Montréal Contre-information
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Ottawa : Des camions vandalisés au centre de distribution de Metro

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Juin 232026
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Salut Metro, tu te demandes toujours qui sont ces gens qui se sont introduits dans la cour de ton centre de distribution à Sandy Hill ? Celleux qui ont percé sans peine les pneus de tes camions — vingt-cinq pour être exact — et saboté le système de freinage de six autres ? Qui ont entièrement recouvert ces mêmes camions de peinture ? Vous obligeant à les laver à la hâte le lendemain matin pour ne pas avoir à traverser la ville avec des slogans comme « Mangez les riches » et « Fuck Metro » affichés sur vos camions. Oh, mais attendez, vous ne pouviez pas, les pneus étaient à plat ! Comme on pouvait le lire sur l’un de vos camions : pas de pneus, pas de profits, n’est-ce pas ?

Eh bien, ne cherchez plus, c’est nous ! Juste Some Other Bitches Expropriating Your Shit, ou comme on aime se surnommer : SOBEYS. Ouais, comme votre chaîne de supermarchés rivale au Canada. Peut-être étions-nous jalouses de vos bénéfices nets pour 2025, qui dépasseraient le milliard de dollars selon vos rapports ? Quoi qu’il en soit, on a facilement trouvé l’adresse d’un de vos centres de distribution et on a décidé de vous en priver. On vous rappelle que même quand vous essayez, vous n’avez aucun contrôle sur ce que vous croyez être à vous.

Alors allez-y, continuez à dépenser de l’argent pour des agents de sécurité, peut-être qu’ils continueront à tuer des gens dans les supermarchés. Pendant que vous essayez de nous empêcher de voler de la nourriture bon marché, on va crever vos pneus à mille dollars. Inspiré.es par les Robins des Ruelles au Québec, on a décidé d’apporter une petite touche personnelle en visant plus haut dans la chaîne. Et si vous vous posez la question, oui, on peut tout à fait aller encore plus haut.

Bisous !

** Et pour les ami.es qui se poseraient la question, un moyen efficace de saboter le système de freinage d’une semi-remorque consiste à remplir de mousse de polyuréthane expansive les deux conduites qui relient la remorque au tracteur. Ces conduites ressemblent à des valves ; elles sont très accessibles et se trouvent presque toujours au même endroit sur une remorque (dans le coin inférieur droit). Elles permettent à l’air comprimé de circuler du tracteur vers la remorque et transmettent les signaux d’actionnement et de relâchement des freins. La mousse rend la remorque inutilisable, car il devient impossible de l’atteler à un tracteur (et donc de desserrer les freins), sans pour autant présenter de risque pour qui que ce soit : que ce soit pour nous qui effectuons cette opération, pour le conducteur ou pour les autres usagers de la route.

De Robin à Robin

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Mai 082026
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Avant de poursuivre sur la lancée des textes précédents entourant la stratégie des Robins des ruelles, j’aimerais nommer que c’est toujours nice de lire, d’assister ou de prendre part aux débats d’idées au sein de nos milieux. Qu’ils aient lieu lors de discussions de groupe un peu inconfortables, sur des plateformes publiques comme Montréal Contre-Info, ou en privé entre amix, ça témoigne d’un dynamisme entre nos groupes et nos idées et du rejet d’une certaine forme de dogmatisme. Mais ça implique d’être de bonne foi, de prendre au sérieux ce qu’on fait, et de prendre au sérieux les critiques qui en découlent. Ça exige de faire preuve de rigueur envers nos camarades, de tenir nos positions, ou au contraire de reconnaître quand on a tort. Ultimement, ça nous force à assumer la responsabilité de ce qui a bien ou moins bien fonctionné.

En ce qui me concerne, j’aime les textes provocateurs et les réactions/réflexions qu’ils déclenchent chez chacun⸱e. Mais la condescendance a ses limites. Se snobber les un⸱e⸱s les autres – en personne ou en ligne. Esquiver, étouffer ou ridiculiser les critiques confrontantes. Déformer ou instrumentaliser les propos d’autrui pour se donner raison. Ces manières de faire sont gênantes – aussi bien dans le sens de nuisibles qu’embarrassantes – et contribuent à entretenir des dynamiques de merde dans nos milieux. C’est surtout ça qu’on devrait « jeter dans les dumpsters de l’histoire ». Réservons les réponses cinglantes pour les grandes occasions…

Je suis un⸱e Robin⸱e des ruelles. J’ai vécu l’euphorie collective qui surgit quand on s’attaque en gang à une épicerie, et que les gardas ne peuvent rien faire. Ça ne m’empêche pas pour autant d’être en accord avec l’essentiel des critiques présentées dans le premier texte, lesquelles méritent qu’on y adresse une réponse honnête. Alors que le second texte semble parler au nom de tous les Robins (à croire que nous sommes un groupe défini et organisé), j’aimerais proposer un pas de côté et reconnaître avec humilité ce qui nous est reproché. S’il est difficile de savoir aujourd’hui si nos actions auront bel et bien eu pour effet d’augmenter « plus vite que prévu » la répression dans les épiceries, nous savions que c’était une possibilité. Nous l’avons évoqué, et nous avons tout de même décidé d’aller de l’avant, car nous y trouvions un sens plus grand. Loin d’espérer que « l’État change des lois pour baisser le coût de la vie », les Robins des ruelles sont assez explicites sur l’idée de ne pas reposer sur l’État ni sur le marché pour vivre et s’organiser, et d’essayer au contraire de gagner en autonomie de toutes sortes de manières.

