GNL Québec : Les gains matériels d’une lutte écologiste

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Mai 212022
 

Du Collectif Emma Goldman

Un article inédit du Collectif Emma Goldman à paraître dans la 2e édition du journal anarchosyndicaliste “Liberté ouvrière” au cours de l’été.

À l’été 2021, le gouvernement du Québec officialisait son rejet du projet d’usine de liquéfaction du gaz naturel de GNL Québec après avoir longuement persisté à le promouvoir. Cette volteface sur un projet évalué à 14 milliards $ est le résultat de plusieurs années de luttes écologistes. Concrètement, ce sont de petits collectifs populaires locaux, organisés sur la base d’assemblées, qui ont réussi à faire pencher la balance. Devant eux se dressaient un promoteur, un État et des élu-e-s qui ont dépensé des millions $ dans une bataille qui leur était annoncée gagnée d’avance par un gouvernement conquis à leurs idées. C’est une victoire historique à laquelle, on peut noter, les syndicats régionaux ont très peu participé – lorsqu’ils n’apportaient pas tout simplement leur appui au projet dans l’idée que des centaines d’emplois seraient « gagnés » pour la région. Alors que les médias ont constamment présenté les positions ouvrières et écologistes comme diamétralement opposées au cours de cette lutte, dans ce texte, je tâcherai de présenter en quoi elle constitue une victoire pour la classe ouvrière.

Un tel projet n’aurait tout d’abord pas suscité autant d’enthousiasme partout. Le Saguenay-Lac-St-Jean, qui devait l’accueillir, est considéré comme une des régions périphériques du Québec. En terres Ilnuat volées du Nitassinan, depuis la colonisation, son développement économique s’est centré autour d’industries qui ont su profiter des ressources naturelles du milieu. « Chaque pays développé, écrivait l’économiste Samir Amin, a créé en son sein son propre pays sous-développé [1] ». Il s’agit des divisions spatiales générées par le capitalisme, autrement dit du développement inégal. Cela se répercute en règle générale entre autres choses sur la diversité économique, les conditions d’emploi, les taux de chômage et une forme de dépendance à l’endroit des marchés extérieurs. Ainsi, les 1100 emplois directs et indirects promis par GNL Québec, dont près de 250 bien payés durant la phase d’opération, sont certainement arrivés comme un signe d’espoir inattendu pour la classe dirigeante régionale – peu importe les sommes exorbitantes accordées à l’entreprise en subventions directes et indirectes. Celle qui discourait depuis des décennies sur la nécessité de « diversifier l’économie », comme si les gens étaient plus dupes qu’ailleurs, avait maintenant trouvé un filon à soutenir. Les médias et des syndicalistes n’ont pas tardé à les suivre là-dedans, notamment via un faux mouvement citoyen « Je crois en ma région ». Celui-ci était formé par la création paramunicipale de l’ex-maire Jean Tremblay, Promotion Saguenay, ainsi que des associations de parcs industriels et des chambres de commerce. À travers une idéologie régionaliste appelant au sentiment d’appartenance, une vision manichéenne et interclassiste était diffusée pour présenter l’opposition aux grands projets inutiles comme des menaces aux intérêts soi-disant communs de la région. L’ouvrier de la région était selon elle l’otage de groupes écolos exogènes et marginaux. C’est sans surprise que l’on a pu voir un appui ouvrier considérable aux projets dans les sondages commandés par les industriels ou affichés dans les grands médias.

Le soutien offert par plusieurs syndicalistes au projet n’était guère plus surprenant. Après plus de 30 ans de domination du modèle du syndicalisme d’affaires, nos syndicalistes sont plus souvent enclins à entretenir de cordiales relations avec les directions qu’à les confronter. On a d’ailleurs dorénavant l’habitude de les voir discourir en chœur de la nécessité de préserver la prospérité des entreprises. C’est l’idée reçue que la croissance économique favoriserait la prospérité de tous et de toutes par un effet de ruissellement. Or, force est de remarquer que les surplus engrangés dans les quarante dernières années n’ont pas été répartis à l’ensemble de la société, ont été concentrés pour former des fortunes sans précédent dans l’histoire et ont généré une croissance extrême des inégalités sociales. Professionnel-le-s de l’encadrement de la main-d’œuvre, ces pontes syndicaux sont en définitive devenu-e-s des partenaires dans le « développement du sous-développement » (pour reprendre l’expression d’André Gunder Frank).

