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Appel à une semaine d’action des Comités de défense et de décolonisation des territoires

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Nov 192017
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Bloquer l’économie extractiviste

Soutenir le Camp de la rivière

Des 24 au 26 novembre prochains, le parti libéral se réunira dans la ville de Québec. Ces farouches partisans de l’économie extractiviste viennent de faire adopter une nouvelle réglementation sur l’exploitation des hydrocarbures qui menace plus que jamais l’eau, la terre et tout ce qui y vit. Leur détermination à favoriser les pétrolières et les minières malgré les désaccords de plus en plus bruyants, démontre que seul un rapport de force conséquent peut interrompre leurs activités. C’est en ce sens que les Comités de défense et de décolonisation des territoires appelons à une semaine d’actions du 24 novembre au 2 décembre pour se rencontrer de nouveau dans la lutte, maintenir la pression et s’attaquer à l’infrastructure de l’économie de la mort.

Depuis que le camp de la Rivière s’est érigé en Gaspésie, au pied de la route menant aux puits de la pétrolière Junex, la ligne est claire : d’un côté, ceux et celles désirant protéger les territoires et de l’autre, ceux voulant les soumettre à une logique d’exploitation. Malgré les menaces d’injonction, un renouveau dans le mouvement de résistance a été généré par les discussions, les rencontres et l’appel à la formation de comité de soutien. La proposition de lier lutte écologiste et décoloniale fait son chemin et engendre de nouvelles possibilités. Tout autant qu’elle adresse des questions brûlantes. Ce qui se passe en Gaspésie, inspire les résistances sur tous les territoires, en plus de nous enseigner le mépris envers les institutions coloniales.

C’est qu’il faut se souvenir qu’une entente temporaire pour l’arrêt des travaux avait été conclue en août dernier sous la pression du conseil traditionnel Mi’kmaq entre les conseils de bande de la région et les pétrolières. Pourtant, Petrolia a reçu l’aval de ces mêmes conseils pour débuter des tests sismiques à proximité d’aires protégés. L’ensemble des institutions coloniales s’allie pour poursuivre leurs œuvres destructrices.

Ainsi, l’annonce de la fin du projet Énergie Est ne fut qu’un court répit pour ceux et celles désirant protéger les territoires. Plus que jamais nous devons miser sur nos propres forces, forger nos liens de solidarité et passer à l’action. C’est pourquoi nous appelons à sortir de nouveau avant que la neige ne vienne voiler les ravages des pétrolières. Sortir, et par tous les moyens nécessaire, ré-habiter les mondes.

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Comité de défense et de décolonisation des territoires

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Nov 162017
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

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Une brèche a été ouverte par une bande d’anonymes maintenant notoire. Leur mouvement autonome de réoccupation du territoire a révélé l’intimité des perspectives écologistes et décoloniales. En bloquant le projet pétrolier de Junex et en affirmant la légitimité des souverainetés traditionnelles Mi’kmaqs sur le territoire, leur action a donné lieu à des nouvelles possibilités de luttes victorieuses. Après le démantèlement des premières barricades, cet appel à l’organisation s’inscrit dans la continuité de leur audace.

À partir du démantèlement, le Camp de la rivière devint un ancrage central de la lutte contre les hydrocarbures et la fracturation en Gaspésie. En plus d’être le lieu d’une quotidienneté emplie de sens, le camp multiplia les efforts visant à bâtir une force qui saurait s’opposer à l’économie de la mort, au travail concerté d’un État extractiviste et des entreprises pétrolières qu’il finance. En ralliant des habitant.es de partout, de la Gaspésie, du reste du Québec et des Maritimes, il a prouvé que ses potentiels de rencontres et d’alliances sont d’une grande puissance.

Dans leur déclaration au banquet Junexit, deux chef.fes traditionnel.les Mi’kmaqs écrivent qu’« après le démantèlement de la barricade, la lutte ne fait que commencer, et des coalitions se forment entre les Chefs des Districts Mi’kmaqs, ainsi que les protecteurs de l’eau et de la terre allochtones. Nous appelons tous les groupes et individus qui se sentent concernés par la protection de l’eau et de la terre sur le territoire de Gespegawagi à faire entendre leur appui, à agir et à rejoindre la lutte sur place. »

L’appel à la semaine d’actions a été un succès dans plusieurs régions, multipliant déploiements de bannières et organisant occupations, manifestations et blocage de trains. La cause, reprise par des écologistes autant que par des militant.es décoloniaux s’est posée comme symbole de la défense du territoire, de la nécessité de protéger les régions et les milieux de vie auxquels nous appartenons. « Tout à perdre, rien à gagner » : plus qu’une opposition aux projets extractivistes, nous voulons exprimer notre attachement au territoire et la menace qu’est le pétrole pour ce à quoi nous tenons.

Pour penser la suite de la lutte et son extension, pour voir comment nous pouvons contribuer à multiplier les conflits, nous proposons aux ami.es, aux camarades, aux allié.es, aux complices, de se regrouper localement dans des formes favorisant à la fois l’autonomie et l’élargissement de la lutte. Nous proposons une forme, celle des comités ouverts pouvant accueillir des individus, des membres d’autres groupes et se multiplier selon les nécessités. C’est à travers ceux-ci que nous pourrons adresser les questions brûlantes que la lutte soulève. Il nous faudra penser ensemble pour agir ensemble, mais c’est aussi dans la pratique que ces questions pourront trouver leurs réponses.