Tel que mentionné dans le second texte, les Robins des ruelles n’ont rien révélé au grand jour. On se ment à nous-mêmes si on croit que le vol à l’étalage a un jour été invisible. La répression le tolère, tant que ça ne dérange pas trop. Mais le vol ne peut pas être une fin en soi. C’est possible de voler dans les épiceries tant qu’il y a des épiceries, c’est possible de dumpster tant qu’il y a des dumpsters. Si on dépend des marges du capitalisme pour exister, alors on contribue nécessairement à son maintien. Vivre sur les surplus ou les déchets de ce système ne m’intéresse pas. J’aspire à plus, et pas juste pour moi. Je veux renverser cet ordre des choses, le détruire, m’assurer qu’il ne puisse pas revenir.

En discutant récemment avec un⸱e ami⸱e, iel se rappelait d’un vieux conflit dans Hochelag’ : les groupes anti-gentrification vandalisaient des condos, ramenant plus de police sur certaines rues très fréquentées par des travailleuses du sexe du quartier. En d’autres mots, les actions politiques des un⸱e⸱s entraînaient davantage de répression pour d’autres. Si les groupes anti-gentrification avaient selon moi raison de ne pas arrêter de tagguer des condos, force est d’admettre qu’ils pouvaient s’entendre avec les camarades pour cibler d’autres rues, d’autres condos. De la même manière, nous pourrions cibler autre chose que les épiceries. Les entrepôts, les centres de distribution, les véhicules, les sièges sociaux, les maisons des patrons. La critique est valide, et il y a lieu de se coordonner avec d’autres. Aveuglé par la mauvaise foi, le second texte parle du premier comme d’un appel à la soumission, sans même prendre acte de l’appel à explorer d’autres moyens, peut-être plus subversifs et moins symboliques.

Par ailleurs, force est de constater qu’une attaque aux bureaux d’un PDG avec ses trois amix au milieu de la nuit résonne moins que les récentes auto-réductions des Robins des ruelles. Les épiceries sont des lieux que tout le monde fréquente, elles laissent place à des actions auxquelles il est plus facile de s’identifier, et donc de répéter. Ces actions ont été l’occasion d’inviter des amix, lesquel⸱le⸱s ont pu s’initier à ce genre de gestes et goûter au sentiment de liberté qu’ils générent. Ça nous a donné envie de recommencer, de défier la loi à nouveau, d’aller plus loin, de prendre plus de risques. Seul⸱e ou à deux, je vole moi aussi au quotidien. Mais c’est différent. Et je ne le fais pas pour les mêmes raisons. Les actions des Robins des ruelles ont participé à rendre politique un geste de tous les jours. Le but n’est évidemment pas « d’apprendre aux pauvres à voler », mais bien qu’on soit encore plus de pauvres à voler. De faire disparaître la honte entourant le fait d’être pauvre ou contraint⸱e de voler. Au contraire, il y a de quoi en tirer un certain sentiment d’accomplissement, et nous souhaitons contribuer à la contagion de ce sentiment.

Bref, loin de moi l’idée de mettre le couvercle sur la marmite, il y a derrière ces textes une vraie tension à naviguer collectivement, mais parlons de ça plutôt que de s’envoyer chier. C’est lassant autrement.

Robins des ruelles vs. Radlibs des bois

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Mai 072026
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Ce court billet se veut une réponse à l’assez mauvais « En réponse aux actions des Robins des Ruelles ».

Dans l’époque où le sens est difficile à trouver, il y aura toujours des imbéciles pour faire les intéressants.

Sous ses airs de lucidité et de bienveillance, le texte est un manuel de prudence au service de ceux qu’il prétend combattre. Semble-t-il que les actions des Robins soient devenues trop efficaces, qu’il faudrait éviter de trop agir, au risque que nos maîtres se réveillent. Lorsqu’on essaye des choses, il y aura toujours un radlib pour sortir du bois et nous dire « attention, vous risquez de trop déranger ce monde ». Un soigneux jeu d’équilibriste entre servilité et hydrocéphalie.

