Le quartier s’organise : bloquons OSHA condos!

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Jan 302019
 

De Chlag.info

«Osha, une identité»

Les promoteurs d’OSHA condos ont annoncé vendredi dernier qu’ils allaient modifier leur campagne publicitaire qui fait l’objet de multiples dénonciations depuis plus d’une semaine. La polémique rapidement soulevée par les panneaux géants qui ont envahi le quartier ne saurait être à la mesure de la condescendance témoignée par les développeurs de ce projet. Les promoteurs misent sur le mythe colonialiste de la rencontre pacifique entre les colons et les autochtones en présentant Jacques Cartier leur tendant la main, métaphore grotesque pour caricaturer la venue de nouveaux arrivants dans un quartier défavorisé. De plus, l’image d’origine utilisée par OSHA montrait plutôt Jacques Cartier offrir une croix qui a été effacée par leur graphiste pour servir plus adéquatement leur stratégie publicitaire. Niant le racisme colonial qui imprègne cette campagne, le responsable marketing d’OSHA affirme qu’il ne s’agit que d’une simple référence à l’histoire du quartier: «Rappeler les racines du nom d’Hochelaga, ce n’est que ça. Et l’image qu’on voit, c’est une image historique de Jacques Cartier qui tend la main. Avec le propos, ça marche». Or, cette référence réitère le mythe de la colonisation comme vecteur de progrès civilisationnel, tout en crachant sur l’histoire, ancienne et récente, du quartier. Au-delà de ce choix marketing révisionniste et violent, les raisons pour s’opposer à ce projet sont innombrables et nous sommes exaspéré.e.s de voir se produire ce quartier-marchandise.

«Un quartier dans un quartier»

Le secteur sud de Hochelaga-Maisonneuve, plus pauvre, avait jusqu’ici été épargné par les projets de condos de cette ampleur.

Cet immense complexe immobilier de plus de deux cents unités sera érigé au coin des rues Sainte-Catherine et Nicolet. Dans un article précédent, nous exprimions nos craintes face à ce futur épicentre de la gentrification dans le secteur sud-ouest de l’arrondissement Hochelaga-Maisonneuve. Loin d’être isolée, cette opposition au projet de condos était alors partagée par plus de 2000 résident.e.s du quartier, qui avaient signé une pétition du comité BAILS exigeant « […] qu’aucun condo ne soit développé sur le terrain de Goyette Auto situé sur la rue Ste-Catherine entre Nicolet et Chambly ». Sur la table depuis quatre ans, la menace que représente OSHA semble maintenant se concrétiser, alors que la prévente débutera le 16 février.

Sur les 7 phases annoncées, seule la dernière est destinée à la création de «logements sociaux» sous la forme d’une coopérative d’habitation d’une trentaine d’unités. Soulignons que ce geste se situe cependant bien loin d’un acte de bonté de la part des promoteurs. Il s’agit en fait d’un compromis tactique; en 2016, l’arrondissement avait réussi à négocier avec le promoteur la mise en place d’un volet social, en échange d’une dérogation lucrative permettant d’ajouter un quatrième étage aux immeubles. Ce geste autorise aussi la classe dirigeante du quartier à défendre le projet sous les auspices de la mixité sociale, du renouveau commercial et de la revitalisation urbaine; tant de termes ne servant qu’à masquer le phénomène de gentrification engendré. La volonté des élu.es est toutefois transparente : « Le projet a un caractère stratégique. Il pourrait y avoir un effet d’entraînement et amener d’autres investisseurs », confiait au journal Métro l’ancien maire, Réal Ménard, en 2016. Cet idéal de prospérité, en lien avec la revitalisation du secteur, n’est possible qu’à condition d’y chasser les populations marginalisées. En effet, ce projet n’a que faire du territoire dans lequel il s’apprête à s’implanter dans la mesure où, précisément, il vise à le transfigurer et à le remplacer par – pour reprendre les mots des promoteurs – une « toute nouvelle communauté ».

«Le dernier quartier abordable»

OSHA affirme «ne s’attaquer à aucun logement dans le quartier», mais c’est à tout le secteur que ce projet s’attaque. Un secteur qui présente les plus hauts taux de précarité et de pauvreté, de familles monoparentales, de maisons de chambre ou de travail du sexe dans Hochelaga-Maisonneuve. Tous ces gens y habitant incarnent des modes de vie auxquels ils sont attachés: ces personnes y ont droit de cité et aucun discours ne saurait légitimer le mépris dont font preuve les promoteurs, les fonctionnaires ou les élu.e.s envers les habitant.es de l’arrondissement. Il n’existe actuellement aucun complexe de condos de cette ampleur au sud de la rue Ontario et ce mastodonte immobilier y aura des conséquences majeures.

Si la nouvelle crée de l’incertitude dans les environs, les effets de l’embourgeoisement se font déjà sentir. L’application abusive de règlements contre les cigarettes dans le parc voisin du projet abondamment fréquenté par des gens du quartier, la volonté de fermer une maison de chambre juste en face par l’arrondissement en 2017, la chasse aux crackhouses par le SPVM qui s’en est suivi et, plus généralement, une présence très visible des policiers du PDQ 23 ne sont que quelques exemples qui nous font voir que le travail de déblayage est déjà commencé. Tel que l’affirme Annie Martel, présidente de la Société de développement commercial (SDC) et proprio du Terre à soi, citée dans le plan d’action pour la prostitution de la rue Ste-Catherine du SPVM, « La rue Sainte-Catherine Est est engagée dans un renouveau commercial; le dynamisme de ses marchands et son parti-pris pour le commerce équitable sont autant d’indices que la rue est en pleine effervescence et que la prostitution de rue n’est pas compatible avec le développement des affaires». De l’entre-soi du «quartier dans un quartier» à la volonté affichée de transformer les alentours et de déplacer les «indésirables», il nous est difficile de croire aux discours angéliques de la revitalisation urbaine et de la mixité sociale.

«OSHA contribuera au renouveau formidable»

Il faut dire que ce segment de la rue Sainte-Catherine est dans la mire des spéculateurs depuis quelques années et que sa «revitalisation» est souhaitée par une diversité impressionnante d’acteurs du quartier. La SDC, le Comité Local de Revitalisation, la Table de quartier, les élu.e.s et l’administration de l’arrondissement, tous.tes sont prêt.e.s à liquider ce qu’il reste de refuge pour tou.te.s les poqué.e.s du quartier. Tandis qu’un changement de garde s’opère au niveau des élu.e.s municipaux et provinciaux, le vent progressiste qui souffle sur Hochelaga-Maisonneuve pourrait nous laisser croire à des actions et changements concrets autour de la question des condos et de la gentrification. Il n’en est rien.

