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Le Black Bloc reprend les rues de Montréal

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Dec 152015
 

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Durant la soirée du mercredi 9 décembre 2015, une manifestation contre l’austérité s’est déroulée dans les rues de Montréal . Sous la bannière “Notre lutte n’est pas négociable”, le secteur public du Québec était en grève générale plus tôt dans la journée et certains leaders syndicaux ont appelé à des mobilisations comme jamais vues dans les dernières décennies, dans leurs efforts d’augmenter le rapport de force dans les négociations.

L’appel se lit comme suit: « Nous ne nous laisserons pas pacifier par une entente à rabais ou par une loi spéciale! Prenons les devants: notre lutte n’est pas négociable, nous, on ne reculera pas, pouvait-on lire sur la page. Le 9 décembre au soir, reprenons la rue! Réchauffons la ville de nos pas et de nos cris! »

La semaine précédente, pendant la manif de soir du 30 novembre, un black bloc petit-mais-déterminé a attaqué un char de flic immédiatement après avoir pris la rue, s’engageant dans un affrontement de 15 minutes avec l’anti-émeute qui frappait les gens avec leurs matraques et des balles de plastique à l’intersection des rues Ste-Catherine et Bleury. Les succès de cette nuit-là nourrit un momentum pour le 9 décembre. La tension et l’excitation étaient palpables, alors que les gens se rassemblaient au parc Émilie-Gamelin.

Barricades on Nov. 30

Les barricades, Nov. 30

Quelques douzaines de drapeaux noirs ont été distribués dans une foule florissante. Lorsqu’illes ont pris la rue en direction ouest sur l’avenue de Maisonneuve, ceuzes qui n’étaient pas masqué.es au départ ont commencé à se couvrir le visage. Dans les premières minutes, la plupart des participant.es de cette manifestation de 200 personnes ont dissimulé leur identité. Nos ennemis, les médias de masse, n’ont même pas essayé de relater la destruction qui a suivie comme étant le fait d’agitateurs.trices externes comme ils le font souvent; le bloc était indéniablement constitutif de la manifestation entière.

Rapidement, une demi-douzaine de gens ont entouré un nationaliste québécois insupportable qui se pointe à presque chaque manifs et lui ont arraché son drapeau et son signe du Québec, lui donnant un coup à la gorge lorsqu’il a essayé de s’accrocher à ses objets.

Dix minutes après le début de la manif, l’anti-émeute a formé une ligne devant les gens et sur la droite, à l’intersection de Maisonneuve et Ste-Dominique, pour essayer de nous diriger vers le sud où illes préparaient la même manœuvre, aux rues Ste-Dominique et Ste-Catherine. Leur stratégie était claire: nous contenir dans le Quartier latin et loin des cibles de choix près du quartier des affaires, incluant le QG de la police. La foule a eu l’intelligence collective de ne pas laisser la police dicter sa route, et s’est retournée sur elle-même, se dirigeant vers l’est sur l’avenue de Maisonneuve. Des groupes masqués ont été vus partageant des bouts de pavé. La foule a couru vers le sud à travers un stationnement et la cour d’un projet d’habitation pour pouvoir se rendre sur Ste-Catherine, là où la police n’avait pas eu le temps de former une nouvelle ligne pour contrôler notre mouvement.

Ce qui a suivi était une demi-heure d’un jeu séditieux de chat-et-souris pendant lequel la foule a su garder une longueur d’avance face au contrôle policier. Un groupe de six policièr.es à vélo sur la rue Ste-Catherine, s’étant naïvement déplacé.es sur le flanc de la manif, ont été attaqué.es par une pluie de pavés. Des vagues d’excitation étaient ressenties par la foule alors que les policièr.es étaient frappé.es par la peur et les projectiles, s’enfuyant rapidement hors de notre vue vers l’est. C’était parti.

La manif a couru vers le boulevard René-Lévesque, pendant que les personnes plus loin en arrière scandaient de rester groupé.es. La manif a bloqué les 6 voies sur René-Lévesque; et à regarder autour, notre capacité de destruction paraissait significative. Les unités semi-protégées portant des fusils à balles de plastique qui se déplacent habituellement sur les flancs de la manif n’étaient visibles nulle part, ayant été prises au dépourvu par des volées de roches lancées à l’arrière de leur tête pendant la manif de la semaine précédente.

Pendant une période de 20 minutes à couper le souffle, la manif a agi en tant que grande conspiration criminelle. Des marteaux, des bâtons de drapeaux, des bouts de pavé et les poubelles de métal amovibles qu’on trouve à chaque coin de rue ont été utilisées pour trasher les fenêtres de l’Immigration et Citoyenneté Canada, de SNC-Lavalin – un conglomérat de construction, plusieurs banques et autres établissements. Pour ajouter une touche festive, des personnes ont aussi détruit des décorations de Noël accumulées aux entrées des tours à bureaux et ont renversé le sapin de Noël de SNC-Lavelin. Quelques participant.es ont couru en avant et ont brisé la fenêtre arrière d’un camion de police avec des roches, pendant que d’autres ont lancé de gros feux d’artifice vers les camions qui restaient au devant de la manif. Des encouragements éclataient avec le son de chaque nouvelle fenêtre brisée. Des complices inconnu.es pouvaient être vu.es en train de chercher et partager des projectiles; quand la manif a dépassé un site de construction, des camarades ont couru à l’avant pour trouver du matériel à piller et ont réussi en démolissant des pierres décoratives sur René-Lévesque pour en faire des pièces à lancer.

