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Retour sur la manifestation de la CLAC du 1 mai 2018

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Mai 082018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

La CLAC amorçait cette année la manifestation annuelle du 1er mai sur le thème du G7. Les plus puissants de la planète se réuniront le 8 et 9 juin pour une réunion d’ampleur dans la région de Charlevoix.

Cette année, le 1er mai avait une allure particulière, les syndicats acceptant de s’accommoder au calendrier du patronat ont décidé de faire une manifestation le samedi 28 avril en réunissant plusieurs milliers de personnes.

La journée du 1er mai, trois manifestations étaient appelées à Montréal soit celle de la CLAC au parc Lafontaine, celle du Parti Communiste Révolutionnaire dans le Golden Square Mile et celle des IWW dans Parc-Extension.

Environ 200 personnes se sont rassemblées vers 18h au coin sud-ouest du parc Lafontaine pour la manifestation de la CLAC. Un dispositif policier impressionnant était déployé tout autour avec les poussins à vélo ainsi que de nombreux bus d’anti-émeute. Le SPVM était bien décidé à ne laisser personne manifester en ce 1er mai. La foule s’agglomérant peu à peu, on a pu observer la présence d’une quarantaine d’individus qui ont commencé à se vêtir en noir pour former un black bloc plus conséquent que lors des dernières manifestations à Montréal. L’anti-émeute a donc décidé de se rapprocher pour ne laisser aucune marge de manœuvre à la petite foule.

Juste avant le départ, quelques discours ont eu lieu sur les ravages du capitalisme ici et ailleurs. La marche s’est alors élancée vers 18h30 sur la rue Sherbrooke en direction ouest. Les flics ont alors décidé de prendre le trottoir côté nord afin de mettre en cage la manifestation. Un petit black bloc bien déterminé ne voulait pas leur laisser cet espace si chéri par la Brigade urbaine qui lui donne un avantage tactique considérable. En prenant le trottoir, la Brigade urbaine arrive à contrôler l’ensemble de la manifestation, car elle peut décider où se dirige la foule et cela limite grandement l’attaque contre des symboles du capitalisme, telles les banques. Prendre le trottoir devrait être un réflexe collectif de la manifestation, car avoir une manifestation encagée par le SPVM est un problème pour tout le monde. Si tasser les flics du côté se limite à une petite portion de la manifestation, il sera alors toujours très difficile de tenir la rue à Montréal de façon plus combative.

Protégé par des bannières le black bloc a donc décidé de vider un extincteur, lancer des briques, des roches des feux d’artifice sur les policiers afin de les contraindre à battre en retraite. Bien que les flics aient reculé un peu, certains à l’avant ont du se cacher derrière des voitures par peur, la stratégie ne fut pas aussi efficace qu’escompté et la manifestation s’est retrouvée scindée en deux avec l’arrivée d’une deuxième brigade urbaine de l’autre côté qui a repoussé l’arrière de la manifestation vers l’est et a fait une arrestation. À ce moment les policiers ont pu rapidement reprendre le contrôle de la situation en déployant l’anti-émeute sur les rues au nord et au sud de Sherbrooke. Les gens n’ont eu d’autre choix que de se disperser ou de retourner vers le parc Lafontaine à peine 5 minutes après le départ. Ce n’est pas le conflit avec les flics qui a forcé la dispersion, mais bien une arrivée massive de flics de tous les côtés.

Les liens entre les gens dans la manifestation n’étaient pas assez denses ce qui a facilité la dispersion. Arriver à garder une unité beaucoup plus compacte aurait pu limiter les dégâts causés par l’intervention des flics. Garder un rythme plus lent et s’assurer que personne ne soit isolée à l’arrière ou à l’avant aurait peut-être permis de manifester un peu plus longtemps. Les manifestations annuelles comme le 1er mai sont préparées des mois à l’avance par les flics et ils cherchent à nous disperser le plus rapidement possible. Arriver à joindre les intentions de chaque personne qui vient manifester est difficile, mais reste la clé de la solution pour continuer à tenir la rue.

Ceci est un texte qui en appelle à d’autres pour savoir comment les gens ont perçu ce 1er mai et comment faire pour continuer à se retrouver dans la rue.

La réplique autonome

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Avr 032018
 

De Dissident.es

Les membres de l’exécutif de l’Association facultaire étudiante des sciences humaines (AFESH-UQAM) ont démissionné en bloc le 6 mars 2018 pour dénoncer l’organisation actuelle de la gauche au sein de leur faculté. L’essentiel de la lettre de démission critique le rapport à l’association facultaire entretenu par les groupes étudiants de différentes tendances, amalgamés confusément sous l’appellation de groupes affinitaires. Plus encore, elle enjoint ces derniers à plutôt s’investir dans le comité de mobilisation de l’AFESH. Directement concernées par le texte et évidemment en désaccord avec le propos, des militantes du CUTE UQAM ont cru important d’y répondre.

La gauche étudiante telle que nous la connaissons depuis une vingtaine d’années tend à se dissiper. Elle laisse place à un renouveau des formes organisationnelles, plus flexibles et moins hégémoniques, qui ne sont pas étrangères au mouvement étudiant des années 1970 et 1990. Ainsi, plusieurs tendances s’organisent en groupes partisans, comme le Mouvement étudiant révolutionnaire, les Étudiant.e.s socialistes et la Riposte socialiste étudiante; en groupes d’affinités comme Temps libre et le BASH UQAM; ou en comités autonomes comme les FRUeS, le Comité féministe en travail social, le CDDT et bien sûr le CUTE UQAM. On observait bien sûr déjà ce type de collectifs dans le décor de l’UQAM auparavant, mais ce qu’il y a de nouveau, en plus de leur foisonnement, c’est leur degré d’autonomie par rapport aux associations étudiantes.

Jusqu’à récemment, on retrouvait des éléments de certaines tendances occuper des fonctions exécutives, pour qui voulait exercer une influence sur les positions et orientations stratégiques de l’organisation, tant sur le campus que dans l’association nationale. On peut penser au noyautage de l’ANEEQ par le Groupe d’action socialiste au début des années 1990, de celui des jeunes péquistes au sein des associations membres des fédérations étudiantes dans les années 2000 et de celui du Front d’action socialiste à l’ASSÉ de 2012 à 2015. Or, les groupes semblent désormais privilégier l’assemblée générale pour promouvoir et légitimer leur campagne et aller chercher du financement pour la rendre effective. Les instances et mécanismes de représentation sont, à l’inverse, désertés par la plupart.

Lorsque les signataires du texte avancent que leur association est monopolisée et instrumentalisée par les groupes, tant du point de vue financier que logistique, on pourrait croire à du noyautage, or, il n’en est rien. On ne peut pas parler d’entrisme dans le cas qui nous concerne puisque l’instrumentalisation présumée ne s’opère pas en vase clos au sein d’un exécutif, mais bien en assemblée générale, une instance ouverte à l’ensemble des membres disposant du droit de parole, de vote et de proposition.

Il appert que c’est plutôt la propension à l’autonomie et à la décentralisation qui irrite les exécutifs successifs de l’AFESH dans les deux dernières années. En effet, les critiques formulées tiennent au fait qu’en AG, “chaque groupe s’empresse d’amener ses propositions ou ses amendements qui deviennent une liste d’épicerie sans se soucier de la cohérence des revendications et la manière de les mettre en applications auprès des membres.” Ce passage est révélateur d’une friction entre deux modes d’organisations. Au-delà du fait que l’exécutif démissionnaire pose, d’un côté, l’implication au sein de l’exécutif de l’AFESH et de son comité mob comme la norme et, d’un autre côté, l’implication dans les tendances organisées comme une déviance, les mandats proposés et débattus en AG par différents pôles sont effectivement difficiles à exécuter par un comité central. Contrairement à une culture associative où la plupart des propositions sont formulées par l’exécutif avant d’être amendées et avalisées en AG, il est vrai qu’il peut être difficile de dégager une cohérence entre les différentes résolutions rédigées par différents pôles, orientées par différents objectifs. Il s’agit là d’une manifestation concrète de la contradiction entre la centralisation et la décentralisation, entre l’hégémonie et l’autonomie.

Dans ce débat, nous prenons parti. L’adoption de mandats, aussi nombreux et variés soient-ils, n’a rien à voir avec une instrumentalisation quelconque de l’association. Tout comme il n’appartient pas à un exécutif de définir une campagne annuelle, par exemple, le travail de mobilisation ne doit pas reposer exclusivement sur l’exécutif. Ce sont aux membres des groupes qui proposent des mandats de les mettre en application. S’en remettre à des représentant.es, à un exécutif, est une déresponsabilisation nuisible et ineffective; un renoncement au pouvoir de participation à la politique étudiante. La combinaison de cette renonciation et de la volonté d’hégémonie et de centralisation est la cause de l’apathie ambiante dans le mouvement étudiant, décriée par plusieurs, notamment par l’exécutif démissionnaire.

