Des militants et militantes des collectifs Mashk Assi et Emma Goldman ont suspendu durant la nuit d’hier à aujourd’hui une bannière pour dénoncer les déversements d’eaux de traitement dans la rivière Ashuapmushuan par l’usine de pâte Kraft de Résolu à Saint-Félicien (en terres volées du Nitassinan). Portant l’inscription « Ramasse ta marde Résolu », elle a été installée sur la route Saint-Eusèbe, aux abords de l’usine en question, afin de pointer du doigt l’exploitation de la multinationale.
Dans un régime forestier qui s’apparente au Far-West, avec son bar ouvert pour l’industrie, la question de la protection de l’environnement par les entreprises est réduite à de vaniteuses prétentions de conférence de presse. On le voit une fois de plus avec les déversements à répétition réalisés dans l’Ashuapmushuan par l’usine de pâte Kraft de Résolu à Saint-Félicien. La rivière Ashuapmushuan, qui bénéficie pourtant d’un statut de protection pour son patrimoine naturel exceptionnel, a connu 258 jours de déversement d’eaux de traitement industrielles de l’usine entre 2017 et 2020 selon le ministère de l’environnement et la scène s’est reproduite maintes fois depuis le début de l’année 2021. Ces déversements volontaires sont réalisés dans une stratégie de chantage face au gouvernement pour que celui-ci investisse à sa place les dizaines de millions $ nécessaires au remplacement de la conduite d’évacuation. En date d’aujourd’hui, Résolu peut se réjouir d’avoir presque déjà fait plier le gouvernement au grand dam des travailleurs et travailleuses qui financeront la multinationale avec leurs taxes. Pendant ce temps, leurs turpitudes mettent en danger la ouananiche, une espèce de saumon pour laquelle l’Ashuapmushuan est un corridor biologique capital.
Par ses agissements, Résolu affiche son mépris total à l’endroit du territoire ancestral des Pekuakamiulnuatsh et des droits des Premiers Peuples. C’est cela le colonialisme. Face au déni dont fait preuve l’industrie envers l’histoire et les traditions Ilnu, ainsi que le caractère sacré du territoire, il faut résister pour exister! Par cette action, nous souhaitons réitérer que les territoires du Nitassinan n’ont été cédés sous aucun traité. De plus, nous rejetons et dénonçons les Ententes sur les répercussions et les avantages (ERA) signées par les conseils de bande, qui se voient promettent des retombées des grandes entreprises en échange de leur consentement à la destruction rapide du territoire ancestral. Ces ententes sont pour nous bien révélatrices quant au rôle véritable des conseils de bande comme instances issues du colonialisme et sous la mainmise de l’État canadien.
Après une interruption, le podcast anarchiste From Embers a été relancé ce mois-ci.
Le premier nouvel épisode est une discussion avec un participant anarchiste aux blocages de Fairy Creek sur la soi-disant île de Vancouver. Écoutez-le ici.
Commentaires fermés sur GNL Québec : les conseils de bandes contre le projet par défaut?
Juil152021
Les chefs René Simon, de Pessamit, Martin Dufour, d’Essipit, et Gilbert Dominique, de Mashteuiatsh, posent en compagnie de Michel Gagnon, président de la société GNL Québec. Ils ont signé une entente de collaboration en 2015.
