Montréal Contre-information
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La bonne cible?

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Avr 022019
 

De Chlag.info

Peu importe les tactiques employées, celleux qui s’opposent à la gentrification sont souvent pointé.es du doigt ou accusé.e.s de « s’attaquer à la mauvaise cible ». Une accusation qui sous-entend habituellement que les petits commerçants indépendants font ce qu’ils peuvent, comme ils le peuvent pour survivre face aux grosses chaînes, qui seraient, elles, les « seules vraies ennemies ».

Une telle affirmation est problématique. Il n’est pas nécessaire d’être une multinationale pour causer des dommages à un quartier et à une communauté. L’exemple de Bigarade illustre parfaitement la situation et peut à lui seul justifier la lutte.

Implanté dans le quartier depuis environ quatre ans, Bigarade vit de l’exploitation de ses employé.e.s. Non paiement des salaires, harcèlement psychologique, menaces, intimidation, mensonges, violence verbale de la proprio… qui ont conduit à plusieurs plaintes aux normes du travail.

Fausse publicité, provenance et qualité mensongères des produits pour un prix élevé sont monnaie courante. Bigarade collabore aussi avec les développeurs de OSHA Condos afin de promouvoir un lifestyle luxueux dans leur salle de mon(s)tre.

Les commerces comme Bigarade ne sont dans Hochelaga que pour s’enrichir, attirés par les loyers encore plus bas qu’ailleurs et déterminés à réussir par tous les moyens, incluant la violence. Faisons savoir à Bigarade que ses actes ont des conséquences. Faisons savoir à la communauté que la violence et les abus doivent cesser.

OSHA-Condos, Bigarade : décâlissez du quartier!!

Pour télécharger et imprimer le tract

La statue de la reine Victoria à Montréal attaquée à la peinture verte avant la Manifestation contre le racisme et la xénophobie

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Mar 242019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Montréal, le 24 mars 2019 — Une statue en bronze emblématique de la reine Victoria, inaugurée en 1900 et située sur la rue Sherbrooke sur le campus de l’Université McGill, a été vandalisée hier soir, en avance de la prochaine manifestation contre le racisme et la xénophobie.

Les statues de la reine Victoria à Montréal ont déjà été visées au moins trois fois en 2018: la veille de Noël par les Lutins rebelles du père Noël, le jour de la fête de Victoria par la Brigade Henri Paul contre la monarchie, et le jour de la Saint-Patrick (2018) par la Brigade de Solidarité Anticoloniale Delhi-Dublin

Séamus Singh, de la brigade, a déclaré: « Cette année, nous avons décidé d’attendre une semaine après le jour de la Saint-Patrick afin de mieux planifier notre action juste avant la manif antiraciste d’aujourd’hui. » La brigade souligne cependant qu’elle ne participe ni directement ni indirectement à l’organisation de la marche antiraciste.

Lakshmi O’Leary, également membre de la Brigade de Solidarité Anticoloniale Delhi-Dublin, a expliqué: « En fait, nous avons dû passer un temps considérable à enlever le épais revêtement de plastique qui a caché la statue depuis décembre après une attaque de peinture rouge la veille de Noël. » Elle a ajouté: « Nous avons laissé la cagoule sur le visage de la reine Victoria, car si les rebelles irlandais et indiens du siècle dernier avaient réussi, elle aurait été bien pendue pour sa criminalité. »

Selon la Brigade de Solidarité Anticoloniale Delhi-Dublin, la présence de statues de la Reine Victoria à Montréal est une insulte aux luttes d’autodétermination et de résistance des peuples opprimés dans le monde entier, y compris les nations autochtones en Amérique du Nord (l’Île de Tortue) et en Océanie, ainsi que les peuples d’Afrique, du Moyen-Orient, des Caraïbes, du sous-continent indien, et partout où l’Empire britannique a commis ses atrocités.

Les statues sont également une insulte à l’héritage de la révolte par les combattant.e.s de la liberté irlandaise, et les mutin.e.s anti-coloniaux d’origine britannique. Les statues ne méritent particulièrement aucun espace public au Québec, où les Québécois.e.s étaient dénigré.e.s et marginalisé.e.s par des racistes britanniques agissant au nom de la monarchie putride représentée par la reine Victoria.

Le règne de la reine Victoria a représenté une expansion massive de l’Empire britannique barbare. Collectivement, son règne a représenté un héritage criminel de génocide, de meurtres de masse, de torture, de massacres, de terrorisme, de famines forcées, de camps de concentration, de vols, de dénigrement culturel, de racisme et de suprématie blanche. Cet héritage devrait être dénoncé et attaqué.

L’action d’hier est motivée et inspirée par des mouvements à travers le monde qui ont fait tomber et ont autrement ciblé des monuments par actes anticoloniaux et antiracistes: Cornwallis à Halifax, John A. Macdonald à Kingston (Ontario) et à Victoria (Colombie-Britannique), le mouvement Rhodes Must Fall en Afrique du Sud, la résistance aux monuments racistes de la Confédération aux États-Unis, et plus.

Selon Udham Connolly, un autre membre de la Brigade de Solidarité Anticoloniale Delhi-Dublin: « Notre action est une simple expression de la solidarité anti-coloniale et anti-impérialiste, et nous encourageons d’autres à entreprendre des actions similaires contre les monuments racistes et les symboles qui devraient être dans les musées, et non prendre de l’espace dans nos lieux publics. »

Séamus Singh conclut: « Cette fois, cependant, nous ne demandons pas que cette statue en particulier soit enlevée; tant qu’elle reste vandalisée avec de la peinture verte, avec la tête de la reine Victoria sous une cagoule, elle peut rester debout. »

Mondes à détruire, mondes à créer

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Mar 222019
 

De Ingouvernables.info

Pas une semaine sans que ne sorte une nouvelle alarmante concernant le climat. La planète court à sa fin. C’est entendu. C’est tellement entendu que la plupart du temps, on n’y porte même plus attention. Pourtant, parfois l’information se glisse jusqu’à notre cerveau et on est pris.e de panique. Il faut faire quelque chose. Il faut agir, on peut pas juste attendre que tout s’écroule autour de nous. Mais ces élans de panique ne vont jamais bien loin. On ne manque pourtant pas de motivation: quoi de plus motivant que d’espérer pouvoir continuer à vivre? Mais c’est juste tellement gros ce qui nous fait face. Un genre d’hydre à 1 milliard de têtes. Surement le plus gros défi de notre époque.