L’argument du texte? « Ne faites pas trop de bruit, sinon ils vont remarquer. »

Comme si les grandes chaînes d’épicerie, leurs services de sécurité, leurs logiciels de gestion de pertes et les services de police découvraient soudainement l’existence du vol à l’étalage grâce à quelques stories Instagram. 56% d’augmentation au Canada des vols à l’étalage depuis 2021 mais c’est les Robins des Ruelles qui sonneraient la cloche? Le fantasme ici, c’est celui d’un système un peu naïf, un peu distrait, qu’il faudrait à tout prix éviter de réveiller.

Les Robins des ruelles ne révèlent pas un secret : le vol à l’étalage n’a jamais été invisible. Penser que l’attention publique déclenche la répression, c’est inverser la causalité, c’est confondre un thermomètre avec la fièvre. La répression est structurelle : elle s’adapte, elle anticipe, elle ne dépend pas d’un seuil de visibilité franchi par erreur ou par excès. La répression cherche justement à écraser toute révolte.

La révolte, ici, c’est la manière dont une pratique sort de l’isolement pour devenir lisible politiquement. Tant qu’elle reste fragmentée, individualisée, honteuse ou silencieuse, elle est parfaitement compatible avec l’ordre existant. Elle est tolérée comme bruit de fond, gérée statistiquement, punie au cas par cas. Autrement dit : elle ne menace rien. Politiser les pratiques de subsistance, c’est montrer la cruauté de leur criminalisation.

C’est précisément là que les actions des Robins déplacent quelque chose. Elles ne montrent pas des « méthodes de survie » (Sic.), elles déplacent le sens. Elles retirent le vol du registre de la faute individuelle pour l’inscrire dans un conflit. Elles rompent avec la figure du survivant isolé pour produire une intelligibilité partagée, une conspiration collective, même minimale. Qualifier ce type d’intervention de dangereux parce qu’il attirerait la répression revient, au fond, à adopter le point de vue de la gestion policière : il faudrait calibrer les pratiques pour qu’elles restent sous le radar, compatibles avec les seuils de tolérance du système. C’est une politique de la précaution qui finit par neutraliser toute possibilité de rupture. On protège les conditions d’existence telles qu’elles sont, au prix de leur perpétuation.

Le texte s’engouffre dans une contradiction difficile à tenir : reconnaître que « les épiceries c’est des criss de voleurs » (Sic.), que l’ordre économique est hostile, que l’État protège le capital et, dans le même mouvement, appeler à une forme d’autorégulation des pratiques pour ne pas provoquer cet ordre. Comme si l’ennemi devait être ménagé dans ses réactions.

Si le texte admet au moins un peu de violence sociale, il en tire une conclusion conservatrice : préserver ce qui permet de tenir, plutôt que risquer de transformer ce qui fait tenir.

En soi, radlib : critique morale des dominants, mais refus des actions qui dérangent effectivement. Bref, une contribution à jeter dans les dumpsters de l’histoire.

Nous avons pris aujourd’hui notre pain de ce jour : Refusons le « Pain-opticon » de Mamie Clafoutis

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Mai 022026
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Dans l’esprit de toutes les expropriations du 1er mai qui nous ont précédé, nous sommes entré·e·s ce matin dans le Mamie Clafoutis situé sur la rue Saint-Denis et avons rempli nos sacs, dans un refus total du regard envahissant de la surveillance et des faux dieux du capitalisme.

En collaboration avec Leav, une start-up spécialisée dans les technologies de commerce de détail, Mamie Clafoutis se targue d’être « la pionnière d’une nouvelle ère de magasins intelligents automatisés. » Cela signe l’arrivée d’un modèle similaire à celui de Amazon Go, lequel a déjà infecté d’autres villes, en plus d’être salué par les médias comme une nouvelle innovation. Vous enregistrer au moyen de la reconnaissance faciale sur leur application peut vous offrir le « privilège » d’acheter du pain 24h/24, 7 jours sur 7, dans leurs boulangeries automatisées et sans caisse. 

Toujours activé et ne nécessitant aucun employé·e, le système de Scan & Go de Mamie Clafoutis vous pousse à participer à votre propre surveillance. Nous n’accepterons pas ce mécanisme de contrôle et d’enfermement au prétexte de quelques instants de confort. Il doit être coupé à la racine, avant que ce mode de vie technophile se répande non pas seulement dans chaque boulangerie, chaque marché, mais aussi dans chaque moment d’échange de temps, d’attention, et de consentement dans nos vies. Nous avons donc facilement pris d’assaut ce magasin gentrifié, lequel s’affaire à transformer des essentiels du quotidien en articles de luxe nécessitant une reconnaissance faciale et une carte de crédit pour y avoir accès.

Ces actions ne sont pas des exploits héroïques, au contraire elles sont simples, accessibles à quiconque souhaite s’y mettre, et il nous appartient de les reproduire encore et encore. Notre subsistance n’est pas un produit à scanner. Nous souhaitons inspirer celles et ceux qui se sentent écrasé·e·s par la botte du capital à prendre tout ce que leurs mains, leurs sacs et leurs esprits peuvent transporter.

