Solidarité avec #NODAPL : comment bloquer des chemins de fer

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Déc 232016
 

Soumission anonyme à MTL Counter-info

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Les trains sont l’un des principaux moyens de transport du pétrole sur l’Île Tortue. Des chemins de fer ont été bloqués physiquement de nombreuses fois pour freiner les projets d’« extraction de ressources » écocidaires.

Nous pouvons aussi bloquer les rails subtilement : il s’agit de duper le système de signalement des trains, pour lui laisser croire qu’il y a un train sur les rails. Ce truc force le trafic ferroviaire à arrêter jusqu’ à ce que le signal qui indique le passage du train soit retiré et que le blocage soit réglé. L’opération peut être effectuée en moins d’une minute et être répétée à de nombreuses reprises pour affecter la circulation de trains de manière significative. Trouver la source du blocage et régler la situation peut prendre des heures. Pendant ce temps, la circulation de trains est arrêtée.

Voici comment fonctionne le système :
Chaque rail est parcouru d’un courant de faible vélocité. Aux points de jonction d’un rail individuel, l’électricité passe grâce à des connexions créées par des fils de cuivre. Lorsqu’un train passe, une connexion électrique est formée entre les rails, ce qui signale sa présence.

Voici comment nous pouvons bloquer le signal :
La première étape est de te procurer des câbles à booster (de calibre 6 ou “6-gauge”). Pour les rendre plus difficile à trouver, tu peux les peindre en noir. La rouille sur les rails peut empêcher l’efficacité de la connexion, alors connecter directement les câbles sur les rails pourrait ne pas fonctionner. Pour éviter ce problème, tu peux trouver une section des rails où il y a deux jonctions face à face, et connecter les câbles de cuivre avec les câbles à booster. Tu peux cacher le fil avec de la neige ou des roches. La connexion va faire en sorte que les barrières des intersections entre les chemins de fer et les routes les plus proches s’abaissent.

Soumettre des communiqués à MTL Contre-info de manière sécuritaire

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Août 212016
 

Nous avons pensé qu’il serait utile de résumer une technique de base pour soumettre des communiqués de manière anonyme, en utilisant le système d’exploitation Tails.

Tails est un système d’exploitation pour ordinateur conçu avec un soucis de sécurité et qui peut être démarrer à partir d’une clé USB ou d’un CD sur n’importe quel ordinateur. Après avoir éteint Tails et éjecté la clé USB ou le CD, l’ordinateur peut redémarrer normalement avec son système d’exploitation habituel. Tails est conçu pour ne laisser aucune trace sur l’ordinateur en n’interagissant aucunement avec le disque dur et en utilisant seulement la mémoire vive (qui est automatiquement effacée quand Tails est éteint). De plus, Tails oblige toutes les connexions internet à passer par le réseau Tor [1. TOR est un réseau de de « proxies » gérer par des volontaires dans le but explicite d’assurer l’anonymat en ligne. Avec TOR, votre connexion passe à travers trois proxies. Vous vous connectez à TOR et chacun des trois proxies (« noeuds ») auxquels vous accédez encode vos données. Aucun de ces nœuds, pris individuellement, ne sait à la fois qui vous êtes et ce à quoi vous êtes connecté.es. Le troisième nœud décrypte les données et accède au site internet, renvoyant l’information encodée à travers les autres proxies.], ce qui est beaucoup plus sécuritaire que d’utiliser simplement le navigateur Tor sur votre système d’exploitation habituel.

Adresse IP et MAC :
Toute connexion internet a une adresse IP[2. Une adresse IP (Internet Protocal address) est une série de chiffres qui vous permet d’envoyer et de récupérer des données à travers une connexion internet (par exemple. 78.125.1.209). Ces chiffres servent à identifier la location physique, le fournisseur de service internet et les détails techniques de votre connexion. C’est comparable à l’adresse d’une maison. Une adresse IP non dissimulée mènera directement des enquêteurs/enquêteuses à votre connexion.] spécifique qui peut être enregistrée par les sites internet qui sont visités et qui révèle la connexion qui a été utilisée. On peut d’ailleurs retracer le lien entre une adresse IP et un.e abonné.e internet, que ce soit un individu ou un commerce comme un café.