Sauf que pour répondre à ce défi titanesque, on nous propose des solutions tellement insignifiantes. Un petit jardin par ci, quelques pailles en plastique en moins, une petite réduction de l’augmentation des gaz à effet de serre… On a un monde à sauver et on nous propose des solutions minables, sorties de la tête de gestionnaires, qui une fois finie leur journée de boulot, rentrent en VUS hybride dans leur bungalow à Brossard. Chaque nouvelle solution proposée par les gouvernements ou l’industrie, présentée comme l’apothéose écologique, nous laisse sidéré.es. C’est tout? Tout ce que vous proposez? Vous croyez vraiment qu’un marché du carbone va renverser la vapeur? Devant si peu de sérieux, on se sent un peu clueless sur ce qu’on devrait faire. Alors on fait rien. Ou si peu. Les petits gestes qu’on peut faire par soi-même: la récup, les emballages plastiques, le compost. Mais au fond de nous, on sait que c’est de la bullshit.

On sait que ça peut plus continuer comme si de rien n’était. Que c’est pas d’une nouvelle ligne de métro dont on a besoin, mais de beaucoup plus. On a envie de sortir la nuit et de brûler des chars. Bloquer les ponts le matin, pour empêcher les gens de continuer à venir travailler à des kilomètres de chez eux et elles. On a envie de foutre assez le bordel pour que la petite routine habituelle soit brisée, qu’on se sorte la tête du cul et qu’on accepte la dure réalité. Le monde dans lequel on vit n’est pas compatible avec la survie de la planète. C’est ça qui est ça. On le sait au plus profond de nous, on attend juste le moment où ça va pêter pour se joindre au party.

Mais ça pète jamais. Parce qu’on nous propose toujours les mêmes vieilles solutions. Celles qui changent si peu de choses qu’au fond rien ne change, et c’est justement pour ça qu’elles sont proposées. Business as usual. On nous noie sous une tonne de micros projets plus futiles les uns que les autres, qui nous font oublier la panique qui nous prend parfois. Et le monde continue de tourner et le cash de rentrer. Sauf que c’est ça le fond du problème, c’est le cash. C’est à cause de lui qu’on pollue. C’est pour lui que tous les jours les gens font une heure de char pour se rendre au boulot. C’est pour lui qu’on détruit les terres ancestrales des communautés autochtones de partout dans le monde. C’est pour lui qu’on nous enfonce dans la gorge que boire de l’eau dans des bouteilles c’est donc ben mieux que dans un verre et qu’il y a un 7e continent de plastique dans les océans.

Est-ce qu’on peut vraiment espérer changer les choses sans questionner le rôle du profit et du travail dans nos vies? Voilà la vraie question, celle qui nous fait peur. On sait qu’on devrait pas travailler 45h par semaine pour payer notre cell 20 fois trop cher. Qu’on ne peut plus se permettre de rêver de posséder son petit condo, son chalet dans les Laurentides, de mener sa petite vie en travaillant jusqu’à la retraite et de passer nos vacances à Cuba. Le monde s’écroule littéralement sous nos pieds.

Espérer sauver la planète implique espérer s’affranchir du cash et du travail. On parle pas ici de simplicité volontaire. On parle de refuser la valorisation, l’accumulation et le travail comme force motrice de nos vies. En d’autres mots, le système économique et l’État. Un monde réellement écologique ne peut advenir que si on arrive à repenser l’organisation sociale, sans que le profit motive nos actions. Car il sera toujours plus profitable de polluer que de ne pas le faire.

Gros projet direz-vous. Yeah right, mais au moins à la hauteur de l’enjeu. Un projet qui se prend crissement au sérieux. Travailler à l’écroulement du monde capitaliste et du colonialisme, ça se fait pas du jour au lendemain. Ça demande de travailler sur des fronts multiples. Le comment est pas toujours clair. Ça fait 500 ans que des gens s’y essayent, que les stratégies se renouvellent. Ce qui est sûr, c’est que ça commence avec les rencontres que l’on fait. Trouver des ami.es ou des camarades avec qui s’organiser. Le mouvement de grève pour le climat est un bon terrain pour commencer ou continuer à le faire. La grève par elle-même est un moment où l’on refuse le train-train de la vie quotidienne, où l’on se permet de rencontrer des nouvelles personnes parce que le temps libre abonde subitement. Quel qu’en soit le chemin, il implique que la lutte soit collective et qu’elle ne puisse pas être récupérée par l’État et le capitalisme. C’est à nous de trouver les chemins qui seront victorieux.

Ça demande de faire des alliances. De se poser la question de qui souffre de l’organisation actuelle du monde. Qui est opprimé.e ou exploité.e et qui en profite? C’est con à dire, mais adresser la question du climat implique avant tout de reconnaître que le désastre actuel est le fruit du capitalisme, du colonialisme et de l’État, mais aussi du racisme, du patriarcat et d’autres systèmes d’oppression. Ce sont les communautés les plus marginalisées qui sont les premières victimes des désastres écologiques et les conséquences de la crise environnementale ne sont pas vécues de manière égale. Il faut arriver à s’opposer à la catastrophe dans son ensemble, à comprendre que les problématiques sociales, économiques et environnementales sont le résultat du rapport au monde fucked up que nos sociétés entretiennent. Il n’y a pas de demi-mesure possible pour répondre à la destruction en cours de la planète. Ensemble faisons grèves, manifestons, bloquons les infrastructures et imposons le seul monde qui puisse être réellement écologique, un monde sans travail, sans classes, sans racisme et sans patriarcat.

