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Grande manifestation contre la haine et le racisme

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Nov 092017
 

De Manif 12 novembre

12 novembre, 14h00 à Montréal – Place Émilie-Gamelin

APPEL ET GROUPES SIGNATAIRES

Un climat toxique!

Depuis plusieurs années maintenant, nous assistons à la montée d’un discours raciste et haineux dans l’espace public québécois. La « charte des valeurs » du Parti québécois en 2013, l’élection de Donald Trump aux États-Unis et la montée des partis populistes et xénophobes en Europe ont galvanisé le développement d’une extrême-droite bien de chez nous. Celle-ci se dévoile au grand jour et multiplie les coups d’éclats et polémiques racistes. Loin de la refroidir, l’attentat à la mosquée de Québec semble avoir propulsé son discours haineux, de plus en plus banalisé, dans l’espace public. Les groupuscules xénophobes et racistes ont depuis multiplié les manifestations, organisé une campagne victorieuse contre un cimetière musulman à Saint-Apollinaire, diffusé un discours xénophobe à l’endroit des demandeuses et demandeurs d’asile Haïtien.ne.s, et ont même réussi à normaliser la peur et l’intolérance dans l’espace public et à légitimer leurs organisations pourtant fondées sur la haine. Les politicien.ne.s et chroniqueurs-poubelles ne sont pas en reste dans le développement de cette ambiance morose. Ils jouent par opportunisme au pyromane en alimentant les flammes de l’intolérance, tout en ignorant la violence grandissante de l’extrême-droite québécoise.

C’est assez! Reprenons l’initiative!

Au cours des derniers mois, plusieurs groupes ont commencé à s’organiser en réponse à ce climat qui s’aggrave rapidement. Des contre-manifestations ont été organisées à plusieurs reprises pour riposter aux rassemblements de l’extrême-droite. Des contre-discours ont été produits et diffusés afin de démasquer la haine et le racisme latents de ces organisations. Malheureusement, l’extrême-droite continue d’avoir le vent dans les voiles.

Malgré cela, nous savons que nous sommes des milliers de québécois.e.s inquiet.e.s et outré.e.s de cette situation. Le 12 novembre prochain, appelons toutes les personnes qui s’opposent au racisme, à la haine et à l’extrême-droite à descendre massivement dans les rues pour faire entendre notre indignation collective. Prenons la parole! Prenons la rue!

  • Opposons-nous au racisme, au colonialisme, au machisme, à la transphobie, à l’islamophobie et à toutes les formes de haine véhiculées par l’extrême-droite
  • Défendons une société sans frontières, solidaire et inclusive
  • Dénonçons le capitalisme et l’austérité qui sont eux — et non pas les immigrants ou les personnes racisées — à l’origine de la misère et de l’insécurité grandissante dans notre société
  • Appelons à descendre massivement dans la rue le 12 novembre à Montréal

GROUPES SIGNATAIRES (en date du 8 novembre)

