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Ctrl-Alt-Delete : Le développement de l’intelligence artificielle à Montreal

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Avr 052019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Nos vies sont de plus en plus affectées par les algorithmes qui influencent nos relations des uns avec les autres et avec le monde qui nous entoure. En analysant nos comportements, nos préférences, nos réseaux et plusieurs autres aspects de nos vies, celleux qui exercent du pouvoir sur nous se gardent toujours une longueur d’avance. Ce qui est en jeu, c’est notre capacité d’avoir des secrets, de résister, d’agiter, d’attaquer ce qui détruit tout ce que nous aimons et qui protége tout ce que nous détestons. On doit lutter contre le nouveau panoptique.

Depuis quelques années seulement, Montréal est devenu une plaque tournante du développement en la matière, reconnu mondialement. Des centaines de milliers de dollars ont été alloué à multiples entreprises qui offrent maintenant des tonnes d’emplois pour jeunes professionnels branchés spécialisés dans ce domaine. À la fin de 2018, une entente de principe concernant le développement de l’IA à Montréal a été rédigée. Ces principes ont été écrits par quelques-un des plus gros joueurs en IA dans l’intention d’adresser les préoccupations du publique quant au potentiel de ces nouvelles technologies. Le document ayant pour titre La déclaration de Montréal, énumère dix principes ridicules et inatteignables telles que: « Le développement de l’IA devrait ultimement viser le bien-être de tous les êtres sentients ». Ces maigres tentatives de manœuvres de relations publiques par les ingénieurs du contrôle social ne sont pas surprenantes. L’IA pourra être intégrée sous peu à presque toutes les sphères; santé, sécurité, industries, finance, etc. Dorénavant, n’importe quelle entreprise qui désire être compétitive sur le marché devra intégrer l’IA à son fonctionnement. Toutes les sphères de l’État en feront usage également. Nous entendons par cela que les capacités de contrôle, de surveillance et d’intervention militaire seront rapidement accentuées. Nous croyons qu’il peut être utile de mettre en lumière différents projets dans la ville afin de démontrer l’intention de certains joueurs importants. Dans l’objectif de susciter la conversation et de développer des idées d’interventions, nous avons choisi de cartographier l’industrie de l’IA à Montréal ainsi que ses alliés.

Le milieu de l’IA à Montréal est extrêmement interconnecté. Des dizaines de compagnies travaillent ensemble pour développer simultanément des systèmes d’IA pour une variété de fins économiques, sociales et politiques. L’institut québécois en intelligence artificielle (Montreal Institute of Learning Algorithms- MILA), rattaché à l’Université de Montréal (UdM), est l’une des plus importantes institutions en terme de recherche et de coordination de projets. D’après Valérie Pisano, la présidente du MILA, « aujourd’hui, il y a un buzz autour de Montréal et l’intelligence artificielle, nous sommes un des leader mondial en terme de création, de production et d’inspiration de talents ».

La mission du MILA, d’après leur site internet, est de fédérer les chercheur.euse.s dans le domaine du Deep Learning et du Machine Learning (voir FAQ pour les définitions). Ils veulent partager leurs infrastructures, leurs connaissances et leurs savoirs avec de multiples entreprises pouvant bénéficier des opportunités ouvertes par leurs recherches.

« Le laboratoire de Machine Learning à l’Université de Montréal est dirigé par quelques professeurs, Prof.Yoshua Bengio, Prof. Aaron Courville, Prof. Pascal Vincent, Prof. Roland Memisevic, Prof. Christopher Pal, Prof. Laurent Charlin et Prof. Simon Lacoste-Julien, qui sont tous des experts internationaux en Machine Learning et plus spécialement dans le champs du Deep Learning qui se développe rapidement. » Le MILA a aussi des bureaux dans le O Mile-Ex, situé dans le quartier Parc-Extension, au 6666 Saint-Urbain.

Le O Mile-Ex fait partie de la stratégie du MILA de mettre en place une plateforme pour la collaboration, le partage des infrastructures et pour fournir l’accès aux résultats de leurs recherches à un ensemble de compagnies. Cet espace accueille de nombreuses entreprises spécialisées en recherche et en développement dans les domaines du deep learning, de la défense, de la sécurité et du transport.

Des institutions telles que Thales, QuantumBlack, l’Institut de la valorisation des données (IVADO) et Element AI ont leurs bureaux au O Mile-Ex. Cet immeuble, dont les plans architecturaux avaient été conçus par la firme Lemay (connue pour avoir dessiné les plans de postes de police, d’une prison pour migrant.es, etc) est une force hostile aux résident.es de Parc-Ex. Non seulement ces projets vont sans doute affecter négativement les vies des gens qui y vivent, mais ils contribuent à l’embourgeoisement de ce quartier à forte population immigrante dans l’objectif d’accommoder les développeurs techno et les étudiant.es qui y travaillent.

Yoshua Benjio, professeur et directeur au MILA, est l’un des pionniers reconnu internationalement dans la recherche en intelligence artificielle. Son expertise a été sollicitée par plusieurs institution depuis une dizaine d’années. Bien que Benjio et son équipe prétendent être fermement opposés à l’utilisation de l’IA pour le développement d’armes, le MILA semble collaborer avec Thales. Thales Canada développe et offre des systèmes d’information pour la défense et la sécurité, l’aérospatiale et le marché du transport au Canada et à travers le monde. Ils offrent des systèmes de commande, de contrôle, de communication et de systèmes informatiques intelligents de surveillance et de reconnaissance, des produit de protection des forces armées, des radars et des appareils de vision nocturnes. Thales a ouvert son propre laboratoire privé dans le O Mile-Ex. Cette proximité physique du MILA laisse croire qu’il y a de la collaboration entre les chercheurs.

Le MILA a aussi accepté 4,5 millions de dollars en trois ans de la part de Google – qui nous amène à nos prochains joueurs dans l’industrie de l’IA à Montréal : Hugo Larochelle, Shibl Mourad et Aaron Brindle. Hugo est le directeur de recherche en intelligence artificielle de Google à Montréal et il travaille au laboratoire Google Brain; Shibl est l’ingénieur techno en chef des bureaux de Google à Montréal; et Aaron est le responsable des communications chez Google Canada. Google planifie doubler ses capacités d’opération à Montréal d’ici 2020, alors qu’ils déménageront leur bureau actuel du 1253 McGill College vers un espace deux fois plus grand au 425 Viger ouest.

Google fourni sa technologie d’IA au département de la défense des États-Unis pour le ciblage des attaques de drones. Ils ont tenté de faire de l’ombre sur cette collaboration en passant par un intermédiaire, une compagnie de tec du nord de la Virginie nommée ECS Federal. Ils utilisent le deep learningpour aider les analystes de drones à interpréter les nombreuses données d’images prises par les flottes de drones militaires dans des pays tels que la Syrie et l’Irak. Que ce soit le député américain et secrétaire de la défense Robert Work qui parle de travailler avec ECS/Google sur la guerre algorithmique développée pour « accélérer l’intégration du big data et du machine learning dans le département de la défense » et de « transformer l’énorme volume de données accessibles au département de la défense en renseignements rapidement exploitables, » ou bien les appareils Google qui normalisent l’usage des traces numériques telles que les empreintes vocales, la localisation GPS, les historiques de recherches, les préférences et beaucoup plus, ces types de développement ainsi que les futurs projets de Google devraient être reconnus pour ce qu’ils sont: des outils de contrôle fait pour réinventer les façons de faire circuler le capital et de gouverner le monde. Il n’est pas évident de savoir quels projets sont spécifiquement développés à Montréal, mais les avancées technologiques faites dans un champ peuvent facilement être recyclées et adaptées à plusieurs autres champs. Cet arsenal de domination est développé par des compagnies et des personnes qui travaillent ici à Montréal. De tels développements sont utilisé partout dans le monde pour surveiller les communautés, pour faire taire la dissidence et pour limiter la capacité des gens d’attaquer l’ordre existant.