Quelques notes sur notre 15 mars

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Mar 182019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Je veux me souvenir du sentiment d’être ébranlé.e par la beauté de la foule. La peur et l’anxiété se dissipent quand un black bloc d’une centaine de personnes prend la rue, réalisant sa force collective qui oblige les flics à rester loin. C’est maintenant que ça se passe. On peut y arriver.

D’attaquer des voitures de luxe, des hôtels, et des banques quand la police est incapable de les défendre est une attaque contre la police, qui doit montrer son habileté à défendre la loi et l’ordre pour être respectée par les bon.nes citoyen.nes et crainte par les exclu.es. Des échos de vitrines fracassés se font entendre sur la rue Peel, alors que des rafales de projectiles volent en direction des banques. Pas besoin de s’inquiéter, des roches, des flares, et au moins un feu d’artifice de qualité sont aussi réservés pour le SPVM.

La spontanéité, ça fonctionne bien parfois. C’est cool quand des gens sortent un dumpster d’une ruelle, que d’autre y balance un flare allumé pendant que quelqu’un y tag un « ACAB », et que finalement, plusieurs personnes utilisent le tout pour charger les flics devant la manif, presque comme une chorégraphie. Notre temps ensemble est limité, mais riche en possibilités.

Des anti-émeutes sont arrivés par derrière sur Maisonneuve et nous ont rapidement balancé des lacrymos, ce qui a eu l’effet escompté sur cette manif relativement petite. Deux arrestations ont eu lieu, et des gens ont été blessé.es. Ce qui nous amène aux suggestions tactiques pour la prochaine fois:

Rendre la dispersion dangereuse (pour les flics) : quand une manif se sépare après que les flics l’aient attaqué, on devrait essayer de rester calme, de voir qui est encore avec nous et où nous sommes rendu, et de voir si on peut se regrouper avec ceux et celles qui ont pris le même chemin. On a beau être moins nombreux.euses, mais l’attention des flics est divisée, et ils auront moins de chances d’être en position pour nous attaquer encore immédiatement. On peut même croiser un groupe de flics isolé qui ne sont pas prêts à faire face à une foule hostile. L’état utilise des armes chimiques et des coups pour anéantir une initiative qui diverge joyeusement de la routine dévastatrice d’une société-prison, et ça, en blessant nos ami.es. Répliquons à la hauteur de leur aggression.

Des fluides combustibles : amenons-en/utilisons-les? Le dumpster dont on a parlé plus tôt aurait pu être un meilleur bélier si il avait été complètement en feu.

Retour au Manuel du black bloc, 13e édition, chapitre 12 : Choisir les bons outils. Tout objet n’est pas forcément une alternative pour un bon marteau. Deuxièmement, mettre un masque ne suffit pas pour être anonyme. Si votre masque ou d’autres vêtements sortent de l’ordinaire par rapport aux autres casseurs, ça pourra aider la police à vous trouver (soit par des agents en civil, des livestreams, ou des vidéos accessibles après les faits), ce qui peut être dangereux pour vous vers la fin de la manif ou par après.

L’arrière de la manif : Les tactiques de dispersion de vendredi et du soir de la dernière élection étaient identiques: les anti-émeutes arrivent un coin de rue derrière la manif et balancent des lacrymos. La panique qui s’en suit leur donne l’opportunité de foncer dans la foule avec leur véhicules, et d’accélérer la dispersion. Qu’est ce qui serait possible si il y avait un crew combatif à l’arrière de la manif? Pas de propositions spécifiques ici mais nous pensons que c’est une question à se poser pour la prochaine fois.

Salutations chaleureuses à tous les autres groupes affinitaires et individus qui sont venus, et à tout le monde qui était là en esprit. Prenons soins les un.es des autres et détruisons toutes les formes d’autorité. On aimerait bien entendre d’autres récits de ce 15 mars.

Une petite pensée pour tou.tes les rebelles qui sont derrière les barreaux. Feu aux prisons.

Finalement, on se souvient du sacrifice de Anna Campbell, une anarchiste qui a combattu avec le YPJ au Rojava et qui a été tuée avec quatre camarades par l’armée fasciste turque il y a un an, le 15 mars 2018.

On se voit le premier mai ou plus tôt! Nique la police.

Montréal Antifasciste : Déclaration de solidarité avec les victimes de l’attentat de Christchurch

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Mar 162019
 

De Montréal-Antifasciste

Montréal Antifasciste tient à exprimer sa solidarité avec tou.tes les musulman.es et toutes les personnes de couleur, ainsi qu’avec tou.tes les antiracistes et antifascistes de Christchurch et d’Aotearoa.

C’est avec un profond sentiment d’horreur que nous avons pris connaissance du massacre qui a eu lieu à Christchurch ce 15 mars. Un sentiment d’horreur qui n’a fait que s’approfondir à la lecture du « manifeste » que l’assassin a publié en ligne, et en constatant que des racistes de partout dans le monde, y compris en Aotearoa, y compris au Québec, partageait sans honte sa vidéo de pornographie meurtrière en applaudissant la tuerie.

Ce sentiment est insupportable, car nous nous souvenons du massacre perpétré à Québec le 29 janvier 2017, lorsqu’un autre jeune raciste fanatisé s’est introduit dans le Centre culturel islamique dans l’intention de tuer autant de musulman.es que possible.

Six personnes ont trouvé la mort ce soir-là; au moins 49 autres personnes ont été tuées aujourd’hui à Christchurch.

Les mots nous manquent.