Depuis 2017, le collectif Mashk Assi, un groupe formé de membres des Premières nations qui défendent le territoire, joue un rôle clé dans la lutte contre le projet de GNL Québec. Pendant ce temps, les instances autochtones issues du colonialisme, les conseils de bande, n’ont pas levé un petit doigt pour s’y opposer, se contentant de négocier leur part du gâteau avec les promoteurs de ces projets destructeurs. En effet, en janvier dernier, un article du journal Informe Affaires expliquait que le conseil de bande de Mashteuiatsh négociait une Entente sur les répercussions et les avantages (ERA) avec GNL Québec :
« Pekuakamiulnuatsh Takuhikan compte notamment sur la conclusion d’Ententes sur les répercussions et les avantages (ERA) pour obtenir des retombées provenant des grandes entreprises présentes sur leur Nitassinan, incluant celles qui projettent de s’y installer. Dans ce contexte, Stacy Bossum cite, à titre d’exemple, l’entente qui a été conclue en août dernier avec les promoteurs de Métaux BlackRock. Il rappelle que des négociations sont toujours en cours, entre autres, auprès d’Arianne Phosphate et de GNL Québec. » [1]
Mais voilà que tout dernièrement, les conseils de bande de Mashteuiatsh, d’Essipit et de Pessamit ont déclaré s’opposer au gazoduc et à la construction de l’usine de liquéfaction à Grande-Anse. Est-ce une opposition par défaut ou un réel vouloir de bloquer ce genre de projet? Une bonne question à se poser quand l’on sait que la lutte à GNL Québec est active depuis plusieurs années. Bizarre de commencer à s’y opposer seulement après avoir constaté qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale au Québec pour ce projet et que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) ait publié un rapport défavorable à la construction du complexe de liquéfaction de gaz naturel. Il faut ajouter à cela la lenteur pour en arriver à une ERA entre les conseils de bande et GNL Québec. Cette nouvelle annonce sonne comme si les conseils de bande ne voulaient pas rater le bateau et être dans le bon camp. Cependant, il est important de rappeler que les conseils de bande de Mashteuiatsh, d’Essipit et de Pessamit ont signé une Entente sur les répercussions et les avantages avec Métaux BlackRock, dont certaines clauses sont confidentielles. Le transport du minerai par bateau, qui va se faire à partir du port de Grande-Anse, va augmenter le trafic dans le fjord du Saguenay et mettre en péril tous les écosystèmes et milieu de vie qui s’y retrouvent (c’est sans compter la mine à ciel ouvert près de Chibougamau et l’usine à Grande-Anse qui sera l’une des plus polluantes au Québec).
En voyant ce constat, dur de croire que les conseils de bande le font pour s’opposer à un projet qui met en péril le fjord, mais bien par un certain opportunisme. Il ne faut donc pas se méprendre. Les conseils de bande ne sont pas des sauveurs et des écologistes qu’il faudrait mettre sur un piédestal. Plusieurs militants et militantes autochtones ont beaucoup sacrifié depuis le début de la lutte contre le projet de GNL Québec, ceux et celles qui vivent sur le territoire et qui défendent le Nitassinan. C’est ces gens et leurs groupes que nous devons soutenir. Finalement, pour en rajouter une couche, il est bien de souligner que Pekuakamiulnuatsh Takuhikan est partenaire et participe économiquement à des projets forestiers qui en résultent à des coupes à blanc sur le Nitassinan. Devant l’écocide, les masques tombent. C’est sur le territoire que ça se passe et il faut soutenir les groupes de la base qui luttent à chaque jour contre ces projets destructeurs. Non aux opportunistes!
Nouveau Monstre Graphite et Métaux Black Rock veulent nous faire croire que creuser toujours plus loin nous sauvera du désastre écologique actuel. Nous ne sommes pas dupes de leur greenwashing. Ekoni aci! Aski mamo! C’est assez!
Au cours des dernières années, nous avons vu apparaître plusieurs projets intéressants au Bas-du-Fleuve, principalement dans le secteur de Rimouski / Trois-Pistoles, mais pas seulement. Il y a un essaimage libertaire autour de différents projets comme un centre social et une auberge notamment et dans les milieux communautaire et syndical. La chose n’est pas entièrement nouvelle, mais ce regain a suscité plusieurs questions que j’ai voulu adresser à une personne engagée dans les luttes là-bas. Autant dire que l’entretien qui en résulte n’est pas un portrait exhaustif de tous les groupes en présence. Il faut aussi préciser que l’entretien a été réalisé il y a plusieurs mois déjà. L’information demeure à mon avis importante puisque l’existence des militantes sociales et militants sociaux en dehors de la métropole et de la capitale fait l’objet d’un oubli quasi constant.
