Six Nations : Journée de solidarité avec les défenseurs de la terre Haudenosaunee le 9 octobre

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Sep 112020
 

De 1492 Land Back Lane

6 septembre 2020

Cette semaine nous avons vu dix arrestations d’individu·e·s lié·e·s au 1492 Land Back Lane. Ceci comprend des allié·e·s non-autochtones ainsi que des personnes issues d’autres communautés Haudenosaunee comme la chercheuse mohawk Courtney Skye et le journaliste oneida Karl Dockstader.

Par ces arrestations de nos proches et de nos allié·e·s, la OPP fait preuve d’une stratégie encore plus violente. Le Canada est en train de choisir comment répondre à nos soucis et aux questions qui nous importent et ils ont choisi la violence policière et la criminalisation au lieu du dialogue avec notre communauté.

Notre peuple se voit inculpé pour le simple fait de leur présence sur leur territoire et de vouloir pratiquer leur culture. S’occuper ainsi de conflits territoriaux est inacceptable et ne devrait pas être toléré.

Nous affirmons que ceci est une stratégie délibérée du part de la OPP pour intimider nos sympathisant·e·s et dissuader celleux qui voudraient appuyer notre usage de nos terres.

On craint que la OPP cherche à nous couper de ravitaillement, y compris la nourriture et l’eau. Si elle réussit, cette technique sera dans la lignée des stratégies coloniales de se servir de la famine pour pousser les peuples autochtones de leurs terres.

Nous faisons appel à une journée de solidarité le 9 octobre 2020.

Les défenseurs de la terre au 1492 Land Back Lane font également appel à leurs allié·e·s pour continuer de contacter leurs députés et la OPP pour exiger le respect de notre communauté et la justice pour les développements illégitimes dans notre territoire.

« Il est profondément insultant et injuste que le peuple Haudenosaunee soit arrêté pour vouloir défendre leur territoire. Arrêter des Haudenosaunee pour leur présence sur la terre et chercher à nous effacer par la violence policière ne légitime pas leurs fausses réclamations sur notre territoire », selon le défenseur de la terre Skyler Williams.

Williams a poursuivi : « des milliers de personnes partout au Canada nous ont contacté pour nous soutenir et des centaines de personnes sont venues de près comme de loin visiter le 1492 Land Back Lane. Celleux qui veulent se trouver sur la bonne côté de l’Histoire savent que notre souveraineté est plus importante qu’encore une pâté de maisons sur des terres autochtones volées. »

Nous faisons appel à nos allié·e·s de continuer d’amplifier notre demande pour la paix et la sécurité. Veuillez continuer de nous soutenir sur les réseaux sociaux et en faisant des dons sur notre GoFundMe ou par PayPal à landback6nations@gmail.com.

[vidéo] La statue de John A. Macdonald déboulonnée et décapitée

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Août 292020
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Des manifestant.es ont déboulonné la statue de John A. Macdonald aujourd’hui au centre-ville de Montréal, à la fin de la manifestation pour le définancement de la police. Macdonald est le 1er premier ministre du Canada. Il est responsable de la création du système des pensionnats pour enfants autochtones, de l’adoption de lois visant à exclure les personnes d’origine chinoise et de la pendaison du martyr métis Louis Riel. Symbole du colonialisme et du racisme qui perdurent dans ce pays, la statue de Macdonald a déjà été vandalisée à l’aide de peinture à maintes reprises. Plus de détails suivront.

Un sabotage dans la prétendue Colombie-Britannique

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Août 242020
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Note éditorial : MTL Contre-info publie généralement du contenu provenant du Québec ou directement lié au soi-disant Québec. Cette soumission contient des informations qui peuvent être difficiles à publier, c’est pourquoi nous avons fait une exception.

Le 3 août, à Smithers (Colombie-Britannique), nous avons attaqué la plateforme de forage n°4 de l’entreprise Val’s Drilling, en utilisant la méthode des bouteilles en plastique remplies de carburant et allumées avec des cubes d’allume-feux.

Après avoir appris que la foreuse était arrivée à Smithers, nous avons immédiatement quitté Prince George. Après être arrivé.e.s à Smithers et avoir pris nos repères, nous nous sommes posté.e.s dans le parc en face de l’hôtel où la foreuse était garée. Après avoir recueilli suffisamment d’informations, on a élaboré un plan et on a pris la décision d’agir au petit matin. Une fois l’engin placé et allumé, nous sommes immédiatement reparti.e.s pour Prince George, par l’autoroute 16.