Vaincre la catastrophe

Écologie et Décolonisation

Pas une journée ne passe sans qu’un épiphénomène du réchauffement climatique ne vienne ravager une partie du globe ou qu’on nous rappelle comment la diversité animale chute drastiquement chaque année. Sous l’effet de l’extraction massive des énergies fossiles, la catastrophe fait irruption dans notre quotidien et nous peint un futur sombre. Le déraillement d’un train chargé de pétrole fait exploser un village entier. Le changement soudain du climat paralyse toute une région. Ce qu’on nomme catastrophe n’est que le fonctionnement normal d’une économie fondée sur l’accélération et la croissance.

Les énergies fossiles, censées nous libérer de la dépendance au soleil, nous ont rendu.es dépendant.es aux institutions et infrastructures qui les produisent. Au delà de l’alternative infernale, entre ceux désirant retenir ou accélérer la fin du monde, un parti de la vie se dessine en prenant sur lui de combattre les projets de l’économie de la mort et de réhabiter le monde.

Dépossédé.es, l’on voudrait nous voir vivre déconnecté.es des autres, chaque individu dans sa petite case personnelle, aveugle à la violence qu’exige cet ordre pour se maintenir en place.Défendre les territoires, c’est briser cette bulle. C’est réapprendre à vivre avec ce qui nous entoure et composer avec ce qui nous constitue. Briser le temps normal de l’économie, se retrouver.

Le blocage des projets de Junex en Gaspésie et le Camp ayant suivi sont de ces espaces qui nous permettent de nous rassembler et de nous organiser contre ce qui ravage le monde. Ils se lient aux territoires et y tissent de nouveaux sentiers.

Là est le premier point de contact possible. Les mouvements écologistes, en proposant quelque chose de nouveau pour les allochtones, ont rejoint des idées très anciennes pour les Autochtones. C’est en refusant de penser la terre comme une simple marchandise, de vouloir son exploitation pour le profit et en reconnaissant que c’est elle qui nous nourrit, que des possibles se sont ouverts. En défendant la terre contre le intérêts propres d’un État ou bien d’une entreprise, des ponts ont commencé à s’établir entre des mondes qui semblaient jusque-là irréconciliables.

Mais si le désastre qu’est l’économie du pétrole nous apparaît comme évident, le rapport à celui-ci se conçoit différemment du point de vue des peuples autochtones. Pour eux, cette catastrophe est une réalité se réactualisant depuis 500 ans. La destruction de l’environnement va de pair avec la dépossession qui la précède. Leur perspective nous éclaire sur le caractère colonial de l’histoire moderne. Elle nous permet de comprendre que le développement de l’économie n’a été possible que par la dépossession et l’exploitation. Que ce système fonctionne encore aujourd’hui sous cette même logique et que Junex en est l’ultime représentant.

Poser la question de la défense des territoires en «Amérique» implique donc inévitablement de penser le processus par lequel l’économie extractiviste et ses institutions ont pu y croître. Ce processus, c’est la colonisation, c’est-à-dire le pillage, le saccage et l’occupation des terres autochtones.

Du point de vue autochtone, défendre les territoires est donc inséparable de la lutte de décolonisation. Dans ce processus, les souverainetés ancestrales bafouées par 500 ans de conquêtes doivent être revalorisées et mises de l’avant. Pour les écologistes, cela implique d’assumer la production de mondes allochtones capables d’habiter sans déposséder. À travers une lutte commune contre ce qui nous menace et pour la survie des traditions nouvelles et anciennes, des mondes jusqu’ici incompatibles peuvent se rencontrer. Cette rencontre devra penser l’ordre colonial pour sa destruction. Par là, nous pouvons nous adresser des problèmes communs.

La construction des « Amériques » n’aura été qu’un long processus violent pour s’accaparer territoires et ressources. Les fourrures hier et le pétrole aujourd’hui. Le point de vue décolonial offre à penser cette tragédie. Pour interrompre l’Histoire, il faut bloquer ce qui la construit, c’est-à-dire l’infrastructure de l’économie extractiviste.

La force mobilisatrice qui pourrait émerger d’alliances concrètes entre perspectives écologiste et décoloniale, entre allochtones et Autochtones serait annonciatrice de luttes victorieuses. Cette possibilité de gagner contre ce monde et d’en ouvrir d’autres est entre nos mains. À nous de la saisir !

Comment faire?

« Avancer en questionnant »

La forme proposée, celle des comités, vise à favoriser l’autonomie et l’initiative locale. S’il est nécessaire de soutenir le Camp de la Rivière, nous croyons en l’importance de reterritorialiser les luttes. L’idée de croiser défense et décolonisation est de nous donner un sens commun sans fonctionner de manière programmatique. Chaque lieu, chaque réalité amène des situations différentes sans solution universelle. C’est pourquoi nous proposons le sentier de l’humilité : «avancer en questionnant». Il est nécéssaire de partir des conditions vécues et de construire à partir de là, d’agir directement tout en s’organisant sur le long terme. Pour ce faire, nous suggérons des pistes pour les mois à venir.

I – Enquêter sur les territoires

Il est tout d’abord nécessaire de faire enquête. Pratiquer l’enquête, c’est apprendre à désigner l’ennemi en le faisant apparaître concrètement, dans ses plans et ses politiques. Tout autant, c’est suivre à la trace ce qui déborde de cette logique et tente d’y mettre fin. Cette étape déjà en cours, consiste donc à repérer, à identifier, à comprendre, partout sur le territoire, les projets de l’économie extractiviste et leurs articulations avec le programme colonial. On retrouve cette articulation dans l’aménagement même du territoire et dans l’omniprésence des infrastructures d’extraction. L’espace y est fracturé d’inégalités et réunifié par tout un réseau de communication et de circulation. Il faut en saisir le fonctionnement, les méthodes et plus particulièrement, comprendre comment cette politique extractiviste mène au sous-développement et à la perte de souveraineté pour les habitant.es des régions périphériques. Dans un même geste, il nous faut se lier aux résistances et comprendre l’ennemi à partir de comment elles le désignent. Il s’agit de se lier aux personnes qui habitent le territoire et qui luttent pour le défendre. Cela implique d’apprendre à tenir à ce qu’elles aiment et à mépriser ce qui le menace, de partager la vie.

