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G7 : Jus Parabellum – Le Teach-in !

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Mar 262018
 

Du Réseau de résistance anti-G7

Samedi, avril 21, 2018 – 09:30 to 17:00
2149 Mackay

La journée d’ateliers aura lieu le samedi 21 avril, de 9h30 à 17h00 au SCPA, 2149 Mackay (près du métro Guy-Concordia). L’horaire prévu est :

  • 9h30 : Ouverture des portes ;
  • 10h00 : Salle 1 : Anticapitalisme et G7 ;
  • 12h00 : Dîner;
  • 13h00 : Salle 1 : Atelier d’introduction pour médics de manif (« street medics ») / Salle 2 : Atelier d’introduction à l’autodéfense juridique ;
  • 15h00 : Salle 1 : Atelier de sécurité en manifestation ;
  • 17h00 : Fin.

Un atelier d’autodéfense (Muay Thai) sera aussi organisé, mais vous devez confirmer votre présence au rrag7-legal@antig7.org

“Jus para bellum” ou, littéralement, “justes, préparez-vous à la guerre”. Si on ignore pour le moment les coûts totaux du sommet du G7 des 7-8-9 juin 2018 à La Malbaie, on estime à plus de 300M$ les coûts liés à la seule sécurité du sommet. Alors qu’on aurait pu supporter nos malheureux services publics, comment peut-on réagir en voyant que tout cet argent sera finalement dépensé en répression et contrôle contre nous ?

Nous ne pouvons qu’espérer que la contestation du sommet se passera bien, que les leaders du G7 n’auront d’autre choix que de nous entendre et prendrons pour une fois au sérieux la préséance de l’humanité face aux gains de capitaux collossaux des businessmen et businesswomen qui leur collent aux souliers comme une veille crotte de chien. Mais à voir tout cet argent dépensé dans un arsenal de guerre, d’espionnage de la population, et de propagande pour justifier la répression, ce souhait d’un heureux G7 n’est que voeu pieu. Les leaders du G7 se préparent pour la guerre, il n’y plus de place pour la naïveté, faisons de même.

Le Réseau de résistance anti-G7 (RRAG7) organise donc une journée d’ateliers pour les personnes intéressées à contester le sommet. L’objectif de cette journée est d’informer toute personne intéressée sur ses droits et sur ce qu’elle peut faire pour se protéger. Nous serions heureuses et heureux de pouvoir transmettre les outils de base en vue de faire face à l’État et à ses deux bras droits : la police et le système judiciaire.

Les leaders du G7 nous font la guerre, guerre aux leaders du G7,

Les leaders du G7 nous font la guerre, jus para bellum.

Fuck you, Fuck votre Cour, Fuck la Couronne et la Reine que vous servez : Réponse à la sentence de ceux ayant fermé la Ligne 9

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Mar 232018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info. Le lien de la levée de fonds est au bas de la page.

Le 18 décembre 2017, deux camarades anarchistes ont été condamné-es pour le rôle qu’il.les ont joué dans l’action directe de 2015 ayant fermé la Ligne 9 d’Enbridge. Leur groupe affinitaire a accompli cela en fermant physiquement une valve manuelle, ce qui a prouvé qu’il est possible de fermer des oléoducs de manière sécuritaire. Cette action, la première en son genre, a inspiré une vague d’actions similaires, dont l’une ayant fermé 5 pipelines simultanément dans 4 différents états.

Au moment d’annoncer la sentence de Fred et Will, le juge a jugé approprié de semoncer les défendants. « Vous êtes convaincus », a-t-il dit, « que c’était correct ». Il a poursuivi en comparant l’action des activistes, qui n’a blessé aucune entité physique, avec des attaques terroristes comme celle de l’attaque à la bombe du Marathon de Boston ou le massacre du Bataclan à Paris. Le point commun entre ces actions consiste dans le fait de leur motivation idéologique. Le juge a poursuivi en faisant référence à un homme allemand dans les années 30 qui était persuadé de la justesse de sa cause.

Eh bien, nous pouvons nous aussi jouer à ce petit jeu. Si la condamnation qui suit semble exagérément cinglante, gardez en tête que ce fucking juge a comparé notre camarade à fucking Adolf Hitler.

Ce juge représente la même Couronne qui est responsable d’atrocités bien pires que l’attaque à la bombe du Marathon de Boston ou les actes des tireurs du Bataclan. Le système génocidaire des écoles résidentielles a été présidé par de nombreux juges, et le coût humain de ce système est bien plus grand que les actes terroristes cités par le juge. Comment osez-vous réprimander nos camarades, comme s’ils étaient des enfants perdus, pour avoir désobéi à votre Loi, alors que de bien plus grandes atrocités ont été commises par des gens qui avaient pour arme cette même Loi? C’est votre code moral, pas le nôtre, qui est malade et naïf.

Vous êtes vieux, et ne vivrez pas assez longtemps pour voir l’étendue du cataclysme à venir avec le changement climatique, de même que les crises politiques et économiques qui en seront la conséquence. Pour ceux et celles d’entre nous qui devrons vivre avec les conséquences de l’échec de votre génération à adresser la crise écologique, nous ne pouvons tolérer le viol quotidien de la Terre Mère entrepris par Enbridge et compagnie. Comment osez-vous nous gronder d’avoir agi pour défendre notre avenir? C’est notre avenir qui est systématiquement appauvri depuis des siècles par l’écocide sanctionné par l’État. Nous réprimanderiez-vous de désirer léguer un monde vivable à ceux et celles qui viendront après nous? Aimeriez-vous plutôt que nous nous apitoyions sur notre sort sans espoir et impuissant-es, avec pour seule option de regarder se détériorer toujours plus la toile de vie dont notre survie dépend? Les canaux politiques que vous souhaiteriez nous voir employer ont clairement prouvé leur inaptitude à adresser la crise planétaire. Alors désirez-vous que nous disions « tant pis » en haussant les épaules? Ou que nous gaspillions nos vies à la poursuite de « solutions » sanctionnées par l’État qui échoueront certainement? Comment osez-vous vous poser en champion de la morale et de la bonne conscience, vous qui vivez dans le luxe alors que la sixième extinction de masse s’accélère vertigineusement? Qu’avez-vous fait pour mettre un frein et inverser les dommages que cette civilisation inflige à la terre année après année?

