Le fascisme c’est la répression impériale qui se renverse vers l’intérieur

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Oct 122017
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le fascisme c’est la répression impériale qui se renverse vers l’intérieur.
-Cope (2015), cité dans Kesīqnaeh

Suite à la manifestation qui s’est déroulée samedi à la frontière de Lacolle et qui s’intitulait « Ouvrez les frontières! », un graffiti signifiant ‘’DECOLONIZE’’ est apparu sur les berges d’un canal dans un quartier du sud-ouest de Montréal. Ce message nous permet d’expliciter certains liens entre la lutte de décolonisation en cours sur Turtle Island et les actions antifascistes. Dans Fascism & Anti-Fascism : A Decolonial Perspective, Kesīqnaeh dresse certains parallèles éclairants à propos de ces luttes tout en interrogeant la signification du fascisme pour les peuples autochtones qui combattent déjà la violence coloniale. Question d’être laconiques, quelques citations directement tirées du texte vous sont présentées ici même :

Kesīqnaeh soutient que :

« Le fascisme est atteint lorsque la violence des nations impérialistes a fait le tour du monde dans le cadre du développement du système capitaliste, moderne et parasitaire mondial puis revient visiter son berceau. »

[…]

« Dans le contexte d’une occupation coloniale, cette violence ne fait qu’un avec l’état d’exception visant à repousser les frontières, avec la liquidation et l’entreprise de civilisation des peuples autochtones qui vise l’obtention de terres pour établir la colonisation ainsi qu’avec le continuum du système carcéral qui a marqué l’existence noire sur ce territoire depuis l’esclavage domestique jusqu’à l’hyperghetthoisation. »

[…]

« Pour citer le Parti socialiste du peuple d’Afrique : “notre libération – et c’est ce que nous devons gagner – ne viendra que d’une lutte entièrement dédiée à renverser la relation coloniale dans laquelle nous sommes avec le pouvoir blanc“[1. African People’s Socialist Party. 2015. “Colonialism Trumps Fascism in U.S. Elections.” The Burning Spear, September 8. (Traduction libre par Montréal Contre Information)] ».

[…]

« La menace principale du fascisme envers les peuples colonisés n’en est pas une qui nous permettrait d’effectuer une translation entre un état où nous n’aurions pas été sujets à la violence généralisée à un état où nous lui ferions face. Il s’agit plutôt d’une menace qui stimule et accélère la logique éliminatoire et accumulative à la base du colonialisme exécuté par les colons. »

[…]

Contrairement à la perspective du « bon citoyen – bon patriote » construite dans les médias traditionnels et les médias sociaux par les groupes d’extrême droite québécois – par exemple, faire des signes de paix ou imiter des chants antifascistes dans une manifestation « Tout le monde déteste les racistes » – ces groupes sont bel et bien racistes, chauvins, anti-immigration et ultranationalistes. Ils sont organisés de façon hiérarchique, leurs membres et leurs meneurs se targuent de valeurs suprématistes blanches et se scandalisent à l’égard du gouvernement Trudeau. Cela étant, s’ils veulent réellement se confronter aux libéraux pourquoi mobiliser à la frontière de Lacolle? L’inconsistance de leur message trahit leur véritable croyance. Nous devons porter attention à la manière dont ils construisent leur discours (Qu’est-ce qu’il implique? Comment se construit-il? Quand et en relation avec quelles autres idées le prononcent-ils? Dans quel contexte une déclaration survient-elle?) Ce n’est pas seulement digne d’intérêt que de soulever certains arguments de l’extrême droite afin de montrer qu’elle s’appuie sur des informations fautives et une analyse politique extrêmement pauvre. Il faut plutôt penser aux effets qui sont recherchés et impliqués par ces perspectives sur le réel.

« Ils sont tous assoiffés de nouvelle frontière, de coloniser à nouveau, de territoires, de patrie blanche. En d’autres mots, ils sont assoiffés en vertu de l’accomplissement du rêve colon. » (Kesīqnaeh, 2017).

Aussi loin que ce graffiti sur un mur du canal dans le sud-ouest de Montréal puisse sembler de la teneur du propos ici exposé, il y a de réels rapports à établir. « DECOLONIZE » a été réalisé par des camarades impliqués au sein d’organisation et d’action antifascistes. Kesīqnaeh soutient que « si vous voulez vous battre contre le fascisme, vous devez décoloniser. » Les camarades tapis derrière ce message aposé sur la paroi du canal souhaitent que cette analyse politique s’inscrive dans la tête de tous ceux et toutes celles pour qui il importe de se soulever contre les groupes d’extrême droite actifs sur Turtle Island.

« DECOLONIZE » représente une présence esthétique qui ébranle l’infrastructure qui invisibilise le processus violent de colonisation qui a permis l’érection de condos et de commerces y étant liés d’émerger tout en apportant avec eux leur lot de résident.es et de patron.es qui ont peu de considération pour les structures et agencements violents dans lesquels ils s’enracinent. Ces infrastructures organisent la société en fonction d’aspirations qui déploient des récits anti-autochtones et anti-noir.es. Alors que le fascisme ne semble pas nécessairement en appeler à l’élite blanche et fortunée, ses valeurs idéologiques soutiennent le privilège et l’impunité de ceux qui compétitionnent pour accéder au pouvoir dans le climat socio-politique et économique actuel. Ces groupes de droite voient l’État, ses autorités policières (oui, ils ont applaudi lorsque les unités antiémeutes se sont présentées à Lacolle), ses frontières comme des formes de légitimation du pouvoir. Cependant, les frontières sont l’appareil d’un état colonial établi sur des territoires volés, l’esclavagisme et des politiques génocidaires. Ainsi, la frontière est illégitime et ceci constitue un appel à agir en correspondance avec cette dernière position.

Montréal contre Junex : une manifestation bloque un chemin de fer

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Oct 112017
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le dimanche 10 septembre, nous nous sommes mobilisé.es en solidarité avec ceux et celles qui résistent actuellement contre l’industrie pétrolière en Gaspésie, particulièrement contre Junex et ses investisseurs. Les corporations comme Junex travaillent main dans la main avec les gouvernements provincial et fédéral. Ces collaborations sont des exemples de la manière dont le capitalisme néolibéral fonctionne pour soutenir l’état colonial du Canada. La législation, annoncée récemment, qui permet la fracturation et le forage dans les rivières et les lacs du soi-disant « Québec » démontre une telle complicité ainsi que son absurdité. L’État ne se soucie même plus de faire semblant qu’il joue un rôle neutre lorsqu’il s’agit de paver la voie à l’empoisonnement de l’eau et de la terre pour le profit capitaliste.