Nous pensons qu’il faut une action ferme, par tous les moyens nécessaires, pour s’assurer que CGL ne fasse pas de forages sous la rivière Wedzin Kwah.

Solidarité avec nos frères et sœurs Haudenoshaunee, qui font face aux flics de l’OPP.

Aucune milice d’État financée par des industries sur cette terre volée qu’est l’île de la Tortue.

1492 Land Back Lane : Que se passe-t-il à Six Nations?

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Août 192020
 

Des Comités de défense et de décolonisation des territoires

Depuis le 19 juillet, quelques dizaines de défenseurs de la terre Haudenosaunee réoccupent une portion de leur territoire non-cédé, là où le conseil de bande et une compagnie de développement s’étaient entendus sur la construction de plusieurs dizaines de logements. Un peu plus d’une dizaine de tentes ont été montées et une cuisine est en construction,  et les habitants actuels n’ont pas l’intention de s’en aller. Un jardin a été planté, en guise d’engagement à rendre ce territoire de nouveau habitable pour ceux et celles à qui il revient.  Une partie de crosse a été organisée en guise de pratique de soin collective, de la communauté et du territoire pour réitérer le lien ininterrompu, malgré la destruction temporaire qui les affecte.

Le territoire contesté avait été promis à la communauté de Six Nations en 1784, faisant partie d’une bande de 6 miles de part et d’autre de la rivière Grand. Cette rivière coule au milieu de la réserve de Six Nation et de la ville voisine, Caledonia, où le 1535 Mackenzie Road a été renommé 1492 Land Back Lane, en référence à l’année de l’invasion européenne sur l’Île de la Tortue. Le conseil de bande, qui est un de ceux qui fonctionne avec le plus bas taux de consentement au pays (5% de participation aux élections), avait décidé, malgré l’opposition populaire lors des consultations, de vendre pour 43 acres de terre et 350 000 $ (qui équivalent à la valeur d’une maison au moment de la vente) les 252 acres à la compagnie Foxgate Development.

Si le conseil de bande est le mode de gouvernance reconnu par la loi coloniale canadienne, pour les Haudenosaunee, les affaires politiques se jouent au niveau des gestes posés par les membres de la communauté.  Comme le rapporte le média One Dish, One Mic :

«La Grande Loi des Haudenosaunee se veut participative. Si les gens agissent dans le meilleur intérêt du collectif, les structures de leadership en place sont censées suivre la volonté du peuple. Lorsque les défenseurs de la terre ont été arrêtés après la première injonction douteuse le 5 août, des centaines de personnes ont risqué leur santé et leur bien-être pour soutenir l’équipe de réoccupation du 1492 Land Back Lane. Le conseil élu soutient maintenant un moratoire sur le développement des territoires non cédés de Six Nations, alors qu’il avait précédemment condamné les actions des défenseurs de la terre. »

Le 5 août, lors de la tentative d’appliquer l’injonction nommée ci-haut, une trentaine de véhicules de la police provinciale de l’Ontario (OPP) se sont placés de part et d’autre du campement. Leurs effectifs ont vite doublé et ils ont arrêté 9 personnes pour avoir réoccupé et défendu leur territoire en concordance avec la loi traditionnelle.  La police a fait feu avec des balles de plastique sur les habitants du site, qui ont répondu en allumant des signaux de fumée et des feux de pneus pour bloquer l’autoroute 6 et une voie ferrée, alertant ainsi les membres de la communauté. Selon l’OPP, ceux-ci se seraient attroupés pour repousser la police en faisant usage de projectiles. À la fin de la journée, le 1492 Land Back Lane était revenu sous le contrôle des défenseurs de la terre.

Pour aider avec le fonds légal et d’infrastructures sur le site du 1492 Land Back Lane : landback6nations@gmail.com.

Visitez le 1492 Land Back Lane juste après le coin de Mackenzie et Fuller à Caledonia; tous ceux qui se présentent dans un esprit de bienveillance sont les bienvenus – c’est un camp sans drogue, sans alcool et sans violence – sachez simplement qu’être sur la propriété peut entraîner des arrestations et des accusations à tout moment.

Pour une mise à jour fréquente des événements et du soutien nécessaire, visitez le groupe facebook de 1492 Land Back Lane.

La statue de John A. Macdonald à Montréal vandalisée avec de la peinture (encore!)

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Juil 042020
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Montréal, 2 juillet 2020 — Dans le cadre de la journée pour annuler le Canada (#CancelCanadaDay) le groupe montréalais #MacdonaldMustFall a encore une fois vandalisé le monument Macdonald; cette fois-ci, avec de la peinture jaune.

