Projet d’Ariane Phosphate: « Coucou, ne m’oubliez pas! »

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Avr 262021
 

Du Collectif Emma Goldman

Dans la dernière année, le projet d’Ariane Phosphate a passé sous le radar et nous n’avons presque pas entendu parler des développements qui doivent mener à cette mine à ciel ouvert de phosphate au Lac à Paul et au troisième port sur le Saguenay. Il y a plusieurs raisons à cela (outre la pandémie), dont la lenteur du processus devant conduire à la première pelleter de terre du projet, la place prise dans les médias de masse par GNL Québec et la sortie du rapport du BAPE sur l’usine de liquéfaction de gaz naturel au port de Grande-Anse. Pour autant, le projet de mine d’apatite n’est pas mort et voilà qu’il a refait surface la semaine dernière dans les médias.

La minière Ariane Phosphate a annoncé avoir conclu une entente, d’une durée pouvant aller jusqu’à 50 ans, avec Port Saguenay au sujet du futur site d’installation pour le chargement maritime sur la rive nord de la rivière Saguenay. Le deal prévoit l’utilisation des futures installations sur la rive nord pour 30 ans avec deux renouvellements possibles de 10 ans. Il vient aussi encadrer la vente par Port Saguenay à Ariane Phosphate d’un morceau de terrain qui permettra la construction d’une installation de chargements qui va faciliter l’accès aux plateformes commerciales internationales.

Même si cette entente entre la minière et Port Saguenay n’est pas une surprise puisque l’administration portuaire est 100% pour le projet et travaille à sa réalisation, elle sert à rassurer les investisseurs et les clients potentiels que tente de séduire Ariane Phosphate: « Avec une entente de 50 ans, nous serons en position de force pour approvisionner nos clients mondiaux à partir de notre projet de mine du Lac à Paul qui devrait avoir une longue durée de vie. C’est une des choses qu’il nous manquait pour rassurer nos clients ou investisseurs potentiels quand on négociait. Là c’est réglé. » (1) – Jean-Sébastien David, chef des opérations chez Ariane Phosphate, lors d’une entrevue avec le journal Informe Affaires.

La multiplication des annonces, même banales et plus ou moins pertinentes, ainsi que les diverses ententes qui sont ensuite relayées par les médias servent justement à rassurer les investisseurs, les motiver et leur donner espoir. Les convaincre que le projet va de l’avant, qu’il n’est pas mort et que tout roule comme prévu, peu importe si c’est vrai ou non.

L’automobile électrique comme passeport vert

Comme bien des multinationales extractivistes, Ariane Phosphate mise sur l’automobile électrique pour écouler sa matière première et verdir son projet destructeur. L’augmentation de la demande de phosphate pour les batteries Lithium-Fer-Phosphate (LFP) est vu d’un bon œil par les dirigeants de la minière. Ces batteries sont utilisées pour la fabrication de voitures électriques. Elon Musk, le PDG mégalomane de Tesla Motors, a annoncé dernièrement qu’il étudiait la possibilité d’utiliser les batteries LFP pour équiper les prochains véhicules Tesla puisqu’elles sont moins dispendieuses. Évidemment, cela est vu comme une bonne nouvelle par Ariane Phosphate.

Un futur bien macabre nous attend si la voiture électrique est considérée comme une transition énergétique et un moyen de diminuer la pollution. En réalité, elle sert simplement à justifier et verdir des projets extractivistes qui vont détruire des milieux de vie pour une poignée d’emploi et des millions de dollars dans les poches des dirigeants.

L’électrification des voitures n’est pas la solution, le but est de diminuer au maximum le nombre d’automobiles sur les routes et d’augmenter le transport en commun. Fabriquer des voitures, même si elles sont électriques, demande beaucoup de ressources qu’il faut extraire du sol (lithium, phosphate, etc.) et d’infrastructures destructrices comme les autoroutes, les immenses boulevards, les stationnements à l’infini, etc. La voiture électrique sert à sauver l’industrie automobile, pas la planète.