La manifestation s’est rassemblée au Square Cabot. Le nom du Square a été dénoncé : un drapeau Mi’gmak a été accroché à la statue coloniale représentant Cabot, de même qu’une bannière sur laquelle on pouvait lire « Colonisateur ≠ explorateur ». La manif a d’abord marché à travers le centre-ville avant de se retrouver à St-Henri. On a pu entendre la foule crier « Les pétrolières nous font la guerre, guerre aux pétrolières ». Quelques individus parmi les manifestant.es avaient pour objectif d’atteindre les chemins de fer de la rue Courcelle, au nord de St-Jacques, pour y ériger une barricade temporaire. À quelques reprises, la police a tenté de contrôler nos mouvements et de nous forcer à marcher dans le sens du trafic. Toutefois, nous avons échappé à leurs tentatives de manière créative et festive. Il y a peu de choses qui se comparent à la joie intense et à l’espièglerie que certain.es d’entre nous ont ressenti alors qu’on déjouait les policiers, qu’ils soient à vélo, dans leurs vans ou à pied.

À la surprise des policiers à vélo, la manifestation a quitté St-Antoine à un moment critique pour se diriger vers les chemins de fer. À ce moment de la manif, les gens ont sprinté victorieusement vers les tracks, où on a rapidement pris possession de l’espace, mis en place les paramètres de notre blocage, puis commencé à servir de la nourriture. Après peu de temps, un train de passager Via Rail a été repéré. Nombreux.ses ont été ceux et celles inquiété.es par cette vision, car il y a peu de trains qui sont capables de freiner aussi rapidement. Il y avait un risque réel que les gens se fassent frapper par le train. Les trains de marchandises ne peuvent pas faire de tels arrêts, puisqu’ils doivent ralentir sur de longues distances avant de parvenir à s’arrêter totalement. Nous avons rapidement dégagé la section des rails sur laquelle le train aurait poursuivi sa course, mais heureusement pour nous il s’est arrêté et personne n’a été blessé. Nous avons réussi à bloquer les tracks pendant plus d’une heure. La police a essayé de parler à « nos leaders », ce à quoi elle a reçu des réponses moqueuses ou hostiles – la police protège et sert le génocide colonial en cours, génocide dont le « Canada » dépend. Nous avons décidé de quitter les lieux collectivement, selon nos propres termes, afin de minimiser la probabilité d’arrestation. Trois personnes font présentement face à des poursuites pour avoir prétendument participé à cette manifestation.

La manif et le blocage des rails constituent une victoire. Nous avons atteint nos objectifs de manière créative, en étant capables d’improviser face à l’adversité. Nous avons mis nos corps en jeu pour montrer notre solidarité avec ceux et celles qui confrontent Junex et résistent contre leur projet de fracturation dans la région gaspésienne. Chanter des chansons et signer des pétitions n’est pas suffisant. Nous devons exercer une réelle pression contre les infrastructures et les personnes qui donnent à l’État colonial et à la société les moyens de continuer le saccage des terres et des corps autochtones. Nous avons du respect pour la diversité des tactiques : voilà pourquoi la manif a été un succès de manière générale. Les gens présents au Square Cabot s’inscrivaient dans un large spectre d’idéologies de gauche et d’idées par rapport à l’activisme. Ceci a permis à d’autres actions de se dérouler dans l’espace de la manifestation. Au final, nous avons quitté la manif et le blocage en sentant que même un petit groupe de personnes motivées peut être puissant contre l’État, la police et les corporations.

Le texte suivant a été lu à voix haute avant que la manifestation débute :

Nous organisons cette manifestation en réponse à l’appel du Camp de la Rivière pour la tenu d’une semaine d’actions contre les projets de l’économie extractiviste en Gaspésie, territoire mi’kmaq. Faisant suite à l’occupation des bureaux de Junex à Québec, cette manifestation populaire vise à faire connaître les luttes sur l’ensemble des territoires. L’économie extractiviste par ses forages pétroliers menacent eau et forêt et par là, déclare la guerre à toutes les formes-de-vie qui habitent le territoire. Prenant parti pour d’autres mondes possibles, nous entravons les rues de la métropole pour ramener en son sein les conflits territoriaux qu’elle génère par le pillage des ressources dont elle dépend.

Nous inscrivons notre marche en solidarité avec le peuple mi’kmaq qui subit à travers les projets pétroliers de Junex et de Pétrolia, la suite de 500 ans de colonialisme brutal. Il est impossible de séparer la question des territoires de la lutte décoloniale puisque l’existence même des institutions politiques et économiques du Dominium canadien est le fruit du colonialisme. Tout comme les mi’kmaqs du camp Treaty Truck House de Shunbenacadie en Nouvelle-Écosse qui luttent contre le projet destructeur d’Alton Gaz , le Camp de la Rivière vise à briser l’emprise coloniale sur les territoires. Nous désirons revaloriser des appartenances aux territoires et des formes de souveraineté ancestrales qui viennent saper l’exploitation et le pillage. En ce sens, nous appuyons le conseil traditionnel Mi’kmaq et la société des Warriors Mi’kmaqs qui luttent avec acharnement depuis 500 ans contre les institutions imposées par le colonisateur.

Tout comme nous appuyons les luttes des warriors de kahnawake et de kanehsatake, et reconnaissons que l’île de Montréal est leur territoire. Que cette île fut par le passé, avant l’arrivée des colons, un espace de rencontres entre les peuples autochtones, Anishnaabe, Mi’kmaqs et Wendats.

Par la défense de la terre et des rivières, nous pensons la décolonisation et l’appui aux luttes en cours. Si aujourd’hui nous marchons, c’est qu’il y a un mois, un groupe d’autochtones et d’allochtones a pris sur lui de bloquer concrètement les projets de Junex en érigeant une barricade. La centralité du pétrole dans l’économie canadienne est alors apparue évidente par l’étendue des moyens déployés par les forces de l’ordre pour mettre fin au blocage. Après une semaine, la swat, appuyée par un tank de la SQ a repris le territoire libéré par les protecteurs.trices de la terre et a arrêté le Water Protector anishnaabe Freddy Stoneypoint. Nous marchons aujourd’hui pour dénoncer cette répression politique.

