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Le Black Bloc reprend les rues de Montréal

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Déc 152015
 

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Durant la soirée du mercredi 9 décembre 2015, une manifestation contre l’austérité s’est déroulée dans les rues de Montréal . Sous la bannière “Notre lutte n’est pas négociable”, le secteur public du Québec était en grève générale plus tôt dans la journée et certains leaders syndicaux ont appelé à des mobilisations comme jamais vues dans les dernières décennies, dans leurs efforts d’augmenter le rapport de force dans les négociations.

L’appel se lit comme suit: « Nous ne nous laisserons pas pacifier par une entente à rabais ou par une loi spéciale! Prenons les devants: notre lutte n’est pas négociable, nous, on ne reculera pas, pouvait-on lire sur la page. Le 9 décembre au soir, reprenons la rue! Réchauffons la ville de nos pas et de nos cris! »

La semaine précédente, pendant la manif de soir du 30 novembre, un black bloc petit-mais-déterminé a attaqué un char de flic immédiatement après avoir pris la rue, s’engageant dans un affrontement de 15 minutes avec l’anti-émeute qui frappait les gens avec leurs matraques et des balles de plastique à l’intersection des rues Ste-Catherine et Bleury. Les succès de cette nuit-là nourrit un momentum pour le 9 décembre. La tension et l’excitation étaient palpables, alors que les gens se rassemblaient au parc Émilie-Gamelin.

Barricades on Nov. 30

Les barricades, Nov. 30

Quelques douzaines de drapeaux noirs ont été distribués dans une foule florissante. Lorsqu’illes ont pris la rue en direction ouest sur l’avenue de Maisonneuve, ceuzes qui n’étaient pas masqué.es au départ ont commencé à se couvrir le visage. Dans les premières minutes, la plupart des participant.es de cette manifestation de 200 personnes ont dissimulé leur identité. Nos ennemis, les médias de masse, n’ont même pas essayé de relater la destruction qui a suivie comme étant le fait d’agitateurs.trices externes comme ils le font souvent; le bloc était indéniablement constitutif de la manifestation entière.

Rapidement, une demi-douzaine de gens ont entouré un nationaliste québécois insupportable qui se pointe à presque chaque manifs et lui ont arraché son drapeau et son signe du Québec, lui donnant un coup à la gorge lorsqu’il a essayé de s’accrocher à ses objets.

Dix minutes après le début de la manif, l’anti-émeute a formé une ligne devant les gens et sur la droite, à l’intersection de Maisonneuve et Ste-Dominique, pour essayer de nous diriger vers le sud où illes préparaient la même manœuvre, aux rues Ste-Dominique et Ste-Catherine. Leur stratégie était claire: nous contenir dans le Quartier latin et loin des cibles de choix près du quartier des affaires, incluant le QG de la police. La foule a eu l’intelligence collective de ne pas laisser la police dicter sa route, et s’est retournée sur elle-même, se dirigeant vers l’est sur l’avenue de Maisonneuve. Des groupes masqués ont été vus partageant des bouts de pavé. La foule a couru vers le sud à travers un stationnement et la cour d’un projet d’habitation pour pouvoir se rendre sur Ste-Catherine, là où la police n’avait pas eu le temps de former une nouvelle ligne pour contrôler notre mouvement.

Ce qui a suivi était une demi-heure d’un jeu séditieux de chat-et-souris pendant lequel la foule a su garder une longueur d’avance face au contrôle policier. Un groupe de six policièr.es à vélo sur la rue Ste-Catherine, s’étant naïvement déplacé.es sur le flanc de la manif, ont été attaqué.es par une pluie de pavés. Des vagues d’excitation étaient ressenties par la foule alors que les policièr.es étaient frappé.es par la peur et les projectiles, s’enfuyant rapidement hors de notre vue vers l’est. C’était parti.

La manif a couru vers le boulevard René-Lévesque, pendant que les personnes plus loin en arrière scandaient de rester groupé.es. La manif a bloqué les 6 voies sur René-Lévesque; et à regarder autour, notre capacité de destruction paraissait significative. Les unités semi-protégées portant des fusils à balles de plastique qui se déplacent habituellement sur les flancs de la manif n’étaient visibles nulle part, ayant été prises au dépourvu par des volées de roches lancées à l’arrière de leur tête pendant la manif de la semaine précédente.

Pendant une période de 20 minutes à couper le souffle, la manif a agi en tant que grande conspiration criminelle. Des marteaux, des bâtons de drapeaux, des bouts de pavé et les poubelles de métal amovibles qu’on trouve à chaque coin de rue ont été utilisées pour trasher les fenêtres de l’Immigration et Citoyenneté Canada, de SNC-Lavalin – un conglomérat de construction, plusieurs banques et autres établissements. Pour ajouter une touche festive, des personnes ont aussi détruit des décorations de Noël accumulées aux entrées des tours à bureaux et ont renversé le sapin de Noël de SNC-Lavelin. Quelques participant.es ont couru en avant et ont brisé la fenêtre arrière d’un camion de police avec des roches, pendant que d’autres ont lancé de gros feux d’artifice vers les camions qui restaient au devant de la manif. Des encouragements éclataient avec le son de chaque nouvelle fenêtre brisée. Des complices inconnu.es pouvaient être vu.es en train de chercher et partager des projectiles; quand la manif a dépassé un site de construction, des camarades ont couru à l’avant pour trouver du matériel à piller et ont réussi en démolissant des pierres décoratives sur René-Lévesque pour en faire des pièces à lancer.