Même si la minière Ariane Phosphate a toutes les approbations du gouvernement pour aller de l’avant et qu’elle est aidée par la classe politique locale et le milieu des affaires, il n’est pas trop tard pour s’activer. Nous devons nous organiser pour occuper le territoire et bloquer coûte que coûte ce projet; mettre nos corps en jeu pour empêcher la destruction de nos milieux de vie et la poursuite de ce néo-colonialisme qui s’approprie les territoires des Premières Nations et anéantit toutes possibilités de pratiques ancestrales. Tôt ou tard, il faudra monter des barricades, bloquer les chemins, créer des zones à défendre où nous vivrons autrement; attaquer.

  1. https://informeaffaires.com/regional/mines-et-ressources-naturelles/pour-50-ans-arianne-confirme-une-entente-avec-port-de

Abandon des poursuites contre les accusés du blocage ferroviaire de Lennoxville

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Avr 172021
 

De Blockade Defense

Nous sommes un groupe de personnes qui, en février 2020, ont tenu une journée de blocage ferroviaire à soi-disant Lennoxville, Québec, sur des territoires Abénaquis volés, en solidarité avec les défenseurs et les défenseuses de la terre Wet’suwet’en et contre la violence persistante du colonialisme. Nous avons appris récemment que les accusations criminelles portées contre nous avaient finalement été abandonnées et que notre dossier avait été fermé.

D’un côté, nous accueillons avec joie de ne pas avoir à subir le stress et les tracas d’un procès criminel, et d’autant plus en considérant comment la police de Sherbrooke nous a menti de façon éhontée et a enfreint ses propres protocoles afin de nous arrêter en cette journée ensoleillée d’hiver.

D’autre part, cependant, nous pensons qu’il est important de se souvenir et de reconnaître que les charges criminelles auxquelles nous étions confronté.es viennent d’un État (et son système juridique) qui ne voit rien de mal au génocide colonial, au meurtre et à la dépossession des peuples autochtones, et avec la destruction de la vie au nom du profit. Le soi-disant Canada et le soi-disant Québec sont sur des territoires autochtones volés, et aucune loi ni répression ne nous fera voir cela comme juste ou acceptable. Notre action en était une parmi de nombreuses autres en solidarité avec les Wet’suwet’en qui ont été continuellement menacé.es et harcelé.es par les brutes de la GRC et de l’industrie des pipelines.

Les fonds que nous avions amassés pour notre bataille juridique seront répartis également entre les avocates qui nous ont soutenu.es, les ami.es de Tyendinaga et Hamilton qui font face à des procès pour leurs propres blocages de solidarité, de même qu’au fonds légal du Camp Unist’ot’en.

Pas de réconciliation sans décolonisation.

1er mars: Action contre l’extractivisme effréné des forêts

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Mar 012021
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Les défenseur.es de la terre Atikamekws et Innu.es sont sur le Nitaskinan aujourd’hui, accompagné.es de leurs allié.es allochtones, pour s’opposer à l’extractivisme.

Ni le gouvernement colonial ni le conseil de bande n’ont la légitimité sur ces territories non cédés, ils préfèrent s’entendre ensemble pour les saccager.

Les forêts sont livrées aux machines destructrices des compagnies forestières, entraînant inondations et perte d’habitat pour la faune. Le bouleau blanc, essentiel à la culture Atikamekw, est en train de disparaître.

Les lois de la terre et de l’univers dominent l’expansion illimitée de l’homme avide. Comme nos ancêtres, protégeons la vie pour les générations futures!

Autodétermination et veto pour les premiers peuples !

La solidarité de tous et toutes pourra stopper l’écocide !

Venez nous appuyer lundi 1er mars à partir de 10h au 16e km sur le chemin de la Manawan .

EKONI ACI !
ASKI MAMO !

La Mauvaise Herbe vol.19

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Jan 262021
 

De La Mauvaise Herbe

Heureuse nouvelle contre la dépression saisonnière, La Mauvaise Herbe vient de publier son nouveau numéro (décembre 2020)!!