À bas les caméras, à bas les maîtres, à bas Mamie Clafoutis!

Nous pouvons prendre absolument tout – Joyeux 1er mai!

Mark Carney: d’architecte du capitalisme vert à amiral de l’économie de guerre

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Mar 052026
 

Du Cercle des ami.e.s de l’A.I.T. de Montréal

par Jaouad Laaroussi

La bourgeoisie libérale a ce don de voir les « opportunités d’affaires » dans toutes les crises. Les gouvernements Trudeau et Legault l’avaient bien compris à la suite des grandes manifestations pour la justice climatique de 2019. Dans ce contexte de prise de conscience générale face à la crise climatique, la « transition verte » était au cœur de la stratégie économique et de la « réindustrialisation » du Canada. La superpuissance énergétique et minière qu’est le Canada a décidé d’investir des milliards dans la transition énergétique et notamment dans la filière batterie. Celle-ci allait permettre à la fois un boom minier autour des minéraux critiques et stratégiques, mais aussi un essor industriel majeur dans les industries aérospatiale et automobile. Pour la bourgeoisie:

« Y’avait de l’avenir dans la crise climatique ! »

La réélection de Trump et son arrivée au pouvoir en 2025 ont changé les plans de la bourgeoisie canadienne. La guerre commerciale entamée par Trump a fragilisé l’économie du pays. Toutefois, deux de ses décisions ont complètement chamboulé la stratégie économique du Canada. L’abrogation de l’Inflation Reduction Act dès son arrivée au pouvoir, puis l’adoption du « One Big Beautiful Bill Act (OBBBA) » en juillet 2025, ont massivement coupé les subventions pour la transition énergétique et mis un frein à la filière batterie. Au cours de la même période, les annonces de faillite dans le secteur de la filière batterie se sont multipliées au Canada et l’industrie automobile a délaissé la transition vers l’électrique dans ses usines. En parallèle de ces changements, le sommet de l’OTAN qui s’est tenu à La Haye en juillet 2025 a rehaussé les objectifs de financement de la défense des membres de l’OTAN de 2 % à 5 %. C’est donc dans ce contexte de hausse des budgets militaires et de multiplication des guerres impérialistes et inter-impérialistes (Ukraine, Venezuela, Afghanistan, Iran, etc.) que le réalignement industriel et économique du Canada se fait. La bourgeoisie canadienne doit désormais se dire :

« Y’a de l’avenir dans la guerre ! »

L’arrivée au pouvoir de Carney au printemps 2025 et les différentes politiques de Trump citées plus tôt ont participé à une rupture dans la stratégie industrielle et économique du Canada. La présentation de la Stratégie industrielle de défense en février 2026 est la pierre angulaire de cette rupture avec pour mot d’ordre : la prospérité par la guerre. En effet, la Stratégie industrielle de défense vise à constituer d’ici 2035 un complexe militaro-industriel canadien dont la chaîne d’approvisionnement irait de l’extraction de ressources (minéraux critiques et stratégiques notamment) à la production industrielle d’armement, de véhicules militaires, de drones et de munitions, en passant par la recherche et le développement en IA et en sécurité numérique. La stratégie vise ainsi à aligner une grande partie des secteurs primaires et secondaires de l’économie canadienne vers la production pour le complexe militaro-industriel.

Cet alignement va être possible par un investissement majeur de 150 milliards $ par année dans le secteur de la défense d’ici 2035, investissement qui va doubler le pourcentage du budget de la défense dans le budget global du Canada et en faire la dépense la plus importante de l’État canadien, dépassant la santé et les pensions de vieillesse. Concrètement, ces investissements dans l’industrie de la mort vont entraîner un important mouvement d’austérité qui risque de fragiliser, au cours des dix prochaines années, ce qu’il reste de l’État social canadien. Déjà, dans le budget de l’automne dernier, d’importantes coupures ont été confirmées dans la fonction publique, dans les budgets ministériels, dans les programmes sociaux et les transferts aux provinces. Outre ces coupures systémiques, il est bon de noter que depuis son arrivée au pouvoir, les leviers du gouvernement fédéral pour soutenir la transition énergétique et le capitalisme vert (celui qui devait être l’eldorado de la bourgeoisie canadienne et dont Carney lui-même a été un architecte) ont été sabrés : que ce soit le financement pour les autos électriques ou la taxe carbone.

Pour ceux et celles qui sont inquiets de voir le gouvernement désinvestir dans la transition socio-écologique, ne vous en faites pas, Carney a déjà pensé au greenwashing du complexe militaro-industriel. En effet, les nouvelles bases construites dans le cadre de cette stratégie viseront la carboneutralité et le gouvernement va aussi investir pour développer des « carburants durables » pour l’aviation militaire canadienne. La tragique ironie dans ce discours est que la stratégie de défense, qui entraîne des reculs dans la lutte contre le changement climatique, est le produit des changements climatiques en Arctique, qui devient un territoire stratégique à défendre pour le Canada avec la fonte des glaces.