Google, une filiale de Alphabet, est si omniprésent qu’il fait maintenant parti de notre langage en verbe. Mais derrière son image techno cool du 21e siècle, se cache un modèle d’entreprise basé sur le capitalisme de la surveillance. Les exemples incluent :

Depuis le début de 2017, les téléphones Android collectent les adresses des antennes de téléphone à proximité – et cela même lorsque le service de GPS est désactivé – puis envoie ces données à Google. Le résultat est que Google, l’unité d’Alphabet derrière Android, a accès à des données de localisation et de mouvements des individus allant bien au-delà de ce à quoi les utilisateurs s’attendent en termes de vie privée.

À Toronto, Google est impliqué dans le projet de ‘Smart City’. Sa compagnie-sœur Side Walk Labs est spécialisée en la matière. Ce terme cool désigne une ville où le mobilier urbain est équipé de capteurs pouvant détecter, analyser et collecter les informations en temps réel, se trouver à tous les coins de rues, installés dans le sol ou attachés aux murs. Tous le monde sera surveillé, dans l’intérêt de l’efficacité ou de la réduction des coûts.

Les machines prennent de plus en plus de décisions qui influencent tous les aspects de nos vies. Les gens sont devenus de simples numéros : qui peut avoir accès au crédit, combien coûte les assurances, qui a le droit de prendre l’avion, qui se fait tuer par un drone? Cela peut seulement être possible par la collecte d’informations par des compagnies comme Google.

(de FuckoffGoogle.de, site web de lutte contre Google en Allemagne)

Tous les suspects habituels sont aussi très actifs à Montréal. Pour l’instant, le projet de recherche en intelligence artificielle de Facebook (FAIR) dirigé par Joëlle Pineau, travaille activement sur le projet de l’Internet des objets (voir définition), et Microsoft possède le laboratoire Maluuba spécialisé en deep learning et a pour objectif de doubler sa taille d’ici 2020 pour accueillir 80 ingénieurs. Le président de Microsoft, Brad Smith, « est enthousiaste de s’engager avec des facultés, des étudiants et avec la communauté tec en générale à Montréal, qui devient une plaque tournante mondiale de recherche et d’innovation en IA. »

Plusieurs entreprises autant gigantesques mais moins connues, travaillent aussi à Montréal. CGI est une compagnie basée ici, avec des centaines de bureaux à travers le monde. Fondée en 1976 par Serge Godin et André Imbeau en tant que firme de consultation en technologie de l’information, ils ont rapidement étendu leurs activités vers de nouveaux marchés et ont acquis d’autre compagnies. Ils possèdent de la clientèle dans un vaste éventail d’industries dont plusieurs dans le service financier, la sécurité publique (les forces policières) et la défense. CGI développe aussi des produits et des services pour les marchés de la communication, de la santé, manufacturiers, pétroliers, gaziers, de la poste et de la logistique, de la vente au détail et du service à la clientèle, des transports et des services publics. Sur leur site web, CGI dit travailler au développement du deep learning, de l’internet des objets, de la réalité augmentée, de villes intelligentes et d’outils d’analyse de données automatisés.

Une autre firme, Deloitte, a des bureaux à Montréal et des clients de San Diego à Buenos Aires en passant par l’Inde. Ils s’inspirent de cas d’étude dérangeants de prédictions policières et de répression par la foule. Voici quelques exemples venant de leur site web :

Les émeutes de 2011 à Londres fut un moment incroyablement chaotiques. Il y a eut plus de 20 000 appels d’urgence à la police, soit une hausse de 400% par rapport à un jour normal; et presque 2200 appels au London Fire Brigade, ce qui est quinze fois plus qu’à l’habitude. Pour faciliter l’arrestation des personnes impliquées, l’aide d’une application de téléphone intelligent était de mise. La police métropolitaine de Londres a pu identifier 2880 suspects dans la foule. Les autorités ont demandé aux citoyens de télécharger l’application Face Watch ID et de les aider à identifier les personnes dans les images captées depuis les caméras de surveillances. Si une image leur était connue, les citoyens écrivaient le nom ou l’adresse de la personne, qui était envoyé à la police immédiatement et en toute confidentialité. Cela a effectivement permis à la police d’appréhender les suspects et de déposer des accusations contre 1000 personnes.

Dans une ville de plus de 4 millions d’habitants avec un niveau de crime ayant augmenté en 2015, toutes catégories confondues, le département de la police de Los Angeles a su qu’il devait agir. Pour aider à la lutte contre le crime, Los Angeles a piloté un nouvel outil en incorporant l’un des meilleur outil de la pensée sécuritaire intelligente (Smart Security) : PredPol. La mission de PredPol est simple: positionner des officiers au bon endroit au bon moment pour leur donner la meilleur chance de prévenir le crime. Cet outil, piloté par les départements de la police de Los Angeles et de Santa Cruz, utilisent trois points de données – les types, les emplacement et les heures de crimes passés – dans le but de prédire le comportement criminel. Ces points de données alimentent un algorithme unique qui incorporent les modèles de comportements criminels. Les forces de l’ordre reçoivent ensuite des prédictions de crime adaptées, générées automatiquement pour chaque quarts de travail dans leur juridiction. Ces prédictions sont extrêmement spécifiques et révèlent les lieux, cartographiés à coup de 500 par 500 pieds et les moment desquels les crimes sont les plus susceptibles de survenir. Bien qu’il ne soit qu’un projet pilote, PredPol a déjà fait baisser le niveau de crime de 13% dans une de ses divisions.

L’outil d’évaluation du risque et des sentences ( Risk Assessment and Sentencing Tool or RAST) est un moteur complexe d’analyse de données qui aide à classifier les délinquants en tant que risque faible, moyen, ou haut, et suggère des recommandations de sentences ciblées basées sur une foule de facteurs spécifiques à chaque cas. Le RAST explore une vaste mine de données à travers de multiples États et juridictions, en comptant autant sur les facteurs statiques que dynamiques. Les facteurs statiques sont des circonstances inchangeables liées aux crimes et aux délinquants, comme le type d’offense, l’age actuel, l’historique criminel et l’age de la première arrestation. Les facteurs dynamiques, appelés parfois les facteurs criminologéniques, peuvent être influencés par des interventions et incluent l’attitude, les associations, les substances utilisées et les types de personnalités antisociales. Le RAST est plus avancé et plus utile pour les juges, les jurées et agents de libération conditionnelles de trois façons spécifiques. D’abord, depuis que l’institut de la Justice du département de la justice nationale l’administre au niveau fédéral, il compte sur un ensemble particulièrement large de données à l’échelle nationale. Ensuite, les données sont continuellement réévaluées pour leur validité prédictive : elles sont révisés annuellement pour déterminer à quelle fréquence RAST classifie correctement les délinquants, s’il compte sur les facteurs dynamiques et statiques et s’il prend des décisions de sentence efficaces par la mesure du taux de récidive. Finalement, RAST diffère des outils traditionnelles d’évaluation des risques parce qu’il tient compte de plus d’éléments que les réponses de questionnaire. Les facteurs statiques et dynamiques sont utilisés en combinaison avec les données spécifiques en temps réel comme par exemple le comportement d’un délinquant et la localisation.