La police a commencé à lancer des gaz lacrymogènes en poussant la manif vers l’est sur René-Lévesque, utilisant des pistolets qui peuvent tirer des cartouches à plus d’un bloc. Au début, ça n’a pas réussi à disperser la manif puisque la foule s’est déplacée vers l’ouest plus rapidement en restant groupée de manière relativement serrée. La manif a commencé à aller vers le nord sur la rue Univeristy, attaquant une autre vitre de la Banque de Montréal sur son chemin. La manif s’est divisée quand elle a fait face à une auto de police qui bloquait une plus petite rue, mais les deux groupes ont rapidement su se regrouper, s’accueillant dans des hurlements de joie. À ce point, la police a continué à tirer des gaz lacrymogènes et la foule s’était réduite à 50 personnes. Les gens se sont dispersé dans les rues avoisinantes pendant que des équipes de police et de camions continuaient d’intimider des petits groupes de manifestant.es qui marchaient sur les trottoirs pour retourner au Carré Berri. Les médias ont rapporté une seule arrestation, celle d’une personne mineure pour “entrave au travail des policièr.es”, mais aucune charge liée à la destruction.

Allons de l’avant

Contre une des brigades anti-émeutes les plus expérimentées en Amérique du Nord, ceuzes qui ont pris les rues ce mercredi ont définitivement renversé le rapport de force en notre faveur, du moins brièvement.

Nous sommes ému.es d’écrire un compte-rendu à ce sujet, car nous voyons beaucoup de potentiel dans la détermination et la préparation des gens; et nous avons quelques réflexions sur les façons dont nous pouvons élargir la portée de ces moments, autant au niveau quantitatif que qualitatif. Pour l’instant, nous vous offrons quelques remarques sur des tactiques qui peuvent accroître le temps et l’espace accessibles aux manifs combatives. Ultimement, par contre, nous souhaitons échapper à la tendance qui existe d’être chassé.es des rues après avoir éclaté quelques vitres, donc briser cette routine de contention.

Ça pourrait avoir l’air de :

  • Apporter des briques/roches/pavés, des feux d’artifice, des outils (si vous sentez que c’est sécuritaire), afin qu’on puisse avoir la capacité de se battre dès le départ et qu’on ne soit pas dépendant.es des projectiles trouvés dans les rues;
  • Les barricades sont nos amies; et nous ne leur donnons pas assez d’amour. Les participant.es peuvent attaquer derrière celles-ci pour prévenir la réussite des tentatives de dispersions; elles ont aussi pour fonction de perturber la ville sur notre passage et de rendre les manoeuvres policières plus difficiles à coordonner. Les créer au derrière de la manif (idéalement d’une manière à ce qu’elles n’entravent pas le mouvement de la manif elle-même) peut aussi bloquer efficacement les chars de police qui essaient de nous suivre;
  • Les gens peuvent aller à la recherche de matériel pouvant servir de projectile, pour les partager avec la foule dans les moments entre les confrontations afin que, lorsque la police frappe avec une force accrue, nous soyons déjà prêt.es à répondre de manière efficace;
  • Les voitures de police qui encadrent la manifestation à l’avant et à l’arrière devraient constamment recevoir des projectiles afin qu’elles se doivent de rester à une distance plus grande que notre capacité de lance;
  • Les policier.ères à vélo et les anti-émeutes devraient être forcé.es à ne pas pouvoir se tenir aux flancs de la manif. Si nécessaire, les participant.es peuvent combler les trottoirs en même temps que la rue;
  • Lors du 9 décembre, plusieurs personnes ont filmé les événements sur leurs téléphones cellulaires sans être dérangé.es. Idéalement, nous nourririons une culture où nous expliquons aux gens pourquoi c’est nuisible, et ensuite si nécessaire de prendre action contre euzes ou leurs systèmes d’enregistrement. Nous souhaitons par contre noter que plusieurs médias indépendants qui filment de manière régulière les manifs semblent avoir des pratiques solides reliées au fait de ne pas enregistrer ou publier des vidéos incriminants. Dans cette vidéo publiée sur YouTube sur la manif de mercredi, par exemple, la caméra change de direction afin d’éviter de filmer des personnes qui détruisent de la propriété, alors que le son d’une vitre éclatée se fait entendre;
  • Les gaz lacrymogènes ont éventuellement réussi à disperser les manifs du 30 novembre et 9 décembre, malgré les efforts mis à relancer les cartouches vers la police et la préparation de tissus imbibés de vinaigre. Le problème principal semblait être la panique qui s’emparait de la foule et non pas les effets physiques des gaz. Il est probable que des appels à rester groupé.es et à procéder tout.es ensemble dans une direction intelligente puissent continuer à diminuer les impacts des armes répressive;
  • Des questions de discours et de propagande: pourquoi, en tant qu’anarchistes, attaquons-nous la ville? Comment ces actions sont-elles connectées à l’austérité? Comment nos luttes dépassent-elles tout focus réformiste ou une orientation vers des demandes? Bien que ces moments d’action conflictuelle rassemblent plusieurs individus dont les perspectives et intentions divergent, il serait intéressant que les participant.es communiquent leurs analyses dans ces moments de destruction. Des petites équipes peuvent venir préparées et coller des affiches dans la ville, faire des graffitis ou lancer des tracts dans la manif ou à partir de points d’altitude.

Ces idées ont bien peu d’intérêt sur papier, alors nous attendons avec impatience la possibilité de les élaborer ensemble dans les rues. Les étincelles constituant notre historique de révoltes et les potentiel que ces étincelles allument un feu réchauffe nos coeurs, car nous ne désirons pas moins qu’une cité en ruines.

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L’économie du pouvoir

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Déc 092015
 

06d84e3a2b04ce1195d79bb393058d87Ce texte a été écrit au départ en tant que réflexion après avoir visité des amies pendant qu’elles étaient emprisonnées dans la ville de Mexico. Elles ont maintenant été relâché.es, mais les discussions que nous avions concernant la dignité et les réponses à la répression sont toujours pertinentes. J’espère que cela peut contribuer à des discussions continues à Montréal et ailleurs à propos de comment et quand des anarchistes interagissent avec la répression et le maintien de leur dignité.

“Face à un monde aussi exécrable, que ce soit ici ou dehors, la seule chose que t’as, c’est ta dignité. Quand tu la vends, peu importe si t’as bien encaissé, tu l’as vendue, ta dignité. A l’intérieur de toi, t’es déjà mort.”

– de Nordin Benallal
publié dans le journal anarchiste bruxellois Hors Service.