Il est, par ailleurs, particulièrement surprenant de constater que l’exécutif démissionnaire considère qu’aucun travail de mobilisation n’est effectué au sein de la Faculté des sciences humaines. En ce qui concerne la campagne actuelle pour la reconnaissance et la rémunération du travail de l’ensemble des stagiaires, la mobilisation se fait principalement auprès des étudiantes en travail social, en psychologie et en sexologie. Le silence sur cette mobilisation laisse sous-entendre qu’en fait, ces membres, qui ne font pas partie de la gauche étudiante traditionnelle, ne sont pas considérées comme des sujets politiques par l’exécutif. N’est-ce pas pourtant la réponse la plus viable et la plus subversive aux campagnes en faveur de la dissolution de l’AFESH que de construire une campagne à partir des foyers où s’organise généralement la réaction?

Il importe de rappeler au passage que la politique étudiante à l’Université du Québec à Montréal n’a pas toujours été organisée par faculté; cela n’existe pas avant 2001. De son côté, la disparition du comité Mob UQAM au profit des comités de mobilisation facultaires et modulaires date d’environ six ans. Pourquoi ne serait-il pas ainsi plus logique et efficace de réorganiser une campagne sur la base de l’ensemble du campus, comme le fait le Comité unitaire sur le travail étudiant, et de formuler des propositions pour les assemblées des différentes associations modulaires et facultaires, que de soumettre ses ressources à l’application de mandats d’une seule asso, dans le comité de mobilisation de l’AFESH, par exemple?

L’existence de divers groupes qui initient différentes luttes, organisent des événements, produisent et diffusent du matériel est tout à fait souhaitable. Le rôle de l’exécutif est de faciliter le travail de ces groupes et ainsi d’encourager la vie politique sur le campus plutôt que de chercher à la contrôler et la neutraliser. Aussi tabou que cela puisse être pour certaines personnes, il s’agit d’abord de faire profiter des importantes ressources financières de l’association, peu importe, en vérité, que les sommes proviennent de subventions, de dons, ou du budget du comité de mobilisation.

Considérant la décentralisation et l’autonomie des nombreux groupes organisés sur le campus et le sentiment de dépassement exprimé par les exécutifs vis-à-vis cette situation, il semble que la solution ne réside pas dans une énième tentative de rendre les postes attrayants ni dans l’invention de toute pièce d’une campagne qui aurait la prétention de plaire à tout le monde. Au contraire, le moment semble opportun pour repenser les modes d’implication au sein de l’association à partir des formes d’organisation des groupes qui la compose. Si ce sont les tâches administratives qui rebutent les gens à se présenter sur l’exécutif, celles-ci pourraient être divisées de manière concertée entre les groupes afin d’assurer minimalement le fonctionnement de l’AFESH. Chaque groupe pourrait, par exemple, avoir la responsabilité de déléguer une personne pour voir à l’administration transparente de base des ressources de l’asso. C’est un compromis que nous serions prêtes à discuter et à faire.

Des militantes du Comité unitaire sur le travail étudiant (CUTE UQAM)
Amélie Poirier
Mathilde Laforge
Sandrine Boisjoli
Anne-Sophie Hamel
Valérie Simard
Jeanne Bilodeau
Emmanuelle Boisvert
Adam Pétrin
Etienne Simard

* La photo représente une action du CUTE UQAM pour la rémunération des stages à l’École de travail social de l’UQAM, le 10 novembre 2017.

St-Henri : Quartier autrefois ouvrier, aujourd’hui gentrifié

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Mar 282018
 

De Dure Réalité

Ça fait maintenant 9 ans que j’habite le quartier St-Henri. Un quartier que j’adorais, jusqu’à ce que Corey Shapiro pis sa gang s’installent dans le hood v’là 4 ans de ça et se mettent à gentrifier la place! La construction de centaines de condos et de l’hôpital (CUSM) n’a pas aidé du tout non plus. Le nombre de restos de bobos s’est multiplié à une vitesse incroyable dans les dernières années. Aujourd’hui, j’ai décidé de faire le tour des restos qui se situent sur la rue Notre-Dame, entre les Fattals (Rue Saint-Rémi) et le IGA (Rue Du Couvent) – distance 1km – et de prendre en photo les menus pour démontrer le ridicule de ce que le quartier vit comme gentrification depuis une couple d’années. Certains restos étaient fermés, d’autres où j’voulais juste pas mettre les pieds là-dedans, du coup j’ai pris leurs infos sur leurs sites internes.

ADAMO PIZZERIA

Ce resto take-out a vu le jour il y a 2-3 ans à peu près. Quand ç’a ouvert, leurs pointes de pizza était 3,50$ et leurs pizzas 22$. Quand je suis passée aujourd’hui, une pancarte dans le resto indiquait que dû à une augmentation du prix des produits laitiers, le prix de la pointe augmentait à 4,50$ et celui de la pizza à 27$!!!!! Ça commence crissement à faire cher la pizz! Avant que ça ouvre, c’était un petit magasin d’ordinateurs usagés à de full bons prix qui était à cet endroit, avec un proprio super nice qui faisait des supers bons deals! Il a dû se relocaliser plus loin sur Notre-Dame à cause d’une augmentation drastique du loyer.

bobz 2

ARTHURS

Là, on touche la crème de la crème en matière de gentrification #2018; ce resto EMPESTE le parfum, autant à l’intérieur que sur la terrasse extérieure. Le trottoir est littéralement envahi, le samedi et dimanche après-midi, de bourgeois qui descendent de Westmount pour venir se payer du yogourt grec à 10$, une salade à 16$ ou encore un sandwich à la dinde pour la modique somme de 15$…….. Avant ce resto nauséabond, surgisse, c’était une petite librairie qui était là, avec des livres usagés à 1$ ou 2$, et un bol d’eau toujours sorti sur le trottoir pour les chiens passants.

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CHEZ LAVIGNE

J’ai aucune idée de si Lavigne est le nom du ou de la proprio, mais chose certaine, il/elle devrait réviser ses skills de marketing! Ce resto est vide le 9/10 du temps. Déjà, coté esthétisme, quand on regarde ce resto on n’a pas trop envie de rentrer à l’intérieur… Mais lorsqu’on a pris connaissance du menu affiché dans la fenêtre, bin on comprend vite pourquoi il y a pas un criss de chat qui va là : une entrée de courges à 11$, des pâtes maison à 17$ ou encore un tartare à 20$. Je n’ai aucune idée de ce qui était à cet endroit auparavant.

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RAMEN 9000

Bon, pas grand-chose à dire sur ce petit resto avec un seul comptoir et 4-5 sièges, à part que si tu veux te taper un bol de ramen pas si gros que ça (même très ordinaire comme format), à 15$, bin tu sais où aller… C’est loin d’être le bol de ramen le plus grandiose que vous aurez jamais bouffé; ce n’est que des ramen avec des champignons pis des fèves. À ce prix-là, vous pouvez vous faire au moins 3 litres de ramen maison. Ok, j’exagère peut-être un peu mais n’empêche… Pour des nouilles dans de l’eau c’est incroyable comme prix.

bobz 6

LE DÉFUNT JUICYYY LAB

L’histoire de c’t’affaire-là est tellement fucking nice et drôle, c’est ma préférée du lot! Le Juicyyy Lab, c’est le 2e truc que Corey Shapiro (un ti-criss qui a hérité de plein de cash et qui se promène en BMW plaqué or) a tenté d’ouvrir dans le quartier, il y a 3 ans, pis crisse que ç’a pas durer longtemps (un an). C’était un magasin de jus bio, servi sur place par deux personnes vêtues d’un suit de laboratoire blanc (pour accompagner le décor intérieur qui ressemblait littéralement à un laboratoire). Les jus se vendait entre 7$ et 10$ pour une petite bouteille. C’était vraiment pas populaire comme endroit…

Tellement pas populaire qu’à l’ouverture du magasin de jus, lors d’un party organisé par Shapiro sur la terrasse à droite du magasin, une gang de ninjas vêtus de noir, tel que décrit aux médias par ce dernier, l’ont aspergé de poivre de cayenne et ont pitché des bombes fumigènes sur la terrasse!!! ? Strike 1/3 Fucker!

bobz 7L’ARCHIVE

Tant qu’à parler de Shapiro, on va continuer de s’en plaindre en parlant de son ostie de magasin de lunettes. Des lunettes de soleil allant de 300$ à 2300$ et des bijoux allant de 200$ à 2000$ tapissent les vitrines… C’est le 3e magasin que Corey a ouvert, un peu après l’ouverture du Juicyyy Lab, et qui malheureusement existe toujours. Il y a 2 ans, les vitrines de son magasin avait été fracassées lors d’une action anti-gentrification. Les clients-e-s de ce magasin? Lady Gaga, Jay-Z et autres célébrités américaines. Mais voulez-vous bien m’dire c’que fout ce genre de magasin dans un quartier comme St-Henri?! Ç’a crissement pas sa place point barre. Monte la côte, vas installer tes mardes dans Westmount pis crisse nous patience icitte en bas.