Il y a encore beaucoup à dire et nous allons parler longtemps de ce tournant dans l’économie et dans la politique canadienne. Les mouvements sociaux vont devoir, au-delà des appels à « l’union sacrée » et de la sidération produite par Trump, prendre acte du « nouveau monde » dans lequel on est entré. Il est essentiel de mettre en dialogue les luttes pour la justice climatique, pour la justice sociale et contre l’empire afin de développer une compréhension commune de l’État extractiviste, capitaliste et impérialiste canadien. Une nouvelle période s’ouvre au Canada pour la lutte contre l’extractivisme, l’empire et le capital. Nous devrons être à la hauteur de celle-ci et ne pas succomber aux sirènes de l’Union sacrée.

Revolutiontimes : nouveau site international pour la révolution

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Fév 092026
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Présentation du site revolutiontimes.world, un site d’élaboration collective pour la revolution

Nous sommes pour la révolution sans frontières, par une insurrection généralisée contre tous les États, contre le capital et la propriété, par l’abolition de la marchandise, de l’argent, du travail, de la famille… La création d’un monde nouveau libéré de l’exploitation et de l’oppression n’est pas séparable de la destruction de la société existante.

Au sein des soulèvements à travers le monde, des dynamiques autonomes posent concrètement dans leur pratiques la question de la révolution. Nous nous inscrivons dans cette visée. Nous sommes liés à une histoire, celle de la lutte de classe révolutionnaire.

Dans la période actuelle, notre classe lutte et se bat. Comment allez jusqu’à la révolution mondiale ?

Ce site est un outil pour tisser des liens, se rencontrer et participer, avec d’autres, à cet effort collectif mondial pour percer le brouillard du présent.

  • Pour cela, nous voulons :
  • Rendre compte des soulèvements en cours.
  • Œuvrer à un imaginaire collectif autour de la révolution et sa victoire.
  • Promouvoir les luttes réelles de notre classe dans la vie quotidienne.

Vous y trouverez des textes écrits collectivement par l’équipe éditoriale. Un petit texte intitulé « que voulons nous » présente un certain nombre de tâches que le collectif de ce site souhaite porter, bien au-delà de lui-même.

Vous trouverez egalement ce qui constitue le socle commun de nos positions politiques, notre rapport aux luttes et leurs dynamiques, une analyse de la période ainsi qu’une tentative de carte mondiale des soulèvements et une liste de questions que nous souhaitons partager avec les camarades en lutte à travers le monde. D’autres textes suivront.

Nous avons fait le choix d’un processus d’écriture collectif, ce qui prend du temps. Nous ferons un effort particulier pour traduire les textes dans le plus de langues possibles, cela nous semble indispensable dans une démarche internationaliste. Toute aide à ce propos sera d’ailleurs la bienvenue.

Bonne lecture !

https://revolutiontimes.world/

Pour nous contacter et contribuer à cet effort collectif : revolutiontimes@riseup.net

À nous Noël

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Jan 022026
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le mot d’ordre a été lancé par une horde de lutins : « À nous, Noël ». Au cœur de Montréal, un groupe autonome nommé Les Robins des ruelles a dévalisé, quelques jours avant Noël, une épicerie Métro. Ce geste semble répondre à l’appel lancé par Les Soulèvements du Fleuve la semaine précédente et qui invitait à rejeter le système de production et de distribution alimentaire actuel. Dans un geste de partage exemplaire, une partie des victuailles a été déposée au beau milieu de la Place Valois (dans Hochelaga) – au pied d’un sapin érigé pour l’occasion – tandis que le reste aurait été disséminé dans les frigos communautaires qui parcourent Montréal.

Cet acte de résistance inspirant invite à la plus grande ouverture pour ce temps des fêtes qui approche. Laissons aux curés et aux laïcards les débats ennuyeux sur les festivités du solstice. Noël n’appartient à personne et donc à tout le monde ! Retrouvons l’esprit des fêtes, celui du don et du partage qui s’impose nécessairement contre la logique de l’économie. Signant en gros le retour de la question révolutionnaire, les lutins se sont prononcés sans ambiguïté : « exproprions les chaînes d’épiceries, créons des cuisines collectives, changeons les parkings en grands potagers, les champs de monoculture en garde-manger collectif. Ce monde ne leur appartient pas. » Comme le disait le philosophe Alain Badiou, sans doute aussi vieux et rouge que le père Noël :

Si la révolution est pensable pour nous, c’est comme la tradition créée par ces moments célèbres ou obscurs, où de simples travailleurs, hommes et femmes ordinaires ont montré leur capacité de se battre pour leur droit et pour les droits de tous, de faire marcher des usines, des sociétés, des administrations, des écoles ou des armées en collectivisant le pouvoir de l’égalité de n’importe qui avec n’importe qui.

