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Perspective anarchiste sur la résistance à LNG sur le territoire Gitwilgyoots

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Mar 142017
 

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Résistance à LNG sur le territoire Gitwilgyoots

Vers la fin août, une bande de femmes des lignées Tsimshian, Haida, Nisga et Gitxsan ont initié la défense de Lax U’u’la (Lelu Island) et la Flora Bank[1. Beaucoup de l’attention sur cette lutte a été les zostères et la Flora Bank, et comment cet habitat est essentiel au développement des jeunes saumons qui nagent à travers la Skeena. Bien que nous ne désirions pas diminuer l’importance de cet habitat, nous désirons aussi reconnaître que ces zones cruciales n’existent pas de manière isolée. La Flora Bank ne peut être séparée de l’Agnew Bank, des masses terrestres qui l’entourent, et des courants, des sédiments, et des créatures qui l’entourent et ont un impact sur elle d’encore plus de façons que nous ne pouvons l’imaginer. Nous désirons mettre en garde contre un focus étroit sur la Flora Bank – si l’usine de transformation de LNG est déplacée sur l’île Ridley (une île voisine qui n’est pas entourée par la Flora Bank), ce changement participera quand-même a une société capitaliste et renforcera l’État colonial.] contre la destruction de l’industrie LNG. Le Sm’ogyet Yahaan (chef héréditaire) de la tribu Gitwilgyoots et le Ligitgyet Gwis Hawaal (le leader héréditaire de la maison) et leurs familles ont commencé un camp d’autodéfense sur Lax U’u’la, qui est le territoire traditionnel de chasse et de pêche des Gitwilgyoots. Ils ont aussi été rejoints par une variété d’autres personnes significativement héréditaires des autres tribus Tsimshian, et une bande hétéroclite de sympathisant.es autochtones et non-autochtones venu.es de l’extérieur.

Ce campement a été installé pour prévenir plus de destruction de leur territoire, alors que Petronas et Pacific North West LNG (PNW LNG) planifient de construire une centrale de gaz naturel liquéfié (LNG) de 11 milliards de dollars sur Lax U’u’la, qui est à l’embouchure de la rivière Skeena près de Prince Rupert en Colombie-Britannique. Depuis 2012, ils conduisent des évaluations environnementales et archéologiques, qui ont résultées en plus d’une centaine de sites de tests de forage et de blocs de coupe, et ont coupé au cours du processus plusieurs arbres culturellement modifiés[2.NDT : se dit des arbres que les autochtones entaillent pour déterminer si leur centre est creux en vue de la construction des canots.] Cette centrale serait nourrie par 3 pipelines, incluant le Prince Rupert Gas Transmission (PRGT) récemment approuvé par le gouvernement provincial et détenu par Trans Canada, qui traverse de nombreux territoires autochtones, et auquel résistent présentement les gens de la nation Gitxsan au campement Madii Lii. Cette centrale de LNG proposée a rencontré l’opposition non pas uniquement des Sm’ogyet Yahaan, mais a aussi été unanimement refusée par les 9 tribus Tsimshians de Lax Kw’alaams alliées, qui ont refusé une offre de 1.25 milliards de dollars de Petronas à trois rencontres séparées à Lax Kw’alaams, Vancouver et Prince Rupert. Sans prendre en considération le refus du projet et pour préparer la construction de la centrale LNG, Petronas/PNW LNG ont tenté de continuer à conduire des évaluations environnementales et d’ingénierie à Lax U’u’la, qui incluent des tests de forage détruisant activement l’habitat indispensable à tout le saumon vivant à travers le bassin-versant de Skeena.

Une des principales rivières qui coule dans le Skeena est la Wdzin Kwah (soi-disant Morice/Bulkley), qui est la rivière présentement protégée par le Clan Unist’ot’en, des gens du peuple Wet’suwet’en et leurs sympathisants.es. Le campement Unist’ot’en a aussi débuté en résistance à une méga infrastructure pétrolifère (incluant un autre pipeline majeur projeté par la corporation Trans Canada). Unist’ot’en, Madii Lii et Lax U’u’la sont les trois premières frontières audacieuses contre le développement de LNG dans le Bassin-versant de Skeena. Au moment de l’écriture de ce texte, d’autres s’organisent vers l’ouverture de nouveaux fronts d’action dans cette bio-région.

L’importance du saumon n’est ni abstraite ni théorique. En plus des impacts négatifs sur la santé mentale liés à la déconnexion et à la destruction de terres, la plupart des communautés qui vivent au sein du bassin-versant de Skeena reposent sur le saumon, l’oolichan et d’autres fruits de mer pour nourrir leur famille. Même si tu es fauché et que du ne peux t’acheter de la nourriture à l’épicerie, tu peux toujours compter sur la réserve constante de saumon sauvage de la rivière pour nourrir tes enfants et passer l’hiver. La même chose peut être dite de la vie sauvage comme les orignaux, les chevreuils, les castors, les baies, etc. qui pourraient aussi être fortement affecté.es si ces projets se réalisaient. Plusieurs personnes maintiennent aussi un revenu relativement autonome dans la réaliste capitaliste présente en récoltant de manière soutenable cette abondance.