Tous les ordinateurs ont une adresse MAC[3. L’adresse MAC (Media Access Controller address) identifie spécifiquement votre ordinateur. Si vous vous connectez à internet, le routeur peut se connecter à votre adresse MAC et conserver ces données. Si des enquêteurs/enquêteuses s’attardaient à lire les connexion d’un routeur avec lequel vous avez accédé à internet (disons un wifi public depuis lequel un communiqué a été envoyé), puis comparaient cette adresse avec celle de la carte internet sans-fil de votre ordinateur (disons, confisquée durant une descente), vous seriez connectez aux activités que vous avez effectués en utilisant la connexion de ce routeur. Si l’adresse MAC n’est pas modifiée, il y a une possibilité que vos activités puissent être reliées à vous si les enquêteurs/enquêteuses sont déterminé.es ou suffisamment chanceux.ses.] qui peut identifier l’ordinateur spécifique qui s’est connecté à un site internet via l’adresse IP.

Tails dissimule automatiquement l’adresse IP en utilisant le réseau TOR et donne automatiquement à chaque utilisateur une fausse adresse MAC dès le départ.

1.Télécharger et installer Tails
Tails peut être téléchargé sur tails.boum.org. Vous pouvez aller jeter un coup d’oeil à « l’assistant d’installation Tails » sur le site pour des instructions sur comment télécharger et vérifier le fichier, l’installer sur une clé USB ou un CD et le faire démarrer sur votre ordinateur.

2. Démarrer Tails
Dépendamment d’à quel point vos activités sont risquées, il pourrait être une bonne idée d’utiliser un ordinateur qui n’est pas connecté à votre identité d’aucune manière (au cas où Tails, pour une raison ou une autre, laissait une trace). Ce peut être un ordinateur public hors de la vue des caméras de surveillance, ou un ordinateur utilisé spécifiquement dans ce but.

Si vous démarrer l’ordinateur avec la clé USB branchée et que Tails ne démarre pas automatiquement, il se pourrait que vous ayez besoin d’accéder au « menu de démarrage » de votre ordinateur. Sur la plupart des ordinateurs, vous pouvez appuyer sur une touche du menu pour faire apparaître une liste des différents systèmes sur lesquels il est possible de démarrer (identifier les touches possibles du menu de démarrage pour votre ordinateur selon le manufacturier dans la liste ci-bas). Dans ce menu, choisissez votre clé USB. Pour la résolution de problème, référez-vous à « Démarrer Tails » sur tails.boum.org. Vous pourriez avoir besoin de modifier les paramètres du BIOS.

3. Se connecter à internet
Si vous utilisez un ordinateur portable, vous pouvez accéder à plusieurs réseaux wifi, dont vous connaissez les mots de passe, depuis l’extérieur du bâtiment, et ce même la nuit si le wifi est laissé ouvert. Utilisez un wifi qui n’a pas de « portail captif » (un « portail captif » est un portail qui vous fait accepter des « termes et conditions »).

4. Soumettre un Communiqué
Ouvrez le navigateur TOR et vérifier que Tor est fonctionnel en visitant check.torproject.org. Sur TOR, changez le Niveau de sécurité dans “Paramètres de sécurité et de protection de la vie privée” de “Standard” (par défaut) à “Safest”. Allez sur https://mtlcontreinfo.org/publiez/ pour nous envoyer votre communiqué! Si vous souhaitez soumettre des images, vidéos, etc., éliminez les informations d’identification (métadonnées) à l’aide de Metadata Anonymization Toolkit (MAT) sur Tails.

Pour approfondir :
• Autoprotection Digitale Contre la Surveillance: Astuces, Outils et Guides Pratiques pour des Communications En Ligne Plus Sécurisées
• Le Zine « Anonymity/Security »
• Le « Surveillance and Counter-surveillance Guide »

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CAMOVER MONTRÉAL

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Mai 282016
 

camfeaturedSoumission anonyme à MTL Counter-info

Dans CamOver, vous jouez un groupe d’humains confronté à une invasion de caméras dans un quartier en pleine gentrification. La lutte contre les caméras est importante, mais votre propre survie est primordiale! Pour gagner vous allez devoir nouer des alliances avec vos ami.es dans vos quartiers et détruire le plus de caméras possible. La partie se déroule tout au long de l’été. À la fin, le quartier qui totalise le plus de points remporte la partie.

Que le vandalisme commence! Rendons nos nuits d’été magiques et excitantes!

Déroulement

1. Préparation
Parlez à vos ami.es et rassemblez un petit groupe de confiance. Promenez-vous dans le quartier et repérez les cibles potentielles. Durant le repérage, prenez soin de notez, pour chaque cible, les endroits suivants : où se masquer sans être vu.es ; où se positionnent les personnes chargées de surveiller les alentours ; quelle sera la voie de sortie.

