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Un serveur nommé Paranoïa : Défendons Autistici/Inventati

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Sep 022026
 

De Sabot Media

Au cours des 25 dernières années, Autistici/Inventati, un collectif de hackeur·euses italien a mis sur pied des infrastructures de communication conçues pour survivre à la censure, à la surveillance et aux descentes de police. Le 26 août, les États-Unis ont désigné ce collectif comme une organisation terroriste. Les mesures d’embargo économique prendront leur pleine mesure le 25 septembre 2026.

Ça aurait du être une nuit sombre et orageuse dans un hacklab italien.

Mais la scène se déroule un beau dimanche ensoleillé.

Le 3 mars 2001, une dizaine de personnes se retrouve au hacklab LOA à Milan autour d’un ordinateur assemblé avec des bouts de machines sorties du rebut. Peu avant, une banque leur a vendu un vieux serveur pour la somme symbolique de 15.000 lires, soit à peu près 8 euros. Iels l’ont amélioré avec des composants de récup’, dont un disque dur extrait de l’ordi du salon d’une personne. Personne n’a de plan formel. Les logiciels sont choisis l’un après l’autre. Toutes les décisions sont discutées jusqu’à ce que tout le monde soit d’accord. Intentionnellement, la personne avec le moins d’expérience technique est mise derrière le clavier. Le processus prend bien plus de temps que necessaire parce que l’efficacité n’est pas le seul objectif. Tout le monde doit comprendre ce qu’iels sont en train de construire. Ce jour là, l’un·e des participant·e s’en souvient, iels déclarent : « A/I existe désormais. »

Iels baptisent la machine Paranoia. Le mois suivant elle est en ligne et supporte deux noms de domaines et deux histoires entremelées : Autistici.org et Inventati.org. Vingt-cinq ans plus tard, le 26 août 2026, les États-Unis désignent Autistici/Inventati comme organisation terroriste (Specially Designated Global Terrorist) et l’inscrit sur la liste des Ressortissants Spécialement Désignés et des Personnes Bloquées (Specially Designated Nationals and Blocked Persons list).

La distance entre ces deux événements (d’une machine recyclée dans un hacklab à Milan, à la machinerie de l’état techno-sécuritaire états-unien), c’est l’histoire d’un collectif qui ne démord pas, depuis un quart de siècle, d’une proposition dangereuse : on devrait pouvoir communiquer sans d’abord devoir se livrer à de grandes entreprises ou à des gouvernements.

Le 25 septembre, le délai accordé aux institutions pour couper leurs relations avec A/I prendra fin. Les banques, les entreprises de la tech, les hébergeurs et autres institutions sont sommées de couper tous liens qui resteraient après cette date. A/I a construit son infrastructure pour survivre à la disparition de serveurs. Les États-Unis tentent maintenant de rendre le collectif économiquement et technologiquement infréquentable. Mais découvrons ensemble ce qu’est A/I, son histoire, et ce que cette nouvelle attaque pourrait signifier pour les collectifs techniques autonomes et le milieu militant radical en général.

Avant A/I : La contre-culture internet italienne

Autistici/Inventati n’est pas sorti du néant. Ses racines plongent dans plus d’une décennie d’organisation de l’autonomie italienne, de radios pirates, de « bulletin-board systems » [NDLT: premières agoras numériques du jeune internet], de centres sociaux autogérés dans des squats, de mouvements anti-capitalistes et d’expérimentations autour des ordinateurs comme outils politiques. Au cours des années 1990, des réseaux comme le European Counter Network et Isole nella Rete ont fourni un espace en ligne pour les mouvements sociaux alors même qu’internet était peu connu du grand public. Les hackmeetings italiens réunissaient développeur·euses, activistes, artistes, et autres curieux·euses de technologie dans des espaces autogérés.Dans les centres sociaux apparurent des Hacklabs, où les gens pouvaient apprendre Linux, monter des réseaux et aborder les connaissances techniques comme quelque chose à partager plutôt qu’à vendre. Les futur·es membres de A/I venaient de plusieurs endroits de ce monde. À Milan, les personnes affiliées au LOA Hacklab utilisèrent le nom Autistici pour décrire leur intense fascination pour la technologie et leur désir de mettre en lumière la politique cachée en son sein. À Florence, le projet Inventati était plus orienté vers la communication, la publication, et l’organisation du mouvement social. Ses projets comprenaient Stampa Clandestina, un journal conçu pour être imprimé et collé directement sur les murs de la ville, et Spia la Spia, une tentative de cartographier les caméras de surveillance dans l’espace public.

Des personnes de Bologne et d’ailleurs étaient aussi impliquées. Beaucoup participèrent au développement d’Indymedia Italy, mouture locale d’un réseau mondial de publication libre sur internet qui permettait aux manifestant·e·s de rapporter les évènements sans attendre que les journalistes professionnel·le·s les médiatisent. Les différents groupes partageaient le même problème : le mouvement nécessitait un nombre croissant de sites web, de listes mail et de mails privés, mais les infrastructures indépendantes demeuraient rares. Le European Counter Network portait plus que sa part du fardeau. Les fournisseurs commerciaux offraient de plus grandes capacités mais contre un prix élevé, une dépendance structurelle, de la surveillance et un pouvoir de censure. En novembre 2000, Inventati envoya aux hackers milanais un mail chiffré leur proposant une rencontre. Le message fût traité comme dans un film d’espionnage : clés PGP, signes de reconnaissances savament arrangés, un endroit et une heure secrète. Puis les florentins arrivèrent dans une bagnole rouillée légendaire appelée le General Lee, klaxonnant devant le squat pendant que la police surveillait le bâtiment avec stupéfaction.

Le point historique qui fait consensus dans cette histoire est que tout ce petit monde alla ensuite manger dans une pizzeria appelée La Balena. Après le dîner, les florentins dévoilèrent leur plan séditieux : monter un autre serveur autonome.

L’intention n’était pas de remplacer l’infrastructure du mouvement avec un nouveau fournisseur de service central. L’intention était de multiplier l’infrastructure. Si un millier de serveurs autonomes voyait le jour, une simple perquisition ne suffirait pas à couper les communications de toutes les communautés en lutte. Ensemble, iels devinrent Autistici/Inventati, plus courrament abrégé A/I. L’association des collectifs prit légalement le nom d’Investici, mais A/I ne devint jamais pour autant une organisation ordinaire : elle n’avait pas de coordinateur·ice, pas de dirigeant·e officiel·le, pas de porte-parole permanent·e. Les décisions étaient prises en cherchant des consensus plutôt que par votes. Personne n’était payé. Ses ressources venaient de dons, d’évènements de soutien et du travail des gens qui la maintenait. Le double-nom était un choix. Tel Janus, A/I était une créature à deux visages: l’une technique, l’autre communicante ; l’une tournée vers la machine, l’autre vers le mouvement qui en avait besoin.

Le serveur qui ferma la porte en laissant les clés à l’intérieur

La naissance n’a pas été uniquement glorieuse. Le second jour de l’existence de Paranoia, une personne entra une commande de pare-feu inversée, ordonnant par accident à la machine de bloquer toutes les connections qui ne proviendraient pas d’elle-même.

Le serveur ne pouvait donc plus communiquer qu’avec lui-même.

Le collectif a trouvé ça si représentatif de son image qu’il fut décidé d’imprimer l’erreur sur des T-shirts. Ce mélange de rigeur technique et de refus de se prendre au sérieux devint une caractéristique d’A/I. Les serveurs suivants furent nommés, entre autres : Tchernobyl, Rancune, Révolte, Désobéissance et Cavale (Chernobyl, Astio, Rivolta, Contumacia et Latitanza). Derrière les blagues, c’est une position politique qui se développait. La communication devrait être gratuite et accessible. La connaissance grandit en étant partagée. Un logiciel n’est pas neutre simplement parce qu’il existe dans un monde supposé virtuel. Les systèmes grâce auxquels on parle déterminent qui peut parler, qui peut écouter, qui détient les échanges et qui peut être réduit au silence. A/I a commencé à fournir des sites webs, des emails privés et des listes mails, des newsletter et des tchats. Ses services se sont progressivement étendus avec Noblogs, des outils de partage de fichiers, de visio-conférence, de streaming, de proxy mail anonymes et d’autres outils de communication encore. Le tout sans publicité ou exploitation de données à des fins commerciales.

Le manifeste du collectif décrit le projet en des termes explicitement politiques. A/I est anti-fasciste, anti-capitaliste et anti-militariste. Le collectif promeut le logiciel libre, le chiffrement des données personnelles, le pseudonymat et la libre circulation de la connaissance et de la culture. Il réserve les ressources limitées de ses volontaires aux personnes et projets globalement compatibles avec ses principes, plutôt qu’à des entreprises, partis politiques, religions établies ou institutions qui ont déjà les moyens de se faire entendre. A/I n’a jamais été un hébergeur commercial politiquement neutre. Fournir de l’insfrastructure ne signifie pas être l’auteur·ice de tout ce qui passe par cette infrastructure. « Affinité politique » ne signifie pas « contrôle opérationnel ». Offrir à quelqu’un·e une adresse email ne signifie pas écrire tous les emails qui sont envoyés ensuite. Ces distinctions, et leur confusion, jouent un rôle central dans l’attaque que subit maintenant A/I.