Ceuzes qui dépendent de notre travail et de notre obéissance ont toujours vu comme une menace la capacité des gens à se soutenir eux-mêmes de manière indépendante. L’état de dépendance forcée a été et est toujours un objectif de la colonisation. La dépendance doit être créée pour limiter la mobilité communautaire à des zones bien délimitées (comme des villages, des villes ou des réserves). Ces zones sont facilement contrôlées, et toute résistance ou révolte peut être surveillée et modérée. Ceuzes qui savent comment vivre avec les saisons et de la terre sont une menace puisqu’illes n’ont pas besoin de ce que l’état fournit pour prospérer.

L’État canadien et les corporations internationales investissent dans les projets d’extraction de ressources à travers le soi-disant Canada. L’impact de ces projets d’extraction sur des ressources qui soutiennent la vie comme l’eau propre, le gibier sauvage et les plantes médicinales n’est pas un effet collatéral non-intentionnel du capitalisme. Il fait d’une pierre deux coups. Les oléoducs, les mines, les terres fracturées pour leur gaz et l’expansion des chemins de fer ne sont pas des projets individuels – ils font tous parties du même effort pour maintenir une société et un mode de vie qui est dépendant de ressources naturelles qui s’amenuisent tout en détruisant du même coup le potentiel de toute vie en dehors du contrôle étatique.

Cette lutte est aussi inextricablement liée à la revitalisation des cultures autochtones, à la décolonisation de la terre, de nos esprits et de nos relations sociales, de la lutte contre le patriarcat et d’une réconciliation authentique entre les autochtones et les non-autochtones. Bien sûr, cela veut dire la destruction de l’état et de l’économie capitaliste.

À date, la résistance au projet de Petronas/PNW LNG s’est principalement orientée sur l’eau. Leur projet demeure aux étapes initiales, en ce qu’il reste des évaluations d’ingénierie devant être effectuées avant le début de la construction d’une véritable centrale. En pratique, cela a principalement pris la forme d’essais pour empêcher les travailleur.euses d’effectuer tout travail, et de perturber les évaluations environnementales et d’ingénierie. Cela veut dire escorter les arpenteurs environnementaux hors des rives de Flora et Agnew, prévenir l’entrée et l’ancrage des bateaux foreurs sur les rives, ralentir ou forcer la marche arrière de bateaux amenant des travailleurs.euses sur des barges. Jusqu’à présent, ces efforts ont été limités et n’ont malheureusement que temporairement mis fin aux opérations de forage. Cependant, avec la force grandissante des warriors et une solidarité croissante, il est toujours possible de briser le rêve de Petronas et Christy Clark.

Il y a aussi une forme de résistance dans la réaffirmation de Lax U’u’la comme lieu de guérison et de cérémonie. Des infrastructures sont continuellement construites et il y a d’autres préparations pour défendre l’île elle-même (qui sert aussi à maintenir et à étendre les opérations aquatiques). Plusieurs structures ont été construires et lorsqu’il y aura une confrontation moins constante, l’intention est d’utiliser ces espaces comme espace pour enseigner à la jeunesse les modes de vie liés à la terre ancestrale, et à guérir des traumatismes constants de la colonisation.

Pour des milliers d’années, les communautés se sont soutenues elles-mêmes grâce aux offrandes abondantes de la rivière Skeena et des terres qui l’entourent. Ces projets d’extraction de ressources menacent de détruire la capacité des gens de vivre de la terre, en opposition à l’état. La colonisation européenne a presque mené à l’extinction des bisons des prairies, et si on ne se bat pas, le saumon sauvage du pacifique suivra certainement.

Si nous cherchons à voir la victoire de cette lutte contre les pétro-corporations et l’état canadien, nous devons continuer à apporter un support matériel solide. Nous devons aussi faire proliférer l’agitation sociale et le dérangement de la vie quotidienne de la population dans les centres urbains à travers cette région et ailleurs.

Il y a plusieurs façons de montrer notre solidarité avec cette résistance féroce et toujours plus expansive. Des fonds sont toujours nécessaires pour l’entretien des bateaux et pour de l’essence. Le campement tente spécifiquement de lever des fonds suffisants pour acheter des pièges à crabe, de nouveaux bateaux et des lignes de pêche pour continuer à récolter de la nourriture autour de Lax U’u’la, pour en fournir à leurs aîné.es et leurs communautés. Vous pouvez aussi venir visiter la région par vous-mêmes, avec un.e ami.e ou une bande pour contribuer sur le terrain à ce campement de défense. La lutte est toujours renforcée par une attaque large et décentralisée, la solidarité peut aussi inclure une résistance aux développements dans vos propres régions (Site C Dam, le Trans Mountain et la Ligne 9 n’étant que quelques exemples). Ces projets sont aussi facilités par les bureaucrates qui travaillent pour les gouvernements et les compagnies, et dont les bureaux sont situés dans les centres urbains. Dans le passé, la solidarité a été montrée à travers des manifs de bruit et d’autres actions contre ces bureaux et les infrastructures des compagnies.