D’ailleurs, le barreau canadien discute présentement de l’application de l’intelligence artificielle dans le domaine juridique. L’expert de la question, Karim Benyekhlef est responsable du laboratoire en Cyberjustice, à l’UdM.

La compagnie Fujitsu se fait aussi remarquer dans la ville. Montréal prévoit signer un contrat de 2 millions $ avec la compagnie japonaise pour rendre la ville plus intelligente. Fujitsu est sensé développer un système qui aiderait à ordonner la circulation dans l’objectif d’améliorer le temps de réponse en cas d’urgence. La compagnie mettra en réseau toutes les caméras de circulation de la ville afin d’analyser les flux dans le but d’augmenter leur efficacité et de surveiller de près les mouvements.

Pourquoi toutes ces institutions choisissent Montréal? En partie à cause de la recherche en cours et de la main d’œuvre qualifiée qui s’est établie depuis plus de dix ans, mais aussi grâce à la promotion créée par l’État et les ONG. En septembre 2016, le Fonds d’excellence en recherche Apogée Canada a alloué 84 M$ à l’université McGill pour leur initiative Healthy Brains for Healthy Lives (HBHL) et 93,5 M$ à l’Université de Montréal pour l’Institut de valorisation des données (IVADO). En mars 2017, 40 M$ des 125 M$ de la stratégie pan-canadien d’IA du gouvernement du Canada administrée par l’Institut canadien pour la recherche avancée (CIFAR) ont été alloués à Montréal. Au printemps 2017, 100 M$ ont été alloués par le gouvernement du Québec pour la création d’un nouvel institut québécois pour l’IA. En mars 2018, le gouvernement du Québec a annoncé un don de 5 M$ pour l’établissement d’une organisation internationale sur l’intelligence artificielle et de 10 M$ sur les prochains cinq ans à NEXT.AI et à CLD, des initiatives du HEC Montréal. SCALE.AI, maintenant partenaire de NEXT.AI, est un nouveau consortium qui formera une plate-forme mondiale de châines logistique fonctionnant avec l’IA. En décembre 2018, le Gouvernement du Canada a remis 230M$ à ce nouveau géant dirigé par Hélène Desmarais, épouse de Paul Desmarais – président de PowerCorp. Cette dernière est aussi présidente exécutive d’IVADO.

Allons un peu plus loin

Cette recherche du réseautage des joueurs importants en intelligence artificielle à Montréal n’est absolument pas complète. Cette liste se rallonge et l’industrie n’a pas fini de se développer. Cela peut servir de point de départ pour continuer à approfondir le sujet. Bien que la portée de ces projets semblent couvrir tous les domaines, les chances sont que la plupart des développements et des applications de ces technologies sont encore à leurs débuts et assez vulnérables. Néanmoins, la possibilité que ces projets atteindront leur aboutissement dans un futur proche est très probable. Nous aimons penser que par nos actions, nous pouvons inspirer les gens à attaquer ces nouveaux systèmes de domination et de contrôle social. À travers les conversations et la recherche, nous pouvons trouver les faiblesses de ces architectes de la complaisance et attaquer.

– des individus contre l’autorité

Avril 2019, Montréal // Tio’ti:ake

 

FAQ

Qu’est-ce que le l’apprentissage automatique (Machine Learning ou littéralement apprentissage machine)?

L’apprentissage automatique est un champ d’étude de l’intelligence artificielle dans le champs de l’informatique qui se fonde sur des approches statistiques pour donner auxordinateurs la capacité d’«apprendre» à partir de données, c’est-à-dire d’améliorer leurs performances à résoudre des tâches sans être explicitement programmés pour chacune.

Si l’apprentissage automatique est souvent décrite comme une sous- discipline de l’IA, c’est mieux de la penser comme sa forme actuelle. C’est le champ de l’IA qui aujourd’hui promet le plus et qui fournit les outils que l’industrie et la société peut utiliser en ce moment.

Qu’est-ce que l’apprentissage profond (deep learning)?

L’apprentissage profond est un sous-ensemble particulier de l’apprentissage automatique. Alors que cette branche de la programmation peut devenir très complexe, elle commence par une question simple : « Si nous voulons qu’un ordinateur agisse de façon intelligente, pourquoi ne pas le modeler d’après le cerveau humain? » Cette seule pensée a engendrée de nombreux efforts dans les dernières décennies pour créer des algorithmes qui miment la façon dont le cerveau humain fonctionne – et qui peuvent résoudre des problèmes de la manière dont le cerveau humain peut le faire. Ces efforts ont donné lieu à des outils d’analyse de plus en plus compétents qui sont utilisés dans de nombreux domaines différents.

Qu’est-ce que l’Internet des Objets?

L’Internet des Objets, c’est le concept de connecter n’importe quel appareil avec un interrupteur ouvert et fermé à internet (et/ou les uns aux autres). Cela inclut n’importe quoi; téléphones portables, cafetières, machines à laver, écouteurs, lampes, technologie portable et presque n’importe-quoi d’autre à quoi on peut penser. Cela s’applique aussi aux composantes de machines comme par exemple le moteur d’un avion ou la foreuse d’une plateforme pétrolière. Le point est que les données circulent dans un réseau d’items interconnectés pour rendre le tout « intelligent ».

Exemple:

Vous rentrez chez vous le soir. Votre maison intelligente vous reconnaît et règle automatiquement éclairage, température, ambiance sonore. Tous vos objets jacassent entre eux. « Quoi de neuf ? », demande votre ordinateur à votre téléphone portable, votre appareil-photo, votre MP3 et tous vos objets nomades intelligents, qui lui communiquent leurs données du jour. Votre frigo intelligent, lui, note que vous mangez le dernier yaourt, et passe aussitôt commande via Internet. Il vous propose les recettes réalisables avec vos provisions. Vos enfants sont rentrés, mais vous le saviez déjà grâce au message reçu sur votre mobile, lorsqu’ils ont scanné leur cartable en arrivant à la maison. Ils sont occupés avec leur lapin électronique qui leur lit un livre intelligent, scanné lui aussi grâce à sa puce RFID. Un coup d’œil à l’un de vos écrans vous rassure sur votre vieille maman qui vit seule : les capteurs de son habitat intelligent sécurisé ne signalent rien d’anormal du côté de sa pression artérielle et de sa prise de médicament, elle n’a pas besoin d’aide. Bref, votre vie se déroule comme il faut, sans vous. C’est tellement plus pratique.

(IBM et la société de contrainte)

La bonne cible?

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Avr 022019
 

De Chlag.info

Peu importe les tactiques employées, celleux qui s’opposent à la gentrification sont souvent pointé.es du doigt ou accusé.e.s de « s’attaquer à la mauvaise cible ». Une accusation qui sous-entend habituellement que les petits commerçants indépendants font ce qu’ils peuvent, comme ils le peuvent pour survivre face aux grosses chaînes, qui seraient, elles, les « seules vraies ennemies ».

Une telle affirmation est problématique. Il n’est pas nécessaire d’être une multinationale pour causer des dommages à un quartier et à une communauté. L’exemple de Bigarade illustre parfaitement la situation et peut à lui seul justifier la lutte.