Nous savons que le nom du meurtrier de Québec, Alexandre Bissonnette, était inscrit sur un chargeur que Brendon Tarrant a photographié et publié en ligne avant de passer à l’acte. Nous reconnaissons les idées que Tarrant expose dans son manifeste; nous les avons déjà entendu exprimées ailleurs, bien trop souvent. La combinaison de peur d’un éventuel ressac policier et d’admiration pour le tueur et son « humour », sur des plateformes comme 4Chan, Facebook et autres, s’exprime partout dans le monde, y compris chez-nous. Nous nous rappelons que l’année dernière, vous nous avez donné un bel exemple de résistance, lorsque deux de « nos » racistes, Lauren Southern et Stefan Molyneux, ont voyagé jusque chez vous pour y répandre leur poison. Nous nous rappelons aussi que l’un de « vos » militants d’extrême droite, Trevor Loudon, a été bienvenu au Canada lors d’événement organisés par « nos » islamophobes. Et bien sûr, nous avons entendu parlé des zilionnaires d’extrême droite comme Peter Thiel, qui ont décidé que la Nouvelle Zélande était l’endroit idéal pour se mettre à l’abri du cauchemar qu’ils projettent, et peut-être même mettre à l’épreuve certaines de leur propres visions dystopiques.

Il est clair que votre situation et la nôtre ne sont pas étrangères; nous sommes engagé.es dans une seule et même lutte plus large pour débarrasser le monde de l’exploitation et du racisme.

Nous le savions déjà, comme vous sans doute. Nous n’avions pas besoin de ce nouveau rappel, mais nous l’avons eu quand même.

C’est avec colère et une profonde tristesse que nous honorons le souvenir de ceux et celles qui ont été tué.es à Christchurch, et que nous renouvelons notre engagement à combattre la montée de la violence raciste et misogyne perpétrée par l’extrême droite partout dans le monde.

Solidarité avec Wheao ā-Ihirama
Solidarité avec celles et ceux qui sont la cible de violences islamophobes, racistes et d’extrême droite, à Aotearoa et partout ailleurs
Solidarité avec les antifascistes et antiracistes d’Aotearoa et du monde

Kia kaha.

Lettre ouverte aux grévistes du climat

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Mar 152019
 

Soumission anonyme à  North Shore Counter-Info

Préface: Nous avons écrit ce texte pour le distribuer à la manifestation de la grève du climat ce vendredi 15 mars. C’est un travail en cours, mais nous désirons le partager à l’avance au cas où d’autres aimeraient s’en inspirer pour d’autres villes. Adaptez ce texte à votre contexte.

Premièrement, Merci. Merci d’en avoir quelque chose à foutre. Merci de décider qu’il y a des futurs pour lesquels ça vaut la peine de se battre, même quand le futur qu’on nous propose semble de plus en plus sombre. La bonne nouvelle c’est que vous êtes ici, avec votre corps, en même temps que tellement d’autres à travers le monde. Aujourd’hui, nous avons l’occasion de reconnaître que nous sommes connectés les un.es aux autres et aux autres êtres vivants et non-vivants de cette planète, d’une manière beaucoup plus complexe et belle que ce que n’importe quel #hashtag pourrait exprimer.

Plusieurs fois par semaine, une nouvelle histoire d’horreur ou une ­autre prédiction catastrophique nous rappelle que nous sommes face à une menace existentielle. Les expert.es n’étudient plus comment prévenir les changements climatiques, mais bien comment nous pourrions en atténuer les effets. Nous savons déjà que tout va changer. La question pour 2019 et pour cette génération est : changer vers quoi ?

Les vautours tournent déjà en rond au-dessus de nos têtes.

Les corporations demandent : « Comment pouvons-nous en profiter ? » Leur but sera toujours le profit, que ce soit en forant un nouveau puits de pétrole sous les glaciers qui fondent ou en commercialisant un nouveau produit « vert » pour nous apaiser.

Les gouvernements demandent : « Comment gardons-nous le contrôle ? » Leur but sera toujours de consolider leur pouvoir, que ce soit en augmentant leurs programmes de surveillance ou en encourageant le « dialogue démocratique », tant que celui-ci ne devienne pas hors contrôle bien entendu. Les gouvernements les plus adaptés feront ceci au nom de la lutte contre les changements climatiques. Ici au so-called Canada, le gouvernement n’est pas aussi subtil et pousse encore pour une expansion massive de l’exploitation des hydrocarbures et des projets miniers, les imposant de force aux communautés autochtones par la force des armes si ils et elles ne peuvent pas être acheté.es.

Les politicien.nes, incluant les carriéristes qui se définissent comme activistes, demandent : « Comment exploiter la peur grandissante et l’insatisfaction générale à notre seul avantage ? » L’histoire nous démontre clairement que si ces personnes parviennent à prendre le leadership d’un mouvement, ils et elles récupéreront le pouvoir exactement au moment où nous devenons une véritable menace pour l’ordre établi. Ceux et celles au pouvoir dépendent de cette récupération, dépendent du fait que notre rage soit dirigée vers des cul-de-sac. Organisons-nous, mais pas derrière ces politicien.nes qui tentent de nous vendre la version de l’Espoir™ la plus tendance.

Nous ne savons pas exactement de quoi un « monde meilleur » aurait l’air. Mais comme vous, nous avons le sentiment qu’il faut essayer. Nous ne voulons pas simplement être du « bon côté de l’histoire », ce piège narcissique. Nous voulons être efficaces dans un cadre éthique qui met en valeur la liberté, l’autonomie et la solidarité. Commençons à prendre au sérieux l’idée que nous pourrions avoir un impact. Pour ce faire, nous proposons une résistance joyeuse, stratégique et féroce qui pourrait inclure ces ingrédients :

Des transformations, pas des réformes. Le capitalisme tue la planète. C’est un système basé sur une croissance infinie, et ne sert que les riches et les puissant.es. Aucun changement de mode de vie et aucune réforme gouvernementale ne parviendra à changer cela. Le capitalisme doit partir. Ceux et celles au pouvoir ne seront pas simplement persuadé.es de changer leurs façons de faire ou d’abandonner leurs pouvoirs et richesses accumulés à travers les siècles grâce au patriarcat, au pillage colonial et à l’exploitation des masses.