Selon Roy G. Biv de #MacdonaldMustFall: « Cette statue devrait rester teintée de peinture, alors nous pourrions déclarer une trêve. Mais ce serait encore mieux si elle pouvait être retirée. Débarrasser l’espace public des statues qui célèbrent des personnes racistes n’efface pas l’histoire. Cela fait partie de la lutte pour résister au racisme et contextualiser notre passé » .

Le groupe #MacdonaldMustFall de Montréal a expliqué ses objections à la célébration du personnage historique de John A Macdonald de cette façon: « John A. Macdonald était un suprémaciste blanc. Il a directement contribué au génocide des peuples autochtones avec la création du système brutal des pensionnats ainsi que d’autres mesures destinées à détruire les cultures autochtones. Il était raciste et hostile envers les groupes minoritaires non blancs au Canada et il promouvait ouvertement la préservation d’un soi-disant Canada « aryen ». Il a adopté des lois pour exclure les personnes d’origine chinoise. Il est également responsable de la pendaison du martyr métis Louis Riel. »

Le monument Macdonald a été vandalisé tant de fois durant les trois dernières années, que toutes les couleurs de l’arc-en-ciel ont été utilisées.

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Voici une sélection de photos des précédentes attaques du monument:

rouge: https://postimg.cc/2V0Rst1G
orange: https://postimg.cc/BLBZS37c
jaune: https://postimg.cc/sBYqhXSt
vert: https://postimg.cc/gnTkrHZp
bleu: https://postimg.cc/18tLwYzB
indigo: https://postimg.cc/S2jPMsvm
violet: https://postimg.cc/ykDj3sfv

Action anti-coloniale au Parc Lafontaine

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Juin 292020
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Nous avons frappé un symbole colonial et impérialiste de la nation québécoise pour dénoncer la transformation de nos lieux publics en lieux de vénération fasciste, telle l’immonde statue de John A. Macdonald, ce suprématiste notoire, ami intime des sudistes yankees et autres bourgeois méprisant le peuple. Ce ‘‘Fondateur du Canada’’, fondation née dans le bain de sang du génocide des Nations des grandes plaines, et penseur de la loi sur les Indiens. Adam Dollard-des-Ormeaux s’inscrit dans cette lignée des symboles anti-autochtone et militariste cléricaux. Héros de guerre coloniale de contrefaçon ayant comme unique fait d’armes de s’être fait exploser avec un tonneau de poudre noire, telle une bombe humaine, pour empêcher l’avancée des guerriers mohawks. Cette ancienne chimère de propagande cléricale visait à mobiliser les Canadiens français vers la première boucherie mondiale de 1914-1918, glorifiant la bravoure et l’esprit de martyr que la grande ‘‘race’’ française devait adopter pour réaliser son Amérique française, tel que l’avait échafaudé le rétrograde Abbé Lionel-Groulx. On fêtait alors, avant le 1er juillet de la fête de la Reine – ou plutôt fête du déménagement -, le « sacrifice » de Dollard pour commémorer un mythe guerrier de la conquête du territoire. Cette comédie n’était qu’une vieille figure unificatrice du clergé catholique et de l’intelligentsia nationaliste francophone, se pavanant main dans la main devant un monument et rêvant d’une Amérique blanche française et catholique, tout en condamnant la « juiverie mondiale » porteuse du marxisme qui corrompait le prolétariat francophone, les rendant ‘‘athées’’. Naturellement, les Anglais, qu’ils soient bourgeois ou prolétaires, devaient être « purgés » de cette terre conquise au nom du Roi de France et de l’Église catholique romaine.

Il va donc sans dire que la statue de Dollard-des-Ormeaux est une honte nationale québécoise et un vestige facho-chrétien. Les révolutionnaires québécois.es doivent traquer ces symboles réactionnaires et les détruire pour mettre en avant une réelle marche vers la réconciliation, ventée par nos crosseurs et crosseuses en complet d’affaires. De ce fait, cette statue doit tomber dans les poubelles de l’histoire afin d’être remplacée par des figures libératrices. Des figures telles qu’Obwandiyag (Pontiac) qui a mené une des plus grandes rébellions contre l’occupation européenne, ou bien encore un monument en l’honneur du lundi de la matraque. C’est en effet ce lundi que le parc Lafontaine devint champ d’affrontement entre les masses québécoises et ces sales flics du SPVM qui défendaient l’élite canadienne-française, rassemblée dans une provocation et un mépris déplorable de la « populace ». Cette révolte populaire sera marquante, car elle rallumera la flamme du Front de Libération du Québec et verra se rencontrer les individus qui formeront lacellule Chénier : c’est celle-là même qui abattra le ministre bourgeois Pierre Laporte. Dollard peut donc bien être déboulonné pour faire honneur en sa place à cette révolte historique.