La police a commencé à lancer des gaz lacrymogènes en poussant la manif vers l’est sur René-Lévesque, utilisant des pistolets qui peuvent tirer des cartouches à plus d’un bloc. Au début, ça n’a pas réussi à disperser la manif puisque la foule s’est déplacée vers l’ouest plus rapidement en restant groupée de manière relativement serrée. La manif a commencé à aller vers le nord sur la rue Univeristy, attaquant une autre vitre de la Banque de Montréal sur son chemin. La manif s’est divisée quand elle a fait face à une auto de police qui bloquait une plus petite rue, mais les deux groupes ont rapidement su se regrouper, s’accueillant dans des hurlements de joie. À ce point, la police a continué à tirer des gaz lacrymogènes et la foule s’était réduite à 50 personnes. Les gens se sont dispersé dans les rues avoisinantes pendant que des équipes de police et de camions continuaient d’intimider des petits groupes de manifestant.es qui marchaient sur les trottoirs pour retourner au Carré Berri. Les médias ont rapporté une seule arrestation, celle d’une personne mineure pour “entrave au travail des policièr.es”, mais aucune charge liée à la destruction.

Allons de l’avant

Contre une des brigades anti-émeutes les plus expérimentées en Amérique du Nord, ceuzes qui ont pris les rues ce mercredi ont définitivement renversé le rapport de force en notre faveur, du moins brièvement.

Nous sommes ému.es d’écrire un compte-rendu à ce sujet, car nous voyons beaucoup de potentiel dans la détermination et la préparation des gens; et nous avons quelques réflexions sur les façons dont nous pouvons élargir la portée de ces moments, autant au niveau quantitatif que qualitatif. Pour l’instant, nous vous offrons quelques remarques sur des tactiques qui peuvent accroître le temps et l’espace accessibles aux manifs combatives. Ultimement, par contre, nous souhaitons échapper à la tendance qui existe d’être chassé.es des rues après avoir éclaté quelques vitres, donc briser cette routine de contention.

Ça pourrait avoir l’air de :

  • Apporter des briques/roches/pavés, des feux d’artifice, des outils (si vous sentez que c’est sécuritaire), afin qu’on puisse avoir la capacité de se battre dès le départ et qu’on ne soit pas dépendant.es des projectiles trouvés dans les rues;
  • Les barricades sont nos amies; et nous ne leur donnons pas assez d’amour. Les participant.es peuvent attaquer derrière celles-ci pour prévenir la réussite des tentatives de dispersions; elles ont aussi pour fonction de perturber la ville sur notre passage et de rendre les manoeuvres policières plus difficiles à coordonner. Les créer au derrière de la manif (idéalement d’une manière à ce qu’elles n’entravent pas le mouvement de la manif elle-même) peut aussi bloquer efficacement les chars de police qui essaient de nous suivre;
  • Les gens peuvent aller à la recherche de matériel pouvant servir de projectile, pour les partager avec la foule dans les moments entre les confrontations afin que, lorsque la police frappe avec une force accrue, nous soyons déjà prêt.es à répondre de manière efficace;
  • Les voitures de police qui encadrent la manifestation à l’avant et à l’arrière devraient constamment recevoir des projectiles afin qu’elles se doivent de rester à une distance plus grande que notre capacité de lance;
  • Les policier.ères à vélo et les anti-émeutes devraient être forcé.es à ne pas pouvoir se tenir aux flancs de la manif. Si nécessaire, les participant.es peuvent combler les trottoirs en même temps que la rue;
  • Lors du 9 décembre, plusieurs personnes ont filmé les événements sur leurs téléphones cellulaires sans être dérangé.es. Idéalement, nous nourririons une culture où nous expliquons aux gens pourquoi c’est nuisible, et ensuite si nécessaire de prendre action contre euzes ou leurs systèmes d’enregistrement. Nous souhaitons par contre noter que plusieurs médias indépendants qui filment de manière régulière les manifs semblent avoir des pratiques solides reliées au fait de ne pas enregistrer ou publier des vidéos incriminants. Dans cette vidéo publiée sur YouTube sur la manif de mercredi, par exemple, la caméra change de direction afin d’éviter de filmer des personnes qui détruisent de la propriété, alors que le son d’une vitre éclatée se fait entendre;
  • Les gaz lacrymogènes ont éventuellement réussi à disperser les manifs du 30 novembre et 9 décembre, malgré les efforts mis à relancer les cartouches vers la police et la préparation de tissus imbibés de vinaigre. Le problème principal semblait être la panique qui s’emparait de la foule et non pas les effets physiques des gaz. Il est probable que des appels à rester groupé.es et à procéder tout.es ensemble dans une direction intelligente puissent continuer à diminuer les impacts des armes répressive;
  • Des questions de discours et de propagande: pourquoi, en tant qu’anarchistes, attaquons-nous la ville? Comment ces actions sont-elles connectées à l’austérité? Comment nos luttes dépassent-elles tout focus réformiste ou une orientation vers des demandes? Bien que ces moments d’action conflictuelle rassemblent plusieurs individus dont les perspectives et intentions divergent, il serait intéressant que les participant.es communiquent leurs analyses dans ces moments de destruction. Des petites équipes peuvent venir préparées et coller des affiches dans la ville, faire des graffitis ou lancer des tracts dans la manif ou à partir de points d’altitude.

Ces idées ont bien peu d’intérêt sur papier, alors nous attendons avec impatience la possibilité de les élaborer ensemble dans les rues. Les étincelles constituant notre historique de révoltes et les potentiel que ces étincelles allument un feu réchauffe nos coeurs, car nous ne désirons pas moins qu’une cité en ruines.

sncsmash

SNC-Lavalin

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L’économie du pouvoir

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Dec 092015
 

06d84e3a2b04ce1195d79bb393058d87Ce texte a été écrit au départ en tant que réflexion après avoir visité des amies pendant qu’elles étaient emprisonnées dans la ville de Mexico. Elles ont maintenant été relâché.es, mais les discussions que nous avions concernant la dignité et les réponses à la répression sont toujours pertinentes. J’espère que cela peut contribuer à des discussions continues à Montréal et ailleurs à propos de comment et quand des anarchistes interagissent avec la répression et le maintien de leur dignité.