Je passe du temps avec mes amies dans la cour arrière de Santa Martha, une des prisons de la ville de Mexico, DF (District Fédéral). Nous buvons des cafés sucrés au lait and travaillons sur nos bronzages/coups de soleil, entouré.es de mères câlinant leurs enfants, de pique-niques, et de couples qui baisent. Mes ami.es sont ici faisant face à des charges reliées à une attaque sur un concessionnaire Nissan dans le DF, qui a eue lieu au début de janvier 2014. Il est probable qu’elles puissent rester ici pour un moment, mais au lieu de ressasser ça, nous passions notre temps à parler de tout et de rien, de nos coups d’foudre, des potins à la maison, et évidemment, d’anarchie.

Une conversation qui fait surface le plus fréquemment a été à propos de la dignité, et de ce que ça veut dire de la préserver dans plusieurs différents contextes. Nous parlons de comment n’importe quelle insubordination en prison, même de résister une fouille à nu, peut parfois se traduire par des coups et une relocation en cellule d’isolement. La plus petite résistance qui soit peut résulter en la perte des «privilège» qu’un.e prisonnièr.e peut avoir, tels les visites d’ami.es et de famille. Une accumulation des «mauvais comportements» peut se traduire par un emprisonnement à vie. Tous les jours, nos ami.es qui sont enfermé.es ici font des choix reliés au fait de paraître obéissant.es, ou de refuser la collaboration – mettant ainsi en danger leur santé émotionnelle et physique. Autant qu’à l’extérieur, certaines décisions sont prises en priorisant la dignité, et d’autres, le confort.

C’est au travers de ces conversations que j’ai réalisé que, bien que la dignité soit un mot dont nous prétendons avoir une compréhension générale, tout le monde a une définition différente et spécifique de ce qu’elle représente. Pour moi, la dignité est le processus d’être redevable à un sentiment interne d’amour-propre. En tant qu’anarchiste, c’est reconnaître que je mérite autonomie et liberté; et ce sont les démarches que j’entreprends pour assurer cette vérité.

Avec cette définition, toutes les fois où une autre personne influence comment je me perçois; toutes les fois où je n’ai pas complète autorité sur la manière dont je passe mes jours, je perds une part de dignité. Mais ce n’est pas aussi simple que ça – la dignité n’est pas seulement perdue, elle est échangée. C’est la monnaie du pouvoir, et elle est échangée à gauche et à droite contre des degrés variables de confort et de liberté relative.

Je continue à réfléchir à propos de la dignité que j’ai échangée pour venir ici. À peu près trois tours de fouille de sacs et de corps pour entrer dans Santa Martha. Je pense à comment j’ai exploité mon privilège et échangé ma dignité pour facilement traverser les frontières. Même avant d’arriver, j’ai échangé mon autorité sur la manière dont je passe mes journées afin d’accumuler l’argent nécessaire pour acheter le billet d’avion qui m’amènerait ici. Je pense à comment, tous les osties de jours que je suis en vie, j’échange une parcelle de liberté, de souveraineté, de dignité pour du «confort». Chaque fois que je ne saute pas le métro, chaque fois que je paie pour de la nourriture, chaque fois que je participe au capitalisme et facilite la société, j’échange ma dignité pour de la facilité et du confort.

La dignité est échangée dans une économie du pouvoir. C’est très apparent en prison, où les structures sociales de l’extérieur sont amplifiées à l’intérieur des murs. Par exemple, dans les prisons canadiennes, les objets matériels qui aident à préserver un quelconque sens d’humanité (du café, de la pâte à dents, des timbres postaux, etc.) sont achetés au travers de la cantine. L’argent paie de meilleur.es avocat.es, et avec vient une meilleure chance que l’État examine les abus que subissent leurs client.es aux mains de la prison, et donc qu’il «accorde» la dignité de meilleurs traitements. Autant qu’un plaidoyer aux autorités étatiques est une participation dans l’économie de la dignité, et donc renforce leur monopole sur la dignité en prison. Cet échange d’argent contre la dignité s’opère dans la même sphère économique que le reste de la société canadienne.

Cette économie du pouvoir n’est devenue claire pour moi qu’après avoir visité mes ami.es dans une prison mexicaine, car le système carcéral mexicain est moins bureaucratisé. Même s’il y a une économie formelle à l’intérieur (avec la “tienda” de la prison, l’équivalent de la cantine), il y a aussi une économie plus informelle de dignité/pouvoir: la corruption. Si tu veux garder un peu de dignité en ne te faisant pas fouiller par des palpations intenses, fais juste glisser un billet de 200 pesos aux gardes. Tu veux faire passer à l’intérieur quelques lettres de la maison? Glisse un 20 sur la table… Dans cette économie du pouvoir, qu’est-ce que cela veut dire de maintenir sa dignité? Qu’est-ce que ça voudrait dire d’empêcher que cela devienne une monnaie en circulation? Et combien de fois par jour l’échangeons-nous pour du confort relatif?

Si l’on observe les tendances anarchistes, voici quelques manières par lesquelles la dignité peut être maintenue:

– Au travers des grèves de la faim à l’intérieur comme à l’extérieur des prisons.
– Au travers d’un refus de signer des conditions de sortie restrictives, et ainsi du refus de donner à l’État l’autorité de systématiquement et explicitement surveiller et contrôler leurs actions.
– Au travers du refus des fouilles de leur corps, de leurs maisons et de ce qui leur appartient.
– Au travers du refus de reconnaître les Cours comme ayant l’autorité et la juridiction sur leur vie et sur leur corps.
– Au travers du fait de se mettre «en fuite» ou «en clandestinité» au lieu de faire face à des peines de prison.
– Au travers du refus de collaborer aux enquêtes policières ou de balancer des ami.es et camarades.