Implanté dans le quartier depuis environ quatre ans, Bigarade vit de l’exploitation de ses employé.e.s. Non paiement des salaires, harcèlement psychologique, menaces, intimidation, mensonges, violence verbale de la proprio… qui ont conduit à plusieurs plaintes aux normes du travail.

Fausse publicité, provenance et qualité mensongères des produits pour un prix élevé sont monnaie courante. Bigarade collabore aussi avec les développeurs de OSHA Condos afin de promouvoir un lifestyle luxueux dans leur salle de mon(s)tre.

Les commerces comme Bigarade ne sont dans Hochelaga que pour s’enrichir, attirés par les loyers encore plus bas qu’ailleurs et déterminés à réussir par tous les moyens, incluant la violence. Faisons savoir à Bigarade que ses actes ont des conséquences. Faisons savoir à la communauté que la violence et les abus doivent cesser.

OSHA-Condos, Bigarade : décâlissez du quartier!!

Pour télécharger et imprimer le tract

La statue de la reine Victoria à Montréal attaquée à la peinture verte avant la Manifestation contre le racisme et la xénophobie

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Mar 242019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Montréal, le 24 mars 2019 — Une statue en bronze emblématique de la reine Victoria, inaugurée en 1900 et située sur la rue Sherbrooke sur le campus de l’Université McGill, a été vandalisée hier soir, en avance de la prochaine manifestation contre le racisme et la xénophobie.

Les statues de la reine Victoria à Montréal ont déjà été visées au moins trois fois en 2018: la veille de Noël par les Lutins rebelles du père Noël, le jour de la fête de Victoria par la Brigade Henri Paul contre la monarchie, et le jour de la Saint-Patrick (2018) par la Brigade de Solidarité Anticoloniale Delhi-Dublin

Séamus Singh, de la brigade, a déclaré: « Cette année, nous avons décidé d’attendre une semaine après le jour de la Saint-Patrick afin de mieux planifier notre action juste avant la manif antiraciste d’aujourd’hui. » La brigade souligne cependant qu’elle ne participe ni directement ni indirectement à l’organisation de la marche antiraciste.

Lakshmi O’Leary, également membre de la Brigade de Solidarité Anticoloniale Delhi-Dublin, a expliqué: « En fait, nous avons dû passer un temps considérable à enlever le épais revêtement de plastique qui a caché la statue depuis décembre après une attaque de peinture rouge la veille de Noël. » Elle a ajouté: « Nous avons laissé la cagoule sur le visage de la reine Victoria, car si les rebelles irlandais et indiens du siècle dernier avaient réussi, elle aurait été bien pendue pour sa criminalité. »

Selon la Brigade de Solidarité Anticoloniale Delhi-Dublin, la présence de statues de la Reine Victoria à Montréal est une insulte aux luttes d’autodétermination et de résistance des peuples opprimés dans le monde entier, y compris les nations autochtones en Amérique du Nord (l’Île de Tortue) et en Océanie, ainsi que les peuples d’Afrique, du Moyen-Orient, des Caraïbes, du sous-continent indien, et partout où l’Empire britannique a commis ses atrocités.

Les statues sont également une insulte à l’héritage de la révolte par les combattant.e.s de la liberté irlandaise, et les mutin.e.s anti-coloniaux d’origine britannique. Les statues ne méritent particulièrement aucun espace public au Québec, où les Québécois.e.s étaient dénigré.e.s et marginalisé.e.s par des racistes britanniques agissant au nom de la monarchie putride représentée par la reine Victoria.

Le règne de la reine Victoria a représenté une expansion massive de l’Empire britannique barbare. Collectivement, son règne a représenté un héritage criminel de génocide, de meurtres de masse, de torture, de massacres, de terrorisme, de famines forcées, de camps de concentration, de vols, de dénigrement culturel, de racisme et de suprématie blanche. Cet héritage devrait être dénoncé et attaqué.

L’action d’hier est motivée et inspirée par des mouvements à travers le monde qui ont fait tomber et ont autrement ciblé des monuments par actes anticoloniaux et antiracistes: Cornwallis à Halifax, John A. Macdonald à Kingston (Ontario) et à Victoria (Colombie-Britannique), le mouvement Rhodes Must Fall en Afrique du Sud, la résistance aux monuments racistes de la Confédération aux États-Unis, et plus.

Selon Udham Connolly, un autre membre de la Brigade de Solidarité Anticoloniale Delhi-Dublin: « Notre action est une simple expression de la solidarité anti-coloniale et anti-impérialiste, et nous encourageons d’autres à entreprendre des actions similaires contre les monuments racistes et les symboles qui devraient être dans les musées, et non prendre de l’espace dans nos lieux publics. »

Séamus Singh conclut: « Cette fois, cependant, nous ne demandons pas que cette statue en particulier soit enlevée; tant qu’elle reste vandalisée avec de la peinture verte, avec la tête de la reine Victoria sous une cagoule, elle peut rester debout. »

Mondes à détruire, mondes à créer

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Mar 222019
 

De Ingouvernables.info

Pas une semaine sans que ne sorte une nouvelle alarmante concernant le climat. La planète court à sa fin. C’est entendu. C’est tellement entendu que la plupart du temps, on n’y porte même plus attention. Pourtant, parfois l’information se glisse jusqu’à notre cerveau et on est pris.e de panique. Il faut faire quelque chose. Il faut agir, on peut pas juste attendre que tout s’écroule autour de nous. Mais ces élans de panique ne vont jamais bien loin. On ne manque pourtant pas de motivation: quoi de plus motivant que d’espérer pouvoir continuer à vivre? Mais c’est juste tellement gros ce qui nous fait face. Un genre d’hydre à 1 milliard de têtes. Surement le plus gros défi de notre époque.

Sauf que pour répondre à ce défi titanesque, on nous propose des solutions tellement insignifiantes. Un petit jardin par ci, quelques pailles en plastique en moins, une petite réduction de l’augmentation des gaz à effet de serre… On a un monde à sauver et on nous propose des solutions minables, sorties de la tête de gestionnaires, qui une fois finie leur journée de boulot, rentrent en VUS hybride dans leur bungalow à Brossard. Chaque nouvelle solution proposée par les gouvernements ou l’industrie, présentée comme l’apothéose écologique, nous laisse sidéré.es. C’est tout? Tout ce que vous proposez? Vous croyez vraiment qu’un marché du carbone va renverser la vapeur? Devant si peu de sérieux, on se sent un peu clueless sur ce qu’on devrait faire. Alors on fait rien. Ou si peu. Les petits gestes qu’on peut faire par soi-même: la récup, les emballages plastiques, le compost. Mais au fond de nous, on sait que c’est de la bullshit.

On sait que ça peut plus continuer comme si de rien n’était. Que c’est pas d’une nouvelle ligne de métro dont on a besoin, mais de beaucoup plus. On a envie de sortir la nuit et de brûler des chars. Bloquer les ponts le matin, pour empêcher les gens de continuer à venir travailler à des kilomètres de chez eux et elles. On a envie de foutre assez le bordel pour que la petite routine habituelle soit brisée, qu’on se sorte la tête du cul et qu’on accepte la dure réalité. Le monde dans lequel on vit n’est pas compatible avec la survie de la planète. C’est ça qui est ça. On le sait au plus profond de nous, on attend juste le moment où ça va pêter pour se joindre au party.