II- Construire l’autonomie

Les réseaux extractivistes de dépendance font circuler les ressources des périphéries vers le centre. Pour briser cette logique, nos réseaux doivent nous permettre de circuler et de se rejoindre dans l’action pour répondre aux appels lancés. Construire l’autonomie c’est d’abord viser à réunir les forces pour combattre ce qui saccage les territoires. Il s’agit d’insuffler une force nouvelle aux mouvements contestaires et de les réinventer à travers les traditions anciennes et nouvelles : ces formes de vie qui nous permettent de vivre à même le territoire nous apprennent nécessairement à lutter contre ce qui le menace. L’effort est donc multiple : bâtir un mouvement combatif dans l’écologisme, appuyer les formes traditionnelles de souveraineté autochtone et reprendre le pouvoir sur nos vies. Pour cela, il faut déjà rendre notre monde habitable, c’est-à-dire se re-donner les moyens matériels, les connaissances, l’imaginaire et le sens existentiel pour tenir dans la désertion et la confrontation.

III- Bloquer les flux

À celles et ceux qui vivent en ville et pour qui le monde semble impossible à ressaisir, le rôle revient de faire apparaître la confrontation en s’attaquant aux symboles, aux infrastructures, aux ennemis qui menacent les formes de vie auxquelles nous tenons. Il faut compromettre, en métropole comme ailleurs, la modernisation et le développement de l’économie capitaliste extractiviste jusqu’à les rendre intenables. La continuation de cette économie dépend de sa capacité (1) à extraire des ressources et (2) à les faire circuler. Nos considérations tactiques doivent découler de cette simple constatation. Notre mode d’organisation doit nous permettre de soutenir efficacement les luttes qui ont cours sur les territoires par-delà les frontières coloniales, d’aider à leur extension et d’acheminer des ressources qui permettent leur durée.

Nous proposons ces étapes en vue de voir se multiplier les blocages et actions sur le territoire au cours des prochains mois. Le succès des actions entreprises dépendra de notre capacité à bâtir des relations solides sur le long terme, des liens de confiance qui permettent la complicité, et des réciprocités qui nous lient. Le mouvement que nous nous proposons de développer implique une déconstruction profonde des rapports de pouvoirs présents entre nous, insufflés dans nos esprits par l’idéologie coloniale. Penser la décolonisation implique de se projeter dans une temporalité plus large qu’une campagne ou qu’un seul campement. Au final, nous désirons rendre inséparables le moment de la vie et celui de la lutte.

Approfondir les idées, développer la lutte

La formation d’un comité vise à réunir ceux et celles désirant articuler écologie et décolonisation dans la lutte pour la défense des territoires. Les comités permettent une plus large participation et une coordination des efforts. Ils peuvent à la fois soutenir le Camp de la Rivière et s’organiser sur leur propre territoire.

Pour construire les comités et se préparer à la reprise des hostilités avec les pétrolières, nous proposons quelques pistes d’activités et d’actions pour les prochains mois. Nous prévoyons organiser une fin de semaine de formation et une rencontre entre les comités dans les prochains mois. D’ici là, il s’agit de maintenir la tension, d’enquêter sur les projets en cours et de bâtir des liens solides.

Propositions concrètes

Organiser le soutien au Camp de la Rivière : Assurer une présence physique, fournir du matériel et de l’argent. Des personnes vivant au camp ont décidé d’y passer l’hiver. Il faut donc rester à l’affut des besoins qui seront exprimés dans les prochaines semaines relativement à ce défi.

Enquêter et construire la solidarité : Aller à la rencontre des personnes en lutte.Il est fondamental d’apprendre à connaître les luttes de défense des territoires et de se lier avec ceux et celles qui les mènent.

Organiser des actions autonomes : Les cibles et formes d’actions sont multiples, les adresses faciles à trouver du moment que les ennemis sont identifiés. L’organisation d’action est à la fois un moyen de se lier entre nous en incluant de nouvelles personnes et de faire monter le ton face aux projets de l’économie extractiviste.

Organiser des discussion autour de livres : Penser l’envers obscur de la modernité, Pour une histoire amérindienne de l’Amérique, Carbon democracy. Le pouvoir politique à l’ère du pétrole, Red Skins White Masks, Colonialité du Pouvoir et démocratie en Amerique Latine, 1492, l’occultation de l’autre,Wasáse indigenous pathways of action and freedom, Decolonization is not a metaphor

Mettre en place des activités de financement : Il faut financer la suite du campement, les luttes en cours et la défense des arrêté.es du blocage et de la semaine d’actions.

Organiser des projections : Kanehsatake, 270 ans de résistances, Les évènements de Restigouche, La Couronne cherche-t-elle à nous faire la guerre?, Pour la survie de nos enfants, Our nationhood-Kouchibouguac (Liste de films proposés disponible sur le site de l’ONF)

Produire du matériel d’agitation et d’information : Il est nécessaire de faire connaître les activités des comités à travers des affiches, des tracts et autres outils de diffusion.Ainsi que de sensibiliser la population aux questions écologiques et décoloniales.