Fuck you, vieille merde. Nous essayons de réparer les dommages de votre génération. Nous essayons de cautériser les blessures de ce monde avant qu’il ne soit trop tard. Comment osez-vous nous reprocher nos actions? Dans votre lecture absurde, vous comparez Frederick Brabant à Hitler, parce qu’ils croyaient tous les deux à une cause. C’est une insulte à mon intelligence d’honorer vos propos d’une réponse, mais puisque l’on doit s’abaisser à votre niveau, voilà: l’élection d’Hitler était légale, les actions de ceux qui ont protégé les juifs et autres indésirables de l’Holocauste étaient illégales. Il était légal pour les propriétaires d’esclaves de les flageller, le Chemin de Fer Clandestin était hors-la-loi. Le système d’écoles résidentielles était légal, les cérémonies traditionnelles autochtones étaient interdites. C’est un abaissement idiot de la faculté de raisonnement humaine de faire équivaloir légal avec juste, illégal avec injuste. La loi, dans chaque pays, est créée par la classe dirigeante de ce même pays, en accord avec les intérêts et les inclinations de cette classe. Que vous soyiez aveugle à cette évidence démontre une pauvreté d’imagination que vous devriez avoir honte de montrer en public. Ce que vous dites, effectivement, c’est que la Force fait le Droit, et ce faisant vous vous positionnez en compagnie spirituelle des juges d’une infinité de régimes oppressifs, vous légitimez la terreur et la torture en défendant la Loi. Ainsi je vous dis : en condamnant nos camarades, vous étiez convaincu d’avoir raison, tout comme l’était le juge ayant condamné à mort les chefs Tsilqotin. Ou les lèches bottes qui ont ordonné l’éviction d’Africville et la déportation des Acadiens. Ou ceux ayant mis en place les Mesures de Guerre lors de la Crise d’Octobre. Ou qui ont demandé aux travailleurs chinois migrants de payer une taxe d’entrée au risque d’être déportés. Ou ceux qui ont donné l’ordre que les descendants des japonais soient internés dans des camps durant la Seconde Guerre mondiale. Chacun de ces hommes, pouvons-nous supposer, croyait qu’il faisait la juste chose. Mais ce n’était pas le cas.

Nous croyons que viendra le jour où les gestes des protecteurs-trices d’eau seront vu sous le même jour que ceux et celles ayant combattu l’esclavage et la conquête impériale il y a de cela plusieurs générations. Plus encore, même si nous sommes reconnaissants que notre activisme reçoive un joyeux support, nous n’avons nul besoin de l’approbation de la société normale. Nous ne reconnaissons nulle autorité plus grande que nous-mêmes, et nous continuerons d’agir en accord avec les aspirations de nos esprits pour la liberté et la dignité. Nous continuerons à nous battre pour défendre la Terre Merre, pour les futures générations et chacune de nos relations, au diable les conséquences.

Et ne vous trompez pas – notre mouvement grandit. Ceux et celles qui gardent un œil ouvert le savent déjà – le reste d’entre vous le verrez bien assez tôt.

Que le soleil se couche sur tout ce que vous représentez, et alors que votre génération se meurt, que meure avec vous l’idéologie ridicule que vous avez épousée sans honte. Fuck you, Fuck votre Cour, Fuck la Courronne et la Reine que vous Servez. Que le jour approche où toute croyance en leur caractère sacré s’efface des mémoires et où les humains honorent à nouveau le vivant plutôt que vos abstractions mortes. Alors seulement serons-nous capable en tant que peuple de parler sérieusement de justice.

En l’honneur de feu notre camarade Jean Léger, nous déclarons : ON LÂCHE RIEN.
On lâche pas.

pour le monde sauvage

la brigade Pukulatamuj de la Fédération Anarchiste Imaginaire

Nos camarades font présentement une levée de fonds pour payer les coûts de leur procès. S’il-vous-plaît allez visiter leur page de socio-financement, ici :

https://www.youcaring.com/frederickbrabantwill-1047438

 

Entrevue avec un organisateur.ice antifasciste à Montréal

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Mar 232018
 

MTL Contre-info a envoyé quelques questions à des personnes impliquées dans les activités anti-fascistes en cours, pour adresser certaines idées fausses qui circulent communément à propos de ces luttes. Voici ce qu’il.les avaient à dire.

Pouvez-vous me parler de l’organisation anti-fasciste à Montréal et de son rôle, particulièrement ces temps-ci ?

L’activisme anti-fasciste a une longue histoire à Montréal, qui remonte jusqu’aux années 1980. Mais avant 2017, les choses avaient été relativement tranquilles pendant quelques années, la plupart des activités ne se déroulant pas de façon publique.

L’extrême droite s’est enhardie à la suite du massacre raciste à Québec le 27 janvier 2017. Ils ont commencé à prendre la rue et à s’organiser avec une énergie sans précédent. Ainsi, plusieurs d’entre nous ont commencé à s’organiser de explicitement selon des principes anti-fascistes.

Le rôle de l’anti-fascisme est d’exposer et de neutraliser la menace que pose l’extrême-droite. Il s’agit de supporter les communautés et les individus visé.es par l’extrême-droite. Ultimement, il s’agit de supporter et de se joindre à ceux et celles qui se battent contre ce qui est à la racine de l’extrême-droite, c’est-à-dire, dans le contexte canadien, le racisme, le patriarcat, le colonialisme et le capitalisme.

