May 062018
 

De It’s Going Down

Bloquez les flux des capitaux et des énergies fossiles. Construisez de nouvelles relations et de nouveaux mondes à travers la lutte. Combattez où vous le pouvez. Rencontrez-vous. Du 12 au 19 mai et à chaque jour.

Dans notre vie quotidienne, dans les écosystèmes que nous habitons, dans les conditions météorologiques toujours plus étranges et violentes auxquelles nous sommes sujet.te.s, et même dans les médias capitalistes les plus mainstream, nous sommes bombardé.e.s par la preuve terrible d’une certitude que nous avions depuis longtemps : les changements climatiques catastrophiques n’iront qu’en s’aggravant à mesure que plus de combustibles fossiles sont extraits et brûlés. Parallèlement, une multitude d’autres crises, écologiques et humaines, nous affectent. Face à cette situation, on prétend qu’il n’existe que trois options: le déni, le désespoir et la délégation à des ‘experts’, à ceux qui sont ’employés’ à régler ces problèmes – par les moyens mêmes qui nous ont mené.e.s. ici.

Cependant, autour du monde, des esprits braves et compatissants ont montré qu’il est aussi possible de choisir la résistance. De l’opposition à la défiguration minière des Appalaches à la rébellion contre Shell Oil dans le delta du Niger, des blocages d’oléoducs à travers l’Île de la Tortue (‘l’Amérique du Nord’), à toutes les personnes qui ont tenu tête à ceux qui menacent leurs terres, contre le pillage et la dévastation, nous avons des milliers d’exemples de communautés qui se mobilisent sans l’État et contre lui pour défendre et prendre soin de ce qu’elles aiment et ce dont elles dépendent.

À travers la résistance, nous renforçons les liens humains et non-humains qui nous tiennent vivant.e.s et puissant.e.s. Aux soi-disant ‘États-Unis’, nous avons vu une génération ressurgir à travers l’opposition au Dakota Access Pipeline à Standing Rock. Au ‘Québec’, le blocage du point d’extraction Galt de Junex quelques mois plus tard a créé l’enthousiasme et a développé de nouvelles relations aux territoires. L’État cherchera toujours à nous diviser et à nous affaiblir par la peur et la cooptation – pour déjouer leurs stratégies, nous devons nous rappeler nos forces : l’attention et le soin que nous nous portons, le courage de nos actions.

Ceci est un appel à une multitude d’actions contre les infrastructures de l’économie des énergies fossiles. Le projet capitaliste de destruction et de dépossession apparaît souvent comme tout-puissant. Il revient à nous de montrer la vulnérabilité des connexions du système. Ceci est donc une invitation à agir de la manière la plus sensée en regard des expériences et situations des communautés et des individus. Il n’existe aucune limite quant aux possibilités de résistance.

Quelques idées pour s’orienter :

-Quelles infrastructures d’énergie fossile sont actives dans votre région? Oléoducs, mines, raffineries, puits, machinerie, matériel, chaîne d’approvisionnement, capital…

-Quels sont les points critiques et les zones vulnérables? Dans un rapport avantageux entre perturbation et risques : qu’est-ce qui peut être fait?

-Quel est le contexte social dans lequel vous vivez? Qu’est-ce qui affecte directement la vie de la communauté, qu’est-ce qui fait sens pour elle? Quel est votre rapport au territoire et aux gens qui l’habitent?

-Toute lutte nécessite une large variété de tâches pour survivre, s’amplifier, se généraliser. L’organisation, la publication, la cuisine, l’écriture, l’art, le réseautage, la réflexion, l’action directe clandestine ou ouverte de plusieurs natures, la fête, le soutien technique… Quels sont les luttes actives et leurs besoins dans votre région? Qu’êtes vous capables de faire et qu’est-ce qui vous attire?

-Quelles sont les formes de vie et de résistances autochtones autour de vous présentement et historiquement?

Contre leur monde, renforçons-nous en inventant les nôtres et en s’inventant nous-même.