À deux mains
Action terroriste socialement acceptable (ATSA)
Alternative Socialiste
Alternatives
Antre-Jeunes inc.
Apatrides anonymes
Association de développement des arts martiaux adaptés (ADAMA)
Association départementale des étudiants en philosophie de l’université de Montréal (ADÉPUM)
Association des étudiantes et des étudiants aux cycles supérieurs de l’éducation (ACSE) de l’Université de Montréal
Association des étudiantes et étudiants de la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM (ADEESE-UQAM)
Association des juristes progressistes (AJP)
Association des Musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec (AMAL-Québec)
Association du Baccalauréat en Études Internationales et Langues de Laval (ABEILL)
Association étudiante de Travail social de l’UQAM (AETS-UQAM)
Association étudiante des cycles supérieurs de science politique de l’UQAM (AECSSP)
Association Étudiante du Cégep de Sainte-Foy (Québec)
Association étudiante du secteur des sciences de l’UQAM (AESS-UQAM)
Association étudiantes du Cégep Saint-Laurent (AECSL)
Association facultaire étudiante de Science politique et droit (AFESPED)
Association facultaire étudiantes des sciences humaines de l’UQAM (AFESH-UQAM)
Association générale des étudiantes et étudiants du cégep de Lionel-Groulx (AGEECLG)
Association générale des étudiants et étudiantes prégradué(e)s en philosophie de l’université Laval (AGEEPP)
Association générale étudiante du cégep de Bois-de-Boulogne (AGEBdeB)
Association générale étudiante du cégep de Drummondville (AGECD)
Association Les Chemins du Soleil (Centre communautaire de loisir, Centre-Sud)
Association of McGill University Support Employees (AMUSE)
Association pour la défense des droits sociaux – Outaouais (ADDS)
Association pour la voix étudiante au Québec/Association for the Voice of Education in Quebec (AVEQ)
Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ)
Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI)
Association Québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues (AQPSUD)
Black Lives Matter – Montreal
Bouffe contre le fascisme / Food Against Fascism (Montréal)
Café Coop Touski
Centre d’appui aux Philippines – Centre for Philippine Concerns (CAP-CPC)
Centre d’éducation et d’action des femmes (CÉAF)
Centre de Santé Meraki
Centre des femmes d’ici et d’ailleurs (CFIA)
Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI)
Centre International de Documentation et d’Information Haïtienne, Caribéenne et Afro-canadienne (CIDIHCA)
Centre sur l’asie du sud (CERAS)
Cercle des Premières Nations de l’UQAM
Chinois Progressistes du Québec/Progressive Chinese of Québec (PCQ)
Cinema Politica Corcordia
Cinéma sous les étoiles
CKUT 90.3 FM
Climate Justice Montreal
Coalition BDS-Québec
Coalition Main rouge
Collectif des femmes sans statut de Montréal
Collectif Emma Goldman – Saguenay
Collectif Étudiant de Lutte pour des Lieux Urbains Libérés (CELLUL)
Collectif Hamamélis (Sherbrooke)
Collectif opposé à la brutalité policière (COBP)
Comité B.A.I.L.S. de Hochelaga-Maisonneuve
Comité d’action des personnes sans statut (CAPSS)
Comité d’action féministe contre les discriminations (CAFÉD) de l’Association étudiante des cycles supérieurs de science politique de l’Université de Montréal (AECSSPUM)
Comité d’Écologie et d’Actions Sociales (CÉAS) du Cégep de Victoriaville
Comité Libertad – Cégep du Vieux-Montréal
Comité logement du Plateau Mont-Royal
Comité logement Rosemont
Comité populaire Saint-Jean-Baptiste
Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL)
Comité Québec con Ayotzinapa
Comité social centre-sud
Concordia Student Union (CSU)
Concordia Students in Solidarity for Palestinian Human Rights (SSPHR-Concordia)
Conseil central du Montréal métropoliticain de la CSN (CCMM-CSN)
Convergence des luttes anti-capitalistes (CLAC)
DIRA
Divest McGill
Étudiant-e-s Socialistes Université Laval
Étudiant-es socialistes de l’UQAM
Fédération des femmes du Québec (FFQ)
Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN)
Femmes et féminismes en dialogue
Festival contre le racisme de Québec
Fine Arts Student Alliance (FASA)
Football Antiraciste – Montréal
Front Commun Montréal
Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)
Front d’action socialiste
Funambules Médias
GAPPA
GARAM MASALA (Groupe d’Action Révolutionnaire sud-Asiatique de Montréal / Montreal Alliance of South Asian Leftists and Allies)
Gerald and Maas
International Women’s Alliance
IWW Québec
Jeune garde
Justice pour les Victimes de Bavures Policières / Justice for Victims of Police Killings Coalition
l’Association Étudiante d’Anthropologie de l’Université de Montréal (AEAUM)
La flèche rouge
La Fondation Canado-Palestinienne du Québec
La librairie l’Euguélionne
La ligue internationale de lutte des peuples – International League of Peoples’ Struggle (LILP-ILPS)
La Marie debout!
La Riposte socialiste / Fightback
Le Collectif de résistance antiraciste de Montréal (CRAM)
le collectif les mécaniciennes
Le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS)
Librairie L’Insoumise
Mandragore, bibliothèque queer
McGill Black Students’ Network
McGill Students in Solidarity for Palestinian Human Rights (SSPHR-Mcgill)
McGill’s Social Worker’s Student Association (SWSA)
Montréal Antifasciste
Montreal Sisterhood
Montréal-Nord Républik
Mouvement Action-Chômage de Montréal
Mouvement Contre le Discours de Haine – Québec
Mouvement d’éducation populaire autonome de Lanaudière (MÉPAL)
Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MÉPACQ)
Mouvement Étudiant Révolutionnaire / Revolutionary Student Movement (MER-RSM)
Mouvement québécois pour la paix
Ni Québec, ni Canada : projet anticolonial
Outrage au tribunal: Clinique juridique par et pour les militantes et militants
P!NK BLOC Montréal
Palestiniens et juifs unis (PAJU)
PINAY (Filipino Women’s Organization in Quebec)
POPIR-Comité Logement
Projet accompagnement Québec-Guatemala
Projet Accompagnement Solidarité Colombie (PASC)
Psychoéducation Sans Frontières
Qouleur
QPIRG Concordia / GRIP Concordia
Québec inclusif
Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et Chaudière-Appalaches (RÉPAC 03-12)
Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ)
Regroupement des étudiantes et étudiants en Sociologie de l’Université Laval (RESUL)
Regroupement des Organismes Communautaires des Laurentides (ROCL)
Rencontre interculturelle des familles de l’Estrie (RIFE)
Réseau d’action des femmes en santé et services sociaux (RAFSSS)
Réseau des lesbiennes du Québec; femmes de la diversité sexuelle
Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE)
Secours Rouge Canada
Semaine d’actions contre le racisme (SACR)
Société Générale des Étudiantes et Étudiants du Collège de Maisonneuve (SOGEECOM)
Solidarité pour les droits humains des Palestiniennes et Palestiniens – Université de Montréal (SDHPP-UdeM)
Solidarité pour les droits humains des Palestiniennes et Palestiniens – UQAM (SDHPP-UQAM)
Solidarité sans frontières – Sherbrooke
Solidarité sans frontières / Solidarity Across Borders
SoPhiA Concordia – Students of Philosophy Association
South Asian Women’s Community Centre / Centre communautaire des femmes sud-asiatiques
Stella, l’amie de Maimie
Students’ Society of McGill University (SSMU)
Syndicat des étudiant.e.s salarié.e.s de l’Université de Montréal (SESUM)
Syndicat des étudiants et étudiantes employé.e.s de l’UQAM (SÉTUE-UQAM)
Syndicat du soutien à l’enseignement à McGill (AGSEM)
Syndicat étudiant du cégep de Marie-Victorin (SECMV)
Syndicat industriel des travailleurs et travailleuses de Montréal (SITT-IWW Montreal)
Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI)
Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB)
Table régionale des centres de femmes Montréal métropolitain-Laval
Table régionale des organismes volontaires d’éducation populaire de Montréal (TROVEP)
Tadamon! Montréal
The Leap
The March 8 Committee of Women of Diverse Origins / Le Comité 8 mars des femmes de diverses origines
The New School at Dawson College
The School of Community and Public Affairs Students’ Association (SCPASA)
Unceeded voices – Decolonizing street art
Union des Africains du Québec et Amis Solidaires de l’Afrique (UAQASA)
Union for gender empowerment (UGE)
Voix juives indépendantes VJI / IJV