Pourquoi est-il important de combattre le fascisme aujourd’hui ?
Depuis que six personnes ont été tuées et dix-neuf sérieusement blessées par un tireur raciste à Québec plus tôt cette année (2017), l’extrême-droite est sortie de l’ombre et essaie de gagner en légitimité en tant que force politique dans la société québécoise. Ce qui se passe ici s’inscrit dans une plus tendance large, qui a franchi une étape importante lors de l’élection de Donald Trump et que nous voyons à l’oeuvre à travers les pays historiquement racistes d’Europe et d’Amérique du Nord, alors que la crise économique provoque une avalanche de racisme blanc.

L’enjeu, c’est que les solutions proposées par le fascisme — blâmer les immigrants, les Juifs et les personnes de couleurs — ne font que détourner l’attention de la cause réelle des problèmes vécus par les gens, à savoir un système économique injuste et une austérité grandissante.

L’Histoire montre que si nous ne combattons pas efficacement l’extrême-droite, les gens finissent par mourir. Les enjeux sont élevés et nous n’avons pas l’intention de rester les bras croisés pendant que les choses empirent.

Quelles sont les idées fausses répandues à propos des Antifa ?

Les gens politiquement ignorant-es croient que nous sommes la cause derrière la montée de l’extrême-droite. On devrait pouvoir régler cette question en jetant un simple coup d’oeil à ce qui est arrivé en premier.

L’extrême-droite croit que nous sommes secrètement payé.es par George Soros ou par le gouvernement. Alors que la plupart des gens trouvent cette idée ridicule, elle s’aligne bien avec la façon dont l’extrême-droite a toujours expliqué les choses, c’est-à-dire en situant des forces obscures ou quelque Juif millionaire étranger comme étant à l’origine de tout ce qu’il.les n’aiment pas.

Les gens de gauche croient parfois que nous ne sommes intéressé.es que par la violence ou que les attaques sur les nazis constituent la totalité de ce dont nous nous soucions. C’est une autre idée fausse : nous sommes en fait souvent des gens qui sont aussi impliqué.es dans des activités moins sensationnalistes, luttant contre les coupures du gouvernement, la brutalité policière, le racisme ainsi que d’autres aspects de la vie régie par le capitalisme.

Plusieurs sont confus.es et pensent qu’il existe une organisation appelée « antifa ». En fait, « antifa » n’est que le mot médiatique de l’heure, une contraction allemande du mot « anti-fasciste ». Depuis l’élection de Donald Trump, on a vu la prolifération de groupes anti-fascistes à travers l’Amérique du Nord, ce qui est une bonne chose. Mais, pour le meilleur ou pour le pire, il n’existe pas d’organisation unitaire, ni même de réseau incluant tous ces groupes ou d’idéologie unique à laquelle nous adhérons tous et toutes. Il s’agit d’un mouvement de masse et, comme tous les mouvements de masse, il ne peut être réduit à une seule entité.

Une autre forme de confusion qu’il vaut la peine d’adresser réside dans la raison pour laquelle certain.es d’entre nous portent des masques pendant les manifestations. Ce n’est pas un uniforme, c’est une simple précaution, prise à la fois contre le potentiel d’arrestation et contre la vengeance de nos opposant.es. Ce n’est pas tous les anti-fascistes qui portent des masques et toute personne portant un masque ne s’identifie pas nécessairement d’abord comme anti-fasciste.

Selon vous, quelle menace posent les groupes anti-immigrants qui semblent gagner en force au Québec (et ailleurs)?

Ces groupes posent une menace, mais il faut être clair : ils n’existent de façon significative que parce que, depuis des années, des politicien.nes conventionnel.les et des personnalités médiatiques préparent le terrain à leur racisme agitateur. Ce n’est pas une coïncidence si la Meute a été fondée par des hommes qui avaient été envoyés pour faire la guerre en Afghanistan. Ce n’est pas une coïncidence si cette organisation est devenue si importante dans la province où une « Charte des Valeurs » avait été proposée par le gouvernement et est presque devenue loi. Ces groupes ne sortent pas de nulle part and les prendre au sérieux nécessite de les considérer à l’intérieur d’un contexte plus large.

Les organisations d’extrême-droite dégagent un espace politique pour les idées racistes et d’exclusion à travers le spectre politique. En comparaison, le racisme des politicien.es conventionnel.les semble soudainement « modéré ». Pendant tout ce temps, ces dernier.es agissent comme des chambres d’incubation pour les individus et les groupes plus extrémistes.

À un niveau humain de base, concrètement les coûts peuvent être élevés. Six personnes se sont fait prendre leurs vies à Québec, en janvier ; quel est le message envoyé lorsque des centaines de membres de la Meute prennent la rue moins de sept mois plus tard ? Les réfugié.es au stade olympique sontsujets à l’intimidation par le groupe néo-nazi Atalante. Les gens qui traversent la frontière doivent faire face à la possibilité que des organisations de pacotille comme Storm Alliance soient présentes pour les intimider. Voilà plusieurs exemples de la violence contre laquelle nous nous battons.

Quel est votre rôle dans la riposte face à ces groupes, particulièrement à Montréal et dans la province de Québec ?

Nous avons l’intention d’exposer et de neutraliser cette menace. Nous allons documenter et révéler les liens entre les organisations, incluant les liens qui seraient autrement gardés à l’abri du regard du public. Par exemple, le néo-nazi Shawn Beauvais-MacDonald, qui était un des responsables de la Meute, a assisté au récent rassemblement haineux de Charlottesville. Ou alors l’implication de racistes derrière le scandale de fake news à propos de musulmans dans un zoo populaire, il y a quelques mois. Ou bien les suprémacistes blancs avoués qui étaient derrière la tentative de manifestation anti-réfugié.es du stade olympique du 6 août, que les gens ont réussi à empêcher.

Sur le terrain, quand les racistes tentent d’agir, nous avons comme objectif d’être physiquement présent.es pour faire ce qui est nécessaire afin de les en empêcher.

