quotidienne; qui nous aident à bâtir des relations saines avec nos familles; qui nous aident à réintégrer la société.

Quel est le but de la prison si nous en sortons dans un pire état que lorsque nous sommes entrés ?

3. Équipement sportif

L’exercice physique est nécesssaire pour notre santé physique et mentale. Nous voulons rappeler à la province que nous aussi devons vivre avec un hiver froid. Nous avons donc besoin d’équipements d’entraînement intérieur pour reduire notre stress, nous occuper d’une manière saine et nous aider à survivre dans l’environnement carcéral.

Par ailleurs, nous dénonçons également les irrégularités dans l’attribution du temps auquel nous avons accès à la cour de la prison, et ce en violation de nos droits et de la loi sur le système correctionnel. Nous exigeons un accès à la cours selon les normes en vigueur afin de pouvoir bénéficier de l’air frais, du temps d’exercice et de la lumière du jour.

4. Les contacts lors des visites

À chaque visite d’un membre de la famille ou d’un.e ami.e, nous subissons une fouille complète pour prévenir le traffic de drogue et d’autres marchandises de contrebandes, ce qui nous fait poser la question suivante : si les fouilles corporelles éliminent complètement l’entrée de contrebande dans la prison, alors pourquoi sommes-nous privés de contact physique avec les membres de nos familles lors des visites ?

Plusieurs d’entre nous sont des parents. Nous demandons des visites qui nous permettent d’avoir des contacts humains et de permettre à nos enfants de nous voir autrement que derrière une vitre.

5. Vêtements et souliers personnels.

Comme nous subissons déjà un rigoureux dispositif de fouille afin d’éviter la surveillance, nous devrions avoir le droit de porter nos propres vêtements et souliers à l’intérieur de la prison.

Les vêtements et souliers fournis par la prison sont souvent inadéquats. Nous recevons des souliers qui sont parfois trop petits, parfois trop grands, et ne recevons pas de vêtements appropriés pour l’hiver et qui nous permettraient d’aller à l’extérieur.

Porter nos propres vêtements nous aide à se prévenir de l’internement et nous permet de nous sentir comme des êtres humains.

6. Une alimentation égale à celle des autres prisons.

Nous exigeons une alimentation saine, et égale à celle des autres établissements d’incarcération, en respect avec les croyances et pratiques culturelles de tous les prisonniers. Nous ne comprenons pas pourquoi certaines choses inscrites au menu peuvent être présente dans un établissement de la province, mais pas dans un autre.

Nous exigeons du gouvernement le respect des diètes des prisonniers des différents cultures. Nous avons luttés pour obtenir un menu pour les prisonniers religieux. Le non respect de ceci constitue une violation de nos droits en lien à la liberté de religion. Des prisonniers sont devenus malades, incluant des déficites alimentaires sérieux et des dommages permanents à la santé.

7. Qualité de l’air.

Nous exigeons des autorités qu’ils améliorent la circulation de l’air dans la prison. Durant la plus récente vague des chaleur, la santé des prisonniers était compromise, surtout pour ceux souffrant de maladies chroniques.

8. Une cafétéria plus saine. 

Nous exigeons que le menu de la cafétéria soit revu et qu’une offre plus saine soit offerte. Les prisonniers remplacent les menus offerts par la prison en utilisant leur propre argent ou l’argent founie par les familles dans le but de pouvoir améliorer leur alimentation. Nous ne croyons pas que de nous permettre d’acheter que des produits sucrés et chimiques aident à promouvoir une alimentation saine. Si la malbouffe est éliminée des écoles, hopitaux et autres institutions alors pourquoi les prisonniers sont-ils limités à ces options malsaines?

9. Fin de la limitation des  visites.

Le contact avec nos familles et ami.es est primordial pour faciliter notre retour dans la société et nous permet de rester connectés avec ceux et celles qui nous soutiennent dans le monde exétrieur. C’est sur nos familles que repose le fardeau de devoir déposer de l’argent pour que nous puissions avoir accès à la cafétéria et au téléphone. Si la prison profite des familles, pourquoi rencontrons-nous des difficultées pour les voir comme nous le voulons ?