Pour les élu.e.s des partis de gauche, que ce soit Pierre Lessard-Blais ou Alexandre Leduc, ces enjeux sont un véritable tabou. Si les valeurs portées par leurs partis devaient les amener à s’opposer à ce type de projet dévastateur pour le quartier et les plus vulnérables, les changements sociodémographiques induits par l’arrivée dans la circonscription d’une classe de petits commerçants et de jeunes propriétaires de condos leur sont toutefois statistiquement favorables. Pris au piège entre leur électoralisme et leurs «principes», le secteur est cédé aux intérêts mercantiles des promoteurs immobiliers et des commerçant.e.s.

À tous les égards, nous nous opposons à ce que ce projet voit le jour. Il constitue un point tournant pour le quartier. Nous invitons donc toutes les forces en présence à prendre action pour contrer ce projet et à demeurer attenif.ve.s aux appels à venir.

Le quartier s’organise!
Bloquons OSHA!

Vous pouvez contacter directement OSHA afin de leur faire part de votre opinion sur le projet:
info@oshacondos.com
(514) 700-5320

Attaques contre les panneaux publicitaires d’OSHA Condo

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Jan 262019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Cette nuit et lors de celle qui précèdent, différentes bandes ont bombardé de peinture les publicités à thématique coloniale du nouveau projet de condo OSHA

Le projet d’OSHA Condo est simple : la destruction d’Hochelaga. Comment? Avec l’implantation de plus de 200 unités de condo (valant entre 200 000$ pour un 2 et demi et plus de 500 000$ pour un 4 et demi). C’est-à-dire 300 à 500 petit.es parvenu.es de plus dans notre quartier, dans un coin particulièrement sensible où se cotoient toutes ceux et celles qui ont été mis de côté dans les dernières décennies par les différents projets immobiliers. Implanter l’opulence, là ou la misère règne. Augmenter le nombre de flics et de patrouilles, de magasins écolo-éthico-responsable-biodégradable cher, de restos chics qui osent se nommer «Les AffamÉes» dans un des plus gros désert alimentaires de Montréal. Une nettoyage sociale en bonne et du forme.

Pour rajouter l’insulte à l’injure, les propriétaires ont choisi d’utiliser la thématique autochtone. L’utilisation de l’imaginaire de la rencontre entre les peuples par les publicitaires réitère l’idée d’un échange pacifique et consensuel entre colons et premiers peuples. Nous fracassons cet imaginaire. L’Amérique s’est construite dans la violence. Montréal est une ville rendues possible par un génocide. Sa modernisation repose depuis ses fondements sur l’exploitation de territoires volés. Le projet de condo OSHA n’en est que le dernier et plus pathétique exemple.

Et vous pensiez qu’on vous laisserait faire ? La pluralité des groupes qui s’organisent actuellement contre la construction de ces condos témoigne du sentiment de colère, largement partagé dans le quartier, face à cette nouvelle offensive de gentrification. Dans les prochains mois, les formes de constestations et de sabotages se multiplieront. Malgré les avancées des projets gentrificateurs dans Hochelaga, il s’est développé une expertise de lutte contre ces derniers que nous comptons bien mettre à profit dans les temps qui suivent.

Ces attaques ne sont qu’un premier avertissement
Nous sommes nombreux et nombreuses à être déterminé.es
Ces condos ne verront pas le jour

Découvrez Westmount : une nouvelle plaque tournante d’activité anarchiste

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Oct 282018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Quand vous entendez “Westmount”, la première chose qui vous vient à l’esprit ce n’est certainement pas zone autonome temporaire, ou barricade de poubelles ou effigies de Trudeau en feu. On imagine souvent ce quartier en surplomb de St-Henri comme un purgatoire où les plus ridiculement riches vivent sans heurt entre un mariage sans amour, des enfants pleins de ressentiment et un emploi qui ronge l’âme… Mais ce n’est plus le cas!

Westmont se revitalise!

Des anarchistes transforment le quartier en espace d’attaques mixtes, offrant ainsi des opportunités d’action diversifiées pour les camarades de toutes les tendances. Dans le Westmount désolé, on trouve des activités pour les anarchistes de toutes les couleurs – que votre drapeau soit noir, rayé rouge ou orné de glitters mauves.

Buzfeed publie la liste des 5 Faits Charmants que Vous Ignoriez à Propos de Westmount (ou Nouvelle-Exarchia, comme nous aimons l’appeler)

1) De nombreuses maisons sont vides.

Alors que la majorité des locataires au sud de Maisonneuve sont incapables de payer les augmentations de loyer – et pourraient encore moins s’acheter une maison – les trillionnaires tyraniques de Westmount peuvent posséder 2, 3 et même jusqu’à 4 propriétés! Notez qu’ils sont peut-être des propriétaires, mais ça ne fait pas d’eux des résidents. Des maisons en parfait état, avec des chambres vides – et des réfrigérateurs remplis! Ce sont les AirBnb les plus abordables en ville – déjeuner inclus! Pensez-y bien : Deuxième maison ou… Centre Social Squatté?

2) Les flics de Westmount sont littéralement les mêmes que les flics de Montréal.

La Société de Protection des Vieux Millionnaires n’est pas assez bien pour les connards influents de Westmount – ces milliardaires merdeux ont – écoutez-bien – établi leur propre corps policier. On les distingue par l’absence de protection au corps – leur peau douce et souple est vulnérable aux divers éléments (et projectiles). Rappelez-vous bien : un molotov, deux flics!

3) Westmount est remplie de matériaux pour barricades artisanales.

Avez-vous déjà participé à un party de rue pendant lequel la police n’avait pas compris les nombreux sous-entendus visant à lui laisser savoir que leur invitation n’avait pas simplement été “égarée par la poste”? Alors que vous courrez pour vous saisir d’une boîte de journaux, vous réalisez qu’elle est fixée au sol! Vous regardez autour de vous, mais il n’y a aucun matériel qui pourrait servir à monter une barricade! Cette situation ne se produirait jamais dans le Westmount Révolutionnaire!™ Ici, les rues sont garnies de matériaux de choix pour barricades qui ne demandent qu’à être utilisés. Boîtes à Journaux, Poubelles, fournitures de patio – Ah!

