Montréal Contre-information
Montréal Contre-information
Montréal Contre-information

On leur avait promis l’enfer, ils ont gouté à l’enfer : Rapport d’action

 Commentaires fermés sur On leur avait promis l’enfer, ils ont gouté à l’enfer : Rapport d’action
Juil 062018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Avant la fin de semaine d’action

Le 23 juin les adresses d’une militante de La Meute et d’une autre de Storm Alliance vivant dans le quartier Hochelaga ont été dévoilées et une petite visite leur a été rendue.

Le 27 juin le CRAM a partagé la revendication du peinturage des monuments de Maisonneuve et de Macdonald.

La fin de semaine d’action en images

Plusieurs distributions de tracts et affichages pour la manifestation antiraciste ont eu lieu, ainsi qu’une tournée du Quartier Latin et du centre-ville.
« of 16 »

 

Une belle victoire, on leur avait promis l’enfer, ils ont gouté à l’enfer.

Continuons le combat, le fascisme ne passera pas! Un autre appel à l’action sera publié plus tard dans l’été, restez à l’affut !

Un troll d’extrême droite diffuse une fausse nouvelle au sujet d’une agression antifasciste (qui n’a jamais eu lieu)

 Commentaires fermés sur Un troll d’extrême droite diffuse une fausse nouvelle au sujet d’une agression antifasciste (qui n’a jamais eu lieu)
Juil 042018
 

De Montréal-Antifasciste

À la suite des deux manifestations d’extrême droite qui ont eu lieu le 1er juillet dernier à Montréal, une « fausse nouvelle » particulièrement troublante a commencé à circuler sur les médias sociaux. Tandis que La Meute et Storm Alliance étaient coincées par les antifascistes, une plus petite manifestation convoquée par le Front patriotique du Québec (FPQ) est allée du Carré St-Louis au Pont Jacques Cartier. Dans l’heure qui a suivi la fin de cette manifestation, une histoire commença à circuler dans les réseaux du FPQ et dans ceux de groupes comme La Meute et Storm Alliance. Selon cette histoire, il y aurait eu une attaque brutale contre trois autochtones qui voulaient rejoindre la manifestation du FPQ. Des antifascistes auraient repéré ces « patriotes » à une station de métro non-identifiée et les auraient battus si durement que les trois personnes auraient eu besoin d’être hospitalisées.

Dans une autre publication Facebook, cette même « Calinda Nath Grondin Cado » prétendit que c’était le militant Jaggi Singh qui avait mené cette agression violente :

Alors que l’histoire était diffusée sur Twitter par le membre de La Meute Sébastien Chabot (alias World Truth), le scénario changea quelque peu et c’était désormais « les troupes d’Ève Torres » qui avaient envoyé les trois autochtones à l’hôpital :

La façon dont les gens présentaient cette histoire sur les médias sociaux impliquait que des « antifas » aient attaqué des autochtones qui désiraient participer à la manifestation du FPQ. Cette version s’inscrit dans un récit de plus en plus répandu dans les milieux de la droite national-populiste voulant que les Québécois n’aient pas été des colonisateurs mais plutôt des alliés historiques des peuples autochtones qui sont maintenant appelés à appuyer le Québec dans son combat contre « l’invasion » de l’immigration « illégale » et contre un gouvernement fédéral canadien (anglais) corrompu.

Le principal problème de cette histoire est, bien entendu, qu’elle est totalement fausse. Entièrement fausse ! Comme cela a été d’ailleurs rapidement démontré.

Grâce au travail de camarades du compte Twitter @LeTroupeauQC, il devint rapidement clair que les personnes battues sur les photos étaient certes des victimes d’agressions violentes, mais pas à Montréal, pas en 2018, et pas par des antifascistes !

Mathieu Grégoire a été la victime d’une agression homophobe à Beauce en 2016:

Stephanie Littlewood a été victime d’une agression brutale par son ex-conjoint à Leeds, en Angleterre, en 2016 :

Nagieb Khaja est un journaliste qui a été battu par des gardes-frontière à la frontière de la Turquie et de la Syrie en 2015 :

Une nouvelle fois, l’extrême droite se fait prendre à colporter des « fausses nouvelles » ! Ce qui est frappant dans ce cas-ci, c’est non seulement à quel point le mensonge était éhonté mais aussi à quel point il a été révélé rapidement par notre camp. En effet, en l’espace de 24h, des membres de La Meute étaient avertis de ne pas partager l’histoire pour éviter de discréditer leur camp :

Bien qu’il soit positif de voir que même nos opposants reconnaissent maintenant que cette histoire est fausse, ce serait une erreur de notre part de simplement passer à autre chose sans souligner certains aspects de cette dynamique.

Tout d’abord, quelques mots sur les deux personnes accusées publiquement sur les médias sociaux d’être responsables de l’agression. Ève Torres est candidate pour Québec Solidaire dans la circonscription d’Outremont-Mont-Royal et a eu une importante couverture médiatique en partie parce qu’elle porte le hidjab. Jaggi Singh est militant anarchiste et antifasciste de Montréal qu’autant l’extrême droite que les médias de masse présentent régulièrement comme le « chef des antifas » (sic !). Torres comme Singh ont passé tout l’après-midi à la manifestation contre La Meute et n’auraient donc pas pu participer à une agression ailleurs en ville, si celle-ci avait vraiment eu lieu. Mais l’extrême droite n’en est pas à un détail près.