Gênes: baptême du feu pour l’infrastructure

À peine quelques mois après la mise en ligne de Paranoia, le G8 s’est réuni à Gênes. Plusieurs participant·es d’A/I étaient aussi impliqué·es dans Indymedia Italy. Iels ont participé à la création du Media Center du mouvement [NDLT: un squat qui rassemblait des journalistes indépendant·es, ainsi que d’autres voix alternatives du mouvement], en tirant des câbles, en configurant des serveurs, en installant des ordinateurs pour permettre aux manifestant·es de rapporter ce qu’il se passait dans la ville. Ce qui a suivi est devenu historique : protestations massives, assassinat par la police de Carlo Giuliani, violences policières indiscriminées dans les rues, tortures et violences sexuelles dans la caserne de Bolzaneto, descente de police nocturne dans l’école Diaz. Les discours officiels entraient en concurrence avec les photos, enregistrements et témoignages de première main transmis via une infrastructure indépendante. Gênes est ainsi l’une des premières manifestations majeures à être documentée sous tous les angles par ses participant·es plutôt qu’exclusivement par les médias institutionnels.

Pour A/I, ce fût aussi ce que le collectif nommera plus tard une « communion traumatique ». Ses membres y fîrent face à la même violence ensemble, tout en maintenant les systèmes aux travers desquels les preuves de cette violence pouvaient se diffuser. Après Gênes, A/I n’était plus une simple expérimentation technique, curieuse et rigolote. C’était devenu une infrastructure de confiance pour le mouvement. La demande crût rapidement. En 2003, A/I hébergeait plus de 2 000 utilisateur·ices, 205 sites web et 269 listes de discussion. Héberger ces services gratuitement devenait insoutenable, des hébergeurs commerciaux auraient facturé des milliers d’euros par an pour de tels services. Le collectif apporta une réponse avec les KAOS Tours : des tournées combinant collectes de fonds, fêtes, discussions publiques et ateliers pratiques. Les membres d’A/I apprenaient aux gens comment monter des serveurs, chiffrer leurs communications, monter et diffuser des vidéos, créer des archives numériques et streamer de la radio.

Les tournées levèrent des fonds, mais leur but principal était l’éducation politique. Le collectif ne voulait pas devenir un groupe d’expert·es invisibles pratiquant de la magie pour des utilisateur·ices passif·ves. Il souhaitait que la communauté comprenne la machinerie dont elle dépendait de plus en plus.

Chaque attaque ultérieure envers A/I provoquerait une variation de cette réponse : découvrir ce qui s’était passé, réparer les dégâts, partager la leçon, construire quelque chose de plus difficile à détruire.

Quand Trenitalia découvre l’effet Streisand

La première confrontation judiciaire majeure a eu lieu en 2004. Un collectif de designers nommé Zenmai créa un site web parodiant celui de l’entreprise ferrovière italienne Trenitalia. Iels copièrent l’apparence du site web de l’entreprise tout en dénonçant son implication dans le transport de chars d’assauts et d’autres équipements militaires pour l’invasion de l’Irak. Trenitalia demanda devant la justice la suppression de la page, le versement de dommages et intérêts ainsi que la publication d’excuses dans deux journaux majeurs pour un coût estimé à environ 20 000 €. Le tribunal ordonna dans un premier temps à A/I de suspendre le site parodique. Internet répondit en reproduisant le site tout autour de la toile.

Trenitalia demanda alors qu’A/I retire également les liens vers les sites miroirs (impliquant l’absurde possibilité que des moteurs de recherche puissent être poursuivis à leur tour pour avoir référencé ces mêmes liens). A/I fit appel. Le 14 septembre 2004, le tribunal statua que le site web était protégé par le droit à la satire et au débat public pour des faits d’intérêt général. La page fût alors republiée et Trenitalia fût condamnée à rembourser A/I de ses frais de justice… une victoire extraordinaire pour un collectif de bénévoles ! Mais tandis qu’A/I se battait au grand jour devant le juge contre la censure, une opération plus pernicieuse se trâmait dans l’ombre, sans qu’iels ne le sâchent.

La répression d’Aruba

Le serveur d’A/I était, à cette époque, hébergé dans un centre de données de l’entreprise Aruba à Arezzo [NDLT: ville Italienne à l’est de la Toscane]. Le 15 juin 2004, la police italienne débarqua chez Aruba, mandatée par un procureur de Bologne. Les techniciens de l’entreprise éteignèrent la machine d’A/I et laissèrent la police en copier les disques durs. Les enquêteurs saisirent ainsi les certificats de chiffrement et installèrent des équipements pour intercepter le trafic. A/I fût faussement informé que la coupure du service était due à un problème électrique. Le collectif ne découvrit la vérité que près d’un an plus tard, par accident.

En mai 2005, A/I fut sommé de fermer la boîte mail utilisée par l’Anarchist Black Cross italienne Crocenera Anarchica [NDLT: organisation anti-carcérale de soutien aux prisonnier·es politiques], dans le cadre d’une enquête tentaculaire impliquant des accusations de complot et de subversion anarchiste. A/I s’est conformé à l’ordonnance du tribunal et a demandé les documents liés à ce dossier. Ces documents contenaient des messages que les enquêteurs n’auraient pas dû être en capacité d’avoir. L’explication était cachée dans une note de bas de page: la police était allé chez Aruba l’année précédente et avait obtenu un accès au serveur de A/I. Une affaire qui prétendait ne concerner qu’une simple boîte mail avait potentiellement compromis des miliers de comptes et des dizaines de milliers d’utilisateur·ice·s de listes mails. Parmi les personnes touchées : des avocats et des experts techniques travaillant pour le Genoa Legal Forum [NDLT: la legal team de Gênes suite aux manifs anti-G8]. La police a donc pu avoir accès à des communications confidentielles de défense à propos des poursuites découlant des agissements de la police lors du G8. Cette violation a révélé une vérité brutale. A/I peut faire tourner son propre serveur, le configurer avec attention et refuser de stocker des logs identifiants, mais la machine physique reste dans le bâtiment de quelqu’un d’autre. Un fournisseur commercial peut donner accès au contenu du serveur aux autorités et dissimuler ce qui s’est passé.

A/I a retiré la machine de chez Aruba, l’a nettoyée et a restoré les services essentiels. Des questions parlementaires furent posées en Italie et au niveau Européen. Le collectif à voyagé dans tout le pays et à travers l’Europe pour expliquer la faille. Mais surtout, il a reconstruit le réseau.

Le plan R* : la répression devient architecture

Le résultat a été le plan R*, lancé en octobre 2005 : un réseau de « communication résistante ». Plutôt que de concentrer les services d’A/I sur une seule machine, le collectif a distribué les données chiffrées et les fonctionalités entre des serveurs situés dans plusieurs pays. Les machines consultées par le public deviennent remplaçables. Les services peuvent être déménagés quand du matériel est saisi ou quand un hébergeur devient hostile. La perte d’un nœud ne peut plus exposer ou réduire au silence l’intégralité de la communauté. R* signifie réplication, redondance, résistance et autres mots commençant par R. Son architecture a été conçue non seulement pour survivre à des pannes mécaniques, mais aussi pour tenir bon face à des attaques politiques. A/I n’a pas prétendu qu’iels pouvaient garantir une sécurité parfaite. Au contraire, iels ont sans cesse rappelé aux utilisateur·ices de ne jamais accorder une confiance aveugle à un hébergeur, y compris A/I. Iels ont réduit les logs et les informations identifiantes au strict minimum, car une information qui n’existe pas ne peut être saisie. Iels ont encouragé les utilisateur·ice·s à chiffrer leurs communications parce que même l’architecture serveur la plus solide ne peut compenser les pratiques individuelles à risque.

Le collectif à transformé une opération de surveillance secrète en leçon d’infrastructure.

La répression est devenue architecture.

Le Vatican, un jeu vidéo satirique, et la Norvège

La pression n’est pas retombée. En 2007, un homme politique italien demande la censure de Operation: Pedopriest, un jeu satirique dénonçant les efforts faits par l’église catholique pour enterrer les cas d’abus sexuels commis par le clergé. Lea créateur·ice du jeu le retire temporairement pour épargner l’hébergeur. A/I en héberge alors une copie. Suite à une plainte déposée par une organisation de protection des enfants non-identifiée, un fournisseur d’accès états-unien déconnecte l’intégralité du serveur de Noblogs. Après consultation des avocats, le fournisseur d’accès conclut finalement que la satire était légale et restaure l’accès au serveur. Le plan R* a permis que le contenu contesté reste accessible ailleurs et a évité une censure plus large. À ce moment-là, A/I est devenu un refuge important hors des réseaux sociaux commerciaux, alors en pleine émergence. Noblogs permettait à chacun·e de publier de manière indépendante, sans publicité, exploitation de données ou nécessité de lier le contenu à une identité légale.

Ses utilisateur·ices incluaient des organisations du mouvement, des auteur·ices individuel·les, des dissident·es, des artistes et des travailleur·euses d’ONGs opérant dans des environnements dangereux. En 2008, A/I a reçu le prix de « Privacy Hero » du Progetto Winston Smith italien pour avoir créé des infrastructures de communication libres résistantes à la censure malgré de faibles ressources, des attaques techniques et des poursuites judiciaires à répétition. Puis, le 6 novembre 2010, la police norvégienne a copié les disques durs d’un serveur d’A/I à la demande de l’Italie. L’enquête faisait suite à des menaces et tags antifascistes ciblant les membres de l’organisation néofasciste CasaPound. Les autorités cherchaient des informations à propos d’une boîte mail. A/I avait déjà expliqué qu’iels n’avaient ni l’identité des utilisateur·ices ni des journaux d’activité, mais les enquêteurs voulaient apparament vérifier si c’était vraiment le cas.

Des miliers de comptes ont été copiés au passage.