“Face à un monde aussi exécrable, que ce soit ici ou dehors, la seule chose que t’as, c’est ta dignité. Quand tu la vends, peu importe si t’as bien encaissé, tu l’as vendue, ta dignité. A l’intérieur de toi, t’es déjà mort.”

– de Nordin Benallal
publié dans le journal anarchiste bruxellois Hors Service.

Je passe du temps avec mes amies dans la cour arrière de Santa Martha, une des prisons de la ville de Mexico, DF (District Fédéral). Nous buvons des cafés sucrés au lait and travaillons sur nos bronzages/coups de soleil, entouré.es de mères câlinant leurs enfants, de pique-niques, et de couples qui baisent. Mes ami.es sont ici faisant face à des charges reliées à une attaque sur un concessionnaire Nissan dans le DF, qui a eue lieu au début de janvier 2014. Il est probable qu’elles puissent rester ici pour un moment, mais au lieu de ressasser ça, nous passions notre temps à parler de tout et de rien, de nos coups d’foudre, des potins à la maison, et évidemment, d’anarchie.

Une conversation qui fait surface le plus fréquemment a été à propos de la dignité, et de ce que ça veut dire de la préserver dans plusieurs différents contextes. Nous parlons de comment n’importe quelle insubordination en prison, même de résister une fouille à nu, peut parfois se traduire par des coups et une relocation en cellule d’isolement. La plus petite résistance qui soit peut résulter en la perte des «privilège» qu’un.e prisonnièr.e peut avoir, tels les visites d’ami.es et de famille. Une accumulation des «mauvais comportements» peut se traduire par un emprisonnement à vie. Tous les jours, nos ami.es qui sont enfermé.es ici font des choix reliés au fait de paraître obéissant.es, ou de refuser la collaboration – mettant ainsi en danger leur santé émotionnelle et physique. Autant qu’à l’extérieur, certaines décisions sont prises en priorisant la dignité, et d’autres, le confort.

C’est au travers de ces conversations que j’ai réalisé que, bien que la dignité soit un mot dont nous prétendons avoir une compréhension générale, tout le monde a une définition différente et spécifique de ce qu’elle représente. Pour moi, la dignité est le processus d’être redevable à un sentiment interne d’amour-propre. En tant qu’anarchiste, c’est reconnaître que je mérite autonomie et liberté; et ce sont les démarches que j’entreprends pour assurer cette vérité.

Avec cette définition, toutes les fois où une autre personne influence comment je me perçois; toutes les fois où je n’ai pas complète autorité sur la manière dont je passe mes jours, je perds une part de dignité. Mais ce n’est pas aussi simple que ça – la dignité n’est pas seulement perdue, elle est échangée. C’est la monnaie du pouvoir, et elle est échangée à gauche et à droite contre des degrés variables de confort et de liberté relative.

Je continue à réfléchir à propos de la dignité que j’ai échangée pour venir ici. À peu près trois tours de fouille de sacs et de corps pour entrer dans Santa Martha. Je pense à comment j’ai exploité mon privilège et échangé ma dignité pour facilement traverser les frontières. Même avant d’arriver, j’ai échangé mon autorité sur la manière dont je passe mes journées afin d’accumuler l’argent nécessaire pour acheter le billet d’avion qui m’amènerait ici. Je pense à comment, tous les osties de jours que je suis en vie, j’échange une parcelle de liberté, de souveraineté, de dignité pour du «confort». Chaque fois que je ne saute pas le métro, chaque fois que je paie pour de la nourriture, chaque fois que je participe au capitalisme et facilite la société, j’échange ma dignité pour de la facilité et du confort.

La dignité est échangée dans une économie du pouvoir. C’est très apparent en prison, où les structures sociales de l’extérieur sont amplifiées à l’intérieur des murs. Par exemple, dans les prisons canadiennes, les objets matériels qui aident à préserver un quelconque sens d’humanité (du café, de la pâte à dents, des timbres postaux, etc.) sont achetés au travers de la cantine. L’argent paie de meilleur.es avocat.es, et avec vient une meilleure chance que l’État examine les abus que subissent leurs client.es aux mains de la prison, et donc qu’il «accorde» la dignité de meilleurs traitements. Autant qu’un plaidoyer aux autorités étatiques est une participation dans l’économie de la dignité, et donc renforce leur monopole sur la dignité en prison. Cet échange d’argent contre la dignité s’opère dans la même sphère économique que le reste de la société canadienne.

Cette économie du pouvoir n’est devenue claire pour moi qu’après avoir visité mes ami.es dans une prison mexicaine, car le système carcéral mexicain est moins bureaucratisé. Même s’il y a une économie formelle à l’intérieur (avec la “tienda” de la prison, l’équivalent de la cantine), il y a aussi une économie plus informelle de dignité/pouvoir: la corruption. Si tu veux garder un peu de dignité en ne te faisant pas fouiller par des palpations intenses, fais juste glisser un billet de 200 pesos aux gardes. Tu veux faire passer à l’intérieur quelques lettres de la maison? Glisse un 20 sur la table… Dans cette économie du pouvoir, qu’est-ce que cela veut dire de maintenir sa dignité? Qu’est-ce que ça voudrait dire d’empêcher que cela devienne une monnaie en circulation? Et combien de fois par jour l’échangeons-nous pour du confort relatif?

Si l’on observe les tendances anarchistes, voici quelques manières par lesquelles la dignité peut être maintenue:

– Au travers des grèves de la faim à l’intérieur comme à l’extérieur des prisons.
– Au travers d’un refus de signer des conditions de sortie restrictives, et ainsi du refus de donner à l’État l’autorité de systématiquement et explicitement surveiller et contrôler leurs actions.
– Au travers du refus des fouilles de leur corps, de leurs maisons et de ce qui leur appartient.
– Au travers du refus de reconnaître les Cours comme ayant l’autorité et la juridiction sur leur vie et sur leur corps.
– Au travers du fait de se mettre «en fuite» ou «en clandestinité» au lieu de faire face à des peines de prison.
– Au travers du refus de collaborer aux enquêtes policières ou de balancer des ami.es et camarades.

