Soumettre des communiqués à MTL Contre-info de manière sécuritaire

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Mar 042020
 

Mis à jour mars 2020

Nous avons pensé qu’il serait utile de résumer une technique de base pour soumettre des communiqués de manière anonyme, en utilisant le système d’exploitation Tails.

Tails est un système d’exploitation pour ordinateur conçu avec un souci de sécurité et qui peut être démarrer à partir d’une clé USB ou d’un DVD sur n’importe quel ordinateur. Après avoir éteint Tails et éjecté la clé USB ou le DVD, l’ordinateur peut redémarrer normalement avec son système d’exploitation habituel. Tails est conçu pour ne laisser aucune trace sur l’ordinateur en n’interagissant aucunement avec le disque dur et en utilisant seulement la mémoire vive (qui est automatiquement effacée quand Tails est éteint). De plus, Tails oblige toutes les connexions internet à passer par le réseau Tor [1], ce qui est beaucoup plus sécuritaire que d’utiliser simplement le navigateur Tor sur votre système d’exploitation habituel.

Adresse IP et MAC :
Toute connexion internet a une adresse IP [2] spécifique qui peut être enregistrée par les sites internet qui sont visités et qui révèle la connexion qui a été utilisée. On peut d’ailleurs retracer le lien entre une adresse IP et un.e abonné.e internet, que ce soit un individu ou un commerce comme un café.

Tous les ordinateurs ont une adresse MAC [3] qui peut identifier l’ordinateur spécifique qui s’est connecté à un site internet via l’adresse IP.

Tails dissimule automatiquement l’adresse IP en utilisant le réseau TOR et donne automatiquement à chaque utilisateur une fausse adresse MAC dès le départ.

1.Télécharger et installer Tails
Tails peut être téléchargé sur https://tails.boum.org. Vous pouvez suivre le guide d’installation sur le site pour savoir comment télécharger et vérifier le fichier, l’installer sur une clé USB ou un DVD et le faire démarrer sur votre ordinateur.

2. Démarrer Tails
Dépendamment d’à quel point vos activités sont risquées, il pourrait être une bonne idée d’utiliser un ordinateur qui n’est pas connecté à votre identité d’aucune manière (au cas où Tails, pour une raison ou une autre, laissait une trace). Ce peut être un ordinateur public hors de la vue des caméras de surveillance, ou un ordinateur utilisé spécifiquement dans ce but.

Si vous démarrer l’ordinateur avec la clé USB branchée et que Tails ne démarre pas automatiquement, il se pourrait que vous ayez besoin d’accéder au « menu de démarrage » de votre ordinateur. Sur la plupart des ordinateurs, vous pouvez appuyer sur une touche du menu pour faire apparaître une liste des différents systèmes sur lesquels il est possible de démarrer (identifier les touches possibles du menu de démarrage pour votre ordinateur selon le manufacturier dans la liste ci-bas). Dans ce menu, choisissez votre clé USB. Pour la résolution de problème, référez-vous à « Démarrer Tails » sur tails.boum.org. Vous pourriez avoir besoin de modifier les paramètres du BIOS.

3. Se connecter à internet
Si vous utilisez un ordinateur portable, vous pouvez accéder à plusieurs réseaux wifi, dont vous connaissez les mots de passe, depuis l’extérieur du bâtiment, et ce même la nuit si le wifi est laissé ouvert. Si le wifi a un « portail captif » (comme dans la plupart des chaînes de cafés), vous devrez utiliser le Unsafe Browser pour accepter les « termes et conditions » du portail et vous connecter. Un wifi sans portail est préférable.

4. Soumettre un Communiqué
Ouvrez le navigateur TOR et vérifier que Tor est fonctionnel en visitant https://check.torproject.org. Allez sur https://mtlcontreinfo.org/publiez/ pour nous envoyer votre communiqué! Si vous souhaitez soumettre des images, vidéos, etc., éliminez les informations d’identification (métadonnées) à l’aide de Metadata Anonymization Toolkit (MAT) sur Tails.

Pour approfondir :
• Autoprotection Digitale Contre la Surveillance: Astuces, Outils et Guides Pratiques pour des Communications En Ligne Plus Sécurisées
• Le Zine « Anonymity/Security »
• Le « Surveillance and Counter-surveillance Guide »


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1. TOR est un réseau de « proxies » géré par des bénévoles dans le but explicite d’assurer l’anonymat en ligne. Avec TOR, votre connexion passe à travers trois proxies. Vous vous connectez à TOR et chacun des trois proxies (« noeuds ») auxquels vous accédez encode vos données. Aucun de ces nœuds, pris individuellement, ne sait à la fois qui vous êtes et ce à quoi vous êtes connecté.es. Le troisième nœud décrypte les données et accède au site internet, renvoyant l’information encodée à travers les autres proxies.

2. Une adresse IP (Internet Protocal address) est une série de chiffres qui vous permet d’envoyer et de récupérer des données à travers une connexion internet (par exemple. 78.125.1.209). Ces chiffres servent à identifier la location physique, le fournisseur de service internet et les détails techniques de votre connexion. C’est comparable à l’adresse d’une maison. Une adresse IP non dissimulée mènera directement des enquêteurs/enquêteuses à votre connexion.

3. L’adresse MAC (Media Access Controller address) identifie spécifiquement votre ordinateur. Si vous vous connectez à internet, le routeur peut se connecter à votre adresse MAC et conserver ces données. Si des enquêteurs/enquêteuses s’attardaient à lire les connexion d’un routeur avec lequel vous avez accédé à internet (disons un wifi public depuis lequel un communiqué a été envoyé), puis comparaient cette adresse avec celle de la carte internet sans-fil de votre ordinateur (disons, confisquée durant une descente), vous seriez connectez aux activités que vous avez effectués en utilisant la connexion de ce routeur. Si l’adresse MAC n’est pas modifiée, il y a une possibilité que vos activités puissent être reliées à vous si les enquêteurs/enquêteuses sont déterminé.es ou suffisamment chanceux.ses.

Un appel d’allochtones à allochtones à perturber les voies ferrées en solidarité avec les Wet’suwet’en

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Jan 142020
 

Soumission anonyme à North Shore Counter-Info

Soyons clair·e·s : ce texte est écrit par des allochtones. Nous n’avons pas le vécu de personnes autochtones, ni donc des Wet’suwet’en. Ces mots nous viennent du cœur et nous nous sentons en affinité avec cette lutte tant au niveau personnel que pour ce qui est des idées et des relations. Nous estimons qu’il est de notre responsabilité d’agir contre les systèmes et les corporations qui nuisent aux gens et à la terre. Nous reconnaissons notre responsabilité et notre complicité en tant qu’allochtones, et nous cherchons des opportunités et des stratégies en accord avec nos idées pour montrer notre solidarité. Pour autant, nous ne parlons pas à la place de personnes autochtones et nous sommes ouvert·e·s à la critique.