Il s’agit d’un cas de calomnie et d’incitation à la violence. D’ailleurs, plusieurs personnes ont commenté sur les médias sociaux qu’il y aurait des représailles pour cette (non)agression. Ce n’est également pas un hasard que les deux personnes visées par la propagande de l’extrême droite soient celles-ci. Les femmes portant le hidjab et les personnes racisées, et d’autant plus si elles sont militantes, sont les principales cibles de l’extrême droite et finissent toujours au sommet de leur liste « d’ennemis ». Une situation que les médias de masse et la classe politique contribuent à créer et à cultiver par un discours raciste, sexiste et islamophobe.

Ensuite, ce cas vient nous rappeler que l’extrême droite s’appuie sur des mensonges et des idées fausses. Rien de nouveau, direz-vous, on le savait déjà. Néanmoins, nous assumons que la plupart de nos opposants sont au moins sincères—à savoir qu’ils croient aux mensonges qu’ils colportent. Or, il est important de garder à l’esprit qu’il existe des acteurs influents qui agissent en connaisse de cause, qui savent que leurs co-légionnaires sont crédules et qui en profitent consciemment en fabriquant des mensonges pour faire avancer leurs revendications et leur agenda (on l’a bien vu en décembre 2017, lorsque de « fausses nouvelles » ont visé des mosquées à Côte-des-neiges, et plus récemment, lorsqu’un troll d’extrême droite a fabriqué de fausses « preuves » d’agression sexuelle par un médic aux mobilisations contre le G7 à Québec). Que ces individus soient des agents de la police cherchant à manipuler la situation, des personnes ayant un besoin pathologique d’attention, ou des acteurs politiques sans scrupule n’hésitant pas à mentir à leur propre camp, est souvent difficile à dire.

Ce genre de méthodes politiques est appelé « opérations psychologiques » par la police et l’armée. Les mouvements progressistes doivent comprendre que nous sommes actuellement dans un contexte où les opérations psychologiques sont de plus en plus courantes et qu’il est nécessaire de prendre des précautions pour limiter leur impact. Ce problème ne va pas disparaitre et il serait erroné et naïf de notre part de croire qu’il s’agit là de cas isolés et que tous les cas seront faciles à repérer. La vigilance s’impose.

Les antifascistes bloquent La Meute

 Commentaires fermés sur Les antifascistes bloquent La Meute
Juil 032018
 

De subMedia

Le 1er juillet, le groupe d’extrême droite La Meute avait prévu de tenir sa « plus grande et meilleure manif » à Montréal. Des antifascistes les ont encerclés et empêchés de marcher en les gardant coincés entre deux coins de rue.

Échec historique pour La Meute

 Commentaires fermés sur Échec historique pour La Meute
Juil 022018
 

De Xavier Camus

Le chef de La Meute – Sylvain « Maikan » Brouillette – avait prévu « la meilleure manif de son histoire ». Ce fut un fiasco monumental :

(1) Alors que La Meute prétend souvent avoir 60 000 membres, le chiffre exact, dans le monde réel, ressemble davantage à 150 membres… Des autobus provenaient d’aussi loin que le Saguenay. En additionnant tous leurs plus fidèles partisans, La Meute fut incapable de rassembler plus de 200 personnes, en incluant leurs alliés.es de Storm Alliance et Independance Day. Quelle honte pour M. Brouillette!

z2 Sylvain Brouillette
(Comment M. Brouillette pourra-t-il continuer à mentir sur le membership réel de La Meute?)

« Nous sommes le peuple », « Nous sommes la force du nombre »… 150 personnes sur 8,2 millions de Québécois.es, come on

(2) Non seulement ça n’a pas été la plus grande marche de l’histoire de La Meute, mais ils n’ont même pas marché un seul coin de rue!

Leurs leaders annonçaient pourtant: « Le Québec prend d’assaut Montréal » et « Nous marcherons la tête haute ». À la vérité, la plupart du temps, ils sont restés assis dans l’entrée d’un parking durant près de 4 heures, pour finalement rebrousser chemin et repartir dans leurs autobus scolaires…

z2b entrée de parking

Que s’est-il passé? Des contre-manifestants.es se sont postés des deux côtés de la rue Saint-Antoine, de sorte que les Meutons, en nombre inférieur, n’ont jamais eu le courage de prendre la rue pour faire entendre leur voix (c’est-à-dire leur haine des immigrants.es et des musulmans.es).

Le moment le plus glorieux de Sylvain « Maikan » Brouillette fut lorsqu’il se traîna jusqu’au mur devant lui, pour frotter le bout de son drapeau contre une pancarte d’Immigration Canada. Même son propre camp n’a jamais compris ce qu’il essayait de faire :

z3 sylvain brouillette

Chose certaine, les dirigeants du groupe haineux ont reculé devant les contre-manifestants.es. Leur cellule de sécurité se cachait derrière les cordons anti-émeute, pendant que la majorité de leurs militants.es restait assis en suffoquant dans l’entrée du stationnement, à l’ombre, et réclamait de l’eau.

z3b

z3c

 

Les appuis de La Meute

La Storm Alliance, groupe anti-immigration, est elle aussi en déclin, n’ayant pu attrouper plus de 20 personnes. À peine trois drapeaux de la S.A. ont pu se faire voir, mais il y avait au moins leur fidèle M. Dionne, lui qui arborait une sorte de drapeau nazi à la manif de l’année dernière, à Québec :

z4 dionne

 

Quant à Independance Day, on pouvait à peine en discerner une dizaine de membres, arborant leur hallucinant drapeau aux couleurs du Québec, du Canada, de la statue de la Liberté des États-Unis (?), tout en ajoutant une faute d’orthographe dans le mot anglais qui s’écrit normalement « Independence »…

z4 independance day

Ce groupe est reconnu pour compter un ex-grand dragon du Ku Klux Klan québécois parmi ses dirigeants, soit Michel Larocque. Le réseau CTV a embarrassé le #2 de La Meute en le questionnant à cet égard :

« Roch adamantly denies that Larocque is a member of their movement.

