mtlcounter-info

Sep 102015
 

8235725931_2cb939bfb3_o

Chaque fois qu’arrivent les élections, aux niveaux provincial ou fédéral du moins, les anarchistes montréalaises répondent. Il y aura des collants, des affiches, des manifs. ON NE VOTE PAS, ON LUTTE! déclare la bannière à l’avant du défilé.

Je pense que toute personne devrait, de temps en temps, réfléchir sur leurs habitudes. Il se peut que changer une habitude, même une mauvaise, exige trop d’énergie, mais c’est bon d’au moins d’au moins savoir quelles sont ces habitudes, ce qu’elles impliquent et comment mieux vivre avec.

C’est aussi comment je me sens vis-à-vis la population anarchiste montréalaise dans son ensemble. Je ne suis pas certain à savoir s’il y a beaucoup d’entre nous qui ont été impliquées dans l’action anti-électorale de façon continue, élection après élection. Mais, tant quelque chose plus grande que les individus qui se composent, il semble que nous nous soyons impliquées dans ces spectacles depuis des années. Ça reste, à certains égards, une bonne chose. C’est la consistance de notre pratique collective qui rend Montréal attrayante aux anarchistes qui vivent ailleurs.

L’action anti-électorale est-elle la meilleure façon d’utiliser notre temps et notre énergie? Je ne sais pas. Pour être honnête, j’imagine que non. Et donc j’imagine ce que d’autres anarchistes icitte (particulièrement celles-ceux de tendance anti-civ/post-gauche) pourraient avoir à dire sur le sujet.

Comme: « pour l’anarchiste, la seule attitude qui convienne envers les élections est l’indifférence. »

Ou: « l’action anti-électorale, c’est juste de l’activisme d’une autre saveur, et l’activisme est quelque chose qu’on doit abandonner. »

Ou: « une manif contre les élections sera toute aussi faible que la majorité des manifs anti-systémiques qui se tiennent aujourd’hui. »

À mon avis, rien de tout cela n’est faux. Ou, du moins, je ne pense pas que ce soit mal pour qui que ce soit de penser ces choses. Mais je pense aussi que l’habitude de s’opposer aux élections serait, pour la population anarchiste dans son ensemble, une habitude difficile à rompre. Et, de plus, je pense que décrisser des élections pourrait être une bonne idée, si c’est bien fait. Joyeuse, autonomisatrice et stratégique. Un grand grand pas vers la libération pour un grand nombre de gens. Un attaque qui vaut le coup, contre l’État canadien et la société libérale-industrielle.

Mais il reste aux anarchistes à sérieusement décrisser des élections. Nous n’avons pas même atteint le point d’avoir une audience continue à notre audace et nos coups d’éclat – parce que, même s’il semble que nous ne puissions pas dépasser la stratégie démodée de surpasser le Spectacle, nous devrions au moins pouvoir retenir l’attention d’une partie semi-considérable de la population pour un moment ou deux.

La date du vote finale est le 19 octobre. Il sera « historique », insiste les médias. Dans l’espoir, peut-être naïf, que ces élections puissent être historiques d’une façon qui importe aux anarchistes, et en particulier à nous à Montréal, il y a ci-dessous quelques réflexions sur comment approcher l’organisation anti-électorale cette fois-ci.

 

**********

  1. Peu importe qui remporte les votes, nous sommes ingouvernables.

C’est une belle pensée, ça. C’est possiblement faux – nous sommes, hélas, plutôt gouvernables, et ce la plupart du temps – mais cela reste quelque chose à quoi nous pouvons aspirer. Dans cet esprit, on ne devrait dépenser aucune énergie à tenter d’influencer le résultat des élections.

Quelqu’un sera le premier ministre du Canada. On ne devrait pas nier le fait qu’il y a des différences politiques entre Mulcair, Trudeau et Harper, mais on devrait néanmoins clarifier que, en tant qu’anarchistes, notre opposition ne se limite pas à ces gens en particulier, mais au bureau du premier ministre lui-même – et à tout l’État canadien qui l’entoure.