Vous pouvez donner au fond de défense de Lax U’u’la à travers leur page GoFundMe : http://www.gofundme.com/lelu_island

Sites web utiles :

www.laxuula.com

Stop Pacific NorthWest LNG/Petronas on Lelu Island

www.madiilii.com

www.facebook.com/unistoten

www.skeenadefense.com

Stantec Montreal Offices:

300-1080 Beaver Hall Hill
Montreal, Quebec H2Z 1S8

600-1060 Robert-Bourassa Boulevard
Montreal, Quebec

Appel pour un 1er juillet anticolonial partout au Canada

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Mar 102017
 

De CLAC

Nous contactons des groupes et des personnes alliéEs de partout au soit-disant Canada parce que nous voulons organiser un 1er juillet anticolonial 2017 à Montréal, et nous vous proposons de le faire aussi dans votre ville pour qu’il y ait des manifestations, des événements, des perturbations et des actions anticoloniaux à travers le Canada.

Comme vous le savez, cette année c’est le 150e anniversaire du Canada. Le gouvernement prévoit dépenser 500 millions de dollars en 2017 pour organiser des cérémonies, des parades et des fêtes pour célébrer fièrement le colonialisme, l’impérialisme et le racisme qui marquent l’histoire de ce pays. Ces sommes seront investies dans des projets douteux qui favoriseront les entreprises touristiques et qui ne bénéficieront que très peu aux résidentEs du territoire.

Nous ne devons jamais oublier que le territoire que l’on appelle Canada a été volé par les colons européens aux autochtones qui vivaient ici depuis des millénaires, dans un désir avide de richesses naturelles pour enrichir la couronne de France et d’Angleterre. Pourquoi devrions-nous fêter cela ?

Le colonialisme canadien n’est pas une chose du passé, l’oppression et le racisme envers les peuples autochtones existent toujours, que l’on pense aux incarcérations massives, aux abus qu’ils et elles subissent de la part des policiers ou aux interventions militaires (Restigouche, 1981, Oka, 1990, Gustafsen Lake 1995, Elsipogtog 2013) pour les « discipliner » lorsqu’ils et elles revendiquent les droits que le Canada leur a garantis dans ses propres traités (qui ont été signés après l’invasion du territoire et la déstabilisation des écosystèmes desquels dépendaient leurs communautés). Encore une fois, comment pouvons-nous vouloir célébrer ?

Même si la grande majorité de la population canadienne est issue de l’immigration, avec la colonisation débutée au 16e siècle, notre gouvernement garde toujours une vision raciste face aux nouveaux et nouvelles immigrantEs. Les nouveaux et nouvelles arrivantEs sont marginaliséEs, privéEs des services essentiels de base pour vivre dans la dignité et trop souvent traitéEs comme des criminelLEs ou même des terroristes. Doit-on être fiers de l’accueil que nous réservons aux gens qui doivent immigrer ici parce que la vie dans leur pays est devenue insoutenable, souvent à cause des politiques impérialistes du Canada et des autres pays riches qui n’ont jamais assez de pouvoir et d’argent ?

C’est pourquoi nous dérangerons le plus possible la fête du Canada le 1er juillet, parce qu’il n’y a aucune fierté à habiter un pays construit sur des terres volées et qui accumule depuis tout ce temps des richesses grâce à l’exploitation sauvage des ressources d’ici et de partout dans le monde, ni d’un pays raciste qui marginalise les autochtones et les immigrantEs.

Partout autour de nous il y a des symboles du colonialisme canadien : les bâtiments de l’armée canadienne, les canons et autres symboles et musées militaires, les bureaux du gouvernement, les magasins de la Compagnie de la Baie d’Hudson (créée pour faire de l’argent avec le commerce des fourrures pour le bénéfice de l’Angleterre), les prisons, les tribunaux, les parlements, les hôtels de villes, les bureaux du SCRS et de la GRC, etc. Faisons preuve de créativité !

Si vous ou votre groupe est intéressé à organiser quelque chose dans votre ville, écrivez-nous à info@clac-montreal.net pour qu’on puisse se coordonner touTEs ensemble pour un 1er juillet inoubliable !

La TD Bank redécorée en solidarité avec Standing Rock

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Mar 062017
 

Soumission anonyme à MTLCounter-info

De sympathiques amiEs ont rendu visite à la succursale de la banque TD située sur Chabanel durant la nuit du 3 mars.

La TD ayant des fonds dans le Dakota Access Pipeline (DAPL), nous jugions pertinent de leur rappeler leur responsabilité pour les expulsions du Campement de Standing Rock ayant eu lieu cette semaine en territoires Sioux. Les banques, par leur financement de projets extractivistes, cautionnent la destruction colonialiste des territoires et la violence envers les peuples autochtones.

Solidarité de Tio’tia:ke
À bas les frontieres!
Leurs pipelines ne passeront pas!

L’autre souveraineté – Les Innus

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Mar 042017
 

De La Fronde: Journal anarchiste montréalais
La fronde est disponible à L’Insoumise et La Déferle
Extraits choisis, www.littor.al

Célébré de part et d’autre du monde blanc comme un tournant dans la manière de traiter avec les communautés autochtones, un « traité moderne» crucial s’apprête à être signé, si tout va mal. Le traité Petapan avec les communautés innues de Mashteuiatsh, Essipit et Nutashkuan est le résultat de 30 ans de négociations, durant lesquelles six autres communautés innues et attikamekws ont fini par se retirer du processus, laissant une poignée de chefs de conseils de Bande statuer sur l’avenir d’un territoire 16 fois plus large que l’île de Montréal.