Mais ça pète jamais. Parce qu’on nous propose toujours les mêmes vieilles solutions. Celles qui changent si peu de choses qu’au fond rien ne change, et c’est justement pour ça qu’elles sont proposées. Business as usual. On nous noie sous une tonne de micros projets plus futiles les uns que les autres, qui nous font oublier la panique qui nous prend parfois. Et le monde continue de tourner et le cash de rentrer. Sauf que c’est ça le fond du problème, c’est le cash. C’est à cause de lui qu’on pollue. C’est pour lui que tous les jours les gens font une heure de char pour se rendre au boulot. C’est pour lui qu’on détruit les terres ancestrales des communautés autochtones de partout dans le monde. C’est pour lui qu’on nous enfonce dans la gorge que boire de l’eau dans des bouteilles c’est donc ben mieux que dans un verre et qu’il y a un 7e continent de plastique dans les océans.

Est-ce qu’on peut vraiment espérer changer les choses sans questionner le rôle du profit et du travail dans nos vies? Voilà la vraie question, celle qui nous fait peur. On sait qu’on devrait pas travailler 45h par semaine pour payer notre cell 20 fois trop cher. Qu’on ne peut plus se permettre de rêver de posséder son petit condo, son chalet dans les Laurentides, de mener sa petite vie en travaillant jusqu’à la retraite et de passer nos vacances à Cuba. Le monde s’écroule littéralement sous nos pieds.

Espérer sauver la planète implique espérer s’affranchir du cash et du travail. On parle pas ici de simplicité volontaire. On parle de refuser la valorisation, l’accumulation et le travail comme force motrice de nos vies. En d’autres mots, le système économique et l’État. Un monde réellement écologique ne peut advenir que si on arrive à repenser l’organisation sociale, sans que le profit motive nos actions. Car il sera toujours plus profitable de polluer que de ne pas le faire.

Gros projet direz-vous. Yeah right, mais au moins à la hauteur de l’enjeu. Un projet qui se prend crissement au sérieux. Travailler à l’écroulement du monde capitaliste et du colonialisme, ça se fait pas du jour au lendemain. Ça demande de travailler sur des fronts multiples. Le comment est pas toujours clair. Ça fait 500 ans que des gens s’y essayent, que les stratégies se renouvellent. Ce qui est sûr, c’est que ça commence avec les rencontres que l’on fait. Trouver des ami.es ou des camarades avec qui s’organiser. Le mouvement de grève pour le climat est un bon terrain pour commencer ou continuer à le faire. La grève par elle-même est un moment où l’on refuse le train-train de la vie quotidienne, où l’on se permet de rencontrer des nouvelles personnes parce que le temps libre abonde subitement. Quel qu’en soit le chemin, il implique que la lutte soit collective et qu’elle ne puisse pas être récupérée par l’État et le capitalisme. C’est à nous de trouver les chemins qui seront victorieux.

Ça demande de faire des alliances. De se poser la question de qui souffre de l’organisation actuelle du monde. Qui est opprimé.e ou exploité.e et qui en profite? C’est con à dire, mais adresser la question du climat implique avant tout de reconnaître que le désastre actuel est le fruit du capitalisme, du colonialisme et de l’État, mais aussi du racisme, du patriarcat et d’autres systèmes d’oppression. Ce sont les communautés les plus marginalisées qui sont les premières victimes des désastres écologiques et les conséquences de la crise environnementale ne sont pas vécues de manière égale. Il faut arriver à s’opposer à la catastrophe dans son ensemble, à comprendre que les problématiques sociales, économiques et environnementales sont le résultat du rapport au monde fucked up que nos sociétés entretiennent. Il n’y a pas de demi-mesure possible pour répondre à la destruction en cours de la planète. Ensemble faisons grèves, manifestons, bloquons les infrastructures et imposons le seul monde qui puisse être réellement écologique, un monde sans travail, sans classes, sans racisme et sans patriarcat.

Quelques notes sur notre 15 mars

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Mar 182019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Je veux me souvenir du sentiment d’être ébranlé.e par la beauté de la foule. La peur et l’anxiété se dissipent quand un black bloc d’une centaine de personnes prend la rue, réalisant sa force collective qui oblige les flics à rester loin. C’est maintenant que ça se passe. On peut y arriver.

D’attaquer des voitures de luxe, des hôtels, et des banques quand la police est incapable de les défendre est une attaque contre la police, qui doit montrer son habileté à défendre la loi et l’ordre pour être respectée par les bon.nes citoyen.nes et crainte par les exclu.es. Des échos de vitrines fracassés se font entendre sur la rue Peel, alors que des rafales de projectiles volent en direction des banques. Pas besoin de s’inquiéter, des roches, des flares, et au moins un feu d’artifice de qualité sont aussi réservés pour le SPVM.

La spontanéité, ça fonctionne bien parfois. C’est cool quand des gens sortent un dumpster d’une ruelle, que d’autre y balance un flare allumé pendant que quelqu’un y tag un « ACAB », et que finalement, plusieurs personnes utilisent le tout pour charger les flics devant la manif, presque comme une chorégraphie. Notre temps ensemble est limité, mais riche en possibilités.

Des anti-émeutes sont arrivés par derrière sur Maisonneuve et nous ont rapidement balancé des lacrymos, ce qui a eu l’effet escompté sur cette manif relativement petite. Deux arrestations ont eu lieu, et des gens ont été blessé.es. Ce qui nous amène aux suggestions tactiques pour la prochaine fois:

Rendre la dispersion dangereuse (pour les flics) : quand une manif se sépare après que les flics l’aient attaqué, on devrait essayer de rester calme, de voir qui est encore avec nous et où nous sommes rendu, et de voir si on peut se regrouper avec ceux et celles qui ont pris le même chemin. On a beau être moins nombreux.euses, mais l’attention des flics est divisée, et ils auront moins de chances d’être en position pour nous attaquer encore immédiatement. On peut même croiser un groupe de flics isolé qui ne sont pas prêts à faire face à une foule hostile. L’état utilise des armes chimiques et des coups pour anéantir une initiative qui diverge joyeusement de la routine dévastatrice d’une société-prison, et ça, en blessant nos ami.es. Répliquons à la hauteur de leur aggression.

Des fluides combustibles : amenons-en/utilisons-les? Le dumpster dont on a parlé plus tôt aurait pu être un meilleur bélier si il avait été complètement en feu.

Retour au Manuel du black bloc, 13e édition, chapitre 12 : Choisir les bons outils. Tout objet n’est pas forcément une alternative pour un bon marteau. Deuxièmement, mettre un masque ne suffit pas pour être anonyme. Si votre masque ou d’autres vêtements sortent de l’ordinaire par rapport aux autres casseurs, ça pourra aider la police à vous trouver (soit par des agents en civil, des livestreams, ou des vidéos accessibles après les faits), ce qui peut être dangereux pour vous vers la fin de la manif ou par après.

L’arrière de la manif : Les tactiques de dispersion de vendredi et du soir de la dernière élection étaient identiques: les anti-émeutes arrivent un coin de rue derrière la manif et balancent des lacrymos. La panique qui s’en suit leur donne l’opportunité de foncer dans la foule avec leur véhicules, et d’accélérer la dispersion. Qu’est ce qui serait possible si il y avait un crew combatif à l’arrière de la manif? Pas de propositions spécifiques ici mais nous pensons que c’est une question à se poser pour la prochaine fois.

Salutations chaleureuses à tous les autres groupes affinitaires et individus qui sont venus, et à tout le monde qui était là en esprit. Prenons soins les un.es des autres et détruisons toutes les formes d’autorité. On aimerait bien entendre d’autres récits de ce 15 mars.

