Juil 112019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Il y a trois ans, l’État canadien investissait 138 millions de dollars pour élargir son système de détention des migrant-e-s, dont notamment le projet d’une nouvelle prison pour migrant-e-s à Laval. Depuis lors, une lutte multiforme s’est engagée pour arrêter la construction de cette prison. On a constamment rappelé à des entreprises comme Lemay, Loiselle et Englobe que quiconque choisit de s’impliquer dans ce projet peut s’attendre à des retards importants à chaque étape du projet.

Il y a deux ans, les bureaux d’architecture et d’ingénierie Lemay et Groupe A ont obtenu les premiers contrats pour la conception de la nouvelle prison. En janvier de cette année, un contrat d’entrepreneur général a été ouvert aux soumissions. Tout comme les architectes et les ingénieurs, l’entrepreneur général sera étroitement associé à toutes les étapes de la construction. De concert avec un certain nombre de sous-traitants dont on n’a pas encore révélé les noms, l’entrepreneur général entreprendra directement la construction d’installations destinées à enfermer les migrant-e-s.

Il y a un peu plus d’une semaine, l’ASFC a attribué dans la plus grande discrétion le contrat d’entrepreneur général à une entreprise basée à Val David : Tisseur Inc. Il s’agit d’une entreprise de construction qui a déjà construit des écoles et des ponts et, avec 50 millions de dollars, c’est de loin le plus gros contrat qu’elle ait reçu à ce jour. Ils ont déjà mis en ligne plus d’une dizaine d’offres d’emploi depuis la signature de ce contrat.

Tout comme Lemay, Tisseur veut se présenter comme une entreprise “socialement responsable”. Leur site Web se vante de leurs projets de construction écologique et met en évidence leur code d’éthique. Mais tout comme Lemay et d’autres, Tisseur est impatient de profiter de la misère et de la violence que l’État canadien inflige aux migrant-e-s. Qu’ils ne s’attendent pas à le faire sans que ça se sache.

Tisseur peuvent bien s’imaginer qu’en décrochant un projet gouvernemental d’une telle envergure, ils font leur grande percée, mais l’histoire récente d’entreprises comme Lemay, Loiselle et Englobe suggère que cela pourrait plutôt être le début de tribulations coûteuses.

Fuck les frontières. Fuck les prisons. Fuck tous ceux qui en profitent et qui les font exister.

À très bientôt.