Notre action se veut également un pied de nez aux militants catho-fascistes montréalais qui se pavanent sur les réseaux sociaux en se photographiant devant cet ignoble ersatz de monument colonial et une provocation ouverte envers ces sombres merdes. Le fascisme c’est la gangrène : on l’élimine ou on en crève !

Nous, Groupe Libération Socialiste, sommes dans la digne lignée des masses populaires afro-américaines qui depuis plusieurs semaines déjà font tomber presque chaque jour des monuments coloniaux et esclavagistes aux États-Unis ; dans la digne lignée des militant.es anticoloniaux montréalais qui aspergent de peinture rouge sang la statue du méprisant et méprisable John A. Macdonald. Nous encourageons tous.tes les révolutionnaires du Québec, toute la jeunesse souverainiste québécoise ainsi que tous.tes les opprimé.es et les exploité.es du Québec à multiplier les attaques contre ces ignobles monuments coloniaux qui pullulent à Montréal et dans tout le Québec.

Vers la libération totale des peuples de la vallée du Saint-Laurent!
Gloire à la lutte anticoloniale permanente des premières nations!
Mettons fin au Canada et à ses vulgaires gouvernances de province!

Vive le socialisme !

Vive l’Indépendance du Québec !
Vive l’Indépendance des peuples autochtones !
Mort à l’impérialisme et ses chiens de garde !
Nous vaincrons !

Groupe Libération Socialiste

NdMTLCI: Nous ne croyons pas que la promotion de « l’Indépendance du Québec », c’est-à-dire la création d’un nouvel État, qu’il soit socialiste ou capitaliste, peut s’inscrire dans une trajectoire anarchiste ou anti-autoritaire. Nous acceptons quand même la publication de ce communiqué pour ses contenus anticoloniaux et antifascistes et pour encourager les débats par le biais d’actions.

Le monument raciste de John A. Macdonald vandalisé avec de la peinture

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Juin 172020
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

À Montréal, le 15 juin 2020. – Hier soir, lors d’une action post-fête de la Reine et avant la fête du Canada, le monument Macdonald de la Place du Canada a été aspergé de peinture mauve par des vandales anticoloniaux.

Des photos de la statue vandalisée sont disponibles ici https://postimg.cc/gallery/XY4WtR4

Les vandales anticoloniaux ont pratiqué la distanciation physique en portant des masques et en se lavant les mains avant et après l’action.

Selon Seamus Grewal, l’un des vandales : « Le monument Macdonald est l’équivalent canadien d’une statue de confédérés aux États-Unis. Il représente un symbole fort du colonialisme et de l’assujettissement des peuples autochtones. Cette statue célèbre un individu dont les politiques sont directement responsables du génocide des peuples autochtones au Canada et de la célébration de la suprématie blanche en général. »

Grewal ajoute: « Le monument Macdonald doit être immédiatement retiré et placé dans un musée où l’on y explique le contexte historique approprié en ce qui concerne le racisme et le colonialisme sous-jacent. Il ne faut en aucun cas que ce monument continue de célébrer ce personnage dans un espace public majeur de Montréal ».

L’attaque de la nuit dernière contre le monument de Macdonald (1895) est, au moins, la quinzième attaque de peinture contre la statue au cours des trois dernières années. Cette plus récente action se produit alors que de nombreuses statues coloniales et racistes sont ciblées par du vandalisme ou encore tout simplement déboulonnées dans le monde entier. En continuité du mouvement Black Lives Matter, des statues racistes et coloniales ont été renversées, décapitées et autrement attaquées au cours des deux dernières semaines partout aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Au-delà de ces actions directes fortes inspirantes, de nombreux élu.es ont aussi ordonné de manière proactive le retrait des statues de nature raciste à l’intérieur de leur juridiction.

Pendant ce temps à Montréal, la Mairesse Valérie Plante refuse de retirer la statue raciste. Du moins, c’est ce qu’elle a affirmé lors d’une allocution publique la semaine dernière en voulant répondre à une pétition de plus de 15 000 signataires exigeant son retrait.