Il est révélateur que les moments où nous pensons à et discutons de dignité se produisent lorsque celle-ci va nous être dérobée – dans les moments où l’État a répondu à nos actions avec une répression accrue. La dignité existe à l’extérieur de ces moments, et il est important de réfléchir à la manière dont nous pouvons la maintenir dans notre vie quotidienne. Il va sans dire que, dépendemment de la manière dont chaque individu définit sa propre liberté et souveraineté, ce processus de récupération de la dignité prendra différentes formes.

Je me demande de quoi ça aurait l’air s’il y avait une culture, ici, d’anarchistes qui défendent leur dignité, particulièrement dans le processus judiciaire. La seule fois où j’ai vu une résistance forte et cohérente au système judiciaire canadien, c’était de la part de personnes provenant de différentes communautés autochtones qui refusaient de reconnaître la légitimité de la Cour. D’autres fois, quand j’ai vu des anarchistes ou anti-autoritaristes allochtones essayer de maintenir leur dignité face à la Cour, les actes de résistance ont été écartés, car ils étaient vus comme «ne valant pas le coup». Un petit geste, comme refuser de se lever quand le ou la juge entre dans la salle d’audience, est considéré comme étant «trop coûteux». Il est généralement compris que l’inconfort du coût – que ce soit n’importe quoi, allant d’un regard assassin de la part d’un policier de la Cour au fait d’être accusé d’outrage au tribunal – ne vaut simplement pas le fait d’affirmer sa dignité. Au travers la consolidation de cette compréhension, nous avons fixé un prix à notre dignité – et il est plutôt bas. À quoi est-ce que ça ressemblerait si nous, qui avons vu nos coeurs reflétés dans ceuzes qui ont maintenu leur dignité dans le processus judiciaire, étions pour agir en solidarité avec euzes? À quoi est-ce que ça ressemblerait de créer une culture qui supporte ces actions, au lieu de les considérer comme étant insignifiantes, ou comme «ne valant pas le coût»?

Pendant que je souhaite voir et pratiquer plus d’exemples de dignité étant maintenue, je ne veux pas participer à la création de standards informels ou d’attentes non-dites quant à la manière dont un.e anarchiste devrait agir avec dignité, sans prendre en compte la manière dont l’individu la définit. Ces attentes sont à risque d’être appliquées par des porte-paroles, et sont étrangement présentes par la création d’idoles, de martyres, et de héros. Par le passé, j’ai été témoin de situations dans lesquelles un.e anarchiste est emprisonné.e ou fait face à un processus judiciaire, et ille devient le “visage de l’anarchisme” et, en tant que tel, est tenu de répondre à certaines responsabilités et codes de conduite. Ce genre de traitement prétend que les systèmes judiciaire et carcéral sont d’une certaine manière séparés de cette société. Les valeurs et le caractère fondamental d’un individu ne change pas simplement par le fait d’entrer dans la salle d’audience – ses actions à l’intérieur comme à l’extérieur du processus judiciaire seront reflétées. Si nous, en tant qu’anarchistes, essayons d’imposer à ceuzes qui sont enfermé.es un ensemble de comportements à cause de nos anticipations, nous nous retrouvons à reproduire la dictature de la moralité de notre société.

Personne n’a la responsabilité de me représenter ni de m’inspirer, bien que je ressente de l’affinité avec et trouve de l’inspiration dans les personnes qui font la grève de la faim, ou refusent de signer des conditions de libérations, ou se taisent face à une intense vague de répression. Je suis inspirée et excitée parce que je sais qu’illes agissent de ces manières afin de maintenir leur dignité; je ressens de la solidarité et de la complicité avec les personnes pour qui maintenir leur dignité est la seule câlisse d’option disponible. Il ne s’agit pas de «prouver» quoi que ce soit à l’État et aux dispositifs de sécurité. C’est à propos de trouver la dignité avec une authenticité propre.

Je ressens de l’affinité non pas avec ceuzes qui jouent un rôle spécifique pour la création ou le maintien d’une maudite «stratégie» – je ressens de l’affinité avec ceuzes qui, dans leur coeur, croient qu’il y a une part d’euzes-même qui ne peut être volée, qui ne peut être corrumpue par le capitalisme ou cette société. Je suis inspirée par ceuzes qui savent que, aussi longtemps qu’illes gardent cette partie de soi-même intacte, illes ne peuvent pas être brisé.es.

Nov 062015
 

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Le tract qui suit a été distribué lors de la Marche Trans de Pervers/cité (la «fierté queer radicale»), dont l’itinéraire a été approuvé par le SPVM :

Au cours des deux dernières fins de semaine à Montréal, la police a mis fin à deux des plus gros partys queers de l’été (Cousins le 18 juillet et un party de financement pour Pervers/cité le 25 juillet). Dans le premier cas, un grand nombre de flics ont mené une opération contre La Vitrola, forçant les organisateur.trices à mettre fin au party et dispersant violemment les personnes présentes – plusieurs personnes ont été tabassées et arrêté.es. Dans le deuxième cas (Pervers/cité), une patrouille a gâché la fête avec succès en menaçant individuellement les personnes de contraventions. La réaction des queer du party a été lamentable, a manqué de solidarité et, selon l’opinion des auteurs de cet article, a été « non-queer » (nous expliquerons plus loin ce qu’on veut dire par là). Bien que quelques agitateur.trices se soient efforcé.es de distribuer des masques, le party a rapidement pris fin et les gens se sont éparpillés dans la nuit. Ces attaques policières sont l’une des nombreuses formes de violence envers les queers, mais c’est à celles-ci qu’il est le plus facile de riposter puisqu’elles sont des attaques contre de grands groupes de personnes. Si nous prenons action collectivement, nous pouvons résister et nous pouvons gagner. Ci-dessous se retrouvent quelques raisons expliquant pourquoi nous ne pouvons pas rester les bras croisés et laisser ces choses arriver. Nous espérons qu’elles vous encourageront à prendre un masque la prochaine fois que quelqu’un.e vous en offrira un.

Prémisse 1 : Prends ce qu’il te faut par la force.