Une petite pensée pour tou.tes les rebelles qui sont derrière les barreaux. Feu aux prisons.

Finalement, on se souvient du sacrifice de Anna Campbell, une anarchiste qui a combattu avec le YPJ au Rojava et qui a été tuée avec quatre camarades par l’armée fasciste turque il y a un an, le 15 mars 2018.

On se voit le premier mai ou plus tôt! Nique la police.

Montréal Antifasciste : Déclaration de solidarité avec les victimes de l’attentat de Christchurch

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Mar 162019
 

De Montréal-Antifasciste

Montréal Antifasciste tient à exprimer sa solidarité avec tou.tes les musulman.es et toutes les personnes de couleur, ainsi qu’avec tou.tes les antiracistes et antifascistes de Christchurch et d’Aotearoa.

C’est avec un profond sentiment d’horreur que nous avons pris connaissance du massacre qui a eu lieu à Christchurch ce 15 mars. Un sentiment d’horreur qui n’a fait que s’approfondir à la lecture du « manifeste » que l’assassin a publié en ligne, et en constatant que des racistes de partout dans le monde, y compris en Aotearoa, y compris au Québec, partageait sans honte sa vidéo de pornographie meurtrière en applaudissant la tuerie.

Ce sentiment est insupportable, car nous nous souvenons du massacre perpétré à Québec le 29 janvier 2017, lorsqu’un autre jeune raciste fanatisé s’est introduit dans le Centre culturel islamique dans l’intention de tuer autant de musulman.es que possible.

Six personnes ont trouvé la mort ce soir-là; au moins 49 autres personnes ont été tuées aujourd’hui à Christchurch.

Les mots nous manquent.

Nous savons que le nom du meurtrier de Québec, Alexandre Bissonnette, était inscrit sur un chargeur que Brendon Tarrant a photographié et publié en ligne avant de passer à l’acte. Nous reconnaissons les idées que Tarrant expose dans son manifeste; nous les avons déjà entendu exprimées ailleurs, bien trop souvent. La combinaison de peur d’un éventuel ressac policier et d’admiration pour le tueur et son « humour », sur des plateformes comme 4Chan, Facebook et autres, s’exprime partout dans le monde, y compris chez-nous. Nous nous rappelons que l’année dernière, vous nous avez donné un bel exemple de résistance, lorsque deux de « nos » racistes, Lauren Southern et Stefan Molyneux, ont voyagé jusque chez vous pour y répandre leur poison. Nous nous rappelons aussi que l’un de « vos » militants d’extrême droite, Trevor Loudon, a été bienvenu au Canada lors d’événement organisés par « nos » islamophobes. Et bien sûr, nous avons entendu parlé des zilionnaires d’extrême droite comme Peter Thiel, qui ont décidé que la Nouvelle Zélande était l’endroit idéal pour se mettre à l’abri du cauchemar qu’ils projettent, et peut-être même mettre à l’épreuve certaines de leur propres visions dystopiques.

Il est clair que votre situation et la nôtre ne sont pas étrangères; nous sommes engagé.es dans une seule et même lutte plus large pour débarrasser le monde de l’exploitation et du racisme.

Nous le savions déjà, comme vous sans doute. Nous n’avions pas besoin de ce nouveau rappel, mais nous l’avons eu quand même.

C’est avec colère et une profonde tristesse que nous honorons le souvenir de ceux et celles qui ont été tué.es à Christchurch, et que nous renouvelons notre engagement à combattre la montée de la violence raciste et misogyne perpétrée par l’extrême droite partout dans le monde.

Solidarité avec Wheao ā-Ihirama
Solidarité avec celles et ceux qui sont la cible de violences islamophobes, racistes et d’extrême droite, à Aotearoa et partout ailleurs
Solidarité avec les antifascistes et antiracistes d’Aotearoa et du monde

Kia kaha.

Lettre ouverte aux grévistes du climat

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Mar 152019
 

Soumission anonyme à  North Shore Counter-Info

Préface: Nous avons écrit ce texte pour le distribuer à la manifestation de la grève du climat ce vendredi 15 mars. C’est un travail en cours, mais nous désirons le partager à l’avance au cas où d’autres aimeraient s’en inspirer pour d’autres villes. Adaptez ce texte à votre contexte.

Premièrement, Merci. Merci d’en avoir quelque chose à foutre. Merci de décider qu’il y a des futurs pour lesquels ça vaut la peine de se battre, même quand le futur qu’on nous propose semble de plus en plus sombre. La bonne nouvelle c’est que vous êtes ici, avec votre corps, en même temps que tellement d’autres à travers le monde. Aujourd’hui, nous avons l’occasion de reconnaître que nous sommes connectés les un.es aux autres et aux autres êtres vivants et non-vivants de cette planète, d’une manière beaucoup plus complexe et belle que ce que n’importe quel #hashtag pourrait exprimer.

Plusieurs fois par semaine, une nouvelle histoire d’horreur ou une ­autre prédiction catastrophique nous rappelle que nous sommes face à une menace existentielle. Les expert.es n’étudient plus comment prévenir les changements climatiques, mais bien comment nous pourrions en atténuer les effets. Nous savons déjà que tout va changer. La question pour 2019 et pour cette génération est : changer vers quoi ?

Les vautours tournent déjà en rond au-dessus de nos têtes.

Les corporations demandent : « Comment pouvons-nous en profiter ? » Leur but sera toujours le profit, que ce soit en forant un nouveau puits de pétrole sous les glaciers qui fondent ou en commercialisant un nouveau produit « vert » pour nous apaiser.

Les gouvernements demandent : « Comment gardons-nous le contrôle ? » Leur but sera toujours de consolider leur pouvoir, que ce soit en augmentant leurs programmes de surveillance ou en encourageant le « dialogue démocratique », tant que celui-ci ne devienne pas hors contrôle bien entendu. Les gouvernements les plus adaptés feront ceci au nom de la lutte contre les changements climatiques. Ici au so-called Canada, le gouvernement n’est pas aussi subtil et pousse encore pour une expansion massive de l’exploitation des hydrocarbures et des projets miniers, les imposant de force aux communautés autochtones par la force des armes si ils et elles ne peuvent pas être acheté.es.

Les politicien.nes, incluant les carriéristes qui se définissent comme activistes, demandent : « Comment exploiter la peur grandissante et l’insatisfaction générale à notre seul avantage ? » L’histoire nous démontre clairement que si ces personnes parviennent à prendre le leadership d’un mouvement, ils et elles récupéreront le pouvoir exactement au moment où nous devenons une véritable menace pour l’ordre établi. Ceux et celles au pouvoir dépendent de cette récupération, dépendent du fait que notre rage soit dirigée vers des cul-de-sac. Organisons-nous, mais pas derrière ces politicien.nes qui tentent de nous vendre la version de l’Espoir™ la plus tendance.