Il faut bien commencer quelque part

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Nov 092017
 

De Liaisons

À lire aussi : Expériences de l’émeute du 20 août

Dans les derniers jours, semaines et mois, de nouvelles affiches et autres tags ont fait leurs apparitions sur le territoire de la ville de Québec, des signes visibles de gens qui on fait le pari de se lier au monde en laissant leurs marques sur les murs de la ville.

Que l’on connaisse leur identité ne nous fait aucune importance. Liaisons est le masque par lequel illes deviennent anonymes au pouvoir et ouverts sur le monde ; la partie visible, réflexive et informative de l’iceberg. Ce qui nous importe vraiment ce sont les liaisons qui se crées dans les failles du pouvoir et les actions pour les élargir.

C’est pourquoi nous faisons un appel

Nous faisons un appel simple : multiplions notre présence partout sur le territoire. Partout, décuplons les failles. Il n’y a pas, à ce titre, de limite à notre imagination praxéologique. Et pourquoi ne pas commencer par les murs ? Lançons un concours de poésie murale dans la ville de soi-disant Québec! Les photographies reçues par courriel seront publiées directement sur le site web de Liaisons (liaisons.resist.ca).

Profitons de cette occasion pour reprendre l’habitude et l’expérience d’agir ensemble, à la lueur de la lune. Faisons briller la nuit de mille feux!

Mais attention aux flics! Il faut agir vite, surveiller les alentours, contrôler tous les « citoyen.ne.s » qui souhaiterait jouer les héros de la propriété privés [bien que cela arrive assez rarement]. Nous ne sommes jamais trop prévoyant.e.s ou prudent.e.s. Si vous voulez un conseil ou deux, de par notre expérience :

  • Les taxis sont les pires snitchs, il faut les éviter comme on évite la police.
  • Si vous prenez-vous même les photos de vos oeuvres, utilisez des outils comme exiftool, qui vont permettre de supprimer des données comme la localisation de l’appareil et son modèle.
  • Parfois, si nous sommes attendus la nuit, le meilleur moment est peut-être tôt le matin, ou même, avec les bons équipements (stencil et sac pour le cacher), ou tout dépendant de l’endroit, en plein jour.

Allons-y!

Tu n’iras pas plus loin, Canada!

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Oct 262017
 

Soumission anonyme à MTL Counter-info

11 octobre 1869 : Il y a cent quarante ans, des experts du territoire envoyés par la nouvelle confédération canadienne fut confrontée par un groupe de Métis mené par Louis Riel. Les experts avaient été envoyés pour délimiter le nouveau tracé de propriété du Canada, une première étape dans la prise de contrôle du Canada sur les territoires de la Rivière Rouge. Ce groupe de Métis a physiquement arrêté leur travail alors que Riel leur annonçait : « vous n’irez pas plus loin ». Ainsi débuta la rébellion de la Rivière Rouge, un moment inspirant de la longue histoire non-achevée des luttes autochtones pour survivre et combattre le colonialisme et sa violence génocidaire à travers le continent.

Nous sommes des anarchistes non-autochtones et nous avons choisi de commémorer cette importante journée dans l’histoire de la résistance anti-coloniale en vandalisant le monument à la mémoire de John A. MacDonald à la Place du Canada à Montréal. Nous avons peint Ⓐ FUCK 150 DÉCOLONISONS.

2017 est une année marquée par les tentatives du canada pour célébrer ses 150 années d’existence. À travers elles, l’État tente d’accorder aux peuples autochtones une place dans un narratif déformé sur la construction d’une nation bâtie sur des terres volées, une tentative de génocide et l’assimilation. Face au cauchemar colonial en cours, nous ne voyons qu’une avenue possible : décoloniser et en finir avec le canada.

Vivent les peuples autochtones de l’Île Tortue!

Ni frontière, ni état, ni québec, ni canada!

Personne ne sera libre tant que tous.tes ne seront pas libres!

Le magasin du raciste Robert Proulx ciblé une deuxième fois

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Oct 242017
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Salut Robert Proulx,

Nous avons brisé les vitrines de ton magasin. Au moins, tu n’auras plus à nettoyer les affiches et la peinture qui y sont régulièrement appliquées. Nous t’avons détesté, toi et ton engagement dans «La Meute» depuis un certain temps déja. Grace au communiqué envoyé quand ton magasin a été attaqué le 30 septembre, nous avons enfin ton adresse.

Le 16 octobre, nous avons visité ton magasin au 6117 rue Bélanger et y avons défoncé la vitre. Nous avons eu la bonne surprise de voir qu’on nous avait précédé et que quelqu’un avait peint «RACISTE» en rouge sur le trottoir devant ton magasin. Visiblement, beaucoup de gens te détestent, Robert.

