Montréal Contre-information
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De la nécessité d’une (bonne) traduction

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Jan 302022
 

De Infokiosques

Quelques pistes sur comment s’y prendre pour que la traduction simultanée fonctionne bien et que les personnes « à qui l’on traduit » puissent comprendre et prendre part à la conversation.

En s’organisant sur le terrain entre personnes en galère, que ce soit dans la lutte squat ou dans la lutte et l’autodéfense contre l’Etat et ses multiples frontières, physiques ou administratives, on se retrouve souvent dans des groupes aux langues multiples, et il n’est pas rare qu’il y ait des groupes qui n’ont pas de langue en commun. C’est là qu’entre en jeu lx traducteur.ice.

La traduction est censée être (quand elle est bien exécutée) un outil qui permet la communication entre groupes linguistiques qui ne pourraient communiquer (ou alors difficilement) sans. Dans ce sens, quand on veut étendre sa solidarité par delà les lignes de démarcation nationales, linguistiques et culturelles, c’est un outil indispensable, et un point de départ pour une compréhension mutuelle qui pourra se traduire en actions communes. …

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Métaux BlackRock sur le respirateur artificiel, la classe politique à la rescousse !

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Jan 252022
 

Du Collectif Emma Goldman

Le projet de 1.1 milliard de la multinationale Métaux BlackRock à plus que jamais du plomb dans l’aile. Après avoir mis un coup d’arrêt en 2019 au déboisement du terrain où l’usine est censée être construite à Grande-Anse, retardé le début des travaux sur le site (travaux qui n’ont toujours pas commencé), voilà que nous avons appris le 23 décembre dernier que la multinationale a dû se placer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) puisqu’elle n’est pas capable de rembourser ses pourvoyeurs. En plus d’avoir fait faux bond à ses créanciers, quelques membres de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord doivent aujourd’hui déchanter face à la situation de Métaux BlackRock.

En 2019, lors de l’arrêt des travaux, Sandra Rossignol, alors directrice générale de la Chambre, déclarait : « Ils mettent vraiment toutes les chances de leur côté pour éviter les dépassements de coûts parce qu’ils savent que la construction hivernale, ça coûte cher. La Chambre croit que c’est une bonne décision. On connaît bien l’équipe de Métaux BlackRock. On a confiance en ses capacités de mener à terme le projet. » (1). J’imagine que depuis le temps, la confiance a dû s’effriter…

Cependant, il n’y a pas d’inquiétude à avoir pour la bourgeoisie locale puisque la majorité du temps, quand des projets destructeurs sombrent, il y a toujours les gouvernements pour venir les sauver et y injecter des deniers publics. Comme le rapporte La Presse : « Depuis 2018, la société Métaux BlackRock a sollicité sans succès 150 investisseurs institutionnels, incluant le Fonds de solidarité FTQ et la caisse de retraite Teachers. Elle a aussi pris contact avec une cinquantaine de gestionnaires de fortunes familiales et une dizaine de fonds de capitaux européens. (…) Au fil des ans, BlackRock a recueilli environ 67 millions US en actions pour un total de 149 millions d’actions. » (2). Visiblement, les investisseurs ne se poussent pas au portillon et l’argent amassé est une maigre somme face au milliard nécessaire. Malgré tout, le gouvernement québécois, via Investissement Québec, souhaite racheter 100% de Métaux BlackRock avec la société Orion Resource Partners.

Chibougamau et Saguenay veulent le projet dans leur cour

Devant les difficultés rencontrées par Métaux BlackRock, les divers paliers de gouvernements y vont de leur grain de sel afin de redonner un petit boost, voire une deuxième vie à ce projet destructeur. Andrée Laforest, la ministre caquiste des Affaires municipales et de l’Habitation, y va de sa petite tape dans le dos afin d’encourager la multinationale à ne pas lâcher : « Dans la foulée des informations sorties récemment concernant le projet de Métaux BlackRock, je tenais, à titre de ministre responsable de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, à réitérer mon appui au projet dans sa forme actuelle, tel qu’approuvé par le décret. Ce projet est très important pour notre région et le Québec. » (3). De son côté, Jean Rainville, l’ancien président-directeur général PDG de BlackRock, est en beau fusil et veut saborder le processus de restructuration, croyant qu’Investissement Québec et la société Orion profite de la situation pour évincer tout le monde et prendre le contrôle de la multinationale (4).

Au Saguenay-Lac-St-Jean, les mairesses de Chibougamau-Chapais et de Saguenay font des courbettes pour avoir le projet dans leur cour. Manon Cyr croit qu’une des solutions serait de construire la fonderie près de Chibougamau : « Le projet prévoit que l’on devra transporter le minerai sur des centaines de kilomètres avant de le transformer véritablement. Pourquoi ne pourrions-nous pas le transformer plus près de la mine? […] J’ai toujours eu de la misère à comprendre comment on pouvait justifier sur le plan environnemental et financier le fait de déplacer autant de minerais sur une longue distance avant de le transformer de façon adéquate » (5). Malgré sa petite fibre écologiste, la mairesse ne semble pas comprendre que le problème ne réside pas dans le transport des matériaux.

Que l’usine soit à Chibougamau ou à Grande-Anse, les matériaux devront faire des centaines de kilomètres par train dans les deux cas, soit pour acheminer le produit brut à La Baie pour le transformer près du terminal ou amener le produit fini jusqu’au port où il pourra être transbordé sur des bateaux et envoyé à l’international. Le problème environnemental se trouve dans le projet même : creuser une mine à ciel ouvert, construire une usine qui sera la deuxième plus polluante au Québec et transporter les matériaux d’abord par train et ensuite dans des bateaux qui devront utiliser le fjord comme autoroute.

La Chambre de commerce de Chibougamau-Chapais (CCCC) abonde bien évidemment dans le même sens que la mairesse Cyr. Le président de la CCCC, Sébastien Valdal, emploi lui aussi le langage visant à justifier en douce ce projet sous un couvert de capitalisme vert : « Considérant que le potentiel du camp minier de Chibougamau-Chapais démontre un potentiel de fer-titane-vanadium, nous croyons que développer une expertise locale serait un apport important au développement économique de la région et un positionnement essentiel dans la course à l’électrification des transports et au développement d’une économie plus verte » (6). 

L’électrification des transports, on parle ici de la voiture solo et ce n’est pas avec les automobiles électriques que l’on va rendre l’économie plus verte. Ces dernières demandent, tout comme l’auto à essence, la multiplication d’immenses infrastructures (des boulevards, des autoroutes, de nouvelles rues et artères de contournements, etc.) et l’exploitation infinie de ressources pour fabriquer sans cesse de nouveaux modèles. À la place, nous devons miser sur le transport en commun et les moyens alternatifs de se déplacer ainsi que de mettre en commun le plus possible nos autos afin d’en maximiser l’usage. Après tout, les voitures passent la majorité du temps à l’arrêt dans des stationnements. 

Du côté de Saguenay, la nouvelle mairesse, Julie Dufour, a réitéré par communiqué son « soutien entier au projet dans sa forme actuelle ». Elle enchaîne avec : « Les études réalisées par Métaux BlackRock ont démontré que la zone industrialo-portuaire de Grande-Anse était le meilleur site pour établir l’usine. C’est aussi ce qui a été présenté au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) et qui a obtenu tous les permis et autorisations auprès du gouvernement du Québec. Nous nous sommes également engagés à un congé de taxes dégressifs sur 10 ans pour la mise en opération du projet. » (7). 

Cela fait suite à la sortie de Gérald Savard, préfet de la MRC du Fjord-du-Saguenay, qui a déclaré dans les médias soutenir le projet tout en interpellant le Premier ministre du Québec pour qu’il s’assure que le projet voit bien le jour à Grande-Anse.

Comme si ce n’était pas assez, Marc Bouchard, chef par intérim de l’Équipe du renouveau démocratique (ERD) et conseiller désigné du parti, a lui aussi lancé son appui par voie de communiqué en suppliant les membres du conseil de ville « de tout mettre en oeuvre pour que ce projet de 1,1 milliard de dollars puisse voir le jour et que son usine de transformation soit érigée sur le site de Port Saguenay » (8). 

Mais à part l’endroit où devrait avoir lieu le projet, le consensus est total chez la classe politique locale. C’est le capitalisme extractivisme version turbo qu’ils et elles aimeraient instaurer au Saguenay-Lac-St-Jean sur le Nitassinan.