 

LUDGER, LUPITA ET LE MAGDALENA

Ici j’fais un condensé de 3 restos bobos, parce qu’ils ont vu le jour pas mal dans la même période de temps et qu’ils n’ont rien de vraiment particuliers…. Saumon confit et plateau de fromages à 20$, sandwich à 11$…. Le Magdalena est en fait un bar à vin dont la bouteille varie entre 50$ et 100$…. Pis le pire c’est que j’vois du monde sortir de là bin saouls-e-s!!! J’serais curieuse d’aller fouiller dans leurs poubelles juste pour me faire une idée d’une facture de soirée!

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RUSTIQUE

Le Rustique, en gros, c’est un café pour étudiants-e-s bobos. Ce qui m’a frappé en regardant le menu, c’est bin l’encerclé avec le prix d’un gâteau à 60$… Et drette à côté de ça, une annonce de tartes à 25$!!!! J’ai pris une photo des dites tartes qui sont pas plus grosses que ma main ou à peine. Il y a 3-4 mois de ça, les proprios avaient loué le magasin d’à côté pour ouvrir Le Rustique Salé et vendre leurs tartes à cet endroit. Et bien, ç’a pas toughé pantoute leur affaire et déjà, les tartes salées sont de retour dans le présentoir du côté café. Je leur ai demandé s’ils-elles en vendaient beaucoup par semaine, ils-elles n’ont pas voulu me répondre et m’ont demandé de partir.

 

NOTORIOUS BARBER SHOP

Juste à lire le nom et à voir les photos, on peut déjà prévoir de qui je vais parler ici… Et oui, Shapiro again! Le Notorious, c’est un peu son empire. C’est le 1er truc qu’il a ouvert à St-Henri et son barber shop pogne en criss! La place est toujours remplie. Ce barber shop offre des coupes de cheveux à prix ridiculement élevées, et tu peux même te faire raser la barbe pour une coupe de cents piasses avec un rasoir plaqué or! Sur le site internet, on peut constater également que le Notorious vend des produits capillaires que seuls les bourgeois peuvent se payer (un rasoir à 70$ anyone?!). Bref une autre place qui pue que l’tabarnak, pis moé, perso à chaque fois que j’passe par là, j’me pogne avec un-e des frais-chiers de la place. Ses vitres avaient également été pêtées il y a une couple d’années. Shapiro est une sous-merde qui fait chier tout l’monde du quartier mais criss qu’il n’est pas con (à un certain point) : il laisse toujours sa BMW plaqué or parquée sous une caméra de surveillance quelconque.

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TACOS VICTOR

Il y a littéralement une guerre entre les restos de tacos de St-Henri. On en n’avait pas un criss avant, pis là on est rendu avec 3 restos de tacos dans un périmètre de 50 mètres. Quand ce resto a ouvert, un tacos se vendait 2,50$. J’mattendais à skipper ma visite chez Tacos Victor considérant le prix relativement cheap du tacos, mais finalement j’ai bien fait de m’arrêter parce que leurs tacos sont rendus à 6,50$ l’unité, pis c’est pas comme si le prix du loyer avait augmenté… ce resto s’est installé après la gigantesque hausse de loyer que les commerces ont subit. Au début, tout le monde allait manger là-bas étant donné que c’était un des rares restos accessible aux citoyens-ennes de St-Henri, asteur, ça m’étonnerait pas que la place finisse par fermer..

 

TRAN, TEJANO ET TEQUILA BAR

Bon ici je refais un condensé de 3 restos parce que sinon ça va finir avec un article de 10 pages. Le Tran est un resto/cantine vietnamien avec du riz à 15$ et un banh mi à 9$! Autrefois, c’était une petite buanderie familiale full sympathique qui était à cet endroit. La buanderie avait fermé à cause de l’augmentation du loyer. C’était une petite épicerie de fruit et légume qui devait ouvrir mais qui n’a jamais vu le jour.

Le Tejano est un resto de burritos qui, lors de son ouverture, vendait un burrito 8$ et maintenant c’est rendu 11$!!!!

Le Tequila Bar est une autre place à Tacos au prix élevé de 12$ le tacos et 14$ le Quesadilla. Avant, c’était un petit dépanneur qui était à cet endroit.

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UNIBURGER

Je vais toujours me rappeler l’excitation que le quartier avait quand on a su qu’une place à burger allait ouvrir dans le quartier! Non mais c’est vrai, y’en a marre des tacos pis des sandwichs… À son ouverture, il y a 6 mois, c’était une file d’attente qui sortait du resto qu’on pouvait apercevoir. Ça n’a pas duré très longtemps (3 jours)! 6,50$ pour un burger???!!! Tu me fucking niaises?! Vous direz que c’est surement fait avec de la viande de bison ou j’sais pas quoi… Bin non, un burger bin plate, bin normal pis qui goûte la même affaire que chez A&W.

CONCLUSION

Tout d’abord, j’ai écrit, à la base, cet article pour me permettre de ventiler parce que oui, j’en ai gros sur le cœur! J’m’ennuie de mon quartier, bon. C’est pus la même affaire. J’ai décidé à la finale de publier cet article pour Dure Réalité, car c’est les deux mots qui me martelaient le cerveau pendant ma marche.

Y’a des flics partout qui font chier, des bourgeois-e-s envahissant-e-s prêts-e-s à nous dire quoi faire, un chantier de construction (l’échangeur Turcot) qui nous martèle le marteau-piqueur 24/7 et qui nous fait baigner dans la poussière, et en gros juste une atmosphère très très très lourde dans le quartier. Je crois sincèrement que plus personne ne se sent chez lui/elle.

Sur une distance de 1km, c’est au total 21 restos/magasins que j’ai dénombrés, et sur ce total, il y en a que 2-3 qui offre encore des prix raisonnables comparés aux autres; sandwich à 7$, pizza à 12$…

Un graffiti a commencé à apparaître depuis 2 ans dans le quartier, créatioon de Listen : Did we lose St-henri?

Criss oui.

Fuck you, Fuck votre Cour, Fuck la Couronne et la Reine que vous servez : Réponse à la sentence de ceux ayant fermé la Ligne 9

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Mar 232018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info. Le lien de la levée de fonds est au bas de la page.

Le 18 décembre 2017, deux camarades anarchistes ont été condamné-es pour le rôle qu’il.les ont joué dans l’action directe de 2015 ayant fermé la Ligne 9 d’Enbridge. Leur groupe affinitaire a accompli cela en fermant physiquement une valve manuelle, ce qui a prouvé qu’il est possible de fermer des oléoducs de manière sécuritaire. Cette action, la première en son genre, a inspiré une vague d’actions similaires, dont l’une ayant fermé 5 pipelines simultanément dans 4 différents états.

Au moment d’annoncer la sentence de Fred et Will, le juge a jugé approprié de semoncer les défendants. « Vous êtes convaincus », a-t-il dit, « que c’était correct ». Il a poursuivi en comparant l’action des activistes, qui n’a blessé aucune entité physique, avec des attaques terroristes comme celle de l’attaque à la bombe du Marathon de Boston ou le massacre du Bataclan à Paris. Le point commun entre ces actions consiste dans le fait de leur motivation idéologique. Le juge a poursuivi en faisant référence à un homme allemand dans les années 30 qui était persuadé de la justesse de sa cause.

Eh bien, nous pouvons nous aussi jouer à ce petit jeu. Si la condamnation qui suit semble exagérément cinglante, gardez en tête que ce fucking juge a comparé notre camarade à fucking Adolf Hitler.

Ce juge représente la même Couronne qui est responsable d’atrocités bien pires que l’attaque à la bombe du Marathon de Boston ou les actes des tireurs du Bataclan. Le système génocidaire des écoles résidentielles a été présidé par de nombreux juges, et le coût humain de ce système est bien plus grand que les actes terroristes cités par le juge. Comment osez-vous réprimander nos camarades, comme s’ils étaient des enfants perdus, pour avoir désobéi à votre Loi, alors que de bien plus grandes atrocités ont été commises par des gens qui avaient pour arme cette même Loi? C’est votre code moral, pas le nôtre, qui est malade et naïf.

