Fév 252022
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le 17 février, le site de forage de Coastal GasLink sur les rives de la Wedzin Kwa (rivière Morice) a été sérieusement endommagé par un groupe inconnu d’individus courageux. En tant qu’individus anarchistes vivant dans le Nord et soutenant les luttes pour la défense de la terre et contre la colonisation en cours par le Canada et ses intérêts corporatifs, nous déclarons notre soutien à cette action et encourageons les autres à faire de même.

Bien que nous ne sachions pas exactement ce qui s’est passé cette nuit-là, nous pouvons étudier les déclarations de CGL et de la GRC afin d’y voir plus clair et de nous faire une idée. Il semble indéniable, d’après les photos, que d’énormes dégâts matériels ont été causés : les véhicules utilisés par le mercenaire ex-flic ex-militaire Forsythe Security ont été endommagés (les soi-disant pauvres “travailleurs de CGL” traumatisés) et des machines et des remorques ont été détruites, presque certainement au moyen de machinerie lourde réquisitionnée. D’autres affirmations de CGL et des porcs ne sont pas étayées par les faits et sont presque certainement des conneries : les “travailleurs” eux-mêmes n’ont manifestement pas fait l’objet d’attaques puisque tous les dommages se sont limités aux véhicules et aux bâtiments et ont cessé dès que la sécurité a quitté le site. La tentative supposée de mettre le feu à un véhicule avec un agent de sécurité à l’intérieur n’est rien d’autre qu’une conjecture et un non-sens. Dans une entrevue vidéo publiée par CGL avec le mercenaire impliqué, celui-ci a fait cette affirmation en se basant sur le fait qu’une fusée de détresse a atterri à l’arrière de son camion alors qu’il tentait de se frayer un chemin à travers les défenseur.e.s des terres pour revenir à la plateforme de forage après avoir été expulsé. Cela ne ressemble guère à une tentative d’incendie d’un véhicule et, dans le contexte, était clairement un acte défensif. Tout au long de l’incident, il semble clair que la force n’a été utilisée que si nécessaire pour effrayer la sécurité de CGL et la faire partir, afin que le véritable travail de démolition de l’infrastructure violente de CGL puisse commencer. Le récit du meurtrier à la hache ne résiste guère à leurs propres faits !

Parlons un instant de l’affirmation de la GRC selon laquelle les agents ont été conduits dans un piège et blessés. Ils ont affirmé qu’ils ont été accueillis par des projectiles alors qu’ils tentaient de démanteler un barrage et qu’ils ont ensuite chargé dans l’obscurité à travers le barrage routier, et que l’un d’entre eux a marché sur une planche à pointes. Les planches à pointes sont des instruments défensifs utilisés pour empêcher les véhicules d’enfoncer les barrages routiers. Plutôt que de se laisser bercer par l’idée d’un piège, on a l’impression qu’il s’agit d’une action défensive au cours de laquelle les gens ont essayé de retarder une réponse policière probablement violente, n’ont utilisé des projectiles que lorsque cela s’est avéré nécessaire pour défendre le barrage et où la seule blessure policière a été auto-infligée par un agent courant dans le noir dans une situation inconnue. Compte tenu de l’historique de la violence policière de la GRC dans la région et du déploiement de fusils d’assaut, de chiens d’attaque et du recours à la torture contre les défenseur.e.s des terres, il semble évident que cette “violence” était de nature défensive et protégeait les gens de la violence bien plus grave que la GRC aurait raisonnablement pu leur infliger s’ils avaient atteint la plateforme de forage.

Voici ce qu’il nous reste comme portrait : après des années d’intrusion et de violation du consentement, après trois raids militarisés de la GRC au service de CGL, après des années de harcèlement et d’intimidation des défenseur.e.s de la terre par la sécurité Forsythe et après que des méthodes plus pacifiques n’aient pas réussi à mettre fin à la violence continue de CGL contre la terre et les relations et lois autochtones, certains individus inconnus ont riposté par un acte impressionnant de sabotage et de destruction de la propriété de l’entreprise. Il y a une très grande différence entre la violence contre les biens et la violence contre les personnes et la vie et, comparée à la violence que CGL et la GRC ont déchaînée, cette action sur la plateforme de forage semble mesurée, proportionnelle et louable.

Nous considérons que cette action est un développement naturel de la résistance en cours contre CGL et qu’elle n’est en aucun cas non provoquée ou inattendue. Bien que nous ne voulions pas faire de suppositions sur les responsables, nous pensons qu’il est raisonnable de croire que cette action a été entreprise par des personnes agissant pour la défense de la terre et de la rivière. C’est pourquoi nous les avons appelés les défenseur.e.s de la terre. Puissent d’autres personnes poursuivre ce combat, agir contre CGL, le Canada et la colonisation en cours là où ils se trouvent et tirer de cette action inspiration et courage comme nous le faisons.

Solidarité pour toujours !
Un petit groupe de camarades