L’appel des lutins à exproprier les chaînes d’épicerie – et à la faire dès maintenant – s’inscrit timidement dans cette longue tradition de gestes portés par la puissance de l’égalité dont le temps des fêtes est toujours un moment propice. Lorsqu’on parle de conspirations noëliques, on revient toujours sur cette fameuse affaire du Noël 1914, lorsque des soldats allemands et britanniques avaient décidé de laisser les armes le temps d’une soirée, dansant, buvant et jouant même quelques parties de soccer pour se détendre. Ce qu’on ignore pourtant c’est que ce genre de trêves improvisées se sont poursuivies au fil des années de la Grande Guerre. Pendant ces trêves, des réunions étaient souvent organisées sur le front de l’Est entre soldats allemands et russes. On y échangeait des informations sur les conditions de vie, des commentaires mécontents vis-à-vis de la haute direction militaire, mais c’était aussi le terrain du partage de l’idée de la révolution.

On s’imagine bien, lors de ces trêves noëliques, les soldats s’échanger quelques mots : ’À nous Noël… et bientôt, à nous le monde !’ En effet, cette série de petites conjurations entre soldats sera annonciatrice de la plus grande conspiration internationale jamais vue : la révolution russe et la révolution allemande. Entre les deux, un fil rouge : les conseils (Soviet ou Räte). La destitution immédiate des autorités dans les usines, les ports, les théâtres, les quartiers, les écoles, les gares et à tous les étages de la fonction publique et de l’armée. Pendant plusieurs mois, et à certains endroits plusieurs années, c’est l’autogestion sans compromis. Des conseils qui surgissent de partout, ingouvernables, égalitaires et donc une idée qui se répand : le monde est à nous, dès maintenant.

Un peu plus d’un siècle plus tard, il est temps de reprendre ce mot d’ordre. S’il faut bien commencer quelque part, partons de cet appel des lutins ; commençons par Noël. Comme ils l’expliquent dans leur lettre ouverte :

Notre horizon doit se lier au tapage de nos pas fermes qui descendent dans la rue. Le prix du pain augmente et l’histoire se répète. Ceux qui espèrent n’entendre dans le présent que le silence de la paix sociale doivent se préparer à être déçus. L’avenir appartient à ceux qui se soulèvent. Nous ne resterons pas affamés bien longtemps.

Profitons de ces moments de retrouvailles et de partage pour inventer d’autres rapports que ceux médiés par la marchandise. Refusons par tous les moyens les logiques du droit et de l’économie. Retrouvons ce Noël rouge qu’ont dessiné les conspirateurs et déserteurs de la Première Guerre mondiale. À l’heure du retournement autoritaire, refusons les logiques du monde capitaliste – celles de l’exploitation et de la guerre impériale. Exproprions ceux qui nous exploitent, retournons les armes contre ceux qui nous dominent, et lançons notre guerre : la révolution est à notre portée.

Quand la faim justifie les moyens : vol de 3000$ de nourriture redistribuée à la communauté

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Déc 202025
 

Des Soulèvements du Fleuve

Rediffusion d’un communiqué du groupe Robin des ruelles

Lundi le 15 décembre en fin de soirée, le groupe les Robins des Ruelles a dévalisé l’épicerie Metro Beaulieu sur la rue Laurier. Quatre pères Noël, accompagnés d’une ribambelle de lutins, ont volé pour environ 3000 $ de denrées alimentaires à l’épicerie Metro du Plateau – quartier gentrifié – avant de redistribuer l’intégralité de leur butin à la communauté, à l’image d’une grande guignolée.

Une partie des victuailles ont été déposées à la Place Valois dans Hochelaga-Maisonneuve au pied d’un sapin érigé pour l’occasion, tandis que le reste a été disséminé dans les nombreux frigos communautaires de Montréal.

On travaille de plus en plus, juste pour être en mesure de s’acheter de quoi manger dans des chaînes de supermarchés qui profitent du prétexte de l’inflation pour réaliser des profits « records ». Les loyers, la nourriture, les prix de toutes les nécessités sont artificiellement gonflés par les grands propriétaires capitalistes. Il n’y a pas d’autre manière de le dire : une poignée d’entreprises tient nos besoins vitaux en otage. Elle continue d’étouffer la population, pour leur siphonner le plus d’argent possible, simplement parce qu’elle le peut. Pour nous, c’est ça qui est du vol et ce sont eux les bandits.

D’année en année, l’étau de l’Économie nous écrase de plus en plus : un peu plus d’un-e Québécois-e sur trois vit déjà une forme d’insécurité alimentaire. Le travail nous affame bien plus qu’il nous nourrit. Si certain-e-s sont encore capable de vivre, iels ne tarderont pas à bientôt être dans la marge, pour ne pas dire dans la marde! Ce n’est pas un hasard si le prix du panier d’épicerie pour une famille de quatre a bondi de plus de 30% dans les dernières années : c’est le fonctionnement normal et logique de l’Économie. Faut qu’on crève pour qu’ils s’enrichissent.