Organiser des formations à l’action : Lorsque le temps vient de mettre en place des actions ou d’intervenir dans celles déjà en cours, il est fondamental de savoir le faire en minimisant le danger que nous courrons et maximiser celui que nous représentons : ABC d’une occupation, préparation d’équipes médicales, entraînement aux tactiques de rue et de survie en forêt, apprentissage du fonctionnement des technologies ennemies et de celles qui peuvent nous être utiles.

Participer à l’organisation de la tournée de conférences : Au courant du mois de novembre, il serait intéressant de circuler dans les régions qui ont signifié un appui au Camp de la Rivière. Nous proposons de mettre en place une tournée de conférence.

Adopter des positions d’appui en Assemblée générale

Pour organiser des discussions sur les événements du Camp de la Rivière avec des personnes ayant participé à la lutte : campdelariviere@gmail.com
Pour contribuer aux prochaines publications du journal et bâtir le réseau des comités : cddt@riseup.net

Monument raciste et colonial à John A. Macdonald défiguré

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Nov 122017
 

Du Collectif de résistance antiraciste de Montréal (CRAM)

(Le Collectif de résistance antiraciste de Montréal (CRAM) a reçu le lien suivant, par une source anonyme, ce matin: https://vimeo.com/242431388 … Le lien a inclu le texte ci-dessous. Nous partageons cet info avec le publique, mais nous ne sommes pas responsable pour l’action.)

MONTRÉAL, Le 12 Novembre 2017 — À la veille d’une manifestation importante contre la haine et le racisme à Montréal, un groupe local et anonyme de militant.e.s anticoloniaux, antiracistes, et anticapitalistes ont réussi à vandaliser le monument historique au premier des premiers ministres du Canada, John A. Macdonald, situé au centre ville sur la Place du Canada.

Selon Art Public Montréal: « Parmi les monuments érigés à la mémoire de Macdonald, celui de Montréal est le plus imposant et le plus élaboré. » Le monument, construit en 1895, est maintenant recouvert de peinture rouge.

– Une vidéo de l’action est disponible ici (postée anonymement sur Vimeo):
https://vimeo.com/242431388

– Des photos du monument recouvert de peinture sont disponibles ici:
http://i64.tinypic.com/63ubfa.jpg
http://i68.tinypic.com/2jdffac.jpg

– Une photo du monument original est disponible ici:
https://tinyurl.com/yctxbyuk

Les individus responsables de cette action ne sont pas affiliés avec la manifestation antiraciste d’aujourd’hui (www.manif12novembre.com) mais ont décidé de cibler la statue de John A. Macdonald comme clair symbole du colonialisme, du racisme, et de la suprématie blanche.

L’action d’aujourd’hui est inspirée en partie des mouvements aux États-Unis qui visent à faire enlever les symboles publics de la suprématie blanche, tels que les statues de la confédération. Elle est aussi motivée par les revendications décoloniales, telles que le mouvement « Rhodes doit tomber » en Afrique du Sud. De plus, nous sommes directement inspiré.e.s par les revendications de militant.e.s anticolonialistes — à la fois autochtones et non-autochtones — contre John. A. Macdonald, en particulier à Kingston en Ontario, la ville natale de Macdonald. Nous notons également les efforts ailleurs dans l’état Canadien pour changer le nom des écoles nommées d’après Macdonald, incluant une résolution de la Fédération des enseignants d’école primaire d’Ontario qui dénoncent Macdonald comme « Architecte du génocide des peuples autochtones ». Le détournement du Monument Macdonald est aussi approprié dans le contexte du révisionisme de l’histoire Canadienne cette année durant les célébrations de « Canada 150 », et de plusieurs appels à l’action, tels que les graffitis « 375 + 150 = Bullshit » de cet été à Montréal.

Au milieu de toute cette activité anticoloniale et antiraciste ciblant les statues et autres symboles, nous avons décidé d’offrir une petite contribution de la part Montréal.

John A. Macdonald était un suprémaciste blanc. Il a contribué directement au génocide des peuples autochtones par la création du système brutal des écoles résidentielles, ainsi que par d’autres mesures visant à détruire les cultures et traditions indigènes. Il était raciste et hostile envers les groupes minoritaires non-blancs au Canada, appuyant ouvertement la préservation d’un Canada soit-disant « Aryen ». Il a passé des lois dans le but d’exclure les personnes d’origine chinoise. Il a été responsable de la pendaison du martyr Métis Louis Riel. La statue de Macdonald a sa place dans un musée, et non pas comme monument occupant l’espace public à Montréal.

Les vidéos, photos, et textes de cette action ont été partagés anonymement avec des antiracistes de la région de Montréal, afin de les distribuer le plus largement possible, et d’inspirer plus d’actions anticoloniales dans les rues locales.

Nous exprimons également notre support et notre solidarité la plus sincère envers les manifestants qui prennent les rues aujourd’hui en opposition à la haine et au racisme, ansi qu’envers la mobilisation antifasciste pour contronter les groupes racistes, Islamophobes, et antiimmigrants La Meute et Storm Alliance à la ville de Québec le 25 Septembre.

Ni patrie, ni état, ni Québec, ni Canada!
— Une poignée d’antiracistes anticoloniaux.

Tu n’iras pas plus loin, Canada!

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Oct 262017
 

Soumission anonyme à MTL Counter-info

11 octobre 1869 : Il y a cent quarante ans, des experts du territoire envoyés par la nouvelle confédération canadienne fut confrontée par un groupe de Métis mené par Louis Riel. Les experts avaient été envoyés pour délimiter le nouveau tracé de propriété du Canada, une première étape dans la prise de contrôle du Canada sur les territoires de la Rivière Rouge. Ce groupe de Métis a physiquement arrêté leur travail alors que Riel leur annonçait : « vous n’irez pas plus loin ». Ainsi débuta la rébellion de la Rivière Rouge, un moment inspirant de la longue histoire non-achevée des luttes autochtones pour survivre et combattre le colonialisme et sa violence génocidaire à travers le continent.