10. Accès à la bibliothèque.

Nous exigeons un accès immédiat à la bibliothèque. L’accès à cette dernière est essentielle pour nous permettre de nous défendre en cour et de connaître nos droits.

Il ne devrait pas y avoir de limite quant à nos désirs de s’éduquer à la bibliothèque.

***

Pour reformuler : toutes nos demandes sont raisonnables et promeuvent l’amélioration de nos conditions de vies. Nous reconnaissons que le complexe carcéral-industriel tente de nous ségréger. Nous sommes unis dans nos demandes. Ils ne peuvent pas tous nous séparer.

Nous appelons les gens en dehors des barreaux de la prison à partager cette déclaration, en écrivant au Ministre de la Justice, en contactant leur député et le département de la justice pour supporter nos demandes. Nous vous invitons également à en apprendre plus sur les conditions de détention dans la province, et à participer aux actions de solidarité qui se préparent en lien avec notre lutte.

Nous envoyons un message d’espoir à nos camarades en prison partout dans le pays et dans le monde.

«Personne ne peut prétendre connaître vraiment une nation, à moins d’avoir vu l’intérieur de ses prisons. Une nation ne doit pas être jugée selon la manière dont elle traite ses citoyens les plus éminents, mais ses citoyens les plus faibles.»
-Nelson Mandela

Le monument de John A. Macdonald (encore) vandalisé à Montréal

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Août 182018
 

De No Borders Media

Une action anticoloniale en appui au retrait de la statue de John A. Macdonald à Victoria, C.-B.

Plus tôt ce matin, un groupe de vandales anticoloniaux anonymes a ciblé le monument de John A. Macdonald à Montréal. La statue, située à la place du Canada, a été aspergée de peinture rouge. Une affiche avec un texte explicatif apparait sur la zone autour de la statue.

Nous revendiquons cette action en appui au retrait récent de la statue de John A. Macdonald dans la ville de Victoria en Colombie-Britannique et en opposition continue aux groupes d’extrême droite ainsi qu’aux politicien.nes qui défendent activement l’héritage de la suprématie blanche et du racisme. Cette action est également entreprise en solidarité avec les actions précédentes contre la statue de John A. Macdonald à Montréal et ailleurs au Canada. Nous exigeons que les autorités de la ville de Montréal prennent des mesures, tout comme la ville de Victoria, pour retirer le monument de Macdonald. Montréal entreprend déjà le processus longtemps attendu de renommer la rue Amherst (qui porte le nom d’un autre raciste colonial qui préconisait l’extermination des peuples autochtones).

Voici le texte de l’affiche qui accompagne le vandalisme récent. Cette dernière fournie un contexte concis sur les raisons pour lesquelles les statues et les monuments de Macdonald devraient être enlevés de l’espace public:

John A. Macdonald était un colon raciste!
Prenez ses statues à travers le Canada et mettez-les dans les musées.

John A. Macdonald était un suprémaciste blanc. Il a directement contribué au génocide des peuples autochtones par la création du système brutal des écoles résidentielles, ainsi que par d’autres mesures visant à détruire les cultures et les traditions autochtones. Il était raciste et hostile envers les groupes minoritaires non-blancs au Canada, appuyant ouvertement la préservation d’un Canada soit-disant « Aryen ». Il a passé des lois dans le but d’exclure les personnes d’origine chinoise. Il a été responsable de la pendaison du martyr Métis Louis Riel.

Les statues de Macdonald devraient être retirées de l’espace public. En tant qu’artefacts historiques, elles devraient être entreposées là où elles appartiennent soit dans les archives ou les musées. L’espace public devrait plutôt célébrer les luttes collectives pour la justice et la libération et non pas la suprématie blanche et le génocide.

– Certain.es vandales anticoloniaux-ales à Montréal.

info: johnamacdonaldmontreal@protonmail.com

(NOTE: No Borders Media a reçu le vidéo et les photos de façon anonyme. Nous ne sommes pas responsable pour l’action contre le monument de Macdonald.)