BCEG : Salut! Peux-tu nous faire un petit portrait des différents groupes militants qui luttent dans le coin de Rimouski et les idées qu’ils portent?
Camarade du Bas du fleuve : Il y a plusieurs groupes mobilisés autour d’enjeux environnementaux dans la région, surtout contre les hydrocarbures (Prospérité sans pétrole, Non à une marée noire dans le Saint-Laurent, Rimouski en transition). Il y a aussi des groupes relativement actifs à l’université (UQAR) : le Comité féministe, le Comité étudiant de Rimouski en environnement (CÈDRE) et le Carrefour international bas-laurentien pour l’engagement social (CIBLES) (antenne uqarienne), qui œuvre en éducation populaire sur les enjeux de justice migratoire. Les actions plus militantes sont souvent menées par des groupes spontanés… Dernièrement, y’a le collectif Églantine qui a vu le jour autour d’une vigie pour Joyce Echaquan. Autour de Rimouski, y’a Le Récif à Rivière Trois-Pistoles qui est en train de mettre sur pied un centre social et qui agit comme lieu de résidence et de brassage d’idées depuis un bout. Au Kamouraska, y’a le collectif La Camarine qui organise des activités interculturelles et de soutien à diverses luttes anti-oppressives. Après, il y a peut-être aussi d’autres groupes que je connais moins, mais dans tous les cas, si ça vous intéresse d’en savoir plus sur les groupes mentionnés ci-haut, ils sont tous retrouvables sur Facebook !
Aussi, je viens de flasher sur Syndic-à-l’Est, qui est un groupe très informel qui s’attarde plus à la réflexion et au soutien à la défense des droits des travailleuses et travailleurs. Dans le milieu communautaire, y’a Action populaire Rimouski-Neigette qui œuvre en défense collective de droits des personnes vivant de la précarité pis le Comité logement de Rimouski-Neigette qui sont plus revendicateurs. Pendant le premier confinement, y’a eu un petit mouvement autour de la grève des loyers avec Solidarité logement – BSL qui voulait inciter les locataires à se parler et se solidariser…
Il n’y a pas de collectif ou groupe organisé autour d’Extinction Rebellion à Rimouski. Dans le fond, il y a eu quelques rencontres de gens pour discuter d’actions et de divers enjeux de la région. La page Facebook (Extinction Rebellion Rimouski), qui existe depuis 2019, sert surtout pour les communications publiques, comme vitrine à des actions / lieux de diffusion anonyme.
BCEG : Quels sont les enjeux porteurs des luttes dans votre secteur?
Camarade du Bas-du-fleuve : Disons que les enjeux environnementaux ont pas mal la cote dans la région, mais les gens autour de cette page (Extinction Rebellion Rimouski) s’attardent peut-être plus aux luttes anti-oppressives (anti-coloniales, anti-racistes, anti-capitalistes) et s’associent plus à une mouvance anarchiste qui voudrait rediffuser le pouvoir dans la population plutôt qu’il soit entre les mains d’une élite politico-économique.
BCEG : Quels sont les freins à ces luttes?
Camarade du Bas-du-fleuve : Les principaux freins sont probablement liés aux communications entre personnes intéressées par des actions militantes… ou du moins dès qu’on parle d’actions un peu plus dérangeantes mettons. Les médias sont souvent ouverts à diffuser nos communiqués de presse, mais évidemment ça soulève toutes sortes de commentaires de la population sur les réseaux sociaux. Par contre, je ne pense pas que ça joue comme un frein. Peut-être qu’il y a un effet d’éparpillement qui serait un frein? Autant territorial que d’enjeux ; comme Rimouski est la « grosse ville » du coin, c’est possible de se mobiliser autour d’enjeux très spécifiques et peut-être perdre en vision plus systémique des enjeux? Et y’a certainement un effet « ne pas vouloir déranger » lié au fait que nous vivons dans un petit milieu et que tout le monde se connait. Mais, cet effet a un aspect positif aussi d’encourager l’acceptation d’idées variées et peut-être encourager le travail ensemble ? BCEG : Qu’est-ce que tu vois comme les plus gros défis qui peuvent se poser à la persistance dans le temps des groupes militants dans votre coin?