La gauche canadienne craint surtout une nouvelle victoire conservatrice, mais nous ne devrions pas. Si nous le craignons, une victoire pour Harper nous déprimerait, alors que sa défaite nous ferait baisser notre garde.

  1. Que les gens votent ou non est sans importance.

Je vois un collant à Montréal depuis l’été 2012: LES ÉLECTIONS, ON S’EN CÂLISSE – ON VOTE PAS, ON LUTTE! Dans le coin, il est écrit A – ANTI – ANTI-CAPITALISTES! A – ANAR – ANARCHISTES!

Le collant me fait chier pour quelques raisons. Tout d’abord, le mot « anarchistes » possède deux syllabes de moins que « anti-capitalistes », donc si on connaît le slogan original, on sait que celui-ci ne sonne pas juste. Mais, plus important encore, le collant dit que les anars ne votent pas.

La plupart des anarchistes ne votent pas, c’est bel et bien vrai. Mais il y a des anars qui le font, peut-être pour des raisons caves – comme moi, qui a voté pour le BQ dans la dernière élection en croyant que la balkanisation serait un environnement fertile pour l’anarchie. Cela pourrait être embarrassant, mais elle n’invalide pas mon identité anarchiste.

Dans la société au sens large, il y a des gens qui votent et des gens que ne le font pas. Il n’existe pas des études qui se penche sur la question, à savoir si un groupe est plus ou moins probable d’être attiré aux idées et modes de vie anarchistes. Nous n’avons donc que nos hypothèses. Mais ce n’est pas encore le vrai problème. Ce qui est stratégiquement stupide pour nous n’est pas seulement que le collant dit que les anars ne votent pas, mais que toi, qui vote et qui lit ceci, tu n’es pas un anar. Que tu ne peux pas être un anar. Car tu votes.

Voter, c’est le moins efficace parmi les moyens disponibles pour provoquer le changement politique. Nous devrions le dire, haut et fort (et, bien sûr, nous le faisons déjà). Nous devrions aussi dénoncer, sévèrement si nécessaire, tout effort à rediriger le temps et l’énergie de gens vers la démarche électorale pour des partis politiques, aussi « progressifs » soient-ils. Mais si une personne individuelle prend la décision de gaspiller un peu de son temps aux urnes, ça ne devrait pas nous regarder.

  1. Les anarchistes peuvent prédire l’avenir.

J’imagine une manifestation, en septembre peut-être, menée par cette bannière: LE NPD N‘EST PAS DIFFÉRENT – DON’T TRUST THE NO DIFFERENCE PARTY.

Si Thomas Mulcair gagne l’élection, le résultat prévu par les sondages les plus récents, les canadiennes auront leur premier gouvernement néodémocrate de à Ottawa de l’Histoire. C’est sans doute que, après 9 ans de règne conservateur, il y aura plusieurs montréalaises entretenant beaucoup d’espoir face à un gouvernement social-démocrate. Il est fort probable que beaucoup de ces gens seront profondément déçues.

Je ne pense pas que nous pouvons prédire quel parti va réellement gagner – mais, si le gagnant est le NPD, nous pouvons prévoir avec précision ce qui arrivera. Les sables bitumineux vont continuer d’être exploités, les coupures aux services sociaux se poursuivre également, la dérive sécuritaire ne sera pas arrêtée… Je n’ai pas besoin de tout énumérer. En tant qu’anarchistes, nous le savons. Mais si nous pouvons répandre ce message à la population, puis être vues comme ayant été exactes avec nos prédictions après coup, ça pourrait être bon pour notre crédibilité avec celles-ceux qui, d’habitude, nous comprennent en tant que fous imbéciles.