Sommaire des articles:
– Des kilomètres et des chalets
– Tchernobyl et le COVID
– Des nouvelles du progrès
– Être ancrés dans la réalité et le sol
– Anarchiste d’esprit vs anarchiste de parole
– Compte-rendu du livre Operation Chaos
– Voici à quoi ressemble le terrorisme domestique
– Extraits du livre La lutte pour le territoire québécois; entre extractivisme et écocitoyenneté

Vous pouvez télécharger ce numéro sur le lien ci-dessous:

MH19

Après un hiver de blocages : Le point sur les accusations criminelles en lien avec #ShutDownCanada

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Jan 122021
 

De North Shore Counter-info

Affiche en format PDF 8.5 x 11 à imprimer et à partager !

Presque un an est passé depuis la vague de blocages en solidarité avec les défenseurs de la terre wet’suwet’en. Par la suite, de nombreuses questions urgentes ont fait que l’attention du public est passé à autre chose. Toutefois, pour celleux en première ligne aussi bien que pour celleux avec des accusations en justice, il n’y a aucune possibilité de passer à autre chose.

En ce moment, au moins soixante personnes font encore face à de graves accusations criminelles en lien avec les descentes policières dans le territoire wet’suwet’en ainsi qu’avec le mouvement de solidarité. Ces actions ont impliqué des milliers de personnes dans toutes les provinces du pays, aussi il est impossible d’en faire rapidement le portrait, mais voici quelques aspects :

En janvier 2020, tandis que la GRC préparait leur nouvelle offensive contre la réoccupation du territoire wet’suwet’en qui dure depuis plus d’une décennie, les actions solidaires ont commencé. Quand les flics sont descendus pour de vrai dans les premiers jours de février, les Mohawks de Tyendinaga ont lancé un blocage ferroviaire qui a paralysé la circulation entre Toronto, Ottawa et Montréal. Perturber la circulation ferroviaire est vite devenue la tactique privilégiée du mouvement et les prochaines semaines ont vu des blocages à long terme menés par des communautés autochtones à Kahnawake, Listuguj, Six Nations et New Hazelton. Des blocages de moindre durée ont eu lieu (souvent à répétition) à Halifax, Toronto, Victoria, Vancouver, Magnetewan, Coquitlam, Hamilton, Morris, Saint-Pascal, Edmonton, Saint-Lambert, Kamloops, Saskatoon, Elsipogtog, Saguenay et de l’autre côté de la frontière dans l’État du Washington. Il y a également eu des manifestations et des blocages routiers en de nombreux endroits.

À l’issue de cette mobilisation massive, vingt-huit personnes du territoire Mohawk de Tyendinaga se battent contre des accusations suite à l’attaque du PPO sur leur communauté. Le deuxième groupe en importance c’est les quinze personnes accusées qui attendent leur procès en rapport avec un blocage près de Sherbrooke, Québec. À Hamilton en Ontario, six personnes font face chacune à quatre chefs d’accusations de méfait pour un blocage ferroviaire de vingt-quatre heures. Dans le Bas-Saint-Laurent, une personne est encore inculpée après une perturbation ferroviaire et à Montréal il y a deux personnes accusées de méfait pour des graffitis.

L’hiver précédent, en janvier 2019, il y a également eu un raid sur le territoire wet’suwet’en par la GRC. La mobilisation en solidarité était à échelle plus modeste, mais il y a eu des manifs, des occupations et des blocages importants un peu partout dans le pays, qui ont également vu de la répression.

Deux personnes présentes aux barricades sur le territoire wet’suwet’en lors du raid sont encore accusées de voie de fait sur la police. À Hamilton, une personne est inculpée pour des dégradations d’un poste de la GRC. À Montréal, six personnes se battent encore contre des accusations de méfait en lien avec le blocage du pont Jacques-Cartier.