Si vous voulez en apprendre davantage sur ce que nous faisons, nous vous encourageons à consulter régulièrement les sites web Montréal Contre-Information et Montréal Anti-fasciste.

Que pensez-vous de la manifestation du 20 août à Québec et du narratif des médias de masse selon lequel les actions des contre-manifestant.es pourraient contribuer à produire un effet inverse sur la cause ?

La manifestation de la Meute à Québec était la plus grande manifestation d’extrême-droite à avoir lieu au Canada depuis les années 1930. Il faut assumer la réalité.

Notre travail était d’empêcher la Meute de prendre la rue. Il.les se sont caché.es pendant toute la journée derrière la police, dans un garage, et ont attendu que nous soyons parti.es pour marcher rapidement autour du bloc. Évidemment, la prochaine fois, nous devrons rester plus longtemps.

Urgent – Arrêtons la déportation de Lucy!

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Mar 232018
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

À 6 h le 20 mars, l’Agence des Services Frontaliers du Canada (ASFC) est rentrée chez Lucy Francineth Granados, une membre du Collectif des femmes sans statut de Montréal et de l’ATTAP (Association de travailleurs et travailleuses temporaires). L’ASFC a procédé à une arrestation violente, blessant Lucy au bras, et l’ont emmenée avant que des militantes pour la justice migrante puissent arriver sur les lieux.

Le 22 mars le CISR a refusé libéré Lucy. Elle reste au Centre de détention de Laval et fait face à une déportation vers le Guatemala le 27 mars. Nous devons redoubler nos efforts!

Manif vendredi 23 mars à l’Hotel de ville: Plante il faut parler!
https://www.facebook.com/events/349480625555973/

LE CONTEXTE

Lucy est le seul soutien financier pour ses trois enfants, qui vivent au Guatemala avec leur grand-mère. Ils vivent au Guatemala avec leur grand-mère et ils dépendent entièrement des revenus que leur mère envoie pour tous leurs besoins de base (nourriture, logement, frais d’éducation, etc.). Si Lucy était expulsée, ses enfants perdraient immédiatement leur seule ressource financière de subsistance.

Menacée par les Maras, Lucy a traversé le Mexique seule par le tristement fameux train La Bestia jusqu’aux États-Unis, puis jusqu’au Canada, son mari étant mort. Sa demande de statut de réfugié a été refusée, mais elle est restée au Canada, sans papiers, afin de pouvoir continuer à soutenir ses enfants. Elle a vécu à Montréal pendant 9 ans.

L’été dernier, Lucy a déposé une demande de résidence permanente pour motifs humanitaires dans le but de régulariser son statut. En janvier, un agent de l’ASFC a appelé son avocate et l’a menacée de ne pas étudier son dossier à moins qu’elle ne se présente pour être déportée. Mais, la Loi canadienne sur l’immigration stipule que le ministre doit étudier toutes demandes humanitaires au Canada; cette déclaration de l’agent de l’AFSC était donc fausse et illégale (1). Ni Immigration Canada, ni l’ASFC n’ont répondu à la demande de son avocate d’obtenir des clarifications quant à sa situation.

Selon Immigration Canada le dossier de Lucy serait en cours d’évaluation et une réponse devrait être normalement attendue bientôt, si elle est autorisée à rester au Canada. A moins que le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale intervienne pour suspendre l’expulsion, que le ministre de l’Immigration Ahmed Hussen accélère le traitement de son dossier, ou que la Ville de Montréal prenne sérieusement ses responsabilités, Lucy sera probablement déportée avant même que son dossier ne soit évalué.

Source: Solidarité sans frontière et le Centre des travailleurs et travailleuses immigrant.e.s

Contact: solidaritesansfrontieres -at- gmail com

Background: www.solidarityacrossborders.org

25 mars : Manif antiraciste à Québec! Prenez le bus de Montréal!

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Mar 212018
 

De Montréal-Antifasciste

Manifestation anti-raciste et familiale à Québec !
Dimanche le 25 mars 2018

Prenez le bus de Montréal !
L’autobus part à 9h00 et revient en soirée.

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Les groupes communautaires de Québec organisent une manifestation familiale contre le racisme ce 25 mars dans le cadre du Festival contre le racisme. La ville de Québec a été un centre d’activités anti-immigrantes et racistes, de groupes et de manifestations d’extrême-droite, mais les groupes communautaires locaux continuent de prendre la rue pour dénoncer le racisme, la haine et l’intolérance. Rejoignons-les pour les supporter solidairement, dans le cadre d’un mouvement pan-Québecois.

Le transport de Montréal est organisé pour dimanche prochain. Nous quitterons à 9h00 et reviendrons en soirée. Nous demandons une contribution de 10-20$ pour aider à couvrir les coûts, mais vous pouvez payer selon vos revenus et personne ne sera refusé s’il ne peut pas payer.

-> Merci de réserver votre place dans le bus en remplissant ce formulaire avant 13h ce VENDREDI (le 23 mars):
https://goo.gl/forms/IUQTuzPBcbnMNvms2 <-

Nous ne réserverons un bus (ou des bus) que s’il y a suffisamment de pré-incriptions, donc s’il vous plaît réserver à l’avance.

L’appel complet pour la manifestation de Québec est inclut ci-dessous.

– Collectif transport Montréal-Québec
(contact: solidaritesansfrontieres@gmail.com)

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Manifestation familiale contre le racisme (Québec)

fb: www.facebook.com/events/2063643907215982/

Le RÉPAC 03-12, le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste et le Festival contre le racisme s’associent une fois de plus pour appeler la population à participer à une manifestation familiale à Québec le 25 mars. Marquons la fin du Festival contre le racisme en prenant la rue pour lutter contre la montée du racisme.

Trop longtemps nous avons laissé grandir la peur de l’autre, le repli identitaire et les préjugés. Nous ne pouvons plus détourner le regard ou faire semblant de ne pas entendre. Entre la xénophobie à l’endroit des demandeurs et demandeuses d’asile Haïtien.ne.s, l’attentat à la mosquée de Québec et l’annonce de l’annulation de la consultation sur le racisme systémique, nous pouvons nous inquiéter et nous indigner. La responsabilité nous incombe à tous et à toutes de prendre la parole afin d’arrêter la dérive.