La police nous bloque le chemin. Peut-être retenez-vous déjà votre souffle quand vous croisez la police. Si ce n’est pas le cas, rappelez-vous que même la police la plus sympathique devra suivre des ordres pour éviter d’être renvoyée. Les policier.ères sont les chiens de garde violents de ce système pourri. Pour faire une simple brèche, beaucoup de gens devront briser de nombreuses lois, et pas simplement dans le style symbolique du « arrêtez-moi devant les caméras ».

Construisons des vies qui en valent la peine. Nous sommes cyniques, mais pas dépourvu.es d’espoir. Lorsque nous refusons d’abdiquer et construisons plutôt des vies qui valent la peine d’être vécues maintenant, nous avons un aperçu d’un futur différent et le désir grandissant de nous défendre. Nous voulons des vies collectives remplies d’empathie, de créativité et d’ouverture.

Merci encore d’être ici, d’être venu.es. Ceci est le début d’une longue route ou encore d’une corde raide. Marchons ensemble, et tentons d’éviter les pièges qui nous guettent.

-quelques anarchistes

Vie ouvrière : Nouveau podcast de Dure Réalité

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Mar 062019
 

De Vie ouvrière

 

Dans ce premier podcast, l’équipe de Vie ouvrière vous présente:

-Reportage sur la grève qui a lieu en ce moment à la TÉLUQ.

-Chronique Kulture-Ouvrière, K-O avec Chloé. Sting et la solidarité entre travailleur et travailleuse.

-Chronique sur la parentalité dans la lutte des classes, un regard sur l’expérience cubaine.

-Entrevue avec 1 des 5 courrier à vélo, tous sauvagement mis à la porte par la compagnie QA courrier, à Montréal.

-Reportage sur sur une grogne populaire, contre l’embourgeoisement de leur quartier, Hochelaga.

-Vox Pop à Asbestos:  »70 ans plus tard, si je vous dit  »grève de l’amiante » ça vous dit quoi? »

What the fuck leur 15 mars et le nôtre !?

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Mar 032019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

On se demande si on veut y aller, à la manif du climat du 15 mars. On a essayé d’aller à une manif réfo sur la planète y’a une couple de mois. Ça l’a tellement pas faite. Ça nous était déjà arrivé de pas feeler dans une manif et de se sentir pas à notre place (genre dans une manif syndicale). Mais là, c’était vraiment d’un tout autre ordre. Genre incommunicabilité totale entre nos corps et les leurs (ou un truc de même). Genre on se sentait même pas du même côté de la barricade.

Pis là, on a réalisé que le truc, c’est que dans cette lutte-là, il n’y a pas de barricade du tout.

C’est une lutte sans conflit, sans antagonisme (d’ailleurs, ce n’est pas une lutte). Ces citoyen.ne.s se pensent à la fois tous d’accord et tous coupables (d’ailleurs, c’est le propre de la citoyenneté). On n’en veut donc pas à ce mouvement de ne pas aller assez loin, comme on le reproche si régulièrement aux restes de lutte de classe subsistant dans le syndicalisme. On lui en veut pour ce qu’il empêche, en mobilisant les gens en tant qu’intérieurs au système et en les amputant par cela de la négativité de leurs combats. On lui en veut de diffuser si largement le mythe d’une action entièrement positive, où les « initiatives » ne sont pas corollaires de la destruction de ce à quoi elles prétendent être des alternatives.

Ceci dit, aussi débile que nous paraisse cette base sur laquelle ils se fondent, on dirait ben que les gens, y’ont l’air de faire des shits. Ils deviennent zéro-déchet, ils refusent de manger du rôti de porc dans leurs soupers de famille, ils lâchent leurs études en sciences humaines pour aller étudier en agriculture à VICTORIAVILLE (?!?) .

C’est peut-être pas juste poche.

On se devrait de penser le fait que l’anticipation anxiogène face au désastre environnemental actuel est un affect largement partagé par notre génération. Se demander pourquoi un certain anti-capitalisme intemporel ne réussit pas à résonner sur cet affect. On devrait peut-être considérer l’obsession de nos contemporain.e.s pour la modification de leurs habitudes de vie individuelles non pas uniquement comme une variante de leur obsession pour l’aménagement de leurs propres identités, mais aussi comme le désamorçage néolibéral d’une rage dont on les a dépossédé.e.s. Penser l’agitation compulsive autour des préoccupations environnementales non pas comme une mode de plus, mais comme la dernière option du système pour canaliser une panique qui traverse notre génération. Une panique qui est d’ailleurs aussi la nôtre même si, quand on y pense pendant plus que 15 secondes, on s’en dédouane en se disant que c’est le capitalisme le problème.

Quoi qu’on en dise, celle-ci ne commence pas la première fois qu’on apprend de quelconques statistiques catastrophistes sur le changement climatique : elle se sent, elle circule, elle existe entre nous. La sensibilisation incessante dont on est la cible ne la déclenche pas : elle la pacifie. Car c’est bien ça, un exploit de pacification jamais égalé, qu’une génération à qui on a annoncé dès son plus jeune âge l’écroulement prochain du monde dans lequel elle vit n’en soit pas déjà à la lutte armée.

Leur 15 mars et le nôtre ne devraient pas s’ignorer sagement. Parce que tsé, notre infinie capacité à nous désintéresser de ce qui se passe hors de nos milieux ne fait peut-être pas partie de nos qualités. C’est peut-être, en fait, intéressant que dans l’écologisme mainstream semble s’ouvrir la possibilité d’une certaine offensivité (offensivité qui existe bien sûr déjà dans les luttes de défense du territoire etchez les écologistes radicaux).