« [He] is not a member of La Meute. La Meute is one entity, » Roch explained. « We accept groups that are not right-wing. That’s why we accept the Storm Alliance and Independence Day. »

L’excuse de Stéphane Roch est donc un peu facile, plaidant que Larocque n’est pas directement membre de son groupe. Car il omet de dire qu’il en a déjà fait partie, ayant même un tatou de La Meute sur sa main gauche :

z4b chef du KKK
Dans les années 90′, Larocque tabassait ainsi des homosexuels au nom du KKK et fut « inculpé pour avoir tenté d’incendier un logement habité par des Noirs » (VICE).

 

La couverture des médias

En général, les médias ont davantage donné la parole aux porte-paroles de l’extrême-droite qu’aux antiracistes, qui étaient pourtant beaucoup plus nombreux.ses. Ces médias, tels TVA Nouvelles, ont donc eu la fâcheuse manie de rapporter leurs propos sans regard critique, allant même jusqu’à consacrer l’expression « immigration illégale » dans leurs reportages :

z5 tva

Les médias devraient veiller à ne pas relayer aussi aveuglément l’idéologie xénophobe. Comme l’a bien rappelé le compte-rendu de La Presse :

« La Meute et Storm Alliance dénoncent l’arrivée d’immigrants irréguliers qu’ils qualifient d’« illégaux ». Or, ce statut n’existe pas en vertu de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Toute personne a le droit de traverser la frontière du Canada de façon irrégulière pour demander l’asile. »

Conclusion

La Meute se retrouve à la croisée des chemins, faisant face à ses propres mensonges, ne sachant même plus pourquoi elle manifeste. Où se trouve leur soi-disant combat contre l’islam radical, alors que le mot « islam » n’a pas été prononcé une seule fois hier? (et c’est tant mieux)

Si les chefs plaident que leur marche allait faire entendre la « voix du peuple », ils refusent en fait que les membres apportent leurs propres pancartes et scandent leurs propres slogans (ça pourrait sonner trop raciste)… Brouillette appelle d’ailleurs cela des « marches silencieuses ».

La Meute ne représente pas le peuple. Elle ne représente qu’un gourou, qui ment comme il respire, du nom de Sylvain Brouillette. 60 000 membres? Plutôt environ 150…

z6 à peine une centaine

Pas de quartier pour les racistes, pas de racistes dans notre quartier. Hochelaga résiste.

 Commentaires fermés sur Pas de quartier pour les racistes, pas de racistes dans notre quartier. Hochelaga résiste.
Juin 232018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Depuis que les derniers boneheads (des skinheads néo-nazis) ont été crissé dehors du quartier à coup de pied au cul vers 2008, le quartier Hochelaga etait redevenu un ptit paradis pour les bums comme nous, pour les punks, bref pour la contre-culture. C’est un quartier multiculturel ou on se sent bien, ou le monde se jase facilement et ou il y a beaucoup de solidarité…

Depuis le retour et la multiplication des groupes racistes au Québec depuis 2016, notre quartier n’est pas épargné mais il continue de résister et de tenir bon !

On a été heureux-ses d’apprendre que le duo de youtubeurs fachos (ils ne s’en cachent même pas) DMS aka Maxime Morin et Guillaume Beauchamp se sont fait crisser dehors du quartier par des antifascistes. On était pu capable de les endurer, jusqu’au Chic Resto Pop ou ils venaient parfois manger… les tabarnaks, ils manquaient pas d’humour de venir manger là, eux qui méprisent les plus démunis!

On s’est fait dire aussi qu’à la dernière visite des Soldiers of Odin pour venir faire chier des punks dans le quartier cet hiver, les SOO sont repartis en courant comme des lapins !

On est peut-être antifasciste mais on est pas des sauvages. Quand on croise au bar l’Espace Public deux anciens dudes du groupe de viking-nazis les Wolves Of Odin, bin on leur laisse boire leur bière sure tranquille, parce que ça à l’air que les deux dudes s’impliquent plus dans un groupe raciste. C’est ça qu’on veut, alors on vous watch, mais on fait rien tant que vous faite pas de bétises…

La fin de semaine prochaine, le dimanche 1er juillet, deux groupes racistes viennent manifester dans notre ville. Il s’agit de La Meute et de Storm Alliance. Ces groupes sont pas implantés encore à Montréal mais il faut rester vigilant. Certain.e.s de leurs membres vivent dans notre quartier !

C’est le cas de Chantal Graton militante de La Meute qui vit sur la rue Leclaire, proche du coin Ontario. On donnera pas son adresse pour le moment car elle a sa fille qui est encore au CEGEP et les enfants ne sont pas responsables du racisme de leur parents. Chantal est une addicte de facebook, elle partage des fausses nouvelles à longueur de journée et elle s’est persuadée que les musulmans nous envahissent, que le «sang» musulman pousse au crime, au viol et à la pédophilie. Hey coudonc Chantal, tu leur dit quoi à tes voisin.e.s musulman.e.s quand tu les croises dans l’est d’Hochelaga ou tu vis ? C’est qui le danger pour la sécurité des autres selon toi?