Le dimanche 25 mars, Place d’Youville à 13h, joignez-vous à nous!
Unissons-nous contre le racisme!

Ont signé cet appel :
1. Regroupement d’éducation populaire en action communautaire de Québec et Chaudière-Appalaches
2. Comité populaire Saint-Jean-Baptiste
3. Bail Québec métro
4. Maison des Femmes de Québec
5. Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert (CAPMO)
6. La Table de concertation du Mois de l’histoire des Noirs de Québec
7. Union des Africains du Québec et amis solidaires de l’Afrique
8. Association générale des étudiantes et étudiants du Cégep Limoilou
9. Le Syndicat des professeur-e-s du Collège François-Xavier-Garneau
10. ROSE du Nord
11. L’Union étudiante du Québec (UEQ)
12. Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ)
13. Le Filon
14. Regroupement des groupes de femmes de la Capitale-Nationale (RGF-CN)
15. Centre des femmes de la Basse-Ville
16. Réseau des EtudiantEs NoirEs & Afro-DescendantEs de l’Université Laval
17. Ligue des droits et libertés – Section Québec
18. Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)
19. Association de défense des droits sociaux de la Rive-Sud (ADDS Rive-Sud)
20. Comité des citoyens et des citoyennes du quartier Saint-Sauveur.
21. Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec
22. Collectif pour un Québec sans pauvreté
23. AmiEs de la Terre de Québec
24. Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CSN)

Les groupes qui souhaitent joindre leur voix à cet appel à la mobilisation peuvent le faire en écrivant à repac@repac.org.

Perturbation du conseil d’arrondissement à Parc-Ex pour dénoncer la gentrification

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Mar 192018
 

De Parc-Ex Contre la Gentrification (Facebook)

Le 13 mars dernier, nous sommes allé.es au conseil d’arrondissement de Villeray-St-Michel-Parc-Extension pour empêcher les élu.es d’octroyer à Ron Basal son permis pour le projet d’appartements luxueux dans la Plaza Hutchison. Après que le conseil ait refusé l’appel des résident.es de Villeray, dans le cas du projet de Taxi Diamond, que nous appuyons dans leur cause, nous avons décidé de perturber le conseil pour que l’assemblée soit levée et que Ron Basal n’obtienne pas son permis. Nous avons été sorti.es brutalement de la salle par les policiers, deux personnes ont été arrêté.es et ont reçu des charges. Le permis a par la suite été accordé pour la Plaza Hutchison, dans une salle vide, avec Basal assis en première rangée.

Nous avons essayé toutes les avenues légales et politiques disponibles, mais cela nous a seulement mené.es à un mur. C’est le temps de retourner à la rue plutôt que d’essayer de travailler avec un système dans lequel nous ne croyons pas.Si les mairesses trouvent que c’est salissant, tant pis pour elles. Nous avons été dégoutté.es, mais pas surpris.es, par le manque d’initiative, d’ouverture et de volonté politique démontré par la Mairesse Fumagalli qui n’ose pas prendre des risques quand un dossier est plus important qu’un simple permis. D’écrire un communiqué pour dire qu’elle s’oppose au projet alors qu’elle accorde quand même le permis est très insultant pour les locataires évincé.es et les résident.es du quartier, c’est se moquer de nous. Elle nous accuse de rendre le conseil non sécuritaire, mais les seules armes que nous avions à opposer aux matraques des policiers étaient des trompettes de fête d’enfant. Les deux personnes arrêtées, brutalement jetées au sol et menottées pour avoir voulu faire entendre leur voix, auraient aussi aimé pouvoir se sentir en sécurité.

Nous rejettons aussi la promesse de Valérie Plante d’investir $17 million dans des projets de mixité sociale pour Parc-Extension. C’est faux que la mixité sociale profite à tout le monde, c’est seulement un terme plus poli pour nous faire avaler la gentrification. En fait, des projets comme celui-ci ne sont bons qu’à dépenser des fonds publics pour construire des logements pour les riches- et par le fait même intensifient la gentrification en les invitant dans ce quartier “nouvellement découvert” et “exotique”. Nous ne voulons pas supporter le déplacement de personnes racisées de notre quartier au profit de nouveaux résidents plus riches, plus yuppies ou plus blancs.

Si la mairesse et les conseiller.es ont jeté l’éponge pour ce projet, nous ne le pouvons pas. Nous ne pouvons pas abandonner la lutte pour sauver cette espace communautaire qui est au cœur de notre communauté depuis des décennies et nous n’allons certainement pas permettre la gentrification de notre quartier. Ensemble continuons la lutte !

L’Absurdité du monde: Les Frontières

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Mar 182018
 

Du SITT-IWW

Les frontières et leurs histoires

Aujourd’hui je vous parle des frontières et je pars déjà en étant en beau maudit suite à la déportation du camarade Éléazar du Canada, hein, le plusse beau pays du monde. En plus, il habitait dans la merveilleuse ville « sanctuaire » de Denis Coderre, faudrait peut-être le dire à ses chiens du SPVM que Montréal est supposément une ville sanctuaire, parce qu’ils continuent à livrer des sans papiers au gouvernement canadien. De la bonne vieille bullshit libérale.

Le problème c’est ça, un moment donné, à la fin du moyen-âge, les royaumes ont pris de l’expansion et ont commencé à se transformer en États. Pis le capitalisme est arrivé et pour fleurir véritablement, il avait besoin d’un État fort. Pis un État, bin il faut que ça gère un territoire, on a donc commencé à créer artificiellement des frontières pour délimiter ce qu’on a appelé les États nations (une nation par État.) Bien qu’on sache dès le début que le concept d’État nation est de la pure bullshit, ça n’a jamais empêché le système en place de nous le vendre comme une vérité naturelle. Des pays comme la France, l’Italie, l’Espagne sont formés par toutes sortes de petites peuplades avec des dizaines de langues différentes annexés par la force armée. Et que dire du Canada ? On est sensé croire que les francophones, les anglophones et les dizaines de nations autochtones différentes, on forme un beau grand État-nation ?