4) Les murs sont des canevas de choix.

Saviez-vous que ces riches pleurnicheurs n’ont pas encore entendu parler d’art public? C’est bien vrai! Les nombreux murs blancs soignés de ce territoire d’abris fiscaux présente une opportunité de développement fort désirable. Dans cet arrondissement beige, vous ne vous trouverez jamais confronté au problème de vous être préparé à “tagger” un “ACAB” mais de réaliser qu’un autre “taggeur” a déjà foutu un “1312” sur votre “spot” de choix. Les murs n’attendent qu’à se faire “Banksy-er” par vous!

5) Le dernier mais non le moindre : les banques, et beaucoup de banques!

Assez dit. (On a déjà fait une bonne blague de banque en #4.)

Blague à part, par une belle soirée d’automne, on a lacéré les pneus de deux voitures stationnées au 3140 rue Jean-Girard à Westmount. C’est l’adresse de Brandon Shiller. Brandon Shiller est un grand propriétaire d’appartements délabrés qui achète des propriétés dans des quartiers pauvre pour expulser les locataires et augmenter les loyers. La société immobilière de son père, Shiller Lavy, est aussi lourdement impliquée dans la gentrification de plusieurs quartiers à Montréal.

Nous encourageons tous.tes ceux.elles qui éprouvent de l’inquiétude face à l’augmentation du prix des loyers et des attaques contre les pauvres à faire savoir ce qu’ils.elles pensent à ces ordures qui se cachent dans un des quartiers les plus riches de Montréal.

Avis public à Saint-Henri : risque d’incendie de voiture de luxe

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Sep 182018
 

De Journal corporatiste, détournement non requis

Des dépliants anti-embourgeoisement suggèrent aux propriétaires de voitures de luxe du quartier Saint-Henri, à Montréal, de déménager dans des lieux plus «accueillants envers les gens aisés» afin d’éviter que leur véhicule ne soit abimé.

Les pamphlets frauduleux ont été déposés sur des pare-brise dans les derniers jours. Ils prennent la forme d’un avis public intitulé «Risque d’incendie de voiture de luxe dans ce secteur» qui aurait été émis par l’arrondissement du Sud-Ouest.

«Ceci a pour objectif de vous aviser d’un phénomène inquiétant dans notre quartier, peut-on lire en première page du dépliant bilingue. Dans les derniers mois, les militants “anti-gentrification” prennent pour cible les voitures de nouveaux résidents plus fortunés de Saint-Henri. Plusieurs actes de vandalisme ont été recensés, allant jusqu’à l’incendie de deux voitures de luxe l’été dernier.»

Le texte se poursuit en précisant que le Service de police de Montréal (SPVM) n’a toujours pas mis la main sur les coupables et qu’il y a donc risque de récidive. Les autorités policières n’ont pas été en mesure de nous confirmer ces informations au moment de publier cet article.

Les dépliants ont été retrouvés près du Square Sir-George-Étienne-Cartier, à quelques pas de l’endroit où quatre voitures avaient été incendiées le 14 juillet 2017, à l’angle des rues Léa-Roback et Beaudoin.

«La triste réalité est que les autorités publiques ne peuvent plus assurer votre sécurité», prévient le document, avant d’encourager les personnes qui se sentiraient concernées à «déménager dans un quartier qui est plus accueillant envers les gens plus aisés». Une carte indiquant les villes de Beaconsfield et de Westmount suit cette recommandation.

Citoyens inquiets

L’arrondissement du Sud-Ouest s’est dissocié du document dans une publication parue mardi sur sa page Facebook et a annoncé avoir remis le «message menaçant» au SPVM, qui fera enquête.

«Ce genre de fausse communication sème le doute et l’incompréhension, en plus de stigmatiser un groupe de citoyens en particulier».

Chantale Laforest, qui travaille dans le quartier et qui était présente sur la rue du Square Sir George Étienne Cartier lors du passage du «24 Heures», s’est dite inquiète en voyant les pamphlets.

«Je trouve ça étrange que des gens fassent ça ici. Des voitures de luxe brulées, on en a vues en 2017 et on ne souhaite pas que ça revienne. On voit que les gens pourraient facilement penser que ça vient vraiment de la ville et que c’est sérieux comme pamphlet parce que c’est bien fait», a-t-elle confié.

Même son de cloche du côté d’Annie Guay qui vient tout juste d’emménager dans le coin avec sa famille.

«Je comprends qu’il y a un problème d’embourgeoisement dans Saint-Henri et que les dépliants partent de là. Mais mettre le feu aux voitures, c’est dangereux pour tout le monde. C’est risqué, il y a plein de jeunes et beaucoup de passants dans le coin», a affirmé la jeune maman de jumeaux.

 

Source: « De faux dépliants menaçants distribués dans Saint-Henri », Journal de Montréal, 11 septembre 2018

Des résident.es de Parc-Extension et des militant.es pour le droit au logement bravent la violence aux mains du Groupe BSR pour lutter contre la gentrification

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Août 102018
 

De Parc-Ex Contre la Gentrification (page Facebook)

Plus de 60 personnes se sont rassemblées en face du métro Parc hier après-midi pour une manif-action contre la spéculation immobilière et la gentrification. L’action avait pour but de rassembler des membres de Parc-Ex contre la gentrification, du POPIR, du Comité B.A.I.L.S., du Comité d’Action de Parc-Extension, du Comité Logement de Rosemont et du Comité logement du Plateau Mont-Royal pour maintenir la pression sur les développeurs immobiliers et envoyer un message clair que le développement de condos et d’appartements luxueux ne passeront pas dans nos quartiers.

Nous sommes ensuite allé.es au bureau du Groupe BSR – la compagnie de développement immobilier qui est derrière les scandaleuses évictions de la Plaza Hutchison – pour remettre une lettre et perturber leur journée de travail. Pendant les trente dernières années, la Plaza Hutchison a servi de lieu de rencontre pour Parc-Extension, abritant des groupes communautaires, des associations culturelles, des écoles de langue, des lieux de culte et des petits commerces locaux. Depuis que le Groupe BSR a acheté l’immeuble, ils ont intimidé sans relâche, menacé de multiples manières et évincé sans préavis ces locataires, les uns après les autres. Nous nous sommes rendu.es aujourd’hui à la Place Décarie pour apporter nos revendications à Ron Basal et ses collègues truands – notamment que les locataires puissent revenir dans leurs locaux et que l’immeuble soit remis dans les mains de la communauté.