Les vols commis pour combler nos besoins essentiels sont des gestes politiques et de résistance. Voyez donc notre action comme un appel à s’organiser ensemble contre la mafia de l’alimentaire et celle de l’agro-industrie. Tous les moyens sont bons pour exprimer notre refus de ce système, car n’oubliez pas : la faim justifie les moyens!

Dénonçons les profits sur l’alimentation ! Entamons à toutes les échelles la résistance contre la logique économique capitaliste! Partageons nos revendications : l’expropriation des chaînes d’épiceries et des profiteurs logistiques, le démantèlement de ce système alimentaire basé sur l’exploitation, et la reprise en main de nos moyens de subsistance !

Du Rhizome à l’Achoppe : Récits d’autonomies, d’attaches et de revers

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Nov 042025
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Extraits choisis d’un zine à paraître le 8 novembre 2025 au Centre social l’Achoppe de 19h à 23h

Ce zine rassemble des fragments d’histoires, des souvenirs épars, des réflexions, des anecdotes, des traces ; des bouts de mémoire intime et collective autour d’un lieu bien réel et singulier.

Installée dans Hochelag, l’espace qu’on appelle aujourd’hui l’Achoppe est né d’une suite de rencontres, de rêves d’autonomie, de nécessités, de conflits, de fêtes, de rénos improvisées, de fatigue partagée, de luttes portées. Autrefois nommé le Rhizome, il a traversé les années comme un lieu mouvant : appartement collectif, espace d’organisation politique, salle de show, atelier de pantenteux.ses, brasserie artisanale, point de chute temporaire ou port d’attache durable.

Les voix présentées ici sont multiples. Ce sont celles de personnes qui ont vécu ce lieu, ce projet à différentes époques, sous différentes formes, parfois intensément, parfois en passant. On y lit les tensions, les deuils, les joies, la fatigue, mais surtout l’attachement. L’ensemble dessine un portrait en rhizome, éclaté et vivant.

Cet assemblage ne prétend pas tout dire. Il est un instantané subjectif, partial, joyeusement inexact. Il ne souhaite pas en documenter l’histoire comme une archive figée, mais comme une mémoire en mouvement — une mémoire vivante, politique, affective et située.

Il fallait d’abord prendre les escaliers vers le sous-sol, puis se rendre dans le coin à droite, tout au fond, avant de déboucher dans une toute petite pièce carrée pour entrer dans la Brasserie. C’était la première fois que j’y mettais les pieds et mes yeux étaient attirés par toutes sortes de bricoles ; des fioles de formes distinctes, un moulin à grain qui fonctionnait à l’aide d’une perceuse (!) et des outils pour mesurer et peser différentes choses, dont je ne comprendrais l’utilité que des années plus tard. Une odeur de moût de bière et d’humidité s’élevait de la pièce éclairée d’une vieille lumière jaunâtre et y faisait régner une ambiance de clandestinité.

Cet espace permettait d’entrevoir ce que pouvait être une pensée du politique qui cherchait à mettre en application ses idées de rupture avec la société dans la vie quotidienne, sans la séparer de l’organisation collective. L’ambiance du Rhizome avait une saveur radicalement expérimentale, il amenait d’ailleurs des idées qu’il essayait de mettre immédiatement en application. Je me rappelle de la grande salle et de ses agencements modulables et du grand dortoir collectif au sous-sol qui hébergeait des camarades de passage qui restaient parfois pour un bail. Puis les shows, les projections, les moments de folie et une ferme volonté de liberté sans entraves. Le Rhizome, pour moi, c’était d’abord un apport affectif, une forme de résonance particulière dans les relations, la volonté d’en embrasser l’intensité. C’était aussi une façon particulière de se relier au voisinage, qui ravivait les envies de repartir des assemblées de quartier et des rencontres plus ou moins spontanées.

D’abord, à la base, l’Achoppe, c’est une place où t’habites. Pis (accrochez-vous, c’est là que la nostalgie embarque) ça coûtait… 465 $ par mois tout compris. Et dans tout compris, j’entends l’Hydro-internet-la-bouffe-pis-toute… mais bien plus encore. Cette situation matérielle nous permettait de jouir de la ressource la plus précieuse que le capital nous dispute constamment contre des salaires, à savoir le temps. Avec un loyer aussi bas, pas mal de colocs (on était treize, ce à quoi il faudrait ajouter les invité.es de passage), on faisait plus des passes de cash que des jobs pour payer la rent. Et ça suffisait. Tabarnak, ça suffisait ! À financer nos jardins, un atelier de bois, de vélo, la brasserie, la grande salle avec ses shows, la bibliothèque… Même un espace « d’huile » que je n’ai jamais vraiment compris à quoi ça servait, à part à me faire capoter quand ça fumait à côté des coulisses inflammables lors des partys dans le sous-sol. La question du coût de nos vies pouvait se résumer régulièrement ainsi : préfères-tu aller travailler pour un boss pour une job de cul mal payée ou bien préfères-tu embarquer dans le char avec deux-trois nouveaux.elles ami.e.s pour faire du dumpster en soirée et économiser sur l’épicerie ? La réponse était simple.