La répression n’est rien de nouveau pour la communauté queer, mais l’héritage de notre milieu n’a jamais été et ne devrait pas devenir celui de l’inaction face à la violence étatique. Que ce soit les batailles historiques telles que l’émeute du Compton’s Cafe et les Bash Back blocks aux conférences républicaines et démocrates, ou les luttes contemporaines des Check It «gang» et des Gully Queens de Washington, DC, les individus LGBTQ+ possèdent une riche histoire d’auto-défense, d’action collective et d’antagonisme militant contre l’État et contre quiconque commet des actes de violence envers nous. Nous devrions nous sentir honoré.es et obligé.es de devoir défendre cet héritage. Mais plus encore, dans ces luttes, émeutes et défense d’espaces nous voyons que les queers acquièrent une plus grande protection, de meilleures conditions matérielles de vie et des existences plus épanouies. Sans ces luttes, nous serions encore plus vulnérables aux transgressions violentes, aurions moins/pas accès aux hormones, et n’aurions vraisemblablement pas de milieu queer où exister. Si nous ne poursuivons pas la lutte contre l’intrusion policière dans notre espace, nous perdrons le peu que nous avons.

Prémisse 2 : Être »Anti-Oppression » signifie combattre la police.

En théorie, la communauté queer de Montréal s’engage dans des politiques «anti-oppressives» et de «safer space». À cette fin, des engagements vis-à-vis la modification de notre langage, de nos comportements et de nos interactions avec les autres constituent une part importante du combat contre des systèmes d’oppression de merde tels que le sexisme, le cis-sexisme, la transphobie, la suprémacie blanche et le classisme, mais des changements de comportement personnels ne peuvent être la limite de nos positions anti-oppressives. Le gang connu sous le nom de SPVM est la pierre angulaire de l’oppression raciste, classiste, transphobe et anti-travailleur.euses du sexe dans notre ville, et maintient la paix sociale à coup de répression violente, kidnapping, meurtre et vol. Pour plusieurs queers vivant ici, la police représente une plus grande menace qu’une mauvaise utilisation de nos pronoms ou que des propos transphobes. Si vous êtes blanc.hes, cis, issu.es de la classe moyenne et/ou n’êtes pas travailleur.euses du sexe, vous avez particulièrement le devoir de garder le milieu plus sécuritaire en empêchant la police d’y entrer, en refusant de les laisser interférer dans les événements, et en interrompant activement leurs activités quotidiennes. Garder le silence face aux attaques policières renforce les arguments en faveur du pseudo-consensus entourant le rôle de la police [1. «Policing by consent» sans l’article original.], donne aux flics un plus grand sentiment de sécurité et les encourage à commettre de plus grands actes de violence contre les personnes les plus vulnérables. Avoir des politiques anti-oppression signifie d’être contre la police; ça pourrait vouloir dire de se faire mal ou d’aller en prison, mais pour beaucoup de queers, c’est déjà une réalité qu’illes attaquent la police ou pas. Si vous quittez un espace aussitôt que la police arrive, vous rendez activement cet espace plus dangereux pour d’autres personnes. Même si vous pouvez décider que c’est nécessaire pour votre propre bien-être, il est souvent bien plus sécuritaire de se serrer les coudes. Arrêter 200 à 300 festoyeur.ses est une tâche plutôt ardue pour les porcs, tandis qu’il leur est aisé d’en arrêter 20 à 30.

Prémisse 3 : Queer en tant que position dans la guerre sociale[2. La guerre sociale réfère aux conflits livrés chaque jour contre nous par le capitalisme, l’État, et la police, de même que par nos ami.es, familles, amant.es, et nous-mêmes. C’est une façon de décrire la violence des paradigmes existants dans les relations réalité/social, incluant les luttes pour les changer ou les détruire. Les positions au sein de la guerre sociale sont en changement constant du moment où les individus incarnent de manière constante, simultanée et interchangeable les rôles d’oppresseur.ses et d’opprimé.es. Les lignes de conflit se tracent à travers la réalité physique et immatérielle, et se manifestent comme un tout, du docteur qui choisi le genre d’un nouveau-né, au lancer de briques à travers la vitre d’une banque, ou au projet-même de construire le sujet «humain».]

Le genre et la sexualité sont des forces coercitives et oppressives promulguées contre nous par la société : sans société, sans guerre sociale, nous n’aurions pas les conceptions de genre et de sexualité (ni les rôles qu’elles renforcent) que nous avons. Attaquer les notions de genre et de sexualité de la société et intenter leur transformation radicale (c’est-à-dire être queer), c’est choisir de s’engager dans un front très spécifique de la guerre sociale : c’est mettre les limites à respecter et ouvrir les hostilités envers le reste de la société. Si les queers cessaient d’établir cette limite, alors le Queer ne serait plus : le Queer ne peut exister qu’en tant que négation des genres et de la sexualité imposés. Si l’identité queer est assimilée par le projet social, alors la «queerness» deviendra simplement un autre mécanisme oppressif. Une partie du rôle de la police est de défendre et de protéger les articulations normatives du genre et de la sexualité en plus de défendre la «société» au sens large. Par la définition-même de la «queerness», nous nous devons d’entrer activement en conflit avec la police. En ne luttant pas contre elle, nous défendons les paradigmes existants du genre et de la sexualité et nous réprimons activement la «queerness».

Prémisse 4 : C’est l’fun!

Il y a mieux qu’être ivre et danser jusqu’à en avoir mal au pied : la joie intense que ressentent les personnes qui combattent la police dans la rue est une chose qu’un dealer rêverait de mettre sur le marché. Si être queer veut dire former de nouvelles sortes d’interactions et de relations sociales excitantes, étranges et significatives, alors qu’est-ce qui pourrait être plus intéressant, excitant et étrange que de démanteler activement l’État, main dans la main avec votre/vos nouvelle.s rencontre.s? Que de briser des vitres ensemble, de danser sur le toit d’une voiture de police démolie et de s’enfuir dans la nuit pour faire l’amour d’une joie criminelle. Nous ne voulons pas trop glamouriser les conflits où des ami.es se font blesser, mais lutter ensemble et gagner est l’une des expériences les plus excitantes, joyeuses et libératrices que ces auteur.es aient jamais eues. Ça serait pas l’fun, chasser les porcs hors de nos rues et transformer toute la fucking rue en party queer?