Nous ne savons pas exactement de quoi un « monde meilleur » aurait l’air. Mais comme vous, nous avons le sentiment qu’il faut essayer. Nous ne voulons pas simplement être du « bon côté de l’histoire », ce piège narcissique. Nous voulons être efficaces dans un cadre éthique qui met en valeur la liberté, l’autonomie et la solidarité. Commençons à prendre au sérieux l’idée que nous pourrions avoir un impact. Pour ce faire, nous proposons une résistance joyeuse, stratégique et féroce qui pourrait inclure ces ingrédients :

Des transformations, pas des réformes. Le capitalisme tue la planète. C’est un système basé sur une croissance infinie, et ne sert que les riches et les puissant.es. Aucun changement de mode de vie et aucune réforme gouvernementale ne parviendra à changer cela. Le capitalisme doit partir. Ceux et celles au pouvoir ne seront pas simplement persuadé.es de changer leurs façons de faire ou d’abandonner leurs pouvoirs et richesses accumulés à travers les siècles grâce au patriarcat, au pillage colonial et à l’exploitation des masses.

La police nous bloque le chemin. Peut-être retenez-vous déjà votre souffle quand vous croisez la police. Si ce n’est pas le cas, rappelez-vous que même la police la plus sympathique devra suivre des ordres pour éviter d’être renvoyée. Les policier.ères sont les chiens de garde violents de ce système pourri. Pour faire une simple brèche, beaucoup de gens devront briser de nombreuses lois, et pas simplement dans le style symbolique du « arrêtez-moi devant les caméras ».

Construisons des vies qui en valent la peine. Nous sommes cyniques, mais pas dépourvu.es d’espoir. Lorsque nous refusons d’abdiquer et construisons plutôt des vies qui valent la peine d’être vécues maintenant, nous avons un aperçu d’un futur différent et le désir grandissant de nous défendre. Nous voulons des vies collectives remplies d’empathie, de créativité et d’ouverture.

Merci encore d’être ici, d’être venu.es. Ceci est le début d’une longue route ou encore d’une corde raide. Marchons ensemble, et tentons d’éviter les pièges qui nous guettent.

-quelques anarchistes

Vie ouvrière : Nouveau podcast de Dure Réalité

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Mar 062019
 

De Vie ouvrière

 

Dans ce premier podcast, l’équipe de Vie ouvrière vous présente:

-Reportage sur la grève qui a lieu en ce moment à la TÉLUQ.

-Chronique Kulture-Ouvrière, K-O avec Chloé. Sting et la solidarité entre travailleur et travailleuse.

-Chronique sur la parentalité dans la lutte des classes, un regard sur l’expérience cubaine.

-Entrevue avec 1 des 5 courrier à vélo, tous sauvagement mis à la porte par la compagnie QA courrier, à Montréal.

-Reportage sur sur une grogne populaire, contre l’embourgeoisement de leur quartier, Hochelaga.

-Vox Pop à Asbestos:  »70 ans plus tard, si je vous dit  »grève de l’amiante » ça vous dit quoi? »

What the fuck leur 15 mars et le nôtre !?

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Mar 032019
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

On se demande si on veut y aller, à la manif du climat du 15 mars. On a essayé d’aller à une manif réfo sur la planète y’a une couple de mois. Ça l’a tellement pas faite. Ça nous était déjà arrivé de pas feeler dans une manif et de se sentir pas à notre place (genre dans une manif syndicale). Mais là, c’était vraiment d’un tout autre ordre. Genre incommunicabilité totale entre nos corps et les leurs (ou un truc de même). Genre on se sentait même pas du même côté de la barricade.

Pis là, on a réalisé que le truc, c’est que dans cette lutte-là, il n’y a pas de barricade du tout.

C’est une lutte sans conflit, sans antagonisme (d’ailleurs, ce n’est pas une lutte). Ces citoyen.ne.s se pensent à la fois tous d’accord et tous coupables (d’ailleurs, c’est le propre de la citoyenneté). On n’en veut donc pas à ce mouvement de ne pas aller assez loin, comme on le reproche si régulièrement aux restes de lutte de classe subsistant dans le syndicalisme. On lui en veut pour ce qu’il empêche, en mobilisant les gens en tant qu’intérieurs au système et en les amputant par cela de la négativité de leurs combats. On lui en veut de diffuser si largement le mythe d’une action entièrement positive, où les « initiatives » ne sont pas corollaires de la destruction de ce à quoi elles prétendent être des alternatives.

Ceci dit, aussi débile que nous paraisse cette base sur laquelle ils se fondent, on dirait ben que les gens, y’ont l’air de faire des shits. Ils deviennent zéro-déchet, ils refusent de manger du rôti de porc dans leurs soupers de famille, ils lâchent leurs études en sciences humaines pour aller étudier en agriculture à VICTORIAVILLE (?!?) .

C’est peut-être pas juste poche.

On se devrait de penser le fait que l’anticipation anxiogène face au désastre environnemental actuel est un affect largement partagé par notre génération. Se demander pourquoi un certain anti-capitalisme intemporel ne réussit pas à résonner sur cet affect. On devrait peut-être considérer l’obsession de nos contemporain.e.s pour la modification de leurs habitudes de vie individuelles non pas uniquement comme une variante de leur obsession pour l’aménagement de leurs propres identités, mais aussi comme le désamorçage néolibéral d’une rage dont on les a dépossédé.e.s. Penser l’agitation compulsive autour des préoccupations environnementales non pas comme une mode de plus, mais comme la dernière option du système pour canaliser une panique qui traverse notre génération. Une panique qui est d’ailleurs aussi la nôtre même si, quand on y pense pendant plus que 15 secondes, on s’en dédouane en se disant que c’est le capitalisme le problème.

Quoi qu’on en dise, celle-ci ne commence pas la première fois qu’on apprend de quelconques statistiques catastrophistes sur le changement climatique : elle se sent, elle circule, elle existe entre nous. La sensibilisation incessante dont on est la cible ne la déclenche pas : elle la pacifie. Car c’est bien ça, un exploit de pacification jamais égalé, qu’une génération à qui on a annoncé dès son plus jeune âge l’écroulement prochain du monde dans lequel elle vit n’en soit pas déjà à la lutte armée.

Leur 15 mars et le nôtre ne devraient pas s’ignorer sagement. Parce que tsé, notre infinie capacité à nous désintéresser de ce qui se passe hors de nos milieux ne fait peut-être pas partie de nos qualités. C’est peut-être, en fait, intéressant que dans l’écologisme mainstream semble s’ouvrir la possibilité d’une certaine offensivité (offensivité qui existe bien sûr déjà dans les luttes de défense du territoire etchez les écologistes radicaux).

Guys! On veut vraiment pas être les 50 caves qui font juste leur manif annuelle du 15 mars en croyant expérimenter les gestes de leur guerre civile et qui sont même pas capables de se sentir concerné.e.s par le fait que du monde qui ont jamais fait la grève se mettent à se dire que le climat, c’est une question structurelle. On ferait peut-être mieux de s’avouer que les préoccupations environnementales sont une des rares choses en ce moment qui poussent les gens à faire des mooves dans leurs vies. On devrait peut-être ne pas laisser cet élan nous échapper complètement, même s’il semble parfois poussé uniquement par les vents du néolibéralisme. Avoir le souci de participer à lui redonner la dimension conflictuelle qui devrait en toute logique être son fondement.

Même si, le 15 mars au soir, on va être très content.e.s de se retrouver entre nous, faut se souvenir que quand il se passe vraiment quelque chose, on est toujours les premier.e.s surpris.e.s et, donc, rester à l’écoute de ce qui pourrait nous dépasser.

Le quartier s’organise : bloquons OSHA condos!