Tout d’abord, voyons les raisons pour lesquelles il y a pu avoir parfois un manque de clarté sur ce que veulent les gens dans l’Ouest.

Nous souhaitons simplement rappeler aux ami·e·s qui lisent ces lignes que certaines personnes ont l’interdiction de mettre en œuvre ou d’encourager des actions contre le projet — et même de le critiquer. Ce bâillon prend la forme d’ordonnances judiciaires qui les menacent financièrement, et fait courir le risque à la communauté de perdre un centre de guérison basé sur le territoire. Nous nous rappelons que les gens à qui on aurait pu donner le rôle de “chefs” n’ont pas forcément envie de se retrouver sur un piédestal, ni d’être fétichisés par des allochtones désireux·euses de réponses concrètes — ce qui entraîne des risques considérables pour plusieurs d’entre eux.

Au sein de cette lutte et ailleurs, on encourage souvent les allochtones à s’occuper de leurs semblables, du processus de colonisation en cours et de ses maux. En tant qu’allochtones, nous entendons par cela une exhortation à défier — avec une position offensive — l’État et les industries qui sont prêts à tuer pour le profit tout en prétendant agir dans notre intérêt.

Nous reconnaissons aussi le sentiment de désespoir que beaucoup d’entre nous ont ressenti lorsque, après une décennie de ligne dure, les chefs ont accepté que la barrière d’Unist’ot’en soit ouverte. Vous savez déjà qu’acquiescer sous peine de violences, ce n’est pas du consentement. Mais il y a aussi d’autres faits à considérer, comme la GRC qui venait chez les chefs la nuit pour les menacer de manière plus ou moins explicite. On peut se demander si le désespoir et la déception n’existaient pas dans les deux sens, et jusqu’où le faible nombre de sympathisant·e·s voulant ou pouvant se rendre sur la zone après une décennie de promesses n’a pas influencé l’issue de l’affaire et ses suites. Pour notre part, nous passons à l’action quand nous nous sentons à notre plus fort·e·s — bien reposé·e·s, centré·e·s, encouragé·e·s, appuyé·e·s. En quoi sommes-nous aussi responsables de la décision d’ouvrir cette barrière, nous les allochtones, allié·e·s ou sympathisant·e·s, qui n’avons pas été présent·e·s ou n’avons pas agi de notre côté ?

Malgré tout ça, les Wet’suwet’en n’ont jamais cessé de demander du soutien et des actions de solidarité, et ielles n’ont jamais cessé de défendre leur territoire. Et le 5 janvier, les Wet’suwet’en et leurs sympathisant·e·s ont de nouveau pris physiquement position pour protéger le Yintah et leur mode de vie, pour garantir la survie des générations futures. Contre la violence impérialiste et coloniale de l’État canadien menée au service d’entités privées, c’est leur simple existence qu’ielles défendent, et l’autorité et la juridiction du Canada et de CGL sur leur territoire non cédé qu’ielles rejettent.

Nous luttons à leurs côtés et nous sommes prèt·e·s à exprimer notre solidarité par des actes.

En plus, ami·e·s et camarades, nous voulons vous donner envie de passer à l’action, vous aussi!

Anarchistes, camarades, radicaux·ales, celleux en soi-disant Ontario qui pensent comme nous ont une longue histoire d’actions de solidarité avec, pour et inspirées par les blocages et les projets fonciers indigènes. Ces actions de soutien ont été des moments beaux et courageux, et de là sont nés des relations et des réseaux durables.

Rêvons en grand et faisons en sorte que cela se reproduise!

CGL a coupé à blanc de larges pans de forêt cette année, dispersé la faune, établi un camp pour travailleurs et déplacé ou détruit des lignes de trappe. La GRC est venue établir un “bureau pour la protection de l’industrie”, le tout sur des terres non cédées. Cette année, on a également appris que la GRC, au service des corporations, était prête à tuer des personnes autochtones.

En outre, s’inscrivant dans la lignée des génocides commis contre les peuples autochtones, la juge Marguerite Church vient d’octroyer une injonction interlocutoire contre les Wet’suwet’en, ce qui rend illégal, selon le droit colonial, la défense de leurs terres contre l’industrie ou contre le Canada en tant que nation envahisseuse. Dans cette injonction, il est écrit que “le droit autochtone n’a aucun effet sur le droit canadien”. Ceci permettra la destruction du camp Gidimt’en, ainsi que les cabanes éparpillées sur le territoire, et menace le centre de guérison.

On ne s’étonnera pas de ce ramassis de conneries impérialistes.

Pourquoi chercher d’autres raisons d’agir?

Seule nous reste la question de quoi faire.

En tant qu’allié·e·s lointain·e·s, il faut reconnaître qu’on n’obtiendra peut-être jamais de manière large et explicite la permission d’agir, ni une quelconque autorisation “officielle” (interrogeons-nous d’ailleurs sur notre désir d’obtenir une telle approbation). Mais quelques considérations peuvent nous donner une bonne idée de ce qui est nécessaire et souhaité.

1) L’intensité de la situation actuelle. À l’heure actuelle, les chefs héréditaires Wet’suwet’en se sont réuni·e·s pour une dernière confrontation, et pour chasser l’industrie de leurs territoires afin d’empêcher de nouveaux dommages à la terre et à l’eau, ce qui assure leur sécurité et leur mode de vie. Les actions en justice n’ont pas marché, alors le moment est peut-être venu — la dernière chance de protéger leur Yintah.

2) Ce développement entraînera de nouveaux appels à solidarité, plus intenses et plus enflammés.

3) Parmi les actions qui, par le passé, ont suscité appui et enthousiasme, on trouve des perturbations conflictuelles, telles des blocages de ports ou d’autoroutes, des occupations et tentatives de fermeture d’installations pétrolières et la fermeture d’un terminal Shell. Aucune action n’a encore été dénoncée.

4) Les demandes précédentes conseillaient de respecter les accords et les responsabilités du territoire où on se trouve, de respecter la terre, l’eau et la vie, et d’honorer et de mettre en avant les perspectives autochtones.

Il ne manque pas de possibilités, mais en réfléchissant à ce qu’on a déjà vu marcher par ici, ce qui serait pertinent et stratégique, ce qui peut incorporer différents tons et tactiques, nous sommes arrivé·e·s au sabotage ferroviaire.

La circulation ferroviaire offre une excellente opportunité de perturber l’État et l’économie : l’étalement des infrastructures est tel qu’elles sont quasiment indéfendables, surtout en dehors des villes. Partout sur l’Île de la Tortue, les particularités géographiques créent des milliers de goulots d’étranglement. Ce sont des cibles hyper efficaces et vulnérables à toute une gamme de méthodes. L’histoire nous montre que même des perturbations de courte durée — à cause d’actions ou de grèves — ont un impact économique démesuré. Récemment, après deux jours de grève dans le secteur ferroviaire, le gouvernement fédéral s’est mis à élaborer une législation d’urgence par souci pour l’économie. En 2012, une perturbation de neuf jours a fait chuter le PNB de 6,8%.