 

 

Il y a aussi Patricia «La Rebelle» Ramez militante de Storm Alliance qui vit au 2660 de la rue Théodore (à deux pas du métro Viau). Fière militante nationaliste (ce n’est pas un crime) depuis des années, elle est une grande fan du groupe de néo-nazis les Soldiers of Odin et elle déteste les «antifas» . Dernièrement elle offrait son aide aux SOO quand ils ont promis 1000$ à qui leur fournirait des informations pour retrouver les personnes qui les ont attaqué. Quand elle parle des «Fan-fans» c’est les antifas, et les «cellules» c’est comme ça que Storm Alliance appelle les antifascistes… Coudonc c’est quoi ton osti de problème quand tu préfères aider le crime organisé plutôt que des personnes qui luttent contre le fascisme ?

Ces deux là sont supposées participer à la manifestation du 1er juillet de La Meute et Sorm Alliance à Montréal . On a éssayé d’entrer en communication avec elles, on a laissé de la documentation anti-raciste devant leurs portes mais ça ne les intéresse pas, elles préfèrent s’enfermer dans le racisme, l’islamophobie, la haine de l’autre… alors que le vrai grand problème du Québec aujourd’hui, les fauteurs de troubles, c’est vous et vos groupes de racistes pathétiques!

On dévoile vos adresses pour que vous vous rendez compte que les actes ont des conséquences.

On en dévoilera prochainement d’autres dans le quartier.

Hochelaga déteste les racistes, Montréal déteste les racistes, le Québec déteste les racistes.

Signé : des habitant.e.s du quartier Hochelaga

Bienvenue en enfer : Appel à l’action le 30 juin et 1er juillet

 Commentaires fermés sur Bienvenue en enfer : Appel à l’action le 30 juin et 1er juillet
Juin 192018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le 1er juillet des groupes haineux comme La Meute et Storm Alliance annoncent une manifestation à Montréal contre l’immigration illégale. Ça tombe mal pour eux car nous n’aimons pas les racistes et nous n’aimons par le 1er juillet, la fête du Canada colonial.

Les racistes oublient où ils s’apprêtent à foutre les pieds… Montréal est contre les racistes et nous allons le leur rappeler. Il faudra plus que des dizaines de policier anti-émeutes pour leur permettre de manifester.

Nous appelons TOUTES les personnes qui se sentent interpellées par la présence de ces racistes à réagir par des actions concrètes, partout dans la province :

– la fin de semaine du 30 juin – 1er juillet, multiplions les actions directes ou symboliques, contre le racisme et le colonialisme.

– jusqu’au 1er juillet, redécorons la ville avec des stickers, graffitis, posters, etc… afin que partout on ne lise qu’un seul message sur les murs de la ville : «Fuck La Meute»

Un mur gris proche de chez vous? Des tracts à distribuer? Une adresse que vous gardiez pour une bonne occasion? Quelques affiches à poser dans votre quartier? C’est le moment :)

Frappons partout. C’est une responsabilité collective.

Envoyez nous vos photos et rapports d’actions à welcometohell@riseup.net

Affiche

Endossement et appel au contingent antifasciste: “Manifestation Un statut pour toutes et tous” (16/06/2018)

 Commentaires fermés sur Endossement et appel au contingent antifasciste: “Manifestation Un statut pour toutes et tous” (16/06/2018)
Juin 152018
 

De Montréal-Antifasciste

Depuis 2004, nos camarades de Solidarité sans frontières ont organisé annuellement une marche “Un statut pour toutes et tous” pour revendiquer un arrêt aux déportations et aux détentions d’immigrant-es, et pour appuyer l’ouverture des frontières et la régularisation pour tous-tes immigrant-es et réfugié-es. La marche vise également à revendiquer la création d’une vraie “ville sanctuaire” à Montréal.

En tant qu’antifascistes, nous appuyons de tout coeur ces revendications – nous rejetons toutes frontières coloniales et impérialistes, et voulons que tous-tes migrant-es qui les traversent soient traité-es avec respect et dignité. La cause de la justice migrante nous tient à coeur, spécialement dans le climat politique actuel, où l’on constate une montée de l’extrême droite et une normalisation croissante d’une rhétorique anti-immigrante et islamophobe au sein des partis politiques et des médias de masse. Dans ce contexte, il est plus important que jamais d’assurer une forte présence d’antifascistes au sein de la lutte pour la justice migrante, à Montréal comme ailleurs.

Montréal Antifasciste endosse la manifestation “Un statut pour toutes et tous,” et souhaite participer concrètement en appellant à un contingent antifasciste. Comme d’habitude, nous invitons tous-tes camarades à nous rejoindre derrière la bannière de Montréal Antifasciste!

Infos événement:

“Ouvrons les frontières! Un statut pour toutes et tous!”
Manifestation festive
Le samedi 16 juin à 14h
Place de la Gare Jean-Talon (métro Parc)
Coin de Hutchison/Ogilvy.

Cet événement est familial.

Événement Facebook: https://www.facebook.com/events/1804751619671476/
Site Web: www.solidarityacrossborders.org

Faith Goldy et ses ami-e-s racistes

 Commentaires fermés sur Faith Goldy et ses ami-e-s racistes
Juin 072018
 

De subMedia

La blogueuse alt-right Faith Goldy a appelé à une manifestation sur la route Roxham, là où les migrants traversent irrégulièrement au Canada pour fuir l’Amérique de Trump. Tandis qu’elle et ses ami-e-s prétendent être simplement contre l’« immigration illégale », ce vidéo démontre le caractère raciste et suprémaciste blanc de plusieurs parmi ceux et celles ayant participé à la marche de Goldy.