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Jan 302019
 

De Chlag.info

«Osha, une identité»

Les promoteurs d’OSHA condos ont annoncé vendredi dernier qu’ils allaient modifier leur campagne publicitaire qui fait l’objet de multiples dénonciations depuis plus d’une semaine. La polémique rapidement soulevée par les panneaux géants qui ont envahi le quartier ne saurait être à la mesure de la condescendance témoignée par les développeurs de ce projet. Les promoteurs misent sur le mythe colonialiste de la rencontre pacifique entre les colons et les autochtones en présentant Jacques Cartier leur tendant la main, métaphore grotesque pour caricaturer la venue de nouveaux arrivants dans un quartier défavorisé. De plus, l’image d’origine utilisée par OSHA montrait plutôt Jacques Cartier offrir une croix qui a été effacée par leur graphiste pour servir plus adéquatement leur stratégie publicitaire. Niant le racisme colonial qui imprègne cette campagne, le responsable marketing d’OSHA affirme qu’il ne s’agit que d’une simple référence à l’histoire du quartier: «Rappeler les racines du nom d’Hochelaga, ce n’est que ça. Et l’image qu’on voit, c’est une image historique de Jacques Cartier qui tend la main. Avec le propos, ça marche». Or, cette référence réitère le mythe de la colonisation comme vecteur de progrès civilisationnel, tout en crachant sur l’histoire, ancienne et récente, du quartier. Au-delà de ce choix marketing révisionniste et violent, les raisons pour s’opposer à ce projet sont innombrables et nous sommes exaspéré.e.s de voir se produire ce quartier-marchandise.

«Un quartier dans un quartier»

Le secteur sud de Hochelaga-Maisonneuve, plus pauvre, avait jusqu’ici été épargné par les projets de condos de cette ampleur.

Cet immense complexe immobilier de plus de deux cents unités sera érigé au coin des rues Sainte-Catherine et Nicolet. Dans un article précédent, nous exprimions nos craintes face à ce futur épicentre de la gentrification dans le secteur sud-ouest de l’arrondissement Hochelaga-Maisonneuve. Loin d’être isolée, cette opposition au projet de condos était alors partagée par plus de 2000 résident.e.s du quartier, qui avaient signé une pétition du comité BAILS exigeant « […] qu’aucun condo ne soit développé sur le terrain de Goyette Auto situé sur la rue Ste-Catherine entre Nicolet et Chambly ». Sur la table depuis quatre ans, la menace que représente OSHA semble maintenant se concrétiser, alors que la prévente débutera le 16 février.

Sur les 7 phases annoncées, seule la dernière est destinée à la création de «logements sociaux» sous la forme d’une coopérative d’habitation d’une trentaine d’unités. Soulignons que ce geste se situe cependant bien loin d’un acte de bonté de la part des promoteurs. Il s’agit en fait d’un compromis tactique; en 2016, l’arrondissement avait réussi à négocier avec le promoteur la mise en place d’un volet social, en échange d’une dérogation lucrative permettant d’ajouter un quatrième étage aux immeubles. Ce geste autorise aussi la classe dirigeante du quartier à défendre le projet sous les auspices de la mixité sociale, du renouveau commercial et de la revitalisation urbaine; tant de termes ne servant qu’à masquer le phénomène de gentrification engendré. La volonté des élu.es est toutefois transparente : « Le projet a un caractère stratégique. Il pourrait y avoir un effet d’entraînement et amener d’autres investisseurs », confiait au journal Métro l’ancien maire, Réal Ménard, en 2016. Cet idéal de prospérité, en lien avec la revitalisation du secteur, n’est possible qu’à condition d’y chasser les populations marginalisées. En effet, ce projet n’a que faire du territoire dans lequel il s’apprête à s’implanter dans la mesure où, précisément, il vise à le transfigurer et à le remplacer par – pour reprendre les mots des promoteurs – une « toute nouvelle communauté ».

«Le dernier quartier abordable»

OSHA affirme «ne s’attaquer à aucun logement dans le quartier», mais c’est à tout le secteur que ce projet s’attaque. Un secteur qui présente les plus hauts taux de précarité et de pauvreté, de familles monoparentales, de maisons de chambre ou de travail du sexe dans Hochelaga-Maisonneuve. Tous ces gens y habitant incarnent des modes de vie auxquels ils sont attachés: ces personnes y ont droit de cité et aucun discours ne saurait légitimer le mépris dont font preuve les promoteurs, les fonctionnaires ou les élu.e.s envers les habitant.es de l’arrondissement. Il n’existe actuellement aucun complexe de condos de cette ampleur au sud de la rue Ontario et ce mastodonte immobilier y aura des conséquences majeures.

Si la nouvelle crée de l’incertitude dans les environs, les effets de l’embourgeoisement se font déjà sentir. L’application abusive de règlements contre les cigarettes dans le parc voisin du projet abondamment fréquenté par des gens du quartier, la volonté de fermer une maison de chambre juste en face par l’arrondissement en 2017, la chasse aux crackhouses par le SPVM qui s’en est suivi et, plus généralement, une présence très visible des policiers du PDQ 23 ne sont que quelques exemples qui nous font voir que le travail de déblayage est déjà commencé. Tel que l’affirme Annie Martel, présidente de la Société de développement commercial (SDC) et proprio du Terre à soi, citée dans le plan d’action pour la prostitution de la rue Ste-Catherine du SPVM, « La rue Sainte-Catherine Est est engagée dans un renouveau commercial; le dynamisme de ses marchands et son parti-pris pour le commerce équitable sont autant d’indices que la rue est en pleine effervescence et que la prostitution de rue n’est pas compatible avec le développement des affaires». De l’entre-soi du «quartier dans un quartier» à la volonté affichée de transformer les alentours et de déplacer les «indésirables», il nous est difficile de croire aux discours angéliques de la revitalisation urbaine et de la mixité sociale.

«OSHA contribuera au renouveau formidable»

Il faut dire que ce segment de la rue Sainte-Catherine est dans la mire des spéculateurs depuis quelques années et que sa «revitalisation» est souhaitée par une diversité impressionnante d’acteurs du quartier. La SDC, le Comité Local de Revitalisation, la Table de quartier, les élu.e.s et l’administration de l’arrondissement, tous.tes sont prêt.e.s à liquider ce qu’il reste de refuge pour tou.te.s les poqué.e.s du quartier. Tandis qu’un changement de garde s’opère au niveau des élu.e.s municipaux et provinciaux, le vent progressiste qui souffle sur Hochelaga-Maisonneuve pourrait nous laisser croire à des actions et changements concrets autour de la question des condos et de la gentrification. Il n’en est rien.

Pour les élu.e.s des partis de gauche, que ce soit Pierre Lessard-Blais ou Alexandre Leduc, ces enjeux sont un véritable tabou. Si les valeurs portées par leurs partis devaient les amener à s’opposer à ce type de projet dévastateur pour le quartier et les plus vulnérables, les changements sociodémographiques induits par l’arrivée dans la circonscription d’une classe de petits commerçants et de jeunes propriétaires de condos leur sont toutefois statistiquement favorables. Pris au piège entre leur électoralisme et leurs «principes», le secteur est cédé aux intérêts mercantiles des promoteurs immobiliers et des commerçant.e.s.

À tous les égards, nous nous opposons à ce que ce projet voit le jour. Il constitue un point tournant pour le quartier. Nous invitons donc toutes les forces en présence à prendre action pour contrer ce projet et à demeurer attenif.ve.s aux appels à venir.

Le quartier s’organise!
Bloquons OSHA!

Vous pouvez contacter directement OSHA afin de leur faire part de votre opinion sur le projet:
info@oshacondos.com
(514) 700-5320