Juin 172020
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

À Montréal, le 15 juin 2020. – Hier soir, lors d’une action post-fête de la Reine et avant la fête du Canada, le monument Macdonald de la Place du Canada a été aspergé de peinture mauve par des vandales anticoloniaux.

Des photos de la statue vandalisée sont disponibles ici https://postimg.cc/gallery/XY4WtR4

Les vandales anticoloniaux ont pratiqué la distanciation physique en portant des masques et en se lavant les mains avant et après l’action.

Selon Seamus Grewal, l’un des vandales : « Le monument Macdonald est l’équivalent canadien d’une statue de confédérés aux États-Unis. Il représente un symbole fort du colonialisme et de l’assujettissement des peuples autochtones. Cette statue célèbre un individu dont les politiques sont directement responsables du génocide des peuples autochtones au Canada et de la célébration de la suprématie blanche en général. »

Grewal ajoute: « Le monument Macdonald doit être immédiatement retiré et placé dans un musée où l’on y explique le contexte historique approprié en ce qui concerne le racisme et le colonialisme sous-jacent. Il ne faut en aucun cas que ce monument continue de célébrer ce personnage dans un espace public majeur de Montréal ».

L’attaque de la nuit dernière contre le monument de Macdonald (1895) est, au moins, la quinzième attaque de peinture contre la statue au cours des trois dernières années. Cette plus récente action se produit alors que de nombreuses statues coloniales et racistes sont ciblées par du vandalisme ou encore tout simplement déboulonnées dans le monde entier. En continuité du mouvement Black Lives Matter, des statues racistes et coloniales ont été renversées, décapitées et autrement attaquées au cours des deux dernières semaines partout aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Au-delà de ces actions directes fortes inspirantes, de nombreux élu.es ont aussi ordonné de manière proactive le retrait des statues de nature raciste à l’intérieur de leur juridiction.

Pendant ce temps à Montréal, la Mairesse Valérie Plante refuse de retirer la statue raciste. Du moins, c’est ce qu’elle a affirmé lors d’une allocution publique la semaine dernière en voulant répondre à une pétition de plus de 15 000 signataires exigeant son retrait.

En réaction à la Mairesse Plante, Siobhan Dosanjh, une autre vandale, répond: « En comparaison à d’autres autorités publiques à travers l’Amérique du Nord, la Mairesse Plante se compromet souvent face aux questions qui concernent le racisme et le colonialisme. Lorsqu’il est temps de s’attaquer collectivement au racisme en proposant des changements structurels significatifs, la Mairesse, quant à elle, s’improvise antiraciste et utilise des discours creux pour détourner l’attention du réel travail qui doit se faire ».

Dosanjh ajoute : « De son opposition pour réduire le financement de la police, à ses réponses apathiques envers l’islamophobie, à son refus de soutenir le retrait d’un monument offensant pour les peuples autochtones ainsi que pour le Montréalais non-blancs, la Mairesse Plante n’a jamais manqué une occasion d’échouer à s’engager de façon significative contre le racisme. »

La Mairesse Plante a proposé d’installer une plaque près du monument pour contextualiser la statue de Macdonald. Le groupe #MacdonaldMustFall à Montréal suggère la formulation suivante : « John A. Macdonald était un suprémaciste blanc. Il a directement contribué au génocide des peuples autochtones avec la création du système brutal des pensionnats ainsi que d’autres mesures destinées à détruire les cultures autochtones. Il était raciste et hostile envers les groupes minoritaires non blancs au Canada et il promouvait ouvertement la préservation d’un soi-disant Canada « aryen ». Il a adopté des lois pour exclure les personnes d’origine chinoise. Il est également responsable de la pendaison du martyr métis Louis Riel. »

Seamus Grewal de #MacdonaldMustFall déclare : « Rien n’empêche la Mairesse Plante et la Ville de Montréal d’ériger une plaque contextuelle, ce qu’elle aurait dû faire il y a des années. Mais, cette mention de plaque survient au moment où un fort mouvement antiraciste ciblant les symboles du racisme et du colonialisme font rage aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Cette annonce de la Mairesse est une stratégie pour nous distraire du vrai enjeu et c’est un lâche compromis face à ce qui devrait être un retrait complet de l’espace publique. En attendant, la peinture que nous avons pulvérisée aujourd’hui ne devrait pas être enlevée, car si c’est le cas, la statue sera presque certainement attaquée de nouveau. »

PS: Chapeau aux autres vandales anti-coloniaux qui ont récemment peint « La GRC tue des femmes et des hommes autochtones » sur le monument Macdonald.

Source : #MacdonaldMustFall Montréal

Contact : MacdonaldMustFall@riseup.net