Il y a eu presque cent-cinquante arrestations durant ces deux années de lutte. Beaucoup ont eu pour résultat des remises en liberté sans inculpation. D’autres des amendes. Certaines des poursuites criminelles se sont déjà résolues. Par exemple, en automne 2020, le procureur a retiré les accusations contre douze personnes en relation avec un blocage ferroviaire à Toronto et deux autres à Vancouver ont eu des absolutions. En outre, toutes les charges contres les personnes présentes sur le territoire au moment du raid de février dernier ont été abandonnées (mais la GRC a laissé savoir que leur enquête se poursuit).

On ne peut que se réjouir que de plus en plus d’affaires se résolvent, mais il faut tout de même rester prudent. Le système judiciaire abandonne les accusations contre certaines personnes à fin d’isoler et de délégitimer d’autres. Il ne faut pas oublier que certain·e·s inculpé·e·s ont de fortes chances de finir en prison pour des moments de lutte auxquels nous avons toutes et tous participé·e·s.

Tout le monde ne fait pas face au système judiciaire sur un pas d’égalité. C’est un système profondément raciste et colonial, ce qui fait que les accusés autochtones ont plus de chances de se voir condamnés et de se voir imposer des peines lourdes. De même, les personnes avec des casiers judiciaires, surtout avec des condamnations en lien avec leur implication militante, risquent d’être traitées de façon autrement plus sévère et de finir en prison.

Le mouvement de l’hiver dernier était d’une puissance incroyable et la lutte n’est pas terminée. Sur le territoire wet’suwet’en, les travaux sur le pipeline continuent malgré la pandémie, tout comme la résistance des défenseurs de la terre en première ligne. C’est la même histoire chez d’autres peuples autochtones partout au Canada – de Mi’kma’ki au territoire Secwempec en passant par Six Nations, c’était une année charnière pour la résistance autochtone et les affirmations de souveraineté. Ces courants continueront de s’entremêler avec la résistance face à l’expansion industrielle, ce qui créera encore de nouvelles possibilités et des sites de résistance. Rien n’est arrêté et dans le futur nous aurons besoin de bloquer le Canada de nouveau.

Tout mouvement qui connaît du succès subira de la répression et aura des prisonniers. Ce qui est plus important que d’éviter la répression c’est la manière dont on y fait face. Nous devons toujours trouver des moyens de montrer aux personnes ciblées qu’elles ne sont pas seules, pour qu’elles puissent en venir à bout en se sentant fortes et en restant intègres. Des démonstrations de solidarité tout comme le soutien pratique font une immense différence quand les gens ont affaire à la justice. Il faut que les personnes courageuses qui prennent des risques aient de l’appui si nous voulons être courageux et courageuses ensemble encore et voir nos mouvements croître.

Nous continuerons de poster des mises à jour sur North Shore Counter-Info sur les affaires en cours et nous amplifierons les collectes de fonds et les appels au soutien concret ou à la solidarité de la part des accusé·e·s. Les mises à jour seront regroupées sous le tag « Blockade Defense » sur North Shore (north-shore.info/tag/blockade-defense) et sur Twitter sous le hashtag #BlockadeDefense.

Avons-nous oublié quelqu’un ou avez-vous des commentaires ? Contactez-nous en anglais ou en français à blockadedefense@riseup.net. La clé pgp est sur keys.openpgp.org.

C.-B. : Sabotage de lignes électriques alimentant des installations de GNL — Déclaration de quelques personnes qui veulent fermer le Canada

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Déc 082020
 

Soumission anonyme à North Shore Counter-info

Nous entendons les appels à l’aide qui traversent cette fausse nation. Nous voyons les guerriers et les matriarches Wetsuweten, Secwepemc et Mohawk tenir bon contre l’État fasciste qui tente sans relâche de voler leurs terres par le biais de projets industriels subventionnés par la milice d’État. Nous voyons des guerriers et des matriarches Mikmaqs et Algonquins défendre fermement leur droit de vivre à l’abri des infrastructures de ce faux État.

Nous voyons également de la complaisance sur ces terres. Du vide des territoires qui ne sont pas contestés, nous n’entendons rien. L’hydre industrielle payée par l’État ne connaît aucune limite, aucune ligne territoriale, et pourtant celles et ceux qui n’ont pas été physiquement confronté.e.s à cette bête continuent de se taire. Nous constatons cette passivité militante aussi bien de la part des “allié.e.s” que des “complices”, et c’est pourquoi nous avons décidé d’agir en conséquence.