L’État, un pilier dans l’économie extractiviste 

Les différents paliers de gouvernements jouent un rôle majeur dans l’extractivisme et ils viennent en aide aux multinationales de diverses manières. D’abord en les finançant directement via des prêts d’argent ou en construisant, avec l’aide des deniers publics, des infrastructures pour les compagnies privées. Au Québec, cela se traduit, entre autres, par la construction de routes, de lignes hydroélectriques, d’aqueducs (branchement des usines à l’eau de la ville), etc. (9).

L’État vient aussi en aide aux multinationales en mettant en place des lois qui font la part belle à l’extractivisme. Voter des lois  ou en enlever, de manière à favoriser le plus possible les compagnies extractivistes. L’État vient aussi en aide aux multinationales en mettant en place des lois qui font la part belle à l’extractivisme. Voter des lois  ou en enlever, de manière à favoriser le plus possible les compagnies extractivistes. Ainsi, le Canada est le pays où le plus de minières sont enregistrées puisque la loi canadienne leur est très favorable (10). En s’établissant au pays de l’unifolié, les minières savent qu’elles ne seront pas importunées par la justice et elles auront le champ libre pour exploiter les territoires (très majoritairement du Sud) et les populations qui y vivent. Ensuite, une fois les ressources pillées, c’est bien souvent le gouvernement qui doit payer pour nettoyer et décontaminer les sites exploités. Au Québec, ce genre de scénario se compte par milliers (11). Finalement, comme c’est le cas pour Métaux BlackRock, quand les multinationales sombrent et n’arrivent pas à mener à termes leur projet, il y a toujours le gouvernement pour venir injecter de l’argent public pour les financer ou les racheter et éviter, pendant un temps, le naufrage.

Cependant, que ce soit Métaux BlackRock ou une compagnie de façade appartenant au gouvernement du Québec, nous serons toujours là pour nous opposer à ce projet. Plusieurs actions ont déjà eu lieu : blocage d’une voie ferrée à Chicoutimi, peinture lancée sur les bureaux de BlackRock, action à Grande-Anse, des conférences, etc. Notre monde ne réside pas dans la destruction engendrée par ce projet écocide.

Pour une décroissance libertaire 

Tant qu’il y aura un arbre à raser, une rivière à harnacher, une montagne à raser pour le minerai, les multinationales, alliées des gouvernements, seront présentes pour en tirer d’importants bénéfices. Bien sûr, elles  »créeront »  en échange quelques emplois dans des régions qui connaissent des taux chômages importants depuis de nombreuses années et qui sont le produit d’un développement basée sur la mono-industrie. Mais que valent ces emplois dans un environnement saccagé et  invivable?  Mais surtout qu’allons-nous faire quand la multinationale aura plié bagage une fois le sol épuisé et les millions amassés? Si nous persistons dans cette voie,  nous retournerons à la case départ.

La seule alternative : décider maintenant de briser ce cycle de misère et d’exploitation et construire  une économie basée sur la satisfaction de nos véritables besoins et la pérennité des ressources. Face aux grands projets inutiles que veulent mettre de l’avant gouvernements et multinationales, nous devons non seulement résister, mais créer nos propres alternatives à ce système autodestructeur. Nous ne pouvons plus accepter les miettes de pain que la grande entreprise est disposée à nous offrir pour  »assurer »  pendant un temps notre  »bien-être ». Car ne nous leurrons pas, la seule chose de durable dans leur système c’est la misère et la désolation qu’il engendre. Une décroissance libertaire, c’est-à-dire non pas l’arrêt du développement de nouvelles technologies qui facilitent et améliorent nos vies, mais l’arrêt de la fabrication de marchandises inutiles (12) qui alimentent cette société consumériste et qui nécessitent de plus en plus de ressources bien souvent exploitées dans les pays du Sud. Une société horizontale et égalitaire basée sur nos besoins réels et construite en complicité avec les Premières Nations.


1. Radio-Canada: Métaux BlackRock retarde le début de ses travaux à La Baie

2. André Dubuc, La Presse: Investissement Québec propose d’acheter Métaux BlackRock

3. Solveig Beaupuy, Le Quotidien: Andrée Laforest soutient toujours le projet de Métaux BlackRock

4. Gilles Munger, Radio-Canada: BlackRock: l’ancien PDG tente de bloquer le processus de restructuration

5. Isabelle Tremblay, Le Quotidien: Métaux BlackRock: Manon Cyr propose un complexe intégré à Chibougamau

6. Isabelle Tremblay et Marc-Antoine Côté, Le Quotidien: Métaux BlackRock: la communauté d’affaires de Chibougamau ne veut pas d’une usine à La Baie

7. Vicky Boutin et Myriam Gauthier, Radio-Canada: L’usine de BlackRock doit être à Saguenay, réitèrent Julie Dufour et la MRC du Fjord

8. Idem

9. Radio-Canada: Plan Nord : Québec construit une route vers les monts Otish

10. Sarah R. Champagne, Le Devoir: Minières canadiennes à l’étranger: la création d’un poste d’ombudsman se fait toujours attendre

11. Alexandre Shields, Le Devoir: L’héritage toxique des minières explose

12. Le cellulaire est un bon exemple. Le téléphone portable est utile pour nos vies, mais nous n’avons pas besoin d’en sortir des dizaines de nouveaux modèles à chaque année.  En plus de cela, ils sont énergivores en métaux rares et demandent beaucoup de ressources et d’infrastructures. Dans une décroissance libertaire, le but n’est pas de faire disparaître les cellulaires et de ne plus en produire, mais d’arrêter de fabriquer à l’infini des modèles qui sont extrêmement similaires d’année en année et qui servent simplement à vendre de la marchandise et à faire des profits pour des compagnies privées milliardaires.

S’initier à l’action non-pacifique vu depuis l’intérieur

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Jan 252022
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Nous sommes un groupe de jeunes militant.es, nous ne militons que depuis quelques années. Ayant participé à différentes organisations écologistes, nous avons, de cette expérience, réalisé les limites de ces organisations dans l’efficacité de nos luttes. Dans les derniers mois, nous avons donc décidé vouloir chercher à affaiblir économiquement les entreprises fossiles par nos actions. Ceci a donc impliqué plus de questionnements, de préparation, de réflexions et d’idées. C’est de ces choses que nous aimerions parler dans ce texte.

Au départ, la plupart d’entre nous sommes arrivé.es à un constat. La lutte écologiste est dans une embûche. Nous répétons des actions d’une même intensité (que l’on soit 20 000 ou 500 000 dans les rues) pour une cause qui devient radicalement plus urgente. Nous nous plaignons du manque d’écoute du gouvernement, mais nous choissisons de rester dans une position passive, toujours dans une position de demande alors que nous avons déjà accumulé toutes les preuves pour déchanter. Souhaitant être lucides tant sur l’efficacité de nos méthodes que sur le peu de marge de manoeuvre qu’il nous reste, nous avons senti la nécessité d’en faire plus et de faire mieux. Ces réflexions ont également émergées à la suite de lectures telles que « Comment saboter un pipeline » d’Andreas Malm; de lectures sur l’historique du mouvement d’Earth First : « À bas l’empire vive le printemps ! » et de lectures sur les réflexions des ZAD ainsi que des groupes écologistes actuels.

Certain.es nous diront que cette réflexion aurait dû nous venir bien avant. Peut-être ont-iels raison. Il en reste qu’il est absurde de demander à un.e militant.e de passer de l’inaction à l’action la plus radicale. Chaque militant.e accumulera ses expériences qui lae mènera à une réflexion sur l’efficacité de ses actions. Chacun.e de nous pourra ensuite évaluer ce qu’iel peut faire en fonction de ses désirs et ses capacités.

Nous avons donc commencé à réfléchir sur ce qui serait à notre portée et aurait une certaine efficacité. La première barrière évidente qui se dresse est celle de la loi. Nous estimons qu’à l’heure actuelle, chacun.e doit réfléchir à sa capacité et à sa volonté à transgresser les lois en vue d’une action impactante. Accepter de prendre des risques légaux demande du temps, c’est un processus psychologique qui n’est pas à négliger, être à l’aise avec les actions qui s’en suivent d’autant plus. Cette prise de risques peut remettre en cause certaines de nos aspirations et nous remettre en face de nos privilèges et de ce que ceux-ci peuvent impliquer comme responsabilités. Nous invitons donc toute personne ayant une volonté d’intensifier son militantisme à réfléchir aux risques légaux qu’elle est prête à prendre. Ultimement, nous y voyons une nécessité afin d’avoir un plus grand impact. Il s’agit de faire un juste équilibre entre le risque pris et l’impact envisagé. Nous ne cherchons toutefois pas à nous faire arrêter « pour se faire arrêter » ou dans une optique de désobéissance civile devant public. Nous ne voulons plus être dans une position de demande aux dirigeant.es, mais dans une optique d’affaiblissement économique direct en vue du forçage d’une prohibition des énergies fossiles.

