Fév 142020
 

De Real People’s Media

TERRITOIRE MOHAWK DE TYENDINAGA – La Gendarmerie royale du Canada a envahi le territoire des Wet’suwet’en en Colombie-Britannique le 5 février 2020 pour faire appliquer une injonction du tribunal visant à retirer les Wet’suwet’en du territoire qui leur appartient. L’injonction a été obtenue par la société Coastal GasLink (CGL) afin de forcer son projet de gazoduc de 670 kilomètres de long à traverser le territoire traditionnel non cédé des Wet’suwet’en. Ce développement pose des menaces profondes et importantes pour la vie humaine et non humaine dans une région importante sur le plan culturel et environnemental, et va à l’encontre du soi-disant processus de “paix et de réconciliation” du gouvernement canadien avec les peuples des Premières nations.

En réponse à cette agression coloniale contre les Wet’suwet’en, les Mohawks de Tyendinaga ont installé un campement le long de la voie ferrée du CN et ont formulé leur revendication : qu’aucun train ne passe sur la voie ferrée tant que la GRC n’aura pas quitté le territoire des Wet’suwet’en. En conséquence, tout le trafic ferroviaire le long du corridor Toronto-Montréal passant par le territoire des Mohawks de Tyendinaga a été arrêté, entraînant un fardeau économique croissant pour le Canada. Quelques jours après le début du blocage de la ligne de chemin de fer, CN Rail a réussi à obtenir une injonction du tribunal, et la police provinciale de l’Ontario a délivré l’injonction demandant aux défenseurs des terres de Tyendinaga de quitter le territoire et de permettre la reprise du trafic ferroviaire. La réponse des habitants de Tyendinaga a été inébranlable :

« En ce qui concerne l’injonction signifiée au peuple de Tyendinaga, nous, le peuple, refusons que les lois de l’État-nation canadien nous soient imposées. Nous avons, et avons toujours eu, nos propres lois et coutumes, avant, pendant et après les tentatives de génocide et d’assimilation du Canada. Un document nous ordonnant de quitter notre propre pays ou d’autoriser le passage de biens étrangers sur notre territoire n’a aucune signification. Nous resterons sur nos positions et, comme indiqué, nous ne partirons pas tant que la GRC ne se sera pas retirée des territoires traditionnels des Wet’suwet’en. »

La police provinciale de l’Ontario a envoyé un petit nombre de véhicules pour surveiller le blocus et a mandaté des “agents de liaison” pour aborder à différentes reprises les défenseurs des terres pour des “négociations”. Les officiers de liaison de la PPO ont continué à arriver armés à la fermeture du chemin de fer, bien qu’ils aient accepté de ne pas apporter d’armes chargées pour négocier. Ce faisant, l’OPP a violé l’esprit de paix et de réconciliation ainsi que les protocoles traditionnels pour une relation respectueuse de nation à nation.

Sous cette menace d’injonction, avec des agents de l’OPP lourdement armés à proximité, la possibilité d’un violent raid de police semble imminente. Cependant, il existe une voie claire vers une solution pacifique au blocage du chemin de fer. Il y a, comme l’a dit Kanenhariyo, un enseignement à donner aux agents de l’OPP sur les voies ferrées.

« Nous avons l’obligation, comme vous, d’être liés les uns aux autres dans une relation respectueuse, et vous avez la responsabilité, comme nous, d’être pacifiques, de vous asseoir et de polir notre chaîne. »

« Nous avons une relation avec votre souveraine », a expliqué Kanenhariyo, « une relation directe, et la dernière fois qu’elle est venue ici en 2010, elle a réaffirmé cette relation avec nous. Elle a apporté ces clochettes et y a inscrit la description de notre relation depuis 300 ans. » Il a poursuivi en disant que les deux maillons de la chaîne d’alliance en argent symbolisent les peuples britannique et mohawk, le maillon central représentant leur relation commune. Si jamais l’argent venait à être terni, chaque partie pourrait tirer sur la chaîne pour réunir les deux côtés afin de pouvoir ensemble polir la chaîne, ce qui permettrait de résoudre les problèmes ayant contribué à ternir la relation.

En attendant une solution pacifique, les défenseurs des terres de Tyendinaga sont déterminés à continuer à bloquer le chemin de fer. Ils sont rejoints en cela par les communautés autochtones, les jeunes et les colons alliés qui se livrent à des actes de perturbation économique d’un océan à l’autre. Loin de la caricature raciste qui décrit les défenseurs des terres autochtones comme des êtres irrationnels et déraisonnables, les Mohawks de Tyendinaga proposent une paix juste et cohérente avec l’histoire tant que le gouvernement du Canada et les forces de police le constituant cessent leur agression contre les nations autochtones et la terre, et reviennent à leurs responsabilités envers le wampum à deux voies et la chaîne d’alliance en argent.