Il est révélateur que les moments où nous pensons à et discutons de dignité se produisent lorsque celle-ci va nous être dérobée – dans les moments où l’État a répondu à nos actions avec une répression accrue. La dignité existe à l’extérieur de ces moments, et il est important de réfléchir à la manière dont nous pouvons la maintenir dans notre vie quotidienne. Il va sans dire que, dépendemment de la manière dont chaque individu définit sa propre liberté et souveraineté, ce processus de récupération de la dignité prendra différentes formes.

Je me demande de quoi ça aurait l’air s’il y avait une culture, ici, d’anarchistes qui défendent leur dignité, particulièrement dans le processus judiciaire. La seule fois où j’ai vu une résistance forte et cohérente au système judiciaire canadien, c’était de la part de personnes provenant de différentes communautés autochtones qui refusaient de reconnaître la légitimité de la Cour. D’autres fois, quand j’ai vu des anarchistes ou anti-autoritaristes allochtones essayer de maintenir leur dignité face à la Cour, les actes de résistance ont été écartés, car ils étaient vus comme «ne valant pas le coup». Un petit geste, comme refuser de se lever quand le ou la juge entre dans la salle d’audience, est considéré comme étant «trop coûteux». Il est généralement compris que l’inconfort du coût – que ce soit n’importe quoi, allant d’un regard assassin de la part d’un policier de la Cour au fait d’être accusé d’outrage au tribunal – ne vaut simplement pas le fait d’affirmer sa dignité. Au travers la consolidation de cette compréhension, nous avons fixé un prix à notre dignité – et il est plutôt bas. À quoi est-ce que ça ressemblerait si nous, qui avons vu nos coeurs reflétés dans ceuzes qui ont maintenu leur dignité dans le processus judiciaire, étions pour agir en solidarité avec euzes? À quoi est-ce que ça ressemblerait de créer une culture qui supporte ces actions, au lieu de les considérer comme étant insignifiantes, ou comme «ne valant pas le coût»?

Pendant que je souhaite voir et pratiquer plus d’exemples de dignité étant maintenue, je ne veux pas participer à la création de standards informels ou d’attentes non-dites quant à la manière dont un.e anarchiste devrait agir avec dignité, sans prendre en compte la manière dont l’individu la définit. Ces attentes sont à risque d’être appliquées par des porte-paroles, et sont étrangement présentes par la création d’idoles, de martyres, et de héros. Par le passé, j’ai été témoin de situations dans lesquelles un.e anarchiste est emprisonné.e ou fait face à un processus judiciaire, et ille devient le “visage de l’anarchisme” et, en tant que tel, est tenu de répondre à certaines responsabilités et codes de conduite. Ce genre de traitement prétend que les systèmes judiciaire et carcéral sont d’une certaine manière séparés de cette société. Les valeurs et le caractère fondamental d’un individu ne change pas simplement par le fait d’entrer dans la salle d’audience – ses actions à l’intérieur comme à l’extérieur du processus judiciaire seront reflétées. Si nous, en tant qu’anarchistes, essayons d’imposer à ceuzes qui sont enfermé.es un ensemble de comportements à cause de nos anticipations, nous nous retrouvons à reproduire la dictature de la moralité de notre société.

Personne n’a la responsabilité de me représenter ni de m’inspirer, bien que je ressente de l’affinité avec et trouve de l’inspiration dans les personnes qui font la grève de la faim, ou refusent de signer des conditions de libérations, ou se taisent face à une intense vague de répression. Je suis inspirée et excitée parce que je sais qu’illes agissent de ces manières afin de maintenir leur dignité; je ressens de la solidarité et de la complicité avec les personnes pour qui maintenir leur dignité est la seule câlisse d’option disponible. Il ne s’agit pas de «prouver» quoi que ce soit à l’État et aux dispositifs de sécurité. C’est à propos de trouver la dignité avec une authenticité propre.

Je ressens de l’affinité non pas avec ceuzes qui jouent un rôle spécifique pour la création ou le maintien d’une maudite «stratégie» – je ressens de l’affinité avec ceuzes qui, dans leur coeur, croient qu’il y a une part d’euzes-même qui ne peut être volée, qui ne peut être corrumpue par le capitalisme ou cette société. Je suis inspirée par ceuzes qui savent que, aussi longtemps qu’illes gardent cette partie de soi-même intacte, illes ne peuvent pas être brisé.es.

Solidarité avec la lutte à l’île Lelu

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Nov 162015
 

Depuis la fin d’août 2015, Sm’yooget Yahaan (le chef héréditaire Gitwilgyoots de Lax U’u’la et des eaux avoisinantes) et ses supportaires ont mis en place un camp d’occupation sur ses terres traditionnelles de chasse et de pêche sur Lax U’u’la (île Lelu). Ce camp a été établi pour affirmer son titre sur le territoire traditionnel, pendant que Petronas et Pacific Northwest LNG planifient de bâtir une usine de gaz naturel liquéfié (GNL, en anglais LNG) de 11 billions de dollards sur le territoire des Gitwilgyoots, à l’embouchure de la rivière Skeena près de Prince Rupert, en «Colombie-Britannique». Cette usine sera alimentée par 3 pipelines de GNL, incluant le PRGT récemment approuvé par le gouvernement provincial, qui traverse le territoire Gitxsan, projet qui fait présentement face à la résistance des personnes Gitxsan grâce à leur campement Madii Lii.

Qui est impliqué?

