Montréal Contre-information
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Retour sur la manif antifa de samedi le 4 mars

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Mar 072017
 

Soumission anonyme à MTLCounter-info

Personne ne s’y en attendait, mais les groupes d’extrême-droite ont pu défiler à Montréal, il s’agit d’une première fois depuis plusieurs années. On ne croyait pas que les groupes fachos pouvaient mobiliser après les échecs cuisants des manifestations de Pegida en 2015, où l’on pouvait dénombrer 4 ou 5 mononcles et matantes perdues et environ 500 contre manifestant-es.

La journée a commencé à 11ham avec un rassemblement des groupes d’extrême-droite à la place Émilie-Gamelin. Ils et elles ont trouvé comme prétexte la défense de la liberté d’expression afin de pouvoir déverser leur haine envers les musulmans. Le rassemblement était constitué d’environ 150 personnes et on pouvait apercevoir beaucoup de drapeaux de « La Meute » ainsi que des drapeaux du Québec. Un petit groupe de maoïstes a tenté de les bloquer dès le départ, mais les flics se sont interposés pour les repousser et laisser le chemin libre aux fascistes.

La manif de fascistes est arrivée à l’hôtel de ville vers 11h30 et une contre-manifestation d’environ 400 personnes attendait les fachos. Les coups ont commencés à voler de part et d’autre, car la police n’avait pas séparé les deux manifestations. Disons que les membres des groupes d’extême-droite qui s’aventuraient un peu trop loin ont mangé plusieurs coups et se sont fait plaquer au sol. Quelques fumigènes ont été lancés vers les fachos pour tenter de perturber leur rassemblement. Les flics ont ensuite séparé les deux manifestations et c’est à ce moment que les choses se sont cristallisées. L’extrême gauche d’un côté et l’extrême-droite de l’autre. Les insultes étaient lancés d’un côté comme de l’autre, mais sans confrontation.

Malgré cela, une trentaine d’anti-fascistes a spontanément décidé de contourner de façon habile le dispositif policier. Malgré des tentatives pour ramener un plus grand nombre de personnes pour joindre le petit groupe qui se détachait de la manif, la majeure partie de la manifestation anti-raciste est restée figée. Peut-être était-ce une inertie due à l’attente durant 45 minutes dans le froid ou bien le non-vouloir des organisateurs.trices à communiquer cette initiative ou le manque d’une bannière pour entraîner un plus grand mouvement? Il reste que ce n’est qu’une petite portion qui a voulu s’engager dans la tentative de bloquer la route aux fascistes de l’autre côté de la rue. Le petit groupe mobile s’est ensuite retrouvé nez à nez avec le groupe La Meute qui faisait la sécurité pour la manifestation d’extrême-droite. Plusieurs coups de poing sont partis de part et d’autres, c’est alors que des bouteilles de vitre et de gros blocs de glace, ainsi qu’une poubelle sont tombés en pleine gueule des fachos. Le petit groupe d’antifascistes s’est alors mis sur la route des fascistes pour tenter de stopper net leur marche. Les policiers à vélo sont vite venus disperser les antifas qui s’étaient retrouvés de l’autre côté du cordon de flics. L’extrême-droite a ensuite eu le champ libre pour continuer à marcher pendant que la manifestation anti-raciste suivait derrière et étaient repoussée par les assaut des forces de l’ordre. La manif d’extrême-droite a pu ensuite se disperser au parc Émilie-Gamelin.

La journées de hier est une défaite face à l’extrême-droite qui a réussi à marcher à Montréal. La plupart des gens étaient venus avec l’idée que tout serait très tranquille et que ce ne serait qu’une vingtaine de racistes et de nationaleux qui se pointeraient à la manif d’extrême-droite. Disons que la préparation n’était pas au rendez-vous. La menace du fascisme est devenue bien réelle même dans Montréal que l’on croyait immunisée contre des manifestations de l’extrême-droite. La prochaine fois il faudra prendre beaucoup plus au sérieux l’enjeu de l’antifascisme et nous assurer les racistes n’aient plus la liberté de se présenter dans la rue et resteront cachés derrière leurs petites pages facebook miteuses. Une des seules choses que l’on peut se satisfaire de cette journée est que la majorité de la foule semblait supporter les cassages de gueules des racistes et le fait de ne pas les laisser prendre la rue. La culture de lutte à Montréal est assez implantée pour que la violence envers l’extrême-droite soit acceptée et il s’agit de quelque chose que nous devons continuer à garder lorsque nous sortons dans la rue.