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Les conseils de bande, organismes de gouvernance des communautés Autochtones instaurés par le colonialisme canadien, ont quant à eux cherché à négocier leur part du gâteau. Faisant fi du rejet du projet par une partie considérable de leurs membres et du péril qui guettait le fjord et les écosystèmes tout au long du pipeline gazier de 780 kilomètres, cette petite élite bureaucratique misait sur une Entente sur les répercussions et les avantages (ERA) pour s’en mettre plein les poches en catimini. Heureusement, plusieurs ont activement dénoncé leurs manigances. À cet égard, le Collectif Mashk Assi, formé de membres des Premières nations qui défendent le territoire et vivent sur celui-ci de manière à perpétuer les traditions ancestrales, s’est maintes fois exprimé. Ce groupe a pris part à la lutte de ses premières à ses dernières heures. Il portait une vision différente du territoire et de son utilisation en opposition à l’extractivisme et aux emplois qui en découlent. D’autres membres des communautés Autochtones ont également été nombreux et nombreuses à prendre part aux manifestations contre le projet, l’une d’elles, à Mashteuiatsh, ayant par exemple rassemblé plus d’une centaine de personnes.

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La victoire écologiste a été un affront fait à la communauté régionale des affaires. Le rejet du projet de 14 milliards $ fait rupture avec leurs modes de pensée et leurs « solutions » à court terme qui ont historiquement façonné le mal-développement de cette région périphérique. Au-delà des clichés véhiculés par la classe dominante, cette lutte exprime une conscience qui doit continuer de s’épanouir. Nous n’avons pas à marchander la santé de nos organes vitaux et celle de nos enfants contre leurs bilans économiques. Il y a autre chose qui a de la valeur que ce qui est produit dans les usines. Face aux marchands de pacotilles de nos rues commerciales vivotantes, face à une classe politique vendue aux intérêts des multinationales, les travailleurs et travailleuses et les moins nanti-e-s de notre région peuvent avoir un pouvoir ensemble en faisant voler en éclat le faux consensus régionaliste : en arrêtant la machine. Plutôt que de plier éternellement aux menaces de fermeture et d’exodes du patronat, on pourrait commencer à se dire qu’il serait possible de s’organiser bien autrement sans les monopoles, Rio Tinto-Alcan et Produits Forestiers Résolu, que les travailleurs et les travailleuses peuvent effectivement prendre le contrôle de l’économie. Et si la fumée devait cesser de sortir des cheminées des usines, ce sera parce que l’on aura choisi ensemble qu’elles ne répondaient pas à un besoin.