Action antifasciste à la frontière Québec/États-Unis

 Commentaires fermés sur Action antifasciste à la frontière Québec/États-Unis
Juin 032018
 

De It’s Going Down

3 juin 2018 – Le rassemblement appelé par Faith Goldy à la frontière de Roxham (Québec/É-U) a regroupé une centaine de personnes et d’organisations d’extrême-droite du Québec et de l’Ontario, en plus de quelques losers ayant fait le voyage d’aussi loin que l’Alberta et la Nouvelle-Écosse. C’était la première mobilisation inter-provinciale organisée sur cette frontière.

Faith Goldy est une des personnalités les plus populaires de l’alt-right sur internet au Canada. Elle suscite l’intérêt autant des forces populistes inquiètes de l’« immigration illégale » et de la « menace musulmane » que des fascistes et des néo-nazis. Elle se frotte particulièrement à ces derniers, notamment en répétant le slogan nazi des 14 mots, en blaguant avec des gens de Daily Stormer à Charlottesville et en étant une avide défenseure de l’« identitarisme » au Canada, y compris du groupe d’alt-right Identité Canada. Pour en savoir plus sur Goldy.

Goldy a récemment atteint le sommet de sa popularité, quand elle s’est filmée en train d’être expulsée d’une contre-manifestation antifasciste à la frontière Québec/États-Unis à Lacolle quelques semaines plus tôt. Les franges de l’extrême-droite québécoise, qui, pour plusieurs, n’avaient jamais entendu parler d’elle, en ont pris bonne note et ont participé en plus grand nombre au rassemblement du 3 juin.

Les participants représentaient le public-cible de Goldy : des membres des Proud Boys de l’Ontario, ainsi que d’autres activistes internet de l’alt-right, comme Ronny Cameron (« nationaliste blanc » auto-déclaré et partisan de l’alt-right), Alex Van Hamme (Free Bird Media) et Georges Massaad (The Phalange Media). La majorité des participant.es était cependant originaire du Québec. Bien qu’elle ait snobé les organisations québécoises, ignorant les ouvertures de Dave Tragget et de Sylvain Lacroix, et que son appel aux « patriotes » de se présenter avec des drapeaux du Red Ensign ait aliéné quelques nationalistes Québécois, il y avait un grand nombre de personnes associées à Storm Alliance, à Atalante, à la Meute et même au Front Patriotique du Québec (qui s’en était pourtant dissocié à cause de l’enjeu des Red Ensign).

Dans ses videos d’appel, Goldy avait demandé aux participant.es d’agir de façon respectable, mais elle n’avait certainement pas contesté la présence, au coin de Fisher et Roxham Road, de la milice III% dont les membres étaient vêtus d’habits tactiques pour patrouiller le secteur. La zone ressemblait alors plus à une scène militaire qu’à une manifestation pour la fermeture des frontières, ce qui a révélé la violence de l’extrême droite aux yeux de tou.tes. Leur désir fétichisé de patrouiller les frontières d’un État colonial bâtit sur des terres autochtones volées montre que les suprémacistes blancs sont bien au courant de ce qu’elles représentent : elles font partie des infrastructures du racisme qu’ils désirent (les frontières, les lois anti-immigration, les centres de détention, les accords de « pays tiers sûr »).

Dans le passé, les anti-fascistes ont appelé à des contre-manifestations publiques. Nous sommes alors souvent repoussés par les flics de la SQ qui veulent faire place aux groupes d’extrême-droite. Cette fois, nous n’avons fait aucun appel public. Nous avons plutôt tenté de nous placer stratégiquement sur la Roxham Road pour pouvoir bloquer l’autoroute. Nous étions peu, comme nous l’avions choisi. Notre objectif était de perturber leur manifestation d’une manière efficace et pour le plus longtemps possible. Il s’agissait d’une expérimentation que nous n’avons pas fini d’évaluer.

Solidarité avec les tou.tes les migrant.es qui traversent les frontières, solidarité avec tout ceux et toutes celles qui sont détenu.es dans des centres anti-immigrant.es. Solidarité avec les autochtones qui mènent la résistance contre les États coloniaux et leurs frontières.

Faith Goldy: innocente “journaliste” ou propagandiste pro-nazie?

 Commentaires fermés sur Faith Goldy: innocente “journaliste” ou propagandiste pro-nazie?
Juin 012018
 

De Montréal-Antifasciste

Le 19 mai dernier, des manifestant-e-s anti-immigration se sont rendu-e-s à la frontière canado-américaine à l’appel de la Storm Alliance, l’un des principaux groupes d’extrême droite au Québec. Au cours des 18 derniers mois, en raison de l’Entente sur les tiers pays sûrs entre le Canada et les États-Unis, la frontière québécoise, et en particulier le passage irrégulier du chemin Roxham, près d’Hemmingford, est devenue un important point de passage pour les réfugié-e-s fuyant le régime Trump. L’une des conséquences de cet afflux est que l’extrême droite cherche à transformer ce drame humain en capital politique dont elle pourra tirer avantage. La manifestation du 19 mai marquait la troisième occasion où Storm Alliance et ses allié-e-s se sont mobilisé-e-s à la frontière, et la troisième fois que des antiracistes et antifascistes d’Hemmingford, de Montréal et d’Estrie se sont mobilisé-e-s pour leur bloquer le chemin.