Prévu pour être signé vers la fin de mars prochain à l’Assemblée nationale, le traité Petapan se targue de reconnaître « l’autonomie gouvernementale » du territoire d’Innu Assi, mettant supposément fin de ce fait à la longue histoire des empiètements, de l’acculturation et de l’extermination des peuples premiers. Si cette histoire brutale fut certes menée à coup de traités, le dernier en liste serait, dit-on, d’une autre nature. Au contraire de la Convention de la Baie James, qui a permis l’intégration constitutionnelle de pas moins de 20% du territoire « québécois » – près de 300 000 km2 – aux mains des Cris, le traité Petapan n’entend pas « éteindre » les droits ancestraux, mais seulement les « harmoniser » à ceux du Québec…

Englobant les bassins-versants du Lac Saint-Jean, une bonne partie du Labrador et toute la Côte-Nord, le Nitassinan, territoire traditionnel des Innus et des Attikamekws, s’étend sur près de 100 000km2. C’est là que se sont réfugiés les animaux et les poissons traqués aux confins de la civilisation – les deux tiers du Nitassinan sont zonés comme réserve à castor –, et où gisent les minéraux et rivières torrentielles qui n’ont pas encore été harnachées. D’où l’importance cruciale de ce traité pour un gouvernement qui n’en finit plus de vouloir en finir avec les ressources naturelles.

Au-delà de ses apparences altruistes, le traité Petapan cache une anguille considérable sous la roche mère. Certes, les Innus y deviendront les « gestionnaires » de leur territoire – pas tous les Innus, évidemment tout ceci ne concerne que les chefs de bande dûment attitrés. Gestionnaires… c’est le terme qu’utilisait le gouvernement pour désigner les familles tenant un certain territoire de chasse, jusqu’à ce qu’il le remplace par « gardiens de territoire », pour éviter toute confusion. Mais si les projets de développement devront recevoir la caution des Innus, et s’ils se verront sans doute octroyer la traditionnelle « indemnité de vacances » de 3% des recettes, ce transfert de la gestion du territoire vers ses «propriétaires» ancestraux ne vise rien de moins qu’à lui forcer la main pour l’ouvrir au développement des infrastructures. Voyez l’astuce: au terme d’une période de 12 ans, le gouvernement fédéral cessera de verser toutes les prestations d’assistance auxquelles ont aujourd’hui droit les réserves, laissant au gouvernement semi-autonome, pour ne pas dire au protectorat innu, le soin de lever ses propres taxes.

Sans plus d’assistance du gouvernement fédéral — qui existe en compensation des atrocités commises par celui-ci –, les Innus devront se résoudre à ouvrir ses ressources à l’exploitation, sous peine de tout simplement crever de faim. D’autant plus que les coûts déjà engagés pour les négociations, avec ses innombrables études de terrain et avis juridiques, s’élèvent à plus de 40 millions de dollars… Sans compter que le gouvernement du Québec s’était d’abord réservé la propriété entière et exclusive des ressources hydrauliques et du sous-sol, ainsi que 75% des minéraux de surface. S’il a dû se raviser devant les protestations, laissant finalement les Innus régner seuls sur leurs ressources, le territoire de l’Innu Assi prévu par l’entente de principe a été depuis coupé de plus de la moitié, passant de 2 538 km2 à 1 250 km2. À Nutashkuan, un projet de barrage hydroélectrique de 50 méga-watts attend déjà la conclusion de l’accord avec fébrilité – l’entente de principe de 2004, devant servir de base au traité, le prend pour acquis, en soutenant au futur simple que « Le Québec s’engagera à donner priorité à la Première Nation de Nutashkuan sur le développement des forces hydrauliques de 50 MW et moins situées sur Innu Assi » . À voir la dislocation et l’éparpillement du territoire projeté de l’Innu Assi, on comprend bien pourquoi cela a pris 30 ans pour identifier et retirer de l’accord toutes les zones à fort potentiel géologique.

La résistance

Mais il n’y en aura, manifestement, « pas de facile ». Il suffit parfois d’un petit ferment d’opposition pour faire tourner au vinaigre une machination mûrie depuis des années. Contre le traité Petapan, un regroupement de « gardiens de territoire » Innus s’élève présentement, et commence à faire des vagues. En se présentant aux instances de sélection au hasard des «gestionnaires de terrains de piégeage» devant former le « comité Tshitassinu » afin de bénévolement conseiller l’application du traité, ces opposants partent des discussions qui ont tôt fait de remettre en question l’entièreté du processus. De multiples blocages de routes et de chemins forestiers, auxquels se sont rajoutés des membres des communautés Attikamekws, tout bonnement ignorés par l’entente, mettent une pression non-négligeable sur un processus dont la validation tient sur une apparence d’irréprochabilité éthique.