C’est avec acharnement que les institutions canadiennes et québécoises font la défense et la promotion de l’économie extractiviste. Cette situation rend nécessaire que nous trouvions d’autres manières pour nous organiser et pour penser nos relations. Il n’est plus possible d’entreprendre des dialogues avec ce qui dépend entièrement de ce qui tue les territoires. C’est pourquoi le Camp de la Rivière désire vous inviter le 30 et premier octobre prochain à une rencontre des résistances.

La solidarité que nous élaborons n’aura d’autre choix que d’être offensive. Ce que à quoi nous tenons et la gravité de la situation rendent nécessaire le sérieux des moyens. L’économie extractiviste est vulnérable car ses infrastructures sont partout sur le territoire. En bloquant cette économie, nous nous donnons les moyens élémentaires pour vivre et décoloniser l’Île de la Tortue.

Pour dégager les solidarités entre les territoires, il faut rendre à l’Histoire ses vérités horribles et cachées. C’est pourquoi nous débutons notre marche au Square Cabot à Montréal où la ville et l’État ont tenu bon de célébrer le soi-disant explorateur John Cabot. Ce serviteur de l’impérialisme anglais n’a été, comme Cartier pour les français, que le point de départ du plus grand génocide de l’Histoire. L’existence même de cette statue est un affront à tous les peuples qui luttent pour se dégager des chaînes coloniales.

Storm Alliance à Lacolle : une manif pas raciste, mais…

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Oct 112017
 

De Montreal-Antifasciste

Un raciste qui sait qu’il est raciste est-il plus ou moins raciste qu’un raciste qui ignore qu’il est raciste? Lancinante question, puisqu’il semble qu’un trait presque universellement répandu chez les racistes soit de nier énergiquement leur racisme, une posture de déni symbolisée par la désormais classique formule « pas raciste, mais… ».

Les participant-e-s à la manif antifasciste à Lacolle, le 30 septembre dernier, ont été quelque peu stupéfait-e-s de la réaction enjouée des manifestant-e-s de Storm Alliance au slogan [♫ Tout le monde… déteste les racistes!  ♫]. En effet, les douzaines de mononcles et de matantes blanc-he-s comme neige venu-e-s des quatre coins du Québec pour protester, nous dit-on, contre « l’immigration illégale » et « les politiques du gouvernement Trudeau », se sont mis-e-s à leur tour à entonner ce même slogan avec le plus vif enthousiasme.

Les « Stormers » et consorts n’en sont certes pas à une contradiction près, mais il est tout de même étonnant de constater le déni dans lequel certain-e-s persistent… à moins bien sûr que ça soit une stratégie délibérée pour donner à leur mouvement identitaire un vernis de légitimité. Cette dernière hypothèse serait d’ailleurs soutenue par les messages suivants envoyés aux Stormers par les administratrices de ses pages Facebook après le 30 septembre dans un effort visant à « nettoyer » les manifestations les plus disgracieuses de haine et de racisme sur les médias sociaux.

Quoi qu’il en soit, il est temps de remettre certaines pendules à l’heure. C’est bien beau de répéter comme des simplets sous hypnose que « tout le monde déteste les racistes », mais s’il faut rappeler aux Stormers un peu innocent-e-s que leur manif pullulait de racistes impénitents et de sympathisants nazis, on va arranger ça tout de suite.

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Passons déjà sur la subtile référence du nom Storm Alliance (SA) à la formation paramilitaire du parti nazi, Sturmabteilung (aussi SA), et sur la vague ressemblance de leur logo avec celui de cette même formation. Dave Tregget, le chef du groupe, insiste sur le fait que toute ressemblance à cet effet ne saurait être que fortuite… Ach so, jawohl herr Leiter.

Passons aussi sur le fait que la manif de Storm Alliance devait avoir lieu précisément au poste-frontière de Lacolle, tout juste devant le camp de fortune érigé pour accueillir la récente vague de réfugié-e-s. (C’est d’ailleurs en occupant l’entrée principale du camp que les antifascistes et antiracistes ont pu empêcher Storm Alliance de passer et d’intimider les réfugié-e-s –symboliquement, car le campement était en fait désert. N’en déplaise aux Stormer, qui n’ont d’autre choix, pour sauver la face, que de se convaincre eux-mêmes contre toute évidence qu’ils ont gagné cette bataille.) Là encore, un peu bizarrement, Dave Tregget a assuré aux médias que sa manif « n’avait rien à voir avec l’immigration ». Il est tout de même permis de se demander pourquoi ils ont choisi ce lieu précis, mais bon…

Il est plus difficile cependant d’ignorer le fait que les autres manifestations organisées au Canada le 30 septembre, À L’APPEL DE STORM ALLIANCE, avaient un caractère explicitement anti-immigration et étaient organisées et peuplées par une panoplie d’individus et regroupements d’extrême droite (dont la Northern Guard, CCCC, les Proud Boys, le III%, etc.), dont le führer de pacotille du Canadian Nationalist Front, le néonazi Kevin Goudreau, à Peterborough. Lire à ce sujet les bilans et reportages du Groupe de recherche sur l’extrême droite et ses allié-e-s et d’Anti-Racist Canada, ici et ici.

Mais, trêve de considérations préalables, entrons donc dans le vif du sujet et nommons certain-e-s des (pas) racistes notoires identifié-e-s parmi la foule de Sturmers

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… en commençant par le low-key néonazi, Shawn Beauvais MacDonald qui, dirait-on, est de tous les rassemblements nationalistes identitaires. Il est désormais de notoriété publique que cet ancien administrateur de la page Facebook de La Meute a participé aux mobilisations suprémacistes à Charlottesville, en Virginie, en août dernier. Il a peu après été repéré à la manif de La Meute à Québec, le 20 août, malgré l’assurance des chefs de l’organisation qu’il en avait été suspendu. Mais voilà t’y pas que Beauvais-MacDonald retontit de nouveau à Lacolle, coiffé du classique casque de baseball rouge auquel il nous a habitué-e-s le 4 mars, le 23 avril, le 1er juillet, et encore à Charlottesville!

Shawn Beauvais-MacDonald dans la manifestation de La Meute, le 4 mars 2017, Montréal

Shawn Beauvais-MacDonald dans la manifestation du Front patriotique du Québec, le 23 avril 2017, Montréal

Shawn Beauvais-MacDonald trollant la manifestation anticolonialiste de la CLAC, le 1er juillet 2017, Montréal

Shawn Beauvais-MacDonald, le 1er juillet 2017, Montréal

Shawn Beauvais-MacDonald dans une manifestation suprémaciste, le 12 août 2017, Charlottesville, Virginie

Depuis son passage remarqué en Virginie, et malgré sa soudaine notoriété, Beauvais-MacDonald ne s’est pas du tout gardé de petite gêne, et en a plutôt rajouté une couche en partageant dans les jours suivants les « 14 words », une phrase-code inspirée à son auteur par Mein Kampf et universellement reconnue comme un slogan suprémaciste blanc.