Ce communiqué a été écrit par « The Angry Trans Mob ». Nous sommes un groupe de personnes trans venant différents milieux, luttes et expériences qui considérons nécessaire l’expansion du conflit entre le milieu queer de Montréal et la police/l’État/les transphobes. Nous sommes solidaires avec toutes les personnes défendant leur communauté (qu’il s’agisse d’espaces physiques/districts/villes ou d’idées métaphysiques/identités/formations) contre la domination, les attaques, et la destruction, peu importe les armes qu’illes choisissent d’employer. Nous espérons que ce communiqué inspire des gens à prendre action.

Et rappelez-vous, les enfants!

Dead cops don’t kill!

 

Quelques éclaircissements, réflexions et réfutations

▼ Lorsqu’on parle de combattre, nous souhaitons clarifier que nous ne concevons pas la violence comme inhérente au combat (non pas que l’on s’oppose à la violence), ni nécessairement comme étant la prise d’action violente (que nous supportons). Nous concevons le combat comme étant toute non-conformité, que ce soit de rester près et solidaires pour prévenir des arrestations ciblées, ou qu’il s’agisse de jeter un cocktail molotov sur une voiture de flic. Nous ne pensons pas que tout le monde devrait être prêt à faire chacune de ces choses, mais nous croyons que chacun.e doit être prêt.e à les soutenir et les faciliter.

▼ Pour nous, l’espace ne se limite pas à un party ou un événement en particulier. L’espace s’étend de manière physique et immatérielle, suivant et gravitant autour de toute idée que les gens qualifient de queer, qu’il s’agisse d’identité personnelle ou de lieux physiques. Le milieu est un «espace», dans cette perspective nous pensons que plusieurs «espaces» peuvent occuper un même lieu. Par exemple, lorsqu’on empêche l’intrusion de la police dans un certain party, on défend à la fois le lieu et l’espace du party, mais aussi l’espace queer entant que concept, et l’espace du milieu entant que formation. Pour ces raisons, nous pensons que la défense de tout lieu queer quel qu’il soit (que ce soit cousins, le salon du livre queer, un sex party, etc.) est essentielle au maintien du concept de l’espace queer, qui agit comme filet de sécurité pour les personnes les plus ciblées par la répression. Une attaque envers un party queer est une attaque contre la «queerness». Si suffisamment de party sont réprimés, le nombre d’espaces occupés par la «queerness» s’en trouvera réduit.

▼ Nous sommes contre le discours selon lequel certaines Diasporas de gens ne peuvent s’engager dans le conflit à cause d’oppressions qu’elles vivent ou de dangers auxquels elles font face. Bien que nous supportions complètement toute personne sentant qu’elle ne peut s’engager dû à des questions de statut, de race, de classe, de genre, etc., nous croyons que les discours énonçant que «telles personnes ne peuvent faire x…» sont souvent infantilisants, faux et condescendants. Bien qu’on ne doive jamais attendre d’une personne une manière d’agir précise (à moins qu’elle le souhaite), on ne devrait pas non plus présupposer ses capacités à sa place. Partout dans le monde, des personnes dans des situation précaires luttent (souvent illégalement), et ce malgré le coût possiblement encouru. Cela équivaudrait à dire, par exemple, qu’une manifestation qui a été approuvée par la police a plus de chances de procurer un meilleur sentiment de sécurité aux gens qu’une manifestation illégale – si on ne connaît pas le vécu personnel des gens, on ne peut savoir si la collaboration entre les organisateur.trices et la police est perçue comme étant plus sécuritaire que la tenue d’une manifestation illégale. De plus, si la collaboration avec la police découle de l’improbabilité que des actes illégaux prennent place dans la manif, ou si elle prend place pour que certaines personnes s’y sentent plus en sécurité, on isole alors davantage ceux et celles dont l’illégalité est inhérente à leur vie et existence. Les hiérarchies du danger telles qu’établies par le milieu devrait constamment être sujet de débat et de contestation.

▼ Nous rejetons l’idée selon laquelle le fait d’être mâle et blanc soit inhérent à la résistance violente. Nous pensons que cette position est souvent utilisée pour délégitimer des tactiques ne correspondant pas à l’idée que certaines personnes ont de l’acceptabilité. C’est sexiste et trans-mysogine, en plus d’être historiquement erroné.

▼ Bien que nous supportions fermement l’auto-identification, nous rejetons le postmodernisme et l’idée que tout peut être appelé «queer». Nous croyons que le queer est un positionnement connecté à d’autres (à ce titre, une personne cis ne peut être trans, et une personne s’auto-identifiant trans ne peut être cis). Ainsi, la police ne peut être queer, car le rôle qu’elle incarne dans le renforcement des paradigmes existants de genre est de facto contre la queerness. [contra queerness dans le texte original].

Août 282015
 

La nuit dernière, une voiture de patrouille enflammée a été peinte par quelques ami.es sur le boulevard principal du quartier d’Hochelaga, inspiré.es par la lutte à Saint-Louis et Ferguson contre la police. Solidarité avec les rebel.les qui apprennent dans la rue comment combattre ensemble la police. Bien que l’application de la paix sociale soit actuellement plus réussie à Montréal, vos actes et vos mots font écho à notre contexte de poursuite des hostilités envers la suprématie blanche, l’État et le capital.

bruletoute

Avr 172015
 

Le 8 avril, une banderole disant “Solidarité avec les prisonniers en grève de la faim en Grèce. Que vive l’anarchie” a été accrochée et des tracts ont été distribués :

Solidarité depuis Montréal

Aujourd’hui, le 8 avril, nous rendons hommages aux prisonnier.e.s en grève de la faim dans les prisons grecques depuis le 2 mars 2015.

