
Soumission anonyme à MTL Contre-info
Hier soir, nous nous sommes rassemblés au Boisé Vimont pour préparer le terrain en vue de contrer l’installation d’une clôture prévue par le CIUSS de l’Ouest qui souhaite « sécuriser le Boisé » (sic) face à la présence de personnes vulnérables au terrain vague.
Pour s’assurer de bien nuire aux travaux, nous avons empilé dans la zone visé par les travaux les troncs et branchages que le CIUSS a coupé sans permis il y a deux semaines. Tas de branches et restes de clôture acceuilleront les travailleurs quand ils viendront pénétrer dans le Boisé. Nous nous sommes aussi efforcés de bien démontrer notre capacité à démanteler une clôture, libérant ainsi le Boisé d’une vieille clôture inutile qui traînait sur le passage. Au cas où le message ne serait pas assez clair, nous avons affiché plusieurs bannières pour bien se faire comprendre : « Faut loger, pas expulser ! » et « Pour un Boisé ouvert, une riposte populaire ! »
Au début septembre, la direction du CIUSS de l’Ouest, l’institution propriétaire du Boisé Vimont (une des portes d’entrée du terrain vague, dans Hochelaga), a commencé la mise en œuvre de son plan visant à « améliorer la sécurité au Boisé Vimont ». Un langage de bureaucrate qui consiste à dire qu’elle a procédé froidement à l’expulsion et au démantèlement des campements des personnes en situation d’itinérance qui logeaient au Boisé. Elle a également adopté et affiché de « nouveaux règlements » visant à « encadrer les comportements pouvant compromettre la sécurité ». Finalement, elle a abattu (sans permis) tous les arbres qui se trouvaient sur le tracé d’une clôture qu’elle compte maintenant installer pour empêcher le libre passage des personnes qui fréquentent les lieux.
Sous couvert de « sécuriser » le Boisé pour le rendre accessible aux usager.e.s du CHSLD Grace Dart et aux personnes (logées et convenables) du voisinage, le CIUSS de l’Ouest procède en fait à un véritable nettoyage social, une action volontaire d’exclusion des personnes les plus vulnérables, ainsi qu’à une privatisation matérielle et concrète de cette partie du terrain vague qu’elle souhaite fermer, surveiller et contrôler. L’opération coûtera 400 000$ de fonds publics, argent qui auraient pu, doit-on le dire, être utilisée en soutien aux personnes vulnérables.
Depuis plusieurs semaines, des personnes se mobilisent pour nuire au plan du CIUSS. Un premier blocage des travaux d’installation de la clôture avait eu lieu le 14 septembre et a pu retarder le début des travaux. Notre action vise la même chose : nuire et empêcher la privatisation des lieux, dénoncer l’expulsion de nos voisin.e.s qui y campaient, affirmer que le Boisé, comme tout le terrain vague, n’appartient à personne, et certainement pas à ses propriétaires fonciers. Nous nous joignons à toute la communauté qui, depuis 10 ans maintenant, se bat pour faire du terrain vague (de ses friches et ses boisés) un espace commun accueillant, populaire et vivant.
Comme le disent les ami.e.s des soulèvements du fleuve en reprenant un slogan qui a déjà 10 ans: « Le terrain vague restera vague. Son devenir est inappropiable : pour tout le monde, mais à personne. »