La deuxième barrière qui se dresse est celle de la préparation. Nous n’avons pas été préparé.es pour faire ce type d’action et l’information reste (avec raison) cachée. Nous avons dû creuser différentes sources par nous-mêmes afin d’apprendre certaines techniques, afin d’avoir une bonne protection légale, afin de communiquer entre nous de manière sécurisée. Toute cette préparation demande plus de temps. Toutefois, si nous souhaitons intensifier notre lutte, il nous faut sortir des sentiers battus et tenter d’apprendre du mieux que nous pouvons par nous-mêmes. Au travers de ce processus, il va y avoir des essais ainsi que des erreurs et nous ne serons pas tous.tes des militant.es parfait.es du jour au lendemain. Ce manque de préparation et de connaissances ne doit pas être un frein à l’intensification de nos actions, il nous demande seulement de nous libérer du temps afin d’apprendre par nous-mêmes et de partager nos connaissances.

La troisième barrière qui se dresse est celle de notre (in)expérience liée à notre âge et notre réseau de connaissances. Nous faisons partie d’une nouvelle génération de militant.es qui, essentiellement, n’a pas connu les grandes dates des luttes militantes du « Québec ». Cette inexpérience nous amène à avoir moins de pratique, mais aussi moins de connaissances sur les structures et les manières de faire militantes (le dit « savoir militant »). Cette inexpérience peut également susciter la méfiance de camarades militant.es plus âgé.es nous percevant comme naïf.ves ou inaptes à militer en vue d’une augmentation des moyens de pression. Cette méfiance a ses raisons d’être, mais il en reste que nous aurions plus à gagner en nous unissant autant que possible et en partageant des savoirs qui ont été effacés avec la dissolution de l’ASSÉ et l’épuisement militant. Nous ne mettons toutefois pas de côté la nécessité de s’organiser en groupe affinitaire pour bâtir la confiance et être plus sécuritaire.

Finalement, la quatrième barrière qui se dresse, que l’on sent à l’intérieur de nous peut-être sans se partager, est une barrière émotionnelle. Abaisser ses craintes face aux actions que l’on fait ; faire face aux confrontations avec la police et aux techniques d’intimidation de celle-ci (nous reconnaissons par le fait même que, pour certaines personnes, confronter la police n’est pas une question de choix); développer le courage nécessaire pour se faire confiance dans les nouveaux chemins que l’on emprunte au-delà de l’approbation sociale : toutes ces choses demandent un travail émotionnel qui prend du temps d’autant plus que l’on peut porter en nous l’image du parfait révolutionnaire qui n’a peur de rien, qui confronte la police sans gêne, peut-être même avec le sourire et que l’on croit que cela n’est qu’une question de nature. Alors que nous, dans nos vies, nous souhaitons prendre soin les uns des autres, favoriser la compréhension des points de vue et faire émerger la bienveillance, notre travail à l’extérieur nous demande de nous raffermir, de faire face à nos peurs, d’exprimer notre colère et de prendre notre place légitime même si cela demande de se confronter à l’ordre du monde. Ce travail sur notre nature et sur nos émotions doit être vu non comme une barrière, mais comme une invitation à développer des cercles de partage pour faire ce travail ensemble plutôt que seul.e. Il faut voir qu’ultimement, le développement de ses qualités va nous permettre de vivre une vie qui se rapproche de nos idéaux et nous permettre d’être plus heureux.ses.

En repoussant le plus possible ces barrières, nous avons donc préparé minutieusement notre action. Celle-ci visait à nuire à des stations à essence en vue de les rendre inopérables pour quelques jours. En cours de chemin, nous avons eu nos difficultés. Un endroit était finalement surveillé et un autre a été fermé quelques semaines avant notre action, rendant celle-ci inutile. Nous avons toutefois acquis une expérience de terrain par laquelle nous avons affronté nos peurs et retenu des leçons de nos erreurs. Il est donc nécessaire de se mettre à l’action, même si nous ne sommes pas des militant.es parfait.es, même si nous ne connaissons pas tout. L’important, c’est de s’organiser du mieux possible, mais surtout, de passer à l’action puisqu’essentiellement, ce qui finit par nous retenir, ce sont nos propres peurs ou notre manque de temps.

En conclusion, nous croyons en la nécessité de faire évoluer la lutte vers une pluralité d’actions directes. Nous voulons, par ce texte, témoigner qu’il n’est pas nécessaire de tout connaitre, qu’il est normal qu’il y ait plusieurs barrières qui se dressent sur ce chemin et que nous pouvons, tous.tes par nous mêmes, acquérir le savoir et les réflexions nécessaires à cette fin. Les luttes écologiques sont à l’agenda pour les prochaines années. Ce sont des luttes que nous n’avons pas le choix de gagner. Nous aimerions que les prochaines personnes qui vont s’organiser dans le contexte de la crise écologique ne prennent pas le cheminement pacifique type. Nous souhaitons également faire un appel aux militant.es de générations précédentes à nous partager leurs savoirs afin d’avancer ensemble. Nous ne mettons toutefois pas de côté l’impact qu’a eu la répression chez certain.es de nos ami.es. Nous reconnaissons le courage des personnes qui participent ou ont participé dans toutes les formes de tâches des luttes passées et présentes.

L’Histoire Nous Regarde

Contre le deuxième couvre-feu aussi

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Jan 212022
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Ce que vous avez peut-être manqué

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, le gouvernement du Québec a imposé deux couvre-feux à sa population. Le premier a été annoncé le 6 janvier 2021 et est entré en vigueur le 9 janvier ; il a duré, avec diverses modifications et assouplissements, jusqu’au 28 mai 2021. Le second couvre-feu a été annoncé le 30 décembre 2021 et est entré en vigueur le lendemain, à la veille du jour de l’an. Un peu plus d’une semaine plus tard, le 7 janvier 2022, une contribution anonyme intitulée « Le couvre-feu fait-il l’unanimité ? » dont l’intégralité figure ci-dessous, est apparue sur ce site :

Depuis le 31 décembre 2021, un couvre-feu est imposé entre 22h et 5h au Québec.

Je suis fermement en désaccord avec cette mesure oppressive et je suis certain.e que beaucoup d’entre vous le sont aussi. Cependant, il n’y a eu aucun article critiquant le couvre-feu depuis qu’il a été réinstauré. J’aimerais que nous soyons plus nombreux.ses à nous opposer à cette mesure.

Nous avons assisté à une augmentation importante des mesures autoritaires dans la province. La santé publique a été utilisée comme un prétexte pour accroître le pouvoir de l’État.

Unissons-nous et combattons l’État policier !

Depuis cet appel, il n’y a eu aucun autre message sur MTL Contre-info au sujet de ce second couvre-feu, ni aucune résistance anarchiste visible et organisée. La « résistance » qu’on a pu voir à Montréal – c’est-à-dire les dizaines de personnes qui ont défié le couvre-feu et se sont rassemblées devant les bureaux de Legault à Montréal le soir du 1er janvier, ainsi qu’une manifestation de jour bien plus importante le 8 janvier – n’est pas du ressort de MTL Contre-info. Ces événements (les organisateurs, les personnes qui se sont présentées, la signalisation, etc.) n’étaient ni anarchistes ni anti-autoritaires. Ils semblent plutôt s’inscrire dans les tendances politiques dominantes qui s’opposent non seulement au couvre-feu au Québec, mais aussi aux mesures de mitigation de la pandémie quelles qu’elles soient, dans toutes les provinces du Canada et ailleurs dans le monde (notamment aux États-Unis, en Australie et en Chine). En termes clairs, je veux dire que les personnes qui ont manifesté étaient en grande partie des anti-vax, des nationalistes et des timbrés. On y reviendra plus tard. 