Dans le contexte actuel, le parti au pouvoir en Grèce depuis les élections de janvier 2015 est le parti de Gauche radical Syriza; un parti promouvant des idées anticapitalistes et antipatriarcales. Il semble évident qu’en réalité, le parti a pour rôle la récupération électorale de la rébellion sociale. Plusieurs prisonnier.e.s anarchistes, prisonnier.e.s politiques et prisonnier.e.s sociaux.ales en sont bien conscient.e.s et subissent quotidiennement les conséquences de cette comédie.

Une grève de la faim massive est engagée depuis plus d’un mois afin d’exiger entre autre l’abolition de plusieurs lois fascistes et des prisons de Type C. Plusieurs compagnon.e.s sont dans des états de santé critiques. Les évènements révèlent le vrai visage du parti de Gauche qui continue de réprimer les luttes.

Voici les revendications des prisonniers en lutte :

• Abolition de la loi antiterroriste 187A et de la loi contre les organisation illicites 187
• Abolition de la condition aggravante d’une action réalisée en se couvrant les caractéristiques faciales (« loi de la cagoule »)
• Abolition des prisons de sécurité maximale (type C)
• Abolition de l’ordre du parquet par lequel on impose la prise violente de traces ADN
• Que les expert.e.s biologistes de confiance de l’accusé.e aient accès et puissent analyser les traces ADN si l’accusé.e le désire
• Abolition de l’analyse de traces qui contiennent des mélanges de matériel génétique de plus de deux personnes
• La libération immédiate de Savvas Xiros pour qu’il puisse recevoir le traitement médical dont il a besoin.

Force et courage à tous les compagnon.e.s en prison et en fugue!
Pour la destruction de l’État, du Capitalisme et de toutes les prisons.
Vive l’anarchie!

Pour plus d’information :
contrainfo.espiv.net
hunger-strike.espivblogs.net
www.non-fides.fr

Nov 072013
 

depuis anarchistnews

Récemment, nous avons visité le stationnement du ministère de la sécurité publique du Québec situé au 600 rue Fullum. Nous avons versé du décapant à peinture sur leurs véhicules officiels et crevé les pneus.

Le ministère de la sécurité publique du Québec est entre autre responsable de la supervision de la police provinciale, des polices municipales et des prisons provinciales. Ce ministère est responsable de tous les aspects des conditions d’emprisonnement au Québec – du comportement des flics au items disponibles à la cantine.

Au moment de la publication de ce texte, il y a deux démonstrations de résistance au système carcéral au Canada. L’une est une grève de la faim engagée par des immigrant-e-s détenu-e-s en Ontario, accusé-e-s d’aucun crime, en attente de procédure de déportation. Leurs revendications incluent la demande de meilleurs traitements ainsi que la fin des détentions d’immigrant-e-s sans accusation criminelle. La grève de la faim en est présentement à sa cinquième semaine.

La seconde est une grève du travail en cour dans plusieurs prisons fédérales à travers le pays, protestant contre la coupure de salaire de 30% pour tous les détenu-e-s des prisons fédérales. Le gouvernement justifie cette coupure en annonçant que les prisonnier-e-s doivent payer une pension. Non seulement les prisonnier-e-s doivent déjà travailler au maintient de leur propre prison, mais ils devront dorénavant payer pour leur emprisonnement. Cette coupure de salaire fait parti d’une tendance plus large à empirer les conditions d’emprisonnement-sentences plus longues, libérations conditionnelles avec conditions plus strictes, cellules doublement occupées et diminution des programmes en prison.

Solidarité avec les prisonniers en lutte; pour en finir avec la police et toutes les prisons.
Et avec Youri et Guillaume, prisonniers du G20 à la prison provinciale de Bordeaux à Montréal.

Sep 232013
 

Voir la vidéo
vidéo en anglais (avec sous-titres en espagnol)

Le 11 août 2013, environ 100 migrants et leurs soutiens sont descendus dans la rue en direction du centre de rétention pour migrants de Laval juste à l’extérieur de Montréal, pour dénoncer la pratique du gouvernement canadien d’enfermer et d’expulser les personnes sans statut. La manifestation a été organisée en collaboration avec la Journée de la justice pour les prisonniers, qui a lieu chaque année le 10 août pour commémorer les vies de ceux qui luttent et meurent derrière les barreaux, et de réaffirmer l’engagement des personnes pour la suppression des prisons. Des gens sont venus en bus, d’autres à vélo, et quand ils sont arrivés, ils étaient déterminés à faire suffisamment de bruit pour que les migrants à l’intérieur du centre de rétention puissent entendre leur message.

Sur une journée donnée, de 400 à 500 migrants sont enfermés derrière les murs des centres de rétention à travers le pays. La dernière décennie a vu une augmentation significative du nombre de migrants détenus, avec 82.000 détenus sur 2004-2011 et un nombre supplémentaire de 13.000 détenus depuis 2011. Suite à la mise en œuvre des politiques de détention obligatoire par le projet de loi C-31, tous ce.lles.ux qui entrent par de soi-disant «moyens irrégulier» peuvent faire face à un an de détention.

Des silhouettes représentant des proches qui ont été raflés et des banderoles lumineuses ont été accrochés à la clôture. Des messages de solidarité en arabe, hongrois, espagnol, ourdou, anglais et français ont été lus à haute voix, tandis que des restes de vêtements ont été suspendus le long du mur, symbolisant la violence subie aux postes-frontières du monde entier.

Pendant le pique-nique, quelqu’un de l’intérieur a informé les organisateurs que, en raison de la manifestation, les heures de visite avait été annulées toute la journée, les prisonniers étant punis par l’annulation du temps de prière, tout en étant interdit de fumer et d’être confinés dans leurs chambres.

Exaspéré par ces nouvelles, les gens se sont précipités vers la clôture extérieure du centre de rétention et ont commencé à taper sur ses portes en métal. Peu après, la porte a été démolie et un groupe de manifestants a violé le périmètre et a réussi à exprimer leur rage directement à l’extérieur des bâtiments où les migrants sont en cage.