Imaginons que des allié.e.s perturbent et détruisent les infrastructures ferroviaires et les goulots d’étranglement au nord du Colombie-Britannique, entre Kitimat-Chetwynd-Houston-Stewart; les sections de d’oléoduc resteraient en rade aux ports, devant l’impossibilité de les cheminer aux chantiers.

Il n’est pas nécessaire de se mettre en première ligne, on peut lutter là où on est.

Le sabotage ferroviaire fonctionne à la fois comme tactique et stratégie, alors nous appelons à des perturbations ferroviaires continues en solidarité avec le peuple Wet’suwet’en qui défend son territoire non cédé contre l’industrie et une invasion policière.

Nous recommandons l’emploi de fil de cuivre pour activer les blocs signaux et détruire les postes d’aiguillage et les rails d’acier — mais même de grands groupes de désobéissance civile peuvent bloquer des voies ferrées essentielles, ce qui est beaucoup mieux que de ne rien faire. Continuez à lire pour avoir les détails, les mises en garde et les liens.

Comme à chaque fois, nous vous encourageons à penser à vos cœurs, ainsi qu’à la pérennité de ses actions et de la lutte de manière générale. Un petit rappel de prendre soin de vous, de vos empreintes digitales et de vos traces d’ADN — pour la sécurité de tous·tes — car la répression suit souvent l’action.

Empreintes digitales

On peut enlever les empreintes digitales d’une surface à l’aide d’isopropanol. Bien essuyer chaque objet au cas où quelque chose serait laissé sur les lieux ou se fasse découvrir. Gardez les items dans des sacs propres et neufs et enlevez-les en portant des gants.

ADN

Il y a de nombreuses façons de laisser son ADN. Soyez dilligent·e·s; ne vous touchez pas la figure et ne toussez pas dans vos mains lorsque vous portez des gants. Brossez bien vos cheveux pour enlever les cheveux morts et attachez-les. Ne fumez pas et ne crachez pas aux environs de la cible. Ne laissez derrière vous. Attention de ne pas vous blesser. Débarassez-vous des masques, chapeaux, matériaux ou vêtements comme il faut (eau de Javel, chaleur ou feu). Les jours de pluie sont salissants mais utiles : la pluie va laver, déplacer et contaminer les fibres et l’ADN. L’eau de Javel peut détruire l’ADN en empêchant sa reproduction en laboratoire et donc son analyse. La chaleur et le feu détruisent l’ADN aussi.

Si vous n’êtes pas sûr·e·s, assurez-vous.

Méthode fil en cuivre

– À NE JAMAIS ESSAYER SUR LES VOIES DE METRO, elles sont électrifiées.
– Cette méthode est utile pendant la désobéissance civile en groupe pour envoyer le signal d’arrêter la circulation des trains

Les rails en acier font partie du circuit d’un dispositif nommé le “système de bloc automatique|” (ABS). Un faible voltage traverse les rails entre des capteurs pour créer des cercles divisés en blocs géograhiques. Lorsqu’un train traverse un bloc, les essieux du train interrompent ou raccourcissent le circuit, les capteurs remarquent que le bloc est occupé et arrêtent de manière automatique la circulation des trains dans la zone.

Avec un fil en cuivre à jauge élevée (épaisse!) qu’on passe autour et puis entre les rails, il est possible de tromper les capteurs et de les déclencher. À retenir: il n’est pas nécessaire de trouver les capteurs de blocs eux-mêmes.

Astuce: il faut que le fil en cuivre soit en contact avec des sections des deux rails sans rouille ni oxydation. Du fil en cuivre de jauge élevée est nécessaire. Servez-vous d’un·e guetteur·euse pour vous assurer qu’il n’y ait pas de trains ni de patrouilles de sécurité. Faites un plan avant de commencer à passer le fil. Trouvez un bon endroit, creusez sous les deux rails pour passer le fil autour de l’un puis de l’autre. Souvenez-vous qu’au moment où vous attachez le fil au deuxième rail vous interrompez le circuit, et que les capteurs se déclencheront pour signaler le problème. Disparaissez le plus vite possible. Si vous enterrez la cable avec de la pierre concassée, de la neige ou de la terre, cela rendra sa localisation plus difficile dans le bloc.

Détruire les postes d’aiguillage

Les postes d’aiguillage font partie du circuit des rails. Si vous vous baladez le long des voies ferrées, vous les aurez sans doute vues : ce sont des structures grises, grosses comme un abri, ou de petites boîtes grises attachées à des poteaux. Ces boîtes reçoivent et interprètent les signaux du circuit. Leur revêtement est en métal et leurs portes sont scellées d’une manière ou d’une autre. Les petites boîtes sur les poteaux ont des câbles qui sortent et descendent au sol vers les rails. Comme ces câbles ont des composants électriques, on ne recommande pas de simplement les couper, à moins que vous ne maîtrisiez bien l’électricité. On peut aussi se servir d’un feu brûlant pour abîmer les cordes et les circuits électriques. Il ne faut pas se contenter de les tremper d’essence et s’en aller — il faut partir un feu plus chaud et le faire durer longtemps. La bonne technique pour allonger le temps de combustion d’un liant fibreux (nous, on aime bien les balles de tissu ou de coton), c’est d’ajouter de la gelée de pétrole et bien imbiber le tissu. Vous pourrez juste l’allumer, ça fonctionnera comme mèche. Pour augmenter la chaleur, on peut ajouter du caoutchouc de pneu ou de chambre à air de vélo. Avec un petit feu comme ça dans les boîtes du circuit ou bien à l’endroit où le câble entre dans le sol, on devrait endommager le circuit et empêcher la circulation ferroviaire en activant durablement le système de blocage automatique.

À noter: il faut se pratiquer à faire de tels feux pour voir ce qui est possible. Brûler du caoutchouc provoque des émanations toxiques. Il s’agit ici d’un incendie volontaire, ce que les autorités prendront plus au sérieux que la méthode du fil en cuivre. Faites attention : trouvez un bon endroit, ayez des guetteur.euse.s en place et un plan d’arrivée et de fuite où vous n’aurez pas à croiser du monde. Assurez-vous de ne pas laisser d’empreintes digitales ni d’ADN, débarrassez-vous des équipements comme il faut et mettez en place une excellente culture de sécurité avec votre bande.

Détruire les rails d’acier

Comment détruire des rails en acier sur lesquels passent des milliers de tonnes tous les jours? De la même manière qu’ils sont soudés, à la thermite.

La thermite est un mélange de carburant et d’oxydant dont on peut modifier les proportions pour qu’il dégage une chaleur suffisante pour brûler le bloc moteur d’une voiture. Ce n’est pas dangereux à produire, mais ça dégage énormément de chaleur et de luminosité en brûlant, alors faites attention. Cette méthode exige très peu de temps sur place, juste un moment pour l’allumer et partir. Cela produit un maximum de dégâts matériels, car il faudra remplacer le rail ou le poste d’aiguillage.