En entrevue à The Gazette, Beauvais-MacDonald affirmait « qu’il n’y a rien d’intrinsèquement mauvais [avec le slogan] » et qu’en partageant les 14 words, il souhaitait « exposer le sentiment anti-blanc qui a été programmé dans ses parents et amis ». À Lacolle, il a expliqué au reporter de Vice s’être déplacé « contre les antifas qui en ont contre les Blancs ».

Plus récemment, il a assumé publiquement son attachement à la « plateforme fasciste » (sic) en reprenant sur Facebook la doctrine du fasciste anglais Oswald Mosley.

Shawn Beauvais-MacDonald, le 30 septembre 2017, Lacolle

La réputation grandissante de néonazi de Shawn Beauvais-MacDonald n’a manifestement pas suffi à convaincre Tregget, Éric Trudel et les autres petits chefs de Storm Alliance de l’exclure de leur rassemblement…

Le lendemain du face-à-face à Lacolle, Beauvais-MacDonald publiait sur Facebook un message ne laissant aucune place à l’interprétation, avec en vedette le mot-clic #makefascismgreatagain. Notons les « likes » de Robert Proulx (voir ci-dessous), John Hex (membre du service de sécurité des SA le 30 septembre), Rachel Child (qui agissait à titre de médic, photographiée ici en compagnie d’Éric « Corvus » Venne), et d’autres individus  abordés dans cet article :

[♫ Tout le monde… déteste les racistes!  ♫]

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À Lacolle, Beauvais-MacDonald était à nouveau flanqué de son compagnon de voyage à Charlottesville, Vincent Mercure Bélanger, lequel portait d’ailleurs le même chandail niaiseusement ironique (propreté -> pureté, la pognez-vous?) que lors de son passage remarqué en Virginie.

Vincent Mercure Bélanger, 11 août 2017, Charlottesville, Virginie

Vincent Mercure Bélanger dans un rassemblement suprémaciste blanc, le 11 août 2017, Charlottesville, Virginie

 

Vincent Mercure Bélanger à la manif de Storm Alliance, 30 septembre 2017, Lacolle

Vincent Mercure Bélanger à la manif de Storm Alliance, 30 septembre 2017, Lacolle

 

Vincent Mercure Bélanger à la manif de Storm Alliance, 30 septembre 2017, Lacolle

[♫ Tout le monde… déteste les racistes!  ♫]

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Un  autre admirateur désinvolte d’Hitler (mais qu’il ne faudrait surtout pas confondre pour un raciste) était de la partie à Lacolle : le bien nommé René Blaireau. Lui qui ne cache pourtant pas son mépris des musulmans assume encore plus vigoureusement son antisémitisme primaire :

René Blaireau à la manif de Storm Alliance, 30 septembre 2017, Lacolle

René Blaireau à la manif de Storm Alliance, 30 septembre 2017, Lacolle

 

René Blaireau à la manif de Storm Alliance, 30 septembre 2017, Lacolle

[♫ Tout le monde… déteste les racistes!  ♫]

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Ce qui nous emmène à un de nos protagonistes préférés de toute cette bande de (pas) racistes : l’inénarrable Robert Proulx. Ce « chef de sécurité » autoproclamé des manifs de La Meute, du Front patriotique du Québec et maintenant, de Storm Alliance (on nous souffle à l’oreille que La Meute l’aurait cavalièrement crissé dehors dans la foulée du récent putsch), répète à chaque occasion qu’il ne peut pas être raciste, puisqu’il est « amérindien » (sic). Proulx insiste  à faire valoir son identité « iroquoise » (sic) et son statut de « warrior », et a utilisé très ostentatoirement le drapeau de l’Unité dans de nombreuses manifestations à caractère identitaire en 2017. Pourtant, il a lui-même avoué à Radio-Canada son ignorance de la signification réelle du drapeau de l’Unité (qu’il appelle « le drapeau avec le soleil ») et s’est judicieusement engagé à ne plus le porter dans les manifs. Il semble par ailleurs avoir une compréhension tout aussi approximative du drapeau de la confédération iroquoise, si l’on se fie au post suivant :

Quelque soit l’identité dont il se réclame, il est clair que Proulx est un complice actif du racisme. Prenons pour preuve sa proximité avec pratiquement tous les personnages (pas) racistes décrits dans cet article, dont le groupie d’Hitler mentionné ci-dessus, René Blaireau.

Sans mentionner sa participation enthousiaste à titre de fier-à-bras aux événements organisés par des groupes identitaires anti-immigration[1], les nombreux commentaires islamophobes ou carrément fachos qu’il « like » à tour de bras (voir par exemple les « 14 words » et le #makefascismgreatagain de Shawn Beauvais-MacDonald, ci-dessus) et son partage du mot-clic xénophobe #remigration mis de l’avant par les militant-e-s du groupuscule néofasciste Atalante.

Dans son entrevue avec Stu Pitt, Proulx dit ne « pas savoir pourquoi » il est « pris pour cible » par les antifas. Il dit « protéger » les « manifs contre le racisme », mais pas les « néonazis ou quelque chose comme ça », parce que c’est « pas dans [son] bag ».

Robert, STP, lis cet article attentivement. Ça va peut-être t’aider à commencer à comprendre…

Robert Proulx dans la manif de La Meute, 4 mars 2017, Montréal

Robert Proulx faisant la « sécurité » dans la manif du Front patriotique du Québec, 23 avril 2017, Montréal

Robert Proulx faisant la « sécurité » dans la manif du Front patriotique du Québec, 23 avril 2017, Montréal

Robert Proulx faisant la « sécurité » dans la manif de Storm Alliance, 30 septembre 2017, Lacolle

Robert Proulx faisant la « sécurité » dans la manif de Storm Alliance, 30 septembre 2017, Lacolle

[♫ Tout le monde… déteste les racistes!  ♫]

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Pour revenir au thème d’Hitler et des nazis, une autre participante à la manif de SA à Lacolle est la désopilante Chantal Duchesneau, qui se demandait récemment sur sa page Facebook, « à la blague », bien entendu, « combien d’illégaux (sic) pourrais (sic) être héberger (sic) » dans une chambre à gaz du camp de concentration nazi de Dachau. Doit-on vraiment insister sur le caractère  parfaitement horrible et grotesque de ce commentaire?