Camarade du Bas-du-fleuve : Je dirais que c’est la mobilité des militant.e.s !! Plusieurs personnes vont et viennent dans le Bas-Saint-Laurent, donc la durée du passage est certainement un enjeu. Aussi, plusieurs personnes qui décident de rester le font dans l’optique de mener un projet personnel ou auto-entrepreneurial qui finit par prendre beaucoup de place dans leur vie (par exemple, les projets maraîchers d’auto-suffisance alimentaire ont pas mal la cote chez les militant.e.s du coin).
J’espère que ça répond à tes questions quand même pas pire. Je t’invite vraiment à contacter aussi les différents groupes que j’ai name-droppés si tu veux voir un portrait plus large des mobilisations dans le coin … pis le Réseau libertaire brume noire à Gaspé.
BCEG : Merci pour ce portrait! Ça vaudrait certainement la peine de les rejoindre et surtout d’éventuellement trouver des moyens efficaces de tisser des liens de solidarité entre nos milieux.
Dans la dernière année, le projet d’Ariane Phosphate a passé sous le radar et nous n’avons presque pas entendu parler des développements qui doivent mener à cette mine à ciel ouvert de phosphate au Lac à Paul et au troisième port sur le Saguenay. Il y a plusieurs raisons à cela (outre la pandémie), dont la lenteur du processus devant conduire à la première pelleter de terre du projet, la place prise dans les médias de masse par GNL Québec et la sortie du rapport du BAPE sur l’usine de liquéfaction de gaz naturel au port de Grande-Anse. Pour autant, le projet de mine d’apatite n’est pas mort et voilà qu’il a refait surface la semaine dernière dans les médias.
La minière Ariane Phosphate a annoncé avoir conclu une entente, d’une durée pouvant aller jusqu’à 50 ans, avec Port Saguenay au sujet du futur site d’installation pour le chargement maritime sur la rive nord de la rivière Saguenay. Le deal prévoit l’utilisation des futures installations sur la rive nord pour 30 ans avec deux renouvellements possibles de 10 ans. Il vient aussi encadrer la vente par Port Saguenay à Ariane Phosphate d’un morceau de terrain qui permettra la construction d’une installation de chargements qui va faciliter l’accès aux plateformes commerciales internationales.
Même si cette entente entre la minière et Port Saguenay n’est pas une surprise puisque l’administration portuaire est 100% pour le projet et travaille à sa réalisation, elle sert à rassurer les investisseurs et les clients potentiels que tente de séduire Ariane Phosphate: « Avec une entente de 50 ans, nous serons en position de force pour approvisionner nos clients mondiaux à partir de notre projet de mine du Lac à Paul qui devrait avoir une longue durée de vie. C’est une des choses qu’il nous manquait pour rassurer nos clients ou investisseurs potentiels quand on négociait. Là c’est réglé. » (1) – Jean-Sébastien David, chef des opérations chez Ariane Phosphate, lors d’une entrevue avec le journal Informe Affaires.
La multiplication des annonces, même banales et plus ou moins pertinentes, ainsi que les diverses ententes qui sont ensuite relayées par les médias servent justement à rassurer les investisseurs, les motiver et leur donner espoir. Les convaincre que le projet va de l’avant, qu’il n’est pas mort et que tout roule comme prévu, peu importe si c’est vrai ou non.