Le jeudi 13 janvier 2022, le gouvernement a annoncé dans une énième conférence de presse que le couvre-feu prendrait fin le lundi 17 janvier. Je sais pertinemment qu’il y avait des initiatives de brassage pour s’opposer au couvre-feu de façon proprement anarchiste, mais elles ne seront évidemment pas mises à exécution, à présent. Il semble que ce deuxième couvre-feu se sera déroulé sans intervention anarchiste (publique). C’est un contraste avec la période du premier couvre-feu au début 2021, quand il y a eu au moins trois manifestations à Montréal – le 16 janvier, le 18 avril et le 22 avril 2021 – organisées sur le thème de l’opposition aux « solutions policières à la crise sanitaire ». De plus, au moins quelques anarchistes ont participé à la manifestation informelle, qui s’est transformée en une émeute montréalaise classique le soir du 11 avril 2021, date à laquelle le couvre-feu en « zones rouges » (qui avait été assoupli le 17 mars) a été renforcé. À part ça, quelques articles ont été publiés sur MTL Contre-info, dont l’essai très clair « Contre le couvre-feu » du 10 janvier 2021.

Le deuxième couvre-feu

J’ai tendance à penser qu’une des raisons pour lesquelles « il n’y a pas eu de messages critiquant le couvre-feu depuis qu’il a été rétabli », c’est qu’il n’y a rien de nouveau à en dire.

Il y a le fait qu’il est moins odieux de deux heures par rapport à celui de janvier dernier. Ce détail a son utilité pour les défenseurs du gouvernement, mais pas pour nous.

Et puis nous avons été très peu avertis de l’imminence d’un couvre-feu – moins que l’année dernière, en fait. 

Dans « Les anarchistes de Barcelone à marée basse » (After the Crest pt. #3), il est écrit : 

le gauchisme et la vision rationaliste qui en découle nous entraînent à voir le monde de manière irréaliste. Cela génère de fausses attentes et de faux critères pour évaluer nos luttes. Le nœud du problème est que nous ne sommes pas la valeur abstraite que le capital et la gauche voient en nous : nous sommes des êtres vivants avec nos propres rythmes autonomes qui se heurtent constamment aux stratégies managériales et à la mécanique sociale.
    […]
    l’obligation gauchiste de produire du mouvement nous prive de l’hiver. Tous les gens en lutte ont besoin d’un temps pour affronter leur désespoir, panser leurs plaies et se replier sur les liens réconfortants de l’amitié. Ne se rendant pas compte de cette nécessité animale, bien des anarchistes s’épuisent à essayer de maintenir un rythme constant, ou alors ils confondent ralentissement et affaiblissement, et laissent aller leurs acquis. Mais l’hiver peut être un moment important pour se retrancher, poursuivre les projets qui nous soutiennent (et apprendre à les reconnaître), pour tester la force de nouvelles relations et sonder la profondeur de notre communauté de lutte.

Je cite ces extraits car on ne saurait trop insister sur le fait que c’est le mois de janvier à Montréal, c’est-à-dire que l’hiver n’est pas qu’une métaphore. Mais surtout, la critique implicite du billet initial sur MTL Contre-info me semble révélatrice de cette même « obligation gauchiste de produire du mouvement », indépendamment de son utilité ou des circonstances plus larges. Il est évident que, dans une certaine mesure, le couvre-feu a diminué notre capacité à nous rabattre sur nos amis ou à tester de nouvelles relations car il devient plus difficile de se rencontrer. Mais ce couvre-feu, vraiment, n’est qu’une infime partie du plus grand ensemble de restrictions sur les rassemblements et la vie sociale normale.

Le couvre-feu s’est également avéré relativement facile à défier, pour ceux qui veulent bien essayer. Je connais personnellement beaucoup de personnes qui l’ont régulièrement bravé l’an dernier, et un peu aussi cette fois-ci, en traversant la ville en voiture ou en serpentant dans les ruelles de leur propre quartier, généralement pour aller et venir de chez des amis ou entre divers lieux de rencontre à l’extérieur – parce que bien sûr, il n’y a pas vraiment d’autre endroit où aller. Ce genre d’activité est loin d’être réservée aux anarchistes, mais nous avons beaucoup moins de chances d’être arrêté.e.s par la police en allant d’un point A à un point B après le couvre-feu que, disons, des adolescent.e.s de Montréal-Nord ou des juif.ve.s orthodoxes d’Outremont.

Il pourrait être intéressant d’organiser une contestation collective plus importante, mais bien sûr, comme dans le cas du 11 avril 2021 ou de la manifestation des anti-vax près du Stade olympique le 1er mai, il faudrait alors s’associer à des gens dont la vision de l’éthique et de la réalité de base se situe bien au-delà de ce que la plupart des anarchistes nord-américain.e.s jugeraient acceptable. Peut-être que si le gouvernement n’avait pas, de façon prévisible, annulé le couvre-feu relativement rapidement, nous en serions à nouveau là, et il y aurait des choses à dire sur le partage de l’espace avec de telles personnes. Mais de manière réaliste, cela n’arriverait qu’au printemps, comme l’an dernier. Il est peu probable que cela se produise maintenant – bien que tout soit possible, et il est clair que le gouvernement continuera (probablement) à imposer un couvre-feu à chaque nouvelle vague de covid.

On ne peut pas satisfaire tout le monde

Depuis le début de la pandémie, il existe un courant d’anarchistes qui rejettent en bloc toutes les mesures visant à atténuer la propagation du covid – pas juste celles qui donnent les coudées franches à la police, mais tout, y compris les vaccins. Le projet Nevermore est l’exemple le plus marquant de ce courant dans le contexte canadien. Personnellement, je suis d’accord avec les vaccins et beaucoup d’autres mesures qui me semblent sensées, et je ne vois pas de différence effective entre ces anarchistes (qui, dans de nombreux cas, sont des personnes impliquées dans nos scènes depuis des années) et le courant principal de la droite anti-vax. J’ai personnellement aidé à organiser une manifestation contre le couvre-feu le 18 avril 2021, parce que je sentais qu’il était nécessaire, à ce moment-là, de créer un nouveau pôle autour duquel rallier une résistance au couvre-feu autre que celle des anti-vax. Je ne pense pas que ça ait été une réussite spectaculaire, mais je ne regrette pas d’avoir essayé.

L’autre jour, j’ai pu avoir un accès privilégié à un groupe Signal composé de plus de 30 anarchistes et autres radicaux, où l’on discutait de certains événements du printemps 2021, notamment du 11 avril et de la manifestation du 18 avril. Une personne y affirmait :

De jeunes anarchistes et gauchistes ont organisé une deuxième manifestation contre le couvre-feu se distinguant de celle qui avait eu lieu plusieurs nuits auparavant et dont ils ont reconnu tardivement qu’il s’agissait des habituels bobards de droite sur la libre-entreprise et qu’elle n’avait vraisemblablement rien à voir avec les « jeunes Noir.e.s ». On a donc eu une « vraie » manifestation anarchiste contre le couvre-feu. Quelques jours plus tard [en fait, plus d’un mois plus tard], le gouvernement a de toute façon annulé le couvre-feu et les anarchistes et autres gauchistes sont retournés dormir, retrouver « leur » vie.

Ce commentaire (un peu épuré pour des raisons de lisibilité) n’a suscité aucune réaction de la part des autres participant.e.s.

C’est peut-être déplacé, mais je ressens le besoin de remettre un peu les pendules à l’heure. Personnellement, je suis toujours partant.e pour une bonne vieille émeute montréalaise – à peine cohérente politiquement et à laquelle participe un large éventail de la société. Et je déteste Rebel News, qui étaient présents le soir du 11 avril 2021, et ont un peu brassé à Montréal dans les jours précédant l’événement. L’un n’empêche pas l’autre. Il est possible d’avoir apprécié l’émeute du 11 avril (ou d’y avoir participé) tout en critiquant ses limites et son absence de but. Il n’est pas nécessaire d’embarquer à la suite des journalistes et des politiciens qui, pour les besoins de leurs propres agendas, ont déformé cet événement en le présentant comme une affaire d’hurluberlus anti-vax.