Guys! On veut vraiment pas être les 50 caves qui font juste leur manif annuelle du 15 mars en croyant expérimenter les gestes de leur guerre civile et qui sont même pas capables de se sentir concerné.e.s par le fait que du monde qui ont jamais fait la grève se mettent à se dire que le climat, c’est une question structurelle. On ferait peut-être mieux de s’avouer que les préoccupations environnementales sont une des rares choses en ce moment qui poussent les gens à faire des mooves dans leurs vies. On devrait peut-être ne pas laisser cet élan nous échapper complètement, même s’il semble parfois poussé uniquement par les vents du néolibéralisme. Avoir le souci de participer à lui redonner la dimension conflictuelle qui devrait en toute logique être son fondement.

Même si, le 15 mars au soir, on va être très content.e.s de se retrouver entre nous, faut se souvenir que quand il se passe vraiment quelque chose, on est toujours les premier.e.s surpris.e.s et, donc, rester à l’écoute de ce qui pourrait nous dépasser.

Le quartier s’organise : bloquons OSHA condos!

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Jan 302019
 

De Chlag.info

«Osha, une identité»

Les promoteurs d’OSHA condos ont annoncé vendredi dernier qu’ils allaient modifier leur campagne publicitaire qui fait l’objet de multiples dénonciations depuis plus d’une semaine. La polémique rapidement soulevée par les panneaux géants qui ont envahi le quartier ne saurait être à la mesure de la condescendance témoignée par les développeurs de ce projet. Les promoteurs misent sur le mythe colonialiste de la rencontre pacifique entre les colons et les autochtones en présentant Jacques Cartier leur tendant la main, métaphore grotesque pour caricaturer la venue de nouveaux arrivants dans un quartier défavorisé. De plus, l’image d’origine utilisée par OSHA montrait plutôt Jacques Cartier offrir une croix qui a été effacée par leur graphiste pour servir plus adéquatement leur stratégie publicitaire. Niant le racisme colonial qui imprègne cette campagne, le responsable marketing d’OSHA affirme qu’il ne s’agit que d’une simple référence à l’histoire du quartier: «Rappeler les racines du nom d’Hochelaga, ce n’est que ça. Et l’image qu’on voit, c’est une image historique de Jacques Cartier qui tend la main. Avec le propos, ça marche». Or, cette référence réitère le mythe de la colonisation comme vecteur de progrès civilisationnel, tout en crachant sur l’histoire, ancienne et récente, du quartier. Au-delà de ce choix marketing révisionniste et violent, les raisons pour s’opposer à ce projet sont innombrables et nous sommes exaspéré.e.s de voir se produire ce quartier-marchandise.

«Un quartier dans un quartier»

Le secteur sud de Hochelaga-Maisonneuve, plus pauvre, avait jusqu’ici été épargné par les projets de condos de cette ampleur.

Cet immense complexe immobilier de plus de deux cents unités sera érigé au coin des rues Sainte-Catherine et Nicolet. Dans un article précédent, nous exprimions nos craintes face à ce futur épicentre de la gentrification dans le secteur sud-ouest de l’arrondissement Hochelaga-Maisonneuve. Loin d’être isolée, cette opposition au projet de condos était alors partagée par plus de 2000 résident.e.s du quartier, qui avaient signé une pétition du comité BAILS exigeant « […] qu’aucun condo ne soit développé sur le terrain de Goyette Auto situé sur la rue Ste-Catherine entre Nicolet et Chambly ». Sur la table depuis quatre ans, la menace que représente OSHA semble maintenant se concrétiser, alors que la prévente débutera le 16 février.

Sur les 7 phases annoncées, seule la dernière est destinée à la création de «logements sociaux» sous la forme d’une coopérative d’habitation d’une trentaine d’unités. Soulignons que ce geste se situe cependant bien loin d’un acte de bonté de la part des promoteurs. Il s’agit en fait d’un compromis tactique; en 2016, l’arrondissement avait réussi à négocier avec le promoteur la mise en place d’un volet social, en échange d’une dérogation lucrative permettant d’ajouter un quatrième étage aux immeubles. Ce geste autorise aussi la classe dirigeante du quartier à défendre le projet sous les auspices de la mixité sociale, du renouveau commercial et de la revitalisation urbaine; tant de termes ne servant qu’à masquer le phénomène de gentrification engendré. La volonté des élu.es est toutefois transparente : « Le projet a un caractère stratégique. Il pourrait y avoir un effet d’entraînement et amener d’autres investisseurs », confiait au journal Métro l’ancien maire, Réal Ménard, en 2016. Cet idéal de prospérité, en lien avec la revitalisation du secteur, n’est possible qu’à condition d’y chasser les populations marginalisées. En effet, ce projet n’a que faire du territoire dans lequel il s’apprête à s’implanter dans la mesure où, précisément, il vise à le transfigurer et à le remplacer par – pour reprendre les mots des promoteurs – une « toute nouvelle communauté ».

«Le dernier quartier abordable»

OSHA affirme «ne s’attaquer à aucun logement dans le quartier», mais c’est à tout le secteur que ce projet s’attaque. Un secteur qui présente les plus hauts taux de précarité et de pauvreté, de familles monoparentales, de maisons de chambre ou de travail du sexe dans Hochelaga-Maisonneuve. Tous ces gens y habitant incarnent des modes de vie auxquels ils sont attachés: ces personnes y ont droit de cité et aucun discours ne saurait légitimer le mépris dont font preuve les promoteurs, les fonctionnaires ou les élu.e.s envers les habitant.es de l’arrondissement. Il n’existe actuellement aucun complexe de condos de cette ampleur au sud de la rue Ontario et ce mastodonte immobilier y aura des conséquences majeures.