Entre 100 et 200 personnes se sont déplacées de chaque côté le 19 mai. Comme ce fut le cas les deux fois précédentes, les forces antiracistes ont réussi à sécuriser le chemin Roxham, de manière à garantir que les personnes faisant la traversée ne soient pas confrontées à une foule de racistes dès leur arrivée au Canada. Tout au long de la journée, il y a eu des ateliers, des activités pour les enfants et une ambiance généralement festive et relaxe, avec la participation de résident-e-s de la région.

Étant donnée la forte présence antiraciste au chemin Roxham, Storm Alliance a une fois de plus changé ses plans et battu en retraite vers le poste frontalier de Lacolle. Afin de constituer une opposition à cet endroit également, les forces antiracistes ont été forcées de se diviser en deux. Le poste de Lacolle est un terrain beaucoup plus compliqué pour nous, en partie en raison de la forte présence policière et du caractère militarisé du poste frontalier, alors qu’il est clair que la police opère en faveur des forces d’extrême droite (lesquelles avaient demandé la permission de manifester là, et ont consciemment cultivé ce rapport amical avec la police au cours de la dernière année). La Sûreté du Québec a ainsi empêché les antiracistes de bloquer le convoi de Storm Alliance et ouvert la voix de manière à permettre à celle-ci de planter sa manifestation directement devant les baraques où sont logé-e-s les réfugié-e-s. Malgré le fait que l’objectif principal (le chemin Roxham) soit resté inaccessible aux militant-e-s d’extrême droite, celles et ceux d’entre nous qui ont essayé de les bloquer à Lacolle sont reparti-e-s quelque peu découragé-e-s par la tournure des événements.

C’est dans ce contexte particulier des événements de la journée, au chemin Roxham et à Lacolle, que nous avons pris conscience d’un nouveau dégoûtant personnage cherchant à exploiter la situation à la frontière pour se faire du capital politique…

Faith Goldy, wannabe superstar d’extrême droite

Faith Julia Goldy-Bazos, mieux connue sous le diminutif Faith Goldy, se décrit elle-même comme une « nationaliste catholique pour le Roi, le Christ et la patrie ». Elle est l’une des personnalités Internet nationalistes blanches les plus connues au Canada.

Le 19 mai, elle a fait le voyage de Toronto à Lacolle et Hemmingford. Elle prétend s’y être rendue pour couvrir la présence antiraciste, peut-être pour faire la promotion de son propre événement, lequel était déjà prévu pour le 3 juin (nous y reviendrons ci-dessous). Elle s’est d’abord pointée au chemin Roxham, où elle a été refoulée sans difficulté par des antiracistes, après quoi elle semble avoir été informée par la police que la manifestation anti-immigration devait plutôt avoir lieu à Lacolle (qui se trouve à 15 minutes de là). En se rendant au poste frontalier, elle est arrivée un peu trop tôt, et a plutôt été accueillie par les antifascistes qui s’étaient réuni-e-s à cet endroit dans l’espoir de bloquer Storm Alliance.

Goldy, en personnalité Internet toujours prête à promouvoir sa marque de commerce, a diffusé en direct cette rencontre houleuse. La vidéo, qui montre comment elle a été repoussée de la manifestation, est ensuite devenue virale dans les réseaux d’extrême droite, le récit fallacieux de la pauvre et « innocente » femme blanche de classe moyenne, journaliste de surcroît, étant « attaquée » par des antifascistes (de différents genres, soit dit en passant) trouvant une forte résonnance dans les milieux anti-immigration et d’extrême droite.

Tout ce bordel nous menant à la réflexion… mais qui est donc cette crapule? D’où vient-elle, politiquement? À qui est-elle associée? Quelles sont ses intentions?

Mais qui est cette ordure?

À partir de 2015, Goldy a gagné en notoriété en animant la série de reportages On the Hunt With Faith Goldy sur Rebel Media, le site d’extrême droite sioniste d’Ezra Levant. Ses reportages avaient généralement pour accroches des thèmes comme, « Alors que les migrants violent d’un bout à l’autre du continent, où sont les hommes européens? » (29 janvier 2016), ou « Trudeau collabore avec Soros sur le complot réfugié » (15 décembre, 2016). Goldy a fait la promotion de diverses théories du complot sur le massacre de la mosquée de Québec en janvier 2017, et elle a continué à répandre la désinformation longtemps après que ces rumeurs farfelues aient été réfutées par les médias traditionnels. Plus tard la même année, elle a accompagné Gavin McInnes, le fondateur des Proud Boys (et son collègue chez Rebel Media à l’époque) en Cisjordanie, où elle a invoqué une « croisade » pour « récupérer » Bethlehem, tweetant des selfies d’elle-même en posant avec une veste « deus vult » arborant l’écusson des croisés et la légende « in hoc signo vinces » (« par ce signe, tu vaincras »).