Il se trouve qu’on avait planifié la manifestation du 18 avril avant que le 11 avril ne se produise. Mais même si ça n’avait pas été le cas, je pense qu’il aurait été légitime – et tout à fait dans la lignée des efforts faits par les anarchistes au fil des ans pour maintenir une culture de combat de rue vivante et dynamique dans cette ville – d’organiser une opportunité collective pour affronter la police et/ou peut-être défier le couvre-feu (s’il durait jusque là) en cohérence avec nos idées et nos façons de faire. En d’autres termes, pas de Rebel News, pas de drapeaux nationaux, pas de prédicateurs chrétiens, et pas de dénonciations stupides et multiples des masques et des vaccins. Mais combattre la police ? Avec plaisir, merci !

Pour moi, il est tout à fait valable de critiquer les anarchistes d’ici de ne pas être parvenu.e.s à répondre à la pandémie de manière plus holistique, en développant notamment des pratiques plus approfondies de soutien mutuel – bien que je me demande où cette critique est censée aller et comment elle est peut être utile. Le vrai problème, c’est que nos mouvements ne sont juste pas aussi puissants qu’on voudrait, et nous n’avons pas réussi, tout au long de la pandémie, à développer des stratégies ou des pratiques qui pourraient nous aider à construire le type de pouvoir dont on a besoin pour réaliser nos objectifs à court ou long terme. Dans une large mesure, il s’agit d’un échec à surmonter l’isolement. La compréhension de base des faits, qu’il s’agisse des vaccins ou des caractéristiques démographiques des émeutiers, varie manifestement d’un silo d’information en ligne à l’autre. Il n’y a sans doute rien de bon dans tout ça. 

J’aimerais qu’on s’améliore, car il y a bien des chances que la pandémie et l’état d’exception qu’elle a engendré soient loin d’être terminés.

Appel à contribution du journal « État Policier » dans le cadre de la 26e Journée Internationale Contre la Brutalité Policière

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Jan 162022
 

Du COBP

Ici comme ailleurs dans le monde, la Police joue un rôle déterminant en réprimant les luttes anticoloniales, autochtones, environnemental, immigration, etc. La lutte et résistance des premières nations autochtones à travers la planète seront toujours présentes au front pour contrer les intérêts capitalistes et seront appuyés par des mouvements et de liens de solidarité internationales.

Le thème de l’année 2022 sera : « La police c’est colon en criss » – « shutdown the colonial police ».

Voir l’appel svp : https://cobp.resist.ca/fr/node/23061

Nous faisons donc appel à vous pour l’écriture de textes, de dessins, de bd, de photos, de poèmes ou toutes autres idées pour le journal « État Policier » de cette 26e édition de la JICBP. Vous pouvez aussi nous envoyer vos textes ou des liens existants déjà publiés.

Les textes pour le journal devront contenir un maximum de 2 pages et peuvent être écrits en français, en anglais ou en espagnol. Les auteurs-E-s qui tiennent à ce que leurs textes soient traduits doivent nous le mentionner dans un délai raisonnable afin qu’on puisse trouver des gens pour la traduction.

Aussi, nous vous invitons à nous envoyer des images pour accompagner votre texte, si vous le désirez. Les images ne seront pas comptabilisées dans les deux pages.

La date de tombée finale pour le contenu du journal papier est le 1er février 2022.

Veuillez soumettre vos textes et autres contributions à l’adresse suivante :
cobp@riseup.net

Solidairement
COBP

Le couvre-feu fait-il l’unanimité ?

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Jan 072022
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Depuis le 31 décembre 2021, un couvre-feu est imposé entre 22h et 5h au Québec.

Je suis fermement en désaccord avec cette mesure oppressive et je suis certain.e que beaucoup d’entre vous le sont aussi. Cependant, il n’y a eu aucun article critiquant le couvre-feu depuis qu’il a été réinstauré. J’aimerais que nous soyons plus nombreux.ses à nous opposer à cette mesure.

Nous avons assisté à une augmentation importante des mesures autoritaires dans la province. La santé publique a été utilisée comme un prétexte pour accroître le pouvoir de l’État.

Unissons-nous et combattons l’État policier !

Prison de Bristol (UK) : Toby Shone explique son affaire

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Jan 052022
 

De Act for Freedom Now!, traduction de Attaque

Je m’appelle Toby Shone et je suis un anarchiste, emprisonné à la prison de Bristol, qui a été enlevé par la police anti-terroriste sous la menace des armes, dans le cadre de l’opération Adream, au Royaume-Uni. Cette opération répressive avait pour cible le collectif 325, un groupe anarchiste de critique et de pratique, ainsi que le site internet 325.nostate.net. L’opération Adream est une attaque de l’État britannique, en collaboration avec ses partenaires européens, contre des groupes d’action directe anarchistes, des projets de contre-information, des initiatives de solidarité avec les prisonnier.e.s et la nouvelle critique anarchiste de la singularité technologique et de la quatrième et cinquième révolutions industrielles. Lors de l’opération Adream, la législation antiterroriste a été utilisée contre le mouvement anarchiste pour la première fois au Royaume-Uni.

J’ai été pris en otage par le régime le 18 novembre 2020, après une course-poursuite avec des flics de l’unité d’intervention spéciale, au fin fond de la forêt de Dean, qui se trouve à la frontière avec le sud du Pays de Galles, à une heure de route au nord de Bristol. Au même moment, des descentes coordonnées ont eu lieu à cinq endroits différents dans la forêt de Dean, contre des projets de vie collective, des lieux de rencontre et un box de stockage. J’ai été emmené, sous surveillance armée, dans un poste de police du coin, où j’ai été détenu au secret et interrogé à de très nombreuses reprises. J’ai refusé de parler pendant les interrogatoires et je n’ai pas coopéré avec les assassins en uniforme.

J’ai été accusé de quatre chefs d’accusation en vertu de la loi antiterroriste. Une accusation selon la Section 2 de cette loi : diffusion de publications terroristes, en tant qu’administrateur présumé du site 325.nostate.net. Deux accusations selon la Section 58 : possession d’informations utiles à des fins de terrorisme. Il s’agit de deux vidéos. L’une d’elles montrait comment assembler une charge explosive artisanale. L’autre montrait comment incendier une antenne relais de téléphone mobile. J’ai été accusé selon la Section 15 : financement du terrorisme, en relation avec des portefeuilles de crypto-monnaie hébergés sur 325.nostate.net pour soutenir des prisonnier.e.s et des publications anarchistes. J’ai récusé toutes les accusations.

Pendant les interrogatoires, j’ai aussi été accusé d’être membre de la FAI/FRI, la Fédération anarchiste informelle/Front révolutionnaire international. J’ai été accusé d’avoir écrit cinq communiqués et d’avoir mené plusieurs actions dans le secteur de Bristol, revendiquées par des cellules de la FAI, de l’Earth Liberation Front ou de l’Animal Liberation Front. Ces actions comprenaient une attaque incendiaire contre un poste de police, l’incendie d’une antenne relais de téléphonie mobile et la libération d’animaux.

Bristol est un secteur du Royaume-Uni où, au cours des deux dernières décennies, il y a eu d’innombrables sabotages et actions directes anarchistes, des actions qui restent irrésolues pour la police, malgré des enquêtes qui ont coûté plusieurs millions de livres et des chasses aux sorcières médiatiques contre les anarchistes de la ville.

Dans les espaces collectifs et les lieux de rencontre perquisitionnés au cours de l’opération Adream, les flics ont saisi des centaines d’exemplaires du numéro 12 de la revue 325, des dizaines de brochures, de livres, d’autocollants, d’affiches et de tracts anarchistes, des ordinateurs portables, des téléphones mobiles, des imprimantes, des disques durs, des caméras, des brouilleurs de fréquences radio, des GPS, des fumigènes, des bombes sonores et lumineuses, des répliques d’armes à feu et de l’argent liquide. Parmi les preuves produites contre moi, il y avait de nombreuses publications anarchistes, dont le n° 12 de la revue 325, qui traite de la quatrième et cinquième révolution industrielle, la brochure Incendiary Dialogues, de Gustavo Rodríguez, Gabriel Pombo da Silva et Alfredo Cospito, publié par Black International Editions. Il y a aussi le texte « Qu’est-ce que l’anarchisme » d’Alfredo Bonnano, le bulletin Dark Nights, le petit livre « Anarchy, civil or subversive? », édité par 325 et Dark Matter publications, un tract en solidarité avec les prisonniers anarchistes Alfredo Cospito et Nicola Gai, un tract contre les confinements liés au Covid-19 intitulé « Affronter la peur – combattre le futur », ainsi que de nombreux autres textes et publications en solidarité avec des prisonniers anarchistes et des organisations révolutionnaires telles que la CCF, Conspiration des Cellules de Feu.