  1. S’il y a un seul politicien qui mérite notre colère, c’est Justin Trudeau.

Trudeau est l’équivalent de Barack Obama à la fin des années de Bush. Il est l’incarnation de l’Espoir pour un Capitalisme Amélioré. Il est jeune, dynamique, plein de nouvelles idées. Il est l’outsider de la politique, le « rebel », celui qu’on peut s’imaginer se présenter aux élections à cause d’idéaux au lieu de d’agenda politique. Pour toutes ces raisons, il est notre adversaire, et nous devrions chercher à le détruire.

Le comté de Trudeau (qui couvre Villeray, Parc Ex et une section de Saint-Michel) est l’un des plus pauvres au Canada. C’est aussi là que plusieurs d’entre nous vivons. C’est aussi un endroit où c’est nice de prendre la rue. Sans recommander une autre personne, nous pouvons communiquer à la population du comté le caractère réel de ce personnage – que Trudeau est un impérialiste, un partisan de la surveillance étatique, un gosse privilégié. Nous pouvons le troller tandis qu’il essaie de gagner l’élection à l’échelle nationale. Ça serait amusant, particulièrement si notre activité lui fait penser qu’une des candidates de troisième ordre qui lui font face au niveau local pourrait gagner. Mais plus important encore, cette démarche démontrerait l’attitude qui convient aux anarchistes envers politiciennes, incluant envers les politiciennes dites« honnêtes ». Tu n’es pas notre amie, et nous n’allons pas y aller doucement avec toi parce que tu vas décriminaliser la marijuana. On va faire passer le bong pendant qu’on occupe ton bureau et qu’on chie sur ton plancher.

  1. C’est dans les quartiers qu’on devrait prendre la rue.

Ce qui m’excite vraiment dans l’idée de troller Trudeau , c’est la perspective d’être dans les rues à Villeray et à Parc Ex. Mais, à travers la ville, il serait plus logique d’organiser des manifs plus petites dans nos propres quartiers – et, de préférence, d’une manière qui serait plus difficile pour le SPVM de suivre – que de mobiliser des gens pour des grandes démonstrations de force au centre-ville.

Dans l’ensemble, des anarchistes et d’autres anti-capitalistes combatives ont perdu la capacité de tenir les rues du centre-ville. Mais cela n’est pas nécessairement vrai dans les quartiers – surtout si les choses se passent de façon imprévisible, ou dans plusieurs lieux en même temps. Je ne proclame pas qu’on devrait laisser faire le centre-ville, mais nous devrions penser aux avantages des quartiers, pour le combat de rue bien sûr, mais aussi pour d’autres raisons. Il serait plus facile de mobiliser des gens dans la rue si, au lieu d’acheter un billet à 3.00$ pour un voyage de métro vers la place Émilie-Gamélin, il serait possible de marcher quelques pâtés de maison jusqu’au point de rassemblement. Si nous pouvons commencer quelque chose de consistant dans les quartiers, d’ici au 19 octobre, c’est pour le mieux.

Pour les anarchistes qui sont des étudiantes, il peut être intéressant de penser les campus universitaires et cégepiens comme étant similaires aux quartiers. Les manifs à l’UQÀM ont été souvent mises de l’avant. Il ne fait aucun doute que la démarche et propagande électoraliste sera omniprésente dans les milieux scolaires de l’île de Montréal.

  1. Faut que ça reste l’fun.

Une élection ressemble à une série de hockey. Certaines gens le trouvent boring en criss. D’autres la trouvent divertissante. Voici le facteur qui fait river des yeux aux écrans pendant les débats, qui encourage des gens à suivre les sondages chaque jour.

Si les gens se détournent de leur télévision afin de nous regarder lorsque nous défilons hors son appartement, c’est possible que nous ayons déjà là une victoire. Mais il serait bien mieux que ces gens nous rejoignent dans la rue. C’est encore mieux s’ils et elles ont tellement apprécié l’expérience, qu’au lieu de lire les nouveaux rendus de la campagne, électorale, ils et elles passent la semaine à se demander comment ils et elles pourront contribuer à la prochaine manif.