Comme nous voulions nous assurer que le voisinage comprenne qu’il ne s’agissait pas seulement de «vandalisme gratuit», nous avons distribué 40 tracts dans les alentours, explicitant ton racisme et ta xénophobie crasse.

En solidarité avec les réfugié.e.s et tous.tes ceux et celles ciblé.e.s par « La Meute ».

En solidarité avec quiconque combat les fachos, dans la rue, chez eux ou à leurs jobs.

Y’a pas de place pour les porcs racistes comme toi. À la prochaine Robert.

-Le comité Fuck Robert Proulx

Le fascisme c’est la répression impériale qui se renverse vers l’intérieur

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Oct 122017
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le fascisme c’est la répression impériale qui se renverse vers l’intérieur.
-Cope (2015), cité dans Kesīqnaeh

Suite à la manifestation qui s’est déroulée samedi à la frontière de Lacolle et qui s’intitulait « Ouvrez les frontières! », un graffiti signifiant ‘’DECOLONIZE’’ est apparu sur les berges d’un canal dans un quartier du sud-ouest de Montréal. Ce message nous permet d’expliciter certains liens entre la lutte de décolonisation en cours sur Turtle Island et les actions antifascistes. Dans Fascism & Anti-Fascism : A Decolonial Perspective, Kesīqnaeh dresse certains parallèles éclairants à propos de ces luttes tout en interrogeant la signification du fascisme pour les peuples autochtones qui combattent déjà la violence coloniale. Question d’être laconiques, quelques citations directement tirées du texte vous sont présentées ici même :

Kesīqnaeh soutient que :

« Le fascisme est atteint lorsque la violence des nations impérialistes a fait le tour du monde dans le cadre du développement du système capitaliste, moderne et parasitaire mondial puis revient visiter son berceau. »

[…]

« Dans le contexte d’une occupation coloniale, cette violence ne fait qu’un avec l’état d’exception visant à repousser les frontières, avec la liquidation et l’entreprise de civilisation des peuples autochtones qui vise l’obtention de terres pour établir la colonisation ainsi qu’avec le continuum du système carcéral qui a marqué l’existence noire sur ce territoire depuis l’esclavage domestique jusqu’à l’hyperghetthoisation. »

[…]

« Pour citer le Parti socialiste du peuple d’Afrique : “notre libération – et c’est ce que nous devons gagner – ne viendra que d’une lutte entièrement dédiée à renverser la relation coloniale dans laquelle nous sommes avec le pouvoir blanc“[1. African People’s Socialist Party. 2015. “Colonialism Trumps Fascism in U.S. Elections.” The Burning Spear, September 8. (Traduction libre par Montréal Contre Information)] ».

[…]

« La menace principale du fascisme envers les peuples colonisés n’en est pas une qui nous permettrait d’effectuer une translation entre un état où nous n’aurions pas été sujets à la violence généralisée à un état où nous lui ferions face. Il s’agit plutôt d’une menace qui stimule et accélère la logique éliminatoire et accumulative à la base du colonialisme exécuté par les colons. »

[…]

Contrairement à la perspective du « bon citoyen – bon patriote » construite dans les médias traditionnels et les médias sociaux par les groupes d’extrême droite québécois – par exemple, faire des signes de paix ou imiter des chants antifascistes dans une manifestation « Tout le monde déteste les racistes » – ces groupes sont bel et bien racistes, chauvins, anti-immigration et ultranationalistes. Ils sont organisés de façon hiérarchique, leurs membres et leurs meneurs se targuent de valeurs suprématistes blanches et se scandalisent à l’égard du gouvernement Trudeau. Cela étant, s’ils veulent réellement se confronter aux libéraux pourquoi mobiliser à la frontière de Lacolle? L’inconsistance de leur message trahit leur véritable croyance. Nous devons porter attention à la manière dont ils construisent leur discours (Qu’est-ce qu’il implique? Comment se construit-il? Quand et en relation avec quelles autres idées le prononcent-ils? Dans quel contexte une déclaration survient-elle?) Ce n’est pas seulement digne d’intérêt que de soulever certains arguments de l’extrême droite afin de montrer qu’elle s’appuie sur des informations fautives et une analyse politique extrêmement pauvre. Il faut plutôt penser aux effets qui sont recherchés et impliqués par ces perspectives sur le réel.

« Ils sont tous assoiffés de nouvelle frontière, de coloniser à nouveau, de territoires, de patrie blanche. En d’autres mots, ils sont assoiffés en vertu de l’accomplissement du rêve colon. » (Kesīqnaeh, 2017).

Aussi loin que ce graffiti sur un mur du canal dans le sud-ouest de Montréal puisse sembler de la teneur du propos ici exposé, il y a de réels rapports à établir. « DECOLONIZE » a été réalisé par des camarades impliqués au sein d’organisation et d’action antifascistes. Kesīqnaeh soutient que « si vous voulez vous battre contre le fascisme, vous devez décoloniser. » Les camarades tapis derrière ce message aposé sur la paroi du canal souhaitent que cette analyse politique s’inscrive dans la tête de tous ceux et toutes celles pour qui il importe de se soulever contre les groupes d’extrême droite actifs sur Turtle Island.