Après être passé devant la chambre d’instruction de Westminster, j’ai été placé en détention provisoire à la prison de Wandsworth, à Londres, sous un régime de détention antiterroriste. A la prison, pendant dix jours on ne m’a pas permis de passer des coups de fil et j’ai eu des restrictions similaires pour mon courrier. On m’a empêché de voir mes avocats pendant six semaines. Vingt-trois heures et demie par jour d’isolement, avec parfois jusqu’à 48 heures sans pouvoir quitter la cellule, à part pour aller chercher mes repas. Pas de promenade pendant les 3 premières semaines et ensuite j’ai été autorisé à sortir en promenade seulement une fois tous les quinze jours, pendant 35 minutes. Pas de salle de sport, pas de bibliothèque, pas d’activité éducatives, pas d’activités du tout. J’ai été gardé dans une cellule qui ressemble à un cachot, sans lumière naturelle, et soumis à des bruits de chantier assourdissants quand j’ai été placé, sur décision de l’unité antiterroriste, à côté d’une nouvelle section de la prison, en construction. Mes lettres, mes appels téléphoniques et mes liens ont tous été soumis à une surveillance et à une censure systématiques, avec des entraves constantes à la possibilité de communiquer avec mes avocats et d’avoir accès à mon courrier et à mes livres. Je n’ai pas reçu le dossier d’enquête dans sont intégralité avant des très nombreux mois.

L’opération Adream est un montage, qui met ensemble des éléments disparates et sans lien entre eux, quelque chose de typique des opérations répressives de l’Europe méridionale, qui s’est répandu sur tout le continent. Cette forme de répression est aujourd’hui utilisée par la police britannique. L’opération Adream essaye de présenter la Conspiration des Cellules de Feu comme une continuation de l’organisation révolutionnaire marxiste-léniniste, pratiquant la lutte armée, 17-Novembre. Il s’agit d’un fantasme important aux fins de la répression, dans cette opération, car au Royaume-Uni la 17-Novembre est sur la liste des groupes terroristes. Plus important encore, l’opération Adream a essayé de présenter les différents groupes, projets d’édition et initiatives anarchistes de soutien aux prisonnier.e.s comme une série de plaques tournantes organisationnelles ayant pour but la mise en œuvre et la glorification du terrorisme.

Cette opération a été autorisée par le directeur du parquet national [d’Angleterre et Pays de Galles ; NdAtt.] Max Hill. L’enquête a révélé la participation, au moins, de flics néerlandais et allemands, ainsi que la main cachée des services de renseignement et il était évident que cette opération avait une dimension internationale, fondée sur des précédentes vagues répressives en Espagne, en Italie et en Grèce. Au cours de mes interrogatoires, par exemple, on m’a posé une liste des questions écrite à l’avance et même les enquêteurs ne semblaient pas comprendre pourquoi on me les posait, car toute cette opération n’était rien d’autre qu’un théâtre de marionnettes guidé par d’autres personnes, pour atteindre un objectif politique. À ce propos, je ne peux que citer l’anarchiste assassiné Bartolomeo Vanzetti, qui a fait remarquer : « Plus ils sont en hauts, plus ils sont idiots ». Cela est bien sûr approprié, car le 6 octobre 2021, au tribunal de Bristol, j’ai été déclaré non coupable. Cependant, j’ai été condamné pour possession et vente de substances stupéfiantes de classe A et B : les médicaments psychédéliques LSD, DMT, psilocybine, MDMA et marijuana, toutes saisies dans des espaces collectifs. J’ai été condamné à 3 ans et 9 mois.

Je me me bat aussi contre une Ordonnance de prévention de la criminalité organisée [Serious Organised Crime Prevention Order, SCPO, une mesure de contrôle préventif ; NdAtt.], demandée par la police antiterroriste et le parquet. Cette ordonnance me placerait, à ma sortie de prison, sous une forme d’assignation à résidence pendant une période pouvant aller jusqu’à 5 ans, avec, si je ne la respecte pas, une peine pouvant aller jusqu’à 5 ans. L’ordonnance prévoit le contrôle et la surveillance de mes déplacements quotidiens, de mes contacts avec d’autres personnes, de ma résidence, de l’utilisation de mon argent et de mes appareils électroniques, de mes voyages à l’étranger, etc. Cela exige que je fournisse aux flics des informations précises sur tous mes ami.e.s, contacts et proches et ce n’est rien d’autre qu’un moyen de surveiller et de criminaliser mes amitiés et mon milieu de vie. Mon procès pour cette demande de surveillance est prévu pour le 15 janvier [les compas d’Act for freedom now! précisent que cette audience est prévue pour le 11 février ; NdAtt.], au plus tôt, et l’enquête à mon encontre continue, tout comme l’opération Adream visant le collectif 325.

Je tiens à remercier tou.te.s ceux/celles qui m’ont soutenu. Mon cœur est ouvert et fort et je suis déterminé. J’envoie à vous tou.te.s une énorme accolade et un sourire.

[Ce texte est la transcription d’un enregistrement audio fait avec Toby ; NdAtt.]

Pour lui écrire :

Toby Shone
prison number : A7645EP
HMP Bristol
19 Cambridge Road, Bishopston
Bristol
BS7 8PS (Royaume-Uni)

Tract #shutdowncanada pour les manifs

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Déc 182021
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

8.5 x 11″ | PDF

Ce tract contient de l’information sur les infrastructures de transport au Canada, les infrastructures vulnérables aux engorgements par province, et les 20 endroits au plus haut taux d’engorgement. Nous avons préparé ce tract pour qu’il soit distribué lors de manifs, dans l’espoir de propager les actions au delà de ces événements.

Les points faibles de l’économie extractiviste canadienne

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Nov 242021
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

« Les personnes attentives peuvent facilement identifier plusieurs de ces goulots d’étranglement critiques à travers le Canada. Ils ont plusieurs caractéristiques communes :

  • ils présentent une valeur immédiate et significative pour les entreprises et les gouvernements ;
  • ils concentrent des ressources précieuses ou des fonctions économiques essentielles ;
  • ils sont situés à l’intersection de systèmes de transport connexes, ce qui permet aux manifestants d’utiliser efficacement leurs maigres ressources ;
  • la plupart sont éloignés des principales ressources et forces de sécurité nationale, ce qui complique le déploiement et le maintien de ces forces ;
  • La plupart sont proches de communautés des Premières Nations qui seraient probablement neutres, sinon des partisans actifs des insurgés, et qui fourniraient des refuges et un soutien logistique aux principaux participants ;
  • tous sont des actifs de premier plan dont l’interruption attirerait (pour les gouvernements) une attention politique et médiatique nationale et internationale gênante ; et
  • tous sont vulnérables (c’est-à-dire que la valeur est multipliée par la facilité de perturbation).”
    Canada and the First Nations: Cooperation or Conflict?

Pour plus d’informations sur les points faibles, consultez :

L’infrastructure de transport au Canada

Goulots d’étranglement des infrastructures vulnérables par province

Les 20 pires bouchons de circulation au Canada

Un appel d’allochtones à allochtones à perturber les voies ferrées en solidarité avec les Wet’suwet’en

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Nov 222021
 

Ce texte a été initialement publié en janvier 2020. Nous le republions aujourd’hui car nous jugeons qu’il est toujours d’actualité.

Passer à la section pratique.


Soyons clair·e·s : ce texte est écrit par des allochtones. Nous n’avons pas le vécu de personnes autochtones, ni donc des Wet’suwet’en. Ces mots nous viennent du cœur et nous nous sentons en affinité avec cette lutte tant au niveau personnel que pour ce qui est des idées et des relations. Nous estimons qu’il est de notre responsabilité d’agir contre les systèmes et les corporations qui nuisent aux gens et à la terre. Nous reconnaissons notre responsabilité et notre complicité en tant qu’allochtones, et nous cherchons des opportunités et des stratégies en accord avec nos idées pour montrer notre solidarité. Pour autant, nous ne parlons pas à la place de personnes autochtones et nous sommes ouvert·e·s à la critique.


Tout d’abord, voyons les raisons pour lesquelles il y a pu avoir parfois un manque de clarté sur ce que veulent les gens dans l’Ouest.