Vous êtes vieux, et ne vivrez pas assez longtemps pour voir l’étendue du cataclysme à venir avec le changement climatique, de même que les crises politiques et économiques qui en seront la conséquence. Pour ceux et celles d’entre nous qui devrons vivre avec les conséquences de l’échec de votre génération à adresser la crise écologique, nous ne pouvons tolérer le viol quotidien de la Terre Mère entrepris par Enbridge et compagnie. Comment osez-vous nous gronder d’avoir agi pour défendre notre avenir? C’est notre avenir qui est systématiquement appauvri depuis des siècles par l’écocide sanctionné par l’État. Nous réprimanderiez-vous de désirer léguer un monde vivable à ceux et celles qui viendront après nous? Aimeriez-vous plutôt que nous nous apitoyions sur notre sort sans espoir et impuissant-es, avec pour seule option de regarder se détériorer toujours plus la toile de vie dont notre survie dépend? Les canaux politiques que vous souhaiteriez nous voir employer ont clairement prouvé leur inaptitude à adresser la crise planétaire. Alors désirez-vous que nous disions « tant pis » en haussant les épaules? Ou que nous gaspillions nos vies à la poursuite de « solutions » sanctionnées par l’État qui échoueront certainement? Comment osez-vous vous poser en champion de la morale et de la bonne conscience, vous qui vivez dans le luxe alors que la sixième extinction de masse s’accélère vertigineusement? Qu’avez-vous fait pour mettre un frein et inverser les dommages que cette civilisation inflige à la terre année après année?

Fuck you, vieille merde. Nous essayons de réparer les dommages de votre génération. Nous essayons de cautériser les blessures de ce monde avant qu’il ne soit trop tard. Comment osez-vous nous reprocher nos actions? Dans votre lecture absurde, vous comparez Frederick Brabant à Hitler, parce qu’ils croyaient tous les deux à une cause. C’est une insulte à mon intelligence d’honorer vos propos d’une réponse, mais puisque l’on doit s’abaisser à votre niveau, voilà: l’élection d’Hitler était légale, les actions de ceux qui ont protégé les juifs et autres indésirables de l’Holocauste étaient illégales. Il était légal pour les propriétaires d’esclaves de les flageller, le Chemin de Fer Clandestin était hors-la-loi. Le système d’écoles résidentielles était légal, les cérémonies traditionnelles autochtones étaient interdites. C’est un abaissement idiot de la faculté de raisonnement humaine de faire équivaloir légal avec juste, illégal avec injuste. La loi, dans chaque pays, est créée par la classe dirigeante de ce même pays, en accord avec les intérêts et les inclinations de cette classe. Que vous soyiez aveugle à cette évidence démontre une pauvreté d’imagination que vous devriez avoir honte de montrer en public. Ce que vous dites, effectivement, c’est que la Force fait le Droit, et ce faisant vous vous positionnez en compagnie spirituelle des juges d’une infinité de régimes oppressifs, vous légitimez la terreur et la torture en défendant la Loi. Ainsi je vous dis : en condamnant nos camarades, vous étiez convaincu d’avoir raison, tout comme l’était le juge ayant condamné à mort les chefs Tsilqotin. Ou les lèches bottes qui ont ordonné l’éviction d’Africville et la déportation des Acadiens. Ou ceux ayant mis en place les Mesures de Guerre lors de la Crise d’Octobre. Ou qui ont demandé aux travailleurs chinois migrants de payer une taxe d’entrée au risque d’être déportés. Ou ceux qui ont donné l’ordre que les descendants des japonais soient internés dans des camps durant la Seconde Guerre mondiale. Chacun de ces hommes, pouvons-nous supposer, croyait qu’il faisait la juste chose. Mais ce n’était pas le cas.

Nous croyons que viendra le jour où les gestes des protecteurs-trices d’eau seront vu sous le même jour que ceux et celles ayant combattu l’esclavage et la conquête impériale il y a de cela plusieurs générations. Plus encore, même si nous sommes reconnaissants que notre activisme reçoive un joyeux support, nous n’avons nul besoin de l’approbation de la société normale. Nous ne reconnaissons nulle autorité plus grande que nous-mêmes, et nous continuerons d’agir en accord avec les aspirations de nos esprits pour la liberté et la dignité. Nous continuerons à nous battre pour défendre la Terre Merre, pour les futures générations et chacune de nos relations, au diable les conséquences.

Et ne vous trompez pas – notre mouvement grandit. Ceux et celles qui gardent un œil ouvert le savent déjà – le reste d’entre vous le verrez bien assez tôt.

Que le soleil se couche sur tout ce que vous représentez, et alors que votre génération se meurt, que meure avec vous l’idéologie ridicule que vous avez épousée sans honte. Fuck you, Fuck votre Cour, Fuck la Courronne et la Reine que vous Servez. Que le jour approche où toute croyance en leur caractère sacré s’efface des mémoires et où les humains honorent à nouveau le vivant plutôt que vos abstractions mortes. Alors seulement serons-nous capable en tant que peuple de parler sérieusement de justice.

En l’honneur de feu notre camarade Jean Léger, nous déclarons : ON LÂCHE RIEN.
On lâche pas.

pour le monde sauvage

la brigade Pukulatamuj de la Fédération Anarchiste Imaginaire

Nos camarades font présentement une levée de fonds pour payer les coûts de leur procès. S’il-vous-plaît allez visiter leur page de socio-financement, ici :

https://www.youcaring.com/frederickbrabantwill-1047438

 

Entrevue avec un organisateur.ice antifasciste à Montréal

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Mar 232018
 

MTL Contre-info a envoyé quelques questions à des personnes impliquées dans les activités anti-fascistes en cours, pour adresser certaines idées fausses qui circulent communément à propos de ces luttes. Voici ce qu’il.les avaient à dire.

Pouvez-vous me parler de l’organisation anti-fasciste à Montréal et de son rôle, particulièrement ces temps-ci ?

L’activisme anti-fasciste a une longue histoire à Montréal, qui remonte jusqu’aux années 1980. Mais avant 2017, les choses avaient été relativement tranquilles pendant quelques années, la plupart des activités ne se déroulant pas de façon publique.

L’extrême droite s’est enhardie à la suite du massacre raciste à Québec le 27 janvier 2017. Ils ont commencé à prendre la rue et à s’organiser avec une énergie sans précédent. Ainsi, plusieurs d’entre nous ont commencé à s’organiser de explicitement selon des principes anti-fascistes.

Le rôle de l’anti-fascisme est d’exposer et de neutraliser la menace que pose l’extrême-droite. Il s’agit de supporter les communautés et les individus visé.es par l’extrême-droite. Ultimement, il s’agit de supporter et de se joindre à ceux et celles qui se battent contre ce qui est à la racine de l’extrême-droite, c’est-à-dire, dans le contexte canadien, le racisme, le patriarcat, le colonialisme et le capitalisme.

Pourquoi est-il important de combattre le fascisme aujourd’hui ?
Depuis que six personnes ont été tuées et dix-neuf sérieusement blessées par un tireur raciste à Québec plus tôt cette année (2017), l’extrême-droite est sortie de l’ombre et essaie de gagner en légitimité en tant que force politique dans la société québécoise. Ce qui se passe ici s’inscrit dans une plus tendance large, qui a franchi une étape importante lors de l’élection de Donald Trump et que nous voyons à l’oeuvre à travers les pays historiquement racistes d’Europe et d’Amérique du Nord, alors que la crise économique provoque une avalanche de racisme blanc.

L’enjeu, c’est que les solutions proposées par le fascisme — blâmer les immigrants, les Juifs et les personnes de couleurs — ne font que détourner l’attention de la cause réelle des problèmes vécus par les gens, à savoir un système économique injuste et une austérité grandissante.

L’Histoire montre que si nous ne combattons pas efficacement l’extrême-droite, les gens finissent par mourir. Les enjeux sont élevés et nous n’avons pas l’intention de rester les bras croisés pendant que les choses empirent.

Quelles sont les idées fausses répandues à propos des Antifa ?

Les gens politiquement ignorant-es croient que nous sommes la cause derrière la montée de l’extrême-droite. On devrait pouvoir régler cette question en jetant un simple coup d’oeil à ce qui est arrivé en premier.

L’extrême-droite croit que nous sommes secrètement payé.es par George Soros ou par le gouvernement. Alors que la plupart des gens trouvent cette idée ridicule, elle s’aligne bien avec la façon dont l’extrême-droite a toujours expliqué les choses, c’est-à-dire en situant des forces obscures ou quelque Juif millionaire étranger comme étant à l’origine de tout ce qu’il.les n’aiment pas.

Les gens de gauche croient parfois que nous ne sommes intéressé.es que par la violence ou que les attaques sur les nazis constituent la totalité de ce dont nous nous soucions. C’est une autre idée fausse : nous sommes en fait souvent des gens qui sont aussi impliqué.es dans des activités moins sensationnalistes, luttant contre les coupures du gouvernement, la brutalité policière, le racisme ainsi que d’autres aspects de la vie régie par le capitalisme.