Pour une décroissance libertaire

Pour les marxistes orthodoxes du siècle dernier, écrit le philosophe Pierre Madelin, « l’émancipation du prolétariat passait par l’appropriation et la socialisation des moyens de production, sans remettre en cause ni la nature de ses moyens de production, ni l’idéal productiviste qu’ils devaient servir, ni même la nécessité d’une centralisation de leur gestion [2] ». Sortir de la crise écologique et se libérer du capitalisme implique aussi de se libérer de la dépossession (de notre puissance, de nos facultés, de nos capacités) dont il nous afflige et de la subordination du moindre aspect de nos vies à sa logique marchande. L’idée de l’emploi à tout prix, astronomiquement subventionné et destructeur du territoire, doit être définitivement balayée. La mise en marche sous autogestion ouvrière d’un projet comme GNL Québec n’aurait guère plus de sens pour nous. Pas plus qu’une mine à ciel ouvert exploitée au milieu d’un village par une coopérative de mineurs autogérée.  C’est à ce propos que le sociologue John Holloway écrivait : « la révolution ne consiste pas à détruire le capitalisme, mais à refuser de le fabriquer [3] ». La satisfaction des besoins ne saurait se réduire à la production de biens. Il faut sortir de cette obsession idéologique de la production à l’infini de nouvelles marchandises simplement pour faire rouler artificiellement une économie de la rapidité et de l’éphémère. La prise de conscience des enjeux liés aux écosystèmes dans notre rapport au monde à travers l’écologie, ainsi que les savoirs, réalités et modes d’organisation propres aux Premiers Peuples sur le territoire desquels nous habitons, nous appellent à un dépassement de perspective. Tout en développant de nouveaux rapports de complicité avec les communautés Autochtones, les impacts environnementaux liés à l’augmentation des gaz à effet de serre devraient nous inciter à envisager la nécessité d’une décroissance libertaire. Il ne s’agit pas là d’arrêter le développement de nouvelles technologies qui facilitent et améliorent nos vies, mais plutôt de mettre un terme à la fabrication de marchandises qui alimentent cette société consumériste et qui nécessitent de plus en plus de ressources bien souvent exploitées dans les pays du Sud. Dans le développement de communautés résilientes, conviviales et en harmonie avec le territoire, nous pouvons ici et maintenant préfigurer une forme d’auto-organisation ouvrière pour sortir du marais de la dépossession. Ces expériences ne sont pas fatalement condamnées à l’isolement, à être enfermées sur elles-mêmes et pacifiées. On a qu’à penser aux mobilisations contre GNL de petits producteurs bio et artisans du fjord, aux zones à défendre (ZAD) en France ou aux caracoles zapatistes au Mexique.

Par où commencer?

« Tout commence le jour où ils font une assemblée sans les bonzes du syndicat ».
– Extrait du journal Rosso, Groupe Gramsci de Milan sur les ouvriers et ouvrières des ateliers de Mirafiori à Turin (1973) [4]

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Nous voulons tout pour tout le monde et rien pour nous seul-e, mais évidemment, sur « le plancher des vaches », par où commencer? Il n’y a pas de recette toute faite pour le changement que nous voulons. Toutefois, nous pouvons partager quelques constats pour éviter certains écueils. L’autonomie et l’auto-organisation en dehors des institutions a certainement fait la différence dans la lutte contre GNL Québec. Plutôt que de reposer sur la quête de soutiens de grandes organisations syndicales ou sociales, la lutte contre GNL s’est structurée à partir du bas, dans les débats en assemblées et dans les actions directes autonomes. Les grandes structures ont démontré qu’elles n’étaient pas en faveur d’initiatives telles qu’un blocage ferroviaire, l’occupation des bureaux de GNL ou l’installation d’un mini gazoduc rempli de merde devant les bureaux de Promotion Saguenay. Mais l’attente et l’inaction dans une lutte nous réduisent à l’impuissance. Nous avions vu cela en 2012 lorsque le Mouvement des associations générales étudiantes, le MAGE-UQAC, tentait par tous les moyens de pacifier et de faire cesser une grève combative hors de son contrôle, impulsée et animée de manière autonome par les membres de plus d’une dizaine de programmes d’étude. Nous l’avions ensuite vu dans les années subséquentes, lors du lock-out des employé-e-s de garage des concessionnaires du Saguenay-Lac-St-Jean. Campé-e-s sur le bord de la route durant près de trois ans, les syndiqué-e-s de la CSD étaient sommé-e-s par leur chef de se vautrer dans leur chaise, tout en essuyant passivement les provocations patronales. La nécessité de construire un rapport de force malgré l’arsenal légal et répressif à la disposition du patronat était une évidence pour bien des travailleurs et travailleuses de la base. Il y a eu des actions autonomes de la base et nous en avons également réalisé solidairement en dépit de la condamnation de ces gestes par le syndicat. Ces actions ont au moins nourri le moral des lockouté-e-s dans les temps durs et servi à augmenter la pression sur des patrons qui laissaient leurs employé-e-s geler sur le bord du chemin.