Le plan R* permis de restaurer les services ailleurs en environ deux heures. En moins de vingt-quatre heures, le réseau opérait de nouveau normalement. Les disques saisis étaient chiffrés et n’ont fourni aucune information utile. L’opération est devenue un scandale en Norvège. Des avocats, journalistes et associations de défense des droits numériques ont demandé la raison pour laquelle la police norvégienne avait copié les communications privées de milliers de personnes en réponse à une demande étrangère insuffisamment justifiée. L’enquête italienne a fini par être abondonnée. Là où une autre organisation aurait pu interpréter les perquisitions à répétition comme une preuve que son projet était impossible, A/I les a interprétées comme une preuve que leur projet était nécessaire. Son histoire est documentée dans le livre du collectif, +KAOS: Ten Years of Hacking and Media Activism.

26 août 2026

La nouvelle attaque est d’un autre ordre. Le 26 août 2026, le département d’État des États-Unis [NDLT: l’équivalent états-unien du ministère des affaires étrangères] a désigné Autistici/Inventati comme organisation terroriste (Specially Designated Global Terrorist). Au même moment, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers du département du Trésor (Office of Foreign Assets Control) a placé A/I sur la liste des Ressortissants Spécialement Désignés et des Personnes Refusées (Specially Designated Nationals and Blocked Persons list) sous l’ordre exécutif 13224. Ce n’est pas simplement une condamnation du gouvernement. Cela active l’un des systèmes d’exclusion économique les plus puissants au monde. Les États-Unis affirment que A/I fournit des architectures numériques spécialisées, des communications chiffrées et de l’hébergement pour des groupes antifascistes et autres mouvements radicaux, incluant des organisations déjà désignées comme terroriste par les États-Unis.

La déclaration publique du Trésor états-unien se concentre sur les services que A/I fournit : hébergement de sites à l’étranger, mail chiffrés, tchat, visio-conférence et l’infrastructure technique soutenant Noblogs. Cette déclaration décrit notamment la ligne politique antifasciste et anti-militariste de A/I, leur pratique de sélectionner spécifiquement des projets compatibles avec leur ligne politique et la mise à disposition d’infrastructure utilisée par le PKK [NDLT: Parti des travailleurs du Kurdistan]. Le Trésor états-unien considère l’hébergement de cette infrastructure comme un soutien matériel ou technologique au terrorisme. Le dossier du département d’État va encore plus loin, décrivant les attaques, les communiqués et publications qu’ils affirment être passés par les infrastructures de A/I. Leurs exemples incluent des revendications de sabotage de lignes de chemin de fer et de pipelines en Europe, d’attaques sur des infrastructures énergétiques, l’hébergement du groupe antifasciste Rose City Antifa, la lutte contre le projet de centre d’entraînement de la police à Atlanta, du groupe militant Jan’s Revenge et des publications contenant des déclarations attribuées à des organisations armées. Les déclarations publiques du gouvernement ne montrent pas que A/I a planifié ces actions, sélectionné des cibles, transféré des armes, dirigé les groupes cités ou rédigé les contenus hébergés sur ses systèmes. Ils ne précisent pas à quel moment A/I a eu connaissance d’un acte particulier ni si iels en avaient eu connaissance avant que ça ne se produise.

Au contraire, cette désignation défend une idée plus large et plus lourde de conséquences : construire des infrastructures de communications pour des mouvements radicaux peut être considéré en soi comme du terrorisme.

Cette théorie met à bas la distinction entre un fournisseur de services et un·e utilisateur·ice ; entre affinité politique et contrôle opérationnel ; entre protection de la vie privée et dissimulation d’un crime ; entre maintien d’une plateforme de publication de contenu et rédaction de tout ce qui est publié dessus. A/I n’a jamais prétendu être politiquement neutre. Iels ont construit cette infrastructure précisément parce que les mouvements radicaux avaient besoin d’un endroit où parler, publier et s’organiser au-delà des entreprises et du contrôle de l’État. Les États-Unis utilisent maintenant cette intention comme preuve contre elleux.

Suite : le 25 septembre

Puisque A/I est désormais considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis, tous ses actifs détenus au États-Unis (possédés directement, ou contrôlés par un tiers) doivent être bloqués et déclarés à l’OFAC [NDLT : Office of Foreign Assets Control, un organisme chargé de faire appliquer les sanctions financières]. Sauf dérogation, les citoyen·ne·s et institutions états-unien·ne·s ont interdiction de fournir ou recevoir des fonds, biens ou services impliquant A/I. Ces restrictions s’appliquent aussi aux transactions qui passent par les État-Unis, même si les parties prenantes n’y résident pas. L’OFAC a accordé une dérogation temporaire qui autorise les transactions ordinaires nécessaires à la fermeture des relations existantes avec A/I, jusqu’au 25 septembre 2026, à 12h01. Les paiements dus au collectif ne peuvent pas lui être versés ; ils doivent être placés sur des comptes gelés. Après cette date butoir, une nouvelle autorisation sera nécessaire pour toute transaction. Le 25 septembre est donc la date à partir de laquelle les entreprises et individus résidant aux États-Unis sont supposés couper tout lien avec A/I.

Les conséquence pourraient être la perte :

  • de comptes bancaires et moyens de paiement
  • d’accès aux dons et levées de fonds liées aux États-Unis
  • d’hébergement de serveurs
  • infrastructures de cloud et services de transit réseau
  • de noms de domaines et services associés
  • de comptes de certificats
  • de sécurité et d’envoi d’e-mails
  • de services logiciels et de communication
  • de liens avec des fournisseurs non-états-uniens craignant des sanctions secondaires
  • d’accès aux services de A/I pour les personnes résidant aux États-Unis.

Les entités extérieures aux États-Unis n’ont pas à appliquer automatiquement les censures imposées par la loi états-unienne. Cependant, l’OFAC a menacé les institutions financières étrangères de sanctions secondaires si elles facilitent des transactions significatives pour le compte d’une entité désignée comme terroriste. Cette menace pourrait être aussi destructrice qu’une réquisition légale. Il est peu probable qu’une banque, un registrar [NDLT: une entité qui gère des noms de domaines] ou un hébergeur européen connaisse précisément les obligations qui lui sont imposées par la loi états-unienne. Ses juristes seront probablement enclins à considérer que maintenir des relations commerciales avec un petit collectif anarchiste italien n’en vaut pas la chandelle. Les institutions font fréquemment du zèle. Les fournisseurs pourraient fermer des comptes et révoquer des accès, quand bien même la loi ne les y oblige pas. Des organisations pourraient retirer des liens vers A/I, éviter de contacter ou interrompre des échanges avec A/I simplement parce que le nom du collectif apparaît sur une liste d’organisations terroristes.

C’est ainsi que les sanctions états-uniennes acquièrent une puissance mondiale : pas simplement par voie légale, mais aussi par une peur institutionelle.

Plus largement, la cible est la communauté autour du serveur

Même si l’ajout sur la liste des organisations terroristes des États-Unis cible A/I, ses effets ne seront pas circonscrits au collectif. L’infrastructure d’A/I est utilisée par des écrivain·es, organisateur·ices, chercheur·euses, artistes, collectifs de publications et personnes qui l’ont choisie précisément parce que les plateformes commerciales ne sont pas sûres, sont politiquement hostiles, ou concues pour exploiter leurs données. Ces utilisateur·ices ne sont pas sanctionné·es automatiquement parce qu’iels ont une adresse mail chez A/I, ou publient sur Noblogs. Mais quand le fournisseur lui-même est placé sur la liste noire des organisation terroristes, un simple lien peut devenir un signal d’alarme. Une banque pourrait pinailler sur un paiement. Un hébergeur de mails pourrait limiter ou bloquer la distribution des emails. Un·e employeur, un flic à la frontière ou un enquêteur pourrait juger une adresse suspiscieuse. Un·e journaliste pourrait hésiter à contacter une source. Un·e chercheur·euse pourrait éviter une archive. Un·e nouvel·le utilisateur·ice pourrait considérer qu’ouvrir un compte est trop dangereux. Rien de tout ça ne nécessite qu’un gouvernement ne poursuive qui que ce soit. L’ajout sur la liste produit à lui seul un no man’s land de peur.

C’est une raison pour laquelle cette action pourrait être utile à l’État même si A/I reste en ligne. Les précedentes attaques tentaient d’atteindre le collectif à travers différentes machines, boîtes mails ou fournisseurs. A/I y a répondu en distribuant ses sytèmes, en chiffrant ses disques et en retenant le moins d’informations possible. Ces pratiques ont rendu les traditionnelles saisies et mesures de surveillance moins efficaces. Les sanctions s’attaquent à un autre niveau : les relations qui permettent à l’infrastructure d’exister. Plutôt que de casser le chiffrement, le gouvernement peut contraindre les banques, les registrars, les centres de données, les entreprises informatiques et les utilisateur·ice·s à isoler le collectif. Plutôt que de prouver devant un tribunal que chaque utilisateur·ice est coupable, l’État peut rendre les contacts coûteux et légalement périlleux.

C’est l’État-surveillance qui opère à travers des intermédiaires privés. Le gouvernement n’a pas besoin de mettre un flic dans chaque salle de serveur quand les juristes, les banques et les plateformes peuvent être conduits à policer le réseau par eux-mêmes. Chaque institution va tracer sa propre frontière défensive, souvent plus large que la loi ne l’impose. Certaines pourraient demander davantage de documents d’identité, sauvegarder plus de logs, surveiller le contenu politique ou rejetter tout bonnement les projets de défense de la vie privée. D’autres pourraient fermer des comptes à l’abri des regards, sans possibilité de contestation. La mise en application se dissout dans de multiples entités dont les décisions sont difficiles à voir, contester ou simplement documenter.