Aussitôt entré.es dans les bureaux, nous nous sommes fait donner des coups de pieds à plusieurs reprises et avons été frappé.es au visage par Ron Basal et des employé.es du Groupe BSR. Des personnes ont été étranglées et plusieurs se sont fait arracher et briser leurs lunettes. Des employé.es ont fait des menaces de mort et plusieurs personnes ont subi du harcèlement sexuel quand un membre haut placé du Groupe BSR a menacé de se déculotter devant elles. Quand les manifestant.es ont essayé de quitter l’immeuble, les employé.es du Groupe BSR ont fait arrêter les ascenseurs, ont physiquement bloqué les escaliers, ont séquestré les gens sur l’étage et ont essayé de lancer violemment une personne dans la cage d’escaliers d’urgence. C’était fucking intense. Plusieurs d’entre nous, voisin.es et activistes confondus, ont visité des bureaux de développeurs immobiliers auparavant, pour apporter des revendications pour le droit au logement et pour s’opposer à la gentrification. Personne ne se souvient d’avoir rencontré autant de violence.

Nous voulons aussi réagir à certaines allégations faites dans la couverture média de l’action, notamment TVA qui récupère des photos de BSR Groupe, montant des images stagées de “grabuge”, et Radio Canada qui avance que nous avons “forcé la porte”. Ça vaut la peine de mentionner que le journaliste de Radio Canada Benoît Chapdelaine est entré dans les bureaux avec nous en ouvrant la porte débarrée des bureaux publics des promoteurs, a dû aussi éviter les coups et a été témoin de l’extrême violence du Groupe BSR, mais n’en fait aucune mention. Aussi, bien que trois personnes aient été brièvement détenues, elles ont été relâchées immédiatement sur place et il n’y a eu aucune arrestation.

Bien que dégoûté.es par les actions de ces gentrificateurs, nous demeurons inébranlables dans notre détermination à perturber le business as usual, à se mettre en travers des projets gentrificateurs où qu’ils se trouvent et à combattre la destruction de Parc-Ex. Nous refusons de supporter par notre silence le déplacement de personnes racisées de notre quartier au profit de nouveaux résidents plus riches, plus yuppies ou plus blancs.

Vous aurez de nos nouvelles, on ne bouge pas d’ici.

Remplir un extincteur de peinture : guide d’instruction

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Avr 042018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info
Cette vidéo est à des fins éducatives seulement et n’encourage aucune activité illégale. Cliquez sur CC sur l’application vidéo pour voir les sous-titres en français.

Les extincteurs de feu remplis de peinture ont été utiles aux anarchistes de Montréal dans leurs luttes contre la gentrification, la surveillance et, plus récemment, les symboles coloniaux.

1. Voler l’extincteur

Trouvez un extincteur à pression hydraulique. Ils sont en métal argenté et existent en deux formats différents.

Les deux formats sont fermés avec un écrou et peuvent être ouverts sur le dessus.

Le plus grand format est de 9L et a une valve semblable à celle d’un pneu de vélo, ils peuvent donc être facilement re-pressurisés. Ils se trouvent souvent dans les universités, les cégeps et dans les immeubles d’appartements ou de bureaux.

Le plus petit format est de 6L et nécessite un compresseur d’air pour réajuster la pression. Ils se trouvent seulement dans les restaurants et sont souvent placés près des sorties arrières. Pratique!

2. Vider l’extincteur

Portez des gants de coton pour éviter de laisser vos empreintes digitales sur l’extincteur. Videz le liquide de l’extincteur en vous assurant que l’indicateur de pression atteigne 0 psi. Vous pouvez le faire dans une ruelle ou dans votre bain.

3. Remplir avec de la peinture

Enlevez l’écrou et la section du dessus.

Remplissez l’extincteur à moitié avec un mélange moitié eau, moitié peinture de latex.

4. Re-pressuriser

Ré-attachez la section du dessus en vous assurant que le tout soit étanche.

Pour le format de 9L, utilisez une pompe à vélo et faites monter la pressions jusqu’à 100 psi.

Pour le format de 6L, il n’y a pas de valve. Vous devez donc utiliser un compresseur à air, que vous pouvez trouver dans une quincaillerie ou dans la plupart des pawnshops. Retirez la hose et connectez le tube du compresseur en utilisant un adaptateur mâle de 3/8”.

Réglez le compresseur à 115 psi. Vous n’aurez peut-être même pas besoin d’actionner le détenteur de l’extincteur pour que la pression monte lentement à 100 psi. Si vous le faites, levez l’épingle de sûreté et actionnez le graduellement. Arrêtez dès que la l’indicateur montre 100psi, pour éviter que de la peinture n’entre dans le tube.

Remettez l’épingle de sûreté et fixez-la en utilisant du duct-tape.

5. Nettoyer

Frottez l’extincteur avec un tissu imbibé d’alcool à friction pour enlever toutes les empreintes qui pourraient s’y trouver.

Consultez la page des guides sur Montréal Counter-info pour plus d’idées pour des actions directes : blocages de trains ou d’oléoducs, manifestations, émeutes et plus!

“« La seule raison pour laquelle nous devrions rejoindre la classe supérieure, c’est pour provoquer du désordre, mais certainement pas pour corrompre le graffiti comme certain-e-s le font. Mon but est d’instaurer l’insolence et la violence du graffiti où il ne devrait pas se trouver. Le graffiti est un tout, on ne peut pas seulement prendre les parties qui nous intéressent. Dans ce cas là, vous trouverez ce qui en reste sur les façades de vos magasins »

St-Henri : Quartier autrefois ouvrier, aujourd’hui gentrifié

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Mar 282018
 

De Dure Réalité

Ça fait maintenant 9 ans que j’habite le quartier St-Henri. Un quartier que j’adorais, jusqu’à ce que Corey Shapiro pis sa gang s’installent dans le hood v’là 4 ans de ça et se mettent à gentrifier la place! La construction de centaines de condos et de l’hôpital (CUSM) n’a pas aidé du tout non plus. Le nombre de restos de bobos s’est multiplié à une vitesse incroyable dans les dernières années. Aujourd’hui, j’ai décidé de faire le tour des restos qui se situent sur la rue Notre-Dame, entre les Fattals (Rue Saint-Rémi) et le IGA (Rue Du Couvent) – distance 1km – et de prendre en photo les menus pour démontrer le ridicule de ce que le quartier vit comme gentrification depuis une couple d’années. Certains restos étaient fermés, d’autres où j’voulais juste pas mettre les pieds là-dedans, du coup j’ai pris leurs infos sur leurs sites internes.