Mais nous ne devons pas imaginer quelque chose qu’une « personne ordinaire » peut apprécier. Nous devrions faire ce qui est l’fun pour nous-mêmes. Sinon, ça ne sera pas quelque chose à quoi nous voudrons participer. Faire une manif dans la rue avec nos amies devrait être plus attrayant que quel que soit le spectacle qui occuperait notre temps autrement – les élections, Le Trône de fer, whatever. Si nous faisons quelque chose de publiquement spectaculaire, et que nous ne sommes pas aliénantes en tabarnak, nous devrions être aussi capables de forger quelques connexions humaines. Au final, nous pourrions trouver de nouvelles et nouveaux copaines de hockey, partenaires sexuelles et complices criminelles.

  1. Si tu ne t’organises pas contre les élections, ne t’organise pas contre les élection.

Le camp Unis’tot’en. L’occupation de la Palestine. Le régime de l’austerité imposé par le gouvernement à Québec. Il y a, bien sûr, de nombreux enjeux sur lesquels les anarchistes montréalaises, ou certaines d’entre nous du moins, essaient de sensibiliser la population. Pendant une campagne électorale, nous serons tentées d’utiliser l’élection comme plateforme pour le faire. Nous savons qu’il y a beaucoup de monde qui prête attention aux élections, et si nous pouvons leur parler à propos des élections, puis discuter de l’accès à l’avortement au Nouveau-Brunswick…

Mais faire cela dévalorise les enjeux. Il nous font paraître comme des désespérées qui cherchent toute l’attention qu’il est possible d’apporter aux choses qui nous concernent. Pire que ça, il encourage une participation aux élections, même si nous n’approuvons aucun parti en particulier. « Pense au logement social lorsque/si tu vas aux urnes… » Fuck cette démarche. Si on veut qu’une personne pense au logement social, on devrait lui demander d’y penser sans mentionner les élections. Si les élections sont mentionnées quand même, on peut élucider ses opinions puis laisser tomber le sujet.

  1. La démocratie ne sera pas vaincue à coup dappels creux à la démocratie.

Les anarchistes sont divisées à propos du mot « démocratie ». Quelques-unes parmi nous l’aiment, d’autres non. Cette tension n’est pas nécessairement terrible, et je ne prétends pas l’avoir résolue, mais je veux poser un argument contre l’intégration des appels à la « démocratie directe » ou la « démocratie pure » à notre opposition à la démocratie représentative canadienne. Non pas parce que les structures directement démocratiques sont merdiques, mais parce que le projet de détruire le système sous lequel nous vivons – un projet de destruction qui créerait l’espace dans lequel les alternatives directement démocratiques peuvent se développer, si il y en a le désir – est mieux servi par une rhétorique de négation.

Faire en sorte que les gens parlent notre langage politique bizarre, c’est un projet impossible. Les gens vont faire des recherches sur les idées anarchistes – à propos du processus décisionnel, par exemple – s’ils et elles ont la volonté de le faire, et seulement s’ils et elles ont cette volonté. En attendant , nous pouvons parler dans un langage que les autres comprennent, comme FUCK ALL POLITICIANS, DESTROY CANADA. Beaucoup de gens ne seront pas d’accord avec ce slogan, mais ce qu’il veut dire sera très clair.

 

Août 282015
 

La nuit dernière, une voiture de patrouille enflammée a été peinte par quelques ami.es sur le boulevard principal du quartier d’Hochelaga, inspiré.es par la lutte à Saint-Louis et Ferguson contre la police. Solidarité avec les rebel.les qui apprennent dans la rue comment combattre ensemble la police. Bien que l’application de la paix sociale soit actuellement plus réussie à Montréal, vos actes et vos mots font écho à notre contexte de poursuite des hostilités envers la suprématie blanche, l’État et le capital.

bruletoute

Août 132015
 

11863457_1628026197478175_6916336577571476028_n

Tout au long de l’événement LES VOIX INSOUMISES, les artistes locaux et internationaux réaliseront des oeuvres dans les rues de Tiohtià:ke. Des collaborations entre les artistes seront ouvertes au public.