Ce qui rend l’Achoppe dynamique, c’est la diversité des activités qui s’y déroulent : soupers populaires, projections, ateliers pratiques, cours d’arts martiaux, réunions d’organisations militantes, etc. C’est par ces activités que d’autres que nous-mêmes nous rejoignent, nous rencontrent, se politisent et potentiellement se joignent à nous. Ces activités permettent au lieu d’évoluer au fil des implications et de s’imposer comme espace de résistance incontournable dans le quartier.

Il est crucial de comprendre que ces événements ne valent pas uniquement pour eux-mêmes. Une projection de film, un show ou un cours d’art martial devrait être plus signifiant que l’activité en soi. Leur véritable intérêt réside dans la création d’un sentiment d’appartenance, dans la rencontre entre les personnes, et surtout, dans leur capacité à générer de l’engagement militant. Chaque souper organisé devrait idéalement être une porte d’entrée vers l’organisation collective.

Les bouffes collectives, c’est un moyen de reproduction qu’on se réapproprie et qui nous permet de goûter à une autre façon de vivre. C’est refuser, au moins de temps en temps, l’idée que nos besoins n’appartiennent qu’à nous et qu’il faut y pourvoir seul-e. En s’habituant à prendre la responsabilité collective de nos besoins vitaux, même si c’est juste une partie de ceux-ci, on s’entraîne à s’appuyer les un-e-s sur les autres et on réapprend l’entraide. On préfigure l’autonomie ici et maintenant, avec toutes ses contradictions et tout son potentiel.

Il y avait le cuivre que nous arrachions là où on le trouvait, les fils électriques à dégainer, les pièces à trier et nos voyages de métal chez Miller dans le quartier industriel au nord de la ville. Il y avait des disputes, des bagarres à séparer, des choses qui se brisent, des rencontres, des gens de passage, des voyageurs, des ami.e.s en crise, d’autres qui faisaient l’amour, des réunions, des tableaux de tâches, beaucoup d’outils, des meubles fabriqués avec les moyens du bord, des gros ménages de printemps, des caisses de bière, beaucoup de bières, des prénoms et des genres qui changeaient, des couples qui se formaient, puis s’ouvraient, des vêtements à donner sur le trottoir.

c’était tout ça et plus encore. un certain sens de la communauté. fragile. précaire. on voulait que ça pète. on n’en avait rien à foutre. on ne se demandait pas comment faire du cash mais comment faire pour pas en avoir besoin. pas de cv, pas de diplômes, pas de portfolios. on a pas de preuves que ça a jamais existé. tout ce qu’on a fait. ce qu’on a vécu. des fois je me demande si j’ai pas halluciné. mais quand je me prends à reconnaître un air de ci, un air de ça n’importe où, quand je redécouvre les trames secrètes qui me ramènent à cette histoire capotée, je me dis qu’on a pas encore perdu.

Cet assemblage est un effort pour retenir ce qui nous échappe trop souvent : les traces de nos passages, les détails de nos histoires, les gestes, aussi petits soient-ils, qui ont rendu possible quelque chose de plus grand que nous. Il témoigne d’une tentative, toujours inachevée, de faire lieu. De créer collectivement un espace autonome à la fois habité, habitable et porteur de sens.

Ce zine ne ferme pas la boucle, il en trace les contours mouvants. Il invite à continuer autrement, ensemble, avec les doutes et les joies.

Parce que si on ne se donne pas nous-mêmes les lieux où on veut vivre et faire, personne ne le fera pour nous.

À celleux qui poursuivent, inventent, réparent, déconstruisent et recommencent : à bientôt, quelque part.

Direct Action : Une histoire de résistance armée au Canada

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Oct 202025
 

De Infokiosques

« Au début des années 1980, dans un milieu de squats, de punk, d’activisme et de vol à l’étalage, quelques individus affectés par les conflits en cours – luttes autochtones et écologistes, guérilla et guérilla urbaine – se rencontrent et complotent.

Nous sommes au Canada. Dans un milieu de contestation et de vie collective bien connu, l’objectif de Doug, Anna et Brent : construire un groupe armé de type anarchiste. Poser des actes destructifs qui bloquent le pouvoir dans ses projets nocifs, et ce, toujours en soutien avec les mouvements d’opposition. Ensuite : inspirer et instruire d’autres groupes pour qu’ils passent à l’attaque à leur tour.

L’approfondissement de leur rencontre donnera naissance à une expérience particulière et intéressante à laquelle vont se joindre plus tard Juliet et Gerry. Cette expérience se nommera Direct Action. »

Texte originellement publié dans la revue Takakia, brame de combat contre le Mordor industriel, #3 (automne-hiver 2024).