Fév 272020
 

Du Collectif Emma Goldman

Plus d’une centaine de personnes, Autochtones et Allochtones ensemble, ont manifesté hier à Mashteuiatsh, avec un fort soutien de la communauté. Ce rassemblement se voulait en appui à la lutte des Wet’suwet’en, qui se battent contre le passage d’un gazoduc (Coastal GasLink) sur leur territoire, mais également en opposition au projet de GNL Québec de faire passer un gazoduc sur les territoires ancestraux de plusieurs peuples Autochtones dont les Innus, les Atikamekws et les Anishnabeg. Selon les organisatrices et l’organisateur de la manifestation, ces luttes ont en commun la défense de la Terre Mère. En entrevue avec Le Quotidien, Paul Basilish, un aîné de la communauté, a affirmé : « Entre autochtones, on doit se tenir ensemble. On ne doit pas sacrifier notre territoire pour créer des jobs pour une génération. Je veux laisser un territoire en bonne santé à mes petits-enfants [1] ». Une dizaine de personnes ont simultanément manifesté à l’Anse-Saint-Jean, répondant à un appel du Collectif Bas-Saguenay pour s’opposer au projet de GNL Québec.

Le projet d’une usine de liquéfaction du gaz naturel à La Baie, d’un immense gazoduc traversant une grande partie du Québec et de transport du gaz par bateaux sur le Fjord du Saguenay, comme les autres grands projets, continue de soulever une vive opposition, malgré l’intense lobbying de ses promoteurs et de leurs allié-e-s. Alors que l’opposition est actuellement accusée de « polariser » le débat avec de maigres moyens de communication et quelques actions de sensibilisation, qui demeurent pour l’instant symboliques et non perturbatrices, les promoteurs bénéficient de l’action audacieuse et très partisane des élites régionales qui tentent de faire avancer le projet et de balayer l’opposition dans un déni de représentativité (une forme de bâillon light). Il est plus que jamais nécessaire de le nommer : la quête de « l’opinion publique » offre un piège clair et net pour les opposants et opposantes aux grands projets. L’exemple de la lutte des Wet’suwet’en est là pour nous éclairer davantage. Notre seule chance de se faire entendre et de faire échouer ceux-ci est de redoubler d’audace dans des actions qui auront un impact direct sur les parties prenantes au dossier ou qui dresseront les projecteurs sur leurs choix ignomieux. Ces actions, sous le prisme déformant des médias de masse et de leurs commères éditorialistes, pourront certes choquer quelques belles mères et mononcles, baignant depuis trop longtemps dans les litanies de la droite ambiante. Elles forceront néanmoins les promoteurs, élu-e-s, actionnaires et compagnies à remettre en question leurs plans, leurs investissements et les possibilités d’entreprendre ces grands projets dans nos milieux de vie. L’action directe peut en définitive nous redonner un contrôle (sans intermédiaire) sur nos vies.