—–

SOUTENIR LES VOIX INSOUMISES

Voici quelques façons dont vous pouvez soutenir Les voix insoumises :

CONTRIBUTION MONÉTAIRE : Nous sommes toujours la recherche de financement pour soutenir Les voix insoumises (afin de couvrir les frais de transports des participants ainsi que les matériaux d’art). Visitez notre campagne de financement gofundme afin de faire un don: www.gofundme.com/uncededvoices; vous pouvez aussi nous écrire un courriel afin de faire un don d’argent : decolonizingstreetart@gmail.com

PROMOTION :
SVP, partagez notre événement facebook : www.facebook.com/events/970129306351884
Voici le lien de notre site internet : www.decolonizingstreetart.com
Afin de nous aider avec la promotion de l’événement, distribuez nos tracts et nos affiches; écrivez-nous pour vous en procurer : decolonizingstreetart@gmail.com

DONNEZ VOTRE MATÉRIEL : SVP, considérez à nous donner vos matériaux d’art que vous n’utilisez pas. Nous avons besoin entre autres de : peintures, cannettes de peintures, pinceaux et échafauds. Afin de faire un don écrivez-nous : decolonizingstreetart@gmail.com

ESPACES DE MURS : Nous sommes toujours à la recherche d’espaces de murs pour faire des murales et des wheatpastes. Écrivez-nous si vous avez des idées/ si vous pouvez nous aider : decolonizingstreetart@gmail.com
—–

À PROPOS LES VOIX INSOUMISES

Le but de Decolonizing Street Art se développe en deux aspects soit : soit développer des liens et une communauté d’artistes de rue autochtones ainsi que de promouvoir une résistance anticoloniale à travers diverses actions d’art de rue.

Depuis 2014, Decolonizing Street Art organise une convergence annuelle d’artistes de rue à Montréal. La seconde convergence aura lieu du 14 au 23 août 2015, avec pour titre « Les voix insoumises » (“Unceded Voices” en anglais).

Pendant « Les voix insoumises » les artistes de l’Île de la Tortue (et ailleurs) feront de l’art de rue à Montréal. « Les voix insoumises » inclut aussi des discussions et des ateliers sur le thème des luttes anticoloniales.

Cette année (2015) tous les participant.es de Decolonizing Street Art sont autochtones et/ou personnes racisées. À long terme, Decolonizing Street Art veut créer des liens de solidarité ainsi que de bâtir une communauté avec des personnes s’identifiant comme femmes autochtones et artistes de rue.

Les principes de Decolonizing Street Art inclut la résistance au colonialisme, au capitalisme et tout autres formes d’oppression, incluant, mais pas seulement, la lutte au racisme, au patriarcat, à l’hétérosexisme, au capacitisme et à la transphobie. Nous organisons cet événement sur des bases de solidarité, d’entraide et de support entre les artistes de rues et les activistes qui aident à l’organisation.

Decolonizing Street Art est une initiative de base, sans but lucratif. Nous refusons les subventions gouvernementales et tout autre aide corporative. Notre budget (moins de 4000$ par année) provient d’une campagne de financement ainsi que le support de groupes locaux et individuels.

Decolonizing Street Art met de l’avant un art de rue autonome (qui se distingue de l’art public) et qui n’est pas financé par le gouvernement ou par des groupes corporatifs, ou qui représente leurs intérêts.

Decolonizing Street Art est organisée principalement par Camille Larivée, une artiste de rue Innue, queer et féministe qui habite à Montréal, avec le support des militant.es et d’organismes locaux. L’idée originale du projet a été développée par Camille et l’artiste Tom GreyEyes (Navajo ) en novembre 2013.
—–

RECONNAISSANCE

Decolonizing Street Art reconnait que nous sommes sur le territoire traditionnel du peuple Kanien’kehá:ka. Celui-ci est le gardien de la Porte Est de la confédération Haudenosaunee. L’île nommée «Montréal» est connue sous le nom Tiotia:ke dans la langue des Kanien’kehá:ka, et a été un lieu historique de rencontre pour les autres nations autochtones, incluant les peuples algonquins. Decolonizing StreetArt ne croit pas qu’il soit suffisant de simplement reconnaître les gardiens de cette terre. Nous encourageons l’ensemble des participants et participantes ainsi que toute les personnes qui supportent le projet à activement résister au colonialisme ainsi qu’au néo-colonialisme sous toutes ses formes, dans la diversité que peut revêtir cette résistance.