Des résident.es de Parc-Extension et des militant.es pour le droit au logement bravent la violence aux mains du Groupe BSR pour lutter contre la gentrification

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Août 102018
 

De Parc-Ex Contre la Gentrification (page Facebook)

Plus de 60 personnes se sont rassemblées en face du métro Parc hier après-midi pour une manif-action contre la spéculation immobilière et la gentrification. L’action avait pour but de rassembler des membres de Parc-Ex contre la gentrification, du POPIR, du Comité B.A.I.L.S., du Comité d’Action de Parc-Extension, du Comité Logement de Rosemont et du Comité logement du Plateau Mont-Royal pour maintenir la pression sur les développeurs immobiliers et envoyer un message clair que le développement de condos et d’appartements luxueux ne passeront pas dans nos quartiers.

Nous sommes ensuite allé.es au bureau du Groupe BSR – la compagnie de développement immobilier qui est derrière les scandaleuses évictions de la Plaza Hutchison – pour remettre une lettre et perturber leur journée de travail. Pendant les trente dernières années, la Plaza Hutchison a servi de lieu de rencontre pour Parc-Extension, abritant des groupes communautaires, des associations culturelles, des écoles de langue, des lieux de culte et des petits commerces locaux. Depuis que le Groupe BSR a acheté l’immeuble, ils ont intimidé sans relâche, menacé de multiples manières et évincé sans préavis ces locataires, les uns après les autres. Nous nous sommes rendu.es aujourd’hui à la Place Décarie pour apporter nos revendications à Ron Basal et ses collègues truands – notamment que les locataires puissent revenir dans leurs locaux et que l’immeuble soit remis dans les mains de la communauté.

Aussitôt entré.es dans les bureaux, nous nous sommes fait donner des coups de pieds à plusieurs reprises et avons été frappé.es au visage par Ron Basal et des employé.es du Groupe BSR. Des personnes ont été étranglées et plusieurs se sont fait arracher et briser leurs lunettes. Des employé.es ont fait des menaces de mort et plusieurs personnes ont subi du harcèlement sexuel quand un membre haut placé du Groupe BSR a menacé de se déculotter devant elles. Quand les manifestant.es ont essayé de quitter l’immeuble, les employé.es du Groupe BSR ont fait arrêter les ascenseurs, ont physiquement bloqué les escaliers, ont séquestré les gens sur l’étage et ont essayé de lancer violemment une personne dans la cage d’escaliers d’urgence. C’était fucking intense. Plusieurs d’entre nous, voisin.es et activistes confondus, ont visité des bureaux de développeurs immobiliers auparavant, pour apporter des revendications pour le droit au logement et pour s’opposer à la gentrification. Personne ne se souvient d’avoir rencontré autant de violence.

Nous voulons aussi réagir à certaines allégations faites dans la couverture média de l’action, notamment TVA qui récupère des photos de BSR Groupe, montant des images stagées de “grabuge”, et Radio Canada qui avance que nous avons “forcé la porte”. Ça vaut la peine de mentionner que le journaliste de Radio Canada Benoît Chapdelaine est entré dans les bureaux avec nous en ouvrant la porte débarrée des bureaux publics des promoteurs, a dû aussi éviter les coups et a été témoin de l’extrême violence du Groupe BSR, mais n’en fait aucune mention. Aussi, bien que trois personnes aient été brièvement détenues, elles ont été relâchées immédiatement sur place et il n’y a eu aucune arrestation.

Bien que dégoûté.es par les actions de ces gentrificateurs, nous demeurons inébranlables dans notre détermination à perturber le business as usual, à se mettre en travers des projets gentrificateurs où qu’ils se trouvent et à combattre la destruction de Parc-Ex. Nous refusons de supporter par notre silence le déplacement de personnes racisées de notre quartier au profit de nouveaux résidents plus riches, plus yuppies ou plus blancs.

Vous aurez de nos nouvelles, on ne bouge pas d’ici.

Appel à rejoindre le Camp de la Rivière

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Juil 222018
 

Des Comités de défense et de décolonisation des territoires [page Facebook]

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L’été dernier, une barricade a mis un frein à l’extraction pétrolière de la compagnie Junex sur le site Galt près de Gaspé. Depuis, le Camp de la Rivière, établi non loin de ce blocage, persiste et veille sur les territoires. Nous appelons à le rejoindre et le faire vivre. La mainmise des pétrolières sur la région et le saccage qui s’ensuivra ne sont pas des fatalités. Seule une présence soutenue pourra arrêter la destruction des rivières, des forêts et de tout ce qui y vit. Il est possible de mettre en échec la dépossession des habitant.es et la spoliation du territoire Mi’kmaq non-cédé et invaincu.