Nous sommes des anarchistes non-autochtones et nous avons choisi de commémorer cette importante journée dans l’histoire de la résistance anti-coloniale en vandalisant le monument à la mémoire de John A. MacDonald à la Place du Canada à Montréal. Nous avons peint Ⓐ FUCK 150 DÉCOLONISONS.

2017 est une année marquée par les tentatives du canada pour célébrer ses 150 années d’existence. À travers elles, l’État tente d’accorder aux peuples autochtones une place dans un narratif déformé sur la construction d’une nation bâtie sur des terres volées, une tentative de génocide et l’assimilation. Face au cauchemar colonial en cours, nous ne voyons qu’une avenue possible : décoloniser et en finir avec le canada.

Vivent les peuples autochtones de l’Île Tortue!

Ni frontière, ni état, ni québec, ni canada!

Personne ne sera libre tant que tous.tes ne seront pas libres!

Parce que les parcs «naturels» ont aussi servi et servent encore les fins de la colonisation des espaces et des peuples autochtones

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Oct 122017
 

De Ni Québec, ni Canada

Parcs, environnements, contrôle, exploitation…

En quoi les parcs sont la plupart du temps des environnements domestiqués, coloniaux, étatisés, capitalisés… et quelles seraient les bases écologistes et anticoloniales d’autres relations au vivant ?

Entrevue avec Karl, anarchiste, défenseur de la terre, partisan de la décolonisation, vivant, oeuvrant et luttant en solidarité avec de nombreuses communautés et luttes autochtones dans la soi-disant «Colombie-Britannique»

Voir l’entrevue précédente avec Karl.

Land and Freedom by Seaweed

Défendre l’eau de qui et comment le faire? : Déclaration du Camp de la rivière

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Oct 122017
 

De Camp de la rivière – Galt-Junex

Déclaration du Camp de la rivière à propos de la présence de fascistes à la manifestation intitulée L’eau du Québec, c’est sacré!

L’écologie et l’anticolonialisme sont les piliers du Camp de la rivière. Bien entendu, ces concepts ne sont pas fixes et laissent place à plusieurs interprétations. Cela étant, ils impliquent d’abord et avant tout une transformation dans notre rapport au monde, aux êtres qui nous entourent, à l’histoire qui nous précède, à celle que l’on met en récit, et ce dans le but assumer de se dérober à ce monde qui fait guerre à tout ce qui résiste, à tout ce qui lui est extérieur.

À la manifestation intitulée Manif à la frontière : réfugiés bienvenus!, Dave Tregget, membre de Storm Alliance, a déclaré que les antifascistes et Storm Alliance recroiseraient le fer à la manifestation intitulée L’eau du Québec, c’est sacré! Montréal antifasciste a ensuite contacté les organisateurs et organisatrices de cet événement afin de leur demander de se dissocier de la présence de groupes fascisants à leur événement. Dans les commentaires sur la page Facebook de l’événement, ces derniers ont cru bon de rappeler qu’il s’agit d’une manifestation pour protéger l’eau et qu’il n’y ait pas question de racisme, donc que tout le monde, incluant les racistes, y est le bienvenu. D’abord, nous tenons à rappeler que l’eau qui coule sur le territoire n’appartient pas à ce qu’on appelle du Québec, mais coule en territoire autochtone non cédé. Ensuite, il nous faut également aborder le caractère, à tout le moins, problématique des déclarations tenues par les organisatrices et organisateurs dudit événement.

La croissance de groupes fascistes partout dans le monde manifeste l’abandon de la croyance en des structures traditionnelles de la politique qui n’ont fait que procéder à une perpétuelle dépossession. Il ne va néanmoins sans dire que les réponses qu’ils offrent à cette situation constituent une dangereuse crispation fascisante. Bien loin de principes écologistes et anticoloniaux qui tentent une ouverture et une manière d’être différentes à l’égard de mondes qu’on a et qu’on continue de pillé et de ravagé, la réponse offerte par ces groupes manifeste un repli réactionnaire qui vise la création et la défense d’un idéal identitaire, d’une intériorité fantasmée qui rejette tout ce qui lui est extérieur, tout ce qui lui est hétérogène, bref tout ce qui est interprété comme une menace potentielle.

C’est en ce sens que, dans une perspective anticoloniale et écologiste qui se veut transformatrice et non pas réactionnaire, nous refusons le soutien de ces groupes et de leurs sympathisant.es puisqu’ils participent d’un esprit qui nous semble creuser la catastrophe en cours plutôt que d’engendrer de nouvelles façons de l’habiter en commun.