Le carburant le plus simple est la poudre d’aluminium. On peut le trouver dans des vieux etch-a-sketch ou le produire à base de (vrai) papier d’aluminium dans un moulin à café. Plus la poudre ou les flocons sont fins, plus rapidement ça brûlera.

L’oxydant le plus simple, avec la poudre d’aluminium, c’est l’oxyde ferrique : la rouille rouge sur le fer. Là encore, vous pouvez le récolter et le réduire en poudre fine, ou bien le fabriquer à base de laine d’acier à grain 0000 trempée dans de l’eau de Javel. Laissez-la reposer pendant une journée pour créer une pâte, qu’on peut laisser sécher et utiliser ainsi.

Vous aurez également besoin d’une mèche d’allumage. Pour mettre feu à un carburant métallique, il faut une flamme vraiment chaude, alors un briquet ou même la mèche d’un feu d’artifice ne marchera pas. Utilisez un cierge magique, ou bien une mèche faite maison avec des têtes d’allumettes enroulées dans du papier d’aluminium. Le cierge magique risque d’allumer la thermite avec ses étincelles avant le moment voulu.

La thermite en poudre

Mélanger trois doses d’oxyde ferrique à deux doses de poudre d’aluminium. Coupez ou percez un trou dans un réceptacle (une boîte de conserve, par exemple). Insérez quelques pouces de votre mèche dans le trou pour qu’elle soit en contact avec le mélange dans la boîte, puis remplissez-le de poudre. Placez-le et allumez-le à l’endroit voulu.

La thermite dure

Trois doses d’oxyde ferrique, deux doses de poudre d’aluminium, deux doses de plâtre de Paris. Versez le mélange dans un moule (boîte de conserve…), insérez quelques pouces de mèche en angle. Laissez sécher puis enlevez-le du moule.

La thermite moulable

Huit doses de poudre d’aluminium, trois doses d’oxyde ferrique, quatre doses d’argile. Mélangez bien les poudres et ajoutez-les à l’argile. Insérez la mèche de quelques pouces. Placez le mélange où vous voulez et allumez-le.

Notes: Comme ces méthodes s’attaquent directement aux rails, elles comportent un risque de déraillement. Pour éviter ça, vous voudrez peut-être activer le système de bloc automatique en attachant les rails avec du fil de cuivre, comme dans la première méthode. Encore une fois, les flics sont susceptibles de bien fouiller si vous employez de la thermite. Assurez-vous que tous les items que vous laissez sur place n’aient aucune trace d’empreintes digitales ni d’ADN. Employez des guetteur.euse.s et choisissez des chemins d’approche sans caméra. Débarrassez-vous des vêtements et des bottes. La thermite brûle rapidement et en dégageant beaucoup de lumière — ne fixez pas la flamme des yeux après l’allumage. La poudre en aluminium très fine est réactive à l’oxygène et risque de s’allumer facilement. Si de l’eau (pluie, neige, flaques) touche le mélange, l’explosion résultante va projeter du fer fondu dans tous les sens. N’essayez jamais d’éteindre un feu de thermite avec de l’eau.

Comment former un groupe affinitaire

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Déc 302019
 

De CrimethInc., traduit par Wallonie Libertaire

La pierre angulaire de l’organisation anarchiste

Les temps sont turbulents. On voit d’ors et déjà, des barrages , des manifestations , des émeutes et des affrontements se produire régulièrement. Il est temps d’organiser les bouleversements qui se préparent.

Mais s’organiser ne signifie pas se joindre à une institution préexistante et recevoir des ordres. Cela ne devrait pas signifier que votre pouvoir et votre perspicacité personnels soient perdus pour devenir un rouage dans une machine. D’un point de vue anarchiste, la structure organisationnelle doit maximiser à la fois la liberté et la coordination volontaire à tous les niveaux, du plus petit groupe à la société dans son ensemble.

Vous et vos ami.e.s formez déjà un groupe affinitaire, la pierre angulaire de ce modèle. Un groupe affinitaire est un cercle d’amis qui se comprennent comme une force politique autonome. L’idée est que les personnes qui se connaissent déjà et se font confiance devraient travailler ensemble pour réagir immédiatement, intelligemment et avec souplesse aux situations qui apparaissent.

Ce format sans chef.fe s’est avéré efficace pour toute sortes d’activités de guérilla, ainsi que pour ce que la RAND Corporation appelle une tactique «fourmillante» dans laquelle de nombreux groupes autonomes imprévisibles submergent un adversaire centralisé. Vous devriez participer à chaque manifestation dans un groupe affinitaire, avec une acceptation partagée de vos objectifs et de vos capacités. Si vous appartenez à un groupe affinitaire qui a déjà agi ensemble, vous serez mieux préparé à faire face aux situations d’urgence et à tirer le meilleur parti des opportunités inattendues.

Ce guide est une adaptation d’une version antérieure de notre Recipes for Disaster: An Anarchist Cookbook..

Les groupes affinitaires sont puissants

Par rapport à leur petite taille, les groupes affinitaire peuvent avoir un impact disproportionné. Contrairement aux structures traditionnelles hiérarchique, ils sont libres de s’adapter à toutes les situations, ils n’ont pas besoin de faire passer leurs décisions au travers d’un processus bureaucratique compliqué, et tou.te.s les participant.e.s peuvent agir et réagir instantanément sans attendre d’ordres, mais avec une idée claire. de ce à quoi s’attendre les un.e.s des autres. L’admiration mutuelle et l’inspiration sur lesquelles ils sont fondés les rendent très difficiles à démoraliser. Contrairement aux structures capitalistes, fascistes et socialistes, ils fonctionnent sans aucun besoin de hiérarchie ni de contrainte. Participer à un groupe affinitaire peut être gratifiant, amusant et efficace.

Par dessus tout, les groupes affinitaire sont motivés par le désir et la loyauté partagés, plutôt que par le profit, le devoir, ou toute autre compensation ou abstraction. Il n’est pas étonnant que des groupes affinitaire aient fait reculés de unités entière de police anti-émeute en ayant pour seul arme les munitions de gaz lacrymogène que celleux-ci leur avaient tirées dessus .

Le groupe affinitaire est un modèle flexible

Certains groupes affinitaire sont formels et immersifs: les participant.e.s vivent ensemble, partagent tout en commun. Mais un groupe affinitaire ne doit pas nécessairement être un arrangement permanent. Il peut servir de structure de commodité, assemblée à partir de personnes intéressées et de confiance pour la durée d’un projet donné.

Une équipe particulière peut agir ensemble en tant que groupe affinitaire, mais les membres peuvent également se diviser en groupes affinitaire plus petits, participer à d’autres groupes affinitaire ou agir en dehors de la structure du groupe affinitaire. La liberté de s’associer et de s’organiser à la convenance de chacun.e est un principe anarchiste fondamental; cela favorise la redondance, de sorte qu’aucune personne ou aucun groupe n’est essentiel au fonctionnement de l’ensemble et que les différents groupes peuvent se reconfigurer selon les besoins.