Nous souhaitons simplement rappeler aux ami·e·s qui lisent ces lignes que certaines personnes ont l’interdiction de mettre en œuvre ou d’encourager des actions contre le projet — et même de le critiquer. Ce bâillon prend la forme d’ordonnances judiciaires qui les menacent financièrement, et fait courir le risque à la communauté de perdre un centre de guérison basé sur le territoire. Nous nous rappelons que les gens à qui on aurait pu donner le rôle de “chefs” n’ont pas forcément envie de se retrouver sur un piédestal, ni d’être fétichisés par des allochtones désireux·euses de réponses concrètes — ce qui entraîne des risques considérables pour plusieurs d’entre eux.

Au sein de cette lutte et ailleurs, on encourage souvent les allochtones à s’occuper de leurs semblables, du processus de colonisation en cours et de ses maux. En tant qu’allochtones, nous entendons par cela une exhortation à défier — avec une position offensive — l’État et les industries qui sont prêts à tuer pour le profit tout en prétendant agir dans notre intérêt.

Nous reconnaissons aussi le sentiment de désespoir que beaucoup d’entre nous ont ressenti lorsque, après une décennie de ligne dure, les chefs ont accepté que la barrière d’Unist’ot’en soit ouverte. Vous savez déjà qu’acquiescer sous peine de violences, ce n’est pas du consentement. Mais il y a aussi d’autres faits à considérer, comme la GRC qui venait chez les chefs la nuit pour les menacer de manière plus ou moins explicite. On peut se demander si le désespoir et la déception n’existaient pas dans les deux sens, et jusqu’où le faible nombre de sympathisant·e·s voulant ou pouvant se rendre sur la zone après une décennie de promesses n’a pas influencé l’issue de l’affaire et ses suites. Pour notre part, nous passons à l’action quand nous nous sentons à notre plus fort·e·s — bien reposé·e·s, centré·e·s, encouragé·e·s, appuyé·e·s. En quoi sommes-nous aussi responsables de la décision d’ouvrir cette barrière, nous les allochtones, allié·e·s ou sympathisant·e·s, qui n’avons pas été présent·e·s ou n’avons pas agi de notre côté ?

Malgré tout ça, les Wet’suwet’en n’ont jamais cessé de demander du soutien et des actions de solidarité, et ielles n’ont jamais cessé de défendre leur territoire. Et le 5 janvier, les Wet’suwet’en et leurs sympathisant·e·s ont de nouveau pris physiquement position pour protéger le Yintah et leur mode de vie, pour garantir la survie des générations futures. Contre la violence impérialiste et coloniale de l’État canadien menée au service d’entités privées, c’est leur simple existence qu’ielles défendent, et l’autorité et la juridiction du Canada et de CGL sur leur territoire non cédé qu’ielles rejettent.

Nous luttons à leurs côtés et nous sommes prèt·e·s à exprimer notre solidarité par des actes.

En plus, ami·e·s et camarades, nous voulons vous donner envie de passer à l’action, vous aussi!

Anarchistes, camarades, radicaux·ales, celleux en soi-disant Ontario qui pensent comme nous ont une longue histoire d’actions de solidarité avec, pour et inspirées par les blocages et les projets fonciers indigènes. Ces actions de soutien ont été des moments beaux et courageux, et de là sont nés des relations et des réseaux durables.

Rêvons en grand et faisons en sorte que cela se reproduise!

CGL a coupé à blanc de larges pans de forêt cette année, dispersé la faune, établi un camp pour travailleurs et déplacé ou détruit des lignes de trappe. La GRC est venue établir un “bureau pour la protection de l’industrie”, le tout sur des terres non cédées. Cette année, on a également appris que la GRC, au service des corporations, était prête à tuer des personnes autochtones.

En outre, s’inscrivant dans la lignée des génocides commis contre les peuples autochtones, la juge Marguerite Church vient d’octroyer une injonction interlocutoire contre les Wet’suwet’en, ce qui rend illégal, selon le droit colonial, la défense de leurs terres contre l’industrie ou contre le Canada en tant que nation envahisseuse. Dans cette injonction, il est écrit que “le droit autochtone n’a aucun effet sur le droit canadien”. Ceci permettra la destruction du camp Gidimt’en, ainsi que les cabanes éparpillées sur le territoire, et menace le centre de guérison.

On ne s’étonnera pas de ce ramassis de conneries impérialistes.

Pourquoi chercher d’autres raisons d’agir?

Seule nous reste la question de quoi faire.

En tant qu’allié·e·s lointain·e·s, il faut reconnaître qu’on n’obtiendra peut-être jamais de manière large et explicite la permission d’agir, ni une quelconque autorisation “officielle” (interrogeons-nous d’ailleurs sur notre désir d’obtenir une telle approbation). Mais quelques considérations peuvent nous donner une bonne idée de ce qui est nécessaire et souhaité.

1) L’intensité de la situation actuelle. À l’heure actuelle, les chefs héréditaires Wet’suwet’en se sont réuni·e·s pour une dernière confrontation, et pour chasser l’industrie de leurs territoires afin d’empêcher de nouveaux dommages à la terre et à l’eau, ce qui assure leur sécurité et leur mode de vie. Les actions en justice n’ont pas marché, alors le moment est peut-être venu — la dernière chance de protéger leur Yintah.

2) Ce développement entraînera de nouveaux appels à solidarité, plus intenses et plus enflammés.

3) Parmi les actions qui, par le passé, ont suscité appui et enthousiasme, on trouve des perturbations conflictuelles, telles des blocages de ports ou d’autoroutes, des occupations et tentatives de fermeture d’installations pétrolières et la fermeture d’un terminal Shell. Aucune action n’a encore été dénoncée.

4) Les demandes précédentes conseillaient de respecter les accords et les responsabilités du territoire où on se trouve, de respecter la terre, l’eau et la vie, et d’honorer et de mettre en avant les perspectives autochtones.

Il ne manque pas de possibilités, mais en réfléchissant à ce qu’on a déjà vu marcher par ici, ce qui serait pertinent et stratégique, ce qui peut incorporer différents tons et tactiques, nous sommes arrivé·e·s au sabotage ferroviaire.

La circulation ferroviaire offre une excellente opportunité de perturber l’État et l’économie : l’étalement des infrastructures est tel qu’elles sont quasiment indéfendables, surtout en dehors des villes. Partout sur l’Île de la Tortue, les particularités géographiques créent des milliers de goulots d’étranglement. Ce sont des cibles hyper efficaces et vulnérables à toute une gamme de méthodes. L’histoire nous montre que même des perturbations de courte durée — à cause d’actions ou de grèves — ont un impact économique démesuré. Récemment, après deux jours de grève dans le secteur ferroviaire, le gouvernement fédéral s’est mis à élaborer une législation d’urgence par souci pour l’économie. En 2012, une perturbation de neuf jours a fait chuter le PNB de 6,8%.

Imaginons que des allié.e.s perturbent et détruisent les infrastructures ferroviaires et les goulots d’étranglement au nord du Colombie-Britannique, entre Kitimat-Chetwynd-Houston-Stewart; les sections de d’oléoduc resteraient en rade aux ports, devant l’impossibilité de les cheminer aux chantiers.

Il n’est pas nécessaire de se mettre en première ligne, on peut lutter là où on est.

Le sabotage ferroviaire fonctionne à la fois comme tactique et stratégie, alors nous appelons à des perturbations ferroviaires continues en solidarité avec le peuple Wet’suwet’en qui défend son territoire non cédé contre l’industrie et une invasion policière.

Nous recommandons l’emploi de fil de cuivre pour activer les blocs signaux et détruire les postes d’aiguillage et les rails d’acier — mais même de grands groupes de désobéissance civile peuvent bloquer des voies ferrées essentielles, ce qui est beaucoup mieux que de ne rien faire. Continuez à lire pour avoir les détails, les mises en garde et les liens.

Comme à chaque fois, nous vous encourageons à penser à vos cœurs, ainsi qu’à la pérennité de ses actions et de la lutte de manière générale. Un petit rappel de prendre soin de vous, de vos empreintes digitales et de vos traces d’ADN — pour la sécurité de tous·tes — car la répression suit souvent l’action.

Empreintes digitales

On peut enlever les empreintes digitales d’une surface à l’aide d’isopropanol. Bien essuyer chaque objet au cas où quelque chose serait laissé sur les lieux ou se fasse découvrir. Gardez les items dans des sacs propres et neufs et enlevez-les en portant des gants.