En réaction à la Mairesse Plante, Siobhan Dosanjh, une autre vandale, répond: « En comparaison à d’autres autorités publiques à travers l’Amérique du Nord, la Mairesse Plante se compromet souvent face aux questions qui concernent le racisme et le colonialisme. Lorsqu’il est temps de s’attaquer collectivement au racisme en proposant des changements structurels significatifs, la Mairesse, quant à elle, s’improvise antiraciste et utilise des discours creux pour détourner l’attention du réel travail qui doit se faire ».

Dosanjh ajoute : « De son opposition pour réduire le financement de la police, à ses réponses apathiques envers l’islamophobie, à son refus de soutenir le retrait d’un monument offensant pour les peuples autochtones ainsi que pour le Montréalais non-blancs, la Mairesse Plante n’a jamais manqué une occasion d’échouer à s’engager de façon significative contre le racisme. »

La Mairesse Plante a proposé d’installer une plaque près du monument pour contextualiser la statue de Macdonald. Le groupe #MacdonaldMustFall à Montréal suggère la formulation suivante : « John A. Macdonald était un suprémaciste blanc. Il a directement contribué au génocide des peuples autochtones avec la création du système brutal des pensionnats ainsi que d’autres mesures destinées à détruire les cultures autochtones. Il était raciste et hostile envers les groupes minoritaires non blancs au Canada et il promouvait ouvertement la préservation d’un soi-disant Canada « aryen ». Il a adopté des lois pour exclure les personnes d’origine chinoise. Il est également responsable de la pendaison du martyr métis Louis Riel. »

Seamus Grewal de #MacdonaldMustFall déclare : « Rien n’empêche la Mairesse Plante et la Ville de Montréal d’ériger une plaque contextuelle, ce qu’elle aurait dû faire il y a des années. Mais, cette mention de plaque survient au moment où un fort mouvement antiraciste ciblant les symboles du racisme et du colonialisme font rage aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Cette annonce de la Mairesse est une stratégie pour nous distraire du vrai enjeu et c’est un lâche compromis face à ce qui devrait être un retrait complet de l’espace publique. En attendant, la peinture que nous avons pulvérisée aujourd’hui ne devrait pas être enlevée, car si c’est le cas, la statue sera presque certainement attaquée de nouveau. »

PS: Chapeau aux autres vandales anti-coloniaux qui ont récemment peint « La GRC tue des femmes et des hommes autochtones » sur le monument Macdonald.

Source : #MacdonaldMustFall Montréal

Contact : MacdonaldMustFall@riseup.net

Les Inuit dissidents – Inuit Tungavingat Nunamini

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Juin 112020
 

De Archives Révolutionnaires

Au début des années 1970, dans la continuité du projet de « modernisation » du Québec entamé par le gouvernement de Jean Lesage, le gouvernement de Robert Bourassa veut développer de grands projets énergétiques dans le Nord du Québec. Afin de développer le potentiel hydroélectrique des grands cours d’eau qui traversent le territoire, il compte installer une série de barrages sur la Grande Rivière (qui se jette dans la Baie-James) et sur plusieurs autres rivières du Nord. La phase I du « projet de la Baie-James » prévoit la construction de trois centrales sur la Grande Rivière. Le projet nécessitera la dérivation des rivières Eastmain, Opinaca et Caniapiscau, une réduction importante du débit de dizaines de cours d’eau ainsi que la création de plusieurs réservoirs. En d’autres mots, ce projet entraînera l’inondation d’immenses territoires et la modification en profondeur de tout le Nord du Québec.

Déversoir du barrage Robert Bourassa, autrefois appelé La Grande-2.

Or, le projet, qui doit offrir un « développement économique sans précédent » aux Québécois.es, prendra place sur les territoires non-cédés des peuples Cris et Inuit notamment, ce dont le gouvernement ne semble pas se soucier. Et si techniquement le gouvernement du Québec ne peut pas développer de projets sur ces territoires sans avoir obtenu l’accord préalable des principaux concernés, les travaux débutent pourtant en 1972.

Les travaux sont interrompus dès novembre 1973, suite au jugement Malouf, fruit d’une longue procédure judiciaire de l’Association des Indiens du Québec contre le gouvernement québécois. Le jugement note que les conséquences des travaux de la Baie-James seraient fortement ressenties par les Cris, et ordonne en ce sens « de cesser, de se désister et de s’abstenir immédiatement de poursuivre les travaux, opérations et projets dans le territoire […] incluant la construction de routes, barrages, digues et des travaux connexes » ainsi que « de s’abstenir de s’ingérer de quelque façon que ce soit dans les droits des requérants, de violer leurs droits de propriété et de causer des dommages à l’environnement et aux ressources naturelles dudit territoire ». Ce n’est que partie remise et le jugement est immédiatement renversé par la Cours d’appel du Québec (jugement plus politique que juridique), ce qui entraîne la reprise des travaux.