« DECOLONIZE » représente une présence esthétique qui ébranle l’infrastructure qui invisibilise le processus violent de colonisation qui a permis l’érection de condos et de commerces y étant liés d’émerger tout en apportant avec eux leur lot de résident.es et de patron.es qui ont peu de considération pour les structures et agencements violents dans lesquels ils s’enracinent. Ces infrastructures organisent la société en fonction d’aspirations qui déploient des récits anti-autochtones et anti-noir.es. Alors que le fascisme ne semble pas nécessairement en appeler à l’élite blanche et fortunée, ses valeurs idéologiques soutiennent le privilège et l’impunité de ceux qui compétitionnent pour accéder au pouvoir dans le climat socio-politique et économique actuel. Ces groupes de droite voient l’État, ses autorités policières (oui, ils ont applaudi lorsque les unités antiémeutes se sont présentées à Lacolle), ses frontières comme des formes de légitimation du pouvoir. Cependant, les frontières sont l’appareil d’un état colonial établi sur des territoires volés, l’esclavagisme et des politiques génocidaires. Ainsi, la frontière est illégitime et ceci constitue un appel à agir en correspondance avec cette dernière position.

Montréal contre Junex : une manifestation bloque un chemin de fer

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Oct 112017
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le dimanche 10 septembre, nous nous sommes mobilisé.es en solidarité avec ceux et celles qui résistent actuellement contre l’industrie pétrolière en Gaspésie, particulièrement contre Junex et ses investisseurs. Les corporations comme Junex travaillent main dans la main avec les gouvernements provincial et fédéral. Ces collaborations sont des exemples de la manière dont le capitalisme néolibéral fonctionne pour soutenir l’état colonial du Canada. La législation, annoncée récemment, qui permet la fracturation et le forage dans les rivières et les lacs du soi-disant « Québec » démontre une telle complicité ainsi que son absurdité. L’État ne se soucie même plus de faire semblant qu’il joue un rôle neutre lorsqu’il s’agit de paver la voie à l’empoisonnement de l’eau et de la terre pour le profit capitaliste.

La manifestation s’est rassemblée au Square Cabot. Le nom du Square a été dénoncé : un drapeau Mi’gmak a été accroché à la statue coloniale représentant Cabot, de même qu’une bannière sur laquelle on pouvait lire « Colonisateur ≠ explorateur ». La manif a d’abord marché à travers le centre-ville avant de se retrouver à St-Henri. On a pu entendre la foule crier « Les pétrolières nous font la guerre, guerre aux pétrolières ». Quelques individus parmi les manifestant.es avaient pour objectif d’atteindre les chemins de fer de la rue Courcelle, au nord de St-Jacques, pour y ériger une barricade temporaire. À quelques reprises, la police a tenté de contrôler nos mouvements et de nous forcer à marcher dans le sens du trafic. Toutefois, nous avons échappé à leurs tentatives de manière créative et festive. Il y a peu de choses qui se comparent à la joie intense et à l’espièglerie que certain.es d’entre nous ont ressenti alors qu’on déjouait les policiers, qu’ils soient à vélo, dans leurs vans ou à pied.

À la surprise des policiers à vélo, la manifestation a quitté St-Antoine à un moment critique pour se diriger vers les chemins de fer. À ce moment de la manif, les gens ont sprinté victorieusement vers les tracks, où on a rapidement pris possession de l’espace, mis en place les paramètres de notre blocage, puis commencé à servir de la nourriture. Après peu de temps, un train de passager Via Rail a été repéré. Nombreux.ses ont été ceux et celles inquiété.es par cette vision, car il y a peu de trains qui sont capables de freiner aussi rapidement. Il y avait un risque réel que les gens se fassent frapper par le train. Les trains de marchandises ne peuvent pas faire de tels arrêts, puisqu’ils doivent ralentir sur de longues distances avant de parvenir à s’arrêter totalement. Nous avons rapidement dégagé la section des rails sur laquelle le train aurait poursuivi sa course, mais heureusement pour nous il s’est arrêté et personne n’a été blessé. Nous avons réussi à bloquer les tracks pendant plus d’une heure. La police a essayé de parler à « nos leaders », ce à quoi elle a reçu des réponses moqueuses ou hostiles – la police protège et sert le génocide colonial en cours, génocide dont le « Canada » dépend. Nous avons décidé de quitter les lieux collectivement, selon nos propres termes, afin de minimiser la probabilité d’arrestation. Trois personnes font présentement face à des poursuites pour avoir prétendument participé à cette manifestation.

La manif et le blocage des rails constituent une victoire. Nous avons atteint nos objectifs de manière créative, en étant capables d’improviser face à l’adversité. Nous avons mis nos corps en jeu pour montrer notre solidarité avec ceux et celles qui confrontent Junex et résistent contre leur projet de fracturation dans la région gaspésienne. Chanter des chansons et signer des pétitions n’est pas suffisant. Nous devons exercer une réelle pression contre les infrastructures et les personnes qui donnent à l’État colonial et à la société les moyens de continuer le saccage des terres et des corps autochtones. Nous avons du respect pour la diversité des tactiques : voilà pourquoi la manif a été un succès de manière générale. Les gens présents au Square Cabot s’inscrivaient dans un large spectre d’idéologies de gauche et d’idées par rapport à l’activisme. Ceci a permis à d’autres actions de se dérouler dans l’espace de la manifestation. Au final, nous avons quitté la manif et le blocage en sentant que même un petit groupe de personnes motivées peut être puissant contre l’État, la police et les corporations.