Le groupe affinitaire est un modèle flexible.

Choisissez l’échelle qui vous convient

Un groupe affinitaire peut aller de deux à peut-être jusqu’à quinze personnes, en fonction de vos objectifs. Cependant, aucun groupe ne devrait être d’une taille si importante qu’une conversation informelle sur des questions urgentes en devient impossible. Vous pouvez toujours vous séparer en deux groupes ou plus si besoin est. Dans les actions qui nécessitent de conduire, le système le plus simple consiste souvent à avoir un groupe affinitaire pour chaque véhicule.

Apprendre à se connaître intimement

Apprenez les forces, les vulnérabilités et les antécédents de chacun.e pour savoir en quoi vous pouvez compter les un.e.s sur les autres. Discutez de vos analyses de chaque situation dans laquelle vous vous trouvez et de ce qui vaut la peine d’être accompli: identifiez leur correspondance, leur complémentarité et leur différence, afin que vous soyez prêt à prendre des décisions à la fraction de seconde.

L’un des moyens de développer une intimité politique consiste à lire et à discuter des textes ensemble, mais rien ne vaut l’expérience sur le terrain. Commencez lentement afin d’éviter d’en faire trop d’un coup. Une fois que vous avez défini un langage commun et une dynamique interne saine, vous êtes prêt à identifier les objectifs que vous souhaitez atteindre, à préparer un plan et à passer à l’action.

Décidez du niveau de sécurité approprié

Les groupes affinitaire résistent à l’infiltration car tou.te.s les membres partagent une histoire et une intimité entre elleux, et personne en dehors du groupe n’a besoin d’être informé de leurs projets ou activités.

Une fois réunis, un groupe affinitaire devrait établir un ensemble commun de pratiques de sécurité et s’y tenir. Dans certains cas, vous pouvez vous permettre d’être public et transparent sur vos activités. dans d’autres cas, il ne faudra jamais parler de ce qui se passe au sein du groupe, même après que toutes ses activités aient été menées à terme. Dans certains cas, personne excepté les participant.e.s du groupe ne devrait savoir qu’il existe. Vous et vos camarades pouvez discuter et vous préparer à des actions sans faire connaitre à des gens extérieur que vous constituez un groupe affinitaire. N’oubliez pas qu’il est plus facile de passer d’un protocole de haute sécurité à un protocole de basse sécurité que l’inverse.

Prendre des décisions ensemble

Les groupes affinitaires fonctionnent généralement par consensus, les décisions étant prises collectivement en fonction des besoins et des désirs de chaque personne impliqué.e.s. Le vote démocratique, dans lequel la majorité obtient ce qu’elle souhaite et où la minorité doit tenir sa langue, est un anathème pour les groupes affinitaire – car si un groupe doit fonctionner sans heurts et rester soudé en cas de stress, chaque personne impliquée doit être satisfaite du fonctionnement. Avant toute action, les membres d’un groupe doivent définir ensemble leurs objectifs personnels et collectifs, les risques qu’iels sont à l’aise de prendre et leurs attentes les un.e.s envers les autres. Une fois ces questions réglées, iels peuvent mettre au point un plan.

Étant donné que les situations d’action sont toujours imprévisibles et que les plans ne se concrétisent que rarement, il peut être utile de recourir à une double approche de la préparation. D’une part, vous pouvez planifier différents scénarios: Si A se produit, nous nous informerons par X et nous passerons au plan B; si X moyen de communication est impossible, nous nous réunirons de nouveau sur le site Z à 14 heures. D’autre part, vous pouvez mettre en place des structures qui seront utiles même si ce qui se passe ne ressemble à aucun des scénarios que vous avez imaginés. Cela peut impliquer la préparation de ressources (bannières, fournitures médicales ou équipement offensif), la division des rôles internes (par exemple, repérage, communications, médecin, liaison avec les médias), la mise en place de systèmes de communication (tels que les téléphones prépayés ou des phrases codées pouvant être crier pour transmettre des informations en toute sécurité), élaborer des stratégies générales (pour garder un oeil les un.e.s sur les autres dans des environnements confus, par exemple), définir des itinéraires d’évacuation d’urgence ou préparer un soutien juridique au cas où une personne serait arrêtée.

Après une action, un groupe affinitaire astucieux se réunira (si nécessaire, dans un endroit sûr et dépourvu d’électronique) pour discuter de ce qui s’est bien passé, de ce qui aurait pu mieux se passer et de ce qui vient après.

Il est plus sûr d’agir dans des environnements de protestation chaotiques au sein d’un groupe affinitaire très uni.

Tact et tactiques

Un groupe affinitaire ne répond qu’à lui-même, c’est l’une de ses forces. Les groupes affinitaire ne sont pas gênés par le protocole procédural d’autres organisations, les difficultés à parvenir à un accord avec des personnes extérieurs ou les limites imposées par un organisme qui ne participe pas immédiatement à l’action.

En même temps, tout comme les membres d’un groupe affinitaire s’efforcent de parvenir à un consensus, chaque groupe affinitaire devrait s’efforcer de créer une relation similaire avec les autres individus et groupes, ou du moins de compléter les approches des autres, même si les autres ne reconnaissent pas la valeur de cette contribution. Idéalement, la plupart des gens devraient être heureu.x.ses de la participation ou de l’intervention de votre groupe affinitaire dans une situation donnée, plutôt que d’avoir des ressentiments envers vous ou d’avoir peur de vous. Iels devraient en venir à reconnaître la valeur du modèle de groupe affinitaire et être pousser à l’utiliser, après l’avoir vu réussir et tirer profit de ce modèle.

S’organiser avec d’autres groupes affinitaires

Un groupe affinitaire peut travailler avec d’autres groupes dans ce qu’on appelle parfois une grappe. La formation de grappes permet à un plus grand nombre d’individus d’agir avec les mêmes avantages qu’un groupe affinitaire unique. Si la rapidité ou la sécurité est requise, des représentant.e.s de chaque groupe peuvent se réunir à l’avance, plutôt que l’ensemble des groupes; si la coordination est essentielle, les groupes ou les représentant.e.s peuvent organiser des méthodes de communication dans le feu de l’action. Au fil des années de collaboration, différents groupes affinitaire peuvent se connaître aussi bien entre groupe qu’iels se connaissent à l’intérieur de leur propre groupe, devenant de ce fait plus fonctionnels et plus efficaces ensemble.

Lorsque plusieurs groupes de groupes affinitaire doivent coordonner des actions particulièrement massives, avant une grande manifestation, par exemple, ils peuvent organiser une réunion-débat au cours de laquelle différents groupes affinitaires et grappes peuvent s’informer mutuellement de leurs intentions. Les conférences produisent rarement un consensus parfaite, mais elles peuvent informer les participant.e.s des divers désirs et perspectives en jeu. L’indépendance et la spontanéité offertes par la décentralisation sont généralement nos plus grands avantages pour combattre un adversaire mieux équipé.