S’organiser de manière autonome dans une lutte ou un mouvement permet de dépasser la réduction de ceux-ci à une négociation dans laquelle les propositions de changement social sont dès le départ évacuées. Force est de constater les dommages qu’ont faits des décennies de concertation, de collaboration et d’affairisme au sein des mouvements sociaux et syndicaux : la priorité n’est plus du tout à la lutte et au pouvoir des travailleurs et travailleuses. Au-delà de quelques discours annuels, les chefs des centrales syndicales ont bien intégré leur position de cadres hauts placés dans la société capitaliste à la manière d’apparatchiks soviétiques. Par l’autonomie, nous pouvons reprendre du pouvoir collectivement et individuellement dans des actions que l’on décide et assume ensemble. Nous ne sommes pas des marchandises. De plus, nous n’avons pas besoin des moyens financiers des syndicats pour lutter. Eux se permettent de payer des publicités à coup de centaines de milliers de dollars, mais refusent de payer les contraventions des ouvriers et ouvrières trop rebelles pour leurs bureaucrates. La bataille contre GNL a bien prouvé qu’un projet de 14 milliards $ pouvait être battu sans grands moyens. Cela fait que oui, pour commencer, on pourrait bien s’organiser par nous-mêmes, sur nos milieux de travail ou de vie et dans la complicité avec les gens qui sont solidaires, pour passer outre l’attente et la pacification et faire des victoires. Créer des réseaux, des espaces libérés, des milieux alternatifs et relier tous ces archipels en lutte pour construire notre monde sur les ruines de celui des capitalistes. Enfin, c’est faire le constat de la nécessité de prendre des moyens en adéquation et en cohérence avec les objectifs : renforcer la capacité des individus et des communautés à assurer eux-mêmes leurs reproductions matérielle et symbolique, à se libérer collectivement des systèmes de domination, à faire la révolution sociale.

Collectif anarchiste Emma Goldman (Saguenay sur le Nitassinan)

[1] Samir Amin. « Le développement inégal : essai sur les formations sociales du capitalisme périphérique », Éditions de Minuit, 1973, p.318.
[2] Pierre Madelin. « Après le capitalisme : Essai d’écologie politique », Éditions Écosociété, 2017, p.55.
[3] John Holloway. « Crack Capitalism : 33 thèses contre le capital », Libertalia, 2016.
[4] Marcello Tarì. « Autonomie! : Italie, les années 1970 », La Fabrique Éditions, 2011.

Jeudi pour la justice et la vérité

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Mai 202022
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

La RBC est une sale banque qui finance la crise climatique et l’injustice globale.

Nous avons rendu visite à cette branche de RBC de Westmount comme petit rappel, et en solidarité.

Vendredi malchanceux pour RBC

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Mai 142022
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

À “Montréal” ce vendredi 13 mai. Nous avons décoré la succursale de la RBC du centre-ville, en solidarité avec les défenseur.e.s de la terre des Wet’suwet’en. Nous avons utilisé de la peinture rouge, comme le sang qui tache les mains de cette banque.

Visite nocturne chez un haut dirigeant de la RBC

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Mai 052022
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Tard dans la nuit, le 4 mai, des revenchards sont passé chez Michael Fortier, avenue Chester. M. Fortier était membre du cabinet fédéral sous le premier ministre Stephen Harper. Aujourd’hui, il est le vice-président du conseil des marchés des capitaux chez la Banque Royale du Canada. Retiré dans sa luxueuse demeure de Mont-Royal (un quartier huppé de Montréal séparé des pauvres et des exploités par un long mur), il n’y a aucun doute que M. Fortier se sente bien à l’aise avec la décision de son patron de poursuivre le financement du gazoduc Coastal GasLink (ou de tout autre projet dégueulasse financé par RBC).

Pendant que fondent les glaciers, que la sécheresse, le feu et la famine se propagent, M. Fortier pense peut-être que son argent et ses contacts l’épargneront, lui, ses enfants et ses petits enfants. Mais les enragé.e.s connaitront les noms des grands responsables. Il doit comprendre que personne n’est à l’abri dans ce merdier.

Cette nuit là, les flammes d’un engin incendiaire se propageaient vers le bloc moteur de son Jaguar stationné devant chez lui.

Cet acte est en solidarité avec les défenseur.e.s de la terre Wet’suwet’en et avec tou.te.s les combattant.e.s de l’industrie extractive.