Il y a quelques nuits, pendant la soi-disant semaine d’action, dans un endroit isolé, quelque part entre Prince George et Prince Rupert, nous avons pris quelques boulons et coupé les haubans d’un pylône de ligne électrique à haute tension. La ligne en question va directement de Fort St. John à Kitimat, et distribuera efficacement l’électricité du barrage du site C à l’installation LNG Canada quand les deux seront terminés.

Nous considérons qu’il s’agit là de points d’attaque critiques, car les deux installations sont encore en phase de construction. Ce n’est ni la première ni la dernière fois que vous entendrez parler de nous, et nous ne cesserons d’agir tant que toute l’industrie pétrolière et gazière qui décime les terres sur lesquelles nous et nos camarades vivons et dont nous sommes originaires – une industrie entièrement construite sur le dos des populations autochtones de l’île de la Tortue – ne se sera pas effondrée à la base. La prochaine grande tempête verra s’effondrer cette représentation monolithique de tout ce que nous visons à détruire.

Nous sentons que le vent du changement commence à souffler, et nous espérons que celles et ceux qui liront ceci feront tout leur possible pour aider les éléments à faire tomber tout ce qui les entoure.

C.-B. : Des actions directes empêchent Coastal GasLink de forer sous la rivière Wedzin Kwa

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Déc 082020
 

À l’écart des projecteurs médiatiques, la lutte continue sur le terrain pour protéger le territoire Wet’suwet’en face à Coastal GasLink et la GRC. Nous avons traduit le communiqué suivant, ainsi que celui-ci, en espérant qu’ils rechauffent les esprits dans ce coin du soi-disant Canada.

Soumission anonyme à North Shore Counter-info

La résistance est une pratique vivante qui s’étend à travers le temps et l’espace. Des toiles entrelacées connectent les peuples et les communautés – propageant le feu d’un endroit à l’autre. Dans ses formes les plus subversives, la résistance échappera à la capture de la rationalisation ou de la quantification. Les tentatives de relayer ce qui se passe dans un endroit spécifique seront au mieux des histoires incomplètes, biaisées par les jugements de celui ou celle qui les raconte.

Ce qui suit est une histoire de moments de résistance récents contre la construction du gazoduc Coastal GasLink. Ceci n’est qu’une histoire et ne tente pas de parler au nom de la grande variété d’individus impliqués dans cette lutte. Nous partageons ces histoires afin d’ajouter du carburant pour alimenter le feu. Nous espérons que cette contribution avive les flammes et aide à ce qu’un jour, les entrepreneurs impliqués dans la construction du projet soient poussés à y mettre un terme. Pour en savoir plus sur les entrepreneurs impliqués, consultez seedsofresistance.noblogs.org

Au début de novembre, le pré-forage sous la Wedzin Kwa (rivière Morice) devait commencer. Alors que les travailleurs de CGL se préparaient à construire les plates-formes de forage, ils ont été harcelés, des drapeaux d’arpentage ont été arrachés et un barrage de deux kilomètres a été construit sur la route. Des dizaines d’arbres y ont été abattus, des barricades y ont été érigées, des fils barbelés ont été enfilés partout et une tranchée y a été creusée. Une fois que les plates-formes ont été construites et que la foreuse est arrivé sur place, un arbre est tombé sur la foreuse, ce qui a entraîné le retrait de la machine du territoire.

En même temps, des chantiers ont été détruits et une cache de chasseur ou une plateforme dans un arbre est occupé dans cette zone. Avec des températures sous zéro, occuper des arbres n’est pas facile à long terme – une occupation d’arbre fortifiée à 40 pieds de haut entourée de barricades est un défi. De plus, pour bloquer l’accès au site du projet, des barricades ont été érigées et enflammées avec des bannières au sommet qui disaient: Shut down Canada, Solidarité avec Six Nations, les pêcheurs Mi’kmaqi et les défenseurs des terres de Secwepemc.