L’automobile électrique comme passeport vert
Comme bien des multinationales extractivistes, Ariane Phosphate mise sur l’automobile électrique pour écouler sa matière première et verdir son projet destructeur. L’augmentation de la demande de phosphate pour les batteries Lithium-Fer-Phosphate (LFP) est vu d’un bon œil par les dirigeants de la minière. Ces batteries sont utilisées pour la fabrication de voitures électriques. Elon Musk, le PDG mégalomane de Tesla Motors, a annoncé dernièrement qu’il étudiait la possibilité d’utiliser les batteries LFP pour équiper les prochains véhicules Tesla puisqu’elles sont moins dispendieuses. Évidemment, cela est vu comme une bonne nouvelle par Ariane Phosphate.
Un futur bien macabre nous attend si la voiture électrique est considérée comme une transition énergétique et un moyen de diminuer la pollution. En réalité, elle sert simplement à justifier et verdir des projets extractivistes qui vont détruire des milieux de vie pour une poignée d’emploi et des millions de dollars dans les poches des dirigeants.
L’électrification des voitures n’est pas la solution, le but est de diminuer au maximum le nombre d’automobiles sur les routes et d’augmenter le transport en commun. Fabriquer des voitures, même si elles sont électriques, demande beaucoup de ressources qu’il faut extraire du sol (lithium, phosphate, etc.) et d’infrastructures destructrices comme les autoroutes, les immenses boulevards, les stationnements à l’infini, etc. La voiture électrique sert à sauver l’industrie automobile, pas la planète.
Même si la minière Ariane Phosphate a toutes les approbations du gouvernement pour aller de l’avant et qu’elle est aidée par la classe politique locale et le milieu des affaires, il n’est pas trop tard pour s’activer. Nous devons nous organiser pour occuper le territoire et bloquer coûte que coûte ce projet; mettre nos corps en jeu pour empêcher la destruction de nos milieux de vie et la poursuite de ce néo-colonialisme qui s’approprie les territoires des Premières Nations et anéantit toutes possibilités de pratiques ancestrales. Tôt ou tard, il faudra monter des barricades, bloquer les chemins, créer des zones à défendre où nous vivrons autrement; attaquer.
Nous sommes un groupe de personnes qui, en février 2020, ont tenu une journée de blocage ferroviaire à soi-disant Lennoxville, Québec, sur des territoires Abénaquis volés, en solidarité avec les défenseurs et les défenseuses de la terre Wet’suwet’en et contre la violence persistante du colonialisme. Nous avons appris récemment que les accusations criminelles portées contre nous avaient finalement été abandonnées et que notre dossier avait été fermé.
D’un côté, nous accueillons avec joie de ne pas avoir à subir le stress et les tracas d’un procès criminel, et d’autant plus en considérant comment la police de Sherbrooke nous a menti de façon éhontée et a enfreint ses propres protocoles afin de nous arrêter en cette journée ensoleillée d’hiver.
D’autre part, cependant, nous pensons qu’il est important de se souvenir et de reconnaître que les charges criminelles auxquelles nous étions confronté.es viennent d’un État (et son système juridique) qui ne voit rien de mal au génocide colonial, au meurtre et à la dépossession des peuples autochtones, et avec la destruction de la vie au nom du profit. Le soi-disant Canada et le soi-disant Québec sont sur des territoires autochtones volés, et aucune loi ni répression ne nous fera voir cela comme juste ou acceptable. Notre action en était une parmi de nombreuses autres en solidarité avec les Wet’suwet’en qui ont été continuellement menacé.es et harcelé.es par les brutes de la GRC et de l’industrie des pipelines.
Les fonds que nous avions amassés pour notre bataille juridique seront répartis également entre les avocates qui nous ont soutenu.es, les ami.es de Tyendinaga et Hamilton qui font face à des procès pour leurs propres blocages de solidarité, de même qu’au fonds légal du Camp Unist’ot’en.