Quelques réflexions tactiques pour les prochaines manifestations antifas

  •  Lorsque nous sommes un contingent de 400 personnes, au lieu d’essayer de percer la ligne d’anti-émeute, un groupe de 50 à 100 personnes aurait pu se positionner sur les rues avoisinantes pour empêcher toute personne de rejoindre le rassemblement d’extrême-droite.
  • Il faudrait avoir des projectiles de toutes sortes pour lancer sur les fachos, que ce soit des œufs, des balles de peinture, des roches ou bien des feux d’artifices qui sont lancer en leur direction. Tout peut être utile pour tenter de les forcer à quitter.

Les anarchistes à Montréal ne doivent plus prendre à la légère la question de l’anti-fascisme, car désormais la menace est réelle. Nous devons tous.tes participer activement à ce combat qui commence à gangrainer l’Europe et la soi-disant Amérique du Nord. L’anti-fascisme ne doit plus être quelque chose relié à une contre-culture, mais faire partie d’une lutte efficace pour faire taire le racisme.

Drop de bannière en opposition à la visite de Trudeau à Washington

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Fév 132017
 

De Resist Trump Montreal

Ce lundi 13 février des militant.e.s visant l’ouverture des frontières ont dévoilé une bannière proclamant « Trump fasciste, Trudeau complice » au-dessus d’une autoroute montréalaise. L’action se déroula en face du bureau de circonscription de Trudeau tandis que ce dernier était à Washington, D.C., pour une visite d’état.

Pour en savoir plus lire le communiqué de presse, ou regarder les photos et les commentaires des membres du collectif Ouvrons les frontières sur facebook.

Un mouvement de base qui combinerait anticapitalisme et anticolonialisme en opposition au néolibéralisme, tout en supportant l’autodétermination des peuples autochtones ainsi que la justice migrante est nécessaire pour défaire Trump et l’extrême droite, et les personnes qui le normalisent, » témoigne Grewal.

Arsenault et Grewal renchérissent : « Aujourd’hui nous déployons une bannière sur une autoroute, un geste symbolique de désobéissance ; mais dans les semaines et mois à venir, nous devons nous engager à une désobéissance civile et d’action directe pour ouvrir les frontières et refouler la montée de l’extrême droite. »

Fermeture du consulat américain et appellent à poursuivre les actions directes pour mettre fin à la violence raciste dont le Canada est complice

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Fév 032017
 

Lundi dernier à Tiohtia:ke («Montréal», territoire Kanien’kehá:ka occupé), des centaines de personnes indignées et attristées par l’intensification violente de l’islamophobie des deux côtés de la frontière ont fait fermer le consulat des États-Unis.

Debout devant les portes du consulat avec des bannières et des affiches, d’abord dans un silence teinté de tristesse et de colère, les manifestant.es ont spontanément commencé à chanter des slogans – pas seulement contre le décret de Trump envers les ressortissant.es de plusieurs pays musulmans, mais aussi contre le racisme rampant à travers tout le spectre politique du Québec, contre les politiques d’exclusion du Canada en matière d’immigration, et contre la suprématie blanche. Le groupe ad-hoc demande l’ouverture immédiate de la frontière É-U – Canada, le rejet de l’Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs et la liste des pays d’origine désignés, ainsi qu’un programme de régularisation complète et continue des personnes sans papiers déjà au Canada (pour plus d’information sur ces demandes consultez www.solidarityacrossborders.org).

Les portes du consulat étaient barrées de l’intérieur, et personne n’a pu entrer ou sortir pendant toute la durée de la manifestation, fermant ainsi le consulat et empêchant les activités régulières.

Cette action n’était pas difficile à organiser, et ne nécessitait pas une foule énorme pour être efficace. Nous croyons que c’est un geste qui donne de l’espoir, qui montre qu’à partir d’où nous nous trouvons, avec nos différentes approches et capacités, un grand nombre d’entre nous a la possibilité de trouver des moyens pour travailler avec des membres de notre communauté afin de nous défendre et perturber les institutions qui perpétuent la violence raciste et islamophobe. Nous espérons que de telles actions puissent être menées avec la perspective de pousser les frontières hors de notre ville et de transformer nos communautés en des espaces de soutien mutuel et de support – notre vision d’une Cité Solidaire. Non seulement c’est possible, mais la situation actuelle nous force à le faire.