Si l’opposition au traité Petapan voit clair dans le jeu du gouvernement, c’est qu’elle part de son propre mode de vie éprouvé. En ce qui concerne la pratique millénaire de la chasse, de la trappe et de la pêche, le traité ne vise rien de moins que l’extinction de ce mode de vie, passé sous le vocable de « l’harmonisation » des pratiques traditionnelles avec les systèmes québécois et canadien de permis, de certificats, d’enregistrement des prises, de périodes de chasse et de quotas de captures (point 5.7 de l’entente de principe) C’est donc le mode de vie le plus propre aux autochtones d’avant la colonisation – la chasse et la pêche comme moyen principal de survie –, qui se retrouve attaqué dans un de ses derniers retranchements sur le continent. Là, où se sont réfugiés les derniers animaux sauvages pouvant subvenir aux besoins d’une population limitée de chasseurs-trappeurs, la convoitise des minières et des hydroélectriques entend détruire ce que les colonies de peuplement ont chassé partout ailleurs. Or, le rapport des Innus traditionalistes opposés au traité Petapan à la pratique ancestrale de la chasse est considéré comme « sacré ». Autant dire qu’elle ne saurait être « harmonisée » avec les normes blanches sans perdre son âme. La chasse, entendue au sens plein, comme activité spirituelle inaliénable, renferme une relation immémoriale au territoire Innu, et un savoir sur la manière d’y vivre d’autant plus durablement qu’elle se passe de tout développement. Comme le rappelle un occupant-chasseur de territoire innu : « Nos ancêtres ont vécu sur ce territoire bien avant la création des Conseils de bande par les Européens. Ils nous ont transmis les connaissances nécessaires pour vivre et s’organiser pendant des millénaires sur le Nitassinan. Nous n’avons pas besoin d’un traité et d’un gouvernement pour contrôler et limiter nos pratiques traditionnelles. La longue marche innue n’a jamais eu besoin des lois européennes sur le Nitassinan! »

Il ressort donc que ce souverainisme autochtone en réémergence au soi-disant Québec n’est pas celui qui se dit dans les conseils de Bande et se lit dans les ententes de principe. Les regroupements de chasseurs innus et attikamekws opposent une indépendance de fait à l’indépendance de jure du traité Petapan, dénoncé comme une incursion de la conception européenne de l’État. Il ne faut donc pas hésiter, s’il s’agit de supporter cette affirmation autochtone d’une indépendance ancestrale, à répondre à leur appel à la solidarité. En reconnaissant, d’abord, en quoi les structures mises en branle par les négociations du traité sont entièrement tributaires des Blancs – rappelons que plus de 50% des employés du conseil de Bande d’Essipit sont en réalité des Blancs venant des Escoumins et d’autres municipalités limitrophes; la résistance à leurs manœuvres insidieuses est ainsi tout autant du ressort de la solidarité non-autochtone que de la résistance des communautés concernées. En prenant au sérieux, ensuite, les conceptions du monde et du territoire spécifiques à ces communautés, comme incarnant le vrai visage d’une résistance continue aux agressions de la civilisation du développement, en même temps que leur cible privilégiée. Ce qui amène à se demander, concrètement, comment reconnaître leur indépendance de fait, et comment assister à leur rejet des projets extractivistes. Car cette île de la Tortue où l’on séjourne renferme nombre de manières de vivre farouchement souveraines, qui ne demandent qu’à être considérées à ce titre dans nos esprits. Quitte à devoir y dissoudre ce qu’on a pris coutume de considérer comme le Québec et le Canada.

Appuyons la lutte contre le traité Petapan!

Pour plus de renseignements,visitez la page Facebook du Regroupement des familles traditionnelles de chasseurs-cueilleurs Ilnuatsh. Restez à l’affut!

Allumer un feu sous la lune en Cancer

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Jan 152017
 

Soumission anonyme à MTL Counter-info

Par un matin glacial du vendredi 13 janvier, nous nous sommes réveillé.es à l’aube pour nous aventurer dans le vent et le froid. Une magnifique pleine lune en Cancer descendait vers l’horizon alors qu’un soleil brumeux se levait à l’est.

Ensemble, nous avons bloqué le traffic du matin en direction du centre-ville, sur la rue Notre-Dame Est à Hochelaga-Maisonneuve. Nous l’avons fait avec des sapins de Noël jetés à la rue et un feu de pneus. Au-dessus de la rue, une bannière a été accrochée au viaduc de chemin de fer qui court entre le port et le terrain vague. Nous avons bondi dans la neige, transportant notre pesante charge, veillant les un.es sur les autres, nourrissant de nouveaux savoir-faire, développant une multiplicité de tactiques ensemble, bâtissant des relations de lutte remplies de care et de sens. Lorsque les barricades furent érigées et les feux allumés, nous nous sommes rapidement dispersé.es avec soin, pour retourner vers la chaleur et la sécurité.

L’année 2017 ouvre la voie à deux “célébrations”: celle du 150e anniversaire de la Confédération du soi-disant ‘Canada’ et le 375e anniversaire de l’occupation coloniale génocidaire et de la destruction du territoire Kanien’Keha:ka avec la création de la ville de Montréal.