Promenade à Westmount

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Avr 252022
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Depuis environ 2 mois, les personnes qui font vivre la lutte contre CGL sur le Yintah et au camp du km 44 en territoire du Clan Gidimt’en subissent l’harcelement et l’intimidation continue de la GRC. Dans les derniers jours les flics ont décidé d’arreter quelqu’un au camp sous le prétexte minable de « mauvaise identification ».

On pense que la solidarité active est toujours nécessaire et encore plus quand la répression frappe nos camarades. Cette solidarité peut entre autre s’exprimer par des attaques faciles a pratiquer, de façon a briser l’isolement et la peur dans lesquels l’état cherche a nous enfermer. Ce n’est pas toujours simple, mais on pense que certains de nos ennemi.e.s sont bien identifiables. Généralement ils et elles ont des grandes maisons et une petite paix qu’ils et elles cherchent à garder à l’abri de la guerre sociale qui les implique.

C’est avec ça en tête et avec notre rage qu’on a décidé de faire une sortie dans les rues de Westmount dans la nuit de mercredi dernier. A l’aide d’un extincteur plein de peinture, on s’est amusé.e à vandaliser la façade de la maison (situé au 734 avenue Upper Lansdowne) da la présidente de RBC Québec, Nadine Renaud-Tinker.

Solidarité avec les Wet’suwet’en et avec toutes celleux qui défendent le Yintah contre CGL.
Solidarité avec les camarades au KM 44!
FUCK la GRC, RBC et CGL!!

Des anarchistes

RBC : Désinvestissez de CGL

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Avr 122022
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Lundi le 11 avril
Tiohtià:ke/Montréal

En début d’après-midi, un petit groupe d’anarchistes s’est faufilé à l’intèrieur des bureaux de la RBC a la Place Ville-Marie. Armé.es de tracts, de collants et de cannes de peinture, iels ont laissé un message à la banque: DÉSINVESTISSEZ DE CGL. Depuis l’automne 2021, les Wet’suwet’en mènent campagne pour que RBC cesse de financier la destruction de leur territoire, mais RBC continuer d’ignorer leurs demandes.

Tant et aussi longtemps que RBC financera des projets extractifs, elle nous trouvera sur sa route.

– des anarchistes en criss

Réflexions sur la solidarité anticoloniale actuelle

Menace imminente: Coastal Gaslink (CGL) est décidé à forer sous le Wedzin Kwa ce printemps 2022. Tout du peuple Wet’suwet’en: les personnes, la langue, la culture et la terre ainsi que les animaux vivant sur ce territoire sont confrontés à l’anéantissement de leur mode de vie. Si vous avez entendu l’appel à l’action, cette année à venir sera cruciale pour l’autodétermination et la souveraineté des Wet’Suwet’en.

Les actions de solidarité visibilisent le combat des Gidimt’en et protègent les personnes en première ligne de la repression policière et du harcelement de CGL. (https://twitter.com/Gidimten/status/1450808498833473549) Rien qu’au cours du dernier mois, la GRC a effectué 54 visites au point de contrôle de Gidimt’en, réveillant les aînés à toute heure de la nuit et les menaçant d’arrestation. Ces actes continus d’intimidation et de répression policière font partie d’une stratégie plus large de l’État canadien visant à utiliser les resources légales et les systèmes juridiques pour continuer à nier la souveraineté des Wet’suwet’en, malgré le fait que le système judiciaire canadien a reconnu la souveraineté des Wet’suwet’en dans la décision Delgamuukw c. Colombie-Britannique.

Lutte à long terme: L’engagement est un souffle long constamment menacé d’épuisement. Cette lutte contre la CGL comprend plusieurs dimensions : décoloniale, environnementale, anticapitaliste et féministe. Les nombreux « camps d’hommes » qui envahissent le Yintah intensifient et facilitent la capacité des hommes d’enlever, de violer et d’assassiner des femmes, des filles et des personnes bispirituelles autochtones (voir le rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, p. 593). Tant que CGL et la GRC demeurent sur le territoire, il en va de même pour les niveaux accrus de violence sexiste coloniale.