Le consortium Petronas/Pacific Nortwest LNG qui a proposé l’usine de transformation de GNL à l’île Lelu ont confié leurs évaluations environnementales et d’ingénierie à Stantec, Inc.

Ressources naturelles Canada a récemment statué que les évaluations environnementales performées par Stantec sur l’île ont “probablement sous-estimé” l’impact environnemental que l’usine de GNL aurait sur la flore des rives. Stantec essaie présentement de continuer les différentes évaluations, malgré une claire opposition de la part du chef héréditaire Gitwilgyoots et du village des Lax Kw’alaams.

Stantec est aussi impliqué dans plusieurs projets d’extraction des ressources ciblés par Le Nord Pour Tous/Plan Nord. Ceux-ci incluent l’installation portuaire de la baie de Deception qui sert la mine Raglan de Xstrata et aussi les développements ferroviaires pour la mine de fer Kamistiatusset.

Fuck ’em

Bureaux à Montréal:

300-1080 Beaver Hall Hill
Montreal, Quebec H2Z 1S8
isabelle.jodoin@stantec.com
T: (514) 281-1010

600-1060 Robert-Bourassa Boulevard
Montreal, Quebec H3B 4V3

300-1200 Saint-Martin Boulevard West
Laval, Quebec H7S 2E4
martin.thibault@stantec.com
T: (514) 281-1010

Pour plus d’informations et pour vous mettre à jour:

www.laxuula.com

https://www.facebook.com/Stop-Pacific-NorthWest-LNGPetronas-on-Lelu-Island-949045868451061/

www.flora-lelu.tumblr.com

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Forum de réflexion et d’organisation sur le support (aux luttes) des prisonnièr.es

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Nov 122015
 

Avec un enthousiasme maintenant révélé, vous êtes invité.es au

Forum de réflexion et d’organisation sur le support (aux luttes) des prisonnièr.es!

21 Novembre, 9:30am-5pm, Centre St-Pierre (1212 rue Panet), salle 205

Ce forum souhaite réunir les personnes travaillant et/ou réfléchissant sur les luttes anti-carcérales et sur le soutien aux personnes incarcérées, dans le but de faire un état des lieux sur les luttes et le soutien qui s’organisent à l’intérieur comme à l’extérieur. Davantage, ce forum permettra de réseauter entre les groupes existants et les personnes motivées par ces enjeux, ainsi que de cibler des besoins concrets et les stratégies politiques à entreprendre pour les aborder. Le but ultime de ce forum est de créer les bases d’un collectif de lutte et de support aux prisonnièr.es.

Nous sommes des personnes ayant été incarcérées et/ou ayant soutenu des personnes incarcérées. Le projet prend présentement origine dans la demande d’une prisonnière qui souhaite lutter contre l’austérité et ses répercussions particulières sur les conditions de vie dans les prisons.

Nous espérons que notre collaboration collective lors de ce forum saura mettre feu au fossé qui sépare les militant.es anglophones et francophones, ainsi que les militant.es et personnes ayant été incarcérées ou faisant face à la judiciarisation. Que cette opportunité nous permette de renforcer notre capacité d’agir en tant que communauté solidaire!

Au plaisir de s’y rencontrer,

 

PS : Ci-bas se trouve un aperçu du déroulement de la journée et des indications sur l’accessibilité.

PS2 : Vous êtes invité.es à ne pas utiliser les médias sociaux pour passer le mot. Propagez l’information dans vos milieux par vos listes de courriel, par papier ou vive voix! Pour cette même raison, on vous invite à noter l’événement dans vos agendas, car facebook et autres médias sociaux ne vous le rappelleront pas! 🙂

***

Voici un aperçu du déroulement de la journée :

Accessibilité :

*présence d’une rampe d’accès

*traduction chuchotée du français vers l’anglais + de l’anglais vers le français

*gardiennage sur place

 

9h30 : Accueil, Café, Thé, Fruits

10h00 :  Mot de bienvenue + brève présentation par différents groupes engagés dans les luttes anti-carcérales et de support. (5-10 min par groupe)

10h30 : Discussions en sous-groupes sur les luttes/pratiques/possibilités de résistances en lien avec les intersections au complexe carcéral

*anticolonialisme / féminismes / classisme / racisme / genres / sexualités / ou autres.

*les thèmes seront choisis selon les désirs politiques des participant.es lors du forum !

11h30 : Retour en grand groupe et partage des résultats

12h30 : Dîner vegan

13h30 : La suite des choses

-Discussions sur les stratégies et angles de lutte à promouvoir, les orientations politiques à favoriser.

-Campagnes à mettre sur pied

15h00 : Pause

15h15 : La suite des choses (suite)

-Mandats du comité de soutien aux (luttes des) personnes incarcérées.

17h00 : Mot d’au revoir (et d’à bientôt!)

forum-affiche

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La fête est finie : Si nous ne luttons pas pour l’espace queer, aussi bien retourner au Village

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Nov 062015
 

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Le tract qui suit a été distribué lors de la Marche Trans de Pervers/cité (la «fierté queer radicale»), dont l’itinéraire a été approuvé par le SPVM :

Au cours des deux dernières fins de semaine à Montréal, la police a mis fin à deux des plus gros partys queers de l’été (Cousins le 18 juillet et un party de financement pour Pervers/cité le 25 juillet). Dans le premier cas, un grand nombre de flics ont mené une opération contre La Vitrola, forçant les organisateur.trices à mettre fin au party et dispersant violemment les personnes présentes – plusieurs personnes ont été tabassées et arrêté.es. Dans le deuxième cas (Pervers/cité), une patrouille a gâché la fête avec succès en menaçant individuellement les personnes de contraventions. La réaction des queer du party a été lamentable, a manqué de solidarité et, selon l’opinion des auteurs de cet article, a été « non-queer » (nous expliquerons plus loin ce qu’on veut dire par là). Bien que quelques agitateur.trices se soient efforcé.es de distribuer des masques, le party a rapidement pris fin et les gens se sont éparpillés dans la nuit. Ces attaques policières sont l’une des nombreuses formes de violence envers les queers, mais c’est à celles-ci qu’il est le plus facile de riposter puisqu’elles sont des attaques contre de grands groupes de personnes. Si nous prenons action collectivement, nous pouvons résister et nous pouvons gagner. Ci-dessous se retrouvent quelques raisons expliquant pourquoi nous ne pouvons pas rester les bras croisés et laisser ces choses arriver. Nous espérons qu’elles vous encourageront à prendre un masque la prochaine fois que quelqu’un.e vous en offrira un.