Nous avons voulu exprimer notre dégoût et notre colère face à ces célébrations, en débutant l’année par cette action. Nous avons aussi été motivé.es par le cri de guerre The Year for Indigenous Liberation. Un autre appel inspirant a été lancé cette semaine, 150e, 375e : vive les rebelles!, invitant à perturber les anniversaires coloniaux du Canada et de Montréal.

Fuck le 375e.
Fuck le 150e.

Nous croyons qu’exprimer notre rage contre toutes les formes de contrôle et de domination est essentiel, de même que contre les villes, les États et les sociétés qui les soutiennent et les requièrent.

Nous sommes inspiré.es par les luttes anti-coloniales et anti-capitalistes, qu’elles soient près ou loin de nous, ainsi que par les siècles de lutte des nations et des communautés autochtones pour la terre, l’eau et la vie.

On vous suggère d’aller lire quelques-unes de ces histoires de résistance sur:
Warrior Publications
SubMedia.tv

Nous désirons manifester notre révolte de toutes les manières possibles contre la merde nationaliste, contre les mécanismes de surveillance et de répression capitalistes et fucking racistes, contre le nettoyage social et le divertissement spectaculaire et misogyne que représente l’anniversaire de cette ville. Pis toute. Fuck toute.

150e, 375e : vive les rebelles!

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Jan 132017
 

Soumission anonyme à MTL Counter-info

Cette année, le Canada célèbrent son 150e anniversaire d’existence coloniale et Montréal, son 375e. Tout au long de la prochaine année, nous allons célébrer les histoires de résistance au projet colonial canadien, en continuant à les inclure dans nos luttes présentes. Ceci est un appel adressé aux anarchistes à travers le territoire du soi-disant Canada, et à tous.tes ceux et celles qui luttent contre la société coloniale, afin de combiner nos diverses capacités de toutes les manières possibles dans cette lutte contre ce cauchemard persistant.

De la propagation intentionnelle de la petite vérole aux conditions qui causent l’assassinat et la disparition d’un terriblement grand nombre de femmes et d’hommes autochtones assassiné.es et disparu.es, le projet du Canada a consisté en un génocide contre les personnes autochtones se manifestant à travers des formes variées et ayant encore cours aujourd’hui. Le Canada tente d’imposer un état de dépendance à la société coloniale en détruisant l’autonomie des personnes autochtones en les empêchant de vivre des fruits des territoires (à travers le système des réserves), et à travers le génocide culturel menant à une fracture générationnelle et une amnésie collective (ceci étant institutionnalisé à travers le système des pensionnats autochtones qui exista jusque dans les années 90).

Nous désirons saboter la machinerie qui fait fonctionner cet héritage colonial. L’infrastructure de cette machine et le développement de projets d’exploitation signifie la dévastation de la terre qui nourrit toute la vie. Il s’agit des dispositifs policiers du Canada, de l’assaut de Gustafsen Lake à la violence sexuelle généralisée contre les femmes autochtones par la SQ. Cela signifie aussi les projets de contrôle colonial nécessaire au fonctionnement du Canada; la stérilisation forcée et systématique, le système de réserves et l’incarcération massive des personnes autochtones et noires. Cette machinerie est aussi sociale – l’identification sociale avec la ville, la nation et la blancheur.

375e : vive Montréal! est une campagne touristique où une enveloppe budgétaire a été allouée à chaque quartier de Montréal par l’État pour les célébrations. Ceci sera utilisé comme opportunité pour accentuer le mouvement de gentrification et le nettoyage social, et pour normaliser le narratif étatique d’une colonisation bienveillante et inévitable. Le programme événementiel et les vidéos promotionnels mettent en scène principalement des artistes et des musicien.nes francophes blanc.hes – démontrant ainsi sur qui ils.elles misent dans le cadre de ce nouveau projet de développement et de contrôle : à travers des artistes nationalistes et hipsters et la culture populaire québécoise. Bien que cette campagne, à travers les gens qu’elle mobilise, soit sans gêne une campagne pour la suprématie blanche, nous sommes aussi familier.ères à outrance avec le script du multiculturalisme canadien – qui représente et intègre différente catégories identitaires dans le projet génocidaire, pour nourrir insidieusement le contrôle social.

Au minimum, nous pouvons montrer qu’il y a des personnes que le Canada tente d’intégrer à ce projet de suprémacie blanche qui sont en rébellion contre celui-ci. Trouvons les différents moyens qui nous permettrons de nous connecter à travers les vies ségréguées que nous expérimentons tous les jours. À travers de tels liens, nous pouvons espérer avancer vers la création d’un projet de rébellion auquel les gens peuvent s’identifier, qui se situe à la fois en dehors du nationalisme blanc de droite et du multiculturalisme libéral de gauche.