Rassemblez les items suivants :
masque, gants & vêtements non-identifiables
extincteur / marteau / corde / peinture / roches

2. Sabotage
Le soir venu, sélectionnez l’outil adéquat puis mettez-vous en route. Positionnez les guetteurs, masquez-vous à l’endroit préalablement choisi et vérifiez que personne ne vous observe. Exécutez l’acte de sabotage puis empruntez la voie de sortie le plus rapidement possible.

3. Laissez les gens savoir
Comptabilisez vos points : un point par caméra. Écrivez un court texte relatant les événements puis envoyez-le à mtlcounter-info.org. Il est possible de joindre au texte une image ou un vidéo. Si vous avez été en mesure de repartir avec une ou plusieurs caméras détruites, soyez créatif.ves : posez avec elles, dansez avec elles, faites-en des marionnettes ou une installation artistique.

Pourquoi jouer ?
• Développer des habiletés utiles dans de multiples contextes : manipuler certains outils, déterminer des trajets d’action, devenir non-identifiable, s’enfuir de la police, communiquer dans ce genre moment.
• Nourrir des complicités d’action avec des ami.es
• Transformer notre rapport à notre quartier : connaître les rues, les bâtiments, les passages, etc.
• Rendre le quartier plus sécuritaire : pour les personnes dont les activités quotidiennes sont criminalisées (vendeur.ses de drogue, travailleur.ses du sexe, etc.), pour les personnes qui pratiquent le street art, pour ceux et celles qui désirent lutter contre les systèmes de domination.

Pour la carte géographique des caméras de Montréal :
montreal.sous-surveillance.net
Pour publier les communiqués de vos actions:
mtlcounter-info.org

Idée pour l’utilisation d’une corde
• Attachez un petit objet, comme un morceau de bois, à une corde.
• Lancez la corde par-dessus le bras de la caméra.
• Saissez les deux extrémités de la corde puis tirez!

Comment remplir de peinture un extincteur ?
• Les extincteurs adéquats sont de couleur grise et ont un boulon et une valve. Ils peuvent être volés dans les blocs appartement et les restaurants.
• Vider l’extincteur en appuyant sur la gachette, puis retirer la partie supérieure en dévissant le boulon. Verser un mix de peinture de latex et d’eau, à un ratio de 1:1.
• Replacez la partie supérieure et pressurisez l’extincteur avec une pompe à velo ou un pressuriseur jusqu’à 100 PSI.
• Utiliser des gants pour manipuler l’extincteur pour éviter d’y laisser des empreintes digitales.
• Il est suggéré de porter un imperméable à jeter pour éviter les éclaboussures sur les vêtements.

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Pour rester plus en sécurité

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Avr 082016
 

Pour la prochaine fois… Pour rester plus en sécurité

Pourquoi porter un masque? Ça nous permet d’agir sans être immédiatement reconnu-es. Ce n’est pas suffisant de couvrir la moitié de notre visage. Même si nous réussissons à nous enfuir de la police, elle pourrait utiliser des photos ou des vidéos de nous plus tard pour nous incriminer. Il vaut mieux couvrir nos cheveux, notre visage, nos bras, nos tattoos et nos mains. Les meilleurs gants sont ceux en coton puisqu’ils ne transmettent pas les empreintes digitales contrairement aux gants en plastique ou avec du ‘grip’. Assurons-nous qu’il n’y ait pas de marque qui permette d’identifier nos vêtements, nos souliers ou nos sacs-à-dos; et c’est nice d’avoir des vêtements pour se changer après s’être démasqué-es. Si on amène des outils avec nous dans la manif, on doit les frotter avec de l’alcool pour effacer les empreintes digitales. C’est normal de se vanter et de raconter nos histoires, mais elles sont faciles à utiliser contre nous. On ne devrait pas poster sur Facebook quoi que ce soit qu’on ne montrerait pas à un flic. C’est la même chose pour Twitter, Instagram, Tumblr. Rappelons-nous que la police va lire nos textos et la liste des dernières personnes que nous avons appelées lorsqu’ils vont nous arrêter. Si on est arrêté-es, on peut invoquer notre droit de rester absolument silencieux-se; la seule chose qu’on doit dire c’est notre nom, notre adresse, notre date de naissance, rien de plus.

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Juil 012012
 

Le pdf page par page

Sommaire:

  • La formation de bandes : Une tactique dans le but d’accroître nos forces et notre autonomie
  • Occupation: un guide Do-It-Yourself
  • Les universités comme espaces de subversion
  • Culture de la sécurité
  • Conseils pour les manifestations
  • Pourquoi porter un masque?
  • Les bombes de peinture
  • Lectures supplémentaires

Si vous désirez des copies papier :

  • L’Insoumise, 2033 St-Laurent
  • La Belle Epoque, 1984 rue Wellington
  • QPIRG Concordia, 1500 de Maisonneuve O., suite 204
  • QPIRG McGill, 3647 University

Les bombes de peinture : des ampoules remplies de peinture

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Mai 242012
 

De Blocage, Occupation, Grève sauvage

D’abord, enfilez vos gants en tissus. Cela permet de ne pas laisser d’empreintes sur les bombes de peinture. Vous devriez travailler sur une surface molle (comme par exemple une serviette pliée) pour protéger votre ampoule.