Les conséquences néfastes qui en résultent ne se limitent pas à la censure. Elles peuvent changer l’architecture de la communication du mouvement. De petits fournisseurs de services autonomes pourraient conclure que servir des petites communautés controversées impliquerait un risque existentiel. De plus grandes plateformes pourraient, elles, appuyer sur le fait que ce sont de nouvelles raisons d’étendre la vérification d’identité, la modération automatique et la rétention de données. Les utilisateur·ices pourraient migrer de l’infrastructure de confiance du mouvement vers des systèmes commerciaux plus faciles à surveiller, à cartographier, et auxquels il est facile de demander de fournir des documents. L’État gagne de l’influence, quand bien même il n’obtient pas les données en clair des disques chiffrés d’A/I : les gens prennent leurs distances les un·es des autres, les fournisseurs collectent plus d’informations et les relations sociales entre les dissident⋅es deviennent plus faciles à observer.

Ce précédent dépasse les projets spécifiquement anarchistes ou anti-fascistes. Si l’aligement politique avec les utilisateur·ices, les mesures de protection de la vie privée et l’hébergement de publications controversées peuvent être utilisées pour argumenter que l’infrastructure elle-même constitue une complicité, alors les fournisseurs de mails chiffrés, les sites de publication radicaux, les archives communautaires, les VPNs, les réseaux sociaux fédérés et autres hébergeurs indépendants ont tous des raisons de s’inquiéter. Les faits et lois seraient spécifiques à chaque fois. Le danger consiste à normaliser ceci : un fournisseur d’outils de communications n’est plus traité comme simple diffuseur avec ses propres droits et responsabilités, mais comme un complice de chaque acte que le gouvernement attribue à quiconque utilise ses systèmes.

Tout ça ne signifie pas que l’ajout sur la liste cible secrètement chaque utilisateur·ice de A/I, ni que toutes les conséquences envisagées adviendront. Le gouvernement américain n’a pas pris la peine d’expliquer sa stratégie au delà des accusations dans les annonces. Mais la logique de l’action est visible. Il remplace une accusation ciblée contre des faits identifiables par une large pénalisation de l’infrastructure. La mise en application est déplacée du tribunal à une toile diffuse d’institutions précautionneuses. L’incertitude devient un instrument de contrôle. L’objectif immédiat est de supprimer A/I. Le message plus large est adressé à quiconque construit des systèmes de communication hors du contrôle étatique et commercial : cet abri que vous fournissez pourra être retenu contre vous.

A/I peut-il survivre à ça ?

A/I a vu la répression étatique arriver de loin.

Toute son infrastructure part du principe que :

  • les serveurs seront saisis
  • les hébergeurs coopéreront avec la police
  • les gouvernements demanderont des informations à propos des utilisateur·ices
  • les entreprises censureront le contenu controversé
  • certaines machines et sites d’hébergement deviendront inaccessibles
  • les données et les services doivent donc être chiffrés
  • distribués et remplaçables.

Cette préparation compte. A/I est basé en Italie, pas aux Etats-Unis. Son infrastructure est distribuée dans plusieurs pays. Ses services sont maintenus par des personnes hautement compétentes. Il ne dépend pas d’un fournisseur unique, minimise les informations identifiantes et a plusieurs décennies d’expérience de restauration de services en urgence. Il n’a pas d’actionnaires, de siège ou d’employé·e·s à payer. Ses frais de roulement sont relativement modestes, et le fait que l’infrastructure soit maintenue par des volontaires donne a l’État moins de leviers que ce à quoi il est habitué. Il serait surprenant que le site web, le système de mails ou Noblogs disparaissent purement et simplement le 25 septembre. A/I est probablement parmi les mieux armés des projets informatiques de sa taille pour faire face à des saisies de machines ou à des censures ponctuelles.

Mais ceci n’est pas une simple descente de police.

Le plan R* a été concu pour faire face à la disparition de serveurs. Il ne peut pas à lui tout seul, empêcher les banques de bloquer l’argent, les registrars de suspendre les domaines, ou les entreprises aux quatre coins du globe de révoquer les services par peur des mesures de rétorsion états-uniennes.

L’ajout sur la liste cible le tissu autour des serveurs :

  • les banques
  • les dons
  • les domaines
  • les contrats avec des hébergeurs
  • la bande passante
  • les certificats
  • les dépendances logicielles
  • les relations avec des institutions internationales.

A/I a déjà survécu à l’isolation technique. Les États-Unis tentent maintenant une excommunication financière et institutionnelle. Les services proposés sont, certes, résilients, mais la capacité de les financer, de remplacer l’infrastrucrure et de participer à l’environnement technologique plus large, encourrent un risque bien plus grand. Ce qui adviendra après le 25 septembre dépendra donc non seuleument de l’architecture qui héberge les données de A/I, mais aussi de la solidarité avec le collectif lui-même.

La mise-au-silence n’est pas pour le 25 septembre

L’ajout sur la liste des organisation terroristes vise à isoler. La réponse doit être une solidarité informée, indépendante et rigoureuse. Les personnes qui résident aux États-Unis ne doivent pas improviser de dons, déguiser des paiements, ou faire parvenir des ressources par d’autres personnes, organisations, monnaies ou pays. Cela pourrait les exposer, eux, les intermédiaires, voire A/I, à des sanctions. Les interdictions pourraient aussi s’étendre au-delà des ressources financières : assistance technique, traduction, plaidoyer, évènements de soutien ou autres services rendus pourraient impliquer un risque légal pour les personnes apportant leur soutien.

Mais le 25 septembre n’est pas une date à laquelle disparaitre en silence. Enquêtes indépendantes, communiqués, manifestations et débats politiques restent possibles. Nous pouvons raconter l’histoire de A/I, démonter les affirmations du gouvernement, contacter des journalistes et des organisation de défense de libertés et s’organiser indépendamment contre la criminalisation d’infrastructures de communication résistantes. L’essentiel en pratique est de parler et agir pour A/I sans lui fournir de fonds ou de services directement. Les limites précises sont difficiles à établir. Quiconque chercherait à faire des levées de fonds, remplacer l’infrastructure, déployer un miroir publique ou fournir une assistance technique directe devrait s’assurer d’un conseil qualifié à propos des sanctions. Un document de février 2025 concernant le soutien matériel dans le cadre de restrictions de l’OFAC met en garde contre le fait que même des soutiens légalistes peuvent attirer la surveillance, des enquêtes, des restrictions d’accès aux États-Unis ou des litiges. Si les flics vous questionnent, ne répondez pas à leurs questions et contactez un avocat.

Cet article propose une analyse politique, pas un conseil légal.

Ce que les soutiens peuvent faire d’ici au 25 septembre

Racontons l’histoire. Partagons l’histoire d’A/I: les hacklabs, Paranoia, Gênes, les tounées KAOS, la victoire Trenitalia, la faille Aruba, le plan R*, Noblogs et la saisie Norvégienne. Ne laissons pas le récit étatique devenir le seul témoignage public de ce qu’est A/I. Construisons une coalition de défense. Demandons aux collectifs d’hébergement indépendants, aux organisations de défense des libertés numériques, aux hacklabs, aux projets de logiciel libre, aux librairies radicales, aux éditions indépendantes, aux journalistes, aux juristes, aux chercheur·euses et aux utilistateur·ices de répondre publiquement. Préservons les archives. Les serveurs peuvent être saisis. Les domaines peuvent être suspendus. Les hébergeurs peuvent paniquer. Sauvegardons les écrits de Noblogs publiquement accessibles et ayant une importance historique, ainsi que les manifestes d’A/I, les documents techniques et juridiques, et l’histoire du mouvement. Enregistrons les URL sources, les auteur·ices, les dates de publications et de consultation. Respectons la confidentialité, le droit d’auteur et les demandes de suppression. N’accédons pas à des comptes privés et respectons les mesures de sécurité. La préservation individuelle, l’archivage pour la recherche ou la presse n’impliquent pas les mêmes enjeux qu’opérer publiquement une infrastructure de remplacement ; n’importe qui envisageant l’hébergement d’un miroir public devrait d’abord chercher des conseils qualifiés.

Documentons les excès de zèle. Répertorions les entreprises, banques, registrars, plateformes et institutions qui mettent fin à leurs services ou suppriment du contenu. Préservons les déclarations et les correspondances. Les archives publiques doivent montrer dans quelle mesure cette désignation va au-delà de sa formulation officielle. Exigeons des réponses. Demandons aux groupes de défense des libertés numériques, aux institutions européennes et aux responsables politiques si iels vont laisser des sanctions américaines démanteler un collectif de communication italien. Demandons quelles protections existent pour les infrastructures, utilisateur·ices et archives européen·nes. Organisons-nous de manière indépendante. Proposons des discussions publiques sur les infrastructures autonomes, les sanctions, la surveillance et les lois sur le soutien matériel. Publions des explications de la situation. Enseignons le chiffrement. Soutenons le travail indépendant sur les droits s’opposant aux désignations de terrorisme à tout va. Préparons un soutien matériel légal. A/I a historiquement survécu grâce aux dons, mais les soutiens aux US ne devraient pas envoyer ou faire parvenir de l’argent tant que la désignation de terrorisme s’applique sans une autorisation claire. Les organisations de défense des libertés numériques et de soutien juridique peuvent chercher des mécanismes de soutien légaux, et les potentielles procédures de retrait de la liste.