ADAMO PIZZERIA

Ce resto take-out a vu le jour il y a 2-3 ans à peu près. Quand ç’a ouvert, leurs pointes de pizza était 3,50$ et leurs pizzas 22$. Quand je suis passée aujourd’hui, une pancarte dans le resto indiquait que dû à une augmentation du prix des produits laitiers, le prix de la pointe augmentait à 4,50$ et celui de la pizza à 27$!!!!! Ça commence crissement à faire cher la pizz! Avant que ça ouvre, c’était un petit magasin d’ordinateurs usagés à de full bons prix qui était à cet endroit, avec un proprio super nice qui faisait des supers bons deals! Il a dû se relocaliser plus loin sur Notre-Dame à cause d’une augmentation drastique du loyer.

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ARTHURS

Là, on touche la crème de la crème en matière de gentrification #2018; ce resto EMPESTE le parfum, autant à l’intérieur que sur la terrasse extérieure. Le trottoir est littéralement envahi, le samedi et dimanche après-midi, de bourgeois qui descendent de Westmount pour venir se payer du yogourt grec à 10$, une salade à 16$ ou encore un sandwich à la dinde pour la modique somme de 15$…….. Avant ce resto nauséabond, surgisse, c’était une petite librairie qui était là, avec des livres usagés à 1$ ou 2$, et un bol d’eau toujours sorti sur le trottoir pour les chiens passants.

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CHEZ LAVIGNE

J’ai aucune idée de si Lavigne est le nom du ou de la proprio, mais chose certaine, il/elle devrait réviser ses skills de marketing! Ce resto est vide le 9/10 du temps. Déjà, coté esthétisme, quand on regarde ce resto on n’a pas trop envie de rentrer à l’intérieur… Mais lorsqu’on a pris connaissance du menu affiché dans la fenêtre, bin on comprend vite pourquoi il y a pas un criss de chat qui va là : une entrée de courges à 11$, des pâtes maison à 17$ ou encore un tartare à 20$. Je n’ai aucune idée de ce qui était à cet endroit auparavant.

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RAMEN 9000

Bon, pas grand-chose à dire sur ce petit resto avec un seul comptoir et 4-5 sièges, à part que si tu veux te taper un bol de ramen pas si gros que ça (même très ordinaire comme format), à 15$, bin tu sais où aller… C’est loin d’être le bol de ramen le plus grandiose que vous aurez jamais bouffé; ce n’est que des ramen avec des champignons pis des fèves. À ce prix-là, vous pouvez vous faire au moins 3 litres de ramen maison. Ok, j’exagère peut-être un peu mais n’empêche… Pour des nouilles dans de l’eau c’est incroyable comme prix.

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LE DÉFUNT JUICYYY LAB

L’histoire de c’t’affaire-là est tellement fucking nice et drôle, c’est ma préférée du lot! Le Juicyyy Lab, c’est le 2e truc que Corey Shapiro (un ti-criss qui a hérité de plein de cash et qui se promène en BMW plaqué or) a tenté d’ouvrir dans le quartier, il y a 3 ans, pis crisse que ç’a pas durer longtemps (un an). C’était un magasin de jus bio, servi sur place par deux personnes vêtues d’un suit de laboratoire blanc (pour accompagner le décor intérieur qui ressemblait littéralement à un laboratoire). Les jus se vendait entre 7$ et 10$ pour une petite bouteille. C’était vraiment pas populaire comme endroit…

Tellement pas populaire qu’à l’ouverture du magasin de jus, lors d’un party organisé par Shapiro sur la terrasse à droite du magasin, une gang de ninjas vêtus de noir, tel que décrit aux médias par ce dernier, l’ont aspergé de poivre de cayenne et ont pitché des bombes fumigènes sur la terrasse!!! ? Strike 1/3 Fucker!

bobz 7L’ARCHIVE

Tant qu’à parler de Shapiro, on va continuer de s’en plaindre en parlant de son ostie de magasin de lunettes. Des lunettes de soleil allant de 300$ à 2300$ et des bijoux allant de 200$ à 2000$ tapissent les vitrines… C’est le 3e magasin que Corey a ouvert, un peu après l’ouverture du Juicyyy Lab, et qui malheureusement existe toujours. Il y a 2 ans, les vitrines de son magasin avait été fracassées lors d’une action anti-gentrification. Les clients-e-s de ce magasin? Lady Gaga, Jay-Z et autres célébrités américaines. Mais voulez-vous bien m’dire c’que fout ce genre de magasin dans un quartier comme St-Henri?! Ç’a crissement pas sa place point barre. Monte la côte, vas installer tes mardes dans Westmount pis crisse nous patience icitte en bas.

 

LUDGER, LUPITA ET LE MAGDALENA

Ici j’fais un condensé de 3 restos bobos, parce qu’ils ont vu le jour pas mal dans la même période de temps et qu’ils n’ont rien de vraiment particuliers…. Saumon confit et plateau de fromages à 20$, sandwich à 11$…. Le Magdalena est en fait un bar à vin dont la bouteille varie entre 50$ et 100$…. Pis le pire c’est que j’vois du monde sortir de là bin saouls-e-s!!! J’serais curieuse d’aller fouiller dans leurs poubelles juste pour me faire une idée d’une facture de soirée!

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RUSTIQUE

Le Rustique, en gros, c’est un café pour étudiants-e-s bobos. Ce qui m’a frappé en regardant le menu, c’est bin l’encerclé avec le prix d’un gâteau à 60$… Et drette à côté de ça, une annonce de tartes à 25$!!!! J’ai pris une photo des dites tartes qui sont pas plus grosses que ma main ou à peine. Il y a 3-4 mois de ça, les proprios avaient loué le magasin d’à côté pour ouvrir Le Rustique Salé et vendre leurs tartes à cet endroit. Et bien, ç’a pas toughé pantoute leur affaire et déjà, les tartes salées sont de retour dans le présentoir du côté café. Je leur ai demandé s’ils-elles en vendaient beaucoup par semaine, ils-elles n’ont pas voulu me répondre et m’ont demandé de partir.