« C’est pour leur avenir que travaillent les dissidents ». Photo : Gérald McKenzie.

Les Autochtones, Cris et Inuits, qui s’organisent de plus en plus contre le projet forcent pourtant le gouvernement à entreprendre des « négociations » avec eux. C’est de là que naîtra la Convention de la Baie James et du Nord Québécois. Mais le gouvernement entend bien mener ces négociations à sa façon. Tout d’abord, il n’accepte de négocier qu’avec deux organisations peu représentatives des peuples concernés : le Grand Council of the Crees et le Northern Quebec Inuit Association. Cette seconde organisation, en particulier, a été créée par le gouvernement fédéral dans le but de mener ces négociations. Elle désinforme les Inuits, et 30 % des Inuits se dissocient officiellement d’elle au début de 1975.

Ce sont les deux tiers de la superficie totale (approximativement les terres concernées par l’Acte d’Extension des Frontières de 1912, ci-dessous) de la province du Québec qui doivent être couverts par la Convention de la Baie James et du Nord Québécois et par celle du Nord-Est (qui sera signée en 1978 avec les Naskapis). Elle recouvrira le territoire des Inuits, celui des Cris de la Baie-James et celui des Naskapis du Nord-Est. De plus, ces conventions éteindront les titres putatifs des tiers, c’est-à-dire des groupes autochtones ayant des droits sur ces territoires mais n’ayant pas été conviés aux négociations. Il s’agit des Montagnais, des Attikameks et des Algonquins, ainsi que du groupe des Inuits dissidents de la Convention.

Les magouilles et les mensonges des gouvernements du Canada et du Québec, ainsi que de chefs autochtones et inuits peu scrupuleux, mèneront à la signature de la Convention le 11 novembre 1975. En plus d’imposer l’extinction des droits autochtones sur les territoires concernés, la Convention, qui prétend poser les fondements d’un « nouveau » contrat social entre les Blanc.hes et les autochtones du Nord, entérine la folklorisation des activités traditionnelles et la création de bureaucraties calquées sur celles de l’État colonial, mais « dirigées » par des autochtones. Cette négociation « de nation à nation » propose, en bref, la spoliation des terres autochtones, leur destruction à des fins économiques et… un « gouvernement » autochtone, dans les faits contrôlé par les colonisateur.trices.

« En considération des droits et avantages accordés aux présentes aux Cris de la Baie James et aux Inuit du Québec, les Cris de la Baie James et les Inuit du Québec cèdent, renoncent, abandonnent et transportent par les présentes toutes leurs revendications, droits, titres et intérêts autochtones, quels qu’ils soient, aux terres et dans les terres du territoire et du Québec, et le Québec et le Canada acceptent cette cession »

Dispositions générales de la Convention de la Baie James et du Nord Québécois, 2.1 « Remise des droits »

Pourtant, un groupe de dissident.es inuits bien organisé décide de mener la fronde contre les gouvernements et leur inacceptable Convention. Il.les refusent notamment catégoriquement l’extinction de leurs droits ancestraux ainsi que l’extinction comme base préalable à une négociation. L’Inuit Tungavingat Nunamini (ITN) ne met pas en place les mesures convenues dans la Convention, valorise les formes d’organisation autonomes comme les coopératives (notamment dans les villages Povungnituk, Ivujivik et Sugluk) et lance des poursuites contre tous les signataires de la Convention, y compris contre les représentants autochtones. Il.les sont appuyé.es dans leurs démarches par l’Association des Indiens du Québec et par des membres influents des peuples ignorés par les négociations.

Quelques représentants de l’ITN. Photo : Gérald McKenzie.

L’association Inuit Tungavingat Nunamini a aussi comme objectif la création d’un gouvernement réellement autonome pour les Inuits, qui garantirait les droits des Inuits, le respect et le maintien des traditions et du mode de vie inuit et dont la langue de fonctionnement officielle serait l’inuktitut. Malheureusement, ni les actions des Inuits sur le terrain ou en cours, ni les alliances entres divers peuples ne viendront à bout de la Convention de la Baie-James et du Nord Québécois. Pire, un autre traité infâme sera imposé aux Autochtones en 2002, la « Paix des Braves », nouvelle politique d’extinction des droits autochtones et d’accaparement de leurs territoires.