Plusieurs sont confus.es et pensent qu’il existe une organisation appelée « antifa ». En fait, « antifa » n’est que le mot médiatique de l’heure, une contraction allemande du mot « anti-fasciste ». Depuis l’élection de Donald Trump, on a vu la prolifération de groupes anti-fascistes à travers l’Amérique du Nord, ce qui est une bonne chose. Mais, pour le meilleur ou pour le pire, il n’existe pas d’organisation unitaire, ni même de réseau incluant tous ces groupes ou d’idéologie unique à laquelle nous adhérons tous et toutes. Il s’agit d’un mouvement de masse et, comme tous les mouvements de masse, il ne peut être réduit à une seule entité.

Une autre forme de confusion qu’il vaut la peine d’adresser réside dans la raison pour laquelle certain.es d’entre nous portent des masques pendant les manifestations. Ce n’est pas un uniforme, c’est une simple précaution, prise à la fois contre le potentiel d’arrestation et contre la vengeance de nos opposant.es. Ce n’est pas tous les anti-fascistes qui portent des masques et toute personne portant un masque ne s’identifie pas nécessairement d’abord comme anti-fasciste.

Selon vous, quelle menace posent les groupes anti-immigrants qui semblent gagner en force au Québec (et ailleurs)?

Ces groupes posent une menace, mais il faut être clair : ils n’existent de façon significative que parce que, depuis des années, des politicien.nes conventionnel.les et des personnalités médiatiques préparent le terrain à leur racisme agitateur. Ce n’est pas une coïncidence si la Meute a été fondée par des hommes qui avaient été envoyés pour faire la guerre en Afghanistan. Ce n’est pas une coïncidence si cette organisation est devenue si importante dans la province où une « Charte des Valeurs » avait été proposée par le gouvernement et est presque devenue loi. Ces groupes ne sortent pas de nulle part and les prendre au sérieux nécessite de les considérer à l’intérieur d’un contexte plus large.

Les organisations d’extrême-droite dégagent un espace politique pour les idées racistes et d’exclusion à travers le spectre politique. En comparaison, le racisme des politicien.es conventionnel.les semble soudainement « modéré ». Pendant tout ce temps, ces dernier.es agissent comme des chambres d’incubation pour les individus et les groupes plus extrémistes.

À un niveau humain de base, concrètement les coûts peuvent être élevés. Six personnes se sont fait prendre leurs vies à Québec, en janvier ; quel est le message envoyé lorsque des centaines de membres de la Meute prennent la rue moins de sept mois plus tard ? Les réfugié.es au stade olympique sontsujets à l’intimidation par le groupe néo-nazi Atalante. Les gens qui traversent la frontière doivent faire face à la possibilité que des organisations de pacotille comme Storm Alliance soient présentes pour les intimider. Voilà plusieurs exemples de la violence contre laquelle nous nous battons.

Quel est votre rôle dans la riposte face à ces groupes, particulièrement à Montréal et dans la province de Québec ?

Nous avons l’intention d’exposer et de neutraliser cette menace. Nous allons documenter et révéler les liens entre les organisations, incluant les liens qui seraient autrement gardés à l’abri du regard du public. Par exemple, le néo-nazi Shawn Beauvais-MacDonald, qui était un des responsables de la Meute, a assisté au récent rassemblement haineux de Charlottesville. Ou alors l’implication de racistes derrière le scandale de fake news à propos de musulmans dans un zoo populaire, il y a quelques mois. Ou bien les suprémacistes blancs avoués qui étaient derrière la tentative de manifestation anti-réfugié.es du stade olympique du 6 août, que les gens ont réussi à empêcher.

Sur le terrain, quand les racistes tentent d’agir, nous avons comme objectif d’être physiquement présent.es pour faire ce qui est nécessaire afin de les en empêcher.

Si vous voulez en apprendre davantage sur ce que nous faisons, nous vous encourageons à consulter régulièrement les sites web Montréal Contre-Information et Montréal Anti-fasciste.

Que pensez-vous de la manifestation du 20 août à Québec et du narratif des médias de masse selon lequel les actions des contre-manifestant.es pourraient contribuer à produire un effet inverse sur la cause ?

La manifestation de la Meute à Québec était la plus grande manifestation d’extrême-droite à avoir lieu au Canada depuis les années 1930. Il faut assumer la réalité.

Notre travail était d’empêcher la Meute de prendre la rue. Il.les se sont caché.es pendant toute la journée derrière la police, dans un garage, et ont attendu que nous soyons parti.es pour marcher rapidement autour du bloc. Évidemment, la prochaine fois, nous devrons rester plus longtemps.

L’Absurdité du monde: Les Frontières

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Mar 182018
 

Du SITT-IWW

Les frontières et leurs histoires

Aujourd’hui je vous parle des frontières et je pars déjà en étant en beau maudit suite à la déportation du camarade Éléazar du Canada, hein, le plusse beau pays du monde. En plus, il habitait dans la merveilleuse ville « sanctuaire » de Denis Coderre, faudrait peut-être le dire à ses chiens du SPVM que Montréal est supposément une ville sanctuaire, parce qu’ils continuent à livrer des sans papiers au gouvernement canadien. De la bonne vieille bullshit libérale.

Le problème c’est ça, un moment donné, à la fin du moyen-âge, les royaumes ont pris de l’expansion et ont commencé à se transformer en États. Pis le capitalisme est arrivé et pour fleurir véritablement, il avait besoin d’un État fort. Pis un État, bin il faut que ça gère un territoire, on a donc commencé à créer artificiellement des frontières pour délimiter ce qu’on a appelé les États nations (une nation par État.) Bien qu’on sache dès le début que le concept d’État nation est de la pure bullshit, ça n’a jamais empêché le système en place de nous le vendre comme une vérité naturelle. Des pays comme la France, l’Italie, l’Espagne sont formés par toutes sortes de petites peuplades avec des dizaines de langues différentes annexés par la force armée. Et que dire du Canada ? On est sensé croire que les francophones, les anglophones et les dizaines de nations autochtones différentes, on forme un beau grand État-nation ?

Bref, l’État nation, c’est d’abord et avant tout, une police, une armée, une douane et d’autres forces répressives qui contrôlent un territoire donnée au nom du capitalisme. Ça crée évidemment des guerres frontalières avec des zones disputées par différents pays. On n’a qu’à regarder ce qui se passe en Ukraine pour se convaincre avec une situation actuelle. Et qui dit dispute territoriale, dit souvent guerre aussi. Et qui dit guerre dit généralement milliers de personnes de la classe ouvrière qui s’en vont se battre contre d’autres milliers de personnes de la classe ouvrière pour les intérêts bourgeois et nationaux qui leur sont complètement étrangers. Ha c’est beau la nation !

Les frontières et l’intolérance

Ça crée aussi toutes sortes de phénomènes, comme le nationalisme. Tsé, ce sentiment de fierté envers notre état nation ou encore un état-nation nouveau qu’on pourrait créer grâce à un mouvement indépendantiste. Comme on dit souvent au PQ, On va l’avoir notre pays ! Encore une fois, on mobilise des gens de la classe ouvrière en leur faisant croire qu’ils ont plus d’intérêt commun avec leurs patrons québécois qu’avec les travailleurs et travailleuses qui ne parlent pas la même langue qu’eux. Parce que comme on dit souvent au PQ, l’exploitation, EN FRANÇAIS SVP ! Pas pour rien d’ailleurs que ce parti a finit avec le boss d’une des plus grosses business du Québec, doublé d’un des patrons les plus trou-de-cul comme chef.

Un autre phénomène qui rime aussi avec nationalisme, c’est le concept de xénophobie, qui devient une hostilité à ce qui étranger à sa nation, et ça aussi on est familier avec ça au PQ avec sa charte des valeurs, et comme on a pu le voir cette semaine, son opposition à une commission sur le racisme systémique au Québec. Un peu partout en occident, on voit une montée de la xénophobie avec une peur irrationnelle d’être envahi par des méchants réfugiés qui se font bombarder ou qui crèvent de faim dans leur pays. Pis leu plus drôle là-dedans, c’est qu’on entend des rednecks québécois nous dire qu’on va se faire envahir à cause de l’immigration. Hey ! Comme si les français étaient pas débarqués ici en envahissant les premières nations, et comme si le Canada avait toujours été peuplé par des personnes blanches d’origine européenne. Louis Riel doit se revirer dans sa tombe.