Bref, l’État nation, c’est d’abord et avant tout, une police, une armée, une douane et d’autres forces répressives qui contrôlent un territoire donnée au nom du capitalisme. Ça crée évidemment des guerres frontalières avec des zones disputées par différents pays. On n’a qu’à regarder ce qui se passe en Ukraine pour se convaincre avec une situation actuelle. Et qui dit dispute territoriale, dit souvent guerre aussi. Et qui dit guerre dit généralement milliers de personnes de la classe ouvrière qui s’en vont se battre contre d’autres milliers de personnes de la classe ouvrière pour les intérêts bourgeois et nationaux qui leur sont complètement étrangers. Ha c’est beau la nation !

Les frontières et l’intolérance

Ça crée aussi toutes sortes de phénomènes, comme le nationalisme. Tsé, ce sentiment de fierté envers notre état nation ou encore un état-nation nouveau qu’on pourrait créer grâce à un mouvement indépendantiste. Comme on dit souvent au PQ, On va l’avoir notre pays ! Encore une fois, on mobilise des gens de la classe ouvrière en leur faisant croire qu’ils ont plus d’intérêt commun avec leurs patrons québécois qu’avec les travailleurs et travailleuses qui ne parlent pas la même langue qu’eux. Parce que comme on dit souvent au PQ, l’exploitation, EN FRANÇAIS SVP ! Pas pour rien d’ailleurs que ce parti a finit avec le boss d’une des plus grosses business du Québec, doublé d’un des patrons les plus trou-de-cul comme chef.

Un autre phénomène qui rime aussi avec nationalisme, c’est le concept de xénophobie, qui devient une hostilité à ce qui étranger à sa nation, et ça aussi on est familier avec ça au PQ avec sa charte des valeurs, et comme on a pu le voir cette semaine, son opposition à une commission sur le racisme systémique au Québec. Un peu partout en occident, on voit une montée de la xénophobie avec une peur irrationnelle d’être envahi par des méchants réfugiés qui se font bombarder ou qui crèvent de faim dans leur pays. Pis leu plus drôle là-dedans, c’est qu’on entend des rednecks québécois nous dire qu’on va se faire envahir à cause de l’immigration. Hey ! Comme si les français étaient pas débarqués ici en envahissant les premières nations, et comme si le Canada avait toujours été peuplé par des personnes blanches d’origine européenne. Louis Riel doit se revirer dans sa tombe.

Les frontières et le capitalisme

Si on continue encore la marche de l’histoire des frontières on arrive aux années 1980 ou commence à émerger l’idée des traités de libre-échange à grande échelle et, par conséquent, la suppression des frontières pour ce qui est de la circulation des marchandises. Ces programmes de libre-échange nous étaient d’ailleurs vantés par nul autre que Jacques Parizeau et Bernard Landry, anciens premiers ministres du Québec et chef du… Parti Québécois ! Ce qu’on doit en retenir, c’est que d’avoir du libre-échange avec des pays où le salaire minimum est à moins de 2$ de l’heure et donc de délocaliser la production dans ces pays parce que ça coûte moins cher aux patrons, c’est une bonne chose. Mais pas question que les humains, eux, puissent circuler librement dans ces zones. Oh que non ! La marchandise, oui, les humains, qu’ils mangent de la marde.

Des dizaines d’années après l’implantation de ces politiques de libre-échange, on se rend bien compte que nos salaires et nos conditions de travail n’ont simplement pas évolué alors que les marges de profits des entreprises, elles, ont grimpé comme jamais auparavant. Bref, les seuls à qui profitent ce genre de politique, ce sont les patrons, les actionnaires et les banquiers.

Le syndicalisme ne sera pas restreint par les frontières

Ce qu’il faut retenir de tout ça, c’est qu’en tant que travailleurs et travailleuses, nous devons avoir une vision internationaliste de notre lutte. Les systèmes qui nous oppriment, dont le capitalisme, sont internationaux et se foutent bien de la religion ou de la couleur de cheveux de la personne opprimée. Nous aurions un bien meilleur rapport de force si nous étions uni-e-s, en tant que classe ouvrière, au niveau international qu’en se vautrant dans la xénophobie et le nationalisme comme Rambo Gauthier, par exemple. Quand on pense, par exemple, à une multinationale bien de chez nous, comme Bombardier, qui n’a aucun scrupule à voler l’argent public ici, délocaliser ses emplois au Mexique pour finalement augmenter les bonus des dirigeants. N’aurions nous pas tout à gagner à nous allier avec les employé-e-s des usines mexicaines de Bombardier pour augmenter le rapport de force face à cette compagnie ? Tout le monde y gagnerait, les employés d’ici, les employés du Mexique et les contribuables en général.

Bref, les xénophobes et autre nationalistes ne cherche qu’à nous faire adhérer à un système dans lequel nous avons des intérêts communs avec des patrons québécois. Nous n’avons rien en commun avec un quelconque patron, peu importe sa nationalité. Par contre, nous avons beaucoup en commun avec les travailleurs et travailleuses de partout dans le monde. Ne nous laissons pas berner, la solidarité syndicale ne doit pas connaître de frontières, car nos oppresseurs n’en connaissent pas. Ripostons coup pour coup aux multi-nationales. Souvenons-nous que nos grèves seraient beaucoup plus rapidement gagnées si quand une usine se met en grève dans une entreprise, des dizaines d’autres suivent en solidarité partout dans le monde.

Éric Sédition, pour Action en direct.