Si la nouvelle crée de l’incertitude dans les environs, les effets de l’embourgeoisement se font déjà sentir. L’application abusive de règlements contre les cigarettes dans le parc voisin du projet abondamment fréquenté par des gens du quartier, la volonté de fermer une maison de chambre juste en face par l’arrondissement en 2017, la chasse aux crackhouses par le SPVM qui s’en est suivi et, plus généralement, une présence très visible des policiers du PDQ 23 ne sont que quelques exemples qui nous font voir que le travail de déblayage est déjà commencé. Tel que l’affirme Annie Martel, présidente de la Société de développement commercial (SDC) et proprio du Terre à soi, citée dans le plan d’action pour la prostitution de la rue Ste-Catherine du SPVM, « La rue Sainte-Catherine Est est engagée dans un renouveau commercial; le dynamisme de ses marchands et son parti-pris pour le commerce équitable sont autant d’indices que la rue est en pleine effervescence et que la prostitution de rue n’est pas compatible avec le développement des affaires». De l’entre-soi du «quartier dans un quartier» à la volonté affichée de transformer les alentours et de déplacer les «indésirables», il nous est difficile de croire aux discours angéliques de la revitalisation urbaine et de la mixité sociale.

«OSHA contribuera au renouveau formidable»

Il faut dire que ce segment de la rue Sainte-Catherine est dans la mire des spéculateurs depuis quelques années et que sa «revitalisation» est souhaitée par une diversité impressionnante d’acteurs du quartier. La SDC, le Comité Local de Revitalisation, la Table de quartier, les élu.e.s et l’administration de l’arrondissement, tous.tes sont prêt.e.s à liquider ce qu’il reste de refuge pour tou.te.s les poqué.e.s du quartier. Tandis qu’un changement de garde s’opère au niveau des élu.e.s municipaux et provinciaux, le vent progressiste qui souffle sur Hochelaga-Maisonneuve pourrait nous laisser croire à des actions et changements concrets autour de la question des condos et de la gentrification. Il n’en est rien.

Pour les élu.e.s des partis de gauche, que ce soit Pierre Lessard-Blais ou Alexandre Leduc, ces enjeux sont un véritable tabou. Si les valeurs portées par leurs partis devaient les amener à s’opposer à ce type de projet dévastateur pour le quartier et les plus vulnérables, les changements sociodémographiques induits par l’arrivée dans la circonscription d’une classe de petits commerçants et de jeunes propriétaires de condos leur sont toutefois statistiquement favorables. Pris au piège entre leur électoralisme et leurs «principes», le secteur est cédé aux intérêts mercantiles des promoteurs immobiliers et des commerçant.e.s.

À tous les égards, nous nous opposons à ce que ce projet voit le jour. Il constitue un point tournant pour le quartier. Nous invitons donc toutes les forces en présence à prendre action pour contrer ce projet et à demeurer attenif.ve.s aux appels à venir.

Le quartier s’organise!
Bloquons OSHA!

Vous pouvez contacter directement OSHA afin de leur faire part de votre opinion sur le projet:
info@oshacondos.com
(514) 700-5320

Histoire radicale : le Computer Riot

 Commentaires fermés sur Histoire radicale : le Computer Riot
Jan 302019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Avec cette série de texte, nous tentons de rendre compte de l’histoire de la résistance militante prenant place sur les territoires du soit-disant « Canada », ainsi que de la réfléchir. Bien que les événements que nous explorerons n’impliquent pas nécessairement des anarchistes, nous croyons qu’ils revêtent une importance certaine. Ils constituent des repères culturels, des points de référence à partir desquels réfléchir idées et tactiques. Comme le dit le vieux diction, nous apprenons du passé, afin de se préparer, dans le présent, pour défendre le futur.
Le texte qui suit raconte le Computer Riot (émeute des ordinateurs, communément référée en français comme l’affaire Sir George Williams), qui s’est déroulée à l’Université Sir George Williams (aujourd’hui Université Concordia), en 1969. Afin de contextualiser cette histoire, nous commençons avec une (très courte) histoire du racisme anti-noir dans l’est du Canada.

Durant la première moitié du 19e siècle, des dizaines de milliers d’esclaves noirs s’enfuirent des plantations américaines vers le nord, en quête de libération. Plusieurs traversèrent la frontière canadienne, l’esclavage ayant officiellement été aboli au Canada en 1834. Il.les s’installèrent dans les centres urbains des provinces de l’est – en Ontario, au Québec et en Nouvelle-Écosse – formant de petites communautés tissées serrées.

Ces migrant.es noir.es nouvellement arrivé.es étaient généralement reçu.es avec racisme par la société blanche. Bien que la ségrégation n’ait jamais été consacrée par la loi canadienne, les noir.es se voyaient refuser l’accès à l’emploi, au logement et aux services gouvernementaux. Pendant que l’état mettait en place son système d’éducation public, les enfants noirs étaient forcé.es de s’empiler les un.es sur les autres dans des écoles à part, de moindre qualité. Les établissements réservés aux blanc.hes étaient chose commune, plusieurs hôtels, restaurants et hôpitaux refusant de servir les client.es noir.es.

En réponse, les communautés noires commencèrent à former leur propres organismes sociaux. À Montréal, de nombreux centres communautaires furent fondés afin de combattre l’exclusion sociale : le Women’s Coloured Club en 1902, le Union United Congregational Church en 1907, le Negro Community Centre en 1927. Ces organismes offraient plusieurs ressources, telles qu’une éducation et des soins gratuits, en plus de distribuer de la nourriture.

À la même époque, différents groupes racistes, s’établissant dans plusieurs villes, tentaient de s’implanter dans la sphère politique canadienne. Le Ku Klux Kan établit une section montréalaise, bien qu’il ne réussit pas à gagner de pouvoir de façon significative. Le Klan fut brièvement populaire en Saskatchewan, jusqu’à 25 000 personne y adhérant, aidant ainsi James Anderson à l’emporter sur le parti libéral aux élections provinciales de 1929.