Un catalogue complet des grossièretés racistes, islamophobes et sexistes de Goldy demanderait un estomac plus solide que le nôtre (vous pouvez tout de même voir d’autres exemples ici). Au fil du temps, Goldy s’est mise à exprimer de plus en plus franchement ses idées, prônant des points de vue parfois trop odieux même pour ses ami-e-s racistes, comme son patron Ezra Levant. Même si Rebel Media a accepté qu’elle consacre une émission au « génocide blanc » en juin 2017, les choses se sont envenimées en août lorsque Goldy s’est rendue à Charlottesville, Virginie, pour couvrir les manifestations racistes et les contre-manifs antifascistes en tant que « journaliste » enchâssée dans le camp d’extrême droite. Comme l’a rapporté le Winnipeg Free Press dans la foulée des affrontements, « au cours de son reportage, Goldy a soutenu que les événements de Charlottesville étaient la preuve d’une “conscience raciale blanche grandissante” qui allait changer le contexte politique aux États-Unis. » Elle a également fait de grands efforts pour saluer le “manifeste métapolitique” en 20 points composé par le leader nationaliste blanc Richard Spencer, un document comprenant des appels à organiser les États-Unis selon des divisions ethniques et raciales et célébrant la supériorité de “l’Amérique blanche”. Goldy décrit le manifeste de Spencer comme “robuste” et “réfléchi”. »

C’est le ressac contre son entrevue sympathique avec Robert « Azzmador » Ray du site néonazi Daily Stormer à Charlottesville – au cours de laquelle les deux s’entendent comme cul et chemise, dans ce que l’on peut décrire comme un exercice d’admiration mutuelle – qui a finalement entraîné son congédiement de Rebel Media. À un moment dans l’entrevue, Ray (qui a par ailleurs été filmé en scandant « gazons les Juifs » tout au long du week-end) pose à Goldy quelques questions innocentes sur le judaïsme de son employeur :

Azzmador : Je n’ai qu’une question pour toi, et mes abonné-e-s ne me pardonneraient jamais si j’évitais de te la poser…

Faith Goldy : Je l’attends avec impatience, chéri.

Azzmador : OK, c’est une question facile.

Goldy : Oui.

Azzmador : As-tu déjà vu Ezra Levant mélanger viande et produits laitiers?

Goldy : [rit] Je vais vous dire que si – et il serait d’accord avec ça – si vous lui offrez du bacon gratuit – c’est du bacon gratuit, après tout…

 Rires.

Goldy : Non, je crois qu’il est casher, mais je ne sais pas. Mais je peux vous dire qu’Ezra Levant connaît mes positions sur maintes choses, et qu’il m’a offert une liberté extraordinaire.

Elle a été congédiée peu après cette entrevue.

Depuis sa séparation d’avec Rebel Media, Goldy essaie de faire carrière en tant que personnalité Internet « nationaliste blanche », une carrière qui consiste essentiellement à se mettre en réseau avec d’autres personnages Internet d’extrême droite et à participer occasionnellement à leurs programmes YouTube. Lors d’une entrevue qu’elle a donnée à Colin Robertson (Millennial Woes) en décembre 2017, Goldy a  récité le slogan néonazi des « 14 mots » (« Nous devons garantir l’existence de notre peuple et un avenir pour les enfants blancs »), en indiquant qu’elle ne croyait pas que ce sentiment devrait être perçu comme controversé. À l’émission néonazie Red Ice, comme l’a détaillé le blog AWM, elle a affirmé que le mot « raciste » est un terme oppressif utilisé contre les blancs et que les Canadiens blancs sont victimes d’oppression systémique, tout en défendant encore une fois son utilisation des « 14 mots ». Dans une entrevue qu’elle a accordée cette année à Ayla Stewart, une autre bloggeuse YouTube, Goldy a recommandé la lecture du livre For My Legionaries de Corneliu Codreanu. Codreanu est le leader de la Garde de Fer roumaine, un mouvement fasciste tout aussi brutal et antisémite que celui des nazis allemands. (Lorsqu’on lui a fait remarquer que For My Legionaries contient des appels à éliminer « la menace juive », Goldy a timidement fait marche arrière en tweetant : « On m’a signalé qu’il y a un passage dérangeant plus tard dans ce livre, et je tiens à préciser que je n’endosse pas ce passage en particulier. » Elle partage régulièrement des articles de médias sociaux d’extrême droite européens tels que Red Ice et Generation Identity, ainsi que ses propres vidéos sur le thème récurrent des personnes blanches devenant une minorité menacée de génocide partout dans le monde.

Au Canada, Goldy a continué à travailler avec d’autres segments de l’extrême droite. Au début de mars, elle s’est filmée en train de perturber une présentation antiraciste de Michael Capello, à l’Université Trent, intitulée « Il est correct d’être contre la blanchité ». Plus récemment, Goldy a participé à la minuscule manifestation contre White Privilege Conference Global (WPC Global), tenue à l’Université Ryerson de Toronto, où elle a côtoyé des membres des Sons of Odin, des Soldiers of Odin et d’autres groupes semblables. À cette occasion, elle a été interviewée par le suprémaciste blanc Ronny Cameron, à qui elle a expliqué pourquoi elle favorise le racisme ou, comme elle le dit, « la préférence du groupe », qui est pour elle « un fait psychologique et sociologique naturel. On le voit chez les oiseaux, on le voit chez les humains. Les Européen-nes, à cause des Lumières et de la pensée cancéreuse qui en a découlé, s’en sont vus privé-e-s, et ils sont devenu-e-s des proies… »

Le 20 mars dernier, la Society for Open Inquiry de Lindsay Shepherd, à l’Université Laurier (l’un de nombreux clubs universitaires qui encouragent une forme d’organisation raciste et transphobe sous prétexte de « liberté d’expression ») a tenté d’organiser une conférence avec Goldy. Quelqu’un a eu l’excellente idée de sonner (littéralement) l’alarme d’incendie. Un mois plus tard, le 30 avril, le même groupe tentait d’organiser une autre conférence avec Goldy – cette fois avec Ricardo Duchesne, un professeur de sociologie de l’Université du Nouveau-Brunswick qui est peut-être l’intellectuel nationaliste blanc le plus important au Canada aujourd’hui – à l’Université de Waterloo. Cet événement a cependant été annulé lorsque l’université a voulu faire payer plus de 28 000 $ aux organisateurs pour en assurer la sécurité. Ainsi, Goldy a plutôt passé le 30 avril au chemin Roxham, à Hemmingford, Québec, où elle a tweeté une série de photos de réfugié-e-s traversant la frontière, ainsi qu’une vidéo en direct dénonçant l’arrivée de tant de gens. « Peut-être devrions-nous nous occuper des nôtres avant de devenir un refuge pour femmes battues et un pensionnat pour le monde entier », a-t-elle dit. (Stay classy, hein Faith?)