Les frontières et le capitalisme

Si on continue encore la marche de l’histoire des frontières on arrive aux années 1980 ou commence à émerger l’idée des traités de libre-échange à grande échelle et, par conséquent, la suppression des frontières pour ce qui est de la circulation des marchandises. Ces programmes de libre-échange nous étaient d’ailleurs vantés par nul autre que Jacques Parizeau et Bernard Landry, anciens premiers ministres du Québec et chef du… Parti Québécois ! Ce qu’on doit en retenir, c’est que d’avoir du libre-échange avec des pays où le salaire minimum est à moins de 2$ de l’heure et donc de délocaliser la production dans ces pays parce que ça coûte moins cher aux patrons, c’est une bonne chose. Mais pas question que les humains, eux, puissent circuler librement dans ces zones. Oh que non ! La marchandise, oui, les humains, qu’ils mangent de la marde.

Des dizaines d’années après l’implantation de ces politiques de libre-échange, on se rend bien compte que nos salaires et nos conditions de travail n’ont simplement pas évolué alors que les marges de profits des entreprises, elles, ont grimpé comme jamais auparavant. Bref, les seuls à qui profitent ce genre de politique, ce sont les patrons, les actionnaires et les banquiers.

Le syndicalisme ne sera pas restreint par les frontières

Ce qu’il faut retenir de tout ça, c’est qu’en tant que travailleurs et travailleuses, nous devons avoir une vision internationaliste de notre lutte. Les systèmes qui nous oppriment, dont le capitalisme, sont internationaux et se foutent bien de la religion ou de la couleur de cheveux de la personne opprimée. Nous aurions un bien meilleur rapport de force si nous étions uni-e-s, en tant que classe ouvrière, au niveau international qu’en se vautrant dans la xénophobie et le nationalisme comme Rambo Gauthier, par exemple. Quand on pense, par exemple, à une multinationale bien de chez nous, comme Bombardier, qui n’a aucun scrupule à voler l’argent public ici, délocaliser ses emplois au Mexique pour finalement augmenter les bonus des dirigeants. N’aurions nous pas tout à gagner à nous allier avec les employé-e-s des usines mexicaines de Bombardier pour augmenter le rapport de force face à cette compagnie ? Tout le monde y gagnerait, les employés d’ici, les employés du Mexique et les contribuables en général.

Bref, les xénophobes et autre nationalistes ne cherche qu’à nous faire adhérer à un système dans lequel nous avons des intérêts communs avec des patrons québécois. Nous n’avons rien en commun avec un quelconque patron, peu importe sa nationalité. Par contre, nous avons beaucoup en commun avec les travailleurs et travailleuses de partout dans le monde. Ne nous laissons pas berner, la solidarité syndicale ne doit pas connaître de frontières, car nos oppresseurs n’en connaissent pas. Ripostons coup pour coup aux multi-nationales. Souvenons-nous que nos grèves seraient beaucoup plus rapidement gagnées si quand une usine se met en grève dans une entreprise, des dizaines d’autres suivent en solidarité partout dans le monde.

Éric Sédition, pour Action en direct.

Crédit photo: https://commons.wikimedia.org/

De La Passe à l’Impasse

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Mar 052018
 

De Littoral

Une lettre du collectif de l’Impasse

Pour donner suite à l’annonce de notre départ des locaux que nous occupions au sous-sol de l’église Saint-Enfant-Jésus, de notre séparation de la Médiathèque littéraire Gaëtan Dostie et du changement de nom du collectif forcé par cette situation, nous tenons à communiquer quelques lignes sur les dynamiques qui ont mené à ce mouvement précipité. Si la Passe a survécu une expulsion déjà, c’est grâce aux gens qui n’ont jamais cessé de croire en ses possibles – et qui nous ont motivés à persister, contre vents et tempêtes.

La Passe a toujours été une drôle de machine : tantôt librairie, tantôt atelier, tantôt lieu de concerts, de lectures ou commissaire d’expositions. Ses contours flous, son caractère bigarré et mouvant appartiennent à son essence même, qui est de se risquer dans le rassemblement de l’hétéroclite et les paris les plus improbables; dont le plus important est sans doute de tenir au caractère indissociable de ce qu’on appelle « l’art » et « le politique ».

Ce pari avait donné lieu à une effervescence palpitante au 1214 de la Montagne, où une contre-culture battante s’était installée au beau milieu d’un musée littéraire. Lorsque la commission scolaire de Montréal, sans doute inquiète de voir son bâtiment investi par ce joyeux bordel, a entrepris de nous foutre à la porte, nous avons fait le pari de poursuivre cette composition qui, bien que contingente, ouvrait des espaces dans lesquels nous n’étions pas redevables envers les institutions dominantes.

Lorsque nous avons été contactés par un prêtre de l’Église Saint-Enfant-Jésus du Mile-End, nous étions à la fois curieux et dubitatifs. L’institution catholique fut historiquement l’ennemie principale de tout ce qui nous tient à cœur – il y a 50 ans à peine, elle nous aurait mise à l’index. Mais voilà, elle est aujourd’hui décrépie et désertée, et en tant que vestige d’une forme de pouvoir archaïque, elle demeure l’une des seules poches institutionnelles – et propriétaire d’ô combien de bâtiments – où l’exigence de la valorisation capitaliste n’est pas surdéterminante. À l’heure où même le Divan Orange et le Cagibi n’arrivent plus à payer leur loyer, il nous fallait tenter cette aventure risquée, et installer nos quartiers grévistes en terrain hostile.

Sans pour autant jouer aux enfants de chœur, nous avons tenté d’y aller « de bonne foi ». Nous avons organisé le déménagement de l’ostie de shitload de boîtes de la collection Dostie, nous avons fait les rénovations minimales dans ce sous-sol glauque qui nous était offert à rabais. Et nous avons rapidement commencé à faire ce pour quoi nous avions bougé là : organiser des lancements de bouquins, des concerts, des shows de théâtre, des événements féministes, écologistes, militants, trans/queer et de belles fêtes. Rien de surprenant, quoi.

Eh bien non : il a vite fallu se rendre à l’évidence que le terrain était non seulement moisi, mais miné de toutes parts. Nous avons fait l’expérience des restes agonisants d’une forme de surveillance paternaliste qui nous reprochait exactement ce que nous voulions faire. À chaque pas, la réaction se manifestait en proportion à notre vitalité : on nous reprochait par-dessus tout de vouloir devenir un lieu de passage

En dépit de tout cela, nous avons décidé de persister encore un peu, en hébergeant un concert-bénéfice pour le fonds légal de Junexit – le blocage des infrastructures d’exploration pétrolière près de Gaspé, l’été dernier. Ce fut un événement extraordinaire, avec une ambiance électrisante et près de 400 personnes. En début de soirée, néanmoins, les flics sont venus pour faire savoir qu’ils avaient l’événement à l’œil. Nous savions qu’ils suivent le dossier, précisément du fait du succès de cette lutte cruciale pour la protection du territoire.

Quelques semaines plus tard, le couperet est tombé : l’Église, réalisant que nous ne faisions pas que de la musique de chambre, nous a demandé de justifier pourquoi nous utilisions le sous-sol pour organiser des activités politiques, et non pas exclusivement culturelles, et nous en barrèrent l’accès jusqu’à nouvel ordre. La police les avait vraisemblablement « prévenus » de nos perspectives politiques, et ont entrepris d’effrayer les curés – ce qui n’est manifestement pas bien difficile.

Dans ce contexte de méfiance et d’intimidation policière, nos partenaires, soucieux de conserver leurs acquis, se sont empressés de se désolidariser de la Passe, trahissant les idéaux contre-culturels d’un passé muséifié en prenant peur devant les manifestions actuelles de cette révolte. Devant ce retour de la Sainte-Alliance nationalo-cléricale – qui aurait vu Gauvreau se retourner dans sa tombe et Lionel Groulx s’en frotter les mains – la Passe ne pouvait que décider de sacrer le camp : to hell with it!

Ce qu’on nous reprochait, c’est notre refus de séparer lutte politique et création artistique. Or c’est justement la force de ce lien, son caractère inséparable, qui nous rassemble : que l’expérimentation apparaisse comme une zone fertile où art et politique se mêlent. Cette décompartimentation des catégories qui séparent l’action radicale des formes esthétiques, nous ne la lâcherons pas, n’en déplaise aux polices politiques de tout acabit, anarcho-puristes inclus.

Merci à toutes celles et ceux qui nous ont supportés durant ces mois de transition. Malgré les pointes d’amertume que cette histoire nous a laissées, elle aura tout de même permis d’accueillir bon nombre d’événements et de belles fêtes. En attendant de trouver un lieu propice (vos bons plans sont bienvenus!), l’Impasse prendra la forme d’une série d’événements itinérants.

Nous avons tenté de trouver, à travers notre passage dans deux bâtisses délabrées portées par des institutions en ruine, une zone hors marché, un petit havre en dehors des mailles des filets de la gentrification. Devant l’impasse à laquelle nous faisons face, nous avons décidé d’en faire notre nom, et de reprendre nos recherches pour ouvrir un nouvel espace autonome à Montréal. La Passe est morte, vive l’Impasse!