Voici quelques idées pour inspirer les gens sur les manières de s’organiser pour répondre à cet appel :

– Perturber les festivités du 375e et du 150e, dans chaque quartier de Montréal et à travers le Canada.
– Approfondir les relations de solidarité entre les gens qui désirent se battre contre le projet du Canada. Pour ce faire, nous croyons qu’il est crucial de ne pas reconduire la passivité de la politique d’ “allié.es”, où les allié.es ne sont pas mu.es par leurs propres raisons de lutter. Tout le monde a intérêt à défendre la terre contre la destruction coloniale. En tant qu’anarchistes, nous avons d’innombrables raisons de nous battre sur des termes de solidarité réciproque avec toute personne qui lutte contre les frontières, la police, l’extraction de ressources et la domination économique nécessaires au Canada. Nous pensons que des affirmations comme “être un.e allié.e des personnes autochtones” est contradictoire et n’a pas de sens si l’on reconnaît qu’il n’existe pas de catégories homogènes de gens. En fait, nous ne devrions pas ignorer le fait qu’il y a souvent des conflits au sein des communautés autochtones autour des objectifs et des tactiques. Par exemple, à Standing Rock, le Red Warrior Camp (qui a employé des tactiques confrontationnelles et perturbatrices contre le pipeline) s’est fait demander de quitter le camp par les chefs qui condamnaient toute action en dehors de la désobéissance civile non-violence qui permet d’obtenir le sceau de légitimité des médias et des blanc.hes.
– Créer de la contre-information pour communiquer des perspectives anti-coloniales.
– Confronter, perturber et attaquer toutes les manifestations de l’ordre colonial: le fonctionnement de l’économie capitaliste, les projets et les infrastructures d’extraction de ressources, les dispositifs répressifs de la police et des prisons, les narratifs dominants du colonialisme (statues, musées, églises, etc.) et toutes les autres manières par lesquelles le colonialisme est maintenu dans les endroits où vous vivez.

L’existence du Canada et de Montréal est de manière inhérente un projet de contrôle et de dévastation écologique – voici ce à quoi ressemblent le “progrès” et le “développement”. Ces processus fracturent toujours davantage tout semblant de communauté que nous pourrions essayer de nourrir, ce qui a en retour des effets profonds sur nos capacités à nous rebeller. Nous désirons rompre avec les relations sociales de production, de consommation, de citoyenneté et de blancheur. Nous désirons ouvrir la possibilité de vivre différemment les relations, ce qui veut aussi dire de créer des opportunités pour nous rendre incontrôlables. Nous désirons perturber le narratif qui célèbre un Canada amical et bienveillant. Engageons le conflit avec Montréal et le Canada à chaque fois que cela est possible. Fuck Montréal, Fuck le Canada : bloquons-les!

Solidarité avec #NODAPL : comment bloquer des chemins de fer

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Déc 232016
 

Soumission anonyme à MTL Counter-info

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Les trains sont l’un des principaux moyens de transport du pétrole sur l’Île Tortue. Des chemins de fer ont été bloqués physiquement de nombreuses fois pour freiner les projets d’« extraction de ressources » écocidaires.

Nous pouvons aussi bloquer les rails subtilement : il s’agit de duper le système de signalement des trains, pour lui laisser croire qu’il y a un train sur les rails. Ce truc force le trafic ferroviaire à arrêter jusqu’ à ce que le signal qui indique le passage du train soit retiré et que le blocage soit réglé. L’opération peut être effectuée en moins d’une minute et être répétée à de nombreuses reprises pour affecter la circulation de trains de manière significative. Trouver la source du blocage et régler la situation peut prendre des heures. Pendant ce temps, la circulation de trains est arrêtée.

Voici comment fonctionne le système :
Chaque rail est parcouru d’un courant de faible vélocité. Aux points de jonction d’un rail individuel, l’électricité passe grâce à des connexions créées par des fils de cuivre. Lorsqu’un train passe, une connexion électrique est formée entre les rails, ce qui signale sa présence.

Voici comment nous pouvons bloquer le signal :
La première étape est de te procurer des câbles à booster (de calibre 6 ou “6-gauge”). Pour les rendre plus difficile à trouver, tu peux les peindre en noir. La rouille sur les rails peut empêcher l’efficacité de la connexion, alors connecter directement les câbles sur les rails pourrait ne pas fonctionner. Pour éviter ce problème, tu peux trouver une section des rails où il y a deux jonctions face à face, et connecter les câbles de cuivre avec les câbles à booster. Tu peux cacher le fil avec de la neige ou des roches. La connexion va faire en sorte que les barrières des intersections entre les chemins de fer et les routes les plus proches s’abaissent.

Fuck les pipelines: trois banques sabotées en solidarité avec #NODAPL

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Déc 192016
 

Soumission anonyme à MTL Counter-info

Dans la nuit du 13 décembre 2016, trois succursales de banques investissant dans les pipelines ont été sabotées dans différents quartier de Montréal, par des groupes coordonnés. Nous avons mis de la colle dans les serrures et dans les fentes des machines distributrices de succursales de la Toronto Dominion et de la Royal Bank of Canada. Nous avons aussi inscrit #NODAPL et « solidarité avec les personnes défendant les terres » sur les murs des banques.