Le fascisme c’est la répression impériale qui se renverse vers l’intérieur

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Oct 122017
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le fascisme c’est la répression impériale qui se renverse vers l’intérieur.
-Cope (2015), cité dans Kesīqnaeh

Suite à la manifestation qui s’est déroulée samedi à la frontière de Lacolle et qui s’intitulait « Ouvrez les frontières! », un graffiti signifiant ‘’DECOLONIZE’’ est apparu sur les berges d’un canal dans un quartier du sud-ouest de Montréal. Ce message nous permet d’expliciter certains liens entre la lutte de décolonisation en cours sur Turtle Island et les actions antifascistes. Dans Fascism & Anti-Fascism : A Decolonial Perspective, Kesīqnaeh dresse certains parallèles éclairants à propos de ces luttes tout en interrogeant la signification du fascisme pour les peuples autochtones qui combattent déjà la violence coloniale. Question d’être laconiques, quelques citations directement tirées du texte vous sont présentées ici même :

Kesīqnaeh soutient que :

« Le fascisme est atteint lorsque la violence des nations impérialistes a fait le tour du monde dans le cadre du développement du système capitaliste, moderne et parasitaire mondial puis revient visiter son berceau. »

[…]

« Dans le contexte d’une occupation coloniale, cette violence ne fait qu’un avec l’état d’exception visant à repousser les frontières, avec la liquidation et l’entreprise de civilisation des peuples autochtones qui vise l’obtention de terres pour établir la colonisation ainsi qu’avec le continuum du système carcéral qui a marqué l’existence noire sur ce territoire depuis l’esclavage domestique jusqu’à l’hyperghetthoisation. »

[…]

« Pour citer le Parti socialiste du peuple d’Afrique : “notre libération – et c’est ce que nous devons gagner – ne viendra que d’une lutte entièrement dédiée à renverser la relation coloniale dans laquelle nous sommes avec le pouvoir blanc“[1. African People’s Socialist Party. 2015. “Colonialism Trumps Fascism in U.S. Elections.” The Burning Spear, September 8. (Traduction libre par Montréal Contre Information)] ».

[…]

« La menace principale du fascisme envers les peuples colonisés n’en est pas une qui nous permettrait d’effectuer une translation entre un état où nous n’aurions pas été sujets à la violence généralisée à un état où nous lui ferions face. Il s’agit plutôt d’une menace qui stimule et accélère la logique éliminatoire et accumulative à la base du colonialisme exécuté par les colons. »

[…]

Contrairement à la perspective du « bon citoyen – bon patriote » construite dans les médias traditionnels et les médias sociaux par les groupes d’extrême droite québécois – par exemple, faire des signes de paix ou imiter des chants antifascistes dans une manifestation « Tout le monde déteste les racistes » – ces groupes sont bel et bien racistes, chauvins, anti-immigration et ultranationalistes. Ils sont organisés de façon hiérarchique, leurs membres et leurs meneurs se targuent de valeurs suprématistes blanches et se scandalisent à l’égard du gouvernement Trudeau. Cela étant, s’ils veulent réellement se confronter aux libéraux pourquoi mobiliser à la frontière de Lacolle? L’inconsistance de leur message trahit leur véritable croyance. Nous devons porter attention à la manière dont ils construisent leur discours (Qu’est-ce qu’il implique? Comment se construit-il? Quand et en relation avec quelles autres idées le prononcent-ils? Dans quel contexte une déclaration survient-elle?) Ce n’est pas seulement digne d’intérêt que de soulever certains arguments de l’extrême droite afin de montrer qu’elle s’appuie sur des informations fautives et une analyse politique extrêmement pauvre. Il faut plutôt penser aux effets qui sont recherchés et impliqués par ces perspectives sur le réel.

« Ils sont tous assoiffés de nouvelle frontière, de coloniser à nouveau, de territoires, de patrie blanche. En d’autres mots, ils sont assoiffés en vertu de l’accomplissement du rêve colon. » (Kesīqnaeh, 2017).

Aussi loin que ce graffiti sur un mur du canal dans le sud-ouest de Montréal puisse sembler de la teneur du propos ici exposé, il y a de réels rapports à établir. « DECOLONIZE » a été réalisé par des camarades impliqués au sein d’organisation et d’action antifascistes. Kesīqnaeh soutient que « si vous voulez vous battre contre le fascisme, vous devez décoloniser. » Les camarades tapis derrière ce message aposé sur la paroi du canal souhaitent que cette analyse politique s’inscrive dans la tête de tous ceux et toutes celles pour qui il importe de se soulever contre les groupes d’extrême droite actifs sur Turtle Island.

« DECOLONIZE » représente une présence esthétique qui ébranle l’infrastructure qui invisibilise le processus violent de colonisation qui a permis l’érection de condos et de commerces y étant liés d’émerger tout en apportant avec eux leur lot de résident.es et de patron.es qui ont peu de considération pour les structures et agencements violents dans lesquels ils s’enracinent. Ces infrastructures organisent la société en fonction d’aspirations qui déploient des récits anti-autochtones et anti-noir.es. Alors que le fascisme ne semble pas nécessairement en appeler à l’élite blanche et fortunée, ses valeurs idéologiques soutiennent le privilège et l’impunité de ceux qui compétitionnent pour accéder au pouvoir dans le climat socio-politique et économique actuel. Ces groupes de droite voient l’État, ses autorités policières (oui, ils ont applaudi lorsque les unités antiémeutes se sont présentées à Lacolle), ses frontières comme des formes de légitimation du pouvoir. Cependant, les frontières sont l’appareil d’un état colonial établi sur des territoires volés, l’esclavagisme et des politiques génocidaires. Ainsi, la frontière est illégitime et ceci constitue un appel à agir en correspondance avec cette dernière position.

Montréal contre Junex : une manifestation bloque un chemin de fer

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Oct 112017
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le dimanche 10 septembre, nous nous sommes mobilisé.es en solidarité avec ceux et celles qui résistent actuellement contre l’industrie pétrolière en Gaspésie, particulièrement contre Junex et ses investisseurs. Les corporations comme Junex travaillent main dans la main avec les gouvernements provincial et fédéral. Ces collaborations sont des exemples de la manière dont le capitalisme néolibéral fonctionne pour soutenir l’état colonial du Canada. La législation, annoncée récemment, qui permet la fracturation et le forage dans les rivières et les lacs du soi-disant « Québec » démontre une telle complicité ainsi que son absurdité. L’État ne se soucie même plus de faire semblant qu’il joue un rôle neutre lorsqu’il s’agit de paver la voie à l’empoisonnement de l’eau et de la terre pour le profit capitaliste.