Chantal Duchesneau dans la manif de Storm Alliance,  le 30 septembre, Lacolle

[♫ Tout le monde… déteste les racistes!  ♫]

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Et pour boucler ce tour d’horizon des (pas) racistes qui étaient à Lacolle avec les SA, décernons une mention spéciale à l’animatrice de la page Anti-Antifa Québec, la pétillante  Stéphanie Godbout/Langevin/X et à son chum Vincent Gariépy/Bergeron/X, un autre abonné des services d’ordre des manifs identitaires, dont celle de La Meute à Québec le 20 août dernier. Ce couple de (pas) racistes est proche des Soldats d’Odin, une organisation anti-immigration fondée par un néonazi en Finlande et dont la section locale, sous la direction de Katy Latulippe, est restée fidèle au credo suprémaciste de ses origines.

Stéphanie Godbout/Langevin/X dans les meilleurs termes avec Sébastien Poirier, le dude de Pegida Québec (organisation islamophobe) et du nouvellement créé Mouvement traditionaliste du Québec. Elle avoue être derrière la page Anti-Antifa Québec.

Stéphanie Godbout/Langevin/X et Vincent Gariépy/Bergeron/X lors d’un rassemblement des Soldats d’Odin et des Insoumis, mai 2017, Estrie. À l’arrière, au centre, le bonehead David Leblanc (voir ci-dessous). Au centre, de dos avec le t-shirt anti-antifa, le bonehead Philippe Gendron (plus sur Gendron ici).

Stéphanie Godbout/Langevin/X et Vincent Gariépy/Bergeron/X lors d’un rassemblement des Soldats d’Odin et des Insoumis, mai 2017, Estrie. Au centre, agenouillée, Katy Latulippe.

Vincent Gariépy/Bergeron/X participant au service de sécurité du Front patriotique du Québec, le 28 mai 2017, Montréal

Vincent Gariépy/Bergeron/X à Lacolle, le 30 septembre 2017

Stéphanie Godbout/Langevin/X et Vincent Gariépy/Bergeron/X à Lacolle, le 30 septembre 2017

À titre d’exemple récent de son (pas) racisme[2], Stéphanie Godbout/ Anti-Antifa Québec a chaudement applaudit la marche au flambeau néonazie à Charlottesville en partageant la publication de Jason Kessler, le principal organisateur du rassemblement suprémaciste Unite the Right.

[♫ Tout le monde… déteste les racistes!  ♫]

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BONUS!

Little known fact, au matin du 30 septembre, un valeureux Soldat d’Odin a tenté de paralyser les autobus nolisés par Solidarité sans frontières pour transporter les manifestant-e-s antiracistes à Lacolle. Des œufs remplis de gouache aux couleurs vives ont été projetés sur le pare-brise du premier autobus du convoi. Malheureusement pour lui, des camarades qui étaient déjà sur les lieux pour assurer la sécurité du convoi l’ont pris en chasse et vite rattrapé. Heureusement pour lui, la police était aussi sur les lieux et a procédé à son arrestation sur le champ. (Pour la petite histoire, la gouache étant notoirement soluble dans l’eau, il n’a fallu aux camarades qu’une dizaine de minutes pour nettoyer le dégât. Le fameux attentat néonazi à la gouache dont les Soldats d’Odin se félicitent sans honte n’aura finalement ni empêché, ni même ralenti le déplacement des antiracistes… Fail.)

Ce garnement à la gouache Dollorama n’était nul autre que David Leblanc, un skinhead raciste, membre des Soldats d’Odin, que les habitué-e-s de ce site ont déjà aperçu, notamment en compagnie du (pas) raciste Robert Proulx.

Le « Soldat d’Odin » David Leblanc et deux tinamis adeptes de Black Metal National-Socialiste (NSBM) exécutent un salut nazi avant une excursion à Montréal visant à purger la rue Jean-Talon d’affiches communistes.

 

Ce dernier, à Lacolle, s’est énergiquement plaint aux médias que son commerce avait été vandalisé par des antifascistes (sans preuve, d’ailleurs), mais l’ironie du sort a voulu que son acolyte Leblanc se livre exactement au même exercice au même moment. Malheureusement pour eux, nous avons la preuve que le geste de Leblanc a été prémédité et préparé avec l’assentiment de plusieurs Soldats d’Odin, dont les chefs Norm SOO et Katy Latulippe.

///

Bref, quoi qu’en pensent les Stormers qui chantaient [♫ Tout le monde… déteste les racistes!  ♫], on peut  avec certitude  que les racistes, ce jour-là, étaient de leur bord de la haie de policiers…

–  Montréal Antifasciste

 

 

 


[1]

À cet égard, l’ancien boxeur « professionnel » Proulx ne se prend clairement pas pour du 7-Up flat. Dans une entrevue toute récente avec le vlogueur alt-right Stu Pitt, il suggère que ça n’est que depuis qu’il « sécurise » lui-même les manifs que les gens y viennent parce qu’ils n’ont plus peur. Il évoque aussi un incident qui se serait produit le 4 mars 2017 comme élément déclencheur l’ayant incité à devenir spontanément grand chef de la sécurité des manifs identitaires. Or, son évocation de l’incident est un tissus d’exagérations. À écouter Proulx s’épivarder en étirant systématiquement les contours de la vérité, on se demande d’ailleurs s’il ne serait pas un peu mythomane sur les bords…
https://www.youtube.com/watch?v=ODnrH4ZTYnI

[2]

Sa page a été fermée par Facebook il y a quelque temps, emportant avec elle d’innombrables commentaires xénophobes, islamophobes et racistes, en plus de toute la haine viscérale des antifascites que le nom de la page commande.

Dans les tranchées: Sabotage d’un oléoduc de Enbridge à Hamilton

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Oct 102017
 

Du Hamilton Institute

Les oléoducs sont une guerre menée par l’insatiable avarice des corporations contre la terre et les vivants. Dans cette lutte, notre détermination s’intensifie à chaque fois que Enbridge lance audacieusement un nouvel assaut; à chaque fois qu’ils font fi des préoccupations et des requêtes des peuples autochtones. À chaque audience en justice. À chaque acte d’intimidation. À chaque mensonge ou prétention fallacieuse à la sécurité et la nécessité. Nous en avons assez.