Suite à sa visite à la frontière le 30 avril, Goldy a annoncé qu’elle organiserait des autobus pour transporter des manifestant-e-s au chemin Roxham le 3 juin. Comme la page de l’événement Facebook du rassemblement l’explique :

LE CANADA FAIT FACE À UNE INVASION D’IMMIGRANT-E-S ILLÉGAUX-ALES!

Depuis que le premier ministre Trudeau a tweeté au monde #WelcomeToCanada, plus de 50 000 illégaux sont arrivés au Canada.

De ceux qui sont entrés illégalement, plus de 20 000 l’ont fait à pied par la frontière Sud du Canada, qui a été essentiellement effacée sans mandat démocratique.

IL Y A UNE SOLUTION SIMPLE : RENDRE LA FRONTIÈRE ENTIÈRE UN POINT D’ENTRÉE OFFICIEL.

Grâce à cela, les agents de la GRC seraient déchargés de leurs fonctions de portier et l’ASFC pourrait se mettre au travail pour refouler les migrants illégaux.

Goldy est retournée à la frontière le 19 mai, avec les résultats hilarants que nous avons décrits ci-dessus. La vidéo documentant comment elle s’est fait cracher dessus et taper son téléphone a toutefois donné beaucoup d’attention à ses plans pour le 3 juin, y compris au sein de l’extrême droite locale (qui pour la majeure partie, ignorait tout de l’existence de Goldy jusque-là).

Goldy a appelé sa manifestation au chemin Roxham sans même consulter les racistes québécois-e-s qui avaient eux-mêmes organisé des manifestations semblables dans la région d’Hemmingford/Lacolle à quelques reprises depuis le début de 2017. Malgré cela, des membres de l’extrême droite du Québec ont communiqué avec elle en ligne, indiquant qu’ils seraient disposés à travailler avec elle et à coordonner un autobus de Montréal. Cela comprend ceux qui étaient responsables de la sécurité de la manif de Storm Alliance lors du rassemblement du 19 mai au poste frontalier de Lacolle, dont Sylvain Lacroix (anciennement du Front patriotique du Québec (FPQ), qui a quitté ce groupe après une séparation houleuse avec Marie-Élaine Boucher). En même temps, Maxime Morin et Guillaume Beauchamp, de la chaîne YouTube d’extrême droite DMS, ont sorti une vidéo ciblant plusieurs individus de la gauche montréalaise en prétendant qu’ils et elles étaient impliqués dans « l’attaque » contre Goldy. Goldy a en retour fait la promotion de cette vidéo, ce qui n’est pas étonnant, même si l’admiration de DMS pour des néonazis notoires, et la participation de Maxime Morin au forum de discussion néonazi « Montreal Storm » sont bien documentées.

Goldy est considérablement plus explicite dans son racisme et ses affinités néonazies que le sont la plupart des porte-parole de Storm Alliance ou du FPQ. Cependant, au cours de la dernière année, nous avons été témoins d’une incroyable ouverture, voire d’un véritable enthousiasme, de la part de militant-e-s anti-immigration au Québec, à collaborer avec des éléments fascistes et néonazis. Des racistes impénitents, des fascistes et des néonazis ont manifesté à plusieurs reprises (par exemple, le 30 septembre, le 25 novembre 2017,etc.) aux côtés de Storm Alliance, malgré l’insistance de ces derniers à nier qu’ils sont racistes. À cet égard, une alliance avec quelqu’un comme Goldy est certainement possible.

Tout comme Storm Alliance, Goldy exploite la situation à Roxham Road pour pousser son discours « nationaliste catholique » et un programme suprémaciste blanc. Des milliers de personnes traversent la frontière irrégulièrement à Roxham, mais cela ne les rend pas pour autant « illégales ». Comme l’a souligné l’Association du Barreau du Québec, « immigrant illégal » n’est pas une catégorie juridique au Canada. Il existe deux principales raisons à ces migrations, qui font des manchettes sensationnelles et donnent à l’extrême droite l’occasion de vendre son discours toxique. La première raison est que l’administration Trump abolit actuellement les protections juridiques qui ont permis aux personnes fuyant des situations dangereuses de vivre aux États-Unis depuis des années. La deuxième raison est l’Entente sur les tiers pays sûrs, qui oblige les personnes souhaitant obtenir le statut de réfugié-e ici à traverser de façon irrégulière plutôt qu’aux passages frontaliers officiels.

Appeler ces individus des « immigrant-e-s illégaux-ales » est un truc verbal pour suggérer que les réfugié-e-s ont fait quelque chose de mal, ou qu’illes sont des criminel-le-s. Ce ne sont pas les migrant-e-s entrant au Canada qui provoquent la crise, mais plutôt les politiques racistes des gouvernements des deux côtés de la frontière, ainsi que les discours et actions de militant-e-s d’extrême droite comme Faith Goldy et Storm Alliance, qui cherchent à précariser et insécuriser davantage la vie de ces personnes.