Plus récemment, 3 à 4 kilomètres de barricades en bois ont été construites, empêchant les travailleurs d’accéder au site pendant des jours. Pour rendre les choses plus difficiles, de la machinerie lourde a été utilisée pour creuser la route et détruire un pont.

Un jour, nous espérons nous retrouver assis.e.s entre ami.e.s et proches à nous reposer et à nous réchauffer les mains autour d’un grand feu. Un feu constitué de tous les projets qui détruisent la terre et celles et ceux à qui on tient – deux choses que nous savons inséparables. Jusqu’à ce que ce jour arrive, nous continuerons d’allumer des petites flammes même si elles nous gardent seulement au chaud pour la nuit. Nous espérons que la chaleur de ces braises vous rejoindra et réchauffera votre cœur.

Sabotage ferroviaire contre le Canada

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Déc 072020
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Cette île est sillonnée de voies ferrées : ce sont des artères qui permettent la circulation des capitaux à travers le continent, des conduits pour le transport du bitume et d’autres produits d’exploitation des ressources, de colonisation et de mort. Les rails ont toujours été l’instrument de l’expansion coloniale. Dans tous ces territoires, les premiers chemins de fer ont déplacé les peuples autochtones, transporté les troupes qui ont réprimé les soulèvements et cimenté l’identité nationale d’un État colonisateur naissant.

L’hiver dernier, en réponse à l’incursion de la police en territoire Wet’suwet’en et à l’arrestation de défenseurs de la terre, il y a eu des blocages de voies ferrées à travers tout le soi-disant Canada. L’année suivante, cet État colonisateur avide de ressources a poursuivi ses attaques contre les peuples autochtones. Des territoires Wet’suwet’en et Secwepmeculew à l’ouest, aux territoires Six Nations et Algonquins plus près de nous, en passant par les Mi’kma’ki à l’est, les peuples autochtones ont été victimes d’un assaut de répression de la part de la police, des tenants de la suprématie blanche et d’autres colons violents.

Suite aux récents appels à fermer le Canada (Shutdown Canada), et pour une semaine de solidarité avec les luttes territoriales des autochtones, nous avons décidé d’agir contre les rails. À l’aube du lundi 30 novembre, plusieurs groupes autonomes ont interrompu la circulation des trains sur l’île de Montréal. Nous avons utilisé des câbles de démarrage pour imiter le passage des trains de marchandises, bloquant ainsi le réseau ferroviaire à plusieurs points de jonction clés. Au début d’une nouvelle semaine de travail, nous espérons que nos actions auront au moins mis un obstacle à la progression ordonnée de l’économie coloniale.

Avec tout notre amour à tou.te.s celles et ceux qui se battent pour défendre la terre contre le Canada.

— Des anarchistes

Joliette : Blocage ferroviaire pour un monde sans pipeline

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Déc 072020
 

Du Collectif Emma Goldman

Le 28 novembre dernier, des défenseurs de la terre du peuple Innu et leurs allié.e.s ont bloqué un chemin de fer passant dans la ville de Joliette dans la soi-disant région de « Lanaudière ». Cette action s’inscrit dans un appel lancé par des autochtones défenseurs du territoire à bloquer les lignes ferroviaires partout au KKKanada pour un monde sans pipeline. Les défenseurs de la terre présents à Joliette ont aussi mis en place le blocage en solidarité avec les luttes que mènent les Atikamekw contre les coupes forestières sur leur territoire ancestral, le Nitaskinan, et pour réclamer justice pour Joyce Echaquan, une Atikamekw décédée à l’hôpital de Joliette après la négligence du personnel hospitalier raciste qui l’a dénigré au lieu de l’aider et de l’écouter. 