Crédit photo: https://commons.wikimedia.org/

De #HoMa à #HamOnt : le secret c’est de rassembler ses ami.es losers

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Mar 182018
 


Soumission anonyme à MTL Contre-info. Pour faire un don au fond de rénovation de The Tower, cliquez ici.

Ces bums-là ne sont pas mieux que les anarchistes.

Est-ce qu’ils ne sont pas au courant du fardeau financier que leur vandalisme va occasionner au propriétaire de The Tower ?

Est-ce qu’ils ne comprennent pas que les fenêtres placardées vont faire chuter la valeur des propriétés dans le quartier autour de The Tower ?

Se livrer à ce genre de violence ne mène qu’à une atmosphère de non-respect de la loi et légitimise la destruction de la propriété privée.

Quand nous avons entendu que The Tower avait été attaquée, il allait de soi qu’il fallait leur démontrer notre amour. Pas seulement parce que nous aimons les espaces sociaux anarchistes, mais parce que nous vivons aussi dans une ville où (pour autant qu’on le sache) les propriétaires de petites entreprises à la mode n’existent que dans le but de nous voler nos salaires, frayer avec les flics et nous vendre trop chers des sandwiches de merde. Fuck les traîtres de classe, fuck les gentrificateurs, fuck la police, mais on en n’a toujours rien à foutre des fenêtres brisées.

Imaginez être tellement en colère à propos d’un autre espace social anarchiste se faisant attaquer, que vous rassemblez vos ami.es losers, vous vous masquez et vous prenez une siiiiick photo en solidarité.

Hamilton: Retours sur la balade ingouvernable du 3 mars dernier à travers l’un des quartiers les plus riches de la ville

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Mar 182018
 

De North-Shore.info. Traduit par Sans Attendre Demain.

[Voici deux textes au sujet de la nuit émeutière du 3 mars dernier dans un quartier riche d’Hamilton.]

Hamilton : Ingouvernables et pleurs de bobos : un samedi soir à Locke Street.

Chaque jour, que ce soit les propriétaires qui touchent de plus en plus de loyers pour des apparts toujours plus merdiques, des patrons qui vous poussent à travailler toujours plus ardemment, des associations de commerçants qui militent pour davantage de flics, ou juste l’Audi qui vous coupe aux heures de pointe… Les riches nous pourrissent la vie. Chaque jour, nous devons faire face à leurs attaques mais de temps en temps, nous pouvons trouver un moyen pour rendre les coups.

Samedi soir, j’ai retrouvé un groupe de gens dans le quartier ‘Durand’ : nous avons flâné le long ‘d’Aberdeen’ et dans certaines rues du secteur, en attaquant des véhicules de luxe et des hôtels particuliers qui étaient sur notre chemin, en faisant du bruit avec un sound system portable des feux d’artifice. La balade s’est ensuite rabattue sur ‘Locke’ en attaquant le maximum de commerces de bobos que nous pouvions avant de prendre la décision de se disperser. La police a dit que nous avions fui, mais je n’ai pas vu un seul flic après qu’ils ont été chassés ‘d’Aberdeen’.

Pour tous les anti-capitalistes indubitablement sincères qui, sur Internet, se demandent pourquoi les Starbucks n’ont pas été détruits, contrairement aux petites entreprises et commerces locaux, c’est seulement parce que ceux-ci étaient situés juste un peu trop au nord. Mon seul regret de la soirée.

Comme le camarade Kirk Burgess [1] l’a expliqué sur twitter :

« Imaginez que vous êtes si fâchés vis-à-vis de la gentrification, que vous vous rassemblez avec quelques potes en galère, que vous vous masquez le visage, et que vous déchaînez dans l’un des quartiers les plus riches de la ville. En jetant des pierres sur les maisons et les entreprises. Vous êtes répugnants. »

C’est plus ou moins ça Kirk, moi et mes ami.e.s galériens.

Tous mes pires patrons ont été propriétaires de petites entreprises. Le problème ne réside pas dans la taille de l’entreprise, mais bien dans la relation d’exploitation. Quand une personne décide d’être capitaliste, de faire de l’argent par le biais de ses investissements plutôt que par son travail, sa position par rapport aux changements dans la ville devient fondamentalement différente. La gentrification, par exemple: lorsque les loyers augmentent, cela signifie qu’ils gagnent plus d’argent (plutôt que de perdre leur maison); quand les prix montent et que les riches emménagent, cela signifie une chance de vendre des produits de luxe (alors que nous travaillons au salaire minimum); quand davantage de police et de surveillance arrivent, cela sécurise votre investissement (pendant que nous sommes harcelés et expulsés). Ils deviennent riches parce que nos vies se détériorent.

Bien sûr, les propriétaires de petites entreprises peuvent travailler de longues heures, mais même si je mets 12 heures à côté de mon patron, et que nous nettoyons les toilettes, le fait qu’ils possèdent et que je travaille signifie que notre relation au travail est totalement différente. Quand les affaires sont bonnes (ou quand ils réussissent à faire du financement collectif), ils entérinent un nouveau bail sur une voiture ou signent une hypothèque sur une propriété d’investissement alors que mon chèque est mangé par le loyer, les factures et le magasin d’alimentation. Je n’ai pas d’autre choix que de me présenter demain alors que leur capacité à s’enrichir augmente.

Fuck les riches. Fuck les capitalistes (même ceux qui vendent des produits de boulangerie haut de gamme). Et à tous ceux qui veulent se plaindre de la violence, souvenez-vous que la seule raison pour laquelle ces parasites parviennent à garder leurs mains propres est que, le plus souvent, leurs attaques ressemblent à des affaires des plus banales.

Devrions-nous continuer à écrire des lettres en espérant que Jason Farr [2] « Je-veux-un-magasin-Apple » fasse quelque chose? Ou croire que d’une façon ou d’une autre, Andrea Horwath [3] arrêtera de lécher le cul du BIA de Locke Street [4] ? Ou nous pourrions nous perdre dans le fait que la solution à l’oppression économique résiderait dans des start-up plus innovantes, ou bien dans la charité? Est-ce que je devrais garder le sourire face au connard de riche en espérant qu’il me donne un pourboire plus important?