Synthétiser

Pour que les groupes affinitaire et les grandes structures fondées sur le consensus et la coopération fonctionnent, il est essentiel que toutes les personnes impliquées puissent compter les unes sur les autres pour concrétiser leurs engagements. Lorsqu’un plan est approuvé, chaque personne d’un groupe et chaque groupe d’une grappe doivent choisir un ou plusieurs aspects critiques de la préparation et de l’exécution du plan et proposer de les résumer. Faire la synthèse de l’approvisionnement d’une ressource ou de la réalisation d’un projet, c’est garantir que cela sera accompli d’une manière ou d’une autre, quoi qu’il en soit. Si vous faites une légal team téléphonique pour votre groupe pendant une manifestation, vous devez lui répondre, même si vous tombez malade; si votre groupe promet de fournir des banderoles pour une action, assurez-vous qu’elles soient prêtes, même si cela signifie rester debout toute la nuit la veille car le reste de votre groupe affinitaire ne pouvaient être présent.e.s. Au fil du temps, vous apprendrez à gérer les crises et sur qui vous pourrez compter sur les autres, tout comme iels apprendront à quel point iels peuvent compter sur vous.

Aller en action

Arrêtez de vous demander ce qui va se passer ou pourquoi rien ne se passe. Rassemblez-vous avec vos amis et commencez à décider de ce qui va se passer. Ne traversez pas la vie en mode spectateur passif, à attendre qu’on vous dise quoi faire. Prenez l’habitude de discuter de ce que vous voulez qui se passe et concrétiser ces idées.

Sans une structure qui encourage les idées à passer à l’action, sans les camarades avec qui se prendre en charge, s’enflammer et prendre de l’élan, vous risquez d’être paralysé.e, coupé.e de votre potentiel. Avec elleux, votre potentiel peut être multiplié par dix ou mille. « Ne doutez jamais qu’un petit groupe de personnes réfléchies et engagées puisse changer le monde », a écrit Margaret Mead: « C’est la seule chose qui ait jamais existé. » Elle faisait allusion, qu’elle le sache ou non, à des groupes affinitaires. Si chaque personne dans chaque action contre l’État et le statu quo participait en tant que membre d’un groupe affinitaire très uni, la révolution serait accomplie en quelques années à peine. (NdT: vision peut-être un peu trop optimiste)

Un groupe affinitaire peut être un cercle de couture ou un collectif de réparation de vélo; il peut se réunir dans le but de servir des repas sur une occupations ou de contraindre une multinationale à la faillite par le biais d’un programme de sabotage soigneusement orchestré. Des groupes affinitaire ont planté et défendu des jardins communautaires, construit, occupé et incendié des bâtiments, organisé des programmes de garde d’enfants dans les quartiers, organisé des grèves sauvages; Des groupes affinitaire individuels initient régulièrement des révolutions dans les arts visuels et la musique populaire. Votre groupe préféré était un groupe affinitaire. Un groupe affinitaire a inventé l’avion. Un autre maintient ce site.

Que cinq personnes se rencontrent, résolues à faire face à la foudre de l’action plutôt qu’à l’agonie de la survie – à partir de ce moment, le désespoir prend fin et la tactique commence.

Voir aussi

Destruction de sonnette-caméras de surveillance Amazon et Google

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Déc 092019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Récemment, durant une promenade nocturne, nous avons retiré des sonnette-caméras de surveillance Google Nest et Amazon Ring de quelques rues résidentielles.

Ces produits, que l’on peut facilement localiser la nuit grâce à leurs petits ronds lumineux bleu ou vert, apparaissent de plus en plus à Montréal et ailleurs. La caméra peut stocker des enregistrements vidéos sur le Cloud jusqu’à 60 jours.

Il a été bien documenté qu’Amazon fait usage de Ring pour construire un réseau de surveillance privé qui collabore entièrement avec les services de police, sous prétexte de combattre les vols de colis.

Un aspect positif de ces sonette-caméras est que ça rend facile pour nous de lutter contre ces géants du techno-capitalisme directement dans nos quartiers. On peut les enlever facilement avec une petite barre à clou. Il est suggéré d’être avec un.e ami.e et/ou de prendre la précaution de porter des gants isolés pour l’électricité. Il y a un risque de choc à cause des fils chargés. Faites attention, tant qu’elle reste dans la portée du réseau wifi de la maison, la caméra fonctionne à batterie et peut continuer à enregistrer et à transmettre même si elle n’est plus connectée au mur. L’utilisateur peut même recevoir une notification sur son téléphone.

Fuck Amazon, Google et leur dystopie technologique envahissante.

Des distributeurs de billets mis hors service dans le métro de Montréal

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Déc 032019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Depuis quelques jours, l’appel de grève internationale contre les tarifs de transport a encouragé quelques actions de sabotage. Les distributeurs de billets de quelques stations de métro ont été mis hors service en bloquant leurs lecteurs de carte débit/crédit et les fentes à monnaie.

La STM continue d’augmenter les tarifs de transport et de déployer des « inspecteurs » wannabe-flic pour harceler et tabasser des gens pour $3.50. Présentement, la STM cherche même à donner à ses inspecteurs plus de pouvoirs pour arrêter et détenir les gens et avoir accès aux fichiers de la police. Tout effort pour maintenir et étendre le contrôle du mouvement des gens se doit d’être opposé. Heureusement, on ne manque pas d’inspiration d’ailleurs dans le monde, et surtout de la révolte au Chili.

Ces actions étaient des expérimentations pour trouver des manières simples, efficaces et relativement discrètes de saboter la collection de tarifs. Pour l’instant, la méthode la plus efficace semble être de mettre de la colle sur les deux côtés de cartes cadeaux non activés et de les insérer complètement dans les lecteurs de carte débit/crédit, et ensuite de mettre de la colle dans la fente à monnaie après l’avoir fait ouvrir comme si on voulait payer un tarif en argent comptant. Nous espérons que cette technique pourra être reproduite largement en parallèle avec d’autres moyens pour mettre hors service les divers dispositifs de la STM.

Live free, ride free.

Tract : Quand la police attaque

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Nov 012018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

La police est dans notre chemin. Elle est dans notre chemin vers la suite de la manifestation : vers le prochain coin de rue, vers les vitrines de banque du centre-ville, le poste de police et les bureaux du gouvernement. Elle est aussi dans notre chemin vers autre chose : vers un monde sans patrons, ni flics, ni prisons, comme le dit le bon vieux slogan. Mais avant d’être dans notre chemin, elle est d’abord et avant tout… la police, c’est-à-dire une institution basée sur la colonisation, le racisme et le monopole étatique de la violence. Nous n’aurons d’autre choix que de l’affronter comme adversaire dans chacune de nos luttes.