Prémisse 1 : Prends ce qu’il te faut par la force.

La répression n’est rien de nouveau pour la communauté queer, mais l’héritage de notre milieu n’a jamais été et ne devrait pas devenir celui de l’inaction face à la violence étatique. Que ce soit les batailles historiques telles que l’émeute du Compton’s Cafe et les Bash Back blocks aux conférences républicaines et démocrates, ou les luttes contemporaines des Check It «gang» et des Gully Queens de Washington, DC, les individus LGBTQ+ possèdent une riche histoire d’auto-défense, d’action collective et d’antagonisme militant contre l’État et contre quiconque commet des actes de violence envers nous. Nous devrions nous sentir honoré.es et obligé.es de devoir défendre cet héritage. Mais plus encore, dans ces luttes, émeutes et défense d’espaces nous voyons que les queers acquièrent une plus grande protection, de meilleures conditions matérielles de vie et des existences plus épanouies. Sans ces luttes, nous serions encore plus vulnérables aux transgressions violentes, aurions moins/pas accès aux hormones, et n’aurions vraisemblablement pas de milieu queer où exister. Si nous ne poursuivons pas la lutte contre l’intrusion policière dans notre espace, nous perdrons le peu que nous avons.

Prémisse 2 : Être »Anti-Oppression » signifie combattre la police.

En théorie, la communauté queer de Montréal s’engage dans des politiques «anti-oppressives» et de «safer space». À cette fin, des engagements vis-à-vis la modification de notre langage, de nos comportements et de nos interactions avec les autres constituent une part importante du combat contre des systèmes d’oppression de merde tels que le sexisme, le cis-sexisme, la transphobie, la suprémacie blanche et le classisme, mais des changements de comportement personnels ne peuvent être la limite de nos positions anti-oppressives. Le gang connu sous le nom de SPVM est la pierre angulaire de l’oppression raciste, classiste, transphobe et anti-travailleur.euses du sexe dans notre ville, et maintient la paix sociale à coup de répression violente, kidnapping, meurtre et vol. Pour plusieurs queers vivant ici, la police représente une plus grande menace qu’une mauvaise utilisation de nos pronoms ou que des propos transphobes. Si vous êtes blanc.hes, cis, issu.es de la classe moyenne et/ou n’êtes pas travailleur.euses du sexe, vous avez particulièrement le devoir de garder le milieu plus sécuritaire en empêchant la police d’y entrer, en refusant de les laisser interférer dans les événements, et en interrompant activement leurs activités quotidiennes. Garder le silence face aux attaques policières renforce les arguments en faveur du pseudo-consensus entourant le rôle de la police [1. «Policing by consent» sans l’article original.], donne aux flics un plus grand sentiment de sécurité et les encourage à commettre de plus grands actes de violence contre les personnes les plus vulnérables. Avoir des politiques anti-oppression signifie d’être contre la police; ça pourrait vouloir dire de se faire mal ou d’aller en prison, mais pour beaucoup de queers, c’est déjà une réalité qu’illes attaquent la police ou pas. Si vous quittez un espace aussitôt que la police arrive, vous rendez activement cet espace plus dangereux pour d’autres personnes. Même si vous pouvez décider que c’est nécessaire pour votre propre bien-être, il est souvent bien plus sécuritaire de se serrer les coudes. Arrêter 200 à 300 festoyeur.ses est une tâche plutôt ardue pour les porcs, tandis qu’il leur est aisé d’en arrêter 20 à 30.

Prémisse 3 : Queer en tant que position dans la guerre sociale[2. La guerre sociale réfère aux conflits livrés chaque jour contre nous par le capitalisme, l’État, et la police, de même que par nos ami.es, familles, amant.es, et nous-mêmes. C’est une façon de décrire la violence des paradigmes existants dans les relations réalité/social, incluant les luttes pour les changer ou les détruire. Les positions au sein de la guerre sociale sont en changement constant du moment où les individus incarnent de manière constante, simultanée et interchangeable les rôles d’oppresseur.ses et d’opprimé.es. Les lignes de conflit se tracent à travers la réalité physique et immatérielle, et se manifestent comme un tout, du docteur qui choisi le genre d’un nouveau-né, au lancer de briques à travers la vitre d’une banque, ou au projet-même de construire le sujet «humain».]

Le genre et la sexualité sont des forces coercitives et oppressives promulguées contre nous par la société : sans société, sans guerre sociale, nous n’aurions pas les conceptions de genre et de sexualité (ni les rôles qu’elles renforcent) que nous avons. Attaquer les notions de genre et de sexualité de la société et intenter leur transformation radicale (c’est-à-dire être queer), c’est choisir de s’engager dans un front très spécifique de la guerre sociale : c’est mettre les limites à respecter et ouvrir les hostilités envers le reste de la société. Si les queers cessaient d’établir cette limite, alors le Queer ne serait plus : le Queer ne peut exister qu’en tant que négation des genres et de la sexualité imposés. Si l’identité queer est assimilée par le projet social, alors la «queerness» deviendra simplement un autre mécanisme oppressif. Une partie du rôle de la police est de défendre et de protéger les articulations normatives du genre et de la sexualité en plus de défendre la «société» au sens large. Par la définition-même de la «queerness», nous nous devons d’entrer activement en conflit avec la police. En ne luttant pas contre elle, nous défendons les paradigmes existants du genre et de la sexualité et nous réprimons activement la «queerness».