Le texte suivant a été lu à voix haute avant que la manifestation débute :

Nous organisons cette manifestation en réponse à l’appel du Camp de la Rivière pour la tenu d’une semaine d’actions contre les projets de l’économie extractiviste en Gaspésie, territoire mi’kmaq. Faisant suite à l’occupation des bureaux de Junex à Québec, cette manifestation populaire vise à faire connaître les luttes sur l’ensemble des territoires. L’économie extractiviste par ses forages pétroliers menacent eau et forêt et par là, déclare la guerre à toutes les formes-de-vie qui habitent le territoire. Prenant parti pour d’autres mondes possibles, nous entravons les rues de la métropole pour ramener en son sein les conflits territoriaux qu’elle génère par le pillage des ressources dont elle dépend.

Nous inscrivons notre marche en solidarité avec le peuple mi’kmaq qui subit à travers les projets pétroliers de Junex et de Pétrolia, la suite de 500 ans de colonialisme brutal. Il est impossible de séparer la question des territoires de la lutte décoloniale puisque l’existence même des institutions politiques et économiques du Dominium canadien est le fruit du colonialisme. Tout comme les mi’kmaqs du camp Treaty Truck House de Shunbenacadie en Nouvelle-Écosse qui luttent contre le projet destructeur d’Alton Gaz , le Camp de la Rivière vise à briser l’emprise coloniale sur les territoires. Nous désirons revaloriser des appartenances aux territoires et des formes de souveraineté ancestrales qui viennent saper l’exploitation et le pillage. En ce sens, nous appuyons le conseil traditionnel Mi’kmaq et la société des Warriors Mi’kmaqs qui luttent avec acharnement depuis 500 ans contre les institutions imposées par le colonisateur.

Tout comme nous appuyons les luttes des warriors de kahnawake et de kanehsatake, et reconnaissons que l’île de Montréal est leur territoire. Que cette île fut par le passé, avant l’arrivée des colons, un espace de rencontres entre les peuples autochtones, Anishnaabe, Mi’kmaqs et Wendats.

Par la défense de la terre et des rivières, nous pensons la décolonisation et l’appui aux luttes en cours. Si aujourd’hui nous marchons, c’est qu’il y a un mois, un groupe d’autochtones et d’allochtones a pris sur lui de bloquer concrètement les projets de Junex en érigeant une barricade. La centralité du pétrole dans l’économie canadienne est alors apparue évidente par l’étendue des moyens déployés par les forces de l’ordre pour mettre fin au blocage. Après une semaine, la swat, appuyée par un tank de la SQ a repris le territoire libéré par les protecteurs.trices de la terre et a arrêté le Water Protector anishnaabe Freddy Stoneypoint. Nous marchons aujourd’hui pour dénoncer cette répression politique.

C’est avec acharnement que les institutions canadiennes et québécoises font la défense et la promotion de l’économie extractiviste. Cette situation rend nécessaire que nous trouvions d’autres manières pour nous organiser et pour penser nos relations. Il n’est plus possible d’entreprendre des dialogues avec ce qui dépend entièrement de ce qui tue les territoires. C’est pourquoi le Camp de la Rivière désire vous inviter le 30 et premier octobre prochain à une rencontre des résistances.

La solidarité que nous élaborons n’aura d’autre choix que d’être offensive. Ce que à quoi nous tenons et la gravité de la situation rendent nécessaire le sérieux des moyens. L’économie extractiviste est vulnérable car ses infrastructures sont partout sur le territoire. En bloquant cette économie, nous nous donnons les moyens élémentaires pour vivre et décoloniser l’Île de la Tortue.

Pour dégager les solidarités entre les territoires, il faut rendre à l’Histoire ses vérités horribles et cachées. C’est pourquoi nous débutons notre marche au Square Cabot à Montréal où la ville et l’État ont tenu bon de célébrer le soi-disant explorateur John Cabot. Ce serviteur de l’impérialisme anglais n’a été, comme Cartier pour les français, que le point de départ du plus grand génocide de l’Histoire. L’existence même de cette statue est un affront à tous les peuples qui luttent pour se dégager des chaînes coloniales.

Vandalisme sur le magasin de Robert Proulx, membre de La Meute

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Oct 092017
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le petit matin du 30 septembre, à l’aide d’un extincteur rempli de peinture, nous avons repeint en brun la façade du magasin JS RP Tech Informatique, appartenant à Robert Proulx, situe au 6117 Bélanger. Robert Proulx est un membre actif de La Meute, impliqué dans la sécurité.

Contrairement à ce qu’ils scandent dans les medias, La Meute est un groupe raciste et islamophobe, utilisant une strategie médiatique afin de propager des ideologies de droite, anti-immigration, conservatrices et qui promouvoient la suprémacie blanche. La quasi-totalité des personalités publiques de droite au Québec en sont membre. Ayant pour idoles des politicien.ne.s telles que Marine Le Pen ou Donald Trump, La Meute réussi par des discours populistes revendicants démocratiquement la « liberté d’expression », à raviver les courants d’extrême-droite de façon apeurante. Certains membres s’inspirent de figures prônant le meurtre raciste et le retour de l’esclavage telles le KKK ou Adolf Hitler.

Contre la réémergeance de l’extrême-droite, il n’y a aucune pitié. Nous ferons tout pour les décourager. Nous sommes extrêmements conscient.e.s que ces idées peuvent faire des ravages, surtout dans le contexte actuelle, alors qu’à tous les jours, les médias font de la propagande anti-islam, éveille le patriotisme occidentale qui justifie la guerre contre l’État Islamique et l’occupation militaire du moyen-orient. La propagation d’idées racistes contribue à renforcer l’identité nationale et à maintenir une classe d’exploités blancs fiers.