Nous continuons d’appuyer la position des Gidimt’en au point de controle face à Coastal GasLink et les entreprises extractives parce que la lutte pour l’autodétermination autochtone est une lutte longue et ardue. L’organisation solidaire est plus efficace lorsqu’elle est cohérente et stratégique. Nos efforts continus contribuent à la force et à la visibilité de leur lutte pour l’autodétermination, la souveraineté et la liberté.

Imaginez la force et la capacité du travail de solidarité si les personnes qui s’engagent dans ce type d’organisation avaient des enjeux personnels et collectifs dans le conflit? Par exemple, de nombreux Autochtones se battent à travers l’île de la Tortue pour se libérer de l’État colonisateur et pour être libres de se gouverner eux-mêmes comme ils le jugent selon leurs propres méthodes. Il y a aussi beaucoup de non-Autochtones qui se battent pour être aussi libres que possible de l’institutionnalisation et de la reglémentation de leur corps, de leurs relations et de leurs communautés. Ces expériences et histoires de lutte variées fournissent une base pour des points de connexion profonds.

L’imagination est un atout si elle permet de visiliser ce combat de différentes façons. Adaptez les tactiques et les stratégies d’organisation à vos capacités et à vos ressources. Plus important encore, agissez. Il est temps.

Hamilton : Des filiales de RBC attaquées

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Avr 122022
 

Soumission anonyme à North Shore Counter-Info, traduction de Attaque

Nous avons perdu le compte des filiales de la Royal Bank of Canada qui ont été la cible d’attaques et de perturbations, cette semaine, dans le sud de l’Ontario et du Québec (nous pensons qu’elle sont plus d’une dizaine). Dans les villes auto-nommées Toronto, Hamilton, Montréal… des ami.e.s aussi dans des endroits si petits qu’Orillia [ville de 33000 habitant.e.s, à quelques 130 km au nord de Toronto ; NdAtt.] et si éloignés que Nanaimo [ville de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique, sur la côte pacifique ; NdAtt.]. Ces actions répondent au besoin de prendre pour cible les investisseurs du projet de gazoduc Coastal Gaslink – qui est actuellement en retard grâce à l’attaque directe qui a eu lieu en février et aux campagnes, couronnées de succès, qui ont été menées jusqu’à présent par le clan Gidimt’en pour bloquer le projet – mais qui est toujours en cours de construction à un rythme rapide sur le territoire non cédé de la population Wet’suwet’en.

La RBC est l’un de ses plus importants partenaires financières et, pendant la semaine dernière et les mois précédents, elle a fait l’objet de tactiques de pression allant de l’action directe contre ses filiales, à la pression exercée sur les élites/ses clients pour qu’ils retirent leur argent des comptes de la RBC, à la perturbation de l’assemblée générale annuelle de la RBC, à Toronto. Le message est clair : la Royal Bank of Canada doit se retirer immédiatement des investissements dans le CGL.

A Hamilton, d’où nous écrivons, des filiales de la banque ont été vandalisées, ont eu leurs serrures collées et les distributeurs automatiques de billets endommagés. Nous avons choisi ces méthodes pour interférer directement avec les opérations de la banque, lui faire du tort financièrement et au niveau de son image auprès du grand public, ainsi que pour contribuer à la propagation d’actions anonymes facilement reproductibles.

RBC était la cible centrale cette semaine, mais elle n’est pas la seule à être complice de ce perojet. Nous pouvons également porter notre attention sur d’autres grandes banques, sur TC Energy, sur de nombreux entrepreneurs et promoteurs liés au projet, sur la Gendarmerie Royale du Canada et l’État qui s’auto-nomme Canada.

Cela ne fera qu’empirer. CGL et ses alliés financiers, comme la RBC, prolongent la situation en poursuivant leurs projets d’exploitation et leurs attaques violentes sur le territoire Wet’suwet’en. Le Wedzin Kwa [un des territoires habités par la population Wet’suwet’ene, dans la province canadienne de Colombie-Britannique ; NdAtt.] reste sous la menace imminente d’être détruit pour effectuer des forages. Les anciens, les matriarches, les soutiens, les camarades et les défenseur.euse.s de la terre font face à des agressions quotidiennes. Nous devons tou.te.s nous préparer à plus, à répondre avec plus d’audace, à faire plus de dégâts. S’ils insistent, alors nous insisterons en retour, mais plus fort. Avec seulement un peu de planification et de courage, nous pouvons agir de manière à nourrir nos esprits et à maintenir en vie la lutte. Restez en sécurité – et nous avons hâte de voir votre travail, quelque part, dans les jours à venir.