1. Premièrement, utilisez des pinces coupantes pour couper la base métallique de l’ampoule. Vous pouvez soit couper deux fentes verticales dans cette base et l’enlever ensuite, ou simplement découper autour de la base.

2. Ensuite, retirez le tube de verre et le filament qui se trouvent à l’intérieur de l’ampoule. S’ils ne sont pas déjà détachés dans le processus du découpage de la base, tentez de les faire sortir délicatement avec un tournevis.

3. Remplissez l’ampoule avec de la peinture (utilisez un entonnoir ou une bouteille de savon à vaisselle et ajoutez un peu d’eau si la peinture est trop épaisse), bouchez le trou avec du papier, de l’argile ou autre et scellez le tout avec du ruban électrique ou de la cire fondue. Un mélange de peinture intérieure et de peinture extérieure est beaucoup plus difficile à enlever.

4. Essuyez l’ampoule avec de l’alcool à friction pour enlever les empreintes.

Conseils pour les manifestations

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Mai 242012
 

De Blocage, Occupation, Grève sauvage

Lorsque les gens participent aux manifs avec leur bandes, il peut s’avérer parfois logique qu’elle agissent ensemble en formant un contingent ou un bloc. La forme choisie devant s’adapter au contexte. Voici un recueil de conseils qui pourraient vous êtres utiles pour agir dans les manifestations – certains sont applicables en général et d’autres sont plus spécifiques à la tactique du bloc.

La façon dont se déplace une manifestation peut en déterminer le résultat. Bien qu’il existe des situations dans lesquelles se déplacer rapidement puisse être stratégique, partir à la course en panique est la pire des choses à faire. La police tente souvent de disperser les manifestations qui brassent. Cela dit, il est crucial d’être apte à défendre notre position, à ne pas céder à la panique et à riposter aux attaques des flics.

Les manifs qui se déplacent en zigzag – de bas en haut le long de différentes rues en changeant souvent de direction de manière imprévisible (mais stratégique) – permettent plus facilement d’échapper à la police lors des manifestations spontanées. La police a aussi plus de difficulté à contrôler une manifestation lorsqu’elle marche à contre-sens du trafic dans des rues à sens unique.

Il est important de porter attention à ce qui ce passe autour de vous. Restez conscient.es de votre environnement. Remarquez le positionnement des cordons policiers et la manière dont ils agissent. L’encerclement est une autre tactique utilisée par les flics pour faire des arrestations de masse en contenant une manifestation de tous les côtés, ou bien dans une rue entre les intersections, ou à une intersection. C’est pourquoi, si une manifestation est assez grosse, il est toujours important de tenter qu’elle tienne deux intersections à la fois pour garder ouverte une route alternative.

On a besoin de développer des structures pour communiquer rapidement entre nous. Des messages et des plans peuvent être diffusés rapidement si on les fait circuler à travers les différentes bandes présentes.

Ne prenez jamais de photos de quoi que ce soit pouvant être incriminant. Si vous mettez des photos sur internet, brouillez les visages – la police utilise couramment les images en ligne comme preuve. Les pancartes, les bannières et la peinture en aérosol peuvent être utilisée pour bloquer les caméras hostiles.

Ne venez pas dans une manif en tant qu’observateur.trice passif.ve, en espérant que les autres auront un plan. Soyez prêt.e à participer activement et ayez vos propres objectifs et plans.

La tactique du bloc a pour but d’empêcher l’identification d’un individu au sein d’une masse anonyme, en essayant que tous.tes soient aussi semblables les un.es aux autres que possible. Pour agir dans la rue, il n’est pas nécessaire de se constituer en bloc – les gens peuvent aussi s’organiser en contingents ou agir individuellement – mais ils peuvent contribuer à la sécurité de chacun. Si seulement certaines personnes dans un bloc prennent ces précautions, les flics peuvent plus facilement cibler les personnes et les groupes ; ce qui est dangereux à la fois pour ceux et celles qui agissent au sein du bloc et pour ceux et celles qui n’agissent pas. Ceux et celles qui font l’effort de rester anonyme peuvent attirer plus l’attention de la police ; ceux et celles qui ne le font pas peuvent être plus facilement identifié.es, ce qui fait d’eux et elles des cibles faciles. Aucune de ces situations n’est désirable.