Le Camp de la Rivière s’est maintenu pendant tout l’automne et l’hiver. En plus d’être un lieu de résistance, le campement est devenu un monde de rencontres, d’échanges et d’éducation populaire pour signaler la prédation des pétrolières sur le territoire Mi’kmaq du Gespegawagi.

Depuis la fin mai, le gouvernement du Québec fait savoir son intention d’expulser le camp installé sur des terres publiques. Cette menace ne nous fait pas peur, elle ne fait que mettre en lumière la volonté de Junex de reprendre ses forages. Toutes les personnes soucieuses de la protection des territoires et de la création de nouvelles solidarités entre allochtones et autochtones sont appelées à nous rejoindre pour continuer de bâtir la résistance contre les industries extractives.

La défense et la décolonisation des territoires nécessitent plus qu’une posture individuelle, morale ou théorique; elle implique la présence physique et la confrontation avec les forces destructrices du capital et de l’État. Toutes les critiques décoloniales ou écologistes qui animent nos mobilisations ne valent rien si elles ne peuvent se déployer dans des moments politiques significatifs. Ces moments sont l’occasion parfaite pour créer de nouvelles pratiques de lutte et inventer de nouveaux liens.

Devant l’imminence de la reprise du forage, la poursuite de notre solidarité avec les différents mondes et les courants qui les traversent pose la question de nos capacités à mener des luttes à la hauteur de la catastrophe en cours. Le fantasme des alliances entre tendances politiques, comme celles entre colons et autochtones, doit faire place à un engagement concret et continu sur le terrain. La machine coloniale ravageant les mondes se déploie comme économie extractive par un processus sans cesse renouvelé d’accumulation primitive. La lutte contre ce désastre, en solidarité avec les gardien.nes historique de l’eau et de la terre, permet de constituer une opposition significative à une dépossession qui dure depuis 500 ans. La mise en échec du projet moderne/colonial ne sera possible qu’au travers de gestes concrets menant à une transformation radicale de l’usage des territoires.

Le Camp de la Rivière en est un avant-goût.

L’appel est lancé ! Afin de persister et de construire une force réellement destituante dans la région, le Camp de la Rivière aura besoin d’énergies vives au cours des prochains mois. À celles et ceux qui voudraient y passer quelques jours ou y vivre pendant des mois, voire des années, la porte vous est ouverte. Toutes les contributions sont les bienvenues.

LE CAMP EST SITUÉ SUR LA ROUTE 198 À 20 KILOMÈTRES AU NORD DE GASPÉ ET 60 AU SUD DE MURDOCHVILLE

Apportez vos tentes, vos hamacs, vos ami.es et tout le nécessaire au maintien et à l’expansion du camp : nourriture, matériel et outils de construction ou de mobilisation ainsi que tout ce qui permet la reproduction quotidienne de votre forme-de-vie.

Pour nous joindre, vous pouvez nous écrire à l’adresse suivante: campdelariviere@gmail.com ou sur notre page Facebook (Camp de la Rivière)

Pour de l’aide pour former des comités de défense ou de décolonisation dans votre quartier, votre réserve, votre ville, ou votre région vous pouvez nous rejoindre à l’adresse suivante : CDDT@riseup.net ou sur notre page Facebook (Comités de défense et de décolonisation des territoires).

Contre les frontières, contre les prisons. Stoppons la construction de la prison pour migrant-es de Laval !

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Juil 122018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Lancement d’un nouveau site web pour contribuer à la campagne contre la construction de la nouvelle prison pour migrant-es à Laval

Cette prison, qui devrait enfermer jusqu’à 158 personnes sans-papiers, devrait être construite sur les terrains du Service correctionnel du Canada, juste à côté de la prison Leclerc, et devrait ouvrir ses portes en 2021. Alors que le gouvernement libéral argumente que cette nouvelle construction serait une façon plus humaine de détenir des migrant-es, nous appelons cela ce que c’est – une prison, en sachant que ceci est simplement une façade plus belle sur un système violent d’emprisonnement et de déportation, qui maintient les gens enfermés dans des cages en déchirant des familles et des communautés. Nous voulons un monde sans prisons et frontières coloniales, un monde où les gens, pas les États, peuvent décider comment ils peuvent se déplacer et où ils peuvent rester. L’arrêt de la construction du centre de détention de l’immigration de Laval est qu’une étape dans la lutte pour détruire les prisons des migrant-es partout dans le monde.