Commentaires fermés sur 1er mars: Action contre l’extractivisme effréné des forêts
Mar012021
Soumission anonyme à MTL Contre-info
Les défenseur.es de la terre Atikamekws et Innu.es sont sur le Nitaskinan aujourd’hui, accompagné.es de leurs allié.es allochtones, pour s’opposer à l’extractivisme.
Ni le gouvernement colonial ni le conseil de bande n’ont la légitimité sur ces territories non cédés, ils préfèrent s’entendre ensemble pour les saccager.
Les forêts sont livrées aux machines destructrices des compagnies forestières, entraînant inondations et perte d’habitat pour la faune. Le bouleau blanc, essentiel à la culture Atikamekw, est en train de disparaître.
Les lois de la terre et de l’univers dominent l’expansion illimitée de l’homme avide. Comme nos ancêtres, protégeons la vie pour les générations futures!
Autodétermination et veto pour les premiers peuples !
La solidarité de tous et toutes pourra stopper l’écocide !
Venez nous appuyer lundi 1er mars à partir de 10h au 16e km sur le chemin de la Manawan .
Heureuse nouvelle contre la dépression saisonnière, La Mauvaise Herbe vient de publier son nouveau numéro (décembre 2020)!!
Sommaire des articles: – Des kilomètres et des chalets – Tchernobyl et le COVID – Des nouvelles du progrès – Être ancrés dans la réalité et le sol – Anarchiste d’esprit vs anarchiste de parole – Compte-rendu du livre Operation Chaos – Voici à quoi ressemble le terrorisme domestique – Extraits du livre La lutte pour le territoire québécois; entre extractivisme et écocitoyenneté
Vous pouvez télécharger ce numéro sur le lien ci-dessous:
Presque un an est passé depuis la vague de blocages en solidarité avec les défenseurs de la terre wet’suwet’en. Par la suite, de nombreuses questions urgentes ont fait que l’attention du public est passé à autre chose. Toutefois, pour celleux en première ligne aussi bien que pour celleux avec des accusations en justice, il n’y a aucune possibilité de passer à autre chose.
En ce moment, au moins soixante personnes font encore face à de graves accusations criminelles en lien avec les descentes policières dans le territoire wet’suwet’en ainsi qu’avec le mouvement de solidarité. Ces actions ont impliqué des milliers de personnes dans toutes les provinces du pays, aussi il est impossible d’en faire rapidement le portrait, mais voici quelques aspects :
En janvier 2020, tandis que la GRC préparait leur nouvelle offensive contre la réoccupation du territoire wet’suwet’en qui dure depuis plus d’une décennie, les actions solidaires ont commencé. Quand les flics sont descendus pour de vrai dans les premiers jours de février, les Mohawks de Tyendinaga ont lancé un blocage ferroviaire qui a paralysé la circulation entre Toronto, Ottawa et Montréal. Perturber la circulation ferroviaire est vite devenue la tactique privilégiée du mouvement et les prochaines semaines ont vu des blocages à long terme menés par des communautés autochtones à Kahnawake, Listuguj, Six Nations et New Hazelton. Des blocages de moindre durée ont eu lieu (souvent à répétition) à Halifax, Toronto, Victoria, Vancouver, Magnetewan, Coquitlam, Hamilton, Morris, Saint-Pascal, Edmonton, Saint-Lambert, Kamloops, Saskatoon, Elsipogtog, Saguenay et de l’autre côté de la frontière dans l’État du Washington. Il y a également eu des manifestations et des blocages routiers en de nombreux endroits.
À l’issue de cette mobilisation massive, vingt-huit personnes du territoire Mohawk de Tyendinaga se battent contre des accusations suite à l’attaque du PPO sur leur communauté. Le deuxième groupe en importance c’est les quinze personnes accusées qui attendent leur procès en rapport avec un blocage près de Sherbrooke, Québec. À Hamilton en Ontario, six personnes font face chacune à quatre chefs d’accusations de méfait pour un blocage ferroviaire de vingt-quatre heures. Dans le Bas-Saint-Laurent, une personne est encore inculpée après une perturbation ferroviaire et à Montréal il y a deux personnes accusées de méfait pour des graffitis.