La rue Locke a été la première rue embourgeoisée du centre-ville, sa « success story », comme pourrait le dire le maire Fred, les quartiers environnants étant les premiers à voir les hausses de loyers qui finissent par dominer tant de nos vies. Retourner des tables et finir par contre-attaquer samedi soir m’a aidé à me débarrasser de la peur et de la frustration qui s’accumulent lorsque vous êtes embourbés dans une situation désespérée. Que les riches se rappellent qu’ils sont toujours à la portée de toutes les personnes qu’ils écrasent.

NdT:

[1] Il parait que Kirk Burgess est un quidam qui a posté ce commentaire marrant sur twitter que l’auteur du texte a décidé de résumer parfaitement la nature de l’action.

[2] Jason Farr c’est un membre du conseil municipal, un vrai opportuniste qui ne fait que courir après les riches pour les attirer dans notre quartier (y compris le apple store).

[3] Andrea Horwath c’est la cheffe du parti de gauche au niveau provincial, qui est venue poser des messages de solidarité sur les façades fracassées.

[4] Un BIA c’est un « Business Improvement Area », une association appuyée par le gouvernement municipal qui réunit les propriétaires et les petits patrons pour coordonner les affaires des quartiers. Assez dégueu.


Après la balade émeutière de Locke Street de samedi 3 mars, le Centre Social Anarchiste The Tower à Hamilton (Ontario, Canada) a eu sa vitrine défoncée dans la nuit de dimanche et la porte pétée la nuit de mardi.

Communiqué de The Tower sur les événements récents

Nous avons attendu jusqu’à maintenant pour écrire un communiqué public, car ce n’est vraiment pas notre volonté d’avoir des conversations sur internet, un endroit si toxique et aliénant. Mais puisque notre local a été attaqué deux fois dans les derniers jours, nous pensons qu’il est important de partager quelques réflexions et d’être clairs sur notre position.

Tout d’abord, non, les actions qui ont eu lieu samedi soir sur les rues Locke et Aberdeen n’ont pas étés organisés par The Tower, mais oui, nous soutenons ce qui s’est passé et nous sommes solidaires de ceux/celles qui l’ont fait. La guerre de classe se poursuit chaque jour dans cette ville, avec des attaques constantes contre les pauvres et les travailleurs. C’est consternant de voir que de si nombreuses personnes se fassent du souci seulement lors de rares occasions où un peu de rage se retourne contre la domination. Les effets permanents de la gentrification dans cette ville sont déchirants : vagues de déplacements, violence croissante et pauvreté grandissante. On ne peut pas simplement s’attendre à que tout ça reste caché sous le tapis des mots. Nous n’avons aucune larme à déverser pour Locke Street.

Nous ressentons qu’à chaque famille qui se fait expulser de sa maison c’est bien pire que tout ce qui s’est passé sur Locke Street, même si on croit que tenir des boutiques de luxe est un acte neutre. Et le niveau d’indignation est particulièrement odieux, considérant que ces dernières jours il y a également eu deux femmes lambda qui ont étés poignardées. C’est plus que dégoûtant de voir que les discussions sur les pâtisseries artisanales dégradées ont la priorité sur les discussions à propos de la violence sur les femmes.

Ce n’est pas simplement du jemenfoutisme, cela veut dire choisir son camp. Quand les choses tournent mal, nous ne sommes pas du côté des riches et de la classe des affaires. Nous sommes solidaires de tous ceux qui résistent aux pouvoirs dominants dans cette ville et si nous avons des critiques sur la tactique nous les faisons en privé. Nous nous opposons à toute répression et à toute collaboration avec la police.

Ces derniers jours, nous avons reçu plusieurs menaces de la part de groupes d’extrême droite, présageant les attaques contre notre espace. Sans surprise, la classe commerçante locale et les suprématistes blancs qui ont organisé des manifestations anti-immigrés en ville l’année dernière se sont retrouvés du même côté.

Tout le théâtre à propos de Locke Street montre qu’ils ne s’attendent pas seulement à se faire de l’argent en suivant leurs intérêts et en ignorant leurs impacts sur d’autres, mais qu’ils s’attendent aussi bien à être aimés pour cela. Nous ne sommes pas « choqués et horrifiés » d’être attaqués, puisque nous n’avons jamais pensé que les puissants de cette ville et leurs larbins pouvaient nous remercier de s’opposer à eux.

Nous savons que ce ne sont pas les boutiques qui sont le principal facteur d’embourgeoisement et des souffrances qu’il entraîne: ce sont plutôt les investissements immobiliers, la spéculation et les politiques municipales qui les encouragent. Les petits magasins sont souvent sous le feu des projecteurs, mais ce ne sont pas eux qui réaménagent les blocs d’immeubles entiers ou mènent des expulsions massives. Cependant, ce qu’ils ont fait, cela a été de se mettre du côté des spéculateurs et des proprios, se positionnant de manière à profiter des forces qui portent préjudice à la plupart de leurs voisins. Nous avons choisi de les critiquer et de nous y opposer par le passé, à cause de leur alliance aux riches et aux gros capitalistes, et même s’ils ne sont pas les plus responsables, leurs actions ont des conséquences réelles.

Pour être clairs, nous ne remplirons pas des formulaires de police en lien à ces événements, mais nous les gérerons plutôt de façon autonome, en nous appuyant sur des réseaux d’entraide. The Tower continuera à héberger le même type d’événements et de groupes qu’il a toujours fait, en mettant des ressources en commun et en partageant des idées. Les événements des derniers jours ne changent rien pour notre projet ou nos choix et nous faisons appel à tous/toutes ceux/celles avec qui nous avons partagé des moments par le passé à prendre le temps de souffler et à considérer que même si les choses sont plus intenses en ce moment, rien n’a changé au fond.