ADN

Il y a de nombreuses façons de laisser son ADN. Soyez dilligent·e·s; ne vous touchez pas la figure et ne toussez pas dans vos mains lorsque vous portez des gants. Brossez bien vos cheveux pour enlever les cheveux morts et attachez-les. Ne fumez pas et ne crachez pas aux environs de la cible. Ne laissez derrière vous. Attention de ne pas vous blesser. Débarassez-vous des masques, chapeaux, matériaux ou vêtements comme il faut (eau de Javel, chaleur ou feu). Les jours de pluie sont salissants mais utiles : la pluie va laver, déplacer et contaminer les fibres et l’ADN. L’eau de Javel peut détruire l’ADN en empêchant sa reproduction en laboratoire et donc son analyse. La chaleur et le feu détruisent l’ADN aussi.

Si vous n’êtes pas sûr·e·s, assurez-vous.

Méthode fil en cuivre

– À NE JAMAIS ESSAYER SUR LES VOIES DE METRO, elles sont électrifiées.
– Cette méthode est utile pendant la désobéissance civile en groupe pour envoyer le signal d’arrêter la circulation des trains

Les rails en acier font partie du circuit d’un dispositif nommé le « système de bloc automatique|” (ABS). Un faible voltage traverse les rails entre des capteurs pour créer des cercles divisés en blocs géograhiques. Lorsqu’un train traverse un bloc, les essieux du train interrompent ou raccourcissent le circuit, les capteurs remarquent que le bloc est occupé et arrêtent de manière automatique la circulation des trains dans la zone.

Avec un fil en cuivre à jauge élevée (épaisse!) qu’on passe autour et puis entre les rails, il est possible de tromper les capteurs et de les déclencher. À retenir: il n’est pas nécessaire de trouver les capteurs de blocs eux-mêmes.

Astuce: il faut que le fil en cuivre soit en contact avec des sections des deux rails sans rouille ni oxydation. Du fil en cuivre de jauge élevée est nécessaire. Servez-vous d’un·e guetteur·euse pour vous assurer qu’il n’y ait pas de trains ni de patrouilles de sécurité. Faites un plan avant de commencer à passer le fil. Trouvez un bon endroit, creusez sous les deux rails pour passer le fil autour de l’un puis de l’autre. Souvenez-vous qu’au moment où vous attachez le fil au deuxième rail vous interrompez le circuit, et que les capteurs se déclencheront pour signaler le problème. Disparaissez le plus vite possible. Si vous enterrez la cable avec de la pierre concassée, de la neige ou de la terre, cela rendra sa localisation plus difficile dans le bloc.

Détruire les postes d’aiguillage

Les postes d’aiguillage font partie du circuit des rails. Si vous vous baladez le long des voies ferrées, vous les aurez sans doute vues : ce sont des structures grises, grosses comme un abri, ou de petites boîtes grises attachées à des poteaux. Ces boîtes reçoivent et interprètent les signaux du circuit. Leur revêtement est en métal et leurs portes sont scellées d’une manière ou d’une autre. Les petites boîtes sur les poteaux ont des câbles qui sortent et descendent au sol vers les rails. Comme ces câbles ont des composants électriques, on ne recommande pas de simplement les couper, à moins que vous ne maîtrisiez bien l’électricité. On peut aussi se servir d’un feu brûlant pour abîmer les cordes et les circuits électriques. Il ne faut pas se contenter de les tremper d’essence et s’en aller — il faut partir un feu plus chaud et le faire durer longtemps. La bonne technique pour allonger le temps de combustion d’un liant fibreux (nous, on aime bien les balles de tissu ou de coton), c’est d’ajouter de la gelée de pétrole et bien imbiber le tissu. Vous pourrez juste l’allumer, ça fonctionnera comme mèche. Pour augmenter la chaleur, on peut ajouter du caoutchouc de pneu ou de chambre à air de vélo. Avec un petit feu comme ça dans les boîtes du circuit ou bien à l’endroit où le câble entre dans le sol, on devrait endommager le circuit et empêcher la circulation ferroviaire en activant durablement le système de blocage automatique.

À noter: il faut se pratiquer à faire de tels feux pour voir ce qui est possible. Brûler du caoutchouc provoque des émanations toxiques. Il s’agit ici d’un incendie volontaire, ce que les autorités prendront plus au sérieux que la méthode du fil en cuivre. Faites attention : trouvez un bon endroit, ayez des guetteur.euse.s en place et un plan d’arrivée et de fuite où vous n’aurez pas à croiser du monde. Assurez-vous de ne pas laisser d’empreintes digitales ni d’ADN, débarrassez-vous des équipements comme il faut et mettez en place une excellente culture de sécurité avec votre bande.

Détruire les rails d’acier

Comment détruire des rails en acier sur lesquels passent des milliers de tonnes tous les jours? De la même manière qu’ils sont soudés, à la thermite.

La thermite est un mélange de carburant et d’oxydant dont on peut modifier les proportions pour qu’il dégage une chaleur suffisante pour brûler le bloc moteur d’une voiture. Ce n’est pas dangereux à produire, mais ça dégage énormément de chaleur et de luminosité en brûlant, alors faites attention. Cette méthode exige très peu de temps sur place, juste un moment pour l’allumer et partir. Cela produit un maximum de dégâts matériels, car il faudra remplacer le rail ou le poste d’aiguillage.

Le carburant le plus simple est la poudre d’aluminium. On peut le trouver dans des vieux etch-a-sketch ou le produire à base de (vrai) papier d’aluminium dans un moulin à café. Plus la poudre ou les flocons sont fins, plus rapidement ça brûlera.

L’oxydant le plus simple, avec la poudre d’aluminium, c’est l’oxyde ferrique : la rouille rouge sur le fer. Là encore, vous pouvez le récolter et le réduire en poudre fine, ou bien le fabriquer à base de laine d’acier à grain 0000 trempée dans de l’eau de Javel. Laissez-la reposer pendant une journée pour créer une pâte, qu’on peut laisser sécher et utiliser ainsi.

Vous aurez également besoin d’une mèche d’allumage. Pour mettre feu à un carburant métallique, il faut une flamme vraiment chaude, alors un briquet ou même la mèche d’un feu d’artifice ne marchera pas. Utilisez un cierge magique, ou bien une mèche faite maison avec des têtes d’allumettes enroulées dans du papier d’aluminium. Le cierge magique risque d’allumer la thermite avec ses étincelles avant le moment voulu.

La thermite en poudre

Mélanger trois doses d’oxyde ferrique à deux doses de poudre d’aluminium. Coupez ou percez un trou dans un réceptacle (une boîte de conserve, par exemple). Insérez quelques pouces de votre mèche dans le trou pour qu’elle soit en contact avec le mélange dans la boîte, puis remplissez-le de poudre. Placez-le et allumez-le à l’endroit voulu.

La thermite dure

Trois doses d’oxyde ferrique, deux doses de poudre d’aluminium, deux doses de plâtre de Paris. Versez le mélange dans un moule (boîte de conserve…), insérez quelques pouces de mèche en angle. Laissez sécher puis enlevez-le du moule.

La thermite moulable

Huit doses de poudre d’aluminium, trois doses d’oxyde ferrique, quatre doses d’argile. Mélangez bien les poudres et ajoutez-les à l’argile. Insérez la mèche de quelques pouces. Placez le mélange où vous voulez et allumez-le.

Notes: Comme ces méthodes s’attaquent directement aux rails, elles comportent un risque de déraillement. Pour éviter ça, vous voudrez peut-être activer le système de bloc automatique en attachant les rails avec du fil de cuivre, comme dans la première méthode. Encore une fois, les flics sont susceptibles de bien fouiller si vous employez de la thermite. Assurez-vous que tous les items que vous laissez sur place n’aient aucune trace d’empreintes digitales ni d’ADN. Employez des guetteur.euse.s et choisissez des chemins d’approche sans caméra. Débarrassez-vous des vêtements et des bottes. La thermite brûle rapidement et en dégageant beaucoup de lumière — ne fixez pas la flamme des yeux après l’allumage. La poudre en aluminium très fine est réactive à l’oxygène et risque de s’allumer facilement. Si de l’eau (pluie, neige, flaques) touche le mélange, l’explosion résultante va projeter du fer fondu dans tous les sens. N’essayez jamais d’éteindre un feu de thermite avec de l’eau.