Nous avons choisi de vandaliser ce commerce à la veille d’une manifestation de droite anti-immigration au poste frontalier de Lacolle, organisée par Storm Aliance, un autre groupe d’extrême-droite. Comme de fait, Robert Proulx y était présent. Paraîterait-il que sur Facebook, il accuse Jaggi Singh d’être l’auteur de ces méfaits. Et bien, nous ne connaissons pas Jaggi Singh. Nous nous organisons de façon autonome et informelle. Tout le monde déteste les racistes et Robert Proulx.

Nous ne laisserons pas les discours racistes prendrent plus d’espace. Nous esperons que le message est assez clair.

Bienvenus à tous les immigrant.e.s, réfugié.e.s, sans papiers. Fuck les frontières. Fuck Québec, Fuck Canada, Fuck la suprématie blanche. Solidarité avec les peuples autochtones en lutte pour leur autonomie et leur dignité.

Voici une affiche a poser sur les murs.

Des anarchistes

Déploiement de bannière : Non au saccage pétrolier

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Sep 182017
 

De Camp de la riviere

Des amiEs de Sherbrooke ont produit et déployé hier matin une bannière sur le pont Terrill, à proximité du Cégep et du centre-ville de Sherbrooke, en solidarité avec le Camp de la rivière et contre le saccage pétrolier. Cette petite action de visibilité s’inscrivait dans le cadre de la semaine d’actions appelée par le Camp!

Squatexit

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Sep 102017
 


Soumission anonyme à MTL Contre-info

Dans la nuit du 13 au 14 juillet 2017, les Forces Écosocialistes sont passées à l’action en incendiant les structures pétrolières de l’entreprise Squatex, située dans le Bas-St-Laurent. Un article décrivant le geste fut d’abord publié par Radio-Canada, ensuite repris par Mtlcounter-info et finalement par Earthfirst. Les événements étaient décrits comme « suspects », pour reprendre les mots exacts de la police et du journaliste.

Deux mois se sont donc écoulés depuis cette attaque contre l’entreprise pétrolière. Et c’est dans le contexte actuel d’une résistance accrue contre l’exploitation d’hydrocarbures en sol québécois que nous jugeons bon d’affirmer le caractère volontaire et réfléchis de l’action. Notre revendication survient donc après l’occupation du site Galt de l’entreprise Junex et les nombreux « drops » de bannières sur les campus universitaires. De louables individus s’élèvent pour affirmer leur volonté d’expulser ces ordures pétrolières du territoire et nous tenons à saluer leur courage et leur détermination. Nous désirons aussi insister sur un point : aux côtés de Junex s’activent d’autres entreprises tout aussi destructrices.

Le site d’exploitation de Squatex comportait quatre principales structures. Une seule fut épargnée des flammes, ne contenant seulement que certains appareils métalliques comme des tuyaux et autres objets ininflammables. Les autres structures étaient : un chariot-élévateur (un « lift »); le conteneur à forage; et une remorque liée à un réservoir d’eau. Elles furent toutes aspergées d’essence et allumées par le feu. Les photos disponibles sur l’article de Radio-Canada témoignent de la réussite de notre action. La structure épargnée nous a en outre permis d’inscrire à la peinture noire le nom de notre groupe : Forces Écosocialistes (élément gardé invisible dans l’article). Trois structures éloignées brûlant simultanément et un tag bien à la vue : c’est effectivement « suspect ».

N’est-il pas ironique de détruire l’entreprise pétrolière à même la matière qu’elle souhaite marchandiser? Disons au moins que si cette sale énergie n’était pas disponible, nous n’aurions pas eu à la détruire. Comme le capitalisme, elle oeuvre à créer les armes qui provoqueront son renversement.

Plusieurs projets sont actuellement en cours dans le Bas-St-Laurent et la Gaspésie. Le plus populaire d’entre eux est sans doute celui de Junex près de Gaspé. Toutefois, d’autres projets plus méconnus existent et méritent une attention tout aussi particulière. Celui de Squatex — les structures n’ont pas encore été réparées, mais l’entreprise possède encore les permis — dans la MRC de la Mitis ou celui de Petrolympic qui convoite la ZEC BSL.

Des estimations transmises à Radio-Canada par Mario Lévesque, lobbyiste et porc en chef de Squatex, suggéraient qu’il existe potentiellement 52 millions de barils de pétrole enfouis dans le Bas-St-Laurent. Il y a de quoi faire saliver les capitalistes et de quoi préparer la résistance.

Certaines voix s’étaient élevées contre le projet de Petrolympic. D’abord, le CA de la ZEC s’était farouchement opposé à la présence de la pétrolière. Suivant cela, certains groupes autochtones ont aussi fait entendre leur mot. Les maires et mairesses des municipalités de la MRC se sont aussi positionné.e.s en défaveur du projet. Depuis, aucune nouvelle n’est disponible et les intentions de Petrolympic restent sous silence. Nous devons garder l’œil ouvert.

Nous, militantes et militants, croyons à la diversité des tactiques. De fait, nous accordons une valeur égale aux occupations, aux drop de bannières et à l’action directe comme celle que nous avons fièrement réalisée. Pour ce que cela vaudra, nous souhaitons insister sur notre appui inconditionnel au mouvement anti-pétrole et pro-environnement que nous contribuons toutes et tous à créer.