Prémisse 4 : C’est l’fun!

Il y a mieux qu’être ivre et danser jusqu’à en avoir mal au pied : la joie intense que ressentent les personnes qui combattent la police dans la rue est une chose qu’un dealer rêverait de mettre sur le marché. Si être queer veut dire former de nouvelles sortes d’interactions et de relations sociales excitantes, étranges et significatives, alors qu’est-ce qui pourrait être plus intéressant, excitant et étrange que de démanteler activement l’État, main dans la main avec votre/vos nouvelle.s rencontre.s? Que de briser des vitres ensemble, de danser sur le toit d’une voiture de police démolie et de s’enfuir dans la nuit pour faire l’amour d’une joie criminelle. Nous ne voulons pas trop glamouriser les conflits où des ami.es se font blesser, mais lutter ensemble et gagner est l’une des expériences les plus excitantes, joyeuses et libératrices que ces auteur.es aient jamais eues. Ça serait pas l’fun, chasser les porcs hors de nos rues et transformer toute la fucking rue en party queer?

Ce communiqué a été écrit par « The Angry Trans Mob ». Nous sommes un groupe de personnes trans venant différents milieux, luttes et expériences qui considérons nécessaire l’expansion du conflit entre le milieu queer de Montréal et la police/l’État/les transphobes. Nous sommes solidaires avec toutes les personnes défendant leur communauté (qu’il s’agisse d’espaces physiques/districts/villes ou d’idées métaphysiques/identités/formations) contre la domination, les attaques, et la destruction, peu importe les armes qu’illes choisissent d’employer. Nous espérons que ce communiqué inspire des gens à prendre action.

Et rappelez-vous, les enfants!

Dead cops don’t kill!

 

Quelques éclaircissements, réflexions et réfutations

▼ Lorsqu’on parle de combattre, nous souhaitons clarifier que nous ne concevons pas la violence comme inhérente au combat (non pas que l’on s’oppose à la violence), ni nécessairement comme étant la prise d’action violente (que nous supportons). Nous concevons le combat comme étant toute non-conformité, que ce soit de rester près et solidaires pour prévenir des arrestations ciblées, ou qu’il s’agisse de jeter un cocktail molotov sur une voiture de flic. Nous ne pensons pas que tout le monde devrait être prêt à faire chacune de ces choses, mais nous croyons que chacun.e doit être prêt.e à les soutenir et les faciliter.

▼ Pour nous, l’espace ne se limite pas à un party ou un événement en particulier. L’espace s’étend de manière physique et immatérielle, suivant et gravitant autour de toute idée que les gens qualifient de queer, qu’il s’agisse d’identité personnelle ou de lieux physiques. Le milieu est un «espace», dans cette perspective nous pensons que plusieurs «espaces» peuvent occuper un même lieu. Par exemple, lorsqu’on empêche l’intrusion de la police dans un certain party, on défend à la fois le lieu et l’espace du party, mais aussi l’espace queer entant que concept, et l’espace du milieu entant que formation. Pour ces raisons, nous pensons que la défense de tout lieu queer quel qu’il soit (que ce soit cousins, le salon du livre queer, un sex party, etc.) est essentielle au maintien du concept de l’espace queer, qui agit comme filet de sécurité pour les personnes les plus ciblées par la répression. Une attaque envers un party queer est une attaque contre la «queerness». Si suffisamment de party sont réprimés, le nombre d’espaces occupés par la «queerness» s’en trouvera réduit.

▼ Nous sommes contre le discours selon lequel certaines Diasporas de gens ne peuvent s’engager dans le conflit à cause d’oppressions qu’elles vivent ou de dangers auxquels elles font face. Bien que nous supportions complètement toute personne sentant qu’elle ne peut s’engager dû à des questions de statut, de race, de classe, de genre, etc., nous croyons que les discours énonçant que «telles personnes ne peuvent faire x…» sont souvent infantilisants, faux et condescendants. Bien qu’on ne doive jamais attendre d’une personne une manière d’agir précise (à moins qu’elle le souhaite), on ne devrait pas non plus présupposer ses capacités à sa place. Partout dans le monde, des personnes dans des situation précaires luttent (souvent illégalement), et ce malgré le coût possiblement encouru. Cela équivaudrait à dire, par exemple, qu’une manifestation qui a été approuvée par la police a plus de chances de procurer un meilleur sentiment de sécurité aux gens qu’une manifestation illégale – si on ne connaît pas le vécu personnel des gens, on ne peut savoir si la collaboration entre les organisateur.trices et la police est perçue comme étant plus sécuritaire que la tenue d’une manifestation illégale. De plus, si la collaboration avec la police découle de l’improbabilité que des actes illégaux prennent place dans la manif, ou si elle prend place pour que certaines personnes s’y sentent plus en sécurité, on isole alors davantage ceux et celles dont l’illégalité est inhérente à leur vie et existence. Les hiérarchies du danger telles qu’établies par le milieu devrait constamment être sujet de débat et de contestation.

▼ Nous rejetons l’idée selon laquelle le fait d’être mâle et blanc soit inhérent à la résistance violente. Nous pensons que cette position est souvent utilisée pour délégitimer des tactiques ne correspondant pas à l’idée que certaines personnes ont de l’acceptabilité. C’est sexiste et trans-mysogine, en plus d’être historiquement erroné.