Blocage des coupes forestières sur le Nitaskinan

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Mar 082022
 

De Mobilisation Matawinie

Appel à la solidarité en soutien aux Atikamekws pour la protection des territoires ancestraux non-cédés !

Mobilisation Matawinie Ekoni Aci est un mouvement populaire autogéré qui a vu le jour très récemment, en Juin 2020.  La protection des forêts, les enjeux d’extraction des ressources et les enjeux coloniaux sont au coeur de nos inquiétudes. Les peuples autochtones sont les premiers à subir les conséquences de cet extractivisme colonial. Entre autres, dans la région de ‘’Lanaudière’’ les Atikamekw n’ont jamais cédé le territoire ancestral Nitaskinan, qu’ils habitent depuis toujours. C’est pourquoi il est primordial d’accorder une grande importance à leurs enseignements et revendications. Au sein de ce mouvement, nous apprenons humblement à travailler ensemble, autochtones et allochtones, afin d’aller vers la justice sociale et climatique.

Visite en soirée à la maison de la présidente de RBC Québec [vidéo]

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Mar 012022
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le soir du 23 février, une vingtaine de militant.e.s ont fait une visite surprise à la maison de la présidente de RBC Québec, Nadine Renaud-Tinker, au 734 avenue Upper Lansdowne dans Westmount. Pendant que les défendeur.eresses.s autochtones et leurs complices résistent aux vagues d’assauts coloniaux pour défendre le Yintah Wet’suwet’en et la rivière Wedzin Kwa, des investisseur.e.s tels que la RBC profitent confortablement des présents génocides des Premiers Peuples et de la destructions des territoires non-cédés pour des projects capitalistes extractivistes. Rappelons-nous que la Banque Royale du KKKanada est à la tête d’un groupe de 27 banques qui avancent les 6,8 milliards de dollars nécessaires à la réalisation du Coastal GasLink Pipeline et a généreusement contribué, depuis 2016, plus de 200 milliards de dollars à l’industrie des énergies fossiles.

Bien qu’il ne soit ni possible ni souhaitable de recréer la cruauté financée par la présidente Renaud-Tinker en territoire Wet’suwet’en, les militant.e.s ont souhaité lui donner une idée du sentiment qu’engendre une visite impromptue à son domicile. Iels sont resté.e.s plus d’une heure sur place, scandant des slogans et dansant sur la musique. L’ambiance fut festive et les camarades n’ont pas mâché leur mots pour démontrer leur indignation, puis ont quitté les lieux sécuritairement.

Suite au récent sabotage d’un site de forage de Coastal GasLink, une répression et surveillance accrue de la GRC en territoire Wet’suwet’en est en branle et notre solidarité est plus nécessaire que jamais! Restons à l’affût, la lutte continue! #AllOutForWedzinKwa

En défense de l’attaque du site de forage de CGL

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Fév 252022
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le 17 février, le site de forage de Coastal GasLink sur les rives de la Wedzin Kwa (rivière Morice) a été sérieusement endommagé par un groupe inconnu d’individus courageux. En tant qu’individus anarchistes vivant dans le Nord et soutenant les luttes pour la défense de la terre et contre la colonisation en cours par le Canada et ses intérêts corporatifs, nous déclarons notre soutien à cette action et encourageons les autres à faire de même.