Bien que la manifestation ne soit pas le seul moment où l’on fait face aux flics, elle constitue un contexte incontournable. Dans la manifestation, la police met tout à sa disposition afin de semer la peur parmi les contestataires du pouvoir, afin de contrôler nos actions, de nous blesser et de nous arrêter. En somme, elle se déploie en force dans l’objectif de nous dissuader de poursuivre la lutte et de faire réellement bouger les choses.

Il faut qu’on se donne collectivement les moyens de se défendre. Selon nous, quelques anarchistes montréalais, il s’agit de propager des connaissances et des pratiques de confrontation et de soin, ainsi que de faire un effort pour que les groupes et individus, participant de différentes manières à la manifestation, collaborent les un.es avec les autres. En nous basant sur quelques manifestations récentes à Montréal, voyons un petit aperçu de quelques tactiques qui peuvent être utilisées de manière cohérente contre les flics. Il y a de la place pour tout le monde !

  • Feux d’artifice!
  • Équipe de la bannière renforcée : Une bannière renforcée a de multiples usages : elle porte un message, elle offre un endroit où se dissimuler (ex.: pour se changer), elle protège au moins les bras des personnes qui la tiennent, grâce aux morceaux de bois et de plastiques ajoutés à l’arrière. Les personnes qui tiennent la bannière sont dans une position vulnérable, puisqu’ils et elles se retrouvent souvent sur la ligne de front. Il est donc important de porter des casques et des protège-dents. De plus, chacun.e d’eux et elles est jumelé.e, pour sa protection, avec une autre personne, celle-là plus mobile, qui se tient juste derrière, avec un drapeau pouvant servir de bâton.
  • Distribution de masques : Porter un masque ne permet pas seulement de protéger sa propre identité : plus il y a de personnes masquées, plus cette tactique devient efficace pour l’ensemble des gens. Si toute la foule est masquée, la police éprouve beaucoup plus de difficultés à déterminer qui a lancé la roche. Même si on ne prévoit pas enfreindre la loi, porter un masque est une excellente façon de démontrer de la solidarité avec ceux et celles qui prendront ce risque.
  • Graffeurs.ses
  • Médics
  • Collecteur.ses de projectiles : Il y a plusieurs façon de supporter indirectemment la confrontation avec la police ! Que ce soit d’amasser des piles de briques ou de roches près de l’affrontement, ou bien d’encourager les gens à demeurer groupés et à ne pas s’éloigner lorsque la manif devient chaotique.
  • Équipe anti-médias : Peu importe les intentions des journalistes, les photos ou les vidéos captés lors de manifs peuvent être utilisés comme éléments de preuve afin de condamner nos ami.es. Il est donc essentiel que les caméras soient repoussées des manifs mouvementées.
  • Équipe de l’arrière de la manif : Si une manif bouge trop vite, elle peut abandonner des gens qui ne peuvent pas se déplacer aussi rapidement. Une équipe à l’arrière de la manif peut communiquer avec des gens à avant, pour essayer de trouver une vitesse qui permet à tout le monde de rester ensemble aussi longtemps que souhaité. De plus, les flics n’entrent pas dans la manif uniquement par l’avant ou par les côtés : une équipe de l’arrière aurait le potentiel d’améliorer la sécurité de toute la manif.
  • Barricade fonctionnelle : Une barricade entrave les mouvements de la police, tout en nous procurant un élément de protection derrière lequel se cacher durant l’affrontement.

[PDF (fr)]

[PDF (en)]

Remplir un extincteur de peinture : guide d’instruction

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Avr 042018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info
Cette vidéo est à des fins éducatives seulement et n’encourage aucune activité illégale. Cliquez sur CC sur l’application vidéo pour voir les sous-titres en français.

Les extincteurs de feu remplis de peinture ont été utiles aux anarchistes de Montréal dans leurs luttes contre la gentrification, la surveillance et, plus récemment, les symboles coloniaux.

1. Voler l’extincteur

Trouvez un extincteur à pression hydraulique. Ils sont en métal argenté et existent en deux formats différents.

Les deux formats sont fermés avec un écrou et peuvent être ouverts sur le dessus.

Le plus grand format est de 9L et a une valve semblable à celle d’un pneu de vélo, ils peuvent donc être facilement re-pressurisés. Ils se trouvent souvent dans les universités, les cégeps et dans les immeubles d’appartements ou de bureaux.

Le plus petit format est de 6L et nécessite un compresseur d’air pour réajuster la pression. Ils se trouvent seulement dans les restaurants et sont souvent placés près des sorties arrières. Pratique!

2. Vider l’extincteur

Portez des gants de coton pour éviter de laisser vos empreintes digitales sur l’extincteur. Videz le liquide de l’extincteur en vous assurant que l’indicateur de pression atteigne 0 psi. Vous pouvez le faire dans une ruelle ou dans votre bain.

3. Remplir avec de la peinture

Enlevez l’écrou et la section du dessus.

Remplissez l’extincteur à moitié avec un mélange moitié eau, moitié peinture de latex.

4. Re-pressuriser

Ré-attachez la section du dessus en vous assurant que le tout soit étanche.

Pour le format de 9L, utilisez une pompe à vélo et faites monter la pressions jusqu’à 100 psi.

Pour le format de 6L, il n’y a pas de valve. Vous devez donc utiliser un compresseur à air, que vous pouvez trouver dans une quincaillerie ou dans la plupart des pawnshops. Retirez la hose et connectez le tube du compresseur en utilisant un adaptateur mâle de 3/8”.

Réglez le compresseur à 115 psi. Vous n’aurez peut-être même pas besoin d’actionner le détenteur de l’extincteur pour que la pression monte lentement à 100 psi. Si vous le faites, levez l’épingle de sûreté et actionnez le graduellement. Arrêtez dès que la l’indicateur montre 100psi, pour éviter que de la peinture n’entre dans le tube.

Remettez l’épingle de sûreté et fixez-la en utilisant du duct-tape.

5. Nettoyer

Frottez l’extincteur avec un tissu imbibé d’alcool à friction pour enlever toutes les empreintes qui pourraient s’y trouver.

Consultez la page des guides sur Montréal Counter-info pour plus d’idées pour des actions directes : blocages de trains ou d’oléoducs, manifestations, émeutes et plus!

“« La seule raison pour laquelle nous devrions rejoindre la classe supérieure, c’est pour provoquer du désordre, mais certainement pas pour corrompre le graffiti comme certain-e-s le font. Mon but est d’instaurer l’insolence et la violence du graffiti où il ne devrait pas se trouver. Le graffiti est un tout, on ne peut pas seulement prendre les parties qui nous intéressent. Dans ce cas là, vous trouverez ce qui en reste sur les façades de vos magasins »

Dans les tranchées: Sabotage d’un oléoduc de Enbridge à Hamilton

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Oct 102017
 

Du Hamilton Institute

Les oléoducs sont une guerre menée par l’insatiable avarice des corporations contre la terre et les vivants. Dans cette lutte, notre détermination s’intensifie à chaque fois que Enbridge lance audacieusement un nouvel assaut; à chaque fois qu’ils font fi des préoccupations et des requêtes des peuples autochtones. À chaque audience en justice. À chaque acte d’intimidation. À chaque mensonge ou prétention fallacieuse à la sécurité et la nécessité. Nous en avons assez.