Partout au KKKanada, les premiers peuples résistent contre les gouvernements coloniaux (fédéral et provincial) et l’extractivisme qui engendre un écocide. Plus que jamais, les luttes de décolonisation continuent de se multiplier. Les Mi’kmaq, les Wetʼsuwetʼen ou encore la communauté algonquine de Lac Barrière, qui impose un moratoire sur la chasse à l’orignal dans la réserve faunique La Vérendrye afin de stopper le déclin de l’espèce sur ce territoire, démontrent bien que les premiers peuples s’organisent et qu’ils ne laisseront pas les gouvernements et les multinationales détruire le territoire comme bon leur semble pour y soutirer des profits. Finalement, rappelons que le 5 novembre dernier, des défenseurs de la Terre du peuple Innu ainsi que leurs allié-e-s ont bloqué pendant près d’une heure la voie ferrée Roberval-Saguenay, obligeant le Canadien National (CN) à suspendre ses opérations. Solidarité avec toutes les Premières nations en résistance! À bas nos sociétés coloniales érigées sur le meurtre et l’exploitation!

Expérimentations et perturbation solidaire d’un chemin de fer de Canadian Pacific et de l’AMT

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Déc 072020
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Tôt dans la soirée de vendredi le 27 novembre à Tio’tia:ke/Montreal, la circulation des trains du Canadian Pacific (marchandises) et de l’AMT (trains de banlieue) a été interrompue en réponse à l’appel à une semaine d’action Coast to Coast* contre l’invasion violente continue de territoires Autochtones non-cédés par des forces de police coloniale militarisée.

Un fil de cuivre épais (environ l’épaisseur d’un crayon de bois) long de 4m a été enroulé très serré entre et autour (deux fois par rail, juste pour être certainEs) des rails de manière à compléter un circuit qui imite la présence d’un train, bloquant temporairement cette section de la voie ferrée jusqu’à ce qu’une équipe d’entretien soit appelée, le fil trouvé, les rails inspectés, etc. L’activation des lumières de signalisation au loin, d’un côté et de l’autre du point d’obstruction, nous a permis de confirmer le succès de la technique. Toutefois, les barrières de la traverse routière ne sont pas tombées pour bloquer le trafic routier comme prévu. Notre compréhension actuelle de la chose est que compte tenu de la direction du prochain passage planifié, l’obstruction créée a probablement été comprise par leur système comme étant un train ayant déjà passé la traverse routière. Il reste aussi a déterminer si cela aurait fonctionné sur une portion plus isolée du chemin de fer, loin d’infrastructures électriques où le courant électrique sur les rails est plus faible.

Plus d’expérimentation – et le partage des découvertes – est certainement nécessaire, mais nous croyons que cette méthode est rapide et assez simple pour être reproduite sans trop d’expertise ou de pratique. De plus, la répression policière est plutôt difficile considérant l’ampleur du réseau ferroviaire à l’intérieur et à l’extérieur des villes. Assurez-vous de planifier le tout avec le même niveau de sécurité que n’importe quelle action similaire. La préparation et les discussions devraient se limiter aux personnes impliquéEs et avoir lieu loin de téléphones et d’autres objets électroniques équipés de microphones et de systèmes de géolocalisation. Assurez-vous aussi qu’il n’y a aucune façon de vous identifier pendant vos recherches (par l’utilisation de Tor Browser ou d’un VPN pour la navigation en ligne), votre acquisition du matériel nécessaire, votre fuite et finalement la diffusion de l’action si nécessaire. Gardez en tête les caméras, les empreintes digitales, l’ADN, les empreintes de pas, et les risques spécifiques au contexte (p.-ex. le courant électrique, la police, les chutes) en tout temps avant, pendant, et après l’action.

Comme nous avons vu maintes et maintes fois, le seul langage compris par l’état colonial est celui de la perturbation de la circulation des biens, de la main d’œuvre, et du capital. L’hiver dernier, les défenseurEs des terres Autochtones et leur complices allochtones ont démontré que le projet colonial canadien n’est autre que quelques centres de population liés à des puis extractivistes par des infrastructures de transport vulnérables. Les lois coloniales sont illégitimes en territoire Autochtone et seront toujours ignorées dans le combat contre le génocide des Premiers peuples.