Alors que la classe politique canadienne prend de grands détours pour éviter de dénoncer Trump, alors que les médias, embourbés dans les stéréotypes racistes qu’ils perpétuent, s’enfargent en essayant de distinguer un tireur et un témoin, et alors que les mêmes personnalités publiques qui insistaient hier pour dire que les personnes musulmanes ne font pas partie de notre communauté expriment aujourd’hui leur stupeur face à cette tragédie, nous ne devrions pas nous attendre et nous ne pouvons pas attendre que ces mêmes complices protègent nos communautés. Cette une menace à laquelle nous devons réagir de plein front. Plusieurs d’entre nous n’avons d’autres choix que d’y être confronté.es – ayant déjà été affecté.es par cette violence. Pour celleux qui ont le choix, nous avons d’autant plus la responsabilité d’être solidaires et de résister, selon nos différentes capacités et moyens, et dans nos différents contextes.

Après le succès de cette action, nous encourageons tout le monde à se réunir, à faire preuve de créativité, à essayer de nouvelles choses, et surtout à prendre des actions concrètes pour ébranler la violence raciste!

Tout le monde déteste les racistes!

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Fév 032017
 

Graffiti pris en photo à Pointe-St-Charles à Montreal

Soumission anonyme à MTLCounter-info

Dimanche soir dernier, six personnes de la communauté musulmane de Québec ont été assassinées dans leur mosquée. Cela démontre que l’idéologie d’extrême-droite raciste est bel et bien vivante dans la supposément égalitaire et tolérante société québécoise, laquelle participe actuellement à nourrir un climat islamophobe dans lequel les racistes se sentent de plus en plus légitimes d’agir. Cette fois-ci, ce n’est pas un acte qui peut être ignoré, contrairement aux têtes de porcs qui avaient été laissées devant la même mosquée quelques mois auparavant, acte qui n’avait intéressé pratiquement personne, ou aux agressions verbales et physiques quotidiennement lancées dans la rue aux gens racisé-es.

Le jour des funérailles organisées pour les victimes de la fusillade, des gens ont brisé les fenêtres d’une mosquée du quartier Pointe-Saint-Charles, à Montréal. Plusieurs ont réagit pour exprimer leur support. Une vigile a rassemblé une centaines de personnes venues apporter leur support devant la mosquée. Un graffiti anarchiste a été peint en solidarité, sur un mur de publicité de l’autre côté de la rue. Sur les fenêtres cassées, des affiches anti-fascistes titrées « Contre le racisme, l’islamophobie et l’anti-sémitisme, soyons à l’offensive » ont été posées.

Plusieurs se demandent comment il est possible que ça puisse se passer ici. Pourtant, le racisme et la haine de ceux et celles extérieurs à la chrétienté ne sont pas choses nouvelles au Canada. Ce pays a été fondé sur le génocide des autochtones ainsi que sur leur ghettoisation dans les réserves. Contrairement à ce qu’on nous apprend à l’école, l’appareil de colonisation du soit-disant Québec a lui aussi participé à ce massacre de masse. La société québécoise a eu son lot de racisme au travers des époques, que ce soit avec la nouvelle forme d’esclavage qu’est l’incarcération de masse des personnes noires et autochtones, avec les pensionnats autochtones, l’exploitation des travailleur.ses migrant.es sans-papiers, ou la Charte des Valeurs islamophobe. Bien sûr, la montée en flèche de l’idéologie nationaliste de droite dans les dernières années a eu un grand impact sur les meurtres survenus à Québec, mais il ne faut pas oublier que ce mode de pensée existait même avant que quelqu’un comme Trump prennent le pouvoir aux États-Unis ou qu’une politicienne comme Marine Le Pen puisse avoir 30% des intentions de vote aux prochaines élections françaises.