Si vous comptez porter un masque, portez-le à tous les moments appropriés. Si une caméra ou un témoin vous voient sans masque, vous pouvez être facilement identifié par la suite même avec votre masque. Ne vous contentez pas seulement de couvrir votre visage. Les bandanas sont populaires et pratiques, mais ne cachent pas assez. Couvrez votre tête complètement pour éviter que vos cheveux soient visibles – surtout s’ils sont distinctifs. Dans un bloc, vous pouvez vous couvrir en portant un masque de ski ou bien faire un masque à partir d’un t-shirt – étirez le trou du cou autour de vos yeux et attachez les manches derrière votre tête, le reste du t-shirt couvre votre tête et vos épaules.

Soyez extrêmement vigilant.e à savoir où et quand vous mettez ou enlevez votre masque et changez de vêtements; il ne devrait pas y avoir de caméras ni de témoins hostiles. Si possible, explorez les lieux à l’avance pour trouver des espaces appropriés pour vous changer. Rappelez-vous que la police est particulièrement susceptible de cibler les individus masqués qui ne sont pas dans une foule de gens habillés de façon similaire.

Portez différentes tenues, en couches l’une sous l’autre. Idéalement, vous devriez avoir une tenue pour vous rendre sur les lieux de l’action sans attirer l’attention, une tenue anonyme pour l’action elle-même, puis une autre tenue en dessous afin d’avoir l’air d’un.e bon.ne citoyen.ne lorsque vous quittez la zone.

Ne marchez pas avec un bloc en portant vos vêtements de tous les jours, surtout ils vous distinguent. Les flics sont peut-être stupides, mais ils et elles sont probablement capables de trouver des correspondances entre la photo de la personne masquée avec un pantalon violet à pois et la photo de cette même personne dans la même tenue, avec le masque en moins, même si les photos n’ont pas été prises le même jour.

Les sacs à dos et les souliers sont aussi utilisés pour identifier les personnes dans les manifestations. Plutôt que d’utiliser les mêmes que ceux que vous portez au quotidien, utilisez-en d’autres. Envisagez de couvrir vos chaussures avec de grands bas si cela est approprié.

Dissimulez ou enlevez quoi que ce soit pouvant vous identifier : patch, perçage, tattoo.

Si c’est possible, couvrez-vous les yeux avec des lunettes pour vous protéger du gaz poivré ou du gaz lacrymogène. Si vous portez des lunettes, portez-en qui ne vous distinguent pas trop. Les verres de contact ne sont pas recommandés dans les situations où vous pourriez être en contact avec des armes chimiques. Si en hiver, vos lunettes s’embuent quand vous portez un masque, vous pouvez porter des verres de contact, mais garder vos lunettes à portée de main.

Attention à ne pas laisser d’empreintes digitales. Portez des gants en tissu – le cuir et le latex peuvent retenir les empreintes digitales et peuvent même les transmettre sur les objets que vous touchez. Nettoyez vos outils et autres objets avec de l’alcool à friction à l’avance, afin d’éliminer les empreintes. On ne sait jamais ce qui pourrait se perdre dans le chaos.

Les bannières sur les côtés et à l’avant d’un bloc peuvent servir à entraver la surveillance et peuvent aussi aider à empêcher la police de nous capturer.

Les pancartes et les drapeaux en bois lourd peuvent être utilisés pour l’auto-défense dans les moments critiques (ces bâtons sont plus longs que les matraques!). Les barricades, les feux d’artifice, les bombes de peinture, les extincteurs, les roches et d’autres moyens créatifs peuvent garder les ennemis à distance.

Connaître le terrain peut être très important.

• Où sont les matériaux pour barricader, les cibles pour des actions et les cachettes où vous pourriez ranger des outils à récupérer lors de la manifestation?

• Où se trouvent les ruelles, les cours arrières, les cachettes, les zones où il y a beaucoup de gens, les caméras et les transports en commun pour la dispersion?

Méfiez-vous, tout ceci ne devrait pas vous donner un faux sentiment de sécurité. Soyez prudent. Évaluez honnêtement votre relation au risque. Assurez vous de connaître les gens avec qui vous vous organisez et que vous leur faites confiance, surtout s’il s’agit d’activités à haut risque. Pratiquez la culture de la sécurité en tout temps. Connaissez vos droits et faites les valoir quand vous interagissez avec la police. Cela n’améliorera pas nécessairement la situation, mais ne pas le faire ne peut que l’empirer.