La population noire de Montréal ne s’accroîtra pas de façon significative jusqu’à ce que soit levées, dans les années 1960, les restrictions fédérales en matière d’immigration. Entre 1961 et 1968, la population noire passe 7000 à 50 000 individus. Cette période est celle d’une prolifération d’idées anti-racistes et anti-coloniales, arrivant des États-Unis, de l’Afrique et des Caraïbes. Les intellectuels noirs puisent dans les analyses sur la race et l’impérialisme élaborées par les membres du mouvement Black Power et par ceux des différents mouvements indépendandistes d’Afrique. Ils organisent des conférences à travers la ville, faisant écho aux principes de la pensée révolutionnaire noire : l’autonomie, l’auto-suffisance et la défense.

Plusieurs jeunes immigrant.es noir.es s’inscrivirent à l’Université Sir George Williams (SGW), laquelle offraient des cours de soir et une politique d’admission plus souple. La population hétérogène de l’université détonnait avec celle majoritairement blanche et favorisée de l’Université McGill. Malgré sa réputation d’être une des universités les plus inclusives et progressistes du pays, il n’était pas chose rare pour les étudiant.es et pour l’administration de faire preuve de racisme.

En mai 1968, six étudiant.es noir.es des Caraïbes soumirent une plainte officielle contre le professeur de biologie Perry Anderson. Ils accusaient Anderson de discrimination envers les étudiant.es noir.es de son cours, leur attribuant des notes plus faibles pour un travail de même qualité que celui produit par leurs collègues blanc.hes. Après des mois d’inaction de la part de l’administration, l’insatisfaction des étudiant.es quant à la façon dont leur plainte était traitée ne faisait que croître. Il.les décidèrent d’en faire un enjeu public et commencèrent à organiser des sit-ins et à distribuer des pamphlets expliquant leur situation. L’université établit en réponse un comité d’audiences responsable de voter sur la meilleure façon de résoudre le conflit.

Plusieurs audiences et assemblées furent tenues, en janvier 1969. Les professeurs et les membres des autres facultés défendaient Anderson, tandis que les étudiant.es de couleur partageaient leurs propres expériences de discrimination sur le campus. Plusieurs prises de parole faisaient écho aux propos du Black Panther Party, lequel avait gagné en importance au sud de la frontière. Ils appelaient les étudiant.es à se méfier de l’administration et à prendre eux-même et elles-même la situation en mains.

Le 29 janvier, 200 étudiant.es partirent en manifestation à la sortie d’une audience. Le processus semblait avoir comme objectif d’innocenter Anderson et ainsi d’éviter de faire porter quelque blâme que ce soit à l’administration. Près de dix mois après le dépôt de la plainte, les étudiant.es voyaient bien que le problème ne résidait pas dans les agissement d’un professeur en particulier, mais plutôt dans le racisme systémique courant à l’université.

Une occupation étudiante pris place dans le laboratoire informatique de l’école, au 9e étage du pavillon Henry F. Hall. Neuf jours plus tard, l’occupation s’étendit au salon de la faculté, situé au 7e étage. Le 10 février, les étudiant.es proposèrent de mettre fin à leur action de protestation si l’université acceptait de mettre en place un différent comité d’audiences et de ne pas pénaliser les étudiant.es pour les cours manqués durant l’occupation. L’université promit aussi de ne pas poursuivre les participant.es à l’occupation ou d’avoir recours à la police.

Tandis qu’il restait moins d’une centaine de personnes dans le pavillon, l’anti-émeute commença à se mobiliser dans les rues avoisinantes. L’université avait manifestement décidé de rompre sa promesse. Face à la menace, les étudiant.es barricadèrent les escaliers et coupèrent l’alimentation du système d’ascenseurs. Alors que les policiers s’engouffraient dans les escaliers, les étudiant.es choisirent de faire usage du peu d’avantage leur restant, menaçant de détruire les millions de dollars d’équipement informatique si on ne les laissait pas sortir en sécurité.

Leurs efforts s’avérèrent vains : l’expulsion avait déjà commencé. Les étudiant.es commencèrent à fracasser l’équipement et à jeter des milliers de cartes d’ordinateur par les fenêtres. Alors que la police se rassemblait au 9e étage, un incendie se déclara à l’étage du dessous. Pendant ce temps, un rassemblement blanc s’étant formé à l’extérieur du pavillon se mit à scander « Laissez les nègres brûler ! ». Les étudiant.es tentèrent alors de s’échapper en démontant les barricades, mais s’aperçurent que la hache et l’extincteur de la pièce avait disparus. La police les avait confisqués la journée d’avant.

L’occupation se conclut avec 97 arrestations et approximativement deux millions de dollars de dommages matériels. Anderson, qui avait été suspendu pendant la crise, fut rétabli dans ses fonctions le 12 février. Le 30 juin, le comité d’audiences déclara « que rien dans les preuves présentées ne justifiait une accusation de racisme  » et le reconnut non-coupable.

Cette histoire est légèrement différente de la « version officielle ». Avec une rapide recherche sur Google, on accèdera à des douzaines d’articles traitant du Computer Riot, presque tous relayant le récit des événements fourni par l’université. Selon cette dernière, la police n’aurait été appelée qu’au moment où les étudiant.es commencèrent à barricader les escaliers. Il s’agit ici d’une tactique couramment utilisée afin de légitimer une intervention policière musclée ayant pour but de contrôler une action directe : prétendre que certaines tactiques de contrôle étaient nécessaires afin de pacifier une foule « turbulente ».

Il est également souvent prétendu que ce serait les étudiant.es qui auraient allumé l’incendie ayant causé des dommages considérables à l’édifice, alors que les étudiant.es eux.elles-même affirmèrent qu’il s’agissait de l’oeuvre de la police. Cet aspect de l’histoire est traité dans le récent documentaire Ninth Floor.