Nous présentons ici une déclaration de Tamusi Qumak, leader inuit de l’ITN. Cette déclaration, qui explique la lutte des Inuits dissident.es de la Baie-James apparaît dans la brochure Les Inuit dissidents à l’entente de la Baie James publiée par l’Inuit Tunganvigat Nunamini en 1982. La brochure présente les raisons du refus de l’ITN de signer la Convention et analyse comment, malgré les oppositions autochtones, le gouvernement a réussi à imposer la réalisation de son projet pharaonique. On y trouve aussi une critique virulente de la Northern Quebec Inuit Association, qui signa la Convention au nom de tous les Inuits, sans tenir compte des dissident.es ni réellement informer les Inuits du contenu de la Convention. L’entièreté de la revue de l’ITN est maintenant disponible en ligne.

1979. Les dissident.es à la Convention décident aussi de boycotter la commission scolaire Kativik, formant leurs propres écoles « volontaires ». Photo : Gérald McKenzie.

On lira avec attention l’article Mouvements politiques des Inuit, où Lisa Koperqualuk revient sur les résistances menées par les Inuit contre la Convention mais aussi pour l’autodétermination du Nunavik. Notons aussi l’excellent film Debout sur leur terre (1983), réalisé par Maurice Bulbulian en collaboration avec les militants de l’Inuit Tunganvigat Nunamini. On consultera aussi le livre critique Electric Rivers : The Story of the James Bay Project de Sean McCutcheon publié chez Black Rose Books en 1991. Surtout, on consultera le témoignage remarquable de Tamusi Qumak (1914-1993) sur l’ensemble de sa vie et sur sa lutte au sein de l’ITN : Je veux que les Inuit soient libres de nouveau. Le colonialisme du Nord y est décrit, de l’arrivé des premiers Blancs à l’assassinat des chiens de traîneaux par la SQ dans les années 1950 et à la sédentarisation forcée des Inuits, ainsi qu’à leur acculturation (partiellement réussie seulement).

« Sous l’influence d’ITN, les villages de Puvirnituq et d’Ivujivik refusèrent de reconnaître les institutions issues de la Convention (qui fut quand même signée) et obtinrent l’établissement de leurs propres écoles et services de santé. Leur dissidence ouvrit en bonne partie la voie aux négociations qui menèrent à la signature d’un accord de principe sur l’autonomie du Nunavik, en 2007. »

Louis-Jacques Dorais, préface au livre de T. Qumak

Tamusi Qumak, un des leaders d’ITN, et quelques membres de sa famille a Povungnituk. Photo : Gérald McKenzie.

 

Hamilton : Sabotage ferroviaire en solidarité avec la lutte des Wet’suwet’en

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Mai 232020
 

Soumission anonyme à North Shore Counter-Info

En utilisant la méthode des câbles et fils de raccordement décrite ailleurs, le système de signalisation d’une ligne principale du CN à Hamilton a été saboté la semaine dernière. Cela s’est fait dans la continuité de la solidarité avec les chefs héréditaires Wet’suwet’en et les protecteurs du territoire. Les travaux sur le gazoduc Coastal GasLink de TC Energy se poursuivent sans le consentement des chefs et malgré le protocole d’accord signé entre les chefs, la Colombie-Britannique et le Canada. Les gouvernements coloniaux et l’industrie capitaliste n’indiquent pas qu’ils respecteront la souveraineté des Wet’suwet’en.

Cette action a été menée pour soutenir et amplifier cette lutte et pour encourager d’autres à étendre les actions de solidarité au-delà de la simple rédaction de lettres et des appels téléphoniques. Avec la décision finale d’investissement de la société d’investissement KKR dans la CGL plus tard ce mois-ci, il est particulièrement important de maintenir la pression. Les camps d’hommes de la GRC et de la CGL ne respectent pas la distanciation sociale, mais de notre côté, même en la respectant, nous pouvons bloquer la machine!