La manifestation s’est rassemblée au Square Cabot. Le nom du Square a été dénoncé : un drapeau Mi’gmak a été accroché à la statue coloniale représentant Cabot, de même qu’une bannière sur laquelle on pouvait lire « Colonisateur ≠ explorateur ». La manif a d’abord marché à travers le centre-ville avant de se retrouver à St-Henri. On a pu entendre la foule crier « Les pétrolières nous font la guerre, guerre aux pétrolières ». Quelques individus parmi les manifestant.es avaient pour objectif d’atteindre les chemins de fer de la rue Courcelle, au nord de St-Jacques, pour y ériger une barricade temporaire. À quelques reprises, la police a tenté de contrôler nos mouvements et de nous forcer à marcher dans le sens du trafic. Toutefois, nous avons échappé à leurs tentatives de manière créative et festive. Il y a peu de choses qui se comparent à la joie intense et à l’espièglerie que certain.es d’entre nous ont ressenti alors qu’on déjouait les policiers, qu’ils soient à vélo, dans leurs vans ou à pied.

À la surprise des policiers à vélo, la manifestation a quitté St-Antoine à un moment critique pour se diriger vers les chemins de fer. À ce moment de la manif, les gens ont sprinté victorieusement vers les tracks, où on a rapidement pris possession de l’espace, mis en place les paramètres de notre blocage, puis commencé à servir de la nourriture. Après peu de temps, un train de passager Via Rail a été repéré. Nombreux.ses ont été ceux et celles inquiété.es par cette vision, car il y a peu de trains qui sont capables de freiner aussi rapidement. Il y avait un risque réel que les gens se fassent frapper par le train. Les trains de marchandises ne peuvent pas faire de tels arrêts, puisqu’ils doivent ralentir sur de longues distances avant de parvenir à s’arrêter totalement. Nous avons rapidement dégagé la section des rails sur laquelle le train aurait poursuivi sa course, mais heureusement pour nous il s’est arrêté et personne n’a été blessé. Nous avons réussi à bloquer les tracks pendant plus d’une heure. La police a essayé de parler à « nos leaders », ce à quoi elle a reçu des réponses moqueuses ou hostiles – la police protège et sert le génocide colonial en cours, génocide dont le « Canada » dépend. Nous avons décidé de quitter les lieux collectivement, selon nos propres termes, afin de minimiser la probabilité d’arrestation. Trois personnes font présentement face à des poursuites pour avoir prétendument participé à cette manifestation.

La manif et le blocage des rails constituent une victoire. Nous avons atteint nos objectifs de manière créative, en étant capables d’improviser face à l’adversité. Nous avons mis nos corps en jeu pour montrer notre solidarité avec ceux et celles qui confrontent Junex et résistent contre leur projet de fracturation dans la région gaspésienne. Chanter des chansons et signer des pétitions n’est pas suffisant. Nous devons exercer une réelle pression contre les infrastructures et les personnes qui donnent à l’État colonial et à la société les moyens de continuer le saccage des terres et des corps autochtones. Nous avons du respect pour la diversité des tactiques : voilà pourquoi la manif a été un succès de manière générale. Les gens présents au Square Cabot s’inscrivaient dans un large spectre d’idéologies de gauche et d’idées par rapport à l’activisme. Ceci a permis à d’autres actions de se dérouler dans l’espace de la manifestation. Au final, nous avons quitté la manif et le blocage en sentant que même un petit groupe de personnes motivées peut être puissant contre l’État, la police et les corporations.

Le texte suivant a été lu à voix haute avant que la manifestation débute :

Nous organisons cette manifestation en réponse à l’appel du Camp de la Rivière pour la tenu d’une semaine d’actions contre les projets de l’économie extractiviste en Gaspésie, territoire mi’kmaq. Faisant suite à l’occupation des bureaux de Junex à Québec, cette manifestation populaire vise à faire connaître les luttes sur l’ensemble des territoires. L’économie extractiviste par ses forages pétroliers menacent eau et forêt et par là, déclare la guerre à toutes les formes-de-vie qui habitent le territoire. Prenant parti pour d’autres mondes possibles, nous entravons les rues de la métropole pour ramener en son sein les conflits territoriaux qu’elle génère par le pillage des ressources dont elle dépend.

Nous inscrivons notre marche en solidarité avec le peuple mi’kmaq qui subit à travers les projets pétroliers de Junex et de Pétrolia, la suite de 500 ans de colonialisme brutal. Il est impossible de séparer la question des territoires de la lutte décoloniale puisque l’existence même des institutions politiques et économiques du Dominium canadien est le fruit du colonialisme. Tout comme les mi’kmaqs du camp Treaty Truck House de Shunbenacadie en Nouvelle-Écosse qui luttent contre le projet destructeur d’Alton Gaz , le Camp de la Rivière vise à briser l’emprise coloniale sur les territoires. Nous désirons revaloriser des appartenances aux territoires et des formes de souveraineté ancestrales qui viennent saper l’exploitation et le pillage. En ce sens, nous appuyons le conseil traditionnel Mi’kmaq et la société des Warriors Mi’kmaqs qui luttent avec acharnement depuis 500 ans contre les institutions imposées par le colonisateur.

Tout comme nous appuyons les luttes des warriors de kahnawake et de kanehsatake, et reconnaissons que l’île de Montréal est leur territoire. Que cette île fut par le passé, avant l’arrivée des colons, un espace de rencontres entre les peuples autochtones, Anishnaabe, Mi’kmaqs et Wendats.