Écoutons attentivement les réponses publiques d’A/I [NDLT : le blog du collectif est toujours accessible], tout en maintenant notre soutien légalement indépendant. Les déclarations du collectif devraient nous servir de référence sur la manière de raconter son histoire et sa situation. Toute campagne coordonnée, canal de collecte de fonds ou service direct demande un examen juridique distinct. Notre objectif immédiat est de rendre A/I impossible à faire disparaitre en silence.

Le réseau nommé solidarité

A/I a survécu aux tentatives de censures des grandes entreprises, aux accès secrets de la police, à la saisie de disques, aux hébergeurs hostiles, aux attaques de parlementaires et aux enquêtes internationales. L’affaire Trenitalia a produit des miroirs et une victoire juridique. L’affaire Aruba a produit le plan R*. La censure des hébergeurs a produit de la redondance. La saisie norvégienne a montré que le réseau pouvait être remonté en quelques heures.

Chaque tentative d’isoler le collectif a diffusé la connaissance sur le fonctionnement de la surveillance et de la censure. Chaque attaque est devenue une opportunité de former plus de personnes sur comment se protéger collectivement. Les États-Unis ont maintenant transformé cette histoire en un test mondial. Ce n’est pas seulement la survie d’un collectif de hackers italiens qui est en jeu. Il s’agit de savoir si maintenir de l’infrastructure pour les mouvements radicaux peut être considéré comme du terrorisme ; si la protection de la vie privée peut être redéfinie comme une dissimulation ; si refuser de collecter des informations personelles peut être présenté comme une obstruction ; et si un hébergeur peut être tenu politiquement et juridiquement responsable de chaque texte, tactique et revendication transmis au travers de ses machines.

A/I a passé vingt-cinq ans à se préparer au jour où un de ses serveurs disparaitrait. Iels savent comment remplacer une machine, déplacer un service, restaurer des données chiffrées et continuer à opérer après le débranchement d’une prise par la police ou un hébergeur. Les État-Unis tentent quelque chose de différent. Ils essayent d’intimider les banques, les hébergeurs, les registrars, les fournisseurs d’infrastructure et les soutiens à travers le monde pour qu’ils abandonnent le collectif. Leur réussite dépendra en partie de l’infrastructure d’A/I.

Elle va aussi dépendre de nous.

D’ici au 25 septembre, préservons l’histoire. Partageons-la. Construisons une coalition. Documentons l’isolation. Enseignons les outils. Préparons une défense légale. Ne laissons pas l’État américain discrètement établir que construire des infrastructures respectant la confidentialité pour la contestation est en soit un acte de terrorisme. Il y a vingt-cinq ans, dix personnes se sont rassemblées autour d’une machine de récup’ et ont délibérement pris trop de temps pour la configurer parce que tout le monde dans la pièce était censé apprendre. Cela reste la leçon. Ne laissons pas la connaissance aux expert·e·s.

Ne centralisons pas l’infrastructure. Ne laissons pas les cibles se retrouver seules.

Le premier serveur s’appelait Paranoia.

Le réseau qu’il a créé s’appelle solidarité.


Déclaration publique d’Autistici/Inventati

Aujourd’hui, nous apprenons que le gouvernememt états-unien vise un petit collectif d’informatique italien, géré bénévolement, par des sanctions disproportionnées comme chacun·e peut le lire dans les déclarations du trésor et de l’état, ainsi que dans l’ordonnance judiciaire associée.

Nous dénions toutes allégations diffusées dans ces déclarations, et nous affirmons fermement notre volonté de fournir une plateforme d’outils d’auto-défense numérique, répondant aux besoins de communication libre d’activistes et autres individus, groupes et organisations.

Nous ne reculerons pas, nous continuerons à faire ce que nous faisons depuis toutes ces années, et nous ferons tout notre possible pour contrer les fausses accusations d’une administration politiquement désepérée, avec pour seul but de détourner l’attention publique et médiatique loin de leurs propre violence et bellicisme…

L’antifascisme et l’anticapitalisme ne sont pas du terrorisme. Manifester n’est pas du terrorisme. Et chacun·e a le droit de se faire entendre et de lutter pour l’humanité.

Collectif Autistici/Inventati – rendre les savoirs communs sans rechercher le pouvoir.

Restons humain.

Arrachons les yeux du pouvoir ! Les nouvelles caméras BIXI attaquées.

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Août 242026
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Certain·es d’entre nous avons remarqué que BIXI a commencé à installer des caméras qui détectent le mouvement sur certaines de leurs stations. Nous ne laisserons pas passer sous nos yeux cet ajout de technologie et de surveillance dans nos vies et nos quartiers. Nous avons pris en charge nous-mêmes la responsabilité d’aller à l’attaque d’une de ces caméras, et ce, avec de simples outils ainsi qu’une envie de détruire ces caméras. La dite caméra était plus haute et solide qu’on croyait, nous l’avons donc seulement endommagée et non détruite. Nous souhaitons aux camarades d’avoir un plus grand succès lors du premier essai que nous!

Problèmes de Signal

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Juil 082026
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Voici quelques problèmes peu connus liés à Signal que les anarchistes et autres personnes visées par la répression d’État devraient connaître. Ces problèmes sont connus des développeurs de Signal.

Des informations potentiellement sensibles sont enregistrées de manière permanente dans les bases de données des comptes.

Même si elles sont masquées, les informations suivantes sont enregistrées de manière définitive.

  • Tous les numéros de téléphone visibles : la plupart des utilisateurs de Signal disposent encore des numéros de téléphone de tous les autres participants aux discussions datant d’avant mars 2024, date à laquelle ils ont pu pour la première fois régler la visibilité de leur numéro de téléphone sur « personne ».

  • Métadonnées du groupe : quitter ou supprimer un groupe Signal entraîne principalement la suppression des messages. Les membres du groupe, le nom du groupe, sa description, l’horodatage de l’adhésion, l’horodatage du dernier message, l’identifiant du groupe, les clés du groupe, les étiquettes des membres, les administrateurs, les membres supprimés, le mot de passe du lien vers le groupe, les brouillons de messages, le nombre de messages, le nombre de messages envoyés, la durée de validité des messages éphémères, etc., sont conservés de manière définitive.

    Example
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  • Métadonnées du contact : la suppression d’une conversation conserve le nom du contact, son ACI (identifiant de compte), son numéro de téléphone, sa section « À propos », son pseudonyme, l’horodatage du dernier message, la note associée au contact, le brouillon de message, le nombre de messages, le nombre de messages envoyés, l’heure d’expiration du message éphémère, les clés de profil, l’horodatage d’expiration des informations d’identification associées aux clés de profil, et bien plus encore. La suppression d’un contact ne fait que le masquer.

    Example
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La seule façon fiable de supprimer ces informations consiste à effacer toutes les données de l’application Signal, puis à se réinscrire sans saisir le code NIP ni restaurer les données. Cette opération supprime également tous les contacts et tous les messages.

Une réinscription avec le code NIP permet de récupérer toutes les métadonnées des contacts. En ce qui concerne les groupes existants et supprimés, il semble que seuls les identifiants de groupe, les clés, les couleurs des icônes et quelques autres éléments soient restaurés, mais il s’agit tout de même d’informations potentiellement sensibles.

L’enregistrement réussi du numéro de téléphone d’un compte Signal existant entraîne la prise de contrôle ou la désactivation de ce compte.

Signal utilise l’authentification par SMS. Si le verrouillage d’enregistrement est désactivé sur le compte Signal d’un utilisateur, un attaquant capable d’observer ou d’intercepter ses SMS peut recevoir un code de vérification Signal et prendre immédiatement le contrôle de son compte. Si le verrouillage d’enregistrement est activé, il peut immédiatement désenregistrer l’appareil de l’utilisateur, ce qui empêche ce dernier d’utiliser son compte. L’attaquant peut alors prendre le contrôle du compte au bout de 7 jours si l’utilisateur ne parvient pas à se réenregistrer.

Une fois que l’attaquant a pris le contrôle du compte, il reçoit tous les messages destinés à sa cible, y compris les messages de groupe, et peut envoyer des messages depuis ce compte. Les contacts constatent que les numéros de sécurité ont changé, mais la plupart des gens ignorent ces messages. Après tout, cela peut simplement signifier que la personne a réinstallé Signal. Le nom du compte change, à moins que l’attaquant ne connaisse l’ancien nom ou ne devine le code NIP, mais les changements de nom sont très courants.

De plus, la suppression d’un compte Signal n’entraîne pas sa suppression immédiate des serveurs de Signal : celui-ci y reste pendant 30 jours. Si quelqu’un enregistre ce numéro pendant cette période, il pourra accéder immédiatement au compte. La suppression d’un compte entraîne la sortie de tous les groupes, mais il est toujours possible d’envoyer et de recevoir des messages en tant qu’utilisateur d’origine.

Ces choix techniques compromettent la sécurité et la fiabilité des comptes Signal. N’importe qui peut insérer la carte SIM d’une personne dans un autre téléphone. Les services de renseignement interceptent la plupart, voire la totalité, des SMS. Les simulateurs de stations de base, les attaques SS7 et les SIM swap peuvent également être utilisés pour intercepter des SMS.

Les ACI sont associés à des numéros de téléphone sur les serveurs Signal, et il est difficile de les modifier.

Les ACI sont des numéros uniques de 128 bits qui permettent d’identifier les comptes Signal auprès d’autres comptes et des serveurs Signal. Les comptes enregistrent les ACI de tous les comptes connus. Les ACI n’apparaissent pas dans l’application Signal et ne sont pas mentionnés sur le site web de Signal, mais ils peuvent être collectés et suivis au fil du temps et entre différents groupes. Il est également possible d’envoyer des messages à des ACI sans fournir aucune autre information.