Confinement à double vitesse. L’extractivisme se porte bien

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Avr 202020
 

Du Collectif Emma Goldman

Pendant que près de la moitié de la population mondiale est en confinement volontaire ou forcé, certains projets extractivistes continuent à aller de l’avant. En effet, c’est le cas pour Coastal GasLink, Trans Mountain pipeline et le Keystone XL. Toutefois, ce dernier vient d’être bloqué par une décision d’un juge fédéral américain du tribunal du Montana [1]. Malgré les belles paroles des compagnies sur la sécurité au travail en temps de pandémie, les travailleurs ne respectent pas les règles de distanciation sociale sur les chantiers. La multinationale LNG Canada, derrière le gazoduc Coastal GasLink et le terminal à Kitimat, a bien beau dire qu’elle a diminué le nombre de travailleurs sur ses chantiers, les militant.e.s autochtones qui sillonnent le territoire et les résident.e.s  du village d’Houston (près des chantiers) ont prouvé le contraire. Et même si les travailleurs quittent les campements, ils sont ensuite hébergés dans des motels dans le secteur (comme sur la photo à Houston), restant donc au nord de la Colombie-Britannique, ne réglant pas le problème du risque de contagion que représentent ces ouvriers.

Motel qui héberge des travailleurs à Houston. Le stationnement est bondé.

Devant cette situation très critique qui peut engendrer la mort de plusieurs dizaines voire de centaines de personnes, des représentants de Premières nations demandent l’arrêt des travaux sur le gazoduc de Coastal GasLink et de l’oléoduc Trans Mountain. Ces deux projets mettent en danger les communautés autochtones qui se trouvent le long des trajets prévus. Comme le fait bien comprendre Jennifer Wickham, une représentante du clan Gidimt’en de la nation Wet’suwet’en : « Le problème se résume aux ressources limitées en soins de santé. Dans le nord, nous avons des services médicaux très limités. Donc s’il arrive quelque chose, cela va submerger le peu de services que nous avons. »

Ci-dessous: Chantier du Coastal GasLink

Pour la cheffe Judy Wilson, il s’agit clairement d’un confinement à deux vitesses. Elle demande la fermeture des camps de construction pendant la pandémie : « Si Trudeau dit qu’il faut se mettre en confinement, qu’il est important de le faire, alors pourquoi les campements liés aux ressources industrielles ne tiennent-ils pas compte de ces précautions? » De plus, la majorité des personnes qui viennent travailler pour ces projets extractivistes proviennent d’un peu partout au pays (certains de l’international), augmentant les chances d’amener le virus avec eux dans le nord. Selon LNG Canada, seulement 35% des travailleurs sont de la Colombie-Britannique. Fin mars, un ouvrier de cette compagnie a été testé positif à la Covid-19, mettant en lumière les réels dangers de ne pas arrêter complètement les chantiers. Avec les divers projets extractivistes, des milliers de travailleurs résident de manière temporaire dans le nord de la Colombie-Britannique. Si plusieurs d’entre eux contractent la Covid-19, le système de santé, déjà très fragile, va rapidement être submergé et la population locale ne pourra pas recevoir les soins médicaux nécessaires. Il faut ajouter au nombre des travailleurs, les policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui sont là pour protéger les chantiers.

À Burnaby, en Colombie-Britannique, des résidents et résidentes s’inquiètent de voir les travaux se poursuivre. Les mesures sanitaires ne sont pas respectées comme il est possible de le voir sur la photo ci-dessous.

En plus de cela, les travailleurs arrivent ensemble par autobus qui font la navette pour les amener au terminal de Burnaby. Selon le site de la compagnie: « Le terminal Burnaby est le point final du réseau pipelinier Trans Mountain. C’est un point de distribution du pétrole brut et des produits raffinés vers les terminaux locaux – la raffinerie de Parkland et le terminal maritime de Westridge. » Malgré tout, le gouvernement de Trudeau n’exige pas la fermeture de ces chantiers et fait la sourde oreille. Toute cela est encore plus ridicule puisque le prix du pétrole brut albertain est en total chute libre. Le 31 mars dernier, le baril se vendait 5 $ américain.

J’imagine que ça doit être ça la réconciliation à la sauce libérale. Mettre en danger la vie de milliers de personnes tout en violant sans arrêt les droits des Nations autochtones, en envoyant la GRC frapper, humilier et emprisonner les membres des diverses communautés en résistance. Tous ces projets doivent être arrêtés! Solidarité avec les populations qui sont mises en danger au nom de l’économie et de l’argent!

[1] Le juge « a statué que le Corps des ingénieurs de l’armée américaine a enfreint la loi en approuvant le permis national 12 (Nationwide Permit 12), autorisant le pipeline Keystone XL de franchir des cours d’eau. Ce permis est essentiel au projet de l’entreprise albertaine TC Energy Corp. » Source : Radio-Canada. Lien vers le texte complet, ici.