Par la défense de la terre et des rivières, nous pensons la décolonisation et l’appui aux luttes en cours. Si aujourd’hui nous marchons, c’est qu’il y a un mois, un groupe d’autochtones et d’allochtones a pris sur lui de bloquer concrètement les projets de Junex en érigeant une barricade. La centralité du pétrole dans l’économie canadienne est alors apparue évidente par l’étendue des moyens déployés par les forces de l’ordre pour mettre fin au blocage. Après une semaine, la swat, appuyée par un tank de la SQ a repris le territoire libéré par les protecteurs.trices de la terre et a arrêté le Water Protector anishnaabe Freddy Stoneypoint. Nous marchons aujourd’hui pour dénoncer cette répression politique.

C’est avec acharnement que les institutions canadiennes et québécoises font la défense et la promotion de l’économie extractiviste. Cette situation rend nécessaire que nous trouvions d’autres manières pour nous organiser et pour penser nos relations. Il n’est plus possible d’entreprendre des dialogues avec ce qui dépend entièrement de ce qui tue les territoires. C’est pourquoi le Camp de la Rivière désire vous inviter le 30 et premier octobre prochain à une rencontre des résistances.

La solidarité que nous élaborons n’aura d’autre choix que d’être offensive. Ce que à quoi nous tenons et la gravité de la situation rendent nécessaire le sérieux des moyens. L’économie extractiviste est vulnérable car ses infrastructures sont partout sur le territoire. En bloquant cette économie, nous nous donnons les moyens élémentaires pour vivre et décoloniser l’Île de la Tortue.

Pour dégager les solidarités entre les territoires, il faut rendre à l’Histoire ses vérités horribles et cachées. C’est pourquoi nous débutons notre marche au Square Cabot à Montréal où la ville et l’État ont tenu bon de célébrer le soi-disant explorateur John Cabot. Ce serviteur de l’impérialisme anglais n’a été, comme Cartier pour les français, que le point de départ du plus grand génocide de l’Histoire. L’existence même de cette statue est un affront à tous les peuples qui luttent pour se dégager des chaînes coloniales.

Dans les tranchées: Sabotage d’un oléoduc de Enbridge à Hamilton

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Oct 102017
 

Du Hamilton Institute

Les oléoducs sont une guerre menée par l’insatiable avarice des corporations contre la terre et les vivants. Dans cette lutte, notre détermination s’intensifie à chaque fois que Enbridge lance audacieusement un nouvel assaut; à chaque fois qu’ils font fi des préoccupations et des requêtes des peuples autochtones. À chaque audience en justice. À chaque acte d’intimidation. À chaque mensonge ou prétention fallacieuse à la sécurité et la nécessité. Nous en avons assez.

Alors quand Enbridge a commencé à livrer de nouvelles sections d’oléoduc pour son expansion de la ligne 10, nous avons entrepris de les saboter.

L’Île de la Tortue est traversée de vastes réseaux d’infrastructure pétrolière. Ils sont indéfendables: des opportunités parfaites pour des actions directes effectives, qui ne font de mal à personne sauf aux lignes de fond d’une compagnie pétrolière. C’est dans cet esprit que nous nous sommes retrouvés à faire de longues ballades au clair de lune dans les trenchées d’une emprise fraîchement défrichée pour la ligne 10. À notre gré, nous avons percé des trous de grosseurs diverses dans certaines sections de l’oléoduc, alors que d’autres se voyaient remplies de produits corrosifs.

Ce geste a été mené en solidarité avec les peuples autochtones de la région. Des peuples qui ont été déplacés, menacés et massacrés depuis le débarquement des premiers colons – et qui font toujours face à cette violence, souffrant des conséquences de cette société capitaliste coloniale et des industries qui la font vivre.

Alors – à Enbridge: Vous devrez remplacer toutes les dernières sections de la ligne 10 que vous avez posées jusqu’à maintenant. Nous vous en faisons part car l’environnement nous importe, et que vous ne nous importez pas du tout – tenez vous le pour dit. Pour chaque dollar que vous raflez des mains des peuples autochtones et des gens qui défendeur leurs territoires, nous allons vous en faire payer dix.. #sorrynotsorry

Au public: Il n’en tient qu’à vous de rendre Enbridge imputable de chacun de ses gestes. Ne les laissez pas mettre vos vies en jeu en installant des pipelines, alors même qu’ils savent désormais qu’ils sont compromis. Ne les laissez pas mettre vos vies en jeu avec des pipelines, point.

Et enfin, mais non le moindre, à nos camarades et co-conspirateurs:

Un mémo venant du coeur

Vous aurez besoin 1) d’une bonne perçeuse sans fil, 2) un embout de petite taille en cobalt ou en titante – préférablement avec un point de guidage, et 3) d’huile à coupe (oh l’ironie!)

Avec un certain sens de l’aventure et des responsabilités, mettez vos talents de ninjas furtifs à l’oeuvre en vous installant dans l’emprise. Une fois rendus là, vous serez plus ou moins invisibles de la rue si vous n’avez pas de vêtements fluorescents, parsemés de glitters ou si vous ne déconnez pas trop avec votre lampe frontale. Prenez une respiration, regardez aux alentours, puis faites vous un chemin vers un pipeline vide et percez! Allez-y lentement (pour faire moins de bruit, de réverbération et de friction) et appliquez suffisamment de pression pour voir sortir des copeaux – et poursuivez pour un bon 10 ou 15 minutes. L’huile de coupe vous aidera à refroidir l’embout de la perceuse, la rendant plus efficace.

Amusez-vous, et restez prudents.