L’hiver précédent, en janvier 2019, il y a également eu un raid sur le territoire wet’suwet’en par la GRC. La mobilisation en solidarité était à échelle plus modeste, mais il y a eu des manifs, des occupations et des blocages importants un peu partout dans le pays, qui ont également vu de la répression.
Deux personnes présentes aux barricades sur le territoire wet’suwet’en lors du raid sont encore accusées de voie de fait sur la police. À Hamilton, une personne est inculpée pour des dégradations d’un poste de la GRC. À Montréal, six personnes se battent encore contre des accusations de méfait en lien avec le blocage du pont Jacques-Cartier.
Il y a eu presque cent-cinquante arrestations durant ces deux années de lutte. Beaucoup ont eu pour résultat des remises en liberté sans inculpation. D’autres des amendes. Certaines des poursuites criminelles se sont déjà résolues. Par exemple, en automne 2020, le procureur a retiré les accusations contre douze personnes en relation avec un blocage ferroviaire à Toronto et deux autres à Vancouver ont eu des absolutions. En outre, toutes les charges contres les personnes présentes sur le territoire au moment du raid de février dernier ont été abandonnées (mais la GRC a laissé savoir que leur enquête se poursuit).
On ne peut que se réjouir que de plus en plus d’affaires se résolvent, mais il faut tout de même rester prudent. Le système judiciaire abandonne les accusations contre certaines personnes à fin d’isoler et de délégitimer d’autres. Il ne faut pas oublier que certain·e·s inculpé·e·s ont de fortes chances de finir en prison pour des moments de lutte auxquels nous avons toutes et tous participé·e·s.
Tout le monde ne fait pas face au système judiciaire sur un pas d’égalité. C’est un système profondément raciste et colonial, ce qui fait que les accusés autochtones ont plus de chances de se voir condamnés et de se voir imposer des peines lourdes. De même, les personnes avec des casiers judiciaires, surtout avec des condamnations en lien avec leur implication militante, risquent d’être traitées de façon autrement plus sévère et de finir en prison.
Le mouvement de l’hiver dernier était d’une puissance incroyable et la lutte n’est pas terminée. Sur le territoire wet’suwet’en, les travaux sur le pipeline continuent malgré la pandémie, tout comme la résistance des défenseurs de la terre en première ligne. C’est la même histoire chez d’autres peuples autochtones partout au Canada – de Mi’kma’ki au territoire Secwempec en passant par Six Nations, c’était une année charnière pour la résistance autochtone et les affirmations de souveraineté. Ces courants continueront de s’entremêler avec la résistance face à l’expansion industrielle, ce qui créera encore de nouvelles possibilités et des sites de résistance. Rien n’est arrêté et dans le futur nous aurons besoin de bloquer le Canada de nouveau.
Tout mouvement qui connaît du succès subira de la répression et aura des prisonniers. Ce qui est plus important que d’éviter la répression c’est la manière dont on y fait face. Nous devons toujours trouver des moyens de montrer aux personnes ciblées qu’elles ne sont pas seules, pour qu’elles puissent en venir à bout en se sentant fortes et en restant intègres. Des démonstrations de solidarité tout comme le soutien pratique font une immense différence quand les gens ont affaire à la justice. Il faut que les personnes courageuses qui prennent des risques aient de l’appui si nous voulons être courageux et courageuses ensemble encore et voir nos mouvements croître.
Nous continuerons de poster des mises à jour sur North Shore Counter-Info sur les affaires en cours et nous amplifierons les collectes de fonds et les appels au soutien concret ou à la solidarité de la part des accusé·e·s. Les mises à jour seront regroupées sous le tag « Blockade Defense » sur North Shore (north-shore.info/tag/blockade-defense) et sur Twitter sous le hashtag #BlockadeDefense.
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