Alors quand Enbridge a commencé à livrer de nouvelles sections d’oléoduc pour son expansion de la ligne 10, nous avons entrepris de les saboter.

L’Île de la Tortue est traversée de vastes réseaux d’infrastructure pétrolière. Ils sont indéfendables: des opportunités parfaites pour des actions directes effectives, qui ne font de mal à personne sauf aux lignes de fond d’une compagnie pétrolière. C’est dans cet esprit que nous nous sommes retrouvés à faire de longues ballades au clair de lune dans les trenchées d’une emprise fraîchement défrichée pour la ligne 10. À notre gré, nous avons percé des trous de grosseurs diverses dans certaines sections de l’oléoduc, alors que d’autres se voyaient remplies de produits corrosifs.

Ce geste a été mené en solidarité avec les peuples autochtones de la région. Des peuples qui ont été déplacés, menacés et massacrés depuis le débarquement des premiers colons – et qui font toujours face à cette violence, souffrant des conséquences de cette société capitaliste coloniale et des industries qui la font vivre.

Alors – à Enbridge: Vous devrez remplacer toutes les dernières sections de la ligne 10 que vous avez posées jusqu’à maintenant. Nous vous en faisons part car l’environnement nous importe, et que vous ne nous importez pas du tout – tenez vous le pour dit. Pour chaque dollar que vous raflez des mains des peuples autochtones et des gens qui défendeur leurs territoires, nous allons vous en faire payer dix.. #sorrynotsorry

Au public: Il n’en tient qu’à vous de rendre Enbridge imputable de chacun de ses gestes. Ne les laissez pas mettre vos vies en jeu en installant des pipelines, alors même qu’ils savent désormais qu’ils sont compromis. Ne les laissez pas mettre vos vies en jeu avec des pipelines, point.

Et enfin, mais non le moindre, à nos camarades et co-conspirateurs:

Un mémo venant du coeur

Vous aurez besoin 1) d’une bonne perçeuse sans fil, 2) un embout de petite taille en cobalt ou en titante – préférablement avec un point de guidage, et 3) d’huile à coupe (oh l’ironie!)

Avec un certain sens de l’aventure et des responsabilités, mettez vos talents de ninjas furtifs à l’oeuvre en vous installant dans l’emprise. Une fois rendus là, vous serez plus ou moins invisibles de la rue si vous n’avez pas de vêtements fluorescents, parsemés de glitters ou si vous ne déconnez pas trop avec votre lampe frontale. Prenez une respiration, regardez aux alentours, puis faites vous un chemin vers un pipeline vide et percez! Allez-y lentement (pour faire moins de bruit, de réverbération et de friction) et appliquez suffisamment de pression pour voir sortir des copeaux – et poursuivez pour un bon 10 ou 15 minutes. L’huile de coupe vous aidera à refroidir l’embout de la perceuse, la rendant plus efficace.

Amusez-vous, et restez prudents.

Vandalisme sur le magasin de Robert Proulx, membre de La Meute

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Oct 092017
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le petit matin du 30 septembre, à l’aide d’un extincteur rempli de peinture, nous avons repeint en brun la façade du magasin JS RP Tech Informatique, appartenant à Robert Proulx, situe au 6117 Bélanger. Robert Proulx est un membre actif de La Meute, impliqué dans la sécurité.

Contrairement à ce qu’ils scandent dans les medias, La Meute est un groupe raciste et islamophobe, utilisant une strategie médiatique afin de propager des ideologies de droite, anti-immigration, conservatrices et qui promouvoient la suprémacie blanche. La quasi-totalité des personalités publiques de droite au Québec en sont membre. Ayant pour idoles des politicien.ne.s telles que Marine Le Pen ou Donald Trump, La Meute réussi par des discours populistes revendicants démocratiquement la « liberté d’expression », à raviver les courants d’extrême-droite de façon apeurante. Certains membres s’inspirent de figures prônant le meurtre raciste et le retour de l’esclavage telles le KKK ou Adolf Hitler.

Contre la réémergeance de l’extrême-droite, il n’y a aucune pitié. Nous ferons tout pour les décourager. Nous sommes extrêmements conscient.e.s que ces idées peuvent faire des ravages, surtout dans le contexte actuelle, alors qu’à tous les jours, les médias font de la propagande anti-islam, éveille le patriotisme occidentale qui justifie la guerre contre l’État Islamique et l’occupation militaire du moyen-orient. La propagation d’idées racistes contribue à renforcer l’identité nationale et à maintenir une classe d’exploités blancs fiers.

Nous avons choisi de vandaliser ce commerce à la veille d’une manifestation de droite anti-immigration au poste frontalier de Lacolle, organisée par Storm Aliance, un autre groupe d’extrême-droite. Comme de fait, Robert Proulx y était présent. Paraîterait-il que sur Facebook, il accuse Jaggi Singh d’être l’auteur de ces méfaits. Et bien, nous ne connaissons pas Jaggi Singh. Nous nous organisons de façon autonome et informelle. Tout le monde déteste les racistes et Robert Proulx.

Nous ne laisserons pas les discours racistes prendrent plus d’espace. Nous esperons que le message est assez clair.

Bienvenus à tous les immigrant.e.s, réfugié.e.s, sans papiers. Fuck les frontières. Fuck Québec, Fuck Canada, Fuck la suprématie blanche. Solidarité avec les peuples autochtones en lutte pour leur autonomie et leur dignité.

Voici une affiche a poser sur les murs.

Des anarchistes

Solidarité avec les réfugié-e-s, les migrant-e-s et les militant-e-s antifascistes

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Oct 092017
 

De Montreal-Antifasciste

Montréal, 30 septembre 2017 — Depuis plusieurs mois déjà, nous assistons dangereusement à la montée des idées et des groupes d’extrême droite au Québec. En parallèle, plusieurs groupes antiracistes et antifascistes émergent afin de combattre les idées des xénophobes et des rétrogrades. Ils se rencontrent, se mobilisent et s’entrainent afin de résister aux discours haineux de l’extrême droite. En ce sens, nous vous encourageons à joindre ces groupes, à en créer de nouveaux et à multiplier les actions, bref, à vous mobiliser.

Le 30 septembre se tenaient deux rassemblements à Saint-Bernard-de-Lacolle, d’un côté les racistes et xénophobes, de l’autre les antifascistes et antiracistes. Une bannière a été installée à Montréal en solidarité avec les migrant-e-s et réfugié-e-s, mais aussi avec les militant-e-s antifascistes. De plus, nous avons choisi l’entrée du quartier Hochelaga-Maisonneuve pour  riposter aux collants réactionnaires qui ont été apposés la semaine dernière sur les portes du métro Joliette.