Alors Junexit et crions aussi Squatexit! À Petrolympic, crions décalisse. Les Forces Écosocialistes œuvreront à préserver l’environnement et persisteront à affirmer que le capitalisme vert, ou encore le développement durable axé sur la croissance économique, sont des oxymores et de surcroît irréalistes, un mensonge de la classe dirigeante. Un franc respect de la biodiversité, la protection du climat, des milieux naturels et la lutte contre les divers enjeux environnementaux ne pourra se réaliser qu’avec la sortie du capitalisme. Et contre le pétrole, nous devrons cibler tous nos ennemis.

FES

Occupation en cours des bureaux de Junex

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Sep 102017
 

« Cette occupation pacifique des bureaux de la compagnie Junex a lieu dans le cadre de la semaine d’actions contre le complexe pétrolier, contre l’extraction d’hydrocarbures en Gaspésie et en solidarité avec le Camp de la Rivière qui se maintient toujours.

Les phases d’exploration sont terminées au puits Galt 4, dont l’accès a été bloqué par des militantes et des militants autochtones et allochtones du 7 au 14 août. Junex a l’intention d’extraire du pétrole de schiste à 20 km de Gaspé, et ce, avec un mode d’extraction dangereux : la fracturation hydraulique. Cette méthode implique de très grands risques de contamination permanente de l’eau potable.

En Gaspésie comme ailleurs au Québec, l’eau potable, ainsi que le bien-être des écosystèmes, sont nécessaires à la vie humaine et animale, et aux activités dont les gens ont besoin pour vivre, comme la pêche, la chasse, l’agriculture et le tourisme. Nos paysages font notre fierté et notre bon vivre sur Terre, c’est ce que Junex menace ici.

En plus d’être dangereux pour l’environnement, ce projet représente à peine une poignée d’emplois qui ne dureront au plus que quelques années. C’est à l’avantage des compagnies que les ressources soient extraites le plus rapidement possible, même si l’extraction trop rapide augmente les risques de contamination : les compagnies arrivent, font ce qu’elles ont à faire et repartent après avoir tout sali. Les coûts reliés au projet seront assumés par la société, de même que le nettoyage quand il y aura eu contamination des sols, des nappes phréatiques, des cours d’eau. Socialiser les coûts, privatiser les profits.

N’oublions pas que nous avons financé ce projet à 100% avec nos taxes et nos impôts, alors que la compagnie n’a jamais eu l’approbation de la population pour aller de l’avant. Le président de Junex, Jean-Yves Lavoie, affirmait récemment, à la fin de la tentative de souillure de l’île d’Anticosti : « Les sommes qu’on a récoltées par l’entente sur Anticosti, on va les appliquer dans ce projet-là. ». Leurs intentions sont donc claires.

Parlant de coûts, les pétrolières et les minières ont acheté à rabais (pour aussi peu que 10 sous l’hectare) au gouvernement 80% du territoire et du sous-sol de la Gaspésie. Junex « détient » 40% de ce territoire. De plus, l’exploitation que Junex veut réaliser se trouve en territoire Mi’kmak non cédé. Travailleurs et travailleuses de Junex, on ne vous blâme pas pour vos emplois. Nous savons que vous devez subvenir aux besoins de vos familles.

Cela dit, il nous semble pertinent de vous rappeler que l’immense majorité des profits générés par cette exploitation irresponsable du sous-sol de la Gaspésie tombera dans les poches des patrons de Junex et non pas dans les vôtres. L’extraction de ce pétrole va en plus souiller le territoire sur lequel vous vivez.

Voici nos demandes :
-Nous exigeons l’arrêt immédiat et permanent des travaux de forage, de fracturation hydraulique et d’exploitation pétrolière – pas pour les reprendre dans 4 mois quand Junex ignorera les demandes des Mi’kmaq et commencera à exploiter le reste du territoire volé.
-Et pas seulement pour Junex! Nous exigeons que Pétrolia, Gastem, et toute leur clique de requins voraces, se retirent de la Gaspésie.
-Nous exigeons aussi que Gastem retire sa poursuite contre Ristigouche, village de 167 habitants et habitantes qui a légitimement tenu à protéger ses sources d’eau potable. C’est vraiment cheap.
-Nous ordonnons le retrait des investissements du Québec et du Canada dans les énergies fossiles et le rejet par l’État d’une économie basée sur l’extraction sauvage des ressources naturelles.
-Nous demandons aussi aux gouvernements du Québec et du Canada d’écouter leurs municipalités et de rejeter les projets d’oléoducs et de forage en raison des risques extrêmement élevés associés à ces projets.
-Et surtout, nous exigeons que les compagnies et le gouvernement arrêtent de bafouer les droits ancestraux des communautés autochtones.

En contrepartie, nous proposons de sortir de cette économie capitaliste et extractiviste. Il est plus que temps d’en finir avec cette idéologie visant une croissance infinie dans un monde avec des ressources finies. Pour être obtenue, cette croissance illusoire nécessite le saccage de l’environnement et l’appauvrissement des populations. Cette économie de la mort ne profite pas à la population, mais bien à une poignée de riches.

Si les pétrolières et leurs ami.es du gouvernement continuent de refuser d’écouter les demandes légitimes que les habitants et habitantes du Québec leur formulent depuis des années, nous continuerons notre escalade des moyens de pression.

Cette occupation n’est que le début.

Nous ne les laisserons pas détruire notre monde et notre avenir. »