 

NOTORIOUS BARBER SHOP

Juste à lire le nom et à voir les photos, on peut déjà prévoir de qui je vais parler ici… Et oui, Shapiro again! Le Notorious, c’est un peu son empire. C’est le 1er truc qu’il a ouvert à St-Henri et son barber shop pogne en criss! La place est toujours remplie. Ce barber shop offre des coupes de cheveux à prix ridiculement élevées, et tu peux même te faire raser la barbe pour une coupe de cents piasses avec un rasoir plaqué or! Sur le site internet, on peut constater également que le Notorious vend des produits capillaires que seuls les bourgeois peuvent se payer (un rasoir à 70$ anyone?!). Bref une autre place qui pue que l’tabarnak, pis moé, perso à chaque fois que j’passe par là, j’me pogne avec un-e des frais-chiers de la place. Ses vitres avaient également été pêtées il y a une couple d’années. Shapiro est une sous-merde qui fait chier tout l’monde du quartier mais criss qu’il n’est pas con (à un certain point) : il laisse toujours sa BMW plaqué or parquée sous une caméra de surveillance quelconque.

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TACOS VICTOR

Il y a littéralement une guerre entre les restos de tacos de St-Henri. On en n’avait pas un criss avant, pis là on est rendu avec 3 restos de tacos dans un périmètre de 50 mètres. Quand ce resto a ouvert, un tacos se vendait 2,50$. J’mattendais à skipper ma visite chez Tacos Victor considérant le prix relativement cheap du tacos, mais finalement j’ai bien fait de m’arrêter parce que leurs tacos sont rendus à 6,50$ l’unité, pis c’est pas comme si le prix du loyer avait augmenté… ce resto s’est installé après la gigantesque hausse de loyer que les commerces ont subit. Au début, tout le monde allait manger là-bas étant donné que c’était un des rares restos accessible aux citoyens-ennes de St-Henri, asteur, ça m’étonnerait pas que la place finisse par fermer..

 

TRAN, TEJANO ET TEQUILA BAR

Bon ici je refais un condensé de 3 restos parce que sinon ça va finir avec un article de 10 pages. Le Tran est un resto/cantine vietnamien avec du riz à 15$ et un banh mi à 9$! Autrefois, c’était une petite buanderie familiale full sympathique qui était à cet endroit. La buanderie avait fermé à cause de l’augmentation du loyer. C’était une petite épicerie de fruit et légume qui devait ouvrir mais qui n’a jamais vu le jour.

Le Tejano est un resto de burritos qui, lors de son ouverture, vendait un burrito 8$ et maintenant c’est rendu 11$!!!!

Le Tequila Bar est une autre place à Tacos au prix élevé de 12$ le tacos et 14$ le Quesadilla. Avant, c’était un petit dépanneur qui était à cet endroit.

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UNIBURGER

Je vais toujours me rappeler l’excitation que le quartier avait quand on a su qu’une place à burger allait ouvrir dans le quartier! Non mais c’est vrai, y’en a marre des tacos pis des sandwichs… À son ouverture, il y a 6 mois, c’était une file d’attente qui sortait du resto qu’on pouvait apercevoir. Ça n’a pas duré très longtemps (3 jours)! 6,50$ pour un burger???!!! Tu me fucking niaises?! Vous direz que c’est surement fait avec de la viande de bison ou j’sais pas quoi… Bin non, un burger bin plate, bin normal pis qui goûte la même affaire que chez A&W.

CONCLUSION

Tout d’abord, j’ai écrit, à la base, cet article pour me permettre de ventiler parce que oui, j’en ai gros sur le cœur! J’m’ennuie de mon quartier, bon. C’est pus la même affaire. J’ai décidé à la finale de publier cet article pour Dure Réalité, car c’est les deux mots qui me martelaient le cerveau pendant ma marche.

Y’a des flics partout qui font chier, des bourgeois-e-s envahissant-e-s prêts-e-s à nous dire quoi faire, un chantier de construction (l’échangeur Turcot) qui nous martèle le marteau-piqueur 24/7 et qui nous fait baigner dans la poussière, et en gros juste une atmosphère très très très lourde dans le quartier. Je crois sincèrement que plus personne ne se sent chez lui/elle.

Sur une distance de 1km, c’est au total 21 restos/magasins que j’ai dénombrés, et sur ce total, il y en a que 2-3 qui offre encore des prix raisonnables comparés aux autres; sandwich à 7$, pizza à 12$…

Un graffiti a commencé à apparaître depuis 2 ans dans le quartier, créatioon de Listen : Did we lose St-henri?

Criss oui.

Perturbation du conseil d’arrondissement à Parc-Ex pour dénoncer la gentrification

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Mar 192018
 

De Parc-Ex Contre la Gentrification (Facebook)

Le 13 mars dernier, nous sommes allé.es au conseil d’arrondissement de Villeray-St-Michel-Parc-Extension pour empêcher les élu.es d’octroyer à Ron Basal son permis pour le projet d’appartements luxueux dans la Plaza Hutchison. Après que le conseil ait refusé l’appel des résident.es de Villeray, dans le cas du projet de Taxi Diamond, que nous appuyons dans leur cause, nous avons décidé de perturber le conseil pour que l’assemblée soit levée et que Ron Basal n’obtienne pas son permis. Nous avons été sorti.es brutalement de la salle par les policiers, deux personnes ont été arrêté.es et ont reçu des charges. Le permis a par la suite été accordé pour la Plaza Hutchison, dans une salle vide, avec Basal assis en première rangée.

Nous avons essayé toutes les avenues légales et politiques disponibles, mais cela nous a seulement mené.es à un mur. C’est le temps de retourner à la rue plutôt que d’essayer de travailler avec un système dans lequel nous ne croyons pas.Si les mairesses trouvent que c’est salissant, tant pis pour elles. Nous avons été dégoutté.es, mais pas surpris.es, par le manque d’initiative, d’ouverture et de volonté politique démontré par la Mairesse Fumagalli qui n’ose pas prendre des risques quand un dossier est plus important qu’un simple permis. D’écrire un communiqué pour dire qu’elle s’oppose au projet alors qu’elle accorde quand même le permis est très insultant pour les locataires évincé.es et les résident.es du quartier, c’est se moquer de nous. Elle nous accuse de rendre le conseil non sécuritaire, mais les seules armes que nous avions à opposer aux matraques des policiers étaient des trompettes de fête d’enfant. Les deux personnes arrêtées, brutalement jetées au sol et menottées pour avoir voulu faire entendre leur voix, auraient aussi aimé pouvoir se sentir en sécurité.