Juil 182015
 

Traduit par Anti-dev et rediffusé de Its Going Down et Submedia

Ce 15 Juillet 2015, des officiers de la Gendarmedie Royale Kanadienne (GRC) ont tenté d’entrer sur le territoire Unist’ot’en. Les Unist’ot’en ont établi un camp qui est sur le chemin de plusieurs pipelines de pétrole et de gaz. Les supporteur-euses du camp ont bloqué l’entrée à la GRC. Le jour suivant, la GRC a menacé d’arrêter les supporteur-euses à un autre camp, mais ceuxelles-ci ont répondu en érigeant une barrière. Les Unist’ot’en ont fait appel à du soutien physique de la part d’allié-es. Pour plus d’infos sur comment aider, visitez le site du camp Unist’ot’en.

Appel des Unist’ot’en:

18 Juillet 2015

Cher-ères ami-es et supporteur-euses,

Merci à toutes les personnes qui ont répondu à notre mise à jour sur le Camp d’action et Chevron PTP. Ça devient clair que la situaton par ici va dans le sens d’un point d’escalade.

Aujourd’hui à 13h, un hélicoptère a volé bas au-dessus de la ligne de la falaise et a traversé la rivière à quelques kilomètres au Sud du pont. Elle a suivi un trajet qui correspond au corridor du pipeline Pacific Trails Pipeline projeté, puis a tourné vers le nord, volant en direction de la rivière Houston. Ils ont volé suffisamment bas pour prendre des photos de l’activité sur le pont et dans notre camp.

Nos supporteur-euses qui tiennent un poste de garde sur Chilsom Road on aussi été visité-es et menacé-es par la police.
Similaire à leur visite sur le pont il y a deux jours, les officiers ont affirmé qu’ils pourraient les arrêter pour bloquer une «voie publique».

Il est clair que vu la temporalité de ces récentes actions de la police qu’ils travaillent en tandem avec les compagnies de pipelines. Le chef du détachement de la GRC de Houston a clairement indiqué à Freda qu’ils ont l’intention «d’assurer que les équipes de travail puissent faire leur travail en sécurité». Nous avons mis au clair avec la police et l’industrie que nous ne bloquons pas la route. Nous établissont des postes de garde à nos frontières sur nos terres Unist’ot’en non-cédées. Les gens et compagnies qui obtiennent notre consentement sont permis-es d’entrer.

Plusieurs d’entre vous ont visité notre yintah (territoire) et ont fait l’expérience personelle de notre infrastructure d’eau, notre saumon, nos fruits sauvages et notre médecine. Nous sommes déterminé-es à protéger cette terre pour les générations futures, et au cours de ce processus d’amener notre contribution à démanteler l’infrastructure d’extraction de gaz fossiles qui menace toutes formes de vies sur cette planète.
À ce moment-ci nous aimerions demander à nos supporteur-euses les choses suivantes:

1) Si vous avez été à notre camp auparavant et/ou si vous vous sentez comfortables à vous mettre sur la ligne de front pour résister avec nous, vous pouvez vous inscrire ici: http://www.jotform.ca/unistoten/actioncamp
At this time we would like to ask our supporters for the following things:

2) Si vous n’êtes pas dans la capacité d’assister en personne mais voudrie envoyer du soutient financier pour nous aider avec l’équipement et les frais d’opérations, les dons peuvent être envoyés soit par transfert email à
fhuson@gmail.com

Ou bien en contribuant à la levée de fond du Centre de guérison ici:
https://fundrazr.com/campaigns/axsMd/ab/24dGu0

Des chèques peuvent être envoyés à
“Tse Wedi Elth”
620 CN Station Rd
Smithers, BC, Canada
V0J 2N1

3) Vous pouvez aussi organiser des actions de solidarité là ou vous êtes, soit contre Chevron directement ou bien contre un/plusieurs de ses investisseurs.