Communiqué après le dernier article de La Presse sur Montréal Contre-Information

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Jan 292018
 

De MTL Contre-Info

Montréal Contre-Information est une plateforme de diffusion autonome qui reçoit plusieurs soumissions anonymes ainsi que des textes diffusant les idées anarchistes de différentes tendances. Nous ne condamnons en aucun cas ce qui est publié sur ce site. Nous ne sommes pas les auteurs des soumissions envoyés à ce site.

Hier soir un article dans le journal La Presse nous apprenait que le SPVM enquêtait sur le site web afin de tenter de remonter aux auteurs de différentes actions qui ont ensuite été communiqués sur Montréal Contre-Information. Il s’agit du deuxième en l’espace de quelques mois. Tout ce cirque, qu’il soit médiatique ou policier tente d’isoler les idées qui sont derrière Montréal Contre-Information, on cherche  à instiguer la peur chez les gens qui consultent le site web pour ainsi rendre la diffusion d’informations subversives plus difficile à travers internet ou les réseaux sociaux.

Plusieurs craintes ont été émises par rapport à la page Facebook : « le SPVM a demandé l’ensemble des données de connexion (adresses IP) depuis la création du profil Facebook associé au site afin de maximiser ses chances d’identifier le ou les internautes qui le gèrent ». Ce n’est pas parce que le SPVM lance une campagne de peur que nous allons céder à la pression et fermer la page. Nous pensons que plus il y a de gens qui consultent la page plus le risque de répression sera diffus. En utlisant Facebook le but est de justement pouvoir aller atteindre plus de gens qui ne sont pas nécessairement dans les sphères militantes. Ne cédons pas à la panique, ce serait jouer le jeu de la répression.

N’oublions pas non plus que ce sont les grands médias qui contribuent grandement à cette campagne de peur qui vise à démoniser le site web. Et bien certainement les journalistes s’abreuvent des campagnes policières et continuent à demander des arrestations pour pouvoir remplir leurs chroniques.

Solidairement,

Montréal Contre-Information

 

Appel pour présentations: La Conférence du Réseau d’études anarchistes d’Amérique du Nord

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Jan 142018
 

Du Réseau d’études anarchistes d’Amérique du Nord

1-2-3 juin 2018, à Tiotia:ke (Montréal, Canada)

Le Réseau d’études anarchistes d’Amérique du Nord attend votre proposition de présentation pour notre 9ième conférence, qui se déroulera les 1-2-3 juin 2018, à Tiotia:ke, aussi connu sous le nom de Montréal, au soi-disant Canada.

En accord avec l’esprit fluide de l’anarchisme, nous ne limitons pas l’appel à des sujets spécifiques de discussion ; nous encourageons, au contraire, à soumettre des propositions de présentation sur des sujets diversifiés, qu’ils soient historiques, d’actualité ou utopiques.

La Conférence du Réseau d’études anarchistes d’Amérique du Nord espère accueillir des projets qui porteront sur des sujets comme l’indigénisme, l’ethnicité, le genre, le capacitisme, la sexualité, les cultures jeunes et urbaines, le tout dans un croisement d’approches et de champs d’études, y compris (mais pas seulement) la philosophie, la théorie politique, la psychologie, la musicologie, les études littéraires, l’anthropologie, la sociologie, la géographie, les études critiques du racisme, les études critiques indigénistes, les études trans et queer, les études de genre, les études sur le travail, les études sur la capacitisme, les arts visuels, plastiques et le design graphique. Nous encourageons aussi les spécialistes des sciences « dures» et de tous les champs d’études de discuter de l’influence et de la pertinence de l’anarchisme dans leur domaine.

Lors d’éditions précédentes, la Conférence a accueilli des présentations au sujet de l’histoire, des luttes populaires, des mouvements sociaux et paysans, de la décolonisation et de la résurgence indigéniste, des frontières et de l’impérialisme, du racisme, de la violence policière, de la torture, de la surveillance, de la technologie, de la contre-culture anarchiste ainsi que des biographies et des récits oraux.

Nous espérons offrir l’occasion d’entendre des voix de militantes et militants, d’artistes et d’universitaires. Le Réseau d’études anarchistes d’Amérique du Nord (North American Anarchist Studies Network— NAASN) est engagé dans la production de la connaissance à la fois à l’intérieur et à l’extérieur des murs des institutions. Nous espérons tout particulièrement inclure des voix et des perspectives marginalisées, et encourager à effacer les frontières entre les disciplines ainsi qu’entre les universitaires et les non-universitaires et même les anti-universitaires. De la rue à la salle de séminaire, nous encourageons toute personne intéressée par la praxis de l’anarchisme à soumettre une proposition.

Le Réseau d’études anarchistes d’Amérique du Nord se veut un espace où l’étude et la résistance peuvent converger sur l’Île de la Tortue (ou l’Amérique du Nord). Nous prendrons en considération les propositions de tables rondes, de présentations individuelles, d’ateliers, de discussions au sujet d’un livre, ainsi que les propositions d’autres formes d’activités.

POUR SOUMETTRE UNE PROPOSITION, OU POUR PLUS D’INFORMATION (vous pouvez
écrire en français): naasn2018@riseup.net

S’il-vous-plaît, assurez-vous d’inclure dans votre proposition:

Un résumé (pas plus de 300 mots — maximum).

Une courte biographie (150 mots).

La langue dans laquelle se déroulera l’activité (pour nous aider à prévoir la traduction simultanée).—> Les langues d’usage sont l’anglais, l’American Sign Language (ASL)l’espagnol, le français et la Langue des signes du Québec (LSQ).

Présence : nous avons conscience des limites qui représentent la distance (transport) et les frontières étatiques. Si vous pensez ne pas pouvoir être sur place en personne, n’oubliez pas de nous en informer dans votre proposition ; si votre proposition est retenue, nous pourrons alors vous inviter à soumettre une présentation préenregistrée que nous
pourrons diffuser à la conférence. Nous vous proposerons aussi sans doute, dans ce cas, d’être disponible au moment de la présentation pour pouvoir participer — à distance — aux échanges (questions et réponses), si la technologie le permet.

Si vous avez une idée de la durée de votre activité (par exemple : 20 minutes ou 40 minutes), merci de le préciser. Nous essaierons de vous accommoder, dans la mesure du possible (cela dépendra du nombre d’activités sélectionnées).

DATE LIMITE : merci de soumettre votre proposition au plus tard le 31 janvier 2018 ; nous nous engageons à répondre à toute personne ayant soumis une proposition au plus tard le 28 février 2018.

La Conférence se déroulera sur des territoires non-cédés des Kanien’kehá:ka. Les Kanien’kehá:ka sont les gardiennes et gardiens de la Porte de l’Est de la Confédération Haudenosaunee. Dans la langue Kanien’kehá:ka, Tiotia:ke est le nom de l’île qui sera nommée Montréal, un lieu qui a longtemps été un espace de rencontres pour les peuples autochtones, y compris le peuple Algonquin.

CONTACT — TOUTE DEMANDE D’INFORMATION ET PROPOSITION D’AIDE: naasn2018@riseup.net

Si vous pouvez aider avant et pendant l’événement, en particulier avec la traduction, merci de nous le faire savoir — nous avons besoin de vous! NB: N’hésitez pas à nous soumettre vos questions au sujet de l’accessibilité et de la sécurité, que vous soumettiez ou non une proposition. L’inclusion nous importe.

Pour plus d’information au sujet du Réseau et pour vous inscrire à la liste courriel, visitez notre site : www.naasn.org.

La fausse nouvelle de TVA et la panique islamophobe à l’extrême droite

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Déc 152017
 

De Montréal-Antifasciste

Le mardi 12 décembre, TVA Nouvelles rapportait que des travailleuses de la construction embauchées sur un chantier routier devant la mosquée Ahl-Ill Bait à Côtes-des-Neiges avaient été réassignées à distance de la mosquée en réponse à une requête formulée par la direction de la mosquée. TVA a initialement affirmé avoir obtenu copie du contrat de travail stipulant cette clause qui, si elle s’avérait, serait sexiste et illégale.

En moins de quelques heures de la diffusion de ce reportage, une vague d’indignation s’est répandue dans les médias sociaux. En moins de temps qu’il ne faut pour crier « fake news », plusieurs personnalités islamophobes et d’extrême droite ont dénoncé agressivement, non seulement la mosquée Ahl-Ill Bait, mais l’ensemble des musulmans ainsi que divers politiciens qui apparemment ne prenaient pas position assez rapidement, sans parler de la Fédération des femmes du Québec, qui a été accusée de garder le silence parce que sa nouvelle présidente, Gabrielle Bouchard, est une femme trans (et donc, veut-on nous faire croire, indifférente au sexisme).