Nous rejettons aussi la promesse de Valérie Plante d’investir $17 million dans des projets de mixité sociale pour Parc-Extension. C’est faux que la mixité sociale profite à tout le monde, c’est seulement un terme plus poli pour nous faire avaler la gentrification. En fait, des projets comme celui-ci ne sont bons qu’à dépenser des fonds publics pour construire des logements pour les riches- et par le fait même intensifient la gentrification en les invitant dans ce quartier “nouvellement découvert” et “exotique”. Nous ne voulons pas supporter le déplacement de personnes racisées de notre quartier au profit de nouveaux résidents plus riches, plus yuppies ou plus blancs.

Si la mairesse et les conseiller.es ont jeté l’éponge pour ce projet, nous ne le pouvons pas. Nous ne pouvons pas abandonner la lutte pour sauver cette espace communautaire qui est au cœur de notre communauté depuis des décennies et nous n’allons certainement pas permettre la gentrification de notre quartier. Ensemble continuons la lutte !

De #HoMa à #HamOnt : le secret c’est de rassembler ses ami.es losers

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Mar 182018
 


Soumission anonyme à MTL Contre-info. Pour faire un don au fond de rénovation de The Tower, cliquez ici.

Ces bums-là ne sont pas mieux que les anarchistes.

Est-ce qu’ils ne sont pas au courant du fardeau financier que leur vandalisme va occasionner au propriétaire de The Tower ?

Est-ce qu’ils ne comprennent pas que les fenêtres placardées vont faire chuter la valeur des propriétés dans le quartier autour de The Tower ?

Se livrer à ce genre de violence ne mène qu’à une atmosphère de non-respect de la loi et légitimise la destruction de la propriété privée.

Quand nous avons entendu que The Tower avait été attaquée, il allait de soi qu’il fallait leur démontrer notre amour. Pas seulement parce que nous aimons les espaces sociaux anarchistes, mais parce que nous vivons aussi dans une ville où (pour autant qu’on le sache) les propriétaires de petites entreprises à la mode n’existent que dans le but de nous voler nos salaires, frayer avec les flics et nous vendre trop chers des sandwiches de merde. Fuck les traîtres de classe, fuck les gentrificateurs, fuck la police, mais on en n’a toujours rien à foutre des fenêtres brisées.

Imaginez être tellement en colère à propos d’un autre espace social anarchiste se faisant attaquer, que vous rassemblez vos ami.es losers, vous vous masquez et vous prenez une siiiiick photo en solidarité.

Hamilton: Retours sur la balade ingouvernable du 3 mars dernier à travers l’un des quartiers les plus riches de la ville

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Mar 182018
 

De North-Shore.info. Traduit par Sans Attendre Demain.

[Voici deux textes au sujet de la nuit émeutière du 3 mars dernier dans un quartier riche d’Hamilton.]

Hamilton : Ingouvernables et pleurs de bobos : un samedi soir à Locke Street.

Chaque jour, que ce soit les propriétaires qui touchent de plus en plus de loyers pour des apparts toujours plus merdiques, des patrons qui vous poussent à travailler toujours plus ardemment, des associations de commerçants qui militent pour davantage de flics, ou juste l’Audi qui vous coupe aux heures de pointe… Les riches nous pourrissent la vie. Chaque jour, nous devons faire face à leurs attaques mais de temps en temps, nous pouvons trouver un moyen pour rendre les coups.

Samedi soir, j’ai retrouvé un groupe de gens dans le quartier ‘Durand’ : nous avons flâné le long ‘d’Aberdeen’ et dans certaines rues du secteur, en attaquant des véhicules de luxe et des hôtels particuliers qui étaient sur notre chemin, en faisant du bruit avec un sound system portable des feux d’artifice. La balade s’est ensuite rabattue sur ‘Locke’ en attaquant le maximum de commerces de bobos que nous pouvions avant de prendre la décision de se disperser. La police a dit que nous avions fui, mais je n’ai pas vu un seul flic après qu’ils ont été chassés ‘d’Aberdeen’.

Pour tous les anti-capitalistes indubitablement sincères qui, sur Internet, se demandent pourquoi les Starbucks n’ont pas été détruits, contrairement aux petites entreprises et commerces locaux, c’est seulement parce que ceux-ci étaient situés juste un peu trop au nord. Mon seul regret de la soirée.

Comme le camarade Kirk Burgess [1] l’a expliqué sur twitter :

« Imaginez que vous êtes si fâchés vis-à-vis de la gentrification, que vous vous rassemblez avec quelques potes en galère, que vous vous masquez le visage, et que vous déchaînez dans l’un des quartiers les plus riches de la ville. En jetant des pierres sur les maisons et les entreprises. Vous êtes répugnants. »

C’est plus ou moins ça Kirk, moi et mes ami.e.s galériens.

Tous mes pires patrons ont été propriétaires de petites entreprises. Le problème ne réside pas dans la taille de l’entreprise, mais bien dans la relation d’exploitation. Quand une personne décide d’être capitaliste, de faire de l’argent par le biais de ses investissements plutôt que par son travail, sa position par rapport aux changements dans la ville devient fondamentalement différente. La gentrification, par exemple: lorsque les loyers augmentent, cela signifie qu’ils gagnent plus d’argent (plutôt que de perdre leur maison); quand les prix montent et que les riches emménagent, cela signifie une chance de vendre des produits de luxe (alors que nous travaillons au salaire minimum); quand davantage de police et de surveillance arrivent, cela sécurise votre investissement (pendant que nous sommes harcelés et expulsés). Ils deviennent riches parce que nos vies se détériorent.

Bien sûr, les propriétaires de petites entreprises peuvent travailler de longues heures, mais même si je mets 12 heures à côté de mon patron, et que nous nettoyons les toilettes, le fait qu’ils possèdent et que je travaille signifie que notre relation au travail est totalement différente. Quand les affaires sont bonnes (ou quand ils réussissent à faire du financement collectif), ils entérinent un nouveau bail sur une voiture ou signent une hypothèque sur une propriété d’investissement alors que mon chèque est mangé par le loyer, les factures et le magasin d’alimentation. Je n’ai pas d’autre choix que de me présenter demain alors que leur capacité à s’enrichir augmente.

Fuck les riches. Fuck les capitalistes (même ceux qui vendent des produits de boulangerie haut de gamme). Et à tous ceux qui veulent se plaindre de la violence, souvenez-vous que la seule raison pour laquelle ces parasites parviennent à garder leurs mains propres est que, le plus souvent, leurs attaques ressemblent à des affaires des plus banales.