Sne Kal Yah!
Unist’ot’en Camp

Juin 242015
 

0620_prison_riotleur media – 21/6/2015

Le président du syndicat qui représente les employés du centre correctionnel, Chris Jackel, a dit, sur Twitter, que 45 détenus avaient été impliqués dans l’émeute. Il fait lui-même partie de l’équipe tactique qui est intervenue.

Chris Jackel raconte que des détenus ont endommagé des portes, arraché des téléphones des murs et tenté de casser une porte entre deux sections de la prison de Penetanguishene. Selon lui, ils ont aussi recouvert le sol de savon, de shampoing et de déchets et ont rempli des chaussettes de matières lourdes pour en faire des armes avant que les gardiens utilisent un gaz poivré pour les contenir.

« (Ils) faisaient des dégâts dans les deux ailes, ils essayaient juste de casser le plus de choses possible », dit-il, ajoutant qu’il a fallu six heures aux gardiens pour reprendre le contrôle de la situation.

 

Juin 242015
 

8e744a64-b13b-45a5-9466-a8ae3d2d66fc_ORIGINAL

Vandalisé à cause du nom de son établissement
Leur media – 11/6/2015

Un restaurant montréalais nommé «La Mâle Bouffe» serait la cible de féministes radicales qui ont fracassé une des vitrines et placardé le quartier Hochelaga d’affiches dénonçant l’arrivée de l’établissement.

C’est le 2 juin dernier, à 10 jours de l’ouverture de son restaurant rue Ontario, que le propriétaire a constaté qu’on avait balancé une grande pierre dans la fenêtre de l’établissement, brisant la vitre.

Affichage

Les vandales avaient également placardé des dizaines d’affiches un peu partout dans le quartier sur lesquelles on voyait le logo du restaurant, un homme moustachu avec des tatouages, modifié en femme anarchiste.

Autour du dessin, on pouvait lire: «Quand gentrification et sexisme font ménage. Contre un quartier clean, cher et machiste et contre l’escalade de violence envers les femmes. Réapproprions-nous nos quartiers et reprenons le contrôle de nos rues».

Ainsi, si le phénomène continue, les nouveaux entrepreneurs auront peur de s’installer dans Hochelaga, croit le trentenaire.

Le vandalisme dans Hochelaga est devenu un véritable fléau alors que plusieurs commerçants de la rue Ontario sont régulièrement la cible de vandales opposés à l’embourgeoisement.

«Cette année, on nous a volé des pots de fleurs sur la terrasse, mais ce n’est que le début de la saison. L’an dernier, des vandales ont lancé une brique par la fenêtre et une autre fois, ils ont peint un symbole anarchiste sur la façade extérieure», dénonce une superviseure du restaurant Le Valois, qui a préféré taire son nom.

Des dizaines

Depuis deux ans, plus d’une dizaine d’actes de vandalisme envers des commerçants ont été répertoriés dans ce secteur du quartier Hochelaga.

Par exemple, les vitrines du bistro Bagatelle et In Vivo ainsi que Le Chasseur, maintenant nommé Blind Pig, ont toutes été défoncées à coup de briques.

Il y a un peu moins de deux ans, la devanture du magasin William J. Walter a même été recouverte de peinture jaune à la suite d’une manifestation anti-capitaliste.

«Quelqu’un a mis de la peinture dans un boyau d’arrosage et a aspergé toute la façade du magasin, c’était vraiment embêtant. Ils ont aussi pété un carreau de fenêtre», raconte le gérant du magasin, Benjamin Fallourd.