Oct 102018
 

De Dure Réalité

Le 1er octobre dernier, les abstentionnistes ont tenu plusieurs événements à Montréal contre les élections. Voici un petit retour sur cette soirée riche en émotions.

Dure Réalité s’était associé au Revolution Fest pour proposer une soirée de financement et de lancement pour le festival de musique anticapitaliste, féministe et antifasciste qui s’est tenue les 4-5-6-7 octobre. La soirée avait lieu au Pub Les Sportifs en plein coeur du quartier populaire Centre-Sud. Tout en humour, cette soirée anti-éléctorale a permis à près de 70 personnes de passer une bonne soirée et de lever des fonds pour la bonne cause. Au programme : encan, moitié-moitié et bingo ont agrémenté la soirée tandis que l’assistance réagissait en chantant aux discours des «chef.fe.s», aux larmes de Philippe Couillard, aux défaites cinglantes de Jean-François Lisée et de Michelle Blanc, notamment.

Dès le début de la campagne électorale et en l’absence d’une gauche sociale et combative au Québec (allô Québec Solidaire!), nous savions que le résultat des élections ne nous surprendrait pas : la bourgeoisie au pouvoir, protégée par les flics et amie des patrons. Avec l’éléction d’un gouvernement majoritaire de la CAQ de François Legault, nous n’avons en effet pas été estomaqué.e.s…

Néanmoins, puisque nous ne pouvions pas influencer l’issue de ce jeu truqué, nous avons décidé de prendre cette soirée à la légère. Bref, un gros moment de bonne humeur pour se donner le courage de se retrousser les manches pour les 4 prochaines années que nous allons passer à défendre nos droits avec nos deux armes favorites : la solidarité et la mobilisation dans la rue.

AbstentionDurant la soirée, avait aussi lieu deux autres événements contre les élections. Nos amis ingouvernables du Grand Banquet avaient décidé de fêter ça dans la rue. Plus de 250 personnes ont répondu à leur appel à partir de 18h au Parc Lafontaine. Au programme: spectacle de rue, cracheurs de feu, cirque, DJ set, bière et pizza gratuite. Par la suite, à l’annonce de l’élection d’un gouvernement réactionnaire, une manifestation joyeuse et sauvage, réunissant environ 150 personnes a pris la rue. Elle a rapidement heurté un cordon de police qui s’est fait attaqué avec beaucoup de détermination (pierres, bouteilles, pièces pyrotechniques…). N’oublions pas que la police se dresse toujours entre nous et la vie que nous voulons!

La manifestation a été dispersée à grand renfort de gaz lacrymogène, et la hasard à voulu que cela se passe à quelques mètres seulement de l’Usine C où avait lieu la piteuse soirée électorale du Parti Québécois. Une personne sur place nous a confirmé que l’ambiance maussade à l’intérieur a alors carrément virée à la panique. Nous ne pouvons que nous en réjouir!

Abstention3Plus tôt dans la soirée avait lieu une autre manifestation, celle-ci appelée par le Parti Communiste Révolutionnaire (PCR). Une trentaine de personnes se sont rassemblées au carré Berri, ont allumé des fumigènes et ont fait un grand feu de pancartes électorales. Si l’ambiance avait un certain swag, on ne s’étonnera pas que le PCR ait réuni aussi peu de monde malgré une mobilisation intensive. En effet le groupe a réussi à se mettre à dos la quasi-totalité des forces révolutionnaires de Montréal, par son attitude sectaire et ses positions transphobes. Si nous en parlons c’est donc plus pour évoquer ce qui s’est passé autour de ce rassemblement.

 

 

 

 

En effet, deux néo-nazis avec un drapeau du Kekistan étaient présent afin de troller le PCR et de célébrer la future victoire de la CAQ de François Legault, vu par l’Alt-Right comme le Donald Trump du Québec…

C’est quoi le Kekistan? Le Kekistan c’est le safe space virtuelle de l’alt-right, «la droite alternative» née aux USA. Si ses membres tentent par tous les moyens d’entretenir le flou politique, on peut sans aucun doute qualifier ce mouvement de «néo-nazi». Un petit exemple éloquent : le drapeau du Kekistan est une version détournée du drapeau de la Wehrmacht, l’armée allemande durant l’époque nazie. La couleur verte provient de la mascotte de l’alt-right, Pepe The Frog.