Avant la fin de la journée, des faits contredisant le récit de TVA ont commencé à sortir. Le conseil exécutif de la mosquée ont expliqué qu’ils n’avaient jamais formulé une quelconque requête pour retiré les travailleuses du site. «Nous avions effectivement demandé l’accès au stationnement, sur l’heure du midi les vendredis, mais n’avons jamais demandé l’exclusion de personne. Cette requête, si elle existe, ne provient pas de notre organisation», a affirmé le porte-parole Moayed Altalibi par communiqué. Ceci a été confirmé par Serge Boileau, le président de la Commission des services électriques de Montréal (CSEM), qui gère le chantier, qui a d’ailleurs indiqué que la personne qui surveille le chantier pour la CSEM est une femme. «Elle est là depuis trois ou quatre semaines, et n’a pas été informée de quelque demande que ce soit, ni été importunée par quiconque.»

Malgré ces faits contredisant clairement les mensonges de TVA, les réseaux sociaux liés à l’extrême droite ont continué à répandre l’information fausse voulant que des femmes avaient été retirées du chantier à la demande de musulmans. En fait, le fait que le porte-parole de la mosquée insiste pour dire que la mosquée n’a aucun problème avec la présence des femmes a été cité comme preuve que les musulmans sont des menteurs à qui l’on ne peut faire confiance.

Ça n’est pas la première fois qu’un reportage malhonnête à propos des musulmans au Québec devient viral. Ça n’est pas la première fois que l’extrême droite se mobilise sur la base de fausses informations. Et ça n’est pas la première fois non plus qu’une nouvelle semble découler directement de la désinformation de l’extrême droite : les captures d’écran de Mark-Alexandre Perreault (qui semble être la source initiale de cette histoire) montrent que cet individu n’est pas un intervenant neutre et désintéressé dans cette histoire :

 

Suite au reportage de TVA, la madone d’extrême droite sur les médias sociaux, Josée Rivard, s’est dépêchée à mettre en ligne une vidéo où elle fustige la présidente de la FFQ, Gabrielle Bouchard, dans une invective transphobe, avant de tourner son fiel vers les musulmans qui seraient responsable d’avoir fait perdre une journée de travail à une travailleuse de la construction. À partir d’une vision faussée des relations ethniques au Québec, elle vocifère : « On a toujours reçu tout le monde, on n’a jamais eu de problèmes tout d’un coup il y a un gang de morons qui s’en viennent défaire toutes les affaires. »

Peu de temps après, deux femmes proches de La Meute, « Sue Elle » (aka Sue Charbonneau) et « Kat Baws » (aka « Kat Akaia »), ont lancé un appel à manifester devant la mosquée Ahl-Ill Bait dans l’intention explicite de perturber la prière du vendredi le 15 décembre. Sue Elle a été impliquée dans de nombreuses mobilisations racistes en 2017, participant à des manifestations organisées par CCCC, le Front patriotique du Québec, Storm Alliance et La Meute. En étroite collaboration avec des boneheads néonazis proche des Soldats d’Odin et d’Atalante, elle a aussi essayé d’organiser une manifestation contre les réfugié-e-e haïtien-e-s au Stade olympique le 6 août dernier, un événement que les organisateurs ont été forcés d’annuler en raison de la contre-mobilisation antiraciste.

Kat Baws est elle aussi proche de La Meute (son partenaire « Pat Wolf » occupe un poste officiel dans le Klan 16 – Montérégie) et de Storm Alliance, et étaient l’une des organisatrices de l’événement « Tous unis pour les démunis », une opération (ratée) de relations publiques menée à Montréal le 9 décembre dernier.

En plus de La Meute et de Storm Alliance, Baws est sympathisante de Atalante, l’organisation néofasciste basée à Québec, comme en fait foi son appréciation de nombreuses pages spécialisées dans l’identification et les attaques contre des antifascistes :

Storm Alliance que La Meute se sont dépêchées d’endosser l’appel à manifester devant la mosquée le 15 décembre. Pendant ce temps, sur la page Facebook de l’événement, l’idée a été poussée par Isabelle Roy (aka Seana Lee Roy), l’ancienne cheffe de Storm Alliance Montréal et coorganisatrice du flop Unis contre les démunis, et de nombreux autres se sont mis à proposer de chanter des hymnes de noël pour perturber la prière du vendredi, de distribuer du bacon ou des sandwiches au jambon, etc.

En même temps, mais parallèlement, l’Association des Travailleurs en Signalisation Routière du Québec a annoncé qu’elle aussi participerait à une manifestation vendredi devant la mosquée Ahl-Ill Bait. S’organisant par Twitter, l’ATSRQ a demandé à ses membres de quitter les lieux avant la manifestation de 13 h 30 (qui, selon eux, pourrait mal tourner). Plus tard, alors que de plus en plus de nouvelles et de reportages sortaient mercredi jetant un sérieux doute sur les allégations islamophobes de TVA, l’ATSRQ a finalement annulé ses plans jeudi matin. Cela dit, tout en insistant qu’elle agit seule et non en tant que membre d’un groupe, Marie-Josée Chevrier avait déjà lancé un appel public à soutenir la manifestation du syndicat, un appel endossé par de nombreux individus de divers réseaux, dont certains proches du Front patriotique du Québec. Au moment d’écrire ceci, tout indique que des gens vont se pointer sur place vendredi matin avant la plus grande manifestation raciste prévue en après-midi. il est utile de souligne que Chevrier, malgré son désaveu, est membre de certains groupes Facebook fort intéressants :

Il appert que La Meute, Storm Alliance et le Front patriotique du Québec organiseront la « sécurité » pour la manifestation de vendredi:

En même temps, de nombreux appels ont été lancés sur Facebook pour des actions plus sordides. Isabelle Lavigne (membre du groupe Facebook de Storm) a publié une vidéo où, tout en insistant qu’elle ne lance pas un appel à la violence, avertit l’exécutif de la mosquée qu’elle a obtenu leur adresse sur un site gouvernemental. Sébastien Cormier, dont les problèmes d’immigration de sa famille ont été exploités par Storm Alliance lors de la manifestation du 25 novembre à Québec, a lui aussi publié une vidéo pour se plaindre du fait que les Québécois ont été endoctrinés à l’islamophobie par le gouvernement, tout en mettant les musulmans en garde que s’ils continuent à faire des demandes « d’accommodements déraisonnables », les choses pourraient exploser. (On a l’impression que « Seb » ne sait pas vraiment dans quoi il s’est embarqué en acceptant l’appui de personnes qu’il semble lui-même percevoir comme des racistes.) La membre de La Meute, Patricia Celtique Gagnon a publiée une vidéo où elle lance un appel à manifester devant les mosquées à la grandeur du Québec ce vendredi, une proposition accueillie favorablement et relayée par d’autres individus dans les réseaux sociaux.

On a observé de nombreux appels à vandaliser et attaquer les mosquées, parmi un miasme de memes et de commentaires racistes :

Et tout cela n’est bien sûr que la pointe de l’iceberg.

La mobilisation d’extrême droite autour de cette histoire, même si elle est clairement appuyée sur de la désinformation, n’est pas complètement étonnante. Au Québec, un élément clé de l’organisation raciste au cours des dix dernières années a été le cadre des droits des femmes. Cela peut prendre une forme à la fois raciste et antisexiste, ou une forme carrément paternaliste sur le thème de « la protection de NOS femmes » et « au Québec, les femmes, c’est sacré ». Cela fait partie d’un phénomène plus large où, après des années d’agitation raciste par certains médias et politiciens, la grogne populaire (même autour de vrais enjeux) s’exprime de plus en plus fréquemment par des personnes blanches dans un discours islamophobe.

À propos de ces féministes instantané-e-s de l’extrême droite, on ne peut s’empêcher de constater le caractère sélectif de leur indignation. Qu’une femme perde une journée de travail en raison de contraintes sexistes, c’est effectivement quelque chose qui ne devrait jamais se produire. Mais une grande mobilisation contre un incident isolé, dans une société où une femme gagne encore en moyenne 88 cents pour chaque dollar que rapporte un homme (ce qui se traduit par 28 jours de travail non payé par année), ne porte clairement pas vraiment sur l’égalité de sexes.

L’exclusion des femmes de quelque domaine que ce soit est par définition une forme d’oppression et de sexisme à laquelle nous nous opposons fermement. Nous sommes toutefois bien trop familiers avec la manière par laquelle des nouvelles fabriquées de toutes pièces ou montées en épingles par des médias comme TVA deviennent soudainement quelque chose que « tout le monde sait bien » et qui tombent sous le « sens commun », même lorsque la nouvelle est contredite par les faits. Dans ce cas-ci comme dans de nombreux autres cas, ce sont des mensonges qui alimentent la panique antimusulmane.

Nous allons faire un suivi de cette histoire dans les prochains jours.