Alors quand Enbridge a commencé à livrer de nouvelles sections d’oléoduc pour son expansion de la ligne 10, nous avons entrepris de les saboter.

L’Île de la Tortue est traversée de vastes réseaux d’infrastructure pétrolière. Ils sont indéfendables: des opportunités parfaites pour des actions directes effectives, qui ne font de mal à personne sauf aux lignes de fond d’une compagnie pétrolière. C’est dans cet esprit que nous nous sommes retrouvés à faire de longues ballades au clair de lune dans les trenchées d’une emprise fraîchement défrichée pour la ligne 10. À notre gré, nous avons percé des trous de grosseurs diverses dans certaines sections de l’oléoduc, alors que d’autres se voyaient remplies de produits corrosifs.

Ce geste a été mené en solidarité avec les peuples autochtones de la région. Des peuples qui ont été déplacés, menacés et massacrés depuis le débarquement des premiers colons – et qui font toujours face à cette violence, souffrant des conséquences de cette société capitaliste coloniale et des industries qui la font vivre.

Alors – à Enbridge: Vous devrez remplacer toutes les dernières sections de la ligne 10 que vous avez posées jusqu’à maintenant. Nous vous en faisons part car l’environnement nous importe, et que vous ne nous importez pas du tout – tenez vous le pour dit. Pour chaque dollar que vous raflez des mains des peuples autochtones et des gens qui défendeur leurs territoires, nous allons vous en faire payer dix.. #sorrynotsorry

Au public: Il n’en tient qu’à vous de rendre Enbridge imputable de chacun de ses gestes. Ne les laissez pas mettre vos vies en jeu en installant des pipelines, alors même qu’ils savent désormais qu’ils sont compromis. Ne les laissez pas mettre vos vies en jeu avec des pipelines, point.

Et enfin, mais non le moindre, à nos camarades et co-conspirateurs:

Un mémo venant du coeur

Vous aurez besoin 1) d’une bonne perçeuse sans fil, 2) un embout de petite taille en cobalt ou en titante – préférablement avec un point de guidage, et 3) d’huile à coupe (oh l’ironie!)

Avec un certain sens de l’aventure et des responsabilités, mettez vos talents de ninjas furtifs à l’oeuvre en vous installant dans l’emprise. Une fois rendus là, vous serez plus ou moins invisibles de la rue si vous n’avez pas de vêtements fluorescents, parsemés de glitters ou si vous ne déconnez pas trop avec votre lampe frontale. Prenez une respiration, regardez aux alentours, puis faites vous un chemin vers un pipeline vide et percez! Allez-y lentement (pour faire moins de bruit, de réverbération et de friction) et appliquez suffisamment de pression pour voir sortir des copeaux – et poursuivez pour un bon 10 ou 15 minutes. L’huile de coupe vous aidera à refroidir l’embout de la perceuse, la rendant plus efficace.

Amusez-vous, et restez prudents.

Incendie de 2 chars de luxe dans St-Henri

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Sep 082017
 


Soumission anonyme à MTL Counter-info

Dans la nuit du 13 juillet, inspiré.es par les émeutes de Hambourg, nous avons brûlé 2 chars de luxe, juste à côté d’un condo de St-Henri. Dans un quartier où les gens doivent choisir entre acheter de la bouffe ou payer le loyer, ne soyez pas surpris qu’on mette le feu à vos démonstrations de privilège éhontées.

On a utilisé une méthode assez simple : des bâtonnets allume-feu demi-couvert d’une pâte allume-feu. Tout le matériel a pu être trouvé dans un magasin de camping. Nous avons enflammé l’extrémité du bâtonnet couvert de la pâte et ensuite nous l’avons placé dans le coin de la grille de la voiture, entre les deux lumières. Nous avons utilisé deux bâtonnets par véhicule. Le feu commence seulement à être visible quand le plastique ou l’huile à moteur commence à brûler, ce qui laisse assez de temps pour partir sans être remarqué. Il faut faire attention : le feu peut facilement s’étendre aux chars stationnées à côté de la cible.

La police, qui participe violemment au processus de gentrification, a tenu ces propos d’encouragement :
“[Montreal police Cmdr. Sylvain Parent] said police have increased their visibility in the neighbourhood in response to the attacks, but it’s hard to stop people who want to commit crimes. “If there’s someone who wants to do something and they see a police officer pass, they’ll wait until we pass by,” he said. “If they really want to do something, they’ll do it anyway.”

À la prochaine,
Black Masked Winners (BMW) / Anarchistes Uni.es Dans l’Insurrection (AUDI)

Comment fabriquer des cocktails molotovs

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Sep 072017
 

Soumission anonyme à MTL Counter-info
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Nous croyons qu’il est important que des connaissances liées à des tactiques de confrontation se diffusent largement pour les temps de révolte à venir.

Des tactiques confrontationnelles peuvent augmenter notre sécurité puisqu’elles permettent de faire peur à la police.

Nous devons demeurer prudent-es en jouant avec le feu, mais en étant prudent-es, les molotovs peuvent significativement augmenter notre pouvoir dans les rues.

Ingrédients:

– Bouteilles de bière vides de 500ml
– Gants
– Essence
– Huile à moteur
– Entonnoir
– Gaze ou lanières de t-shirt
– Duct-tape

Ne touchez jamais vos matériaux sans les gants pour éviter d’y laisser des empreintes.

Premièrement, remplissez à moitié les bouteilles de bière avec une mixture composée de 2/3 d’essence et de 1/3 d’huile à moteur. Ajouter de l’huile à moteur permet de nourrir un feu plus grand et qui dure plus longtemps. Laisser un espace vide dans la bouteille fait en sorte qu’elle se remplit de vapeurs d’essence, et ce qui rend les molotovs plus explosifs.

Pour la mèche (t-shirt ou gaze), faites un noeud qui pourra tenir à l’entrée de la bouteille, à 1 pouce du haut. La mèche devrait être assez longue pour toucher à l’essence. Si vous retournez la bouteille à l’envers, le noeud devrait tenir. Puisque l’essence s’évapore, utilisez du duck-tape pour rendre le goulot plus hermétique.

Pour faire des plus gros cocktails molotovs, vous pouvez utiliser une bouteille de vin avec un bouchon qui se visse, que vous n’aurez qu’à revisser. Les bouteilles de Perrier fonctionnent aussi.

Les molotovs faits avec des bouteilles de bière peuvent être transportés dans leur boîte. Scellez-les dans un sac poubelle afin de réduire l’odeur de gasolinne, et pour éviter d’y mettre des empreintes digitales.

Il est plus sécuritaire d’attendre un maximum de 30 secondes avant de lancer un molotov une fois qu’il est allumé.

Restez safe! Restez féroces!