Bloquons la construction de nouvelles prisons et fermons les anciennes!

Ce site est un centre d’information pour partager; nouvelles, analyse et documents liés à la lutte contre le Centre de détention pour les immigrants de Laval.

stopponslaprison.info

Bill C-75 selon une criminelle: Comprendre la réforme du code pénal des Libéraux (2ème partie)

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Juil 072018
 

De North Shore Counter-Info

Ceci est la conclusion d’une série à deux parties. Cliquez ici pour commencer au début.

Dans la première partie de cette série, on a vu en survol ce que tente de faire la réforme du code pénal des Libéraux, le projet de loi C-75. On a également considéré un des tâches d’ampleur qu’il se donne: façonner une réponse législative à certaines décisions récentes de la Cour suprême. Bien que celle-là soit peut-être l’aspect le plus important de cette loi, les autres sections auront aussi des conséquences importantes pour ceux et celles qui auront besoin de faire face à la justice. Alors ici on discutera de comment Bill C-75 donne davantage de pouvoir aux procureurs pour décider de comment poursuivre des gens, comment il change le traitement des jeunes et finalement la réponse qu’il fait aux mouvements sociaux, dont celui pour Colton Boushie et #MeToo.

Une des mesures les plus controversées de ce projet de loi est la discrétion qu’il donne aux procureurs sur comment poursuivre des accusations. C-75 changera un grand nombre de crimes désignés actes criminels en infractions hybrides, ce qui donne plus de pouvoir au procureur pour décider de comment poursuivre l’affaire.

Il y a deux classes de crimes au Canada: les actes criminelles sont les plus sérieux et les infractions sommaires sont les moins sérieux. Certains crimes sont classés comme hybrides ou mixtes, ce qui laisse au procureur le choix de les poursuivre par voie sommaire ou criminelle selon le contexte, ou même de changer d’avis pour arriver à un plaidoyer négocié.

Avec ce projet de loi, la plupart des actes criminelles passables d’une peine de moins de 10 ans de prison ferme deviendront des infractions hybrides, ce qui veut dire que le procureur pourrait choisir de les poursuivre par voie sommaire. Cependant, il augmente également la peine maximale pour les infractions sommaires de six mois à deux ans (ce qui est aussi la peine la plus longue qu’on purge dans une prison provinciale). Bizarrement, cela fait que les crimes plus sérieux pourrait devenir moins sérieux tandis que les moins sérieux risquent d’être punis de manière plus sévère.

Comme on a vu dans la première partie sur la tentative de sortir des tribunaux le non-respect de conditions de caution, il parait que cette mesure veut donner aux procs plus de liberté pour chercher des plaidoyers négociés en offrant de changer des actes criminels en infractions sommaires. Comme les tribunaux sont des machines à plaidoyer, ceci ne fait qu’augmenter la pression sur l’inculpé-e de se dire coupable.

Normalement, les gens se battent plus fort contre les actes criminaux: les conséquences si on en a un sur notre casier judiciaire sont beaucoup pires, peu importe l’accusation. Les gens pauvres accusés d’un acte criminel ont plus de chances de qualifier pour l’aide juridique et de recevoir plus de soutien financier pour faire face à des affaires considérées comme plus complexes. Cependant, cette mesure augmente également la peine maximale pour des délits mineurs par un facteur de quatre. Si le procureur peut chercher une peine de 18 mois par voie sommaire au lieu de par la voie plus sérieuse, il peut ainsi réduire les ressources de l’inculpé-e et rendre moins probable que cette personne cherche à se défendre, même si la peine et les faits sont les mêmes. Pour autant que les Conservateurs se plaignent que cette mesure cherche à accélérer la justice par moyen de laxisme, de mon avis il a plutôt l’air d’une manière de contraindre les inculpés-es pour les pousser vers une condamnation plus rapidement.

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