Nous voulons rappeler aux « stormers » et leurs sympathisants ainsi qu’à tous les groupes s’opposant de quelque façon que ce soit à l’immigration qu’ils se trompent. Ils se trompent lorsqu’ils pensent que l’immigration est la source des maux de notre société. Le problème est systémique, il vient du capitalisme et des frontières elles-mêmes. L’ennemi n’est pas l’autre, l’immigrante ou le réfugié. Les ennemis sont les Bouchard, Beaudoin et Desmarais de ce monde (Couche-Tard, Bombardier, Power Corp.). Eux qui nous plongent dans la précarité, qui veulent nous faire croire que notre intérêt est le leur. Eux qui pointent d’une main et tiennent le bâton dans l’autre. Ils sont l’incarnation de tout ce qui nous pourrit la vie, car, eux, ils ont les privilèges que nous n’avons pas contrairement aux réfugié-e-s et migrant-e-s.

Si l’ONU ne croit pas qu’il y ait de « crises des migrants » au Québec, nous non plus. Il n’y a pas d’invasion, mais il y a certainement du racisme. Nos frontières deviennent des passoires pour la circulation du capital, alors qu’elles se resserrent pour les migrant-e-s.Notre ennemi n’est pas l’être humain qui tente de se déplacer. Notre ennemi est l’élite qui voit ses pouvoirs s’accroître sans cesse par une économie frauduleuse et déterminée d’avance, une élite qui n’a d’intérêt que la défense de ses propres privilèges.

Nous voulons rappeler à l’extrême droite, qui cherche elle aussi à conserver ses privilèges, qu’elle n’est pas la bienvenue dans nos rues ni nos villes, elle y est en danger. À l’inverse, nous souhaitons la bienvenue aux réfugié-e-s et aux migrant-e-s, que nous considérons comme nos égaux.

Organisons-nous, combattons le racisme et combattons l’extrême droite!

L’antifascisme vaincra!

Des Anti-fascistes Bloquent L’Extrême Droite À La Frontière

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Oct 092017
 

De Sub.media

Le 30 septembre 2017, des anti-fascistes ont convergé vers Lacolle à la frontière canado-américaine pour montrer leur support aux migrants et faire face au groupe d’extrême droite Storm Alliance. Alors que le groupe dit qu’il n’est pas raciste, plusieurs individus dans ses rangs sont des nationalistes blancs et néo-nazis connus.

Soutien à la grève générale : non à la répression politique en Catalogne

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Oct 092017
 

De IWW-Montreal

Les IWW Montréal est en solidarité aujourd’hui avec la population de la Catalogne, nos camarades de la CNT, mais aussi avec les syndicalistes catalans qui se mobilisent et appellent à la grève générale pour faire valoir le droit à l’autodétermination de la population catalane et dénoncer la violence de l’État espagnol.

Depuis l’annonce d’un référendum pour l’indépendance de la Catalogne, l’État espagnol a utilisé autant les tribunaux que la force pour empêcher la tenue du scrutin. Que ce soit les menaces d’emprisonnement, l’annonce du blocage des bureaux de scrutin, la mobilisation de milliers de policiers, l’arrestation de poseurs d’affiches, les perquisitions, une présence armée dans les rues, l’État espagnol a usé de la force pour nier un droit fondamental : le droit à l’autodétermination.

Nous sommes donc devant le consulat espagnol aujourd’hui pour dénoncer la violence et le mépris de l’État espagnol à l’égard de la Catalogne. Nous sommes également ici pour apporter notre soutien et notre solidarité au peuple catalan et témoigner du courage de nos camarades de la CNT et des syndicats alliés, qui se mobilisent, appellent à la grève générale et font des actions pour faire respecter le droit en Catalogne et dénoncer la répression de l’État.

Nous demandons donc à l’État espagnol de cesser cette campagne violente, ce bris des droits collectifs, la répression politique et l’usage de la force à l’endroit de la population catalane.

Toute notre solidarité avec les travailleuses et les travailleurs, les syndicalistes catalans ainsi que la population de la Catalogne, votre voix sera entendue!

Les IWW Montréal

Panorama des luttes passées et à venir en Gaspésie

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Sep 232017
 

De IWW-Montreal

1909- Partout en Gaspésie, la pêche est menée par des compagnies étrangères de l’île de Jersey, avec en tête la Charles Robin, Collas and Co. Charles Robin est de loin, le pire des employeurs ; il met en effet sur pied le «système Robin» : celui-ci assure une loyauté obligée du pêcheur envers le commerçant. Pour ce faire , s’il veut acquitter sa dette accumulée durant l’hiver dans le magasin général tenu par le même commerçant, le pêcheur ne peut voir qu’une solution : accroître la quantité de morues pêchées la saison suivante. Cependant, comme c’est Robin qui décide le prix des produits et des prises, le remboursement est, à chaque saison, loin d’être complet.

Septembre 1909, les pêcheurs apprennent que les marchands fixent le prix du quintal de morue à 3,50$ alors qu’ils s’attendaient à 5 piastres. La situation est claire : on doit agir collectivement dans l’intérêt de tous et toutes. C’est donc avec la peur au ventre, mais le poing levé, que les pêcheurs entament leurs revendications le quatrième jour de septembre. Partant de petits villages près de Rivière-au-Renard, la population entame une marche qui la mène jusqu’au lieu où se trouve les commerçants ,avec la ferme intention de mettre fin à plus d’un siècle d’exploitation.

La suite de l’histoire est prévisible, les marchands font appel aux forces armées pour assurer leur sécurité, la répression est mise en place, il y aura mort, blessés, emprisonnement chez les pêcheurs et les revendications seront refusées. Cependant, quelques années plus tard, les pêcheurs s’organiseront en coopératives pour battre le monopole en place et se libéreront ainsi de l’emprise directe des commerçants. La révolte des pêcheurs fut le premier pas vers leur émancipation face à des employeurs sans scrupules. À travers ce mouvement collectif, les pêcheurs n’apprirent non pas qu’à revendiquer de meilleurs conditions de la part de leurs patrons, mais surtout, ils comprirent qu’ils devaient s’organiser de manière à pouvoir se passer d’eux.