▼ Bien que nous supportions fermement l’auto-identification, nous rejetons le postmodernisme et l’idée que tout peut être appelé «queer». Nous croyons que le queer est un positionnement connecté à d’autres (à ce titre, une personne cis ne peut être trans, et une personne s’auto-identifiant trans ne peut être cis). Ainsi, la police ne peut être queer, car le rôle qu’elle incarne dans le renforcement des paradigmes existants de genre est de facto contre la queerness. [contra queerness dans le texte original].

Contre le cirque électoral, l’abstention ne suffit pas ! A l’attaque !

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Nov 062015
 

Trois bureaux de campagne de candidats ont été attaqués à Montréal et Trois-Rivières juste avant des élections. Nous reproduisons les articles de la presse dans l’ordre antéchronologique.

Une fenêtre de l’un des deux locaux de campagne du candidat conservateur dans Trois-Rivières, Dominic Therrien, a été fracassée dans la nuit de dimanche à lundi (19/10/2015), quelques heures avant l’ouverture des bureaux de vote.

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Le bureau de campagne d’Outremont du chef néo-démocrate, Thomas Mulcair, a été vandalisé dans la nuit de mardi à mercredi (14/10/2015) à Montréal.

Les fenêtres de la devanture du local de campagne, situé sur l’avenue du Parc, ont été aspergées de peinture orange. Le contenu d’un extincteur d’incendie a également été vidé à l’intérieur du local par l’interstice d’une fenêtre.

«Il y avait de la poudre partout. Il a fallu tout nettoyer. On a perdu un certain temps à le faire», déplore le directeur de campagne de M. Mulcair dans Outremont, Graham Carpenter.

 

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Le bureau de campagne du candidat conservateur à Ahuntsic-Cartierville, Wiliam Moughrabi, a été vandalisé dans la nuit de lundi à mardi (13/10/2015) à Montréal.

«On a jeté au moins deux bidons de peinture rouge sur la vitrine du local, a indiqué M. Moughrabi. On a passé la journée de mardi à nettoyer, nous allons encore nettoyer aujourd’hui.»

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Blocage et bannières contre le déversement dans le St-Laurent

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Nov 032015
 

Soumission anonyme à Montréal Contre-Information

Lundi matin, pendant l’heure de pointe du trafic, nous avons bloqué l’autoroute Notre-Dame à l’aide de débris et de matériaux de construction. Nous avons suspendu deux bannières sur lesquelles on pouvait lire « CONTRE LE DÉVERSEMENT DANS LE ST-LAURENT » et « SOLIDARITY WITH ALL LAND DEFENDERS » (Solidarité avec tous.tes celles et ceux qui défendent le territoire).

Le 3 novembre, la ville de Montréal planifie déverser 8 milliards de litres d’eaux usées non-traitées (et de déchets médicaux industriels) directement dans le fleuve St-Laurent. Ces eaux usées ne pollueront pas seulement le fleuve, mais affecteront toutes les communautés en aval. Des résident.es de Kahnawake ont déjà démontré leur colère envers le manque total de considération du maire Coderre pour le fleuve à travers de nombreuses manifestations, incluant un blocage ferroviaire.

L’interruption du trafic matinal n’est qu’un petit geste qui exprime la nécessité d’interrompre cette ville, cette économie, cette civilisation entière, dont le bon fonctionnement repose sur le déplacement ou carrément l’attaque de tous les êtres vivants.

– Des anarchistes

Un nouveau départ pour Montréal Contre-information !

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Nov 012015
 

Après plusieurs années d’activité sporadique, Montréal Contre-information effectue une refonte avec de nouvelles intentions et une équipe de modération et de traduction élargie.

Montréal Contre-information aspire à fournir aux anarchistes de Montréal un espace pour diffuser leurs idées et leurs actions à travers des réseaux et tendances qui se recoupent, hors des sphères médiatiques gauchiste et corporatiste. Nous voulons encourager des réflexions consistantes, des critiques et un engagement envers les projets de révolte et de lutte ayant lieu dans cette ville. Nous voulons clarifier nos idées, aiguiser nos pratiques, trouver des points de départ communs et explorer les différences dans nos projets et nos initiatives.

À cette fin, le site publiera des nouvelles, des comptes rendus, des communiqués et autres transmissions sous forme écrite et tiendra des archives de contre-information tel que des tracts, affiches, publications, bannières et graffitis. Nous aimerions voir une participation étendue à ce projet, alors n’hésitez pas à soumettre du contenu !

Série d’affiches communiqués

Screenshot from 2015-11-01 18:11:58

Notre compréhension des offensives et attaques contre la domination place celles-ci au cœur du projet anarchiste, et conséquemment, leur communication est cruciale pour que les effets et intentions de ces attaques soient expansifs et invitants. Malheureusement, leur diffusion est généralement limitée à des communiqués autoréférentiels lus par une poignée d’anarchistes dans différentes villes autour du globe.

Nous souhaitons transformer la relation entre la communication des offensives et l’espace dans lequel ces offensives prennent place en propulsant les communiqués hors de leurs niches internet et en les diffusant dans les rues. Nous voulons ouvrir autant de voies de communication que possible. Nous voulons que les idées et les intentions derrière ces attaques puissent rejoindre toutes celles et tous ceux qui partagent nos désirs d’en finir avec les forces qui dominent nos vies. Nous voulons amplifier les signaux qui indiquent que des personnes rompent avec le contrôle social, et ainsi refuser de laisser les traces de leurs actions disparaître dans les abysses d’internet.

Dans ce but, Montréal Contre-information créera des affiches pour diffuser les communiqués d’actions qui nous inspirent dans la région montréalaise. En soumettant un communiqué, vous pouvez également nous faire parvenir une affiche de votre cru, ou des images ou dessins que vous aimeriez voir inclus dans une affiche.

PSCrailsabfr
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joyousvandalismfr
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gentrification-fr
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rails-fr
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knives-fr
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car-fr
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camera-fr
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hochelag-fr
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20082011fr
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