Il n’est pas surprenant que l’acte xénophobe ayant eu lieu dimanche dernier se soit produit dans la région de la capitale. Plusieurs groupes racistes diffusent au grand jour leur idéologie abjecte depuis de nombreuses années et ce, dans une grande impunité. Des groupes comme Atalante Québec ou les Soldats d’Odins et plusieurs autres peuvent bien se cacher derrière leur fausse bannière de « seulement dénoncer l’Islam radical », nous ne tomberons pas dans cette supercherie. Nous savons très bien que ce sont des gens qui agissent avec une logique raciste. Comment un groupe comme Atalante peut-il dire qu’il n’est pas raciste, alors qu’une de leurs conférences a été organisée avec des groupes néo-fascistes italiens, comme Casapound, qui se revendiquent de l’héritage de Mussolini ? Québec a aussi son lot de radios poubelles écoutées chaque jour par des milliers de personnes. Les chroniqueur.ses de ces radios peuvent toujours se laver les mains en disant qu’ils et elles n’appellent pas au meurtre, mais le fait est qu’ils et elles contribuent grandement à la banalisation du racisme et de l’islamophobie. Soyons clairs : ces gens ont aussi du sang sur les mains et leur discours de haine doit absolument être confronté avec tous les moyens nécessaires. Que se soit en entartant des gens comme Mathieu Bock-Côté, en perturbant toutes leurs conférences ou en ne laissant jamais une manifestation raciste se dérouler paisiblement.

La réponse face à l’extrême droite doit être déterminée et sans relâche, ces gens doivent avoir peur d’afficher publiquement des discours haineux. On ne devrait attendre aucun changement venant de la classe politique, qui elle aussi a contribue au racisme ambiant : elle banalise la haine envers les musulmans, maintient des frontières et un appareil policier intrinsèquement racistes et perpétue la violence coloniale sur laquelle le Canada a pioché ses fondements. La lutte contre le racisme et le monde qui le nécessite ne viendra que de nous-mêmes et sans intermédiaire de quelconque représentant-e – en combattant les fascistes organisés dans la rue lorsque l’opportunité se présente et en attaquant tout ce qui leur donne de la légitimité. Nous devons nourrir des pratiques anti-fascistes radicales en continuant de nous battre contre les fondements racistes de notre société – le gouvernement colonial et la civilisation industrielle, le nationalisme, la police, les prisons et les frontières.

Fuck Trump, Fuck Toute

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Jan 222017
 

Soumission anonyme à MTLCounter-info

À Montréal, une manif de soir s’est transformée en affrontements contre la police. 200 personnes se sont rassemblées au Square Phillips, à un bloc de distance du consulat américain. Les gens n’ont pas pu se rendre à l’édifice du consulat, mais ont plutôt marché en direction inverse du trafic sur la rue principale, la rue Sainte-Catherine, en embellissant la ville de graffitis contre le patriarcat et appelant à l’incendie de la ville.

La manifestation a été marquée par la présence d’un bloc qui avançait avec une manif « Fuck Trump » ayant été altérée pour qu’on y lise « Fuck toute ».

Lorsque la manif est arrivée à la hauteur du poste de police du centre-ville, les manifestant.es se sont attaqués aux policiers, qui ont été la cible d’une abondance de roches. Les policiers ont relancé les roches vers la foule qui s’est finalement dispersé dans la ville. Mais qui n’a pas quitté avant que les fenêtres du poste de police n’aient été convenablement détruites. »
– Crimethinc J20 Live Updates

Nous aimerions ajouter quelques mots au rapport ci-dessus puisque nous avons été inspiré.es par les événements de la journée – des affrontements toujours en cours à Washington à notre propre expérience au centre-ville de Montréal il y a quelques heures.

Bravo aux gens à travers les divers milieux qui se sont retrouvées dans les rues, ont porté des masques et se sont appuyé.es dans la manifestation. Comme chaque fois qu’une personne gagnait le trottoir pour aller faire un graff ou briser des fenêtres, il y avait le double de camarades qui respoussaient (et dans le cas des médias corporatifs frappaient) les caméras et qui nous gardaient en sécurité. Comme lorsque les policiers en vélos ont tenté de prendre les trottoir, des roches leur étaient lancées jusqu’à ce qu’ils rebroussent chemin. Et, ravivant la mémoire du dernier 1er Mai, comme lorsque la manif est passée devant le poste de police de l’ouest du centre-ville et que les gens n’ont pas laissé passer l’opportunité d’attaquer avec offensivité le poste et la police qui le gardait, sans qu’il n’y ait eu de « provocation ».

Parce que nous n’avons pas à attendre qu’ils se saisissent de nous ou nous poivrent pour savoir que notre manière préférée d’interagir avec la police est le langage des projectiles. Lorsque la police ne peut venir près de nos manifs sans risquer des blessures physiques, la manif se retrouve plus sûre et s’ouvre à des possibilités autrement irréalisables.

Que ce soit face au type de domination flagrant de style Trump, ou au projet génocidaire normalisé du Canada, continuons à combiner nos capacités créatives et destructives pour agir contre la démocratie, l’économie capitaliste et la police!