1957- Plus connue et récemment soulignée dû à son 60ème anniversaire : la grève des mineurs de Murdochville en Gaspésie . La principale cause de cette grève fut le refus patronal de l’affiliation des ouvriers et ourières à un syndicat plus combatif versus le syndicat de boutique et catholique auquel il-les était affilié-es. Cette grève fut aussi fortement réprimée et aucun gain direct ne fut obtenu par les grévistes. Deux d’entre eux moururent durant le conflit, environ 500 furent congédiés pour être remplacés par les scabs. Cependant, on reconnaît aujourd’hui que ce soulèvement, en plein règne Duplessiste, fut le déclenchement de nombreux autres mouvements sociaux. Il força la mise en place de quelques réformes allant vers l’amélioration partielle des conditions de travail et surtout, vers le droit pour les travailleurs et travailleuses de choisir le syndicat de leur choix au lieu d’un système de représentation des ouvriers et ouvrières. Ce système de représentation, souvent mis en place par le patronat, favorisait en effet une paix permanente entre les deux parties. Malgré cette victoire, cette culture syndicale héritée des syndicats catholique perdure toujours.

Ainsi, derrière une image de destination vacances, la Gaspésie, à travers son histoire depuis la colonisation, est le théâtre d’importantes batailles entre forces productives vs les détenteurs de capitaux et leurs moyens de productions. Bien entendu, ce rapport de domination des seconds sur les premiers est toujours d’actualité.

Parlant de destination vacances, le travail saisonnier lié à l’industrie du tourisme est ici un secteur économique de premier ordre. Les petits commerçants, dans le domaine de la restauration par exemple, doivent profiter de de la manne estivale pour accumuler le capital nécessaire pour maintenir à flots leur entreprise et leur rythme de consommation à l’année, tandis que l’employé-e espère accumuler suffisamment d’heures pour pouvoir collecter son chômage en vue de sa mise à pied une fois la saison terminée ou, s’il ou elle est étudiant-e, pour tenter d’accumuler le nécessaire pour survivre à une année scolaire. Donc, les employé-es saisonnier-ères doivent produire de manière intensive durant la saison estivale et ce, malgré la faiblesse du salaire reçu. Le petit commerçant dira alors devoir offrir des petits salaires durant l’été pour engranger des économies suffisantes et des petits salaires le reste l’année, pour tenir jusqu’à la saison suivante.

Voilà ce qui m’amène à parler d’une première difficulté dans le domaine de l’organisation et de la revendication. C’est qu’il semble difficile, dans ce contexte, de revendiquer de meilleures conditions de travail sans se faire reprocher de s’en prendre «aux petits commerces qui font vivre l’économie locale». Le prétexte de la «précarité économique» des petits commerces gaspésiens semble justifier, aux yeux de plusieurs, la précarité des travailleurs, travailleuses et étudiant-es gaspésien-nes. Ainsi, les personnes travaillant d’arrache-pied dans les cuisines, les salles à manger, les cafés, les boutiques diverses pour que les touristes se sentent reçu-es comme roi et reine, jouent éternellement le rôle de support économique jetable et bon marché au service des patrons et des touristes.

Une autre difficulté d’ici dans le même domaine semble provenir du fait que dans ce milieu où tout le monde se connaît, les situations conflictuelles semblent devoir être évitées à tout prix, de peur qu’elles n’affectent les relations sociales hors travail et que les noms des personnes concernées ne deviennent synonymes de «trouble maker» et ainsi entraîner pour elles une certaine exclusion du marché du travail, problème moins présent dans l’anonymat des grands centres urbains.

Une troisième difficulté est le caractère de courte durée de la saison durant laquelle ce type d’emplois abondent. Un changement de culture est long à effectuer et demande une implication constante de nombreuses personnes. Bon nombre de ces travailleurs et travailleuses n’étant que de passage, ils et elles laissent derrière eux et elles les même conditions de travail qu’à leur arrivée, se disant que de toute façon ce n’est que temporaire. La saison hivernale serait donc le bon moment pour s’organiser avec celles et ceux qui héritent de cette situation de précarité à l’année.

Outre cela, on nous chante ici souvent la promesse de jours meilleur grâce à l’arrivée de la grande industrie : pâte et papier (la Gaspésia), ciment (ciment McInnis à Port-Daniel), pétrole (Pétrolia), industrie de l’éolienne (LM windpower)etc. Ces géants industriels, en collaboration avec l’État qui les finance, se présentent comme les sauveurs de la région. «Ils apporteraient emplois et prospérité», alors qu’à de nombreuses reprises, ce type de modèle économique n’engendre que chômage et dévitalisation. En effet, sauf dans le cas de LmWindpower qui engage plusieurs centaines de travailleurs et de travailleuses, ces industries préconisent l’achat d’équipement automatisé et n’apporte ainsi que quelques emplois qui disparaîtront aussitôt que l’entreprise subira les soubresauts d’une quelconque crise économique à Wall Street ou d’une décisions administrative prise très loin d’ici. Ainsi, elles laisseront derrière des personnes sans revenu et des ruines polluantes. Bref, il me semble qu’une organisation du travail fait par et pour les travailleurs et travailleuses dans l’optique d’une amélioration de la qualité de vie de tous et toutes serait sans doute supérieure à une distribution du travail par des dirigeants d’entreprises et d’état, décidant de produire tout et n’importe quoi, pourvu qu’il y ait un profit à en tirer pour les uns et pour les autres que leurs promesses électorales de création d’emplois semblent être tenues, au risque d’ajouter d’autres cicatrices sociales et environnementales dans la région.

Pour conclure, tout au long de leur histoire, les gens d’ici ont supporté d’intolérables traitements de la part d’élites économiques et politiques, autant sur la mer qu’au fond de la mine en passant par l’usine. Par contre, l’histoire populaire nous montre aussi que quand il est temps de se serrer les coudes entre camarades pour améliorer nos conditions, la passion, l’organisation et l’action sont au rendez-vous. Un long travail reste à faire pour déconstruire les préjugés qui divisent la population ouvrière, surtout ceux visant les personnes sans emplois, ou entre travailleurs et travailleuses permanent-es et saisonniers (chômeurs et chômeuseuses saisonnier-es). Aussi, avec un nouveau «chapitre» du groupe d’extrême droite La Meute en Gaspésie, la question du racisme et du fascisme devient prioritaire, sans oublier les luttes contre le sexisme, l’homophobie, luttes autochtone etc. Le SITT-IWW compte ici très peu de membres actuellement, mais son développement dans la région me semble fort pertinent et même urgent. Sur ce, s’il y a des personnes intéressées à venir «salter» dans le coin, gênez-vous pas!