Bien que nous ne sachions pas exactement ce qui s’est passé cette nuit-là, nous pouvons étudier les déclarations de CGL et de la GRC afin d’y voir plus clair et de nous faire une idée. Il semble indéniable, d’après les photos, que d’énormes dégâts matériels ont été causés : les véhicules utilisés par le mercenaire ex-flic ex-militaire Forsythe Security ont été endommagés (les soi-disant pauvres “travailleurs de CGL” traumatisés) et des machines et des remorques ont été détruites, presque certainement au moyen de machinerie lourde réquisitionnée. D’autres affirmations de CGL et des porcs ne sont pas étayées par les faits et sont presque certainement des conneries : les “travailleurs” eux-mêmes n’ont manifestement pas fait l’objet d’attaques puisque tous les dommages se sont limités aux véhicules et aux bâtiments et ont cessé dès que la sécurité a quitté le site. La tentative supposée de mettre le feu à un véhicule avec un agent de sécurité à l’intérieur n’est rien d’autre qu’une conjecture et un non-sens. Dans une entrevue vidéo publiée par CGL avec le mercenaire impliqué, celui-ci a fait cette affirmation en se basant sur le fait qu’une fusée de détresse a atterri à l’arrière de son camion alors qu’il tentait de se frayer un chemin à travers les défenseur.e.s des terres pour revenir à la plateforme de forage après avoir été expulsé. Cela ne ressemble guère à une tentative d’incendie d’un véhicule et, dans le contexte, était clairement un acte défensif. Tout au long de l’incident, il semble clair que la force n’a été utilisée que si nécessaire pour effrayer la sécurité de CGL et la faire partir, afin que le véritable travail de démolition de l’infrastructure violente de CGL puisse commencer. Le récit du meurtrier à la hache ne résiste guère à leurs propres faits !

Parlons un instant de l’affirmation de la GRC selon laquelle les agents ont été conduits dans un piège et blessés. Ils ont affirmé qu’ils ont été accueillis par des projectiles alors qu’ils tentaient de démanteler un barrage et qu’ils ont ensuite chargé dans l’obscurité à travers le barrage routier, et que l’un d’entre eux a marché sur une planche à pointes. Les planches à pointes sont des instruments défensifs utilisés pour empêcher les véhicules d’enfoncer les barrages routiers. Plutôt que de se laisser bercer par l’idée d’un piège, on a l’impression qu’il s’agit d’une action défensive au cours de laquelle les gens ont essayé de retarder une réponse policière probablement violente, n’ont utilisé des projectiles que lorsque cela s’est avéré nécessaire pour défendre le barrage et où la seule blessure policière a été auto-infligée par un agent courant dans le noir dans une situation inconnue. Compte tenu de l’historique de la violence policière de la GRC dans la région et du déploiement de fusils d’assaut, de chiens d’attaque et du recours à la torture contre les défenseur.e.s des terres, il semble évident que cette “violence” était de nature défensive et protégeait les gens de la violence bien plus grave que la GRC aurait raisonnablement pu leur infliger s’ils avaient atteint la plateforme de forage.

Voici ce qu’il nous reste comme portrait : après des années d’intrusion et de violation du consentement, après trois raids militarisés de la GRC au service de CGL, après des années de harcèlement et d’intimidation des défenseur.e.s de la terre par la sécurité Forsythe et après que des méthodes plus pacifiques n’aient pas réussi à mettre fin à la violence continue de CGL contre la terre et les relations et lois autochtones, certains individus inconnus ont riposté par un acte impressionnant de sabotage et de destruction de la propriété de l’entreprise. Il y a une très grande différence entre la violence contre les biens et la violence contre les personnes et la vie et, comparée à la violence que CGL et la GRC ont déchaînée, cette action sur la plateforme de forage semble mesurée, proportionnelle et louable.

Nous considérons que cette action est un développement naturel de la résistance en cours contre CGL et qu’elle n’est en aucun cas non provoquée ou inattendue. Bien que nous ne voulions pas faire de suppositions sur les responsables, nous pensons qu’il est raisonnable de croire que cette action a été entreprise par des personnes agissant pour la défense de la terre et de la rivière. C’est pourquoi nous les avons appelés les défenseur.e.s de la terre. Puissent d’autres personnes poursuivre ce combat, agir contre CGL, le Canada et la colonisation en cours là où ils se trouvent et tirer de cette action inspiration et courage comme nous le faisons.

Solidarité pour toujours !
Un petit groupe de camarades