TD et RBC sont parmis les plus grands investisseurs canadiens dans le Dakota Access Pipeline. RBC est aussi un investisseur majeur dans la ligne 3 de Enbridge, projet qui vient tout juste d’être approuvé par le gouvernement du Canada, et dans Kinder Morgan, dont le pipeline Trans Mountain vient aussi tout juste d’être approuvé. La résistance contre Enbridge et Kinder Morgan est active depuis des années. Par ce sabotage, nous la continuons, et nous nous attendons à ce qu’elle se poursuive dans le futur. Fuck les pipelines.

Ces actions ont été perpétrées par des anarchiste en solidarité avec la lutte actuelle à Standing Rock, qui tente de résister à la construction du Dakota Access Pipeline par tous les moyens nécessaires. Nous savons que le corps des ingénieurs de l’armée américaine a refusé de donner un droit de passage au Dakota Access Pipeline, mais nous savons aussi que Energy Transfer a l’intention de poursuivre. La lutte continue. Nous supportons toutes les personnes protectrices des terre et de l’eau, partout à travers le monde, qui se battent contre les projets d’infrastructures qui perpétuent la marche génocidaire du colonialisme et du capitalisme.

Nous savons qu’il est nécessaire pour nous de nous organiser pour détruire ces systèmes. Nous sommes parfois plus efficaces à découvert dans la rue et dans les terres, mais il nous faut des fois prendre le couvert de la nuit pour frapper le plus fort. Nous avons hate de nous joindre à vous, peu importe la ou les luttes à venir vont nous mener.

#NoDAPL
L’eau c’est la vie, le pétrole la mort!
Fuck les pipelines, fuck les banques!
Laissons le pétrole sous terre!

Blocage de la voie ferrée à Pointe-Saint-Charles

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Nov 172016
 

De Submedia.tv et La Pointe Libertaire

Dans un geste de solidarité avec les Premières Nations de Standing Rock un groupe de 15 militantes et militants allochtones ont bloqué vers 16h le 15 novembre la voie ferrée à Pointe-Saint-Charles. L’action de blocage a duré une vingtaine de minutes, au point de circulation ferroviaire le plus achalandé à Montréal. Les policiers ont menacé d’intervenir au moment ou un train de marchandises a dû s’immobiliser.

Les manifestant-e-s ont déployé 3 banderoles dont une au viaduc de la rue Wellington pendant qu’un rassemblement de solidarité d’une soixantaine de personnes se trouvant dans le parc de la Congrégation appuyait l’action sur les rails.

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Cette action de solidarité avait pour objectif de soutenir la lutte des autochtones du Dakota Nord qui empêche actuellement la construction d’un pipeline qui menace les communautés locales. D’ailleurs un militant de Kahnawake était sur place pour saluer l’action de solidarité avec Standing Rock.

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Pour les militant-e-s et les citoyens-nes qui de plus en plus refusent le passage des pipelines afin de protéger l’eau, source de vie, et leurs territoires d’éventuels déversements de pétrole et de contamination, l’action directe et la solidarité à travers l’ile de la Tortue (l’Amérique du Nord pour les autochtones du Canada) entre autochtones et allochtones sont devenus les seuls moyens pour bloquer l’expansion de l’industrie pétrolière, y compris par chemin de fer où les wagons, véritables bombes roulantes circulent au cœur de nos communautés.

Bref, le pétrole « de la mort » doit rester dans le sol et nous devons nous orienter résolument vers les énergies écologiques. Les militant-e-s d’un peu partout à travers l’Amérique savent que la lutte sera longue et que la bataille sera dure parce que l’industrie du pétrole appuyé par les banques et les gouvernements est particulièrement puissante.

Cette bataille, les militant-e-s affirment qu’il faut la gagner, ne serait-ce que pour protéger le présent et l’avenir des communautés partout en Amérique du Nord. « Et nous la gagnerons. » C’était là un sentiment partagé par plusieurs sur le lieu du rassemblement et dans la marche qui a suivi dans le quartier Pointe-Saint-Charles.

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De la peinture renversée sur la tombe de James McGill

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Nov 112016
 

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Soumission anonyme à MTL Counter-info

Durant les petites heures du matin du 11 novembre, de la peinture rouge a été renversée sur la tombe et le monument à l’honneur de James McGill sur le campus du centre-ville de l’Université McGill. « Fin à McGill » a été peint près d’une plaque dédiée aux soldats tués durant la 2e guerre mondiale.

James McGill, le fondateur de l’Université McGill, est connu pour sa possession d’esclaves noirs et autochtones. Ses immenses revenus sont ce qui lui a permis de financer l’établissement de l’Université.

Le 11 novembre marque le Jour du Souvenir. Ce jour honore les vétérans et les soldats de guerres présentes et passées. Lors de ce jour, l’Université McGill accueille généralement une invasion de personnel militaire, célébrant le nationalisme canadien et leur supposée bénévolence. Cette année, nous donnons une nouvelle vocation au Jour du Souvenir : nous nous souvenons de ceux assassinés par les activités colonialistes canadiennes et les guerres impérialistes.

Seulement quelques jours après l’élection d’un suprémaciste blanc comme président des États-unis, nous célébrons tous ceux qui se battent contre le colonialisme et l’impérialisme, autant sur le campus de McGill, qu’au dehors.

Dans l’espoir que toutes les tombes et monuments des héros colonialistes seront défigurés.

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