En fin de compte, aucune arrestation n’a été faite. Alors que l’acte d’abattre le mur était symbolique, c’était encore un pas en avant pour la destruction de tous les murs de prison et les frontières qui séparent les gens à travers le monde.

Source: Coop Média de Montréal, via Sabotagemedia

Mar 212013
 

depuis anarchistnews
traduit de l’anglais par sabotagemedia

Dans l’esprit du 15 mars et son passé, une voiture de police a été incendiée au poste de police 33 à Parc-Ex, Montréal, la soirée du 15 mars. Cette action a été prise afin de complémenter la 17e manifestation annuelle contre la police (et leur brutalité) qui a eu lieu plus tôt ce jour-là.

Nous envoyons aussi un message de soutien à Marco Camenisch dans ses luttes depuis l’intérieur de la prison en Suisse.

Jan 162013
 

traduit de l’anglais par sabotagemedia

Plus de 50 personnes se sont réunies à Montréal pour poursuivre la tradition des manifs de bruit anti-carcérales devant les prisons pour le nouvel an. La manif s’est rassemblée au lieu de rencontre désigné et a pris la rue derrière une bannière lisant «Pour un monde sans patrons, ni flics, ni prisons» et une importante présence policière essayant en vain de contrôler la circulation. Certain.es parmi la foule ont distribués des tracts expliquant l’action et détaillant les récentes modifications législatives que le gouvernement a conçu pour remplir les 22 nouvelles prisons qu’il fait construire.

Lorsque nous sommes arrivés à notre première destination, Tanguay, la prison pour femmes, la foule est entrée en scandant par un stationnement alors que les porcs étaient retenus à l’entrée. Autour de l’entrée arrière de nombreux discours furent donnés sur un haut-parleur destinés aux prisonnières, dans l’espoir qu’elles entendent les paroles de solidarité en français et en anglais. Des éclats de trompettes, de chants et de feux d’artifice ont été utilisés pour attirer l’attention de nos amies à l’intérieur. Assez vite nous avons entendu des réponses par les fenêtres, «Bonne année!» qui a fait éclater encore plus de bruit et d’amour de la foule. La foule a passé 20 minutes à scander des chants de solidarité et de bons voeux pour les femmes avant de promettre de revenir et de continuer vers notre prochaine cible.

Un autre 15 minutes de marche nous a amenés à Bordeaux, la prison pour hommes, qui est la plus grande prison de la province de Québec. Cette fois, la foule a dû esquiver une barrière et faire face à une forteresse beaucoup plus grande avec ses murs de 30 pieds qui l’entourent. Les feux d’artifice ont annoncé notre présence et des discours ont été rendus de nouveau exprimant notre désir d’abolir les prisons et toute autorité. Après beaucoup de bruit et ensuite de l’écoute, des réponses provenaient des hommes à l’intérieur. Encore une fois «Bonne année» a été entendu fort et clair, nous avons répondu par «Solidarité avec les prisonniers!». De nombreuses voix ont criés ensemble venant d’au-delà des murs et de chaque coin de l’édifice monstrueux. La foule est devenue autant plus enthousiasmé jusqu’à décharger le reste de l’arsenal de feu d’artifice. L’occasion fut présentée pour que quiconque prenne le micro pour donner un message personnel également diffusé sur une radio locale puisque l’événement était enregistré par des camarades d’un média indépendant. En sortant nous avons de nouveau pris la rue à quatre voies scandant «police partout, justice nulle part» et «our passion for freedom is stronger than their prisons» [notre passion pour la liberté est plus forte que leurs prisons]. La manif s’est dispersée sans ingérence des porcs à la station de métro où elle avait commencé.

un vidéo par Média Recherche Action

un enregistrement audio édité de la manif

Le texte suivant est tiré du tract de la manifestation:

Manif anti-carcérale du Nouvel An… ou, pourquoi nous haïssons les prisons

Les manifestations de bruit devant les prisons et les centres de détention de l’immigration prennent part à une tradition en cours dans plusieurs régions du monde de ne pas oublier celles et ceux qui sont détenu.es par l’État. C’est une manière de démontrer de la solidarité avec les personnes emprisonnées à l’intérieur. Les prisons ont été créées pour isoler les gens de leurs communautés. Ces manifestations sont un des moyens de nous rassembler pour lutter contre la répression et de briser cet isolement.

Les prisons existent pour affermir l’autorité du pouvoir en place. Il ne peut y avoir ni mesures d’austérité, ni capitalisme, sans prisons pour mettre celles et ceux qui ne peuvent, ou choisissent de ne pas correspondre aux normes de ce système. En fait, l’agrandissement des prisons et la mise en place de mesures d’austérité marchent main dans la main. Alors que le gouvernement réduit le budget alloué aux services sociaux, étendre le système carcéral est une de ses priorités. Tout en adoptant de nouvelles lois comme les projets de loi C-10 et C-38, qui visent à mettre plus de gens en prison pour plus longtemps et assurer la détention obligatoire des réfugiés, l’État dépense présentement un budget de 4 millions de dollars pour construire 22 nouvelles prisons et agrandir plusieurs établissements déjà existants à travers le pays. Cela donne une plus grande marge de manoeuvre à l’État pour emprisonner à la fois celles et ceux qui le  combattent activement, comme les personnes emprisonnées dans le contexte de la grève étudiante du printemps derniers ou dans celui des  manifestations contre le G20 à Toronto en 2010, ainsi que celles et ceux qui contestent ses lois simplement pour survivre. Les gens sont arrachés de leurs communautés et une fois à en-dedans, ils et elles deviennent un réservoir de maind’oeuvre esclave pour l’industrie.Faisons savoir à celles et ceux qui sont enfermées, qu’elles et ils ne sont pas oublié.es. Nous pouvons partager notre opposition aux barreaux, aux gardes ainsi qu’au monde de misère et d’exploitation qui en a besoin. Parce que personne n’est libre jusqu’à ce que nous le soyons tous. Endedans comme à dehors, révoltons-nous !

[voir ici pour une compilation des actions anticarcérales du nouvel an 2013]