Devrions-nous continuer à écrire des lettres en espérant que Jason Farr [2] « Je-veux-un-magasin-Apple » fasse quelque chose? Ou croire que d’une façon ou d’une autre, Andrea Horwath [3] arrêtera de lécher le cul du BIA de Locke Street [4] ? Ou nous pourrions nous perdre dans le fait que la solution à l’oppression économique résiderait dans des start-up plus innovantes, ou bien dans la charité? Est-ce que je devrais garder le sourire face au connard de riche en espérant qu’il me donne un pourboire plus important?

La rue Locke a été la première rue embourgeoisée du centre-ville, sa « success story », comme pourrait le dire le maire Fred, les quartiers environnants étant les premiers à voir les hausses de loyers qui finissent par dominer tant de nos vies. Retourner des tables et finir par contre-attaquer samedi soir m’a aidé à me débarrasser de la peur et de la frustration qui s’accumulent lorsque vous êtes embourbés dans une situation désespérée. Que les riches se rappellent qu’ils sont toujours à la portée de toutes les personnes qu’ils écrasent.

NdT:

[1] Il parait que Kirk Burgess est un quidam qui a posté ce commentaire marrant sur twitter que l’auteur du texte a décidé de résumer parfaitement la nature de l’action.

[2] Jason Farr c’est un membre du conseil municipal, un vrai opportuniste qui ne fait que courir après les riches pour les attirer dans notre quartier (y compris le apple store).

[3] Andrea Horwath c’est la cheffe du parti de gauche au niveau provincial, qui est venue poser des messages de solidarité sur les façades fracassées.

[4] Un BIA c’est un « Business Improvement Area », une association appuyée par le gouvernement municipal qui réunit les propriétaires et les petits patrons pour coordonner les affaires des quartiers. Assez dégueu.


Après la balade émeutière de Locke Street de samedi 3 mars, le Centre Social Anarchiste The Tower à Hamilton (Ontario, Canada) a eu sa vitrine défoncée dans la nuit de dimanche et la porte pétée la nuit de mardi.

Communiqué de The Tower sur les événements récents

Nous avons attendu jusqu’à maintenant pour écrire un communiqué public, car ce n’est vraiment pas notre volonté d’avoir des conversations sur internet, un endroit si toxique et aliénant. Mais puisque notre local a été attaqué deux fois dans les derniers jours, nous pensons qu’il est important de partager quelques réflexions et d’être clairs sur notre position.

Tout d’abord, non, les actions qui ont eu lieu samedi soir sur les rues Locke et Aberdeen n’ont pas étés organisés par The Tower, mais oui, nous soutenons ce qui s’est passé et nous sommes solidaires de ceux/celles qui l’ont fait. La guerre de classe se poursuit chaque jour dans cette ville, avec des attaques constantes contre les pauvres et les travailleurs. C’est consternant de voir que de si nombreuses personnes se fassent du souci seulement lors de rares occasions où un peu de rage se retourne contre la domination. Les effets permanents de la gentrification dans cette ville sont déchirants : vagues de déplacements, violence croissante et pauvreté grandissante. On ne peut pas simplement s’attendre à que tout ça reste caché sous le tapis des mots. Nous n’avons aucune larme à déverser pour Locke Street.

Nous ressentons qu’à chaque famille qui se fait expulser de sa maison c’est bien pire que tout ce qui s’est passé sur Locke Street, même si on croit que tenir des boutiques de luxe est un acte neutre. Et le niveau d’indignation est particulièrement odieux, considérant que ces dernières jours il y a également eu deux femmes lambda qui ont étés poignardées. C’est plus que dégoûtant de voir que les discussions sur les pâtisseries artisanales dégradées ont la priorité sur les discussions à propos de la violence sur les femmes.

Ce n’est pas simplement du jemenfoutisme, cela veut dire choisir son camp. Quand les choses tournent mal, nous ne sommes pas du côté des riches et de la classe des affaires. Nous sommes solidaires de tous ceux qui résistent aux pouvoirs dominants dans cette ville et si nous avons des critiques sur la tactique nous les faisons en privé. Nous nous opposons à toute répression et à toute collaboration avec la police.

Ces derniers jours, nous avons reçu plusieurs menaces de la part de groupes d’extrême droite, présageant les attaques contre notre espace. Sans surprise, la classe commerçante locale et les suprématistes blancs qui ont organisé des manifestations anti-immigrés en ville l’année dernière se sont retrouvés du même côté.

Tout le théâtre à propos de Locke Street montre qu’ils ne s’attendent pas seulement à se faire de l’argent en suivant leurs intérêts et en ignorant leurs impacts sur d’autres, mais qu’ils s’attendent aussi bien à être aimés pour cela. Nous ne sommes pas « choqués et horrifiés » d’être attaqués, puisque nous n’avons jamais pensé que les puissants de cette ville et leurs larbins pouvaient nous remercier de s’opposer à eux.

Nous savons que ce ne sont pas les boutiques qui sont le principal facteur d’embourgeoisement et des souffrances qu’il entraîne: ce sont plutôt les investissements immobiliers, la spéculation et les politiques municipales qui les encouragent. Les petits magasins sont souvent sous le feu des projecteurs, mais ce ne sont pas eux qui réaménagent les blocs d’immeubles entiers ou mènent des expulsions massives. Cependant, ce qu’ils ont fait, cela a été de se mettre du côté des spéculateurs et des proprios, se positionnant de manière à profiter des forces qui portent préjudice à la plupart de leurs voisins. Nous avons choisi de les critiquer et de nous y opposer par le passé, à cause de leur alliance aux riches et aux gros capitalistes, et même s’ils ne sont pas les plus responsables, leurs actions ont des conséquences réelles.

Pour être clairs, nous ne remplirons pas des formulaires de police en lien à ces événements, mais nous les gérerons plutôt de façon autonome, en nous appuyant sur des réseaux d’entraide. The Tower continuera à héberger le même type d’événements et de groupes qu’il a toujours fait, en mettant des ressources en commun et en partageant des idées. Les événements des derniers jours ne changent rien pour notre projet ou nos choix et nous faisons appel à tous/toutes ceux/celles avec qui nous avons partagé des moments par le passé à prendre le temps de souffler et à considérer que même si les choses sont plus intenses en ce moment, rien n’a changé au fond.