Les serveurs de Signal enregistrent les ACI avec les numéros de téléphone associés aux comptes, ce qui leur permet de communiquer ces numéros aux autorités. Selon un article de Micah Lee, « si Signal reçoit une demande d’informations de la part d’une autorité concernant un compte sur la base d’un nom d’utilisateur actif, Signal sera en mesure de fournir le numéro de téléphone de ce compte, ainsi que sa date de création et la date de sa dernière connexion ». La recherche d’un nom d’utilisateur actif permet simplement d’obtenir l’ACI du compte ; on peut donc supposer que cela est possible. C’est peut-être déjà le cas.

Pour obtenir un nouvel ACI, les utilisateurs doivent supprimer leur compte Signal pendant 30 jours ou utiliser un nouveau numéro de téléphone.

Autres problèmes

Signal est centralisé et fonctionne sur les serveurs d’Amazon, de Microsoft et de Google. Ces entreprises partagent d’énormes quantités de données avec les services de renseignement. Elles transmettent probablement les métadonnées de Signal au gouvernement américain, même si Signal ne le fait sans doute pas. De plus, comme Signal est centralisé, il est plus facile à censurer. De nombreux gouvernements bloquent déjà Signal, et le gouvernement américain pourrait le fermer complètement.

Les notifications sur iOS, Android, macOS et Windows permettent à Apple, Google et Microsoft de connaître l’heure de réception des messages. Ce n’est pas le cas sous Linux et GrapheneOS.

L’heure de réception des messages « silencieux » peut être utilisée pour obtenir des informations sur les habitudes et les appareils des utilisateurs. Il est difficile d’empêcher totalement ce phénomène, mais les développeurs de Signal n’ont pas prévu de mesures pour y remédier. Toutefois, l’utilisation de Signal via Tor ou un VPN réduit probablement la précision de cette attaque.

Alternatives

Ces applications ne disposent pas de toutes les fonctionnalités de Signal et n’ont pas fait l’objet d’autant de tests. Tout comme Signal, elles ne conviennent pas à tous les modèles de menace.

Cwtch est une application de messagerie chiffrée Peer-to-Peer qui utilise Tor pour contourner la surveillance et la censure. Elle ne nécessite pas de numéro de téléphone, offre une meilleure protection contre les métadonnées que Signal, dispose d’un chiffrement de la base de données, permet d’utiliser plusieurs comptes et fonctionne avec ou sans serveurs. Elle n’a pas fait l’objet d’un audit de sécurité indépendant. L’équipe de développement est réduite et aurait besoin de soutien.

Briar est similaire à Cwtch, mais il offre également des fonctionnalités de base telles qu’un blog, un forum et un lecteur RSS. Il a fait l’objet d’audits de sécurité, mais ne fonctionne pas actuellement sur Tails ni sur des systèmes similaires. Pour pouvoir discuter, les deux comptes doivent échanger des liens ou des codes QR.

Delta Chat est décentralisé et ne nécessite pas de numéro de téléphone. Il offre une protection des métadonnées moins efficace que Signal, mais la création de nouveaux comptes est facile. Il ne dispose pas de confidentialité persistante ; il est donc possible de déchiffrer plusieurs messages antérieurs à l’aide d’une clé divulguée. Les développeurs prévoient d’ajouter la confidentialité persistante et la cryptographie post-quantique fin 2026. L’application peut être utilisée avec Tor, mais les fonctionnalités UDP telles que les appels et la synchronisation multi-clients ne peuvent actuellement pas utiliser Tor. Signal et la plupart des autres applications sont confrontées au même problème.

D’autres solutions similaires ne sont pas recommandées pour le moment, à l’exception du courriel PGP si cela s’avère nécessaire. De nombreuses autres options sont actuellement trop expérimentales, ne garantissent pas suffisamment la protection des métadonnées ou ne sont pas suffisamment fiables.

Suggestions concernant Signal

Pour ceux qui continuent à utiliser Signal, ces suggestions doivent être évaluées en fonction de chaque modèle de menace. Si l’anonymat et la fiabilité sont indispensables, Signal n’est pas la meilleure option.

  • N’utilisez pas Signal pour organiser des manifestations ou protester.
  • Achetez un numéro de téléphone virtuel ou un forfait mobile secondaire destiné à être utilisé une seule fois pour l’inscription sur Signal. Continuez à payer ce forfait ou changez de numéro pour éviter de perdre votre compte. Ce n’est pas facile à faire de manière anonyme, mais c’est possible.
  • Utilisez GrapheneOS sur un appareil compatible. GrapheneOS résiste mieux aux outils d’extraction de données tels que Cellebrite que les autres systèmes d’exploitation mobiles.
  • Cryptez vos appareils à l’aide de mots de passe aléatoires longs et éteignez-les lorsqu’ils ne sont pas utilisés.
  • Utilisez Molly avec le chiffrement de la base de données.
  • Utilisez Tails, Orbot sur GrapheneOS ou un VPN fiable. Notez que les VPN ne garantissent pas l’anonymat et que l’utilisation de Signal avec Tor peut entraîner la divulgation d’adresses IP.
  • Vérifiez les numéros de sécurité et les identités, et considérez tout changement de numéro de sécurité comme une possible compromission du compte.
  • Évitez les groupes Signal composés de personnes que vous ne connaissez pas.
  • Modifiez les paramètres de Signal pour choisir de meilleures options.
  • Ne connectez pas d’autres appareils.
  • Créez des discussions sur Cwtch, Briar ou Delta Chat comme option de secours.

Pour en savoir plus

The P.E.T. Guide: New Communication Infrastructure for Anarchists

Refuser la dystopie de GardaWorld: Une tour de vidéosurveillance IA détruite dans Hochelaga

 Commentaires fermés sur Refuser la dystopie de GardaWorld: Une tour de vidéosurveillance IA détruite dans Hochelaga
Juin 052026
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Durant un mois, sans aucune annonce, une tour de vidéosurveillance a été placé dans le centre de la place du marché Maisonneuve dans Hochelaga. Cette installation était une station de vidéosurveillance ECAM créé par la compagnie québecoise ennemie GardaWorld. Ils ont développé ce nouvel outil de vidéosurveillance utilisant l’intelligence artificielle dans le but d’implanter la surveillance de masse en Amérique du Nord. Déja des milliers de ECAM ont envahi le continent. Enragé-e par la surveillance de nos vies quotidiennes de plus en plus présente et encouragé-e par le mouvement de destruction de caméra qui a eu lieu durant l’hiver, nous avons décidé d’agir.

Nous sommes venu-e une nuit tranquille et avons renversé et détruit la tour de caméra. On était content-e de voir que d’autres avant nous ont tenté d’agir. Les marques de feu était un signe clair que nous n’étions pas les seul-es à vouloir détruire ces caméras. GardaWorld prétend que ces caméras assistées d’intelligence artificielle vont alerter la police avant que le crime soit commis. Clairement, c’est un échec.

La tour de surveillance est maintenant disparue et il reste seulement les traces d’incendies sur les pavés. C’est poétique. Notre seul regret est que la tour a été tolérée pendant un mois. Nous continuerons de lutter contre la surveillance généralisée et espérons que d’autres camarades vont faire tomber chaque tour ECAM sur leurs chemins.

“Parce que derriére les caméras sont planqués les riches et les puissants, qui misent sur la peur pour obtenir la paix sociale nécessaire à leurs profits.”

De “Pourquoi Détruire les Caméras”: une affiche qui nous a inspiré dans Hochelaga.


CAMOVER

Déni de justice et grave atteinte au droit de manifester à Rimouski

 Commentaires fermés sur Déni de justice et grave atteinte au droit de manifester à Rimouski
Mai 132026
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le 22 avril 2023 à Rimouski, trois personnes reçoivent des contraventions pour avoir “continué leur route face à un feu rouge” pendant une manifestation à vélo pour souligner le Jour de la Terre et réclamer des meilleures infrastructures cyclables. Oui, vous avez bien lu : une contravention pour avoir passé sur un feu rouge pendant une manifestation.

Face à cette absurde restriction au droit de manifester (avez-vous déjà vu des manifestations se faire couper en deux sous prétexte que le derrière de la manif doit attendre un feu vert pour rejoindre le devant ?), les cyclistes ont entamé un processus d’auto-défense juridique. Des heures (beaucoup, beaucoup d’heures) de lectures pour comprendre un jargon hermétique, des heures et des heures pour parler à des juristes, demander conseil auprès d’autres groupes judiciarisés et encore des heures à se rencontrer, se préparer… pour enfin se présenter devant la cour municipale.

Le juge Dave Boulianne

Après trois séances de cour et presque trois ans depuis la remise des contraventions, le juge Dave Boulianne de la cour municipale de Rimouski rend son verdict : il s’agissait bel et bien d’une manifestation, elle était bel et bien protégée par la Charte canadienne des droits et libertés… MAIS l’infraction en cause, soit d’avoir continué sa route face à un feu rouge, elle, demeure illégale.

Faque on a le droit de manifester, mais on doit s’arrêter aux feux rouges. On repose la question : Vous avez déjà vu ça, une manifestation coupée en deux parce que la lumière a viré au rouge et que le peloton de fin attend que la lumière revire au vert (on va attendre longtemps d’ailleurs, si on attend un virage au «vert»…) ? ou une manifestation de dizaines de milliers de personnes coupée en plein de petits pelotons, traversée par des chars qui circulent dans les rues perpendiculaires ?

On entend déjà les petits avocats du diable qui disent : oui, mais c’est pas parce que les gens le font que c’est légal. D’accord. Sauf que les Tribunaux ont maintes fois affirmé que la manifestation était perturbatrice en soit, que c’était même sa raison d’être et qu’elle ne devait pas pour autant être vue comme une nuisance à contenir mais bien comme une saine expression de la dissidence, nécessaire à une société libre et démocratique. La Cour Supérieure du Québec a même reconnu que c’était légal d’entraver la circulation des automobiles pendant une manifestation, jugeant inconstitutionnel l’article du Code de la sécurité routière qui restreignait ce droit.

On reprend donc : face à cette absurde restriction au droit de manifester, le groupe d’auto-défense juridique décide de porter le dossier en appel. Faut savoir que pour porter un dossier en appel, la demande doit être déposée dans les 30 jours suivant le jugement et être accompagnée d’un chèque de 400$ en partant, parce que la justice, ben ça se paye. On doit aussi prévoir des frais de sténographie une fois que notre dossier sera déposé, pour faire mettre à l’écrit tout ce qui a été dit pendant le procès. Donc on se retrousse les manches pour lever des fonds et trouver rapidement un-e avocat-e prêt-e à prendre le dossier.

Sauf que le jugement a été rendu un 16 décembre pis que c’est compliqué d’avoir du soutien juridique à ce temps-là de l’année, et de toute façon le greffe de la cour municipale tombe en congé le lendemain ou à peu près et on aura pas accès aux enregistrements audios du procès avant le 8 janvier. Mais le décompte de la justice, lui, ne prend pas congé. On doit quand même déposer notre demande d’appel avant le 16 janvier. On a donc 8 jours pour faire entendre les enregistrements à un-e avocat-e qui pourrait nous aider et que cet-te avocat-e prépare la demande d’appel. Résultat : la demande d’appel est déposée une journée trop tard. Et les procureurs de la Ville de Rimouski s’objectent alors catégoriquement à la demande d’appel.

Donc, pour une journée de retard, alors que les démarches devaient être faites en plein dans le temps des Fêtes, quand tous les greffes de cours sont fermés… la demande d’appel est refusée (et 400$ s’envolent…). Déni de justice, qu’on nous apprend 3 mois plus tard, au début du mois de mai. La Cour Supérieure refuse d’entendre nos arguments en faveur du droit de manifester et selon lesquels il y a eu une mauvaise interprétation de la Loi par le juge de première instance. La “première instance”, c’est la cour qui a jugé le dossier en premier, soit la cour municipale de Rimouski dans le dossier qu’on décrit ici.

On rappelle que TOUS les jugements en faveur du droit de manifester ont été obtenus en Cour Supérieure ou en Cour d’appel, voire en Cour Suprême.

La Cour municipale de Québec jugeait légitime que la Ville exige un itinéraire pour toute manifestation et même la Cour Supérieure était de son avis, avant que finalement cette obligation soit jugée inconstitutionnelle devant la Cour d’appel. Après 6 ans de démarches.

C’est la Cour Supérieure qui a confirmé que la Ville de Montréal ne pouvait pas interdire le port de masques, puis la Cour d’appel qui a ajouté que le partage d’un itinéraire ne pouvait pas être obligatoire, même si la Cour Supérieure avait jugé cette obligation légitime.

C’est un recours en Cour Supérieure qui a invalidé l’article 500.1 du Code de la sécurité routière, celui qui empêchait “d’entraver la circulation” et qui a servi de prétexte à de nombreuses arrestations arbitraires. Après combien de contraventions validées par combien de cours municipales ?

Dans ce contexte, refuser l’accès aux instances supérieures de justice, c’est refuser la possiblité de faire reconnaître nos droits quand ils sont bafoués en première instance …et dans la rue.

Bien sûr, on parle ici de contraventions; on ne parle pas d’emprisonnement et encore moins de torture. Mais on considère que cette histoire s’inscrit dans un contexte plus large de répression accélérée des mouvements sociaux et des expressions de la dissidence (vous avez entendu parler de marionnettes du 1er mai jugées “trop violentes” vous aussi?). Avec un cadre législatif qui vire à droite plus vite qu’on arrive à le comprendre, les policiers ont un éventail de plus en plus large d’excuses pour justifier des fouilles et des arrestations arbitraires. Et on remarquait déjà une augmentation des contraventions distribuées lors de manifestations dans les dernières années, à Rimouski du moins. Récemment, des personnes ont même reçu la visite de policiers et des contraventions pour des manifestations auxquelles elles n’avaient même pas participé. Profilage vous dites ?

Historiquement, les Tribunaux sont sensés être garants de la protection de nos droits fondamentaux face aux dérives politiques… Pourtant, on en touche rapidement les limites quand on essaie d’y recourir, que ce soit des limites économiques, de connaissance des procédures ou encore simplement de vocabulaire (… en résumé, des limites de classes sociales). Ça nous étonne d’un jeu écrit par des hommes blancs en situation de pouvoir ? Pas tant.

Mais bon, on ne baisse pas les bras pour autant, et surtout, on n’arrêtera pas de lever nos voix et nos corps pour plus de justice sociale ou encore pour la protection du territoire… pis de contester tous les tickets en chemin, peu importe ce que les Tribunaux en diront !

— soumission de l’Association Contre les Abus Bureaucratiques judiciaires

Le flic, le néo-nazi et l’éléphant

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Avr 292026
 

De Projet Evasions

En 2022 nous avons publié 2000 exemplaires de notre première version du livre «Comment la police interroge et comment s’en défendre». Depuis, le contenu de notre livre-outil continue à se diffuser, décliné sous de nombreuses formes : Il y a bien sûr l’excellente réédition des Éditions du Commun sous le titre de «Petit manuel d’autodéfense en interrogatoire», mais aussi une version livre-audio, une capsule audio pour les radios, une version brochure sur infokiosques.net, des affiches présentant la stratégie du disque rayé, un supplément «interrogatoire» pour le jeu de rôle Blade in the Dark, des versions pirates auto-édités ça et là, les ateliers que l’on donne, les traductions vers l’allemand, l’anglais et l’espagnole. Bref, on a pris à cœur de diffuser au mieux nos conseils d’autodéfense pour que les anarchistes et autres rebelles puissent se protéger contre la répression. Et ce n’est pas fini puisque des traductions vers l’arabe, l’italien et le danois sont en cours et que notre porte est toujours ouverte pour qui a envie de venir nous aider à atteindre d’autres formats et zones linguistiques-géographiques.

Durant cette aventure de diffusion, nous avons récolté trois anecdotes insolites qu’on avait envie de partager avec le grand public – en profitant de l’occasion pour rappeler une fois encore : protégez-vous de la police ; lisez notre livre.

1 – le flic

Durant l’automne 2024, lors de l’occupation de l’université de Neuchâtel (Suisse) en soutien à la Palestine, des personnes sont prises de doute concernant le comportement étrange d’une personne présente. Confronté, l’homme reconnaît être un policier en civil.

Plusieurs personnes sur place reconnaissent alors la personne en question. Quelques semaines plus tôt, il s’était rendu à un lieu anarchiste – la Bibliothèque Libre – pour emprunter un livre. Pas n’importe quel livre, mais bel et bien notre « Petit Manuel d’autodéfense en Interrogatoire« .

Lorsque le policier, toujours en civil, est venu rendre le livre, il aurait déclaré le trouver « intéressant, mais pas vraiment utile et trop long ». On se doute effectivement que depuis la perspective d’un policier il ne soit pas particulièrement utile d’apprendre à se défendre contre les manipulations policières utilisées en interrogatoire.

Voilà voilà. Qui sait, notre prochain livre traitera peut-être des tentatives d’infiltration policière de nos mouvements sociaux. Promis on le fera aussi court que possible. On sait que les policiers et policières n’aiment pas lire.

2 – le néonazi

Mars 2026 en France. Les services de renseignements découvrent que plusieurs néo-nazis projettent d’assassiner un autre néo-nazi. L’info est donné à la police qui se précipite pour intervenir. Dommage diront certain.x.es, alors que d’autres compteront les cas où la police n’a pas pris au sérieux ou a tout bonnement ignoré des alertes reçues concernant des planifications d’agressions ou de meurtres à l’encontre de personnes racisées ou queers.

Quoi qu’il en soit, ce qui nous intéresse dans cette histoire, c’est ce que la police a trouvé lors de la perquisition de l’appartement d’un des apprentis meurtrier : Un manuel du comportement à adopter face à la police et notamment en garde à vue1.

Que les fachos lisent notre livre n’est malheureusement pas un scoop. Le PDF du livre était déjà archivé sous la rubrique «ressources» d’un site de la fachosphère une semaine après que nous l’ayons publié en ligne. On leur souhaite beaucoup d’indigestion sur tous les passages où sont mis en avant des perspectives anarchistes, décoloniales et queer-féministes.

Suivant le déroulement de l’enquête, on verra bien si la lecture du livre leur aura été utile ou non. De toute façon, s’ils ne fissent pas en prison, ils se feront peut-être assassiner par leur camarades. Qui sème une culture machiste d’ultraviolence récolte des coups de couteaux dans le dos, c’est bien connu.

3 – l’éléphant

On pourrait définir la guerre comme le moment où des rois, empereurs, gouvernements et autres puissants envoient des pauvres se massacrer entre elleux. Mais ce serait oublier le nombre gigantesque d’animaux non-humains qui se font enrôler de force par les humains. Notamment les éléphants de guerre. Ces derniers – qui, tenez-vous bien, sont des éléphants de non-guerre avant leur capture – se dressent d’une manière qui vous évoquera sûrement des similitude avec certaines des stratégies d’interrogatoires décrites dans notre livre.

Toutes les possibilités qu’offrent les conditions de détention vont être utilisées pour briser mentalement l’éléphant. Perturbation du sommeil, de la nourriture, perte de la capacité de décision sur le quotidien, violence physique et psychique, incertitude quant à son avenir et à la durée de ce traitement, isolation sociale et bris de liens avec les siens. Quand l’éléphant est estimé entièrement brisé, apparaît ensuite le dresseur, appelé Cornac. Ce dernier amènera avec lui une forte amélioration de traitement et créera ainsi un lien empathique qui permettra petit à petit de créer une emprise sur le pachyderme prisonnier et l’amener à se soumettre à la volonté du dresseur.

La même base donc que ce qui est utilisé par les flics dans la stratégie de la bouée de sauvetage. Dans cette dernière, tout est mis en place, à travers les conditions de détention, pour fragiliser et briser au maximum l’individu.e.x emprisonné.e.x avant son interrogatoire. Le même arsenal de moyens offert par la détention, adapté aux humains. Puis, arrive le ou la flic amenant un verre d’eau avec un sourire, offrant avec bienveillance de pouvoir faire un appel téléphonique vers l’extérieur, créant une emprise émotionnelle sur la personne détenue, la poussant à se sentir redevable et ainsi abaisser ses défenses. La stratégie de la bouée de sauvetage commence.

Au sein du Projet-Evasions, on défend une analyse anarchiste des dynamiques d’oppressions. On pense qu’elles se construisent les unes sur les autres et se renforcent mutuellement. L’autorité déployé contre tel groupe social fortifiera de fait, la domination que subira tel autre groupe social. D’où la nécessité de les combattre sur la même base : une haine envers toute les formes d’autorités et de domination, peu importe contre qui elles se dirigent – humains ou non.


1Le guet-apens de néonazis ciblait un militant… d’extrême droite radicale, Mediapart, 22 mars 2026

Les nanas ne veulent pas de vos droits, elles veulent la liberté ! Attaques coordonnées contre GardaWorld: 3 lieux vandalisés

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Mar 112026
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

À l’occasion de la Journée internationale des femmes (8 mars) et de la Journée internationale contre les violences policières (15 mars), le groupe Witches Against Power (WAP) a attaqué simultanément les façades de trois bâtiments liés à l’entreprise GardaWorld. Cette action est une réponse à l’appel lancé par les Soulèvements du fleuve à s’en prendre aux architectes de la fin du monde, à interrompre le bon train de la domination.

Le premier lieu, situé au centre-ville (1390 rue Barré), est un des quartiers généraux de l’entreprise, où sont entreposés plusieurs véhicules blindés dédiés au transport de l’argent liquide. Les vitres ont été enduites de décapant et les murs, aspergés de peinture. Des caméras ont été détruites et la serrure de la porte déborde désormais de crazy glue. Les deux autres lieux sont les résidences personnelles de deux administrateurs de l’entreprise : François Plamondon (résidant au 4450 rue Sherbrooke Ouest) et Jean-Luc Landry (résidant au 90 avenue Willowdale). Leurs devantures ont été recouvertes de peinture et de messages sur toute leur longueur. Les administrateurs de GardaWorld ne sont pas simplement complices, mais propagateurs des horreurs dont nous sommes témoins. Les façades de ces bâtiments seront plus faciles à nettoyer que leurs consciences. La peinture sur leurs fenêtres partira ; le sang sur leurs mains, lui, restera à jamais.

GardaWorld est une entreprise québécoise jouant un rôle toujours plus grand et toujours plus controversé dans le secteur de la sécurité privée à l’international. Depuis 2022, l’entreprise a reçu plus de 300 millions de dollars du gouvernement québécois et 26 millions du gouvernement canadien (Observatoire pour la justice migrante, 2025). Cette « entreprise d’ici » fournit du personnel de sécurité à la prison d’Everglades en Floride – surnommée Alligator Alcatraz – un centre de détention pour personnes migrantes, où sont notamment envoyées les personnes kidnappées par ICE aux États-Unis. L’entreprise assure également la surveillance de personnes migrantes dites « à haut risque » au Centre de surveillance de l’immigration de Laval. Ici comme à l’international, l’entreprise GardaWorld est implantée depuis des années dans le système de détention migratoire. Elle surveille, contrôle et emprisonne les corps. Elle renforce, durcit et militarise les frontières. Mais notre sororité, elle, n’en connaît aucune.

Tous les ans en Occident, le 8 mars se transforme en journée de célébration des femmes, voire de festivités ! On nous offre des fleurs, on nous dédie des publications Facebook, on souligne les avancées des entreprises en matière « d’équité, diversité, inclusion ». Des slogans ridicules comme « derrière chaque grand homme, il y a une femme » apparaissent dans l’espace public. On salue « la courageuse résilience des femmes en zone de guerre ». Mais nous n’avons que faire de vos fleurs ou de vos compliments. Nous ne voulons pas de ces droits qui nous sont « accordés », ni d’aucune autre fausse forme de reconnaissance. Ni flic, ni patronne, ni politicienne, nous ne voyons pas notre intégration au « monde des hommes » comme les fruits de nos luttes, mais comme les barreaux d’une cage dorée qui nous tiennent à l’écart de ce qui compte réellement.

Loin d’être des victimes passives de l’Histoire, les femmes ont été et continueront d’être des piliers de la résistance partout dans le monde. Nous tenons les camps et les positions de repli, comme nous tenons les barricades et les lignes de front. Nous sommes des sujets politiques capables d’offensive, et ce que nous visons n’est autre que la liberté. Voyez cette action comme gage de cette dernière affirmation.

Fuck GardaWorld. Fuck la police. Fuck ICE. Fuck les frontières.

Fuck le contrôle et la surveillance des corps : les nôtres et ceux de toutes nos soeurs.

Witches Against Power (WAP)

ARA Robotique

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Fév 252026
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le week-end dernier, à Hochelaga, une fourgonnette utilitaire appartenant à ARA Robotique a été incendiée.

Les drones d’ARA sont équipés de capteurs avancés et d’intelligence artificielle pour l’analyse des données en temps réel. L’année dernière, le gouvernement du Québec a accordé une subvention de 8,8 millions de dollars à ARA et à Laflamme Aero. Ces deux entreprises fabriquent des drones et des hélicoptères télécommandés destinés à améliorer la surveillance des frontières.

Cette subvention du Québec s’inscrit dans le cadre d’une législation fédérale en attente, visant à renforcer la surveillance des frontières canadiennes, ainsi que dans les demandes de l’administration Trump pour que le Canada renforce sa sécurité frontalière.

Avec les raids de l’ICE en cours aux États-Unis et l’expansion des réseaux de réponse rapide pour protéger les personnes ciblées par l’ICE, il existe une opportunité de viser toutes les entreprises et individus qui développent activement des technologies destinées à contrôler les déplacements des personnes à travers les frontières.

Aimez vos voisins, pas vos caméras !

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Fév 192026
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Camarades, l’heure est venue ! Le SPVM a annoncé un registre des caméras, avec une IA malveillante pour suivre chacun de nos mouvements ! Nous ne céderons pas à leur surveillance ! Prenez ces affiches (FR/EN), ces tracts et ces collants, et diffusez-les partout pour allumer la flamme de la résistance ! Vite, camarades, frappons cet œil toujours vigilant !

Le deuxième tour se termine le 15 mars.

Revolutiontimes : nouveau site international pour la révolution

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Fév 092026
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Présentation du site revolutiontimes.world, un site d’élaboration collective pour la revolution

Nous sommes pour la révolution sans frontières, par une insurrection généralisée contre tous les États, contre le capital et la propriété, par l’abolition de la marchandise, de l’argent, du travail, de la famille… La création d’un monde nouveau libéré de l’exploitation et de l’oppression n’est pas séparable de la destruction de la société existante.

Au sein des soulèvements à travers le monde, des dynamiques autonomes posent concrètement dans leur pratiques la question de la révolution. Nous nous inscrivons dans cette visée. Nous sommes liés à une histoire, celle de la lutte de classe révolutionnaire.

Dans la période actuelle, notre classe lutte et se bat. Comment allez jusqu’à la révolution mondiale ?

Ce site est un outil pour tisser des liens, se rencontrer et participer, avec d’autres, à cet effort collectif mondial pour percer le brouillard du présent.

  • Pour cela, nous voulons :
  • Rendre compte des soulèvements en cours.
  • Œuvrer à un imaginaire collectif autour de la révolution et sa victoire.
  • Promouvoir les luttes réelles de notre classe dans la vie quotidienne.

Vous y trouverez des textes écrits collectivement par l’équipe éditoriale. Un petit texte intitulé « que voulons nous » présente un certain nombre de tâches que le collectif de ce site souhaite porter, bien au-delà de lui-même.

Vous trouverez egalement ce qui constitue le socle commun de nos positions politiques, notre rapport aux luttes et leurs dynamiques, une analyse de la période ainsi qu’une tentative de carte mondiale des soulèvements et une liste de questions que nous souhaitons partager avec les camarades en lutte à travers le monde. D’autres textes suivront.

Nous avons fait le choix d’un processus d’écriture collectif, ce qui prend du temps. Nous ferons un effort particulier pour traduire les textes dans le plus de langues possibles, cela nous semble indispensable dans une démarche internationaliste. Toute aide à ce propos sera d’ailleurs la bienvenue.

Bonne lecture !

https://revolutiontimes.world/

Pour nous contacter